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Lettre d'ITALIE sur une situation catastrophique. (3)


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Novembre 1996

Traduction d'un article paru le 23 novembre 1996 dans "La Repubblica"

Milan - L'initiative est sérieuse, mais destinée, peut-être dans quelques cas, à soulever également de la surprise et de l'embarras. Devant les arrêts de métro, les marchés de quartier, les supermarchés, seront distribués, à partir de lundi, 10 000 préservatifs portant la mention suivante : " Mairie de Milan : prévention SIDA." C'est la première fois qu'une administration municipale sponsorise une intervention de ce type en vue de la journée mondiale contre le SIDA. La distribution devrait se poursuivre dans les écoles. Cependant, ce projet ne sera pas facile à réaliser étant données les résistances de la Curie et du monde catholique. En effet, le projet municipal de 1994, qui prévoyait d'installer des distributeurs de préservatifs en plusieurs points de la ville, n'a toujours pas décollé. En 1997, devrait s'ouvrir à Milan le premier centre d'accueil pour les enfants séropositifs.

Entre-temps, l'immunologue Fernando Aiuti dénonce : "Pour des raisons économiques, mais aussi purement bureaucratiques, l'État permet uniquement à 1 200 personnes séropositives de se soigner avec les nouveaux antiprotéases, tandis que 60 000 autres, bien qu'y ayant droit, n'ont pas la possibilité d'avoir accès à ce genre de médicaments en Italie." Dans son intervention lors du congrès annuel sur le Sida organisé à Milan par l'Anlaids, Aiuti a souligné une situation qui fait que "les trois médicaments en question sont mis à la disposition des malades français, allemands et anglais, mais pas des malades italiens."

Selon les affirmations de l'immunologue, sur les 120 000 séropositifs italiens, au moins la moitié (ceux qui sont en dessous de la barre de 300 CD4) auraient un besoin urgent des nouveaux médicaments approuvés le mois de septembre dernier. Deux de ces médicaments ont été insérés (pour le troisième, aucune décision n'a été prise vu son prix exorbitant) dans la classe "H", c'est-à-dire la classe des médicaments à délivrance hospitalière. La plupart des hôpitaux - déclare M. Aiuti - ne les délivrent pas. Les rares hôpitaux qui délivrent les médicaments en question opposent de nombreuses difficultés et les achètent de façon très réduite.


Franck
Le 23 novembre 1996.


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