Employé de la poste,
séropositif depuis 1985, je combats les
discriminations dont j'ai été victime au sein
de mon entreprise.
En décembre 1995 le
tribunal administratif de Paris a condamné la
Poste, en tant qu'entité, mais a
décliné toute responsabilité morale
quant aux personnes physiques qui ont suscité ces
discriminations relatives à mon état de
santé. Le juge a estimé que la Poste avait
commis une faute de nature à engager sa
responsabilité.
En effet, l'assistante
sociale, l'inspecteur divisionnaire, le chef
d'établissement et le directeur des ressources
humaines n'ont pas soutenu ma demande d'aménagement
d'horaires nécessaire à mon état de
santé. Depuis 1991, seul, j'ai dû combattre de
front l'attaque fulgurante du sida et le cynisme de
l'entreprise la Poste dont le but était de m'exclure
le plus rapidement possible du marché du
travail.
Durant tout ce temps, j'ai
entrepris beaucoup de démarches, qui sont
restées lettre morte, auprès de
différentes personnalités. J'ai
réclamé des sanctions envers ces cadres de la
poste que j'estime responsables. Face à ce
mépris général et complice, j'ai
entamé le 25 juillet 1996 une grève des soins
et de la médication.
À présent, devant
l'immobilisme des syndicats (7 membres au conseil
d'administration de la Poste) et de la plupart des
associations de lutte contre le sida (publicité
mensongère), je me sens trahi et laissé pour
compte. Malgré de timides interventions ne les
engageant pas, ceux ci adoptent la même attitude
méprisante que ces représentants de la Poste.
Ne rien dire et ne rien faire, c'est cautionner et accepter
ces comportements discriminatoires.
De plus, la Poste
participant au Sidaction et vendant des pin's ruban rouge
à ses guichets... on comprend un peu mieux leur
réticence à se mouiller et à prendre
partie pour un pauvre petit fonctionnaire sans
intérêt, qui ne se revendique d'aucune
organisation. Dans ces conditions, comment voulez-vous
trouver un soutien favorable pour faire reculer ces
méthodes inhumaines ? J'ai pris aussi cette
décision pour défendre, aider mes
collègues (300 000 salariés à la
Poste), dont certains atteints du SIDA, et
complètement isolés jusqu'au
décès ; et aussi pour d'autres cas aussi
dramatiques qui aboutissent inexorablement à
l'exclusion.
On ne peut compter que sur
soi ! Dans ce monde d'égoïstes et d'ambitions
personnelles, on est bien loin de ces beaux discours de
bonnes intentions et de solidarité.