SURRÉALISME 21

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Le Bardo Thödol


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Le Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire.

Le Guide pour le Voyage

6

L'Orientation dans le monde intermédiaire

Avec un respect profond, je me prosterne devant
Les divinités, les mentors spirituels, les archétypes et les anges en nombre infini !
Puissiez-vous me libérer dans le monde intermédiaire !

Par Le Livre de la Libération Naturelle, le monde intermédiaire de la réalité a déjà été enseigné. Maintenant, pour le monde intermédiaire de l'existence, la prière doit être accomplie de la manière suivante :

Le monde intermédiaire de l'existence est l'état intermédiaire qui s'ensuit quand une personne a refusé l'invitation des quatre sagesses, sous leur forme bénigne ou féroce, à quitter le cycle de la vie ordinaire pour entrer dans le mode de vie illimité de l'illumination. On l'appelle " existence " parce que l'appétit pour l'existence ordinaire a déterminé qu'il y en aurait presque inévitablement une autre. Il est encore possible d'atteindre la libération et le guide encourage encore le défunt à profiter de cette possibilité. Mais il y a aussi un souci à propos de la qualité de la vie qui vient. Si une existence ordinaire supplémentaire est inévitable, alors ce devrait au moins en être une favorable. Il convient qu'elle jouisse de bonnes conditions, qu'elle se passe dans un environnement agréable, avec la possibilité d'étudier et de pratiquer les enseignements du Dharma, et, par là, qu'elle suscite le progrès dans le devenir.


Introduction fondamentale

Il se peut que l'on vous ait déjà donné l'orientation pour le monde intermédiaire de la réalité de nombreuses fois. Il se peut aussi que des personnes à la grande expérience et au devenir favorable aient déjà reconnu la lumière. Cependant, les personnes qui, elles, n'ont qu'une légère expérience et celles qui ont commis de graves péchés auront trouvé difficile de reconnaître la lumière parce qu'elles sont prises de terreur et sous le coup d'un devenir néfaste. Aussi, à partir du dixième jour, vous devez aussi accomplir cette prière du monde intermédiaire de l'existence. Vous devez faire des offrandes aux Trois Joyaux. Vous devez réciter la prière de Demande d'Aide aux Bouddhas et aux Bodhisattvas. Ensuite, appelant le défunt par son nom trois ou sept fois, vous devez dire ce qui suit :

Ô noble Gilbert ! Écoute bien et garde ceci à l'esprit ! En enfer et au paradis, comme dans le monde intermédiaire, le corps naît comme une apparition. Mais quand les perceptions des divinités bénignes et féroces te sont apparues dans le monde de la réalité intermédiaire, tu ne les as pas reconnues. Aussi, au bout de cinq jours et demi, tu t'es évanoui de terreur. Au réveil, ta conscience s'est éclairée et tu t'es immédiatement manifesté sous une forme qui ressemble à ton corps précédent. Comme le dit le tantra :

" incarnés sous les formes qui sont celles des vies précédentes comme de celles qui émergent, les sens sont complets, la capacité de se mouvoir sans entraves ; et grâce aux pouvoirs magiques du devenir, on voit les espèces similaires avec une clairvoyance pure ".

Le tantra n'est pas spécifié, mais c'est sans doute l'un des tantras du Guhyagarbha. Cette citation est considérée comme faisant autorité. Les paragraphes suivants sont présentés comme des commentaires sur ce passage. C'est évidemment, pour le texte original, exprimer un lieu commun que de l'utiliser pour décrire l'incarnation dans le monde intermédiaire.

Ici, " précédent " veut dire que tu te manifestes dans un corps de chair et d'os déterminé par les instincts de ta vie précédente. Si tu irradies et si tu portes des traces des signes corporels auspicieux ainsi que des marques d'un héros mythique, c'est parce que ton imagination a la capacité de transformer ton corps. Aussi, ce qui est perçu dans le monde intermédiaire s'appelle un " corps mental ".

Le corps dans le monde intermédiaire est fait d'énergie subtile, tel un hologramme. Aussi, l'imaginaire fonctionne concrètement pour le maintenir assemblé. Si l'on a une imagination stabilisée et concentrée, on est capable de reformer le corps par une seule pensée. Donc, si l'on a, pendant la vie, donné forme à ses instincts par une identification profonde avec un archétype mythique, il est facile de se transformer en un tel héros dans le monde intermédiaire. C'est là le but des pratiques de visualisation de l'étape de la création, qui utilisent des archétypes divins variés. Il s'agit de centrer et d'entraîner l'imagination afin qu'elle soit capable, dans ce contexte du monde intermédiaire, d'accomplir une fonction vitale qui donne forme à la vie.

À ce moment-là, si tu es destiné à renaître comme dieu, tu auras des visions de paradis ; si tu es destiné à renaître comme titan, comme humain ou comme animal, tu auras les visions qui correspondent au royaume dans lequel tu renaîtras. " Précédent " veut dire ici que, durant une période qui peut aller jusqu'à quatre jours et demi, tu auras la sensation d'avoir le corps de chair et d'os que tu avais dans la vie précédente, avec ses instincts habituels. " Émergeant " signifie que tu commences à avoir des visions de l'endroit vers lequel tu te diriges pour ta renaissance. Voici pour " précédent " et " émergeant ".

En conséquence, ne suis pas toutes les visions qui se produisent. Ne t'y attaches pas ! N'y adhère pas ! Si tu es obstiné et si tu t'attaches à toutes, tu erreras dans la souffrance des six royaumes. Jusqu'à hier, les visions du monde intermédiaire de la réalité se sont manifestées devant toi, mais tu ne les a pas reconnues. Aussi, tu dois errer ici, maintenant. Si, maintenant, sans faillir, tu peux accroître ta capacité de reconnaissance, l'orientation de ton maître spirituel pourra faciliter ta prise de conscience de la claire lumière, de la vacuité nue, pure et vibrante. Entre en elle, détends-toi dans l'expérience du non-attachement et du non-agir ! Sans être contraint d'entrer dans une matrice, tu seras libéré. Si tu ne reconnais pas la lumière, alors médite et visualise la présence de ton maître spirituel, ou ton archétype divin, sur le sommet de ta tête, et dévoue-toi totalement à lui ou à elle, avec une foi puissante. C'est si important ! Fais cela sans faillir, encore et encore !

Vous devez parler ainsi. Si le défunt reconnaît la lumière à ce moment-là, il n'errera pas dans les six royaumes et sera libéré.


Pouvoirs et problèmes d'un être du monde intermédiaire

Si le pouvoir du devenir néfaste rend encore la reconnaissance de la lumière difficile, vous devez vous exprimer de la manière suivante :

Ô noble Gilbert ! Écoute sans que ton esprit ne s'égare ! " Les sens sont complets, la capacité de se mouvoir sans entraves " veut dire que, même si pendant ta vie tu étais aveugle, sourd ou infirme, maintenant, dans le monde intermédiaire, tes yeux discernent les formes clairement, tes oreilles entendent les sons. Tes sens deviennent infaillibles, clairs et complets ; c'est pour cela qu'il est dit " les sens sont tous complets ". Reconnais ceci comme un signe que tu es mort et que tu erres dans le monde intermédiaire ! Souviens-toi de tes instructions personnelles !

Ô noble Gilbert ! Ce qui est " sans entraves " est ton corps mental. Ta conscience est libre d'incarnation et tu n'as pas de corps solide. Ainsi, tu peux te mouvoir ça et là, à travers les murs, les maisons, la terre, les rochers et le sol, même à travers le mont Méru qui sert d'axe au monde ; tu peux tout traverser sauf la matrice d'une mère et le Trône du Vajra à Bodhgaya. C'est un signe que tu es en train d'errer dans le monde intermédiaire de l'existence ; aussi, souviens-toi des instructions de ton maître spirituel ! Prie le Seigneur de la Grande Compassion !

L'être du monde intermédiaire ne peut pas traverser la matrice d'une mère parce que c'est l'endroit où il (elle) reprendra naissance - un être qui peut traverser des montagnes ne peut franchir cette délicate membrane. Le trône du Vajra à Bodhgaya est l'endroit où les Bouddhas du Corps d'Émanation suprême atteignent l'illumination en ce monde ; et l'on croit qu'il s'agit d'un lieu d'une densité particulière et d'une sainteté toute spéciale. C'est pourquoi aucun être du monde intermédiaire ne peut le traverser.

Ô noble Gilbert ! " Avec les pouvoirs magiques du devenir " signifie que, toi qui ne retire de la méditation aucune capacité particulière ni aucune sorte de pouvoir magique, tu as maintenant des pouvoirs magiques résultant de ton devenir. En une fraction de seconde, tu peux faire le tour de cette planète, de ses quatre continents et de sa montagne centrale. Tu as maintenant le pouvoir qui permet, par la seule pensée, d'atteindre à l'instant même l'endroit que tu désires. Tu peux aller n'importe où, et en revenir, aussi facilement qu'un homme normal étend et ramène son bras. Mais ces pouvoirs magiques variés ne sont pas si miraculeux ; si tu n'en as pas particulièrement besoin, ignore-les ! Il ne faut pas trop te préoccuper de savoir si tu peux manifester ceci ou cela pour la seule raison que cela te traverserait l'esprit. Le fait est que tu as la capacité de tout manifester sans entraves. Tu dois prendre acte de ce fait comme une preuve que tu es dans le monde intermédiaire de l'existence ! Tu dois prier ton maître spirituel !

La personne qui traverse le monde intermédiaire, dispose de toutes ces capacités surnaturelles. Cependant, il ne faudrait pas qu'elles fassent diversion, qu'elles vous distraient du but principal de cette traversée ; la possibilité d'atteindre la libération des modes de vie conditionnés par une confrontation avec la nature de la réalité, ou au moins l'occasion d'obtenir une vie favorable à un tel accomplissement, en évitant les états horribles ou les vies dépourvues de liberté et d'occasions.

