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To Be Or Not To Be.


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Être ou ne pas être.

Victime d'une rixe, hier à 10 h du matin, j'ai comme, on dit, pris une tête ; une vraie. Deux gaillards de plus de 90 kg tout en muscle me sont tombés dessus ; coups de poing, coups de pied. Les lascars habillés commando et portant des rangers m'ont salement amoché. Au début, j'ai lutté ; ensuite la seule solution pour moi était de me protéger, surtout mon visage. J'ai reçu des coups de pieds à la tête d'une violence inouïe. Je me rendais à l'enterrement de ma grand-mère. Un membre de ma famille qui m'accompagnait me laissa seul et préféra s'enfuir, se réfugiant dans le jardin d'une maison toute proche. Moi j'étais resté, car c'était lui qui était agressé au début ; je trouvais donc normal de lui porter secours ; mais quand les individus changèrent de cible, lui préféra appeler au secours, tout en s'enfuyant. Une fois au sol, je ne cessais de l'appeler : lui en retour criait " Appelez la police ". Une fois que les garçons m'ont laissé pour mort, je le vis revenir... Disons 1 minute après les premiers badauds. " Les pompiers arrivent ", me dit-il, " je leur ai dit que tu étais séropositif ". J'étais complètement sonné, je saignais du nez, de la bouche et de la tête. Les pompiers arrivent ; l'un d'eux s'approche de moi... enfin à quelque 1 mètre et me dit " Monsieur pouvez vous vous asseoir ? " Je lui répondis que je ne savais pas ; " essayez ". Je m"assoie sur le bitume. Il poursuit " Monsieur, pouvez vous vous lever ? "

Ma tête ressemblait à un chou fleur, tout tournait, j'avais des troubles de la vision ; j'essayais de me lever : je titubais et je n'avais pas bu. Il ouvrit le fourgon et me demanda de m'asseoir sur le brancard intérieur. Nous partîmes sur l'hôpital ; personne ne m'examina. Arrivé, je rentrai dans les urgences ; aucun médecin ne m'a examiné. On m'a pris une radio du crâne. Le seul médecin que j'ai vu m'a regardé sans me toucher. De ce fait il rata quelques plaies dissimulées sous le cuir chevelu ; moi-même je ne m'en étais pas rendu compte ; c'est bien après que les découvris. On me donna mon bon de sortie avec comme ordonnance du di-antalvic. Je ne suis pas très content, car je croyais que cela n'arrivait plus : je croyais que les médecins étaient bien informés, je croyais.... Une fois rentré c'est ma tante qui m'a nettoyé les plaies et désinfecté. Aujourd'hui, je ne suis pas sorti ; complètement groggy avec des troubles de la vision, des nausées.

Si un jour vous vous trouvez dans cette situation ou une autre, ne dites pas que vous êtes séropositif. Moi c'est ce que je ferais dorénavant ; un jour, je l'ai dit à un dentiste, il a refusé de me soigner ; je l'ai dit à un médecin, il m'a dit qu'il ne savait pas soigner ces gens-là. Alors, c'est fini : je ne le dirais plus.

© Copyright José (mars 1999)



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