Et nous avons retrouvé la même
chambre du même hôtel pour deux jours de plus
(les avions sont complets) à traîner sur
l'embarcadère, dans "la savane", et à ne rien
faire de toute la journée. TRÈS fatigués.
Et par dessus tout, plus rien à fumer.
Et un jour, on repasse la douane (sans encombre), et la
salle d'embarquement, avec boarding pass en poche ; et non,
je n'achèterai pas de tabac (on est
fauchés).
Et dans l'avion je me demande bien à quoi va
ressembler cette nouvelle vie qui va commencer à
l'atterrissage.
Si j'ai le courage, un jour je vous raconterai (un an
d'hôpital, vous allez vous marrer ...).
Parce qu'en ce moment, je suis TRÈS occupé à
travailler sur mon équation du bonheur ("je croyais
qu'il nous avait tout dit, déjà"). Ben oui,
parce que déjà, j'ai trouvé une valeur
utilisable qui s'ajoute au lieu de se diviser, et qui en
plus ne se déprécie pas ; mais rien ne me dit
qu'il n'y en ai pas une, quelque part, qui se multiplie
...et dont la cote augmente en permanence ... Ca pourrait
être pas mal, ça. Seulement, (pas que je sois
pessimiste, juste un peu trop conscient de nos limites) pour
ça, j'ai bien peur qu'on ait besoin de subir une
véritable mutation.
Des
à-côtés ?
Oui, je
sens bien que ça vous intéresse.
Et bien voila : dans ma comptabilité
métaphysique, je peux percevoir l'existence d'une
autre valeur, sans pouvoir la saisir. Je veux dire par
là que dans ce bonheur que l'on peut gagner en
faisant du bien, il y a quelque chose d'autre que la
gratification personnelle ; mais je ne sais pas ce que c'est
; appelez ça la "bonté chrétienne" si
vous voulez. Seulement, cela fait déjà des
milliers d'années que les religions tentent de
persuader l'homme qu'il est bon (car créature de
Dieu), qu'il doit donc pratiquer la bonté, en
espérant, qu'à l'usage, il se rende compte que
ça le rend réellement heureux. Avec le
résultat que l'on sait. Bonne idée, mauvais
marketing.
Alors je ne nie pas l'existence d'une "bonté
humaine", mais je crois plus vendeur de convaincre l'homme
de son intérêt personnel à être
bon ; il y a quand même plus de chance qu'il essaye,
et se rende compte que c'est vrai ; et pratique la
bonté, et en arrive à libérer sa
"bonté humaine".
Disons que je fais plus confiance à son intelligence
qu'à sa bonté.
Pour l'instant en tous cas.
Enfin, jusqu'au jour ou on pourra dire qu'on est
passés de Sapiens à autre chose.
Quelque chose comme Homo Amor, par exemple.
Shabin