Ô noble Gilbert ! " On voit des espèces similaires avec une clairvoyance pure " signifie que, dans le monde intermédiaire, les êtres de la même espèce peuvent se voir. Ainsi, si certains êtres sont de la même espèce et s'ils sont destinés à renaître comme des dieux, ils pourront se voir les uns les autres. De la même manière, les autres êtres de la même espèce qui doivent renaître dans l'un des six royaumes se verront. Aussi, tu ne dois pas t'attacher à de telles rencontres ! Médite sur le Seigneur de la Grande Compassion.

" Avec pure clairvoyance " se réfère aussi à ceux qui, par la pratique de la contemplation, ou par le pouvoir divin du mérite, ont développé cette pure clairvoyance. Mais de tels yogis ou divinités peuvent commander cette vision des êtres du monde intermédiaire. Ils ne les voient que s'ils le veulent. S'ils sont distraits dans leur contemplation ou s'ils n'ont aucun désir de les voir, rien ne se manifestera à leurs regards.

Si un clairvoyant était contraint de percevoir tous les êtres du monde intermédiaire qui sont autour de lui ou d'elle, il n'aurait le temps de rien voir d'autre. Un nombre infini d'êtres de toutes les espèces meurent et traversent l'état intermédiaire en permanence, et leurs incarnations subtiles peuvent pénétrer sans effort les objets solides, ou coexister dans le même espace grossier que les autres choses. En conséquence, ils s'imposent partout à quelqu'un qui a des capacités de clairvoyance, qu'elles soient naturelles ou acquises. Les " fantômes " auxquels de nombreuses cultures se réfèrent, correspondent clairement aux errants du monde intermédiaire (et c'est pourquoi le préta, qui renaît sous cette forme horrible, ne doit pas être traduit par " fantôme famélique "). En fait, le héros du film Ghost présente beaucoup de caractéristiques des êtres du monde intermédiaire.

Ô noble Gilbert ! Étant donné que tu as un corps fantomatique, tu rencontres tes parents et des endroits familiers, comme su tu étais dans un rêve. Quand tu rencontres ces parents, et bien que tu communiques avec eux, ils ne répondent pas. Quand tu vois tes parents et ceux que tu aimes pleurer, tu penseras : " Maintenant que je suis mort, que puis-je faire ? " Tu ressentiras une douleur brûlante, comme un poisson qui rebondit sur le sable chaud. Cependant, quelle que soit l'immensité de ta souffrance, te tourmenter à ce stade ne sert à rien. Si tu as un maître spirituel, prie-le. Autrement, prie ton archétype divin. Ne t'attarde pas à ceux que tu aimes ; c'est inutile. Prie les Grands Compatissants et ne cède ni à la souffrance ni à la terreur !

Ô noble Gilbert ! Emporté par les vents rapides du devenir, ton esprit est impuissant et instable. Il est comme la feuille qui tourne et qui voltige. Tu dis aux personnes en deuil : " Ne pleurez pas ! Je suis là ! " Ils ne le remarquent pas et vous réalisez que vous êtes mort, et vous en ressentez une grande angoisse. Ne vous complaisez pas maintenant dans votre douleur ! Vous êtes dans un crépuscule permanent, gris comme un ciel d'automne avant l'aurore, un endroit où il n'y a ni jour ni nuit. Cette sorte de monde intermédiaire peut durer de une, deux, trois, quatre, cinq, six ou sept semaines à quarante-neuf jours. Bien que l'on dise que, pour la plupart des gens, les souffrances du monde intermédiaire de l'existence durent vingt et un jours, ce n'est absolument pas certain en raison des différences de l'histoire du devenir des gens.

Ce désaveu d'une quelconque précision en ce qui concerne le déroulement du monde intermédiaire vient comme une sorte de soulagement. Le temps passé dans l'état intermédiaire du moment de la mort a été mentionné plus haut comme semblant être de quatre jours et demi d'inconscience pour une personne ordinaire, bien que les pratiquants avancés puissent le prolonger indéfiniment. Ensuite, il y a les douze jours mentionnés dans le monde intermédiaire de la réalité. Si l'on y ajoute les vingt et un jours du monde intermédiaire de l'existence, l'on arrive à un total de trente-sept jours et demi. En outre, il y a le nombre traditionnel de quarante-neuf jours mentionné dans diverses sources bouddhiques. Le fond du problème est que les notions de temps de notre monde ne peuvent s'appliquer avec précision à l'expérience du monde intermédiaire.

Ô noble Gilbert ! À ce moment même, le grand vent rouge et féroce du devenir t'emportera et te poussera, insupportable et terrifiant. N'aie pas peur ! Ce sont tes propres hallucinations ! Une obscurité épaisse et effrayante t'attire dans ses profondeurs. Des cris cruels comme " Frappe ! ", " Tue ! " te terrifieront. N'aie pas peur ! Les grands pécheurs verront des ogres cannibales brandir des armes nombreuses et entendront leurs cris de guerre : " Tue ! Tue ! ", " Frappe !, Frappe ! " Tu verras de féroces bêtes sauvages. Tu seras pourchassé par des hordes au milieu de blizzards, de tempêtes et de brouillards. Tu entendras des bruits d'avalanche, de crues, de feux de forêts et d'ouragans. Pris de panique, tu t'échapperas par tous les moyens et tu ne t'arrêteras qu'au bord d'un triple abîme béant, rouge, noir et blanc, sans fond, terrifiant.

Ô noble Gilbert ! Ce n'est pas vraiment un abîme. C'est la convoitise, la haine et l'illusion. Tu dois le reconnaître comme étant le moment du monde de l'existence. Invoque le Seigneur de la Grande Compassion et prie intensément :

" Ô Seigneur de la Grande Compassion ! Maître Spirituel ! Trois Joyaux ! Je m'appelle Gilbert ; s'il vous plait, ne m'abandonnez pas dans les états épouvantables ! Ne m'oubliez pas ! "

Ceux qui ont accumulé du mérite, ceux qui ont été vertueux et sincères dans leur pratique du Dharma jouissent de toutes sortes de divertissements et de délices. Ceux dont la vie a été dominée par l'illusion, mais qui n'ont ni grande vertu ni grand vice, ne ressentent ni bonheur ni souffrance, mais seulement de l'indifférence et de l'hébétude.

Ô noble Gilbert ! Quoi qu'il arrive à ce moment-là, ne convoite rien ! Ne désire ni les plaisirs ni la joie ! Offre les tous au joyau du maître spirituel ! Abandonne les attachements ! Même si tu ne ressens que de l'indifférence, installe ton esprit dans l'expérience du Grand Sceau, libre de la concentration comme de la distraction ! C'est là le plus important.

Ô noble Gilbert ! À ce moment-là, tu auras l'impression d'être abrité un moment sous des ponts, dans des temples, des cathédrales, des huttes et des stupas, mais ne t'y attarde pas ! Étant donné que ton esprit n'a pas de corps, il ne peut s'installer nulle part. Tu deviendras la proie du froid, de la colère, de l'affolement ; ta conscience te semblera erratique, volatile, instable. Ensuite, tu penseras : " Maintenant que je suis mort, que puis-je faire ? " Ton coeur te paraîtra froid et faible. Tu ressentiras des souffrances terribles et infinies. Le fait est que tu es contraint de voyager et que tu ne peux t'attacher à aucun endroit. Aussi, ne t'en soucie pas et apaise ton esprit.

À partir de maintenant, tu n'auras pas d'autre nourriture que celle qui t'est dédiée. Tu n'auras plus aucune certitude à propos de tes amis. Des signes te montreront l'errance de ton corps mental dans le monde de l'existence intermédiaire. Tes joies et tes peines seront déterminées par ton devenir. Quand tu verras ton pays, tes amis, les êtres qui te sont chers ainsi que ton pauvre cadavre, tu penseras : " Maintenant que je suis mort, que faut-il faire ? " À ce moment-là, un grand poids pèsera sur ton corps mental.

Ici, le guide accepte implicitement l'efficacité magique des rituels d'offrandes de nourritures dédiées à un défunt ; il accepte qu'une part de nourriture réservée à une personne récemment décédée puisse donner une sensation de nourriture à l'incarnation du monde intermédiaire. Le guide rappelle au défunt que son corps est mental, et fait de pure imagination ; que sa sensation de faim, de faiblesse et de détresse est purement mentale.

Tu penseras alors : " Comme j'aimerais avoir un nouveau corps ! " Ensuite, tu auras des visions où tu chercheras partout un corps. Même si tu essaies jusqu'à neuf fois de réintégrer ton vieux cadavre, il ne convient plus comme incarnation en raison du temps passé dans le monde intermédiaire de la réalité ; en hiver il aura gelé, et en été il aura pourri. Il se peut aussi que ceux que tu aimes l'aient incinéré, enseveli ou donné en pâture à des oiseaux ou à des bêtes. Tu auras le coeur malade et tu te verras coincé entre des blocs de pierre et de terre. Cette sorte de souffrance est la nature même du monde intermédiaire de l'existence. Même si tu trouves un corps, il n'y aura rien d'autre que de la souffrance. Aussi, abandonne cette aspiration pour un corps ! Concentre-toi sans te laisser distraire sur l'expérience du non-agir créateur !

Ayant été orienté de cette façon, le défunt peut atteindre la libération dans ce monde intermédiaire.


