Le Guide pour le Voyage
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L'Orientation
dans le monde intermédiaire
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Avec un respect
profond, je me prosterne devant
Les divinités, les mentors spirituels, les
archétypes et les anges en nombre infini !
Puissiez-vous me libérer dans le monde
intermédiaire !
Par Le Livre de la Libération
Naturelle, le
monde intermédiaire de la réalité a
déjà été enseigné.
Maintenant, pour le monde intermédiaire de
l'existence, la prière doit être accomplie de
la manière suivante :
Le monde
intermédiaire de l'existence est l'état
intermédiaire qui s'ensuit quand une personne a
refusé l'invitation des quatre sagesses, sous leur
forme bénigne ou féroce, à quitter le
cycle de la vie ordinaire pour entrer dans le mode de vie
illimité de l'illumination. On l'appelle " existence
" parce que l'appétit pour l'existence ordinaire a
déterminé qu'il y en aurait presque
inévitablement une autre. Il est encore possible
d'atteindre la libération et le guide encourage
encore le défunt à profiter de cette
possibilité. Mais il y a aussi un souci à
propos de la qualité de la vie qui vient. Si une
existence ordinaire supplémentaire est
inévitable, alors ce devrait au moins en être
une favorable. Il convient qu'elle jouisse de bonnes
conditions, qu'elle se passe dans un environnement
agréable, avec la possibilité d'étudier
et de pratiquer les enseignements du Dharma, et, par
là, qu'elle suscite le progrès dans le
devenir.
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Introduction
fondamentale
Il se peut que l'on vous
ait déjà donné l'orientation pour le
monde intermédiaire de la réalité de
nombreuses fois. Il se peut aussi que des personnes à
la grande expérience et au devenir favorable aient
déjà reconnu la lumière. Cependant, les
personnes qui, elles, n'ont qu'une légère
expérience et celles qui ont commis de graves
péchés auront trouvé difficile de
reconnaître la lumière parce qu'elles sont
prises de terreur et sous le coup d'un devenir
néfaste. Aussi, à partir du dixième
jour, vous devez aussi accomplir cette prière du
monde intermédiaire de l'existence. Vous devez faire
des offrandes aux Trois Joyaux. Vous devez réciter la
prière de Demande d'Aide aux Bouddhas et aux
Bodhisattvas.
Ensuite, appelant le défunt par son nom trois ou sept
fois, vous devez dire ce qui suit :
Ô noble Gilbert !
Écoute bien et garde ceci à l'esprit ! En
enfer et au paradis, comme dans le monde
intermédiaire, le corps naît comme une
apparition. Mais quand les perceptions des divinités
bénignes et féroces te sont apparues dans le
monde de la réalité intermédiaire, tu
ne les as pas reconnues. Aussi, au bout de cinq jours et
demi, tu t'es évanoui de terreur. Au réveil,
ta conscience s'est éclairée et tu t'es
immédiatement manifesté sous une forme qui
ressemble à ton corps précédent. Comme
le dit le tantra :
" incarnés
sous les formes qui sont celles des vies
précédentes comme de celles qui
émergent, les sens sont complets, la capacité
de se mouvoir sans entraves ; et grâce aux pouvoirs
magiques du devenir, on voit les espèces similaires
avec une clairvoyance pure ".
Le tantra
n'est pas spécifié, mais c'est sans doute l'un
des tantras du Guhyagarbha. Cette citation est
considérée comme faisant autorité. Les
paragraphes suivants sont présentés comme des
commentaires sur ce passage. C'est évidemment, pour
le texte original, exprimer un lieu commun que de l'utiliser
pour décrire l'incarnation dans le monde
intermédiaire.
Ici, "
précédent " veut dire que tu te manifestes
dans un corps de chair et d'os déterminé par
les instincts de ta vie précédente. Si tu
irradies et si tu portes des traces des signes corporels
auspicieux ainsi que des marques d'un héros mythique,
c'est parce que ton imagination a la capacité de
transformer ton corps. Aussi, ce qui est perçu dans
le monde intermédiaire s'appelle un " corps mental
".
Le corps dans
le monde intermédiaire est fait d'énergie
subtile, tel un hologramme. Aussi, l'imaginaire fonctionne
concrètement pour le maintenir assemblé. Si
l'on a une imagination stabilisée et
concentrée, on est capable de reformer le corps par
une seule pensée. Donc, si l'on a, pendant la vie,
donné forme à ses instincts par une
identification profonde avec un archétype mythique,
il est facile de se transformer en un tel héros dans
le monde intermédiaire. C'est là le but des
pratiques de visualisation de l'étape de la
création, qui utilisent des archétypes divins
variés. Il s'agit de centrer et d'entraîner
l'imagination afin qu'elle soit capable, dans ce contexte du
monde intermédiaire, d'accomplir une fonction vitale
qui donne forme à la vie.
À ce
moment-là, si tu es destiné à
renaître comme dieu, tu auras des visions de paradis ;
si tu es destiné à renaître comme titan,
comme humain ou comme animal, tu auras les visions qui
correspondent au royaume dans lequel tu renaîtras. "
Précédent " veut dire ici que, durant une
période qui peut aller jusqu'à quatre jours et
demi, tu auras la sensation d'avoir le corps de chair et
d'os que tu avais dans la vie précédente, avec
ses instincts habituels. " Émergeant " signifie que
tu commences à avoir des visions de l'endroit vers
lequel tu te diriges pour ta renaissance. Voici pour "
précédent " et " émergeant
".
En conséquence,
ne suis pas toutes les visions qui se produisent. Ne t'y
attaches pas ! N'y adhère pas ! Si tu es
obstiné et si tu t'attaches à toutes, tu
erreras dans la souffrance des six royaumes. Jusqu'à
hier, les visions du monde intermédiaire de la
réalité se sont manifestées devant toi,
mais tu ne les a pas reconnues. Aussi, tu dois errer ici,
maintenant. Si, maintenant, sans faillir, tu peux
accroître ta capacité de reconnaissance,
l'orientation de ton maître spirituel pourra faciliter
ta prise de conscience de la claire lumière, de la
vacuité nue, pure et vibrante. Entre en elle,
détends-toi dans l'expérience du
non-attachement et du non-agir ! Sans être contraint
d'entrer dans une matrice, tu seras libéré. Si
tu ne reconnais pas la lumière, alors médite
et visualise la présence de ton maître
spirituel, ou ton archétype divin, sur le sommet de
ta tête, et dévoue-toi totalement à lui
ou à elle, avec une foi puissante. C'est si important
! Fais cela sans faillir, encore et encore !
Vous devez parler ainsi.
Si le défunt reconnaît la lumière
à ce moment-là, il n'errera pas dans les six
royaumes et sera libéré.
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Pouvoirs et problèmes d'un
être du monde intermédiaire
Si le pouvoir du devenir
néfaste rend encore la reconnaissance de la
lumière difficile, vous devez vous exprimer de la
manière suivante :
Ô noble Gilbert !
Écoute sans que ton esprit ne s'égare ! " Les
sens sont complets, la capacité de se mouvoir sans
entraves " veut dire que, même si pendant ta vie tu
étais aveugle, sourd ou infirme, maintenant, dans le
monde intermédiaire, tes yeux discernent les formes
clairement, tes oreilles entendent les sons. Tes sens
deviennent infaillibles, clairs et complets ; c'est pour
cela qu'il est dit " les sens sont tous complets ".
Reconnais ceci comme un signe que tu es mort et que tu erres
dans le monde intermédiaire ! Souviens-toi de tes
instructions personnelles !
Ô noble Gilbert !
Ce qui est " sans entraves " est ton corps mental. Ta
conscience est libre d'incarnation et tu n'as pas de corps
solide. Ainsi, tu peux te mouvoir ça et là,
à travers les murs, les maisons, la terre, les
rochers et le sol, même à travers le mont
Méru qui sert d'axe au monde ; tu peux tout traverser
sauf la matrice d'une mère et le Trône du Vajra
à Bodhgaya. C'est un signe que tu es en train d'errer
dans le monde intermédiaire de l'existence ; aussi,
souviens-toi des instructions de ton maître spirituel
! Prie le Seigneur de la Grande Compassion !
L'être
du monde intermédiaire ne peut pas traverser la
matrice d'une mère parce que c'est l'endroit
où il (elle) reprendra naissance - un être qui
peut traverser des montagnes ne peut franchir cette
délicate membrane. Le trône du Vajra à
Bodhgaya est l'endroit où les Bouddhas du Corps
d'Émanation suprême atteignent l'illumination
en ce monde ; et l'on croit qu'il s'agit d'un lieu d'une
densité particulière et d'une sainteté
toute spéciale. C'est pourquoi aucun être du
monde intermédiaire ne peut le traverser.
Ô noble Gilbert !
" Avec les pouvoirs magiques du devenir " signifie que, toi
qui ne retire de la méditation aucune capacité
particulière ni aucune sorte de pouvoir magique, tu
as maintenant des pouvoirs magiques résultant de ton
devenir. En une fraction de seconde, tu peux faire le tour
de cette planète, de ses quatre continents et de sa
montagne centrale. Tu as maintenant le pouvoir qui permet,
par la seule pensée, d'atteindre à l'instant
même l'endroit que tu désires. Tu peux aller
n'importe où, et en revenir, aussi facilement qu'un
homme normal étend et ramène son bras. Mais
ces pouvoirs magiques variés ne sont pas si
miraculeux ; si tu n'en as pas particulièrement
besoin, ignore-les ! Il ne faut pas trop te
préoccuper de savoir si tu peux manifester ceci ou
cela pour la seule raison que cela te traverserait l'esprit.
Le fait est que tu as la capacité de tout manifester
sans entraves. Tu dois prendre acte de ce fait comme une
preuve que tu es dans le monde intermédiaire de
l'existence ! Tu dois prier ton maître spirituel
!
La personne
qui traverse le monde intermédiaire, dispose de
toutes ces capacités surnaturelles. Cependant, il ne
faudrait pas qu'elles fassent diversion, qu'elles vous
distraient du but principal de cette traversée ; la
possibilité d'atteindre la libération des
modes de vie conditionnés par une confrontation avec
la nature de la réalité, ou au moins
l'occasion d'obtenir une vie favorable à un tel
accomplissement, en évitant les états
horribles ou les vies dépourvues de liberté et
d'occasions.
