Sexpécifique
Les femmes
sont-elles (sont-ils ?) des Hommes comme les autres ?
Je m'explique :
Faut-il considérer les femmes (petit effe) comme des
Hommes (grand hache, comme dans Humanité) simplement
pourvus d'un morpho-type particulier (absence de
pénis, appareil urogénital plus complexe,
forme générale de violon et système
pileux très localisé), mais que toutes les
choses qui, par ailleurs, peuvent les rendre semblables aux
hommes, petit hache, font qu'au final cette
différence de sexe est tout à fait mineure ;
ou autrement dit, sachant que la population est à peu
près répartie entre les deux
catégories, deux individus pris au hasard se
ressembleront autant (statistiquement) quels que soient leur
sexes ; ou inversement, qu'une femme (petit effe) sera au
final, si on l'observe longuement à l'œil nu au
microscope, au scanner, à
l'interféromètre et à l'aide de je ne
sais quoi encore, plus toute la batterie des tests
psychologiques, aussi semblable et aussi différente
d'un homme (petit hache) pris au hasard, qu'un autre Homme
(grand hache), quel que soit son sexe, pris au hasard
également.
La nature, dans sa grande sagesse, a également
expérimenté la reproduction hermaphrodite,
mais l'état actuel du règne animal montre que
le système à deux sexes, par son brassage
génétique, offre les meilleures chances
à l'évolution, et que pour arriver à
mélanger des patrimoines génétiques,
sans entrer dans l'infinie complexité que cela
recèle, il faut déjà commencer par
échanger, physiquement parlant, ces
caractéristiques ; d'où l'activité
sexuelle et les attributs qui lui sont nécessaires.
Donc, à un certain stade de maturation du fœtus,
vont se développer, soit un clitoris, soit un
pénis, des grande lèvres ou des bourses, et
tout ce qui va avec, afin de réaliser au final un
Homme capable de se reproduire avec un autre Homme, homme ou
femme, selon.
Pour soutenir cet aspect, notez par exemple que la
graphologie, à laquelle peut être, sans lui
accorder l'importance que lui attribuent les chefs de
personnel, il faut bien reconnaître une certaine
réussite quant à sa capacité à
définir plus ou moins précisément les
caractères, est pourtant absolument incapable de vous
dire pour commencer si l'auteur de l'écriture
analysée porte une jupe ou un pantalon. Positivement
étonnant, non ?
Une espèce, deux sexes, une vision du monde
très classique et cohérente par rapport
à tout ce que nous observons chez les animaux, et
notamment les mammifères.
Ou alors,
peut-on considérer les femmes comme les
éléments d'une espèce distincte (la
Féminité, grand effe) mais très proche,
avec laquelle, jusqu'à présent en tout cas, il
nous est nécessaire de procréer, vu que nos
frères hommes (grand Hache ou petit hache, sans
distinction) ne possèdent pas l'appareillage
adéquat pour la grande cuisine
génétique. Donc, nous sommes attirés
par cette espèce voisine ; nous faisons la danse de
l'amour, et si tout se passe bien, après quelques
mois de mystère biologique, naîtra un nouvel
élément de l'espèce XX ou de
l'espèce XY, selon des règles qui nous
échappent encore un peu. Bon, vous allez me dire
qu'il suffit de regarder autour de soi pour trouver
aussitôt cette idée ridicule ; il est tout de
même plus facile de déterminer, même de
loin, si l'on a affaire à un hamster ou à un
rhinocéros, plutôt que à un Hamster
monsieur, ou un Hamster madame. C'est vrai, mais vous pouvez
aussi dire qu'ils sont plus proches et donc se ressemblent
plus, de la même manière qu'un kangourou
ressemble quand même plus à un koala
qu'à une autruche (bien qu'ayant sensiblement la
même vitesse de croisière).
Et pour soutenir cette thèse, il suffit de
considérer à quel point nos comportements
peuvent être différents, ou
"spécifiques".
Déjà, si vous étudiez la population
carcérale, (en gros une femme en prison pour cinq
hommes), vous pouvez vous demander si ce fameux chromosome
supplémentaire ne serait pas celui du crime.
Ensuite, essayez un jour de réunir un pool d'hommes
et de femmes, et de leur passer une vidéo montrant
les ébats de quelques bambins ; les femmes seront
comme hypnotisées, alors que les hommes vont tenir
cinq minutes avant de parler d'autre chose (de voiture, de
moto, de musique, de boulot...).
Enfin, bien sur, il y a une énorme différence
du point de vue du comportement sexuel.