Rencontre avec le seigneur de la mort

Si, par la force du devenir néfaste et malgré l'orientation donnée, il ne reconnaît pas la lumière de la réalité, vous devez à nouveau appeler le défunt par son nom et dire ce qui suit :

Ô noble Gilbert ! Écoute-moi ! Cette souffrance que tu endures vient d'actes que tu as commis au cours de tes vies passées. Tu n'as à t'en prendre qu'à toi. C'est ton propre devenir ; aussi, prie fortement les Trois Joyaux. Ils peuvent te protéger. Si tu ne les pries pas, si tu ne sais pas méditer sur le Grand Sceau et si tu ne médites pas sur un archétype divin, alors ton ange personnel comptera en pierres blanches chaque bonne action que tu auras faite et ton démon personnel comptera tes péchés en pierres noires.

Cela se réfère à une croyance, populaire dans les sociétés bouddhistes. Il s'agit d'une croyance qui vient sans doute d'une tradition antique, qui veut que chaque personne ait un ange et un démon personnel qui naissent en même temps que lui, qui le poussent respectivement au bien et au mal, et tiennent le compte de ses bonnes et de ses mauvaises actions. Après la mort, ils se transforment en juges qui totalisent les bonnes et mauvaises actions de la personne et les présentent au tribunal de Yama, le Seigneur de la Mort.

Ensuite, tu éprouveras inquiétude, colère et terreur. En tremblant, tu mentiras et tu diras : " Je n'ai pas péché ! " Mais alors, Yama, le Juge des Morts, dira : " Je vais regarder dans le miroir du devenir ! " Quand il regardera dans le miroir du devenir, tous tes péchés et toutes tes vertus apparaîtront clairement et distinctement. Tes mensonges n'y feront rien. Yama t'attachera une corde autour du cou, et il t'emmènera. Il te coupera la tête, t'arrachera le coeur, te videra de tes entrailles, te lèchera la cervelle, boira ton sang, dévorera ta chair et rongera tes os. Mais comme tu ne peux pas mourir même si ton corps est mis en pièces, tu revivras. Déchiqueté encore et encore, tu souffriras des douleurs infinies.

Aussi, quand on comptera les pierres blanches, n'aie pas peur ; ne cède pas à la panique, ne mens pas ! Ne crains pas Yama ! Ton corps est mental ; aussi, même si on le tue et si on le découpe, tu ne peux pas mourir. En fait, la forme est la vacuité même ; aussi, tu n'as rien à craindre. La vacuité ne peut faire de mal à la vacuité. Le non-signe ne peut nuire au non-signe. Tu dois reconnaître qu'il n'y a en fait rien d'autre que tes propres hallucinations. Yama n'a pas la moindre substance, pas plus que l'ange, le démon ou l'ogre à la tête de bourreau. Tu dois identifier tout cela comme étant le monde intermédiaire !

Le défunt est ici rassuré à deux niveaux. D'abord, au niveau relatif, circonstanciel, car on lui affirme que le corps mental de l'état intermédiaire n'a pas de chair grossière, de sang ou de nerfs, et qu'il ne peut donc pas avoir mal comme le peut le corps réel et solide. Ensuite, au niveau plus profond, car il est rassuré sur la fin ultime du voyage. Dans la réalité non duelle dans laquelle la forme est la vacuité et la vacuité est la forme, toutes les choses sont ce qu'elles sont pour la seule raison que l'imagination routinière les perçoit ainsi. Toutes les expériences ressemblent à un rêve ; aucune d'entre elles n'a de substance intrinsèque. Une personne libérée peut donc donner une autre forme à son environnement et à ce qu'elle vit, aussi facilement qu'un rêveur peut sortir d'un cauchemar par son imagination. Le rêveur doit seulement prendre conscience qu'il est dans un rêve ; ce qui lui permet soit de donner une forme meilleure à son rêve, soit tout simplement de s'éveiller.


Médite sur le samadhi du Grand Sceau !

Ici, la méditation sur la non-dualité ultime de la forme de la vacuité sous la forme d'une béatitude-vacuité indivisible n'est recommandée que pour faire bonne mesure.

Si tu ne sais pas comment méditer, examine attentivement les éléments qui te terrorisent et tu verras leur vacuité ; tu te rendras compte qu'ils n'ont rien d'objectif. C'est le Corps Naturel de Vérité. Et cette vacuité n'est pas simplement annihilation. La conscience triomphante et aiguë que tu as de la terreur du vide est en elle-même l'esprit béatifique du Corps de Béatitude. La vacuité et la clarté ne peuvent être distinguées ; l'actualisation de la vacuité est la clarté, l'actualisation de la clarté est la vacuité. Ta conscience de la clarté-vacuité indivisible est dépouillée de ses voiles et tu demeures maintenant dans l'expérience non fabriquée. C'est le Corps de Vérité et de Sagesse. Elle se manifeste spontanément, partout et sans obstruction. Et c'est le Corps d'Émanation Compatissant.

Cela constitue un bref enseignement des formes les plus hautes de compréhension et de méditation : la Grande Perfection ou le Grand Sceau. Dans la réalité normale, il n'y aurait aucun sens à vouloir faire accéder à une conscience aussi exaltée une personne aux prises avec la terreur. Pour l'être du monde intermédiaire, cependant, le guide pense que cela vaut la peine d'évoquer cet aspect car la conscience dans le monde intermédiaire peut subir des mutations si radicales qu'il y a toujours une chance pour que l'être du monde intermédiaire puisse instantanément basculer dans l'accomplissement total de sa propre réalité. En ce qui concerne les Quatre Corps de Bouddha, ils viennent des Trois Corps, le Corps de Vérité étant subdivisé en deux aspects : celui du subjectif et de la sagesse, celui de l'objectif et du naturel.

Ô noble Gilbert ! Contemple et reconnais cela sans te troubler ! Il est certain que tu deviendras un bouddha et que tu atteindras la perfection des Quatre Corps. Ne te laisse pas distraire ! Cela est la frontière entre un bouddha et un être ordinaire. Maintenant vient ce moment décrit comme " un instant aliéné, l'instant d'après parfaitement illuminé ".

Jusqu'à hier, tu t'es adonné à la distraction ; tu n'as pas reconnu ce qui se manifestait comme étant le monde intermédiaire, et tu étais aux prises avec une immense terreur. Si tu t'abandonnes à nouveau à la distraction, la corde de la compassion va se rompre et tu iras dans des lieux où la liberté n'existe pas ; aussi, fais attention !

C'est la première fois qu'est mentionnée la " rupture de la corde de la compassion ". Ici, le guide essaie d'ébranler la conscience de l'être intermédiaire qui s'est jusqu'à présent toujours refusé à l'éveil et qui est toujours impliqué dans les pulsions de la vie ordinaire. Il se peut qu'il compte inconsciemment sur la compassion des êtres éveillés en pensant qu'ils le sauveront quoi qu'il fasse. Aussi, le guide indique que la connexion avec les êtres éveillés peut être effectivement rompue par une persistance dans l'illusion de la part de l'être qui est dans le monde intermédiaire.

Si vous les orientez de cette façon, même ceux qui ne l'ont pas encore reconnue auparavant reconnaîtront maintenant la lumière de la réalité et ils seront libérés. Si le défunt a suivi ses penchants néfastes au cours de sa vie et qu'il ne sait pas réfléchir de cette manière, vous devez répéter ces mots :

Ô noble Gilbert ! Si tu ne sais pas méditer ainsi, alors souviens-toi et prie le Bouddha, le Dharma, la Sangha et les Seigneurs Compatissants. Contemple toutes les terreurs et les visions comme étant le Seigneur Compatissant ou ton archétype divin. Souviens-toi de ton nom ésotérique d'initiation, du maître spirituel qui t'a donné les initiations que tu as reçues dans le monde humain ; proclame-les à Yama, le Seigneur de la Vérité ! Tu ne te blesseras pas, même si tu tombes de hautes falaises ; alors, abandonne la crainte et la haine !

Quand vous prononcerez cette orientation, ceux qui n'étaient pas encore libérés le seront.


Détachement de la vie précédente

Comme il se peut que le défunt n'ait pas encore reconnu la lumière et ne soit pas libéré, il est très important de persévérer. Appelez le défunt par son nom à nouveau et dites ce qui suit :

Les visions que tu auras maintenant t'entraîneront dans les épreuves des états changeants du plaisir et de la douleur comme si tu étais projeté par une catapulte. Aussi, ne te laisse pas absorber par aucune vision, qu'elle soit d'amour ou de haine ! Même si tu dois renaître dans des existences élevées, quand les visions de ces existences apparaîtront, si les parents que tu as laissés derrière toi commencent à faire des sacrifices en égorgeant des êtres vivants pour les dédier au Seigneur de la Mort, tu auras de nombreuses visions impures et une terrible colère montera en toi.

Dans certaines régions, les gens sacrifient des animaux, convaincus que l'on peut offrir la vie d'un animal à une divinité redoutée comme substitut à la vie d'un être que l'on aime. Ils le font en général lorsque la personne est vivante, ou peut-être lorsqu'elle est menacée par la maladie ou par un autre danger. Certaines sociétés considèrent aussi que l'offrande d'une vie animale à une divinité protectrice peut avoir une influence positive sur la destinée d'un être cher qui est décédé. Le bouddhisme a toujours eu ces pratiques en horreur et considère qu'elles ont l'effet opposé à l'effet souhaité. Elles font du mal à l'animal sacrifié bien sûr ; elles gratifient l'auteur du sacrifice de l'effet néfaste du péché de tuer et causent encore plus de tort au supposé bénéficiaire en réveillant ses émotions négatives. Au Tibet, des adeptes de certaines formes de la religion Bon, ainsi que des tribus frontalières qui ont des rituels animistes, sont encore susceptibles d'accomplir ou de commander de tels sacrifices d'animaux.