Ô noble Gilbert !
" On voit des espèces similaires avec une
clairvoyance pure " signifie que, dans le monde
intermédiaire, les êtres de la même
espèce peuvent se voir. Ainsi, si certains
êtres sont de la même espèce et s'ils
sont destinés à renaître comme des
dieux, ils pourront se voir les uns les autres. De la
même manière, les autres êtres de la
même espèce qui doivent renaître dans
l'un des six royaumes se verront. Aussi, tu ne dois pas
t'attacher à de telles rencontres ! Médite sur
le Seigneur de la Grande Compassion.
" Avec pure
clairvoyance " se réfère aussi à ceux
qui, par la pratique de la contemplation, ou par le pouvoir
divin du mérite, ont développé cette
pure clairvoyance. Mais de tels yogis ou divinités
peuvent commander cette vision des êtres du monde
intermédiaire. Ils ne les voient que s'ils le
veulent. S'ils sont distraits dans leur contemplation ou
s'ils n'ont aucun désir de les voir, rien ne se
manifestera à leurs regards.
Si un clairvoyant
était contraint de percevoir tous les êtres du
monde intermédiaire qui sont autour de lui ou d'elle,
il n'aurait le temps de rien voir d'autre. Un nombre infini
d'êtres de toutes les espèces meurent et
traversent l'état intermédiaire en permanence,
et leurs incarnations subtiles peuvent
pénétrer sans effort les objets solides, ou
coexister dans le même espace grossier que les autres
choses. En conséquence, ils s'imposent partout
à quelqu'un qui a des capacités de
clairvoyance, qu'elles soient naturelles ou acquises. Les "
fantômes " auxquels de nombreuses cultures se
réfèrent, correspondent clairement aux errants
du monde intermédiaire (et c'est pourquoi le
préta, qui renaît sous cette forme horrible, ne
doit pas être traduit par " fantôme
famélique "). En fait, le héros du film Ghost
présente beaucoup de caractéristiques des
êtres du monde intermédiaire.
Ô noble Gilbert !
Étant donné que tu as un corps fantomatique,
tu rencontres tes parents et des endroits familiers, comme
su tu étais dans un rêve. Quand tu rencontres
ces parents, et bien que tu communiques avec eux, ils ne
répondent pas. Quand tu vois tes parents et ceux que
tu aimes pleurer, tu penseras : " Maintenant que je suis
mort, que puis-je faire ? " Tu ressentiras une douleur
brûlante, comme un poisson qui rebondit sur le sable
chaud. Cependant, quelle que soit l'immensité de ta
souffrance, te tourmenter à ce stade ne sert à
rien. Si tu as un maître spirituel, prie-le.
Autrement, prie ton archétype divin. Ne t'attarde pas
à ceux que tu aimes ; c'est inutile. Prie les Grands
Compatissants et ne cède ni à la souffrance ni
à la terreur !
Ô noble Gilbert !
Emporté par les vents rapides du devenir, ton esprit
est impuissant et instable. Il est comme la feuille qui
tourne et qui voltige. Tu dis aux personnes en deuil : " Ne
pleurez pas ! Je suis là ! " Ils ne le remarquent pas
et vous réalisez que vous êtes mort, et vous en
ressentez une grande angoisse. Ne vous complaisez pas
maintenant dans votre douleur ! Vous êtes dans un
crépuscule permanent, gris comme un ciel d'automne
avant l'aurore, un endroit où il n'y a ni jour ni
nuit. Cette sorte de monde intermédiaire peut durer
de une, deux, trois, quatre, cinq, six ou sept semaines
à quarante-neuf jours. Bien que l'on dise que, pour
la plupart des gens, les souffrances du monde
intermédiaire de l'existence durent vingt et un
jours, ce n'est absolument pas certain en raison des
différences de l'histoire du devenir des
gens.
Ce
désaveu d'une quelconque précision en ce qui
concerne le déroulement du monde intermédiaire
vient comme une sorte de soulagement. Le temps passé
dans l'état intermédiaire du moment de la mort
a été mentionné plus haut comme
semblant être de quatre jours et demi d'inconscience
pour une personne ordinaire, bien que les pratiquants
avancés puissent le prolonger indéfiniment.
Ensuite, il y a les douze jours mentionnés dans le
monde intermédiaire de la réalité. Si
l'on y ajoute les vingt et un jours du monde
intermédiaire de l'existence, l'on arrive à un
total de trente-sept jours et demi. En outre, il y a le
nombre traditionnel de quarante-neuf jours mentionné
dans diverses sources bouddhiques. Le fond du
problème est que les notions de temps de notre monde
ne peuvent s'appliquer avec précision à
l'expérience du monde intermédiaire.
Ô noble Gilbert !
À ce moment même, le grand vent rouge et
féroce du devenir t'emportera et te poussera,
insupportable et terrifiant. N'aie pas peur ! Ce sont tes
propres hallucinations ! Une obscurité épaisse
et effrayante t'attire dans ses profondeurs. Des cris cruels
comme " Frappe ! ", " Tue ! " te terrifieront. N'aie pas
peur ! Les grands pécheurs verront des ogres
cannibales brandir des armes nombreuses et entendront leurs
cris de guerre : " Tue ! Tue ! ", " Frappe !, Frappe ! " Tu
verras de féroces bêtes sauvages. Tu seras
pourchassé par des hordes au milieu de blizzards, de
tempêtes et de brouillards. Tu entendras des bruits
d'avalanche, de crues, de feux de forêts et
d'ouragans. Pris de panique, tu t'échapperas par tous
les moyens et tu ne t'arrêteras qu'au bord d'un triple
abîme béant, rouge, noir et blanc, sans fond,
terrifiant.
Ô noble Gilbert !
Ce n'est pas vraiment un abîme. C'est la convoitise,
la haine et l'illusion. Tu dois le reconnaître comme
étant le moment du monde de l'existence. Invoque le
Seigneur de la Grande Compassion et prie intensément
:
" Ô
Seigneur de la Grande Compassion ! Maître Spirituel !
Trois Joyaux ! Je m'appelle Gilbert ; s'il vous plait, ne
m'abandonnez pas dans les états épouvantables
! Ne m'oubliez pas ! "
Ceux qui ont
accumulé du mérite, ceux qui ont
été vertueux et sincères dans leur
pratique du Dharma jouissent de toutes sortes de
divertissements et de délices. Ceux dont la vie a
été dominée par l'illusion, mais qui
n'ont ni grande vertu ni grand vice, ne ressentent ni
bonheur ni souffrance, mais seulement de
l'indifférence et de
l'hébétude.
Ô noble Gilbert !
Quoi qu'il arrive à ce moment-là, ne convoite
rien ! Ne désire ni les plaisirs ni la joie ! Offre
les tous au joyau du maître spirituel ! Abandonne les
attachements ! Même si tu ne ressens que de
l'indifférence, installe ton esprit dans
l'expérience du Grand Sceau, libre de la
concentration comme de la distraction ! C'est là le
plus important.
Ô noble Gilbert !
À ce moment-là, tu auras l'impression
d'être abrité un moment sous des ponts, dans
des temples, des cathédrales, des huttes et des
stupas, mais ne t'y attarde pas ! Étant donné
que ton esprit n'a pas de corps, il ne peut s'installer
nulle part. Tu deviendras la proie du froid, de la
colère, de l'affolement ; ta conscience te semblera
erratique, volatile, instable. Ensuite, tu penseras : "
Maintenant que je suis mort, que puis-je faire ? " Ton coeur
te paraîtra froid et faible. Tu ressentiras des
souffrances terribles et infinies. Le fait est que tu es
contraint de voyager et que tu ne peux t'attacher à
aucun endroit. Aussi, ne t'en soucie pas et apaise ton
esprit.
À partir de
maintenant, tu n'auras pas d'autre nourriture que celle qui
t'est dédiée. Tu n'auras plus aucune certitude
à propos de tes amis. Des signes te montreront
l'errance de ton corps mental dans le monde de l'existence
intermédiaire. Tes joies et tes peines seront
déterminées par ton devenir. Quand tu verras
ton pays, tes amis, les êtres qui te sont chers ainsi
que ton pauvre cadavre, tu penseras : " Maintenant que je
suis mort, que faut-il faire ? " À ce
moment-là, un grand poids pèsera sur ton corps
mental.
Ici, le guide
accepte implicitement l'efficacité magique des
rituels d'offrandes de nourritures dédiées
à un défunt ; il accepte qu'une part de
nourriture réservée à une personne
récemment décédée puisse donner
une sensation de nourriture à l'incarnation du monde
intermédiaire. Le guide rappelle au défunt que
son corps est mental, et fait de pure imagination ; que sa
sensation de faim, de faiblesse et de détresse est
purement mentale.
Tu penseras alors : "
Comme j'aimerais avoir un nouveau corps ! " Ensuite, tu
auras des visions où tu chercheras partout un corps.
Même si tu essaies jusqu'à neuf fois de
réintégrer ton vieux cadavre, il ne convient
plus comme incarnation en raison du temps passé dans
le monde intermédiaire de la réalité ;
en hiver il aura gelé, et en été il
aura pourri. Il se peut aussi que ceux que tu aimes l'aient
incinéré, enseveli ou donné en
pâture à des oiseaux ou à des
bêtes. Tu auras le coeur malade et tu te verras
coincé entre des blocs de pierre et de terre. Cette
sorte de souffrance est la nature même du monde
intermédiaire de l'existence. Même si tu
trouves un corps, il n'y aura rien d'autre que de la
souffrance. Aussi, abandonne cette aspiration pour un corps
! Concentre-toi sans te laisser distraire sur
l'expérience du non-agir créateur !
Ayant été
orienté de cette façon, le défunt peut
atteindre la libération dans ce monde
intermédiaire.
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Rencontre avec le seigneur de la
mort
Si, par la force du
devenir néfaste et malgré l'orientation
donnée, il ne reconnaît pas la lumière
de la réalité, vous devez à nouveau
appeler le défunt par son nom et dire ce qui suit
:
Ô noble Gilbert !
