Le
Congrès de Vancouver pour les séropositifs et
les malades du SIDA a ouvert de nouveaux espoirs, mais la
polémique continue. Il s'agit de la polémique
au sujet du business financier fondé sur la
commercialisation des médicaments. [...] Au
delà des personnages célèbres et des
milliards, les véritables protagonistes de tout cela
- c'est-à-dire les séropositifs et les malades
du SIDA - où sont-ils ? Souvent, ils doivent frapper
à de nombreuses portes - parfois à la mienne - avec un
regard illuminé d'une lueur d'espoir, certes pas
ignares mais sans aucun doute peu intéressés
par toutes ces polémiques "académiques",
à la
recherche désespérée des
médicaments si convoités. Peu intéressés -
disais-je - car, bien qu'impliqués dans un incroyable
circuit d'argent et de pouvoir, les malades veulent être
soignés à tout prix. Qui pourrait leur donner
tort ? Mais comme dans le supplice de Tantale, qui mourut de
soif enchaîné à quelques
centimètres d'un ruisseau d'eau fraîche, pour
les séropositifs, les anti-protéases, bien
qu'étant à portée de main, ne sont pas
disponibles. Les médicaments pour ceux qui
possèdent des moyens financiers adéquats sont
bel et bien à portée de la main en Suisse, au
Vatican ou dans des lieux parfois plus
proches. Comme
dans les années sombres de la guerre, ou comme pour
tout ce qui est illégal, il suffit de pouvoir
disposer de quelques millions de lires (un million de lires = 3 000,00 FF)
par mois pour se
les procurer, également à Naples.
Ainsi, le cocktail
d'AZT, 3TC et anti-protéases pour la thérapie
du SIDA - tout comme l'héroïne et la
cocaïne - finiront par connaître les mêmes
parcours, par alimenter le même marché et,
pourquoi pas, augmenter les mêmes formes de
criminalité désespérée de ceux
qui n'ont plus rien à perdre. [...]
Pompeo Donofrio
Assistant Clinique Dermatologique
Université Federico II, Naples.
Note : le prix de
l'Invirase en Suisse : 650 francs suisses, soit environ 2
600,00 FF.