Ainsi conditionné, tu renaîtras en enfer. Aussi, quelles que soient les actions commises par ceux qui te survivent, ne te met pas en colère mais contemple les avec amour ! Il se peut aussi que tu sois personnellement très attaché aux richesses et aux possessions que tu as laissées derrière toi ou que tu saches que d'autres utilisent tes possessions ; tu te sentiras alors lié à celles-ci et en colère envers ceux qui les utilisent. Conditionné de cette manière, même si tu avais pu atteindre les états élevés de renaissance, tu renaîtras en enfer ou dans le monde des prétas. En conséquence, même si tu es encore attaché à tes anciennes possessions, tu n'as plus aucun pouvoir sur elles. Elles ne te sont d'aucune utilité. Coupe les liens qui te retiennent aux possessions que tu as laissées derrière toi ! Débarasse-t'en complètement ! Sois résolu ! Quelle que soit la personne qui utilise tes affaires, ne soit pas mesquin ! Détache-t'en en esprit ! Sois d'une volonté inébranlable, offre-les à ton maître spirituel et aux Trois Joyaux et demeure dans l'expérience du détachement.

Quand sont accomplis pour toi des rites funéraires, les rites d'offrandes de nourritures ou autres rites qui ont pour but d'exorciser et d'écarter le danger de renaissance dans les états horribles, grâce à la clairvoyance subtile qui est tienne en raison de ton devenir, tu remarqueras que les exécutants sont inexacts, endormis ou distraits ; qu'ils rompent leurs voeux et leurs engagements ; qu'ils agissent à la légère ou manquent de foi ; que leurs opinions sont erronées, leurs actions négatives effrayantes et leurs pratiques impures. Tu penseras alors : " Hélas, ces gens me trahissent. Ils m'abandonnent, c'est certain ! " Tu sombreras dans la dépression et le dégoût. Tu perdras ton attitude positive, tu n'auras plus respect ni illusion et tu deviendras cynique. Conditionné par ces pensées, tu renaîtras dans les états horribles, et donc leurs actions, au lieu de d'aider, te feront beaucoup de mal. Aussi, même si les parents qui te survivent accomplissent, dans le domaine, des rituels religieux incorrects, tu dois penser : " Eh bien, mes perceptions sont certainement imparfaites ! Comment la moindre impureté pourrait-elle se mêler aux Enseignements du Bouddha ? Je comprends ces actions comme étant le résultat de ma propre attitude négative, comme les défauts d'un miroir, comme ma propre forme projetée devant moi. Les corps de ces exécutions sont la Sangha, leur parole est le Saint Dharma, leur esprit est en réalité le Bouddha ; aussi, je dois prendre refuge en eux ! " tu dois donc les respecter et leur transmettre ton attitude la plus positive sur eux. Alors, quoi que fassent ces êtres chers pour toi, cela te sera assurément d'un grand secours. Garder de cette façon une attitude positive est très important ; aussi, ne l'oublie pas !

À ce niveau, même su tu t'apprêtes à renaître dans les trois états horribles, quand les visions de ces états se manifesteront, quand tu verras dans les cérémonies que feront les parents qui te survivront la vertu pure et non entachée de péchés, et quand tu verras la perfection dans les pratiques, les paroles et l'esprit de tes maîtres spirituels et de tes mentors, à ce moment-là seulement, alors que tu es condamné à la renaissance, une grande joie naîtra en toi et t'élèvera jusqu'aux états d'existence supérieurs au moment même où tu allais renaître dans les états horribles. Cette joie te fera un bien infini. Aussi, fais très attention à ne laisser aucune place à des perceptions négatives et impures car il est essentiel que tu construises une attitude positive de respect et de foi.

Ô noble Gilbert ! Pour résumer : étant donné que ta conscience actuelle d'être du monde intermédiaire est très, très instable, volatile et mobile, et que les perceptions vertueuses et vicieuses ont sur elle un grand pouvoir, ne pense jamais à un devenir qui ne serait pas vertueux, et souviens-toi de ta propre pratique vertueuse. Si tu n'as pas de pratique vertueuse, alors adopte une perception positive et ressens de la foi et du respect. Prie ton Archétype Divin et le Seigneur de la Compassion ! Avec une volonté intense, récite cette prière :

Maintenant que j'erre seul, privé de ceux que j'aime,
Et que toutes mes visions ne sont que des images vides,
Puissent les Bouddhas exercer la force de leur compassion
Et arrêter les terreurs nées de la crainte et de la haine du monde intermédiaire !

Maintenant que je souffre sous la puissante influence du devenir néfaste,
Que mes Archétypes Divins dissipent mes souffrances !
Quand la réalité s'effondrera dans un vacarme de mille coups de tonnerre,
Qu'ils deviennent tous
OM MANI PADME HUM !

Quand je serai entraîné, impuissant, par le devenir,
Que les Seigneurs bénins et féroces dissipent mes souffrances !
Quand je souffrirai, victime des instincts hérités de mes vies antérieures,
Que la béatitude de la claire lumière du samadhi s'élève sur moi !

Accompli de cette manière cette prière fervente ! Elle te guidera très certainement sur la voie. La certitude absolue qu'elle ne te laissera pas tomber est cruciale !

Quand vous direz ceci, la conscience du défunt devrait s'éveiller ; il devrait reconnaître la lumière et atteindre la libération.


Échapper aux lumières ternes de la vie précédente

Bien que vous disiez ceci de nombreuses fois, il se peut qu'en raison du pouvoir d'un devenir néfaste puissant, la reconnaissance ait des difficultés à se manifester. Il est très favorable au défunt de continuer à répéter ces prières. L'appelant par son nom, vous devez dire ce qui suit :

Ô noble Gilbert ! Si tu n'as pas reconnu la claire lumière en te souvenant de ce que nous avons déjà dit, à partir de maintenant la sensation de ton corps précédent deviendra vague et la sensation de ton corps dans la vie qui s'annonce se précisera. Alors, tu seras triste et tu penseras : " Je souffre tant ; maintenant, je suis prêt à prendre n'importe quelle forme corporelle venue ! " Tu te dirigeras vers tout ce qui apparaît. Alors progressivement, les six lumières des six royaumes se manifesteront. Le royaume dans lequel le devenir te contraint à renaître apparaîtra plus clairement.

Ô noble Gilbert ! Écoute-moi ! Que sont ces six lumières ? La terne lumière blanche des dieux apparaîtra ; et aussi la lumière rouge des titans, la lumière bleue des humains, la lumière verte des animaux, la lumière jaune des prétas et la lumière terne et fumeuse des enfers ; elles apparaîtront toutes. Ce sont elles que l'on appelle les six lumières. Aussi, la couleur de ton corps deviendra celle de la lumière de ton royaume de renaissance.

Ô noble Gilbert ! À ce moment-ci, il est fondamental que tu comprennes l'essence de l'instruction. Contemple la lumière spécifique qui se manifeste comme étant le Seigneur de la Grande Compassion ! Quand la lumière vient, pense : " C'est le Seigneur de la Grande Compassion. " C'est là le coeur même de l'enseignement. Celui-ci est d'une grande profondeur et d'une importance cruciale pour faire obstacle à la renaissance.

À ce stade, une des six lumières ternes émerge à la conscience du défunt pour lui indiquer le royaume dans lequel il va renaître. Ici, le tour consiste à ne pas accepter cette lumière comme chemin vers ce royaume, mais à voir cette lumière comme le Bodhisattva Avalokiteshvara, le Seigneur de la Grande Compassion (Jésus pour les chrétiens, Krishna pour les hindous, le Prophète pour les musulmans, le personnage le plus aimé pour les agnostiques).

Médite à nouveau longuement et attentivement : alors, ton Archétype Divin apparaîtra comme une illusion magique, impalpable et irréelle. On l'appelle le " Corps Magique Pur ". Contemple ensuite ton Archétype Divin et observe-le se dissoudre de la périphérie vers l'intérieur et ne t'attache pas avec rigidité à l'insubstantiel, la claire lumière de la vacuité. Contemple à nouveau cela comme étant ton Archétype Divin ! Contemple à nouveau cela comme étant la claire lumière ! En méditant de cette manière, alternativement, le divin et la claire lumière, laisse ensuite ta propre conscience se dissoudre à partir de sa périphérie ; où que l'espace s'étende, laisse ta conscience s'étendre. Installe-toi confortablement dans la non-prolifération sans fin du Corps de Vérité.

Ayant mis en relation la lumière terne d'un des six royaume avec le Seigneur de la Compassion, on enseigne ici au défunt quelque chose de plus avancé. On lui demande de contempler la non-dualité de l'intégration suprême du corps magique et de la claire lumière. Il contemple la forme de l'archétype divin et la considère comme une illusion magique ou comme une apparition onirique. Ensuite, il dissout l'image dans la transparence et contemple le résultat comme une divinité. Après, il alterne la contemplation de la divinité comme corps magique et comme transparence, en oscillant vers la contemplation de leur non-dualité. Puis il contemple sa conscience subjective de la divinité-transparence en train de se dissoudre et perçoit la non-dualité de l'espace insensible et de la conscience, de la vacuité et de la clarté. Enfin, il repose dans l'intégration inconcevable du Corps de Vérité qui est intégration de la vacuité et de la conscience, du corps magique et de la claire lumière. Le Corps de Vérité ne prolifère pas ni ne fabrique rien parce qu'il est déjà tout. Il est de fait la réalité de toute chose dans tous les états possibles. À nouveau, Padma Sambhava guide même le plus ordinaire des êtres du monde intermédiaire dans la méditation la plus haute qui soit. Il montre par là même qu'il prend très au sérieux le concept selon lequel la conscience d'une personne dans le monde intermédiaire est neuf fois plus intelligente que la conscience grossière qui était la sienne dans la vie précédente.