Écoute-moi ! Cette souffrance que tu endures vient
d'actes que tu as commis au cours de tes vies
passées. Tu n'as à t'en prendre qu'à
toi. C'est ton propre devenir ; aussi, prie fortement les
Trois Joyaux. Ils peuvent te protéger. Si tu ne les
pries pas, si tu ne sais pas méditer sur le Grand
Sceau et si tu ne médites pas sur un archétype
divin, alors ton ange personnel comptera en pierres blanches
chaque bonne action que tu auras faite et ton démon
personnel comptera tes péchés en pierres
noires.
Cela se
réfère à une croyance, populaire dans
les sociétés bouddhistes. Il s'agit d'une
croyance qui vient sans doute d'une tradition antique, qui
veut que chaque personne ait un ange et un démon
personnel qui naissent en même temps que lui, qui le
poussent respectivement au bien et au mal, et tiennent le
compte de ses bonnes et de ses mauvaises actions.
Après la mort, ils se transforment en juges qui
totalisent les bonnes et mauvaises actions de la personne et
les présentent au tribunal de Yama, le Seigneur de la
Mort.
Ensuite, tu
éprouveras inquiétude, colère et
terreur. En tremblant, tu mentiras et tu diras : " Je n'ai
pas péché ! " Mais alors, Yama, le Juge des
Morts, dira : " Je vais regarder dans le miroir du devenir !
" Quand il regardera dans le miroir du devenir, tous tes
péchés et toutes tes vertus apparaîtront
clairement et distinctement. Tes mensonges n'y feront rien.
Yama t'attachera une corde autour du cou, et il
t'emmènera. Il te coupera la tête, t'arrachera
le coeur, te videra de tes entrailles, te lèchera la
cervelle, boira ton sang, dévorera ta chair et
rongera tes os. Mais comme tu ne peux pas mourir même
si ton corps est mis en pièces, tu revivras.
Déchiqueté encore et encore, tu souffriras des
douleurs infinies.
Aussi, quand on
comptera les pierres blanches, n'aie pas peur ; ne
cède pas à la panique, ne mens pas ! Ne crains
pas Yama ! Ton corps est mental ; aussi, même si on le
tue et si on le découpe, tu ne peux pas mourir. En
fait, la forme est
la vacuité même ; aussi, tu n'as rien à
craindre. La vacuité ne peut faire de mal à la
vacuité. Le non-signe ne peut nuire au non-signe. Tu
dois reconnaître qu'il n'y a en fait rien d'autre que
tes propres hallucinations. Yama n'a pas la moindre
substance, pas plus que l'ange, le démon ou l'ogre
à la tête de bourreau. Tu dois identifier tout
cela comme étant le monde intermédiaire
!
Le
défunt est ici rassuré à deux niveaux.
D'abord, au niveau relatif, circonstanciel, car on lui
affirme que le corps mental de l'état
intermédiaire n'a pas de chair grossière, de
sang ou de nerfs, et qu'il ne peut donc pas avoir mal comme
le peut le corps réel et solide. Ensuite, au niveau
plus profond, car il est rassuré sur la fin ultime du
voyage. Dans la réalité non duelle dans
laquelle la forme est la vacuité et la vacuité
est la forme, toutes les choses sont ce qu'elles sont pour
la seule raison que l'imagination routinière les
perçoit ainsi. Toutes les expériences
ressemblent à un rêve ; aucune d'entre elles
n'a de substance intrinsèque. Une personne
libérée peut donc donner une autre forme
à son environnement et à ce qu'elle vit, aussi
facilement qu'un rêveur peut sortir d'un cauchemar par
son imagination. Le rêveur doit seulement prendre
conscience qu'il est dans un rêve ; ce qui lui permet
soit de donner une forme meilleure à son rêve,
soit tout simplement de s'éveiller.
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Médite sur le samadhi du
Grand Sceau !
Ici, la méditation
sur la non-dualité ultime de la forme de la
vacuité sous la forme d'une
béatitude-vacuité indivisible n'est
recommandée que pour faire bonne mesure.
Si tu ne sais pas
comment méditer, examine attentivement les
éléments qui te terrorisent et tu verras leur
vacuité ; tu te rendras compte qu'ils n'ont rien
d'objectif. C'est le Corps Naturel de Vérité.
Et cette vacuité n'est pas simplement annihilation.
La conscience triomphante et aiguë que tu as de la
terreur du vide est en elle-même l'esprit
béatifique du Corps de Béatitude. La
vacuité et la clarté ne peuvent être
distinguées ; l'actualisation de la vacuité
est la clarté, l'actualisation de la clarté
est la vacuité. Ta conscience de la
clarté-vacuité indivisible est
dépouillée de ses voiles et tu demeures
maintenant dans l'expérience non fabriquée.
C'est le Corps de Vérité et de Sagesse. Elle
se manifeste spontanément, partout et sans
obstruction. Et c'est le Corps d'Émanation
Compatissant.
Cela constitue
un bref enseignement des formes les plus hautes de
compréhension et de méditation : la Grande
Perfection ou le Grand Sceau. Dans la réalité
normale, il n'y aurait aucun sens à vouloir faire
accéder à une conscience aussi exaltée
une personne aux prises avec la terreur. Pour l'être
du monde intermédiaire, cependant, le guide pense que
cela vaut la peine d'évoquer cet aspect car la
conscience dans le monde intermédiaire peut subir des
mutations si radicales qu'il y a toujours une chance pour
que l'être du monde intermédiaire puisse
instantanément basculer dans l'accomplissement total
de sa propre réalité. En ce qui concerne les
Quatre Corps de Bouddha, ils viennent des Trois Corps, le
Corps de Vérité étant subdivisé
en deux aspects : celui du subjectif et de la sagesse, celui
de l'objectif et du naturel.
Ô noble Gilbert !
Contemple et reconnais cela sans te troubler ! Il est
certain que tu deviendras un bouddha et que tu atteindras la
perfection des Quatre Corps. Ne te laisse pas distraire !
Cela est la frontière entre un bouddha et un
être ordinaire. Maintenant vient ce moment
décrit comme " un instant aliéné,
l'instant d'après parfaitement illuminé
".
Jusqu'à hier, tu
t'es adonné à la distraction ; tu n'as pas
reconnu ce qui se manifestait comme étant le monde
intermédiaire, et tu étais aux prises avec une
immense terreur. Si tu t'abandonnes à nouveau
à la distraction, la corde de la compassion va se
rompre et tu iras dans des lieux où la liberté
n'existe pas ; aussi, fais attention !
C'est la
première fois qu'est mentionnée la " rupture
de la corde de la compassion ". Ici, le guide essaie
d'ébranler la conscience de l'être
intermédiaire qui s'est jusqu'à présent
toujours refusé à l'éveil et qui est
toujours impliqué dans les pulsions de la vie
ordinaire. Il se peut qu'il compte inconsciemment sur la
compassion des êtres éveillés en pensant
qu'ils le sauveront quoi qu'il fasse. Aussi, le guide
indique que la connexion avec les êtres
éveillés peut être effectivement rompue
par une persistance dans l'illusion de la part de
l'être qui est dans le monde
intermédiaire.
Si vous les orientez de
cette façon, même ceux qui ne l'ont pas encore
reconnue auparavant reconnaîtront maintenant la
lumière de la réalité et ils seront
libérés. Si le défunt a suivi ses
penchants néfastes au cours de sa vie et qu'il ne
sait pas réfléchir de cette manière,
vous devez répéter ces mots :
Ô noble Gilbert !
Si tu ne sais pas méditer ainsi, alors souviens-toi
et prie le Bouddha, le Dharma, la Sangha et les Seigneurs
Compatissants. Contemple toutes les terreurs et les visions
comme étant le Seigneur Compatissant ou ton
archétype divin. Souviens-toi de ton nom
ésotérique d'initiation, du maître
spirituel qui t'a donné les initiations que tu as
reçues dans le monde humain ; proclame-les à
Yama, le Seigneur de la Vérité ! Tu ne te
blesseras pas, même si tu tombes de hautes falaises ;
alors, abandonne la crainte et la haine !
Quand vous prononcerez
cette orientation, ceux qui n'étaient pas encore
libérés le seront.
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Détachement de la vie
précédente
Comme il se peut que le
défunt n'ait pas encore reconnu la lumière et
ne soit pas libéré, il est très
important de persévérer. Appelez le
défunt par son nom à nouveau et dites ce qui
suit :
Les visions que tu
auras maintenant t'entraîneront dans les
épreuves des états changeants du plaisir et de
la douleur comme si tu étais projeté par une
catapulte. Aussi, ne te laisse pas absorber par aucune
vision, qu'elle soit d'amour ou de haine ! Même si tu
dois renaître dans des existences
élevées, quand les visions de ces existences
apparaîtront, si les parents que tu as laissés
derrière toi commencent à faire des sacrifices
en égorgeant des êtres vivants pour les
dédier au Seigneur de la Mort, tu auras de nombreuses
visions impures et une terrible colère montera en
toi.
Dans certaines
régions, les gens sacrifient des animaux, convaincus
que l'on peut offrir la vie d'un animal à une
divinité redoutée comme substitut à la
vie d'un être que l'on aime. Ils le font en
général lorsque la personne est vivante, ou
peut-être lorsqu'elle est menacée par la
maladie ou par un autre danger. Certaines
sociétés considèrent aussi que
l'offrande d'une vie animale à une divinité
protectrice peut avoir une influence positive sur la
destinée d'un être cher qui est
décédé. Le bouddhisme a toujours eu ces
pratiques en horreur et considère qu'elles ont
l'effet opposé à l'effet souhaité.
Elles font du mal à l'animal sacrifié bien
sûr ; elles gratifient l'auteur du sacrifice de
l'effet néfaste du péché de tuer et
causent encore plus de tort au supposé
bénéficiaire en réveillant ses
émotions négatives. Au Tibet, des adeptes de
certaines formes de la religion Bon, ainsi que des tribus
frontalières qui ont des rituels animistes, sont
encore susceptibles d'accomplir ou de commander de tels
sacrifices d'animaux.