Ainsi, mesdames, lorsque un homme déclare (avec
très peu d'élégance, j'en conviens)
qu'il a "les couilles pleines" et qu'il doit les vider, ou
(d'une manière un peu plus raffinée) qu'en ce
moment, "il marche derrière sa bite", il faut le
prendre au premier degré. Il y a là en effet
un atavisme de la mâlitude qui, depuis la nuit des
temps, nous pousse à courir la campagne, la truffe
frémissante, afin de rappliquer (à couilles
rabattues) sur la première femelle en état de
procréer ; je la séduit
(éventuellement), je la prends, je la féconde,
je fume une cigarette, et ... je vais voir ailleurs s'il n'y
en a pas une autre qui traîne. C'est comme ça,
on n'y peut rien. Bien sûr, au fur et à mesure
que nous évoluons, ce comportement atavique (que l'on
qualifie généralement d'esprit machiste) tend
à être de plus en plus contrôlé.
Par notre raison (c'est pas toujours facile), par notre sens
pratique (ça vous fout souvent dans des situations
impossibles), et bien sûr par les sentiments. Et puis,
chez les gens un peu évolués, par la
volonté de s'éloigner de "la bête" qui,
malgré tout, sommeille en chacun de nous. Sans parler
du vilain virus.
Et la femme n'est pas pour rien dans cette évolution.
Lasse d'élever les rejetons de tout le monde toute
seule, elle a vite compris tout l'intérêt de
garder un élément de l'espèce voisine
à la maison, afin d'assurer la nourriture et les
défendre des prédateurs. Seulement comment
voulez vous séduire une espèce de sauvage qui,
après vous avoir fichu un coup de massue, vous prend
par derrière à même le sol en trois
minutes max, avec, comme seule préoccupation, la
vision de son sexe s'enfonçant entre deux lobes
charnus ; car c'est cela qui l'attire : les rondeurs.
Alors la femme, dans son désir d'avoir à la
maison quelqu'un qui s'occupe d'aller à la chasse, de
réparer les robinets et de laver la voiture le
dimanche, décide de se faire pousser des seins. Car
ça, c'est totalement spécifique à la
Féminité. Les autres mammifères ont des
mamelles ; les femmes ont des seins. Ayant enfin des
rondeurs où mettre ses mains, son nez et tout le
reste si ça lui chante, il devient plus facile pour
l'homme de se laisser convaincre par la position du
missionnaire ; et là il est cuit, car la
communication peut enfin s'établir. Avec des mines,
et des soupirs, et des "oh oui" et des petits mots tendres
à l'oreille pour finir avec la conversation
post-coïtale. Et il s'y laisse prendre parce que,
finalement, passer son temps à combattre des
bêtes féroces (ou ses supérieurs
hiérarchiques) pour bouffer de la viande crue, tout
seul au milieu de la savane (ou une pizza dans son deux
pièces), et se castagner sans arrêt avec
d'autres sauvages (écumer les boites de nuit) afin de
pouvoir féconder une femelle en rut (lever une
poule), ça finit par être lassant. Alors, une
bonne petite femelle à la maison, histoire de manger
chaud tous les jours et pouvoir assouvir ses autres
désirs sans se bagarrer, en étant juste un peu
gentil, c'est peut être pas mal. Donc on finit par se
coller ensemble : on découvre l'amour (si on a de la
chance), on invente l'érotisme (car, à la
différence des autres animaux, nous sommes en rut
permanent) ; on mélange tout ça, ce qui peut
donner des résultats étonnants, et on finit
par oublier que les unes viennent de Vénus, les
autres de Mars, ou d'ailleurs, mais en tous cas d'une autre
planète.
Ridicule allez vous me dire, et la meilleure preuve de notre
unité, c'est que, même sans parler de survivre
(comme dans une symbiose), nous avons besoin les uns des
autres simplement pour EXISTER. C'était
peut-être vrai jusqu'à présent, mais
à force de se tripoter le génie
génétique, on va bien finir par y arriver
à se cloner. Le désir se dessine
déjà à travers ces couples homosexuels
qui veulent élever des enfants avec le minimum
d'intervention du sexe opposé. Quand à la
technique, elle est pratiquement prête ; il ne faut
pas se leurrer : en dépit de toutes les règles
d'éthique que l'on voudra édicter, cela va
arriver ; et là, plus besoin de l'espèce
voisine. On peut très bien imaginer les uns et les
autres pousser la machine à clones à fond, et
essayer de submerger la concurrence pour imposer son
espèce. Car lorsqu'on connaît la puissance du
désir de procréation, cette unique
manière, très imparfaite, de vaincre la mort,
de se perpétuer dans la chair de sa chair, le sang de
son sang, on se demande bien qui résistera à
la possibilité de se reproduire soi-même ; plus
proche de l'immortalité, tu meurs.
