SURRÉALISME 21

et ses alentours


Le Bardo Thödol


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Le Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire.

Le Guide pour le Voyage

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Le Guide du monde intermédiaire

Le monde intermédiaire de la réalité des divinités féroces

Les divinités féroces sont en fait les mêmes Bouddhas archétypes. Vairochana, Akshobhya, Ratnasambhava, Amitabha et Amogasiddhi qui apparaissent dans leurs formes terribles ou Hérukas. Héruka est un terme sanscrit qui désigne un héros puissant et agressif, personnage qui peut être apparenté à Hercule. Les archétypes divins bouddhiques adoptent ces formes pour entrer en communication avec le subconscient d'une personne dans le monde intermédiaire. Arrivée à cette étape du monde intermédiaire, une personne qui n'a pu accepter ni les invitations à la libération des divinités bénignes ni la vie dans les terres bouddhas, se trouve sur le point de perdre le contrôle et de tomber dans la compulsion, ou sous le coup des pulsions subconscientes du désir et de l'agressivité. C'est pourquoi elle commence à ressentir de la panique et de la terreur. Dans cette situation difficile, les Bouddhas adoptent une approche féroce, s'introduisant comme par effraction dans la conscience de la personne pour lui offrir une escorte puissante qui lui permettra de traverser un royaume soudain devenu menaçant. Les Bouddhas Hérukas des jours suivants représentent les diverses sagesses ; ils ont trois visages, six bras et quatre jambes.

Si vous n'êtes pas familiers avec de telles divinités féroces, ou si vous avez des liens profonds avec une autre religion, il convient de rechercher les anges féroces de cette tradition (toutes les religions ont de tels personnages). Pour la Chrétienté, ce sont les chérubins et les séraphins que vous pouvez invoquer pendant ces jours-là.


Le huitième jour

Maintenant, le monde intermédiaire de la réalité des divinités féroces apparaît. Le monde intermédiaire précédent, celui des divinités bénignes, était constitué de sept niveaux qui permettaient de franchir ces passages difficiles et dangereux. Étant orienté vers chacun d'eux en ordre successif, le défunt, s'il ne reconnaissait pas la claire lumière à un niveau, avait la possibilité de la reconnaître au niveau suivant. Un nombre immensément grand d'êtres atteignent la libération de cette façon. Cependant, bien que nombreux soient ceux qui sont libérés, les êtres sont en nombre infini et le devenir néfaste est très puissant. Les péchés et l'obscurantisme pèsent très lourd et les instincts sont enracinés depuis longtemps. Cette vaste machine qu'est le cycle des existences n'augmente ni ne s'épuise. Aussi, même s'ils ont été instruits avec une grande précision, il y a un grand nombre d'êtres qui ne sont pas encore libérés et qui continuent à errer et à chuter.

Donc, après que la foule des divinités bénignes, les savants et les escortes d'anges ont fait leur apparition, la légion des cinquante-huit divinités Hérukas, féroces et flamboyantes, qui constituent la transformation de la foule des divinités bénignes, apparaîtront. Les divinités seront maintenant différentes car nous sommes dans le monde intermédiaire féroce. Le défunt est sous l'influence de la panique, de la crainte et de la terreur. Il devient plus difficile de l'orienter. Sa conscience perd tout contrôle sur elle-même et, prise de vertige, elle s'évanouit. Cependant, si elle est capable de reconnaître la claire lumière, ne serait-ce qu'un petit peu, elle peut facilement être libérée. Pourquoi ? Parce que, quand les visions de panique, de crainte et de terreur se manifestent, sa conscience n'a pas le temps de se distraire ; elle est obligée de se concentrer au maximum. À ce point, même un océan de savoir ne servira à rien si l'on ne rencontre pas des instructions telles que celles qui sont proposées ici. Mêmes les abbés, maîtres de la discipline monastique, et les grands professeurs de philosophie, se tromperont dans cette situation ; ils ne reconnaîtront pas la claire lumière. Ils continueront d'errer dans le cycle des existences. Et cela est d'autant plus vrai des personnes ordinaires ; prises de panique, sujettes à la crainte, à la terreur, fuyant, elles tombent dans l'abîme des états horribles et subissent des tourments indescriptibles.

