Un
sidéen meurt dans un couloir.
Le jeune homme, atteint
d'une broncho-pneumonie, attendait depuis une demi-heure
d'être hospitalisé.
Sidéen depuis deux
ans et demi, il a été atteint soudain par une
violente broncho-pneumonie. Sa mère l'a
accompagné au Service des Urgences de l'hôpital
Fatebenefratelli ; mais le jeune homme n'a pas voulu
être hospitalisé dans l'hôpital en
question, et il a demandé avec insistance à sa
mère d'aller à l'hôpital Sacco où
il avait déjà été
hospitalisé et où il connaissait
médecins et infirmières. Mais à
l'hôpital de Vialba, où se trouvent trois
services ultra modernes les plus spécialisés
de tout le Nord de l'Italie dans le traitement du SIDA, le
service des admissions est exigu et vieillot, et ne suffit
plus à faire face aux besoins.
En attendant, un service
des urgences ultra moderne est en construction depuis des
années ; les travaux sont restés au point mort
durant plusieurs mois !
Dans l'actuel service des
admissions de l'hôpital Sacco, il n'y a
qu'une toute petite
salle d'isolement
; et, quand le jeune homme y est arrivé en ambulance,
celle-ci était occupée par un autre malade
dans un état critique. Le jeune sidéen a donc
attendu dans le couloir. Une attente d'une demi-heure, voire
de trois-quarts d'heure. Puis, juste au moment d'être
transféré du brancard de l'ambulance à
celui du service des admissions, le jeune a subi un
arrêt cardiaque. [...] Était-il possible
d'éviter cette tragédie ? Il est certain qu'il
n'y avait plus grand chose à faire pour le jeune
sidéen ; mais Pierfranca Berlone, présidente
milanaise de la Ligue Italienne de Lutte contre le Sida, a
demandé aujourd'hui de rencontrer les responsables de
l'hôpital. Elle veut reconstituer les faits,
comprendre le POURQUOI de cette longue attente et
de cette mort dans le couloir. En attendant, elle déclare :
" Il est impensable de n'avoir qu'une seule salle
d'isolement. Il serait grand temps qu'il y ait un
véritable service des urgences. Il est trop injuste
de mourir ainsi."