Je vous
remercie de m'avoir répondu. Votre réponse est
venue comme une bouffée d'air dans ma triste vie.
Vous pouvez publier mon témoignage de façon
anonyme car c'est à partir des témoignages
déjà publiés sur votre site
(<http://www.positifs.org>) que j'ai osé vous
écrire. Cela a été très utile
pour moi.
Merci encore de m'avoir
répondu.
Je suis africaine et je
vis depuis quelque années avec le virus VIH.
Je n'ai personne à qui parler. Personne ne
s'intéresse au Sida autour de moi.
Je ne suis ni prostituée, ni droguée, ni homo
et pourtant je suis sidéenne, comme on nous appelle
ici.
Comment et quand l'ai-je eu ? Je ne puis
répondre.
Ma famille est chrétienne et moi aussi, alors on ne
parle pas du Sida qui est considéré comme une
malédiction sociale.
Quel malheur m'a frappée ?
Je voudrais tout simplement dire les souffrances de tant de
gens vivant comme moi en Afrique.
Je désire seulement
parler à des gens, quelle que soit leur croyance, la
couleur de leur peau, le continent où ils
habitent.
Je souhaiterais correspondre de temps en temps avec des
personnes vivant avec le VIH ou œuvrant dans des
associations pour partager nos angoisses et nous entr'aider
à porter notre croix jusqu'à la fin.
Moi, je suis un traitement
au Rétrovir® et à l'Epivir® avec quelques
antibiotiques. Cela fait quatre ans que la maladie est
déclarée. Grâce au traitement, je
continue à mener mes activités en me
ménageant, mais souvent j'ai envie de communiquer, de
parler de mes sensations, d'expliquer à quelqu'un mes
douleurs. Je vous assure que pour assumer cette maladie dans
mon milieu, il faut avoir des bases solides, des gens qui
vous soutiennent moralement et socialement.
C'est vrai que le Sida est
une terrible maladie.
Ce ne sont pas tant les insupportables douleurs physiques,
ce n'est pas tant la perspective de la mort qui font mal,
mais c'est surtout l'isolement et le rejet social qui tuent
le malade.