Ainsi
conditionné, tu renaîtras en enfer. Aussi,
quelles que soient les actions commises par ceux qui te
survivent, ne te met pas en colère mais contemple les
avec amour ! Il se peut aussi que tu sois personnellement
très attaché aux richesses et aux possessions
que tu as laissées derrière toi ou que tu
saches que d'autres utilisent tes possessions ; tu te
sentiras alors lié à celles-ci et en
colère envers ceux qui les utilisent.
Conditionné de cette manière, même si tu
avais pu atteindre les états élevés de
renaissance, tu renaîtras en enfer ou dans le monde
des prétas. En conséquence, même si tu
es encore attaché à tes anciennes possessions,
tu n'as plus aucun pouvoir sur elles. Elles ne te sont
d'aucune utilité. Coupe les liens qui te retiennent
aux possessions que tu as laissées derrière
toi ! Débarasse-t'en complètement ! Sois
résolu ! Quelle que soit la personne qui utilise tes
affaires, ne soit pas mesquin ! Détache-t'en en
esprit ! Sois d'une volonté inébranlable,
offre-les à ton maître spirituel et aux Trois
Joyaux et demeure dans l'expérience du
détachement.
Quand sont accomplis
pour toi des rites funéraires, les rites d'offrandes
de nourritures ou autres rites qui ont pour but d'exorciser
et d'écarter le danger de renaissance dans les
états horribles, grâce à la clairvoyance
subtile qui est tienne en raison de ton devenir, tu
remarqueras que les exécutants sont inexacts,
endormis ou distraits ; qu'ils rompent leurs voeux et leurs
engagements ; qu'ils agissent à la
légère ou manquent de foi ; que leurs opinions
sont erronées, leurs actions négatives
effrayantes et leurs pratiques impures. Tu penseras alors :
" Hélas, ces gens me trahissent. Ils m'abandonnent,
c'est certain ! " Tu sombreras dans la dépression et
le dégoût. Tu perdras ton attitude positive, tu
n'auras plus respect ni illusion et tu deviendras cynique.
Conditionné par ces pensées, tu
renaîtras dans les états horribles, et donc
leurs actions, au lieu de d'aider, te feront beaucoup de
mal. Aussi, même si les parents qui te survivent
accomplissent, dans le domaine, des rituels religieux
incorrects, tu dois penser : " Eh bien, mes perceptions sont
certainement imparfaites ! Comment la moindre
impureté pourrait-elle se mêler aux
Enseignements du Bouddha ? Je comprends ces actions comme
étant le résultat de ma propre attitude
négative, comme les défauts d'un miroir, comme
ma propre forme projetée devant moi. Les corps de ces
exécutions sont la Sangha, leur parole est le Saint
Dharma, leur esprit est en réalité le Bouddha
; aussi, je dois prendre refuge en eux ! " tu dois donc les
respecter et leur transmettre ton attitude la plus positive
sur eux. Alors, quoi que fassent ces êtres chers pour
toi, cela te sera assurément d'un grand secours.
Garder de cette façon une attitude positive est
très important ; aussi, ne l'oublie pas !
À ce niveau,
même su tu t'apprêtes à renaître
dans les trois états horribles, quand les visions de
ces états se manifesteront, quand tu verras dans les
cérémonies que feront les parents qui te
survivront la vertu pure et non entachée de
péchés, et quand tu verras la perfection dans
les pratiques, les paroles et l'esprit de tes maîtres
spirituels et de tes mentors, à ce moment-là
seulement, alors que tu es condamné à la
renaissance, une grande joie naîtra en toi et
t'élèvera jusqu'aux états d'existence
supérieurs au moment même où tu allais
renaître dans les états horribles. Cette joie
te fera un bien infini. Aussi, fais très attention
à ne laisser aucune place à des perceptions
négatives et impures car il est essentiel que tu
construises une attitude positive de respect et de
foi.
Ô noble Gilbert !
Pour résumer : étant donné que ta
conscience actuelle d'être du monde
intermédiaire est très, très instable,
volatile et mobile, et que les perceptions vertueuses et
vicieuses ont sur elle un grand pouvoir, ne pense jamais
à un devenir qui ne serait pas vertueux, et
souviens-toi de ta propre pratique vertueuse. Si tu n'as pas
de pratique vertueuse, alors adopte une perception positive
et ressens de la foi et du respect. Prie ton
Archétype Divin et le Seigneur de la Compassion !
Avec une volonté intense, récite cette
prière :
Maintenant
que j'erre seul, privé de ceux que j'aime,
Et que toutes mes visions ne sont que des images vides,
Puissent les Bouddhas exercer la force de leur
compassion
Et arrêter les terreurs nées de la crainte et
de la haine du monde intermédiaire !
Maintenant que je
souffre sous la puissante influence du devenir
néfaste,
Que mes Archétypes Divins dissipent mes souffrances
!
Quand la réalité s'effondrera dans un vacarme
de mille coups de tonnerre,
Qu'ils deviennent tous OM MANI PADME HUM !
Quand je serai
entraîné, impuissant, par le devenir,
Que les Seigneurs bénins et féroces dissipent
mes souffrances !
Quand je souffrirai, victime des instincts
hérités de mes vies antérieures,
Que la béatitude de la claire lumière du
samadhi s'élève sur moi !
Accompli de cette
manière cette prière fervente ! Elle te
guidera très certainement sur la voie. La certitude
absolue qu'elle ne te laissera pas tomber est cruciale
!
Quand vous direz ceci, la
conscience du défunt devrait s'éveiller ; il
devrait reconnaître la lumière et atteindre la
libération.
|
Échapper aux lumières
ternes de la vie précédente
Bien que vous disiez ceci
de nombreuses fois, il se peut qu'en raison du pouvoir d'un
devenir néfaste puissant, la reconnaissance ait des
difficultés à se manifester. Il est
très favorable au défunt de continuer à
répéter ces prières. L'appelant par son
nom, vous devez dire ce qui suit :
Ô noble Gilbert !
Si tu n'as pas reconnu la claire lumière en te
souvenant de ce que nous avons déjà dit,
à partir de maintenant la sensation de ton corps
précédent deviendra vague et la sensation de
ton corps dans la vie qui s'annonce se précisera.
Alors, tu seras triste et tu penseras : " Je souffre tant ;
maintenant, je suis prêt à prendre n'importe
quelle forme corporelle venue ! " Tu te dirigeras vers tout
ce qui apparaît. Alors progressivement, les six
lumières des six royaumes se manifesteront. Le
royaume dans lequel le devenir te contraint à
renaître apparaîtra plus clairement.
Ô noble Gilbert !
Écoute-moi ! Que sont ces six lumières ? La
terne lumière blanche des dieux apparaîtra ; et
aussi la lumière rouge des titans, la lumière
bleue des humains, la lumière verte des animaux, la
lumière jaune des prétas et la lumière
terne et fumeuse des enfers ; elles apparaîtront
toutes. Ce sont elles que l'on appelle les six
lumières. Aussi, la couleur de ton corps deviendra
celle de la lumière de ton royaume de
renaissance.
Ô noble Gilbert !
À ce moment-ci, il est fondamental que tu comprennes
l'essence de l'instruction. Contemple la lumière
spécifique qui se manifeste comme étant le
Seigneur de la Grande Compassion ! Quand la lumière
vient, pense : " C'est le Seigneur de la Grande Compassion.
" C'est là le coeur même de l'enseignement.
Celui-ci est d'une grande profondeur et d'une importance
cruciale pour faire obstacle à la
renaissance.
À ce
stade, une des six lumières ternes émerge
à la conscience du défunt pour lui indiquer le
royaume dans lequel il va renaître. Ici, le tour
consiste à ne pas accepter cette lumière comme
chemin vers ce royaume, mais à voir cette
lumière comme le Bodhisattva Avalokiteshvara, le
Seigneur de la Grande Compassion (Jésus pour les
chrétiens, Krishna pour les hindous, le
Prophète pour les musulmans, le personnage le plus
aimé pour les agnostiques).
Médite à
nouveau longuement et attentivement : alors, ton
Archétype Divin apparaîtra comme une illusion
magique, impalpable et irréelle. On l'appelle le "
Corps Magique Pur ". Contemple ensuite ton Archétype
Divin et observe-le se dissoudre de la
périphérie vers l'intérieur et ne
t'attache pas avec rigidité à l'insubstantiel,
la claire lumière de la vacuité. Contemple
à nouveau cela comme étant ton
Archétype Divin ! Contemple à nouveau cela
comme étant la claire lumière ! En
méditant de cette manière, alternativement, le
divin et la claire lumière, laisse ensuite ta propre
conscience se dissoudre à partir de sa
périphérie ; où que l'espace
s'étende, laisse ta conscience s'étendre.
Installe-toi confortablement dans la
non-prolifération sans fin du Corps de
Vérité.
Ayant mis en
relation la lumière terne d'un des six royaume avec
le Seigneur de la Compassion, on enseigne ici au
défunt quelque chose de plus avancé. On lui
demande de contempler la non-dualité de
l'intégration suprême du corps magique et de la
claire lumière. Il contemple la forme de
l'archétype divin et la considère comme une
illusion magique ou comme une apparition onirique. Ensuite,
il dissout l'image dans la transparence et contemple le
résultat comme une divinité. Après, il
alterne la contemplation de la divinité comme corps
magique et comme transparence, en oscillant vers la
contemplation de leur non-dualité. Puis il contemple
sa conscience subjective de la divinité-transparence
en train de se dissoudre et perçoit la
non-dualité de l'espace insensible et de la
conscience, de la vacuité et de la clarté.
Enfin, il repose dans l'intégration inconcevable du
Corps de Vérité qui est intégration de
la vacuité et de la conscience, du corps magique et
de la claire lumière. Le Corps de
Vérité ne prolifère pas ni ne fabrique
rien parce qu'il est déjà tout. Il est de fait
la réalité de toute chose dans tous les
états possibles. À nouveau, Padma Sambhava
guide même le plus ordinaire des êtres du monde
intermédiaire dans la méditation la plus haute
qui soit. Il montre par là même qu'il prend
très au sérieux le concept selon lequel la
conscience d'une personne dans le monde intermédiaire
est neuf fois plus intelligente que la conscience
grossière qui était la sienne dans la vie
précédente.