En y
regardant même de plus près, on découvre
d'ailleurs que dans ce cas, on n'a plus besoin des autres du
tout ; et l'on pourrait considérer chaque être
humain comme une espèce à part entière,
se reproduisant à l'infini d'une manière
identique, sujette uniquement aux variations de
l'environnement. Donc, entre la mise au point prochaine de
la technique et la quête de l'immortalité, on
peut imaginer la planète prochainement peuplée
d'une dizaine de milliards d'espèces. Toutes
humaines.
Alors que faut-il en penser ? Dualité ou
unicité ? En fait, pour tout simplifier, cela
dépend peut-être (en plus) du moment ;
j'entends par là qu'au point de vue du comportement
sexuel, on peut apercevoir, au fur et à mesure que
les années passent, une évolution continue
chez les uns et les autres, qui plus est pratiquement
opposée.
Dès la puberté, le jeune mâle est
positivement obsédé par le grand
mystère qui réside entre les cuisses des
femmes (cf. "l'origine du monde" de Courbet), et n'a de cesse
d'y fourrer ses doigts, son nez, et si possible, le reste de
son équipement. Que désire-t-il : "honorer"
une ou des femmes le plus souvent possible. À l'inverse, les
jeunes filles ont des impératifs plus teintés
de romantisme ; il suffit d'avoir bataillé pendant
des heures, à l'époque adolescente, juste pour
mettre la main dans une culotte, pour savoir de quoi je
parle. Pour y arriver, il nous faut y mettre les formes et
faire preuve d'un minimum de sentiment. Qu'il y ait une
grosse différence dans nos attitudes vis à vis
du sexe, rien d'étonnant là dedans, car
dès le départ, votre système
génital vous met d'office dans une de deux situations
bien tranchées ; car on peut bien me dire ce que l'on
voudra sur l'égalité (encore !) des sexes,
pénétrer ou être
pénétrée, ce n'est pas du tout la
même chose ; quoique l'on en dise, il y aura toujours
une notion de conquête du coté de celui qui
s'introduit, et de soumission du coté de celui qui
reçoit (ville prise !). Rajoutez à cela que,
au moins neuf fois sur dix, le mâle arrivera à
ses fins (la jouissance) si possible en copulant, à
défaut dans une main, et en désespoir de cause
en se frottant n'importe où, avec la bonne dose
d'excitation ; pour les femmes, évidement, la
situation n'est pas aussi confortable, car les débuts
sont souvent laborieux (complexité de celles-ci,
égoïsme et inexpérience de ceux-la ?).
Bref, elles ont de bonnes raisons de ne pas céder
trop facilement à un quelconque sagouin qui veut
juste tirer un coup de plus. N'ayant pas le plaisir garanti,
il leur faut au moins un peu de sentiment.
Après quelques années à
tirer des coups à droite à gauche, ayant
constaté que, parfois, la jouissance est un peu
décevante, et surtout après avoir
expérimenté le plaisir du sexe en état
d'amour, le petit mâle finit par se rendre compte
qu'un peu de sentiment bien placé ne contrarie pas le
plaisir, bien au contraire ; et petit à petit, il
devient tout de même un peu plus sentimental. La femme
de son coté, à force de fréquenter des
partenaires plus sensibles, dont le but n'est plus
simplement de prendre leur plaisir, mais
éventuellement d'en donner, donc ayant une
satisfaction sensuelle plus fréquemment, et
s'habituant à cette situation étrange que
d'avoir un corps étranger (et gros, et dur, et chaud,
et vivant, et actif) à l'intérieur de son
ventre, la femme disais-je finit par se "décoincer"
et à apprécier certaines situations scabreuses
et quelques perversions bien organisées.
Est ce que cela continue à évoluer dans ce
sens croisé ? Je l'ignore. Certes, passé un
certain âge, les vieux monsieur montrent une certaine
attirance pour l'innocence des petites filles (vieux
dégoûtants) ; mais je ne sais si les dames d'un
certain âge rêvent d'une soirée avec un
bataillon de tirailleurs sénégalais.
En tout état de cause, il semble qu'il y ait, entre
trente et quarante ans, une période où les
hommes sont moins rustres et les femmes plus
dessalées ; et cela pourrait être le bon moment
pour entreprendre une relation équilibrée.
Alors, différence de morpho-type ou différence
d'espèce, cela n'a pas vraiment d'importance ; ce ne
sont que des mots ; ce qui compte, c'est qu'à
certains moments, l'on soit assez proches et
complémentaires pour envisager de s'aimer vraiment,
et être un peu moins "bête" et un peu plus
"Homme" (ou "Femme").
Shabin