Du sein de cette expérience, la renaissance est évitée et l'illumination atteinte.


La fermeture de la porte de la matrice

Ceux dont la pratique était insuffisante ou inexpérimentée n'auront toujours pas reconnu la lumière. Ils erreront jusqu'à la porte d'une matrice. Étant donné que, pour les défunts, les enseignements sur la manière de bloquer la porte de la matrice sont très importants, appelez-les par leur nom et dites les mots suivants :

Ô noble Gilbert ! Si à cette heure tu n'as pas encore compris l'enseignement, le devenir a maintenant le pouvoir de mettre sous tes yeux la vision de ta progression. Elle s'élèvera, restera au même niveau ou descendra ; tu auras alors la tête pendante. Médite maintenant sur le Seigneur de la Grande Compassion ! Souviens-toi de lui ! Ensuite, comme il a déjà été expliqué, tu auras des visions d'ouragans, de blizzards, d'orages de grêle, de brouillards denses. Dans d'autres visions, tu fuiras, pourchassé par de nombreux hommes et, apparemment, tu t'échapperas. Ceux qui n'ont pas accumulé de mérites s'échapperont dans un endroit misérable ; mais ceux qui ont des mérites s'échapperont vers un lieu de bonheur. À ce moment-là, noble personne, se manifesteront tous les signes qui montreront sur quel continent et à quel endroit tu renaîtras. Il y a de nombreux enseignements essentiels pour ce moment-là ; aussi, écoute attentivement ! Même si tu n'as pas reconnu la liberté à partir des clés précédentes, ici, même ceux dont la pratique est la plus insignifiante, peuvent reconnaître la liberté à partir des clés suivantes ; aussi, écoute bien !

Maintenant, ici, la méthode de fermeture de la matrice est très efficace et très importante. Il y a deux méthodes pour bloquer cette porte : celle qui consiste à arrêter la personne qui entre, et celle qui consiste à bloquer la matrice dans laquelle on entre. Voici d'abord les enseignements pour arrêter celui qui veut entrer :

" Fermer la porte de la matrice " se réfère à l'utilisation de l'art de la Libération Naturelle comme façon d'intervenir dans les processus mécaniques qui conduisent à la renaissance. Il s'agit de se concentrer d'une manière détendue sur la présence de l'archétype ou de la divinité choisie comme patron, considéré comme indissociable de la transparence naturelle de toutes les choses.

Ô noble personne ! Toi que l'on appelle Gilbert. Visualise clairement ton Archétype Divin qui apparaît de façon magique. Il est dépourvu de réalité intrinsèque comme le reflet de la lune dans l'eau. Si tu n'es pas sûr de ton Archétype Divin, recours à une évocation puissante d'Avalokiteshvara et pense : " C'est le Seigneur de la Grande Compassion ! " Ensuite, dissous l'Archétype à partir de la périphérie et contemple la vacuité de la non-perception ultime qui est transparence et claire lumière. C'est la clé profonde. Si on l'utilise, ont dit les Bouddhas, la matrice ne sera pas pénétrée. Alors, médite ainsi !

Mais si la voie n'est toujours pas obstruée et que tu es sur le point de pénétrer dans une matrice, voici l'enseignement profond pour fermer la porte de la matrice qui est sur le point d'être pénétrée. Aussi, écoute bien ! Répète après moi les vers qui suivent, extraits des Versets Essentiels des Six Mondes Intermédiaires !

Ô ! Quand bientôt l'état intermédiaire de l'existence m'apparaîtra,
Mon esprit unifié et concentré se rendra maître de ma volonté,
Et je donnerai de la vigueur à l'impulsion du devenir propice.
Fermant l'entrée de la matrice, je me souviendrai d'être repoussé.
Maintenant, le courage et la perception positive sont essentiels ;
Je renoncerai à la jalousie et je contemplerai tous les couples
Comme étant mon Mentor Spirituel, mon Père et ma Mère.

Répète ceci clairement, d'une voix forte et réveille ta mémoire. Il est important de méditer sur le sens de ces versets et de les mettre en pratique. En ce qui concerne sa signification, " Ô ! Quand bientôt l'état intermédiaire de l'existence m'apparaîtra " veut dire que maintenant, tu es en train d'errer au sein du monde intermédiaire de l'existence. Un des signes en est que si tu regardes dans l'eau, tu ne verras pas ton reflet. Tu n'as pas d'ombre. Tu n'as pas de corps substantiel de chair et d'os. Ces indications sont des signes que tu es en train d'errer dans le monde intermédiaire de l'existence. Tu dois maintenant tenir sans faiblir, toute l'intensité de ta volonté rassemblée dans ton esprit. Cette volonté rassemblée dans un seul but est d'une importance primordiale. Elle est comme les rênes qui guident le cheval. Tu peux accomplir tout ce que ta volonté décide ; aussi, n'ouvre pas ton esprit à un devenir néfaste, mais souviens-toi des enseignements, des instructions, des initiations, des autorisations et des inspirations que tu as reçus dans le royaume humain, telles que ce Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire, et amplifie le résultat de toutes les bonnes actions du devenir. C'est très important, ne l'oublie pas ! Ne te laisse pas distraire ! C'est le moment précis qui détermine si tu t'élèveras ou si tu descendras. C'est le moment où la complaisance dans la paresse entraîne assurément des souffrances. C'est le moment où la volonté positive, concentrée vers un but, produit assurément du bonheur. Installe une bonne volonté concentrée dans ton esprit. Soutiens avec vigueur les résultats de tes bonnes actions ! Le moment est maintenant venu de fermer la porte de la matrice ! Comme le disent les Versets Essentiels : " fermant l'entrée de la matrice, souviens-toi d'être repoussé ! Maintenant, le courage et la perception positive sont essentiels ! " Ce moment, c'est maintenant. Tu dois fermer la porte de la matrice. Il y a cinq méthodes pour fermer la porte de la matrice ; fixe-les bien dans ton esprit.

Ô noble Gilbert ! À ce moment, tu auras des visions de couples qui font l'amour. Quand tu les verras, ne te glisse pas entre eux, mais reste vigilant. Visualise les hommes et les femmes comme le Maître, Père et Mère ; prosterne-toi devant eux et fais leur des offrandes en visualisation ! Sois rempli d'un respect et d'une dévotion intenses ! Exerce une forte pression pour qu'ils enseignent le Dharma, et la porte de la matrice sera assurément bloquée.

Si cela ne la ferme pas et si tu es sur le point d'entrer dans la matrice, visualise-les alors comme Mentor Père-Mère, Archétype Divin Père-Mère, Seigneur de la Compassion Père-Mère. Fais leur des offrandes en visualisation ! Forme dans ton esprit l'intention puissante de recevoir d'eux des enseignements spirituels et cela bloquera la porte de la matrice.

Si cela ne la ferme pas et si tu es à nouveau sur le point d'entrer dans une matrice, alors il y a la troisième méthode qui consiste à convertir la convoitise et la haine. Il y a quatre modes de naissance : l'oeuf, la matrice, la magie et l'humidité chaude. La naissance par l'œuf et la matrice sont semblables. Comme auparavant, tu commences à voir des mâles et des femelles qui sont en train de d'accoupler. Si tu entres dans une matrice sous l'influence de la convoitise et de la haine, si tu renais cheval, oiseau, chien ou humain : si tu es de sexe masculin, tu te manifesteras sous une apparence masculine. Tu ressentiras une violente haine envers le père, et, envers la mère, attirance et convoitise. Si tu deviens une femelle, tu apparaîtras sous l'apparence d'une femelle ; tu éprouveras de forts sentiments de convoitise et de jalousie envers la mère ; le père t'inspirera un désir violent et des pensées de luxure. Conditionné d'une telle façon, tu entreras dans la voie de la matrice. Tu feras l'expérience d'une béatitude orgasmique au centre de l'union entre les gouttes rouges et blanches et, au sein de cette béatitude, tu t'évanouiras, tu perdras conscience. Ton corps se développera, passant par les stades embryonnaires de la " crème ", puis de la " gélatine " et ainsi de suite. Finalement, tu sortiras de la matrice de la mère et tu naîtras. Une fois que tes yeux seront ouverts, tu réaliseras que tu es né chiot. Ayant été humain, désormais tu seras chien. Dans le chenil, tu souffriras. Ou dans la porcherie, la fourmilière, le trou d'un ver ou au milieu d'un troupeau de chèvres ou de moutons ; quand tu es né là, tu ne peux retourner à l'état humain. Étant extrêmement stupide et dans un état d'illusion, tu souffriras de misères diverses. Ainsi, tu accompliras le cycle des existences ; dans les enfers et les royaumes des prétas tu erreras à la torture, et tes souffrances seront infinies. Rien n'est comparable à la terrible violence de ces expériences. Hélas ! Hélas ! Ceux à qui manquent les instructions d'un maître spirituel tombent dans cet abîme et parcourent le cycle des existences. Ils sont tourmentés sans interruption par des souffrances insupportables. Aussi, écoute ce que je dis ! Garde mes instructions personnelles à l'esprit !

Maintenant, je vais t'apprendre un moyen de fermer la porte de la matrice en convertissant la luxure et la haine. Écoute et souviens-toi ! Comme le dit le verset :

Fermant l'entrée de la matrice, je me souviendrai d'être repoussé.
Maintenant, le courage et la perception positive sont essentiels ;
Je renoncerai à la convoitise et je contemplerai tous les couples
Comme étant mon Mentor Spirituel, mon Père et ma Mère.

Comme auparavant, tu éprouves des sentiments puissants de convoitise ; si tu renais mâle, tu convoites la mère et tu hais le père ; si tu renais femelle, tu convoites le père et tu hais la mère. Voici en enseignement profond pour cet instant-là.