Du sein de cette
expérience, la renaissance est évitée
et l'illumination atteinte.
|
La fermeture de la porte de la
matrice
Ceux dont la pratique
était insuffisante ou inexpérimentée
n'auront toujours pas reconnu la lumière. Ils
erreront jusqu'à la porte d'une matrice. Étant
donné que, pour les défunts, les enseignements
sur la manière de bloquer la porte de la matrice sont
très importants, appelez-les par leur nom et dites
les mots suivants :
Ô noble Gilbert !
Si à cette heure tu n'as pas encore compris
l'enseignement, le devenir a maintenant le pouvoir de mettre
sous tes yeux la vision de ta progression. Elle
s'élèvera, restera au même niveau ou
descendra ; tu auras alors la tête pendante.
Médite maintenant sur le Seigneur de la Grande
Compassion ! Souviens-toi de lui ! Ensuite, comme il a
déjà été expliqué, tu
auras des visions d'ouragans, de blizzards, d'orages de
grêle, de brouillards denses. Dans d'autres visions,
tu fuiras, pourchassé par de nombreux hommes et,
apparemment, tu t'échapperas. Ceux qui n'ont pas
accumulé de mérites s'échapperont dans
un endroit misérable ; mais ceux qui ont des
mérites s'échapperont vers un lieu de bonheur.
À ce moment-là, noble personne, se
manifesteront tous les signes qui montreront sur quel
continent et à quel endroit tu renaîtras. Il y
a de nombreux enseignements essentiels pour ce
moment-là ; aussi, écoute attentivement !
Même si tu n'as pas reconnu la liberté à
partir des clés précédentes, ici,
même ceux dont la pratique est la plus insignifiante,
peuvent reconnaître la liberté à partir
des clés suivantes ; aussi, écoute bien
!
Maintenant, ici, la
méthode de fermeture de la matrice est très
efficace et très importante. Il y a deux
méthodes pour bloquer cette porte : celle qui
consiste à arrêter la personne qui entre, et
celle qui consiste à bloquer la matrice dans laquelle
on entre. Voici d'abord les enseignements pour arrêter
celui qui veut entrer :
" Fermer la
porte de la matrice " se réfère à
l'utilisation de l'art de la Libération
Naturelle comme
façon d'intervenir dans les processus
mécaniques qui conduisent à la renaissance. Il
s'agit de se concentrer d'une manière détendue
sur la présence de l'archétype ou de la
divinité choisie comme patron,
considéré comme indissociable de la
transparence naturelle de toutes les choses.
Ô noble personne
! Toi que l'on appelle Gilbert. Visualise clairement ton
Archétype Divin qui apparaît de façon
magique. Il est dépourvu de réalité
intrinsèque comme le reflet de la lune dans l'eau. Si
tu n'es pas sûr de ton Archétype Divin, recours
à une évocation puissante d'Avalokiteshvara et
pense : " C'est le Seigneur de la Grande Compassion ! "
Ensuite, dissous l'Archétype à partir de la
périphérie et contemple la vacuité de
la non-perception ultime qui est transparence et claire
lumière. C'est la clé profonde. Si on
l'utilise, ont dit les Bouddhas, la matrice ne sera pas
pénétrée. Alors, médite ainsi
!
Mais si la voie n'est
toujours pas obstruée et que tu es sur le point de
pénétrer dans une matrice, voici
l'enseignement profond pour fermer la porte de la matrice
qui est sur le point d'être
pénétrée. Aussi, écoute bien !
Répète après moi les vers qui suivent,
extraits des
Versets Essentiels des Six Mondes Intermédiaires
!
Ô !
Quand bientôt l'état intermédiaire de
l'existence m'apparaîtra,
Mon esprit unifié et concentré se rendra
maître de ma volonté,
Et je donnerai de la vigueur à l'impulsion du devenir
propice.
Fermant l'entrée de la matrice, je me souviendrai
d'être repoussé.
Maintenant, le courage et la perception positive sont
essentiels ;
Je renoncerai à la jalousie et je contemplerai tous
les couples
Comme étant mon Mentor Spirituel, mon Père et
ma Mère.
Répète
ceci clairement, d'une voix forte et réveille ta
mémoire. Il est important de méditer sur le
sens de ces versets et de les mettre en pratique. En ce qui
concerne sa signification, " Ô ! Quand bientôt
l'état intermédiaire de l'existence
m'apparaîtra " veut dire que maintenant, tu es en
train d'errer au sein du monde intermédiaire de
l'existence. Un des signes en est que si tu regardes dans
l'eau, tu ne verras pas ton reflet. Tu n'as pas d'ombre. Tu
n'as pas de corps substantiel de chair et d'os. Ces
indications sont des signes que tu es en train d'errer dans
le monde intermédiaire de l'existence. Tu dois
maintenant tenir sans faiblir, toute l'intensité de
ta volonté rassemblée dans ton esprit. Cette
volonté rassemblée dans un seul but est d'une
importance primordiale. Elle est comme les rênes qui
guident le cheval. Tu peux accomplir tout ce que ta
volonté décide ; aussi, n'ouvre pas ton esprit
à un devenir néfaste, mais souviens-toi des
enseignements, des instructions, des initiations, des
autorisations et des inspirations que tu as reçus
dans le royaume humain, telles que ce Grand Livre de la Libération
Naturelle par la Compréhension dans le Monde
Intermédiaire, et amplifie le résultat de
toutes les bonnes actions du devenir. C'est très important, ne
l'oublie pas ! Ne te laisse pas distraire ! C'est le moment
précis qui détermine si tu
t'élèveras ou si tu descendras. C'est le
moment où la complaisance dans la paresse
entraîne assurément des souffrances. C'est le
moment où la volonté positive,
concentrée vers un but, produit assurément du
bonheur. Installe une bonne volonté concentrée
dans ton esprit. Soutiens avec vigueur les résultats
de tes bonnes actions ! Le moment est maintenant venu de
fermer la porte de la matrice ! Comme le disent les Versets
Essentiels : "
fermant l'entrée de la matrice, souviens-toi
d'être repoussé ! Maintenant, le courage et la
perception positive sont essentiels ! " Ce moment, c'est maintenant. Tu
dois fermer la porte de la matrice. Il y a cinq
méthodes pour fermer la porte de la matrice ;
fixe-les bien dans ton esprit.
Ô noble Gilbert !
À ce moment, tu auras des visions de couples qui font
l'amour. Quand tu les verras, ne te glisse pas entre eux,
mais reste vigilant. Visualise les hommes et les femmes
comme le Maître, Père et Mère ;
prosterne-toi devant eux et fais leur des offrandes en
visualisation ! Sois rempli d'un respect et d'une
dévotion intenses ! Exerce une forte pression pour
qu'ils enseignent le Dharma, et la porte de la matrice sera
assurément bloquée.
Si cela ne la ferme pas
et si tu es sur le point d'entrer dans la matrice,
visualise-les alors comme Mentor Père-Mère,
Archétype Divin Père-Mère, Seigneur de
la Compassion Père-Mère. Fais leur des
offrandes en visualisation ! Forme dans ton esprit
l'intention puissante de recevoir d'eux des enseignements
spirituels et cela bloquera la porte de la
matrice.
Si cela ne la ferme pas
et si tu es à nouveau sur le point d'entrer dans une
matrice, alors il y a la troisième méthode qui
consiste à convertir la convoitise et la haine. Il y
a quatre modes de naissance : l'oeuf, la matrice, la magie
et l'humidité chaude. La naissance par l'œuf et la
matrice sont semblables. Comme auparavant, tu commences
à voir des mâles et des femelles qui sont en
train de d'accoupler. Si tu entres dans une matrice sous
l'influence de la convoitise et de la haine, si tu renais
cheval, oiseau, chien ou humain : si tu es de sexe masculin,
tu te manifesteras sous une apparence masculine. Tu
ressentiras une violente haine envers le père, et,
envers la mère, attirance et convoitise. Si tu
deviens une femelle, tu apparaîtras sous l'apparence
d'une femelle ; tu éprouveras de forts sentiments de
convoitise et de jalousie envers la mère ; le
père t'inspirera un désir violent et des
pensées de luxure. Conditionné d'une telle
façon, tu entreras dans la voie de la matrice. Tu
feras l'expérience d'une béatitude orgasmique
au centre de l'union entre les gouttes rouges et blanches
et, au sein de cette béatitude, tu
t'évanouiras, tu perdras conscience. Ton corps se
développera, passant par les stades embryonnaires de
la " crème ", puis de la " gélatine " et ainsi
de suite. Finalement, tu sortiras de la matrice de la
mère et tu naîtras. Une fois que tes yeux
seront ouverts, tu réaliseras que tu es né
chiot. Ayant été humain, désormais tu
seras chien. Dans le chenil, tu souffriras. Ou dans la
porcherie, la fourmilière, le trou d'un ver ou au
milieu d'un troupeau de chèvres ou de moutons ; quand
tu es né là, tu ne peux retourner à
l'état humain. Étant extrêmement stupide
et dans un état d'illusion, tu souffriras de
misères diverses. Ainsi, tu accompliras le cycle des
existences ; dans les enfers et les royaumes des
prétas tu erreras à la torture, et tes
souffrances seront infinies. Rien n'est comparable à
la terrible violence de ces expériences. Hélas
! Hélas ! Ceux à qui manquent les instructions
d'un maître spirituel tombent dans cet abîme et
parcourent le cycle des existences. Ils sont
tourmentés sans interruption par des souffrances
insupportables. Aussi, écoute ce que je dis ! Garde
mes instructions personnelles à l'esprit !
Maintenant, je vais
t'apprendre un moyen de fermer la porte de la matrice en
convertissant la luxure et la haine. Écoute et
souviens-toi ! Comme le dit le verset :
Fermant
l'entrée de la matrice, je me souviendrai
d'être repoussé.
Maintenant, le courage et la perception positive sont
essentiels ;
Je renoncerai à la convoitise et je contemplerai tous
les couples
Comme étant mon Mentor Spirituel, mon Père et
ma Mère.
Comme auparavant, tu
éprouves des sentiments puissants de convoitise ; si
tu renais mâle, tu convoites la mère et tu hais
le père ; si tu renais femelle, tu convoites le
père et tu hais la mère. Voici en enseignement
profond pour cet instant-là.
