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Lettre d'ITALIE sur une situation catastrophique. (9)


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Mars 1997

Je continue inlassablement la traduction des articles paraissant dans la presse italienne et dénonçant la situation catastrophique des sidéens et des séropositifs italiens.


 Traduction d'un article paru dans "Il Giornale" du 2 mars 1997.

SIDA, malades sans lits d'hôpitaux

La Lombardie compte un tiers de tous les malades atteints par le virus en Italie.

" Ce jeune homme est mort après être resté une demi heure dans un couloir de l'hôpital Sacco car il n'existe qu'une petite salle d'isolement pour les malades atteints de maladies infectieuses et, malheureusement, quand il est arrivé, la salle en question était déjà occupée. Cela fait des années que les malades du SIDA attendent des structures pour pouvoir se soigner. " Tels sont les mots de Pierfranca Borlone, Présidente milanaise de la Ligue Italienne pour la Lutte contre le SIDA (LILA) qui a organisé hier un sit-in devant l'hôpital Sacco pour dénoncer la dramatique situation de l'assistance aux malades.

Les structures n'arrivent pas à endiguer l'onde de choc du virus. Depuis dix ans, les lits à la disposition des malades du SIDA dans les hôpitaux lombards sont au nombre de 650. Le nombre d'infections par VIH est passé de quelques dizaines en 1984 à plus de 10 000 en 1997. En Lombardie vivent un tiers de tous les malades italiens. Le taux est de 6 lits d'hôpitaux pour 100 000 habitants, soit le plus faible de toute l'Italie, bien loin du taux idéal de 11 lits d'hôpitaux pour 100 000 habitants. Les structures en mesure d'accueillir les sidéens disposent en tout et pour tout de 130 lits (pour environ 6 000 malades ; Ndlr). Dans les années à venir, le problème pourrait ne plus être comment gérer les formes aiguës de la maladie, mais comment gérer les hospitalisations prolongées des malades. " Les services intermédiaires s'insérant entre l'isolement et l'assistance à domicile font défaut ", explique Francesco Milazzo, médecin-chef du service des maladies infectieuses. " À l'heure actuelle, ce genre de structure n'existe pas. Un projet pilote d'hospitalisation prolongée pour les malades du SIDA avait été mis en place par l'ex-ministre de la santé, M. Guzzanti. Le projet en question prévoyait deux divisions pilotes : une à l'hôpital Sacco de Milan, l'autre à l'hôpital Spallanzani de Rome. Techniquement, cette solution était bonne : les gouvernements ont changé, et le projet n'a pas abouti."


Milan, mars 1997.

Alors que, dans certains pays, on commence - à tort ou à raison - à crier victoire, la situation des sidéens et des séropositifs italiens reste catastrophique. L'article ci-dessous, évoquant la régression du nombre de morts en France et aux États Unis, explique qu'aucune donnée n'est disponible à ce jour en Italie, fait l'éloge des inhibiteurs de protéase, puis, petit à petit, présente le vrai revers de la médaille (la distribution des médicaments est entravée). Par ailleurs, il est impossible de savoir combien de malades reçoivent les trithérapies en Italie (certains parlent de 1 000 personnes, d'autres de 6 000, d'autres encore de 13 000 ...). Le chiffre de 13 000 malades recevant le traitement semble des plus optimistes !!! Encore une fois, nous verrons si le gouvernement prend les mesures adéquates pour résoudre les problèmes de la mise à disposition des traitements ou s'il laisse - comme c'est souvent le cas - moisir la situation, sans apporter de solution concrète aux problèmes rencontrés.


Traduction d'un article paru dans "La Repubblica" du 2 mars 1997.

Le SIDA régresse en Italie.

[...] En Italie, l'utilisation combinée du "Crixivan" de l'"Invirase" et du "Norvir" a commencé en octobre 1996. [...] Un fait est certain : après plus d'une décennie de désespoir, pour la première fois l'espoir est enfin à l'horizon. Les inhibiteurs de la protéase réussiront-ils à vaincre le SIDA ? Plusieurs dizaines de milliers de malades croient au miracle ; les experts essaient de freiner les enthousiasmes.

En Italie, nous avons 13 000 sidéens recevant le traitement incluant les inhibiteurs de la protéase, mais beaucoup d'hôpitaux n'achètent pas les médicaments pour ne pas dépasser le budget imparti. Je sais que le ministre de la Santé, Madame Rosy Bindi, est en train d'étudier centaines modifications pour financer les centres hospitaliers chargés de soigner les malades "extérieurs" en phase terminale. Aujourd'hui, la situation se présente de manière DRAMATIQUE :

soit le gouvernement intervient très vite, ou alors de nombreux patients devront renoncer au traitement. [...)


Nota : ces propos sont tenus par le Prof. Aiuti.

Franck.
Le 12 mars 1997.


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