Ô noble Gilbert ! Quand tu seras sous le pouvoir de la luxure et de la haine, médite ainsi : " Hélas ! Une créature au devenir néfaste telle que moi errera dans le cycle des existences, soumise à l'influence de la luxure et de la haine. Si je persiste dans la luxure et dans la haine, mon errance ne connaîtra pas de fin. Je cours le danger de sombrer pour toujours dans une mer de tourments. Je dois maintenant abandonner toute luxure et toute haine. Hélas ! Je dois rassembler avec une grande intensité toute ma volonté pour repousser toute luxure et toute haine. " Les tantras affirment que cette méditation possède en elle-même le pouvoir de fermer la porte de la matrice.

Ô noble Gilbert ! Ne faiblis pas ! Que ton esprit reste maître de ta volonté ! Même si, bien que tu aies ainsi médité, la porte de la matrice ne se ferme pas et si tu es sur le point d'entrer dans la matrice, tu dois fermer la porte de la matrice par les instructions de l'illusion magique mensongère. Médite comme suit : " Mâle et femelle, père et mère, orage, ouragan, visions terrifiantes, tous les phénomènes sont par nature comme des illusions magiques. Bien qu'ils adviennent, ils sont sans vérité. Toutes les choses sont fausses et sans vérité, comme des mirages, impermanentes, sans éternité. Pourquoi s'y attacher ? Pourquoi les craindre et les haïr ? Ce serait considérer rien comme quelque chose. Toutes ces choses ne sont que des visions produites par mon esprit. L'esprit lui-même, à l'origine, n'a pas plus d'existence qu'une illusion magique. Alors, d'où viennent-elles ? Étant donné que je ne l'avais jamais compris dans le passé, je maintenais que le non-existant existait. Je maintenais que le non-vrai était vrai. Je maintenais que l'illusion était la vérité. Aussi ai-je erré tout ce temps dans le cycle des existences. Si même maintenant je ne reconnais pas le caractère illusoire des choses, j'errerai encore plus longtemps dans le cycle des existences et je serai pris dans les sables mouvants de toutes sortes de misères. Je comprendrai donc que toutes ces choses sont comme un rêve, une illusion magique, un écho, une cité de fées, un mirage, un reflet, une illusion d'optique, la lune dans l'eau, et qu'elles n'ont pas la moindre once de statut de vérité ; qu'elles sont assurément non vraies et fausses. "

Le " statut de vérité " est l'état d'existence de quelque chose en vertu de sa réalité intrinsèque. Si les choses n'étaient pas vides, si elles existaient en vertu d'un noyau fixe, absolu, réel, alors ce noyau serait découvert par la conscience scientifique qui cherche la vérité, et l'on reconnaîtrait à ces choses le " statut de vérité ". L'habitude involontaire de tous les êtres est de supposer que les choses ont vraiment un tel statut. Quand nous voyons une chose, elle nous semble exister dans son propre droit, comme une chose en elle-même, établie en toute indépendance. Cette perception habituelle s'appelle notre " habitude de vérité ". Elle est équivalente à notre savoir erroné, la racine de toute notre existence illusoire. La clé de la compréhension intuitive libératrice de Bouddha est que toutes les choses sont dépourvues de ce statut de vérité, et qu'en conséquence, nos habitudes de vérité sont erronées. Notre expérience de ceci s'appelle la sagesse et elle est l'antidote à notre désir illusoire de vouloir nous accrocher à l'existence. La libération des " habitudes de vérité " ne signifie pas l'annihilation de notre conscience. Cela signifie seulement qu'elle s'accroche moins, qu'elle est moins dominatrice, qu'elle permet aux choses d'être relatives, fuyantes, oniriques, fluides, comme elles le sont en réalité, et qu'elle n'insiste pas pour les rendre strictement conformes à notre ensemble de catégories préconçues. C'est l'enseignement le plus avancé de tous. Il est assez simple, mais il constitue cependant un défi sur un plan émotionnel, car l'abandon de la perception habituelle du statut de vérité des choses peut effrayer et donner l'impression que l'on succombe à l'annihilation. Pourtant, Padma Sambhava utilise à nouveau ces enseignements avancés pour des êtres du monde intermédiaire, prenant en compte leur extrême malléabilité, leur intelligence neuf fois plus grande et leur chance unique.

Si ton esprit tient ces pensées solidement, les habitudes de vérité s'érodent et, à mesure que la liberté qui en résulte s'imprègne en toi, l'habitude de soi la plus profonde se convertit. Si tu comprends ainsi, profondément, la non-réalité cosmique, la porte de la matrice sera assurément bloquée.

Pourtant, même si, en faisant cela, l'habitude de vérité ne s'érode pas, si la porte de la matrice est toujours ouverte, et si tu es à nouveau sur le point de pénétrer dans la matrice, voici un autre enseignement profond.

Ô noble Gilbert ! Même si, en faisant cela, la porte de la matrice ne se ferme pas, tu dois maintenant appliquer la cinquième méthode qui consiste à fermer la porte de la matrice en méditant sur la claire lumière. Voici comment la contempler : " Ô, toutes les choses sont mon propre esprit. Cet esprit est vacuité ; il est libéré de la création et de la destruction. " En suivant ces pensées, ne compose pas artificiellement ton esprit. Comme de l'eau que l'on verserait dans l'eau, laisse-le couler et être sa propre réalité ; libère sa propre nature. Si tu le laisses se détendre et s'ouvrir, la porte de la matrice sera sans nul doute fermée aux quatre formes de renaissance. Médite ainsi encore et encore, jusqu'à ce que la porte de la matrice soit bloquée.

Jusqu'ici, vous avez donné de nombreuses instructions authentiques et profondes pour fermer la porte de la matrice. Il est certain que tout homme, qu'il soit brillant, médiocre ou d'une intelligence limitée, sera libéré s'il suit ces instructions. Pourquoi en est-il ainsi ? La conscience qu'a le défunt du monde intermédiaire est douée d'une forme de clairvoyance terrestre qui lui permet de comprendre, d'expérimenter et d'incarner tout ce que vous dites. Même si les personnes étaient sourdes et muettes durant leur vie, elles jouissent de toutes leurs facultés dans le monde intermédiaire et elles peuvent comprendre tout ce que vous dites. Leur vigilance, sous l'effet d'une terreur et d'une panique constantes, s'exacerbe ; aussi, elles sont sans cesse à l'écoute de ce que vous dites. Leur conscience étant dépouillée de son incarnation grossière, elles atteignent immédiatement l'endroit où elles dirigent leur volonté, quel qu'il soit ; il est facile de les guider. Étant donné que leur intelligence est neuf fois plus vive, même les personnes intellectuellement limitées durant leur vie, acquièrent, dans le monde intermédiaire, par la puissance du devenir, une perception extrêmement claire et savent comment méditer sur tout ce qu'elles comprennent. Ce sont là les raisons essentielles de la nécessité d'accomplir les rites d'enseignement et les prières pour les défunts. Ceux-ci peuvent être très importants pour eux. Il est essentiel aussi de faire l'effort de lire ce Livre de la Libération Naturelle durant les neuf jours qui suivent la mort. Si le défunt n'est pas libéré par une orientation, il ou elle le sera par une autre. C'est pourquoi il y a de nombreuses orientations.


Le choix d'une bonne matrice

Cependant, de nombreux êtres, parce qu'ils méconnaissent la vertu ou sont trop enclins à suivre les influences puissantes de la non-vertu, des péchés et des opinions très erronées, ne sont pas encore libérés à ce stade, et cela malgré les enseignements et les orientations qui précèdent. Si la porte de la matrice n'a pu être fermée, à partir de maintenant vous devez leur enseigner à choisir une bonne matrice. Récitez d'abord la prière de Demande d'Aide aux Bouddhas et aux Bodhisattvas ; prenez refuge dans les Trois Joyaux et mettes-vous dans un état d'esprit d'illumination. Ensuite, appelez le défunt par son nom trois fois et dites la prière suivante :

Ô noble personne ! Toi, défunt du nom de Gilbert, écoute-moi ! Toutes les instructions précédentes qui permettent de s'orienter dans le monde intermédiaire, t'ont été données, et tu n'as toujours pas compris. Maintenant, puisque la porte de la matrice n'est pas bloquée, le temps est venu d'assumer un corps. Voici de nombreuses instructions, différentes, profondes et authentiques, pour le choix d'une matrice. Écoute bien, sois ferme dans ton intention et garde-les bien à l'esprit !

Les instructions pour le choix d'une matrice sont remplies d'allusions à l'ancienne cosmologie bouddhique dans laquelle la planète est composée de quatre continents principaux qui rayonnent à partir d'une montagne centrale, et de huit continents secondaires. Tous ces continents sont entourés d'un immense océan, lui-même encerclé par de nombreuses chaînes de montagnes de fer. Les royaumes des enfers et des prétas sont loin en dessous de la base de ces montagnes, tandis que les nombreux paradis s'étendent depuis leurs pentes les plus élevées jusqu'à leurs cimes. On peut établir une correspondance avec la cosmologie moderne du globe en considérant que l'axe de la terre constitue la montagne centrale et que les continents rayonnent autour du globe à partir de cet axe. On peut penser que Videha, continent oriental de l'ancienne cosmologie, correspond à l'Océanie, avec le Japon, les Philippines, l'Indonésie, la Polynésie, jusqu'à la Nouvelle Zélande et l'Australie ; Jambudvipa, le continent du sud, correspond en général à l'Asie, bien qu'il se réfère quelquefois au seul sous-continent indien ; Godaniya, à l'occident, correspond au Moyen-Orient, à l'Europe et à l'Afrique ; et Kuru, au nord, correspond aux anciennes Amériques - à l'opposée de l'Inde -, qui étaient en ce temps-là des endroits de paix, de longévité, de confort et de prospérité, bien qu'elles fussent peu propices à la libération ultime.