Ô noble Gilbert !
Quand tu seras sous le pouvoir de la luxure et de la haine,
médite ainsi : " Hélas ! Une
créature au devenir néfaste telle que moi
errera dans le cycle des existences, soumise à
l'influence de la luxure et de la haine. Si je persiste dans
la luxure et dans la haine, mon errance ne connaîtra
pas de fin. Je cours le danger de sombrer pour toujours dans
une mer de tourments. Je dois maintenant abandonner toute
luxure et toute haine. Hélas ! Je dois rassembler
avec une grande intensité toute ma volonté
pour repousser toute luxure et toute haine. "
Les tantras
affirment que cette méditation possède en
elle-même le pouvoir de fermer la porte de la
matrice.
Ô noble Gilbert !
Ne faiblis pas ! Que ton esprit reste maître de ta
volonté ! Même si, bien que tu aies ainsi
médité, la porte de la matrice ne se ferme pas
et si tu es sur le point d'entrer dans la matrice, tu dois
fermer la porte de la matrice par les instructions de
l'illusion magique mensongère. Médite comme
suit : "
Mâle et femelle, père et mère, orage,
ouragan, visions terrifiantes, tous les
phénomènes sont par nature comme des illusions
magiques. Bien qu'ils adviennent, ils sont sans
vérité. Toutes les choses sont fausses et sans
vérité, comme des mirages, impermanentes, sans
éternité. Pourquoi s'y attacher ? Pourquoi les
craindre et les haïr ? Ce serait considérer rien
comme quelque chose. Toutes ces choses ne sont que des
visions produites par mon esprit. L'esprit lui-même,
à l'origine, n'a pas plus d'existence qu'une illusion
magique. Alors, d'où viennent-elles ? Étant
donné que je ne l'avais jamais compris dans le
passé, je maintenais que le non-existant existait. Je
maintenais que le non-vrai était vrai. Je maintenais
que l'illusion était la vérité. Aussi
ai-je erré tout ce temps dans le cycle des
existences. Si même maintenant je ne reconnais pas le
caractère illusoire des choses, j'errerai encore plus
longtemps dans le cycle des existences et je serai pris dans
les sables mouvants de toutes sortes de misères. Je
comprendrai donc que toutes ces choses sont comme un
rêve, une illusion magique, un écho, une
cité de fées, un mirage, un reflet, une
illusion d'optique, la lune dans l'eau, et qu'elles n'ont
pas la moindre once de statut de vérité ;
qu'elles sont assurément non vraies et fausses.
"
Le " statut de
vérité " est l'état d'existence de
quelque chose en vertu de sa réalité
intrinsèque. Si les choses n'étaient pas
vides, si elles existaient en vertu d'un noyau fixe, absolu,
réel, alors ce noyau serait découvert par la
conscience scientifique qui cherche la vérité,
et l'on reconnaîtrait à ces choses le " statut
de vérité ". L'habitude involontaire de tous
les êtres est de supposer que les choses ont vraiment
un tel statut. Quand nous voyons une chose, elle nous semble
exister dans son propre droit, comme une chose en
elle-même, établie en toute
indépendance. Cette perception habituelle s'appelle
notre " habitude de vérité ". Elle est
équivalente à notre savoir erroné, la
racine de toute notre existence illusoire. La clé de
la compréhension intuitive libératrice de
Bouddha est que toutes les choses sont dépourvues de
ce statut de vérité, et qu'en
conséquence, nos habitudes de vérité
sont erronées. Notre expérience de ceci
s'appelle la sagesse et elle est l'antidote à notre
désir illusoire de vouloir nous accrocher à
l'existence. La libération des " habitudes de
vérité " ne signifie pas l'annihilation de
notre conscience. Cela signifie seulement qu'elle s'accroche
moins, qu'elle est moins dominatrice, qu'elle permet aux
choses d'être relatives, fuyantes, oniriques, fluides,
comme elles le sont en réalité, et qu'elle
n'insiste pas pour les rendre strictement conformes à
notre ensemble de catégories
préconçues. C'est l'enseignement le plus
avancé de tous. Il est assez simple, mais il
constitue cependant un défi sur un plan
émotionnel, car l'abandon de la perception habituelle
du statut de vérité des choses peut effrayer
et donner l'impression que l'on succombe à
l'annihilation. Pourtant, Padma Sambhava utilise à
nouveau ces enseignements avancés pour des
êtres du monde intermédiaire, prenant en compte
leur extrême malléabilité, leur
intelligence neuf fois plus grande et leur chance
unique.
Si ton esprit tient ces
pensées solidement, les habitudes de
vérité s'érodent et, à mesure
que la liberté qui en résulte
s'imprègne en toi, l'habitude de soi la plus profonde
se convertit. Si tu comprends ainsi, profondément, la
non-réalité cosmique, la porte de la matrice
sera assurément bloquée.
Pourtant, même
si, en faisant cela, l'habitude de vérité ne
s'érode pas, si la porte de la matrice est toujours
ouverte, et si tu es à nouveau sur le point de
pénétrer dans la matrice, voici un autre
enseignement profond.
Ô noble Gilbert !
Même si, en faisant cela, la porte de la matrice ne se
ferme pas, tu dois maintenant appliquer la cinquième
méthode qui consiste à fermer la porte de la
matrice en méditant sur la claire lumière.
Voici comment la contempler : " Ô, toutes les choses sont
mon propre esprit. Cet esprit est vacuité ; il est
libéré de la création et de la
destruction. " En
suivant ces pensées, ne compose pas artificiellement
ton esprit. Comme de l'eau que l'on verserait dans l'eau,
laisse-le couler et être sa propre
réalité ; libère sa propre nature. Si
tu le laisses se détendre et s'ouvrir, la porte de la
matrice sera sans nul doute fermée aux quatre formes
de renaissance. Médite ainsi encore et encore,
jusqu'à ce que la porte de la matrice soit
bloquée.
Jusqu'ici, vous avez
donné de nombreuses instructions authentiques et
profondes pour fermer la porte de la matrice. Il est certain
que tout homme, qu'il soit brillant, médiocre ou
d'une intelligence limitée, sera libéré
s'il suit ces instructions. Pourquoi en est-il ainsi ? La
conscience qu'a le défunt du monde
intermédiaire est douée d'une forme de
clairvoyance terrestre qui lui permet de comprendre,
d'expérimenter et d'incarner tout ce que vous dites.
Même si les personnes étaient sourdes et
muettes durant leur vie, elles jouissent de toutes leurs
facultés dans le monde intermédiaire et elles
peuvent comprendre tout ce que vous dites. Leur vigilance,
sous l'effet d'une terreur et d'une panique constantes,
s'exacerbe ; aussi, elles sont sans cesse à
l'écoute de ce que vous dites. Leur conscience
étant dépouillée de son incarnation
grossière, elles atteignent immédiatement
l'endroit où elles dirigent leur volonté, quel
qu'il soit ; il est facile de les guider. Étant
donné que leur intelligence est neuf fois plus vive,
même les personnes intellectuellement limitées
durant leur vie, acquièrent, dans le monde
intermédiaire, par la puissance du devenir, une
perception extrêmement claire et savent comment
méditer sur tout ce qu'elles comprennent. Ce sont
là les raisons essentielles de la
nécessité d'accomplir les rites d'enseignement
et les prières pour les défunts. Ceux-ci
peuvent être très importants pour eux. Il est
essentiel aussi de faire l'effort de lire ce Livre de la Libération
Naturelle durant
les neuf jours qui suivent la mort. Si le défunt
n'est pas libéré par une orientation, il ou
elle le sera par une autre. C'est pourquoi il y a de
nombreuses orientations.
|
Le choix d'une bonne
matrice
Cependant, de nombreux
êtres, parce qu'ils méconnaissent la vertu ou
sont trop enclins à suivre les influences puissantes
de la non-vertu, des péchés et des opinions
très erronées, ne sont pas encore
libérés à ce stade, et cela
malgré les enseignements et les orientations qui
précèdent. Si la porte de la matrice n'a pu
être fermée, à partir de maintenant vous
devez leur enseigner à choisir une bonne matrice.
Récitez d'abord la prière de Demande d'Aide aux Bouddhas et aux
Bodhisattvas ;
prenez refuge dans les Trois Joyaux et mettes-vous dans un
état d'esprit d'illumination. Ensuite, appelez le
défunt par son nom trois fois et dites la
prière suivante :
Ô noble personne
! Toi, défunt du nom de Gilbert, écoute-moi !
Toutes les instructions précédentes qui
permettent de s'orienter dans le monde intermédiaire,
t'ont été données, et tu n'as toujours
pas compris. Maintenant, puisque la porte de la matrice
n'est pas bloquée, le temps est venu d'assumer un
corps. Voici de nombreuses instructions, différentes,
profondes et authentiques, pour le choix d'une matrice.
Écoute bien, sois ferme dans ton intention et
garde-les bien à l'esprit !
Les
instructions pour le choix d'une matrice sont remplies
d'allusions à l'ancienne cosmologie bouddhique dans
laquelle la planète est composée de quatre
continents principaux qui rayonnent à partir d'une
montagne centrale, et de huit continents secondaires. Tous
ces continents sont entourés d'un immense
océan, lui-même encerclé par de
nombreuses chaînes de montagnes de fer. Les royaumes
des enfers et des prétas sont loin en dessous de la
base de ces montagnes, tandis que les nombreux paradis
s'étendent depuis leurs pentes les plus
élevées jusqu'à leurs cimes. On peut
établir une correspondance avec la cosmologie moderne
du globe en considérant que l'axe de la terre
constitue la montagne centrale et que les continents
rayonnent autour du globe à partir de cet axe. On
peut penser que Videha, continent oriental de l'ancienne
cosmologie, correspond à l'Océanie, avec le
Japon, les Philippines, l'Indonésie, la
Polynésie, jusqu'à la Nouvelle Zélande
et l'Australie ; Jambudvipa, le continent du sud, correspond
en général à l'Asie, bien qu'il se
réfère quelquefois au seul sous-continent
indien ; Godaniya, à l'occident, correspond au
Moyen-Orient, à l'Europe et à l'Afrique ; et
Kuru, au nord, correspond aux anciennes Amériques -
à l'opposée de l'Inde -, qui étaient en
ce temps-là des endroits de paix, de
longévité, de confort et de
prospérité, bien qu'elles fussent peu propices
à la libération ultime.