Le plus inapte des pratiquants du yoga tantrique, quand il voit la multitude des divinités Hérukas, les reconnaît immédiatement comme ses archétypes divins, comme s'il rencontrait de vieux amis, et il a foi en eux. Au-delà de toute dualité et fusionnant avec elles, il devient un bouddha. Qui plus est, ceux qui dans le monde humain, ont pratiqué les visualisations de ces divinités Hérukas, ceux qui ont fait des offrandes et des louanges, ou au moins des peintures des divinités, ou qui en ont vu des sculptures ou toute autre forme, reconnaîtront la manifestation de ces divinités et ils seront libérés de ce simple fait. Et c'est là le point principal. Pour revenir au monde humain, ces abbés, maîtres de la discipline et professeurs de philosophie, quelles que soient leurs qualités d'expert, quand ils mourront, ils ne laisseront pas de signes comme des bijoux corporels, des reliques et des lumières arc-en-ciel. Tandis qu'ils vivaient, ils n'étaient pas attirés par les tantras ; ils les dénigraient et ne cultivaient aucune familiarité avec la multitude des divinités tantriques. Aussi, quand ces divinités se manifestent dans le monde intermédiaire, ils ne les reconnaissent pas. Confrontés soudain à quelque chose qu'ils n'avaient jamais vu auparavant, ils pensent que ce sont des ennemis. Ils ressentent de la colère envers eux et pour cette raison tombent dans des états épouvantables. En conséquence, quelle que semble la sagesse d'un maître de la discipline ou d'un philosophe, son manque de pratique intérieure des tantras peut être la raison pour laquelle il ne laisse derrière lui ni joyaux, ni reliques, ni lumière arc-en-ciel, ni toute autre manifestation. Le dernier des derniers des pratiquants tantriques, même si ses actions sont grossières et superficielles, même s'il est inexpérimenté, même s'il se laisse aller à des conduites inappropriées et inélégantes, même s'il n'a pas pu pratiquer les enseignements tantriques complètement ; cependant, tant qu'il n'a pas entretenu des opinions fausses sur le tantra, tant qu'il ne doute pas, par sa simple foi dans les tantras, il atteindra la libération à cette occasion. Même si sa conduite en société était inconvenante, des signes émergeront au moment de la mort, comme des joyaux en os, des images et des lumières arc-en-ciel. Et c'est pourquoi ce tantra comporte de si grandes bénédictions.

En ce qui concerne le pratiquant tantrique moyen et ceux qui lui sont supérieurs, ceux qui ont médité sur les phases de la création et de la perfection, ceux qui ont répété les mantras essentiels n'ont pas besoin d'errer et de descendre jusqu'à cette réalité intermédiaire là. Au moment où leur respiration cesse, il ne fait aucun doute que les savants, les héros, les anges et leur suite viendront et les inviteront au paradis angélique et pur. Les signes en seront un ciel clair, des arcs-en-ciel lumineux à profusion, une pluie de fleurs, l'odeur d'encens, le son de musiques célestes, des rais de lumière et la présence de joyaux en os, de reliques et d'images.

L'énergie spirituelle des tantras est considérée comme étant si grande qu'une simple disposition favorable envers ses enseignements génère dans le pratiquant une sanctification particulière. Quand de tels yogis ou yoginis sont incinérés après la mort, on rapporte souvent au Tibet que l'on trouve des pierres précieuses étranges, en forme de poire, et quelquefois des images de bouddhas, de bodhisattvas ou d'archétypes divins dans les cendres.

Il n'y a donc pas, pour le maître de discipline, le philosophe, le pratiquant tantrique qui a rompu ses vœux et tous les gens ordinaires, de meilleure méthode que cette Libération Naturelle. Cependant, les grands méditants qui ont pratiqué la Grande Perfection, le Grand Sceau et les autres pratiquants tantriques, atteindront le Corps de Vérité en reconnaissant la claire lumière durant l'état intermédiaire du moment de la mort, et cela sans exception. Ils n'ont donc pas besoin de lire ce Livre de la Libération Naturelle. Comme il a été dit ci-dessus, en reconnaissant la claire lumière durant l'état intermédiaire du moment de la mort, on atteint le Corps de Vérité. Si l'on reconnaît la claire lumière dans le monde intermédiaire de la réalité au moment où les visions des divinités bénignes se manifestent, on atteint le Corps de Béatitude. Si l'on reconnaît la lumière dans le monde intermédiaire de l'existence, on atteint le Corps d'Émanation et l'on renaît dans les mondes les plus élevés. Par la rencontre de cet enseignement, on bénéficie d'une accélération du devenir et l'on arrive tout de suite à sa dernière vie.