Ô noble fils ! Maintenant des signes et des marques apparaîtront et t'indiqueront dans quel continent tu renaîtras. Identifie-les ! Maintenant qu'est venu le temps d'explorer le lieu où tu renaîtras, tu dois choisir un continent. Si tu renais en Videha occidentale, tu verras des lacs et des eaux ornés d'oies mâles et femelles. Pense à la renonciation et n'y va pas. Si tu renais là, ta situation sera confortable, mais tu ne dois pas y aller parce que l'enseignement du Dharma n'y est pas disponible. Si tu dois renaître en Jambudvipa méridionale, tu verras de belles et confortables maisons. Si tu peux y aller, fais-le. Si tu dois aller en Godaniya occidentale, tu verras des lacs ornés d'étalons et de juments. Fais demi-tour et n'y va pas. Bien que ce soit une contrée très agréable, les Dharmas ne s'y sont pas propagés ; aussi, n'y va pas ! Si tu dois renaître en Kuru septentrionale, tu verras des lacs ornés de bétail et de conifères. Tu y aurais une longue vie et beaucoup de prospérité, mais le Dharma n'y est pas disponible. N'y va pas !

Si tu es destiné à renaître comme dieu, tu verras des demeures à plusieurs étages, faits de joyaux divers, charmants et divins. Cela convient de vivre là ; aussi, tu peux y entrer. Si tu es destiné à renaître comme titan, tu verras un bosquet agréable et des rouets de feu ; souviens-toi du renoncement et n'y va surtout pas ! Si tu dois renaître parmi les animaux, tu verras des grottes, des trous de fourmis, des huttes de terre, comme à travers un épais brouillard. N'y va pas ! Si tu dois renaître comme préta, tu verras des souches carbonisées, des endroits noirs, des ravins profonds, de l'obscurité et des ombres. Si tu y vas et que tu renais comme préta, tu endureras la faim et la soif. Aussi, n'y va pas ! Souviens-toi du renoncement ! Sois d'un courage ardent ! Si tu es destiné à renaître dans les enfers, tu entendras les chants du devenir néfaste et tu ressentiras un besoin irrépressible d'y aller, et dans tes visions, surgiront une île d'obscurité, une maison noire ou une maison rouge, des fosses noires et des routes noires. Si tu y vas, tu seras coincé dans les enfers. La chaleur et le froid te feront souffrir terriblement, et tu te tordras de douleur. Tu ne t'en échapperas jamais. Tu dois employer tous les moyens pour ne pas t'y laisser prendre ! Évite-les par tous les moyens ! " Ferme la porte de la matrice et souviens-toi du renoncement ! " C'est l'heure où ces instructions deviennent essentielles.

Padma Sambhava semble presque avoir renoncé à délivrer l'être du monde intermédiaire du cycle ordinaire des existences pour le faire parvenir à la transparence de la claire lumière, et il se résigne à sa renaissance. Quand il ordonne au défunt : " N'y va pas ! " à propos de l'un ou l'autre des états désagréables ou horribles, il lui demande, par un ultime acte de courage et de volonté, de rassembler tout le pouvoir du renoncement, de reculer devant la perspective d'une renaissance aussi terrifiante. Cependant, il est tout à fait conscient qu'un être du monde intermédiaire, encore prisonnier du flot des pulsions habituelles et de la force d'inertie du devenir due à ses actions passées, aura des difficultés à renverser le cours du processus à ce moment-là ; et il ne pourra le faire qu'au prix d'un effort héroïque.

Ô noble fils ! Bien que tu ne désires peut-être pas continuer, tu es pourchassé, impuissant, par les bouchers du devenir. Tu ne peux pas t'arrêter ; tu es obligé de continuer. Devant toi, il y a des bouchers et des tueurs qui t'entraînent. Tu croiras fuir une obscurité insoutenable, des ouragans et des tempêtes, des bruits pénibles, de la pluie et de la neige, des orages de grêle, de la foudre et des blizzards violents. Pris de panique, tu t'échapperas ; tu chercheras un refuge et tu te sentiras en sécurité dans les endroits mentionnés ci-dessus : les belles maisons, les abris sous roches, les grottes dans la terre, les sous-bois épais, au milieu des fleurs rondes de lotus. Caché en de tels endroits, tu penseras : " Je ne dois pas m'en aller d'ici maintenant ! " Et, très préoccupé et inquiet à l'idée de perdre cet endroit, tu t'y attacheras beaucoup. L'inquiétude et la terreur que t'inspire l'état intermédiaire t'inciteront à te cacher à l'intérieur, prêt à assumer n'importe quel corps, même du plus bas niveau qui soit ; et tu commenceras à subir toutes sortes de souffrances. Tout cela est le signe que des démons et des ogres te troublent. Voici des instructions profondes et cruciales pour l'état où tu te trouves en ce moment ; écoute-les et garde-les à l'esprit !

Au moment où, impuissant, submergé par la terreur, tu es pourchassé par des bouchers, visualise instantanément le Seigneur Chemchok Héruka, Hayagriva, Vajrapani ou ton Archétype Divin quel qu'il soit ; vois-le d'une taille gigantesque, avec des muscles saillants, terrifiant, furieux, capable de réduire tous les démons en poussière. Par sa bénédiction et sa compassion, tu te libèreras de ces bouchers et tu obtiendras le pouvoir de choisir une bonne matrice. C'est le coeur profond de l'enseignement ; aussi, garde-le à l'esprit !

Chemchok Héruka est l'Archétype Divin le plus puissant des vieux tantras datant de la période de Padma Sambhava. Sa forme la plus élaborée comporte plusieurs têtes, bras et jambes, et représente l'illumination dans son triomphe absolu et universel sur le mal ; Hayagriva est sa forme féroce, rouge sombre ; Avalokiteshvara, Seigneur de la Compassion que l'on remarque habituellement grâce à sa petite tête de cheval verte sortant du sommet de son crâne ; Vajrapani est le Bodhisattva féroce, bleu foncé, considéré comme l'incarnation de la puissance de tous les Bouddhas. Il se présente sous de nombreuses formes différentes, lesquelles sont utilisées dans les contemplations des pratiquants. Ici, ces Archétypes Divins très puissants sont invoqués pour une intervention de choc, pour ralentir le cours du processus de renaissance d'un être du monde intermédiaire. Il ne s'agit pas à ce moment-là d'atteindre la libération, mais de trouver un bref répit pour changer de direction et choisir une meilleure renaissance. Pour quelqu'un qui n'a pas suivi de pratique avec un archétype divin, c'est le moment d'invoquer le séraphin ou le chérubin le plus puissant qu'il puisse imaginer. Cet être doit être d'une formidable férocité et d'une force colossale afin qu'il puisse devenir le protecteur bienveillant de la personne.

Ô noble fils ! De plus, les divinités des royaumes de la contemplation renaissent par le pouvoir de leur samadhi. La majorité des types démoniaques tels que les prétas changent d'image dans le monde intermédiaire. Ils se manifestent par des transformations magiques sous l'apparence de prétas, de démons ou d'ogres, et puis deviennent des corps mentaux exactement comme les précédents. Les prétas du monde souterrain, ceux des royaumes des cieux et les quatre-vingt mille types de démon adoptent leurs corps simplement en changeant les concepts qu'ils ont d'eux-mêmes. À un tel moment, ce qu'il y a de mieux, si vous le pouvez, c'est de vous souvenir de l'importance de la vacuité, du Grand Sceau. Si vous ne le pouvez pas, vous devez, libéré de tout attachement à quoi que ce soit, méditer sur l'Archétype Divin plein de compassion et atteindre l'illumination dans le Corps de Béatitude, dans le monde intermédiaire.

Les " royaumes de la contemplation " sont les quatre paradis sans forme : l'espace infini, la conscience infinie, la vacuité absolue, et l'au-delà de la conscience et de l'inconscience. Un être naît comme divinité dans l'un de ces royaumes par la simple concentration totale sur les samadhis du même nom. Mêmes les créatures inférieures comme les prétas et les différents types de démons acquièrent une incarnation rien qu'en changeant leur image d'eux-mêmes. Ici, Padma Sambhava exhorte le défunt à assumer la responsabilité du pouvoir de son imagination et à réaliser qu'il peut être ce qu'il veut par le simple fait de le vouloir avec suffisamment de détermination et de concentration stable. Il rappelle aussi à ceux qui pratiquent avec des Archétypes Divins Tantriques d'invoquer ces pratiques à ce moment crucial.

