En effet, en
1999, au cours d'un remplacement en tant que professeur
auxiliaire dans un établissement privé, j'ai
dû, pour des raisons de santé, recevoir un
arrêt maladie de trois semaines.
Ne sachant pas si j'allais être en mesure de reprendre
mes fonctions à la fin de cet arrêt maladie,
j'ai informé la Direction dont je dépends de
mon infection à VIH, par souci
d'honnêteté.
Malheureusement, à partir de la rentrée 1999,
lors d'une nomination à pourvoir dès octobre
sur poste vacant à l'année, j'ai
commencé à remarquer des effets
discriminatoires : proposition de " Contrats à
Durée Déterminée " d'un mois
renouvelable, alors que l'établissement d'affectation
se trouve à 350 km de mon domicile. Ce qui
m'empêchait de déménager du fait de la
précarité de l'emploi proposé.
Au préalable, lors de l'entretien d'embauche, le chef
d'établissement m'avait, après avoir
donné les manuels scolaires, demandé de les
lui restituer ! Le tout en un quart d'heure, après
avoir demandé des références
auprès du directeur du précédent
établissement d'exercice !
Ayant refusé ce poste, j'ai dû attendre fin
février 2000 pour pouvoir bénéficier
d'une nouvelle affectation.
Durée de l'entretien avec le nouveau chef
d'établissement : cinq minutes au cours desquelles je
me suis présenté pendant qu'il lisait son
journal.
Seuls propos tenu : "Tout ce que je vous demande, c'est de
ne pas faire l'apologie de l'homosexualité et du PACS
dans vos cours".
Me trouvant dans une situation financière difficile,
je n'ai pas relevé ce propos cinglant et
déplacé.
Dès le premier jour, une action de
déstabilisation a été engagée :
rires moqueurs lorsque j'entrais en salle des professeurs,
appels téléphoniques, dans la même salle
des professeurs, provenant de l'enseignant malade que je
remplaçais, pour me dire que je ne faisais pas mon
travail correctement (j'ai dix ans d'expérience dans
l'enseignement avec des notes administratives toutes
supérieures à 16/20 !!!) !
L'atmosphère devint très vite infecte et au
bout de quatre jours, je devais stopper cette
activité devenue infernale.
Depuis, plus aucune proposition de remplacement ne m'a
été proposée, alors que je
dépose tous les ans des dossiers de
suppléances en tant que maître
auxiliaire.
Ma situation
financière s'est très vite
dégradée. J'ai dû, de ce fait,
constituer un dossier de faillite personnelle (Revenus
ASSEDIC = 2.600 Francs par mois).
Ayant été
rejeté de mon cadre de travail et n'ayant pas pu,
malgré de très nombreuses démarches,
retrouver un emploi, j'ai connu une période de
dépression, me sentant totalement rejeté et
exclu d'un milieu que j'adorais car j'éprouvais un
très grand plaisir à transmettre mes
connaissances aux élèves.
Aujourd'hui, j'ai
décidé d'entamer une procédure avec
l'aide d'un avocat pour discrimination, en vue de faire
respecter mes droits bafoués et pour que mon
expérience serve d'exemple à toutes les
victimes d'exclusion en raison de leur
séropositivité, et qui, comme moi, à
une époque n'ont pas la force et la volonté de
se battre contre l'injustice dont on peut être
victime.
Je ne veux plus entendre cette réponse : "On n'a rien
à vous proposer" formulée par la Direction
dont je dépends, lorsque l'inspection
académique annonce 600 professeurs absents le lundi 5
mars 2001 et, qu'en raison d'un manque de maîtres
auxiliaires, elle doit faire appel à des vacataires
dans mon académie d'exercice.
Je vous remercie par
avance de me communiquer tous les éléments
utiles, toutes les informations qui pourraient me servir
dans cette situation catastrophique dans laquelle je me
trouve *.
Le 7 mars
2001
FB