Étant donné que les bouddhas accomplis ont à leur disposition un nombre de vies illimité qui leur permettent de répondre aux besoins de tous les êtres, cela ne veut pas dire qu'après la libération, on ne vivra plus. Cela veut seulement dire que l'on n'est plus contraint de vivre une vie non éveillée de souffrance, menée dans la confusion et sous l'empire perpétuel des émotions.

En conséquence, cette Libération Naturelle est l'enseignement qui permet d'atteindre la Bouddhéité sans méditation. C'est l'enseignement qui permet d'atteindre la libération par la simple compréhension intime. C'est l'enseignement qui produit une différence immédiate et qui conduit à la parfaite Bouddhéité instantanément. Il est impossible qu'un être qui l'a trouvé descende dans les mondes infernaux. Vous devez lire ceci ainsi que la Libération par le Port. Associer ces deux enseignements, c'est comme remplir une offrande de mandala d'or avec des morceaux de turquoise.

La Libération par le Port, la Libération Naturelle du Corps, est comprise dans le texte original et comporte 21 folios. Elle répète les formules mantriques des cent divinités du système de la Libération Naturelle. Les mantras doivent être écrits et ficelés dans une amulette qui est portée par le cadavre, et qui assure que la personne ne sera entraînée dans aucun des mondes infernaux.

Ayant ainsi montré l'absolue nécessité de la Libération Naturelle, nous donnons maintenant l'orientation à suivre pendant la manifestation de l'état intermédiaire des divinités féroces. Vous devez appeler le défunt par son nom trois fois et dire les paroles suivantes :

Comme ci-dessus, vous prononcez les instructions qui suivent au chevet du mort, s'il est encore là, ou dans un lieu qui lui était familier, ou encore dans votre propre bureau, en visualisant le défunt devant vous.

Ô noble Gilbert, écoute sans relâche ! Le monde intermédiaire bénin s'est déjà manifesté, mais tu n'as pas reconnu la lumière. Aussi, tu dois maintenant encore errer par ici. Maintenant, en ce huitième jour, la multitude des divinités féroces Hérukas va vous apparaître. Ne tremble pas ! Reconnais-les !

Ô noble Gilbert, le grand et glorieux Bouddha Héruka apparaît. Il est de couleur violine. Il a trois visages, six bras et quatre jambes étendues. Son visage de devant est violine, celui de droite est blanc et celui de gauche rouge. Son corps tout entier flamboie de rayons de lumière. Ses yeux te fixent, terrifiants et féroces, ses sourcils étincellent comme des éclairs, ses crocs luisent comme du cuivre neuf. Il éclate de rire. " A la la, " et " Ha ha ha, " et il siffle puissamment et fait " Chou-ou ". Sa chevelure d'un orange brillant, dressée vers le haut, flamboie. Elle est ornée d'une couronne de crânes et de disques de soleil et de lune. Son corps est décoré de serpents noirs et d'une guirlande de têtes fraîchement coupées. Il tient une roue dans sa première main droite, une hache dans celle du milieu et une épée dans la troisième. Dans sa première main gauche, il a une cloche ; dans la seconde, un soc de charrue et dans la troisième, un bol fait d'un crâne. Sa parèdre Krodishvari est enlacée autour de son corps, son bras droit le tient par le cou, et de sa main gauche, elle lui offre à boire le sang dont un crâne est rempli. Elle claque la langue d'un air menaçant et rugit comme le tonnerre. Tous deux brûlent des flammes de la sagesse qui montent de leurs cheveux. Ils sont debout, dans la position du guerrier, sur un trône soutenu par des garudas. De cette façon, ils se manifestent devant toi, ayant émergé de ton propre cerveau ! Ne les crains pas ! Ne sois pas terrifié ! Ne les hais pas ! Reconnais-les comme des images issues de ta propre conscience. Il est ton propre archétype divin ; aussi, ne cède pas à la panique ! En fait, ils sont le Seigneur Vairochana Père et Mère ; aussi, n'aie pas peur ! Dès l'instant où tu les reconnaîtras, tu seras libéré !