Ô noble fils ! Donc, s'il te devient nécessaire, par la force du devenir, d'entrer dans une matrice, tu dois maintenant t'appuyer sur ces instructions pour le choix d'une matrice. Écoute bien ! Ne prends pas la première matrice qui se présente. Si, en raison des bouchers démoniaques, tu as perdu le pouvoir de ne pas la prendre, alors médite sur Hayagriva. Étant donné que tu es maintenant doué de subtile clairvoyance, tu seras capable de comprendre la structure de tous les lieux ; aussi, choisis ton lieu de renaissance avec sagesse. Il y a deux instructions : une pour transmettre ton âme dans les Terres bouddhas, et une pour choisir une matrice dans le cycle impur des existences. Tu dois maintenant pratiquer ce qui suit. Si tu es du type des personnes les plus intelligentes, pour accomplir la transmission de l'âme en direction des royaumes des anges, il faut dire la formule de contrôle d'intention suivante : " Hélas, je suis triste d'être resté ici dans ce marais du cycle des existences pendant un temps qui n'a pas de commencement et qui dure depuis des temps infinis. Hélas ! Je n'ai pas encore été libéré durant toutes les vies de tant de Bouddhas ! Je suis complètement dégoûté et le seul fait de penser à ce cycle interminable des existences me donne la nausée. J'en suis terrifié. Je le répudie totalement. Je dois maintenant renaître miraculeusement dans la fleur d'un lotus en présence du Bouddha Amitabha dans la terre pure occidentale, Sukhavati la Bienheureuse ! " Il est essentiel ici que tu fasses un gros effort pour diriger ta volonté vers la terre pure occidentale de Sukhavati. Quelle que soit la terre pure en laquelle du crois, que ce soit la Sukhavati d'Amitabha, Abhirati, la merveilleuse terre d'Akshobya, Ghanavyuha, la terre pure de Vairochana, Alakavati, le paradis terrestre de Vaishravana, Potalaka, le paradis terrestre d'Avalokiteshvara, ou le palais de la lumière du lotus de Padma Sambhava à Udyana ; si tu diriges toute ta volonté vers l'une de ces terres pures et si tu maintiens ta concentration fermement sans te laisser distraire, tu renaîtras immédiatement dans cette terre pure. De plus, si tu désires renaître en présence du Seigneur du Dharma Maitreya dans le paradis de Tushita, concentre ta volonté simplement et pense : " Maintenant que je suis dans cet état intermédiaire, c'est le moment de rendre visite au Seigneur du Dharma Maitreya, dans son royaume de Tushita ; je vais y aller ! " Tu renaîtras miraculeusement dans le coeur d'un lotus en présence de Maitreya.

Les mondes des terres pures se situent dans des univers éloignés, mais l'être dans l'état intermédiaire peut s'y rendre à la vitesse de la pensée grâce aux capacités miraculeuses de son corps mental et à la compassion des Bouddhas et des Bodhisattvas. Sukhavati, Abhirati et Ghanavyuha sont des terres bouddhas célestes. Sukhavati est la plus célèbre et plusieurs sutras importants en donnent des descriptions élaborées. Les êtres y naissent dans des boutons de lotus et non d'une matrice. Ils ont des corps angéliques asexués, tirent de l'atmosphère une énergie pure et n'ont besoin ni de manger ni de déféquer. Le pays est fait de substance qui ressemble à des joyaux de la plus grande beauté. Il n'y a ni danger ni malheur. Le Bouddha est toujours présent à tous et tous peuvent méditer avec la plus grande facilité. L'environnement est ainsi idéal pour le développement de la sagesse dans l'évolution spirituelle de ses habitants. D'autre part, notre propre univers s'y appelle la terre bouddha du Bouddha Shakyamuni ou Saha. Dans le Sutra Vimalakirti, on dit qu'il est encore plus favorable à l'évolution spirituelle qu'une terre bouddha céleste en raison de la proximité immédiate de la souffrance, comme de celle de la présence des enseignements. Les êtres dans notre monde peuvent accroître leur compassion aussi rapidement que leur sagesse, car la compassion, ie la sensibilité aux souffrances des autres, exige une proximité de cette souffrance pour s'accroître.

Il y a aussi sur terre des paradis entretenus par l'illumination. Ils sont maintenus par le champ de compassion d'un Bodhisattva particulier, d'une divinité, d'un Archétype ou d'un initié. Vaishravana est une divinité qui s'est dévouée au bouddhisme pendant la période où vivait Shakyamuni ; son royaume, Alakavati, est situé près du pôle Nord et il est célèbre pour ses trésors (Vaishravana est peut-être le " saint Nicolas " des mythes bouddhiques populaires).

Potalaka est situé sur la côte ouest de l'Inde du Sud. Il est caché au sommet d'une montagne sacrée et constitue la demeure des Bodhisattvas Avalokiteshvara et Tara, ainsi que de leur suite. Udyana est situé quelque part dans les montagnes d'Afghanistan ; c'est la résidence magique de la suite de Padma Sambhava. Udyana fut plus tard remplacé dans le mythe tibétain par Zangdog Pelri (le Paradis de la Montagne de Cuivre), situé quelque part dans le sud-est de l'Inde. Pour finir, Maitreya, le Bouddha qui doit descendre sur terre dans le futur, demeure à Sudharma, éden d'enseignement célèbre qui se trouve au sein d'un paradis du nom de Tushita. Tushita, quant à lui, est un paradis " normal ", un royaume de désir où folâtrent des dieux de plaisir.

Les pratiquants bouddhistes se rendent quelquefois dans une de ces terres pures, célestes ou terrestres, pour se reposer loin des royaumes ordinaires de la vie. À d'autres moments, ils choisissent de ne pas s'y attarder, ne voulant pas perdre de temps dans leur quête de l'illumination totale qui leur permettra de créer une terre bouddha personnelle pour le bien des autres. Un seul jour dans l'un de ces paradis peut représenter des années dans les royaumes ordinaires. Les Bodhisattvas, quant à eux, ne peuvent supporter d'abandonner les êtres à leurs souffrances durant des périodes aussi longues.

À nouveau, si tu ne peux pas, ou si tu ne veux pas te rendre dans l'une des terres pures et que tu dois entrer dans une matrice, voici les instructions pour choisir une matrice dans le cycle impur des existences. Écoute-les ! Choisis le continent de ta renaissance en suivant les explications données ci-dessus. En usant de ta clairvoyance, entre dans une matrice là où le Dharma est déjà enseigné. Il convient de faire attention, car même si tu devais renaître magiquement sur un tas de fumier, tu croirais que la masse impure sent délicieusement bon et tu renaîtrais en elle par pure force d'attraction. En conséquence, il ne faut pas adhérer à une apparence qui se manifeste, quelle qu'elle soit, et tu ne dois pas tenir compte des signes qui induisent attachement ou aversion. Ensuite, choisis une bonne matrice. Et ici, l'intention et la volonté sont importantes : aussi, tu dois les créer comme suit : " Ô ! Pour le bien de tous les êtres, je renaîtrai comme empereur d'un pays ou dans la classe des prêtres, et je protègerai tous les êtres comme l'ombre d'un arbre protège du soleil, ou bien je serai l'enfant d'un saint, d'un initié ; ou encore, je renaîtrai dans une famille dont la lignée dans le Dharma est sans tâche, ou dans une famille où les parents ont une grande foi. Je dois réussir cette vie à venir en adoptant un corps dont les grands mérites m'aideront à accomplir les buts de tous les êtres ! " Dirigeant ta volonté de cette façon, tu dois entrer dans la matrice. À ce moment-là, la matrice dans laquelle tu es entré doit t'apparaître comme si elle avait été transformée magiquement en palais divin. Tu dois prier les Bouddhas et les Bodhisattvas des Dix Directions, les Archétypes Divins et plus spécialement le Seigneur de la Grande Compassion. Et tu dois les visualiser en train de te consacrer et de te bénir par l'onction au moment où tu entres dans la matrice.

La matrice doit être visualisée comme un palais en forme de mandala, comme un environnement idéal pour le développement d'un corps qui vise à l'illumination. En fait, tous les palais à la structure de mandala, ou les demeures illuminées, sont consciemment construits comme des environnements matriciels pour les Archétypes Divins. Aussi, ici, on recommande à l'être qui, dans l'état intermédiaire, a des facultés mentales très aiguisées et très créatrices, de structurer sa matrice de la manière la plus propice à son développement. Son entrée dans cette matrice doit être ressentie comme la consécration d'un roi.

En choisissant la porte de la matrice de cette façon, le danger d'errance est toujours présent. Sous l'influence du devenir, il se peut que tu considères comme mauvaise une matrice excellente. Il se peut aussi que tu considères une mauvaise porte de matrice comme excellente. Aussi, les instructions clés pour effectuer un bon choix sont ici très importantes ; fais comme indiqué ci-après : même si une porte de matrice te paraît excellente, ne t'y attache pas. Même si elle te paraît mauvaise, n'en éprouve aucune aversion. Entre en elle en ressentant un amour universel et équanime, libéré de la luxure, de la haine et du choix compulsif entre le bon et le mauvais. Telles sont les instructions clés.

L'idée est qu'un être du monde intermédiaire entre dans une matrice sans tomber sous l'influence pesante des accoutumances émotionnelles, luxure, haine ou illusion. C'est important car cela permet de rester vigilant quant à la nature véritable de l'endroit où l'on est et de ne pas commettre l'erreur plus que fatale de renaître dans une des formes de vie horribles.


Prendre refuge dans les Trois Joyaux

Ici, à l'exception de quelques personnes à l'expérience profonde, il est difficile de se libérer de la peste des instincts négatifs. Aussi, si le défunt ne peut éviter ni l'attachement ni l'aversion, même la personne la plus stupide, la plus bestiale, même la plus grande pécheresse peut éliminer les instincts négatifs en prenant refuge dans les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma et la Communauté. Aussi, tu dois à nouveau appeler le défunt par son nom et répéter les mots suivants jusqu'à sept fois :

Ô noble Gilbert ! Si tu ne peux abandonner ni la luxure ni la haine, et que tu ne sais comment choisir une matrice, alors, quelles que soient les visions qui t'adviennent, prononce le nom des Trois Joyaux et va te réfugier en eux ! Prie le Seigneur de la Grande Compassion ! Avance la tête haute ! Reconnais que tu es dans le monde intermédiaire ! Abandonne l'amour possessif envers les êtres chers que tu as laissés derrière toi : ton fils, ta fille, tes amis ! Ils ne peuvent plus t'aider. Dirige-toi maintenant vers la lumière bleue du monde humain et la lumière blanche du divin. Va dans le jardin des plaisirs et la maison des joyaux !




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