Voilà,
je vous envoie mon témoignage bien que je pense que
je le fais plus pour moi que pour témoigner sur une
maladie malheureusement déjà bien vécue
par de nombreuses personnes et apparemment pas encore assez
connue si l'on en croit les statistiques.
Mon ami d'enfance (que je
connais depuis 12 ans) a appris récemment qu'il avait
le sida et il m'a demandé de l'accompagner dans cette
épreuve. Bien entendu, j'ai accepté.
C'était donc à mon tour de jouer "à la
grande sur" ; mais là, le problème, c'est
qu'il ne s'agit pas d'une histoire de "bobos" aux genoux, de
"garçon qui m'embête" ou même de rupture.
Cette fois-ci, c'est autre chose.
Il a été
contaminé lors d'une relation qu'il a entretenue avec
une fille pendant un an et demi et qui, en le trompant, lui
a refilé cette merde (il faut appeler les choses
telles qu'elles sont).
Non contente de lui gâcher sa vie, elle s'est
acharnée à détruire le peu de vie
familiale qui lui restait.
Résultats : ses parents lui disent qu'il est "un
traîné" et que l'autre est une fille bien ; ses
amis, soi-disant ouverts d'esprit, s'avèrent ne pas
l'être assez pour le toucher sans avoir peur de mourir
dans les minutes qui suivent.
Enfin, j'imagine que cela doit être habituel pour
beaucoup.
Et moi, dans cette
histoire, me direz-vous. Et bien, moi j'essaie de me
préparer comme je peux, à voir pour la
deuxième fois une personne chère mourir sur un
lit d'hôpital (le premier, c'était un cancer),
mais la différence c'est que cette fois-ci, la
personne en question n'a pas 80 ans mais 20 ans.
Je ne sais pas trop
pourquoi je vous écris. Mais bon, je pense que c'est
histoire de me faire prendre conscience que ce n'est pas un
cauchemar où tous mes proches essaient de me soutenir
comme ils peuvent mais bien une réalité dont
on connaît la fin.
Merci
Laure
22
Février 2001