Ô noble fils !
Maintenant des signes et des marques apparaîtront et
t'indiqueront dans quel continent tu renaîtras.
Identifie-les ! Maintenant qu'est venu le temps d'explorer
le lieu où tu renaîtras, tu dois choisir un
continent. Si tu renais en Videha occidentale, tu verras des
lacs et des eaux ornés d'oies mâles et
femelles. Pense à la renonciation et n'y va pas. Si
tu renais là, ta situation sera confortable, mais tu
ne dois pas y aller parce que l'enseignement du Dharma n'y
est pas disponible. Si tu dois renaître en Jambudvipa
méridionale, tu verras de belles et confortables
maisons. Si tu peux y aller, fais-le. Si tu dois aller en
Godaniya occidentale, tu verras des lacs ornés
d'étalons et de juments. Fais demi-tour et n'y va
pas. Bien que ce soit une contrée très
agréable, les Dharmas ne s'y sont pas propagés
; aussi, n'y va pas ! Si tu dois renaître en Kuru
septentrionale, tu verras des lacs ornés de
bétail et de conifères. Tu y aurais une longue
vie et beaucoup de prospérité, mais le Dharma
n'y est pas disponible. N'y va pas !
Si tu es destiné
à renaître comme dieu, tu verras des demeures
à plusieurs étages, faits de joyaux divers,
charmants et divins. Cela convient de vivre là ;
aussi, tu peux y entrer. Si tu es destiné à
renaître comme titan, tu verras un bosquet
agréable et des rouets de feu ; souviens-toi du
renoncement et n'y va surtout pas ! Si tu dois
renaître parmi les animaux, tu verras des grottes, des
trous de fourmis, des huttes de terre, comme à
travers un épais brouillard. N'y va pas ! Si tu dois
renaître comme préta, tu verras des souches
carbonisées, des endroits noirs, des ravins profonds,
de l'obscurité et des ombres. Si tu y vas et que tu
renais comme préta, tu endureras la faim et la soif.
Aussi, n'y va pas ! Souviens-toi du renoncement ! Sois d'un
courage ardent ! Si tu es destiné à
renaître dans les enfers, tu entendras les chants du
devenir néfaste et tu ressentiras un besoin
irrépressible d'y aller, et dans tes visions,
surgiront une île d'obscurité, une maison noire
ou une maison rouge, des fosses noires et des routes noires.
Si tu y vas, tu seras coincé dans les enfers. La
chaleur et le froid te feront souffrir terriblement, et tu
te tordras de douleur. Tu ne t'en échapperas jamais.
Tu dois employer tous les moyens pour ne pas t'y laisser
prendre ! Évite-les par tous les moyens
! " Ferme la porte
de la matrice et souviens-toi du renoncement ! "
C'est l'heure
où ces instructions deviennent
essentielles.
Padma Sambhava
semble presque avoir renoncé à délivrer
l'être du monde intermédiaire du cycle
ordinaire des existences pour le faire parvenir à la
transparence de la claire lumière, et il se
résigne à sa renaissance. Quand il ordonne au
défunt : " N'y va pas ! " à propos de l'un ou
l'autre des états désagréables ou
horribles, il lui demande, par un ultime acte de courage et
de volonté, de rassembler tout le pouvoir du
renoncement, de reculer devant la perspective d'une
renaissance aussi terrifiante. Cependant, il est tout
à fait conscient qu'un être du monde
intermédiaire, encore prisonnier du flot des pulsions
habituelles et de la force d'inertie du devenir due à
ses actions passées, aura des difficultés
à renverser le cours du processus à ce
moment-là ; et il ne pourra le faire qu'au prix d'un
effort héroïque.
Ô noble fils !
Bien que tu ne désires peut-être pas continuer,
tu es pourchassé, impuissant, par les bouchers du
devenir. Tu ne peux pas t'arrêter ; tu es
obligé de continuer. Devant toi, il y a des bouchers
et des tueurs qui t'entraînent. Tu croiras fuir une
obscurité insoutenable, des ouragans et des
tempêtes, des bruits pénibles, de la pluie et
de la neige, des orages de grêle, de la foudre et des
blizzards violents. Pris de panique, tu t'échapperas
; tu chercheras un refuge et tu te sentiras en
sécurité dans les endroits mentionnés
ci-dessus : les belles maisons, les abris sous roches, les
grottes dans la terre, les sous-bois épais, au milieu
des fleurs rondes de lotus. Caché en de tels
endroits, tu penseras : " Je ne dois pas m'en aller d'ici
maintenant ! " Et,
très préoccupé et inquiet à
l'idée de perdre cet endroit, tu t'y attacheras
beaucoup. L'inquiétude et la terreur que t'inspire
l'état intermédiaire t'inciteront à te
cacher à l'intérieur, prêt à
assumer n'importe quel corps, même du plus bas niveau
qui soit ; et tu commenceras à subir toutes sortes de
souffrances. Tout cela est le signe que des démons et
des ogres te troublent. Voici des instructions profondes et
cruciales pour l'état où tu te trouves en ce
moment ; écoute-les et garde-les à l'esprit
!
Au moment où,
impuissant, submergé par la terreur, tu es
pourchassé par des bouchers, visualise
instantanément le Seigneur Chemchok Héruka,
Hayagriva, Vajrapani ou ton Archétype Divin quel
qu'il soit ; vois-le d'une taille gigantesque, avec des
muscles saillants, terrifiant, furieux, capable de
réduire tous les démons en poussière.
Par sa bénédiction et sa compassion, tu te
libèreras de ces bouchers et tu obtiendras le pouvoir
de choisir une bonne matrice. C'est le coeur profond de
l'enseignement ; aussi, garde-le à l'esprit
!
Chemchok
Héruka est l'Archétype Divin le plus puissant
des vieux tantras datant de la période de Padma
Sambhava. Sa forme la plus élaborée comporte
plusieurs têtes, bras et jambes, et représente
l'illumination dans son triomphe absolu et universel sur le
mal ; Hayagriva est sa forme féroce, rouge sombre ;
Avalokiteshvara, Seigneur de la Compassion que l'on remarque
habituellement grâce à sa petite tête de
cheval verte sortant du sommet de son crâne ;
Vajrapani est le Bodhisattva féroce, bleu
foncé, considéré comme l'incarnation de
la puissance de tous les Bouddhas. Il se présente
sous de nombreuses formes différentes, lesquelles
sont utilisées dans les contemplations des
pratiquants. Ici, ces Archétypes Divins très
puissants sont invoqués pour une intervention de
choc, pour ralentir le cours du processus de renaissance
d'un être du monde intermédiaire. Il ne s'agit
pas à ce moment-là d'atteindre la
libération, mais de trouver un bref répit pour
changer de direction et choisir une meilleure renaissance.
Pour quelqu'un qui n'a pas suivi de pratique avec un
archétype divin, c'est le moment d'invoquer le
séraphin ou le chérubin le plus puissant qu'il
puisse imaginer. Cet être doit être d'une
formidable férocité et d'une force colossale
afin qu'il puisse devenir le protecteur bienveillant de la
personne.
Ô noble fils ! De
plus, les divinités des royaumes de la contemplation
renaissent par le pouvoir de leur samadhi. La
majorité des types démoniaques tels que les
prétas changent d'image dans le monde
intermédiaire. Ils se manifestent par des
transformations magiques sous l'apparence de prétas,
de démons ou d'ogres, et puis deviennent des corps
mentaux exactement comme les précédents. Les
prétas du monde souterrain, ceux des royaumes des
cieux et les quatre-vingt mille types de démon
adoptent leurs corps simplement en changeant les concepts
qu'ils ont d'eux-mêmes. À un tel moment, ce
qu'il y a de mieux, si vous le pouvez, c'est de vous
souvenir de l'importance de la vacuité, du Grand
Sceau. Si vous ne le pouvez pas, vous devez,
libéré de tout attachement à quoi que
ce soit, méditer sur l'Archétype Divin plein
de compassion et atteindre l'illumination dans le Corps de
Béatitude, dans le monde
intermédiaire.
Les " royaumes
de la contemplation " sont les quatre paradis sans forme :
l'espace infini, la conscience infinie, la vacuité
absolue, et l'au-delà de la conscience et de
l'inconscience. Un être naît comme
divinité dans l'un de ces royaumes par la simple
concentration totale sur les samadhis du même nom.
Mêmes les créatures inférieures comme
les prétas et les différents types de
démons acquièrent une incarnation rien qu'en
changeant leur image d'eux-mêmes. Ici, Padma Sambhava
exhorte le défunt à assumer la
responsabilité du pouvoir de son imagination et
à réaliser qu'il peut être ce qu'il veut
par le simple fait de le vouloir avec suffisamment de
détermination et de concentration stable. Il rappelle
aussi à ceux qui pratiquent avec des
Archétypes Divins Tantriques d'invoquer ces pratiques
à ce moment crucial.
Ô noble fils !
Donc, s'il te devient nécessaire, par la force du
devenir, d'entrer dans une matrice, tu dois maintenant
t'appuyer sur ces instructions pour le choix d'une matrice.
