Voici la traduction de
la bande son d'un reportage diffusé le 9 janvier 1997
sur la 3ème chaîne de la RAI qui m'a
profondément bouleversé. Combien de choses de
ce genre les sidéens doivent-ils encore vivre en
Italie ? Ces problèmes "bureaucratiques" qui font que
les sidéens meurent sans médicaments, sans
soins (800 lits d'hôpitaux en Italie pour 32 000
malades), sans droits, oubliés de tous ... Aidez-nous
à diffuser ce genre d'informations. Les
sidéens italiens se retrouvent à lutter contre
la maladie, mais aussi et surtout, contre un état
tatillon, lent, et des ministres de la santé -
catholiques - mais qui n'ont, hélas, aucune
compassion pour les séropositifs et les
sidéens. On les assassine à petit feu, dans
l'indifférence la plus totale. Ils meurent pour des
raisons de paperasserie, de bureaucratie, de fonds
octroyés, mais bloqués, de guerre entre
fonctionnaires.
Traduction de la bande son du reportage
télévisé diffusé lors du journal
de la troisième chaîne italienne (RAI 3) le
soir du 9 janvier 1997 à 19h30.
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Commentaire
d'introduction de la journaliste (Bianca Berlinguer)
:
La plupart des
malades en face terminale du SIDA ont commencé un
nouveau traitement ; un traitement coûteux, mais
efficace ... Aujourd'hui, en ce début d'année
1997, des problèmes purement bureaucratiques font que
ces malades courent un risque de plus.
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Début de la
bande son du reportage :
Un mot
compliqué, inhibiteurs de la protéase. Ce sont
des médicaments fort coûteux - 600 000 lires
(soit 2 000 francs) la boîte, pour un traitement d'un
mois. Une nouvelle thérapie, un traitement efficace
pour les malades en phase terminale du SIDA. Ces
médicaments furent enregistrés aux
États-Unis début 1996. Les résultats
sur les maladies sont bons. Les malades semblent reprendre
des forces, réagir au traitement. On a
commencé à en parler en Italie au printemps
dernier (1996). Les médicaments n'étaient pas
encore officiellement disponibles et de nombreuses
associations dénonçaient que "seuls les
malades les plus riches pouvaient se soumettre au traitement
en achetant les médicaments à
l'étranger". Puis, la recherche - soutenue par le
Ministère de la Santé - a débuté
également en Italie. En août, environ 1 200
malades en phase terminale réussissent à
obtenir les nouvelles thérapies. En novembre, la
distribution hospitalière commence, mais les
thérapies sont coûteuses et les unités
sanitaires et locales (qui gèrent les
problèmes sanitaires en Italie) réclament de
nouveaux fonds aux régions, puis les régions
à l'État. Les premiers financements sont
arrivés. L'année 1997 vient de commencer. Les
stocks des inhibiteurs de protéase commencent
à s'épuiser. De nombreux médecins-chefs
signalent aux directeurs sanitaires le risque que, si le
traitement est interrompu, les effets seront
désastreux.
La plupart des malades
risquent de mourir !
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Le reportage est suivi
de l'interview du Docteur Agnoletto, président d'une
association - la LILA (Ligue Italienne de Lutte contre le
Sida) :
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Q. Que se
passe-t-il ? Cet argent n'arrive pas. À qui la faute ? Le
Ministère de la Santé ? Les
Régions ?
R. Une embrouille bureaucratique
s'est développée. Le Ministère de la
Santé a alloué les fonds, mais ces fonds n'ont
toujours pas été mis à la disposition
des unités sanitaires locales et des régions.
Une polémique est née entre les Unités
Sanitaires Locales, les régions et le gouvernement.
Chacun se renvoie la balle et on ne parvient pas à
résoudre ce problème. Les malades risquent,
hélas, de faire les frais de cet état de
chose. D'où des propositions fort simples : un appel
fort, immédiat, urgent, pour que dans les prochaines
heures - et non dans les prochains jours - le
Ministère et les régions débloquent des
fonds extraordinaires pour acheter ces médicaments.
Le second appel, je l'adresse aux industries
pharmaceutiques. Les industries pharmaceutiques devraient
distribuer immédiatement ces médicaments, et
attendre quelques mois pour recevoir l'argent qui leur
échoit.
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Q. Si ce
traitement est brusquement interrompu, quelles pourraient en
être les conséquences pour les sidéens
?
R. Je dois hélas dire que ceci
n'est pas uniquement une hypothèse. On nous a
signalé des cas d'interruption de traitements dans
plusieurs villes (Cantazaro, Lamezia Terme, Gênes).
D'autres cas ont été signalés à
Côme et à Milan. Certains malades se sont vu
refuser l'octroi de ces nouveaux médicaments devenus
introuvables. Les conséquences peuvent être dramatiques ; c'est-à-dire une augmentation de la
charge virale, une diminution des défenses
immunitaires, qui mettent en péril la vie du malade
en phase terminale.
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Q. Donc,
ces médicaments sont très efficaces
?
R. Je voudrais être clair. Ce ne
sont pas des médicaments qui peuvent détruire
le virus, mais il s'agit de médicaments fort
délicats qui, pris au bon moment du
développement de la maladie, pris aux bonnes doses,
peuvent améliorer la durée et la
qualité de la vie, à proprement parler.
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Franck
Le 19 janvier 1997
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