POSITIFS INTERNET

Lettre d'ITALIE sur une situation catastrophique. (7)


Page d'Accueil => en résumé => index Positifs => autres index => témoignages => divers => Lettres d'ITALIE => Lettre 7.

Plan du site


Février 1997

Voici la traduction d'un article publié dans " Il Giorno "du 10 février dernier. J'espère que l'envoi de ces traductions d'articles permettra de sensibiliser nos "cousins" français sur la situation des sidéens et des séropositifs italiens. Salutations les meilleures.


 "Il Giorno" Lutte contre le SIDA : lettre ouverte du conseiller municipal Hutter au Bureau Projet Villes Saines :

Quelle fin ont eu les distributeurs de préservatifs ?

Lutte contre le SIDA : beaucoup de mots, très peu de faits. Paolo Hutter, conseiller municipal indépendant, affirme - dans une "lettre ouverte" envoyée au Bureau Projet Villes Saines - que le temps mis par la Mairie de Milan pour installer les distributeurs de préservatifs commence à devenir biblique [Le Maire de Milan, M. Formentini, avait promis en 1993 que tous les lieux fréquentés par les jeunes seraient équipés de distributeurs de préservatifs à prix économiques]. " Si on ne veut pas commencer par les écoles municipales [seuls deux ou trois lycées sont actuellement équipés de distributeurs de préservatifs à prix économique vu les violentes polémiques soulevées par les parents d'élèves et l'église], qu'on les installe ailleurs " affirme Hutter. Et attention aux prix : " Ceux des pharmacies sont trop élevés ; au lycée Cremona les préservatifs sont vendus à 500 lires/pièce (soit environ 1,75 FF). Voilà le prix à appliquer ".

Deuxième problème : Il devient de plus en plus difficile de trouver des dispensaires qui fassent les tests de dépistage du SIDA gratuitement et sans enregistrer l'identité du demandeur. " Au Cesca (Centro Screening Aids) - continue M. Hutter - les personnes désirant effectuer le test anonyme doivent désormais débourser 70 000 lires (soit environ 243,90 FF. Les hôpitaux font payer ce même prix). Il semblerait que les tests de dépistage soient restés anonymes et gratuits uniquement à la USSL (Unité sociosanitaire Locale) de la rue Fiamma et au Nopa (Organisme de prévention SIDA) de la rue Masaniello. Mais quelle fin ont eu les centres municipaux ? Je n'ai pas l'intention de faire naître des inquiétudes injustifiées quant à la confidentialité de l'identité des séropositifs - poursuit Monsieur Hutter. Il ne me semble pas que le personnel soignant et les médecins violent le secret professionnel. Je conseillerai donc à tous d'exhiber, sans problème, leur propre carte sanitaire [l'équivalent de la carte d'assuré social en France. La carte sanitaire italienne reporte les noms et adresse de son titulaire]. Cependant, tous doivent pouvoir avoir accès facilement au test de dépistage ; d'autant plus que la Région finance les centres de dépistage et que tout laisse à croire qu'elle le fasse afin que les tests soient gratuits."

Afin de vérifier l'exactitude des faits rapportés dans l'article, j'ai téléphoné aux différents centres de dépistage de Milan pour leur demander les conditions d'exécution du test de dépistage du SIDA. Voilà leurs réponses :

Hôpital Maggiore (Cesca)

Pour faire le test de dépistage, amener la carte sanitaire et payer 6 000 lires à la caisse (soit 20,90 FF). Le test n'est donc plus ni gratuit ni anonyme (la carte sanitaire reportant le nom, le prénom et l'adresse de son titulaire). La personne m'ayant répondu au téléphone m'a, par ailleurs, affirmé que les conditions en question devraient bientôt changer. À signaler qu'autrefois, le Cesca effectuait le test en question gratuitement et anonymement.

Hôpital Niguarda Ca' Granda

Le responsable du service des Maladies Infectieuses me demande mon nom et mon prénom pour que je puisse prendre rendez-vous pour le test de dépistage, et il me déclare qu'il faudra que je vienne avant 9 heures à l'hôpital Niguarda. Je lui rétorque que je désirerais faire le test de manière anonyme. Devant mon refus de lui communiquer mon nom, il me déclare qu'il ne peut en aucun cas me fixer un rendez-vous pour le test de dépistage. Le test n'est donc pas anonyme.

Hôpital Luigi sacco

Pour effectuer le test de dépistage du SIDA ? il faut être en possession d'une demande écrite de son médecin traitant (reportant donc le nom et le prénom de la personne demandant le test de dépistage) précisant le code d'exemption (le fameux code 52). Le test sera gratuit, mais non anonyme (la demande du médecin traitant reportant le nom et le prénom de la personne désirant effectuer le test).


Franck.
Le 10 février 1997.


lettre 6 - lettre 8
Haut de page
 

© Copyright association POSITIFS, France, 1997.
Page maintained by Sylvain & Christian.