Écoute bien ! Ne prends pas la première
matrice qui se présente. Si, en raison des bouchers
démoniaques, tu as perdu le pouvoir de ne pas la
prendre, alors médite sur Hayagriva. Étant
donné que tu es maintenant doué de subtile
clairvoyance, tu seras capable de comprendre la structure de
tous les lieux ; aussi, choisis ton lieu de renaissance avec
sagesse. Il y a deux instructions : une pour transmettre ton
âme dans les Terres bouddhas, et une pour choisir une
matrice dans le cycle impur des existences. Tu dois
maintenant pratiquer ce qui suit. Si tu es du type des
personnes les plus intelligentes, pour accomplir la
transmission de l'âme en direction des royaumes des
anges, il faut dire la formule de contrôle d'intention
suivante : "
Hélas, je suis triste d'être resté ici
dans ce marais du cycle des existences pendant un temps qui
n'a pas de commencement et qui dure depuis des temps
infinis. Hélas ! Je n'ai pas encore été
libéré durant toutes les vies de tant de
Bouddhas ! Je suis complètement
dégoûté et le seul fait de penser
à ce cycle interminable des existences me donne la
nausée. J'en suis terrifié. Je le
répudie totalement. Je dois maintenant renaître
miraculeusement dans la fleur d'un lotus en présence
du Bouddha Amitabha dans la terre pure occidentale,
Sukhavati la Bienheureuse ! " Il est essentiel ici que tu fasses
un gros effort pour diriger ta volonté vers la terre
pure occidentale de Sukhavati. Quelle que soit la terre pure
en laquelle du crois, que ce soit la Sukhavati d'Amitabha,
Abhirati, la merveilleuse terre d'Akshobya, Ghanavyuha, la
terre pure de Vairochana, Alakavati, le paradis terrestre de
Vaishravana, Potalaka, le paradis terrestre
d'Avalokiteshvara, ou le palais de la lumière du
lotus de Padma Sambhava à Udyana ; si tu diriges
toute ta volonté vers l'une de ces terres pures et si
tu maintiens ta concentration fermement sans te laisser
distraire, tu renaîtras immédiatement dans
cette terre pure. De plus, si tu désires
renaître en présence du Seigneur du Dharma
Maitreya dans le paradis de Tushita, concentre ta
volonté simplement et pense : " Maintenant que je suis dans cet
état intermédiaire, c'est le moment de rendre
visite au Seigneur du Dharma Maitreya, dans son royaume de
Tushita ; je vais y aller ! " Tu renaîtras
miraculeusement dans le coeur d'un lotus en présence
de Maitreya.
Les mondes des
terres pures se situent dans des univers
éloignés, mais l'être dans l'état
intermédiaire peut s'y rendre à la vitesse de
la pensée grâce aux capacités
miraculeuses de son corps mental et à la compassion
des Bouddhas et des Bodhisattvas. Sukhavati, Abhirati et
Ghanavyuha sont des terres bouddhas célestes.
Sukhavati est la plus célèbre et plusieurs
sutras importants en donnent des descriptions
élaborées. Les êtres y naissent dans des
boutons de lotus et non d'une matrice. Ils ont des corps
angéliques asexués, tirent de
l'atmosphère une énergie pure et n'ont besoin
ni de manger ni de déféquer. Le pays est fait
de substance qui ressemble à des joyaux de la plus
grande beauté. Il n'y a ni danger ni malheur. Le
Bouddha est toujours présent à tous et tous
peuvent méditer avec la plus grande facilité.
L'environnement est ainsi idéal pour le
développement de la sagesse dans l'évolution
spirituelle de ses habitants. D'autre part, notre propre
univers s'y appelle la terre bouddha du Bouddha Shakyamuni
ou Saha. Dans le Sutra Vimalakirti, on dit qu'il est encore
plus favorable à l'évolution spirituelle
qu'une terre bouddha céleste en raison de la
proximité immédiate de la souffrance, comme de
celle de la présence des enseignements. Les
êtres dans notre monde peuvent accroître leur
compassion aussi rapidement que leur sagesse, car la
compassion, ie la
sensibilité aux souffrances des
autres, exige une
proximité de cette souffrance pour
s'accroître.
Il y a aussi sur terre des
paradis entretenus par l'illumination. Ils sont maintenus
par le champ de compassion d'un Bodhisattva particulier,
d'une divinité, d'un Archétype ou d'un
initié. Vaishravana est une divinité qui s'est
dévouée au bouddhisme pendant la
période où vivait Shakyamuni ; son royaume,
Alakavati, est situé près du pôle Nord
et il est célèbre pour ses trésors
(Vaishravana est peut-être le " saint Nicolas " des
mythes bouddhiques populaires).
Potalaka est situé
sur la côte ouest de l'Inde du Sud. Il est
caché au sommet d'une montagne sacrée et
constitue la demeure des Bodhisattvas Avalokiteshvara et
Tara, ainsi que de leur suite. Udyana est situé
quelque part dans les montagnes d'Afghanistan ; c'est la
résidence magique de la suite de Padma Sambhava.
Udyana fut plus tard remplacé dans le mythe
tibétain par Zangdog Pelri (le Paradis de la Montagne
de Cuivre), situé quelque part dans le sud-est de
l'Inde. Pour finir, Maitreya, le Bouddha qui doit descendre
sur terre dans le futur, demeure à Sudharma,
éden d'enseignement célèbre qui se
trouve au sein d'un paradis du nom de Tushita. Tushita,
quant à lui, est un paradis " normal ", un royaume de
désir où folâtrent des dieux de
plaisir.
Les pratiquants
bouddhistes se rendent quelquefois dans une de ces terres
pures, célestes ou terrestres, pour se reposer loin
des royaumes ordinaires de la vie. À d'autres
moments, ils choisissent de ne pas s'y attarder, ne voulant
pas perdre de temps dans leur quête de l'illumination
totale qui leur permettra de créer une terre bouddha
personnelle pour le bien des autres. Un seul jour dans l'un
de ces paradis peut représenter des années
dans les royaumes ordinaires. Les Bodhisattvas, quant
à eux, ne peuvent supporter d'abandonner les
êtres à leurs souffrances durant des
périodes aussi longues.
À nouveau, si tu
ne peux pas, ou si tu ne veux pas te rendre dans l'une des
terres pures et que tu dois entrer dans une matrice, voici
les instructions pour choisir une matrice dans le cycle
impur des existences. Écoute-les ! Choisis le
continent de ta renaissance en suivant les explications
données ci-dessus. En usant de ta clairvoyance, entre
dans une matrice là où le Dharma est
déjà enseigné. Il convient de faire
attention, car même si tu devais renaître
magiquement sur un tas de fumier, tu croirais que la masse
impure sent délicieusement bon et tu renaîtrais
en elle par pure force d'attraction. En conséquence,
il ne faut pas adhérer à une apparence qui se
manifeste, quelle qu'elle soit, et tu ne dois pas tenir
compte des signes qui induisent attachement ou aversion.
Ensuite, choisis une bonne matrice. Et ici, l'intention et
la volonté sont importantes : aussi, tu dois les
créer comme suit : " Ô ! Pour le bien de tous
les êtres, je renaîtrai comme empereur d'un pays
ou dans la classe des prêtres, et je protègerai
tous les êtres comme l'ombre d'un arbre protège
du soleil, ou bien je serai l'enfant d'un saint, d'un
initié ; ou encore, je renaîtrai dans une
famille dont la lignée dans le Dharma est sans
tâche, ou dans une famille où les parents ont
une grande foi. Je dois réussir cette vie à
venir en adoptant un corps dont les grands mérites
m'aideront à accomplir les buts de tous les
êtres ! " Dirigeant ta volonté de cette
façon, tu dois entrer dans la matrice. À ce
moment-là, la matrice dans laquelle tu es
entré doit t'apparaître comme si elle avait
été transformée magiquement en palais
divin. Tu dois prier les Bouddhas et les Bodhisattvas des
Dix Directions, les Archétypes Divins et plus
spécialement le Seigneur de la Grande Compassion. Et
tu dois les visualiser en train de te consacrer et de te
bénir par l'onction au moment où tu entres
dans la matrice.
La matrice
doit être visualisée comme un palais en forme
de mandala, comme un environnement idéal pour le
développement d'un corps qui vise à
l'illumination. En fait, tous les palais à la
structure de mandala, ou les demeures illuminées,
sont consciemment construits comme des environnements
matriciels pour les Archétypes Divins. Aussi, ici, on
recommande à l'être qui, dans l'état
intermédiaire, a des facultés mentales
très aiguisées et très
créatrices, de structurer sa matrice de la
manière la plus propice à son
développement. Son entrée dans cette matrice
doit être ressentie comme la consécration d'un
roi.
En choisissant la porte
de la matrice de cette façon, le danger d'errance est
toujours présent. Sous l'influence du devenir, il se
peut que tu considères comme mauvaise une matrice
excellente. Il se peut aussi que tu considères une
mauvaise porte de matrice comme excellente. Aussi, les
instructions clés pour effectuer un bon choix sont
ici très importantes ; fais comme indiqué
ci-après : même si une porte de matrice te
paraît excellente, ne t'y attache pas. Même si
elle te paraît mauvaise, n'en éprouve aucune
aversion. Entre en elle en ressentant un amour universel et
équanime, libéré de la luxure, de la
haine et du choix compulsif entre le bon et le mauvais.
Telles sont les instructions clés.
L'idée
est qu'un être du monde intermédiaire entre
dans une matrice sans tomber sous l'influence pesante des
accoutumances émotionnelles, luxure, haine ou
illusion. C'est important car cela permet de rester vigilant
quant à la nature véritable de l'endroit
où l'on est et de ne pas commettre l'erreur plus que
fatale de renaître dans une des formes de vie
horribles.
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Prendre refuge dans les Trois
Joyaux
Ici, à l'exception
de quelques personnes à l'expérience profonde,
il est difficile de se libérer de la peste des
instincts négatifs. Aussi, si le défunt ne
peut éviter ni l'attachement ni l'aversion,
même la personne la plus stupide, la plus bestiale,
même la plus grande pécheresse peut
éliminer les instincts négatifs en prenant
refuge dans les Trois Joyaux : le Bouddha, le Dharma et la
Communauté. Aussi, tu dois à nouveau appeler
le défunt par son nom et répéter les
mots suivants jusqu'à sept fois :
Ô noble Gilbert !
Si tu ne peux abandonner ni la luxure ni la haine, et que tu
ne sais comment choisir une matrice, alors, quelles que
soient les visions qui t'adviennent, prononce le nom des
Trois Joyaux et va te réfugier en eux ! Prie le
Seigneur de la Grande Compassion ! Avance la tête
haute ! Reconnais que tu es dans le monde
intermédiaire ! Abandonne l'amour possessif envers
les êtres chers que tu as laissés
derrière toi : ton fils, ta fille, tes amis ! Ils ne
peuvent plus t'aider. Dirige-toi maintenant vers la
lumière bleue du monde humain et la lumière
blanche du divin. Va dans le jardin des plaisirs et la
maison des joyaux !
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