Cet archétype divin bouddhique Héruka, est orné d'une manière habituelle pour une divinité féroce. Sa couronne de crânes symbolise sa conquête des cinq poisons de la convoitise, la haine, l'illusion, l'orgueil et la jalousie. Sa couronne de têtes coupées symbolise le fait qu'il a vaincu toutes ses habitudes mentales et ses attitudes négatives. Son union avec Krodishvari (littéralement " la Déesse de la Férocité ") symbolise l'union de la compassion avec la sagesse. Le fait qu'il boive le sang d'un crâne symbolise la capacité de la sagesse de la réalité ultime de transmuter le sang de la vie du démon de l'ignorance en élixir de parfaite liberté, élixir qui procure paix bienheureuse et dynamisme compatissant. Le sang est alternativement un symbole féminin, celui de la sagesse transcendantale, et masculin : quand le mâle Héruka le boit, il symbolise le fait que cette sagesse est la source de l'énergie de la compassion. Le collier de serpents du Héruka, son ruban de cheveux, ses bracelets, les anneaux à ses chevilles et sa ceinture symbolisent sa victoire sur le pouvoir reptilien de la terre. Les accessoires qu'il a à la main symbolisent des accomplissements et des capacités de concentration variées qu'il peut manifester pour aider les êtres à briser leurs chaînes et à se libérer de l'illusion. Vajra veut dire coup de tonnerre, diamant, éclair ; une substance des plus puissantes de l'univers, qui est la force de la sagesse commuée en amour. Les flammes émises par ces divinités, leurs cheveux et leurs sourcils ont l'intensité du vajra ; elles sont comme un éclair contrôlé, comme la chaleur de la lumière blanche de l'arc du soudeur, comme des explosions de supernova contrôlées. Le vajra est le plus grand symbole de la compassion comme puissance ultime. Certaines fois, il peut être représenté par un sceptre à cinq ou neuf pointes ; son symbolisme est alors le même. Les garudas, semblables à des aigles, soutiennent le piédestal de ces Harukas. Ils symbolisent le pouvoir de la sagesse visionnaire capable de conquérir toute négativité. Une fois que l'on s'est identifié avec une telle présence terrifiante et que l'on a fusionné avec elle, elle fournit un moyen sûr pour franchir toutes les difficultés du devenir.

Quand vous récitez ceci, le défunt les reconnaîtra comme ses archétypes divins ; il se dissoudra en eux de façon totale et il deviendra un Bouddha dans le Corps de Béatitude.


Le neuvième jour

Si le défunt est submergé par la peur et la haine, et fuit sans les reconnaître, alors le neuvième jour, le Héruka de la famille bouddha du Vajra viendra l'escorter. Après l'avoir appelé par son nom, vous devez l'orienter de la manière suivante :

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Maintenant, en ce neuvième jour, le Seigneur Vajra Héruka de la famille du Vajra se manifestera devant toi, émergeant de l'intérieur de ton esprit. Il est bleu foncé, son visage de droite est blanc, son visage de gauche est rouge. Il tient un vajra dans sa première main droite, un bol fait d'un crâne dans celle du milieu et une hache dans la troisième. Dans sa première main gauche, il tient une cloche ; dans la seconde, un bol fait d'un crâne et dans la troisième, un soc de charrue. Sa parèdre Vajra Krodishvari est enlacée autour de son corps ; son bras droit le tient par le cou, sa main gauche lui offre des gorgées de sang de son bol en crâne. Ils se manifestent devant toi, sortis de l'intérieur de ton cerveau ! Ne les crains pas ! Ne sois pas terrifié ! Ne les hais pas ! Reconnais-les comme des images issues de ta propre conscience. Ils sont tes propres archétypes divins ; aussi, ne cède pas à la panique ! En fait, ils sont le Seigneur Vajrasattva Père et Mère ; aussi, aie foi en eux ! À l'instant même où tu les reconnaîtras tu seras sauvé !

Alors que vous récitez cela, le défunt les reconnaîtra comme ses archétypes divins ; il se dissoudra en eux de façon totale et il deviendra un Bouddha dans le Corps de Béatitude !


Le dixième jour

Si ceux qui ont de lourds obstacles sont vaincus par la crainte et par la haine, et fuient sans les reconnaître, alors, le dixième jour, le Héruka de la famille Bouddha du Joyau viendra les escorter. Après avoir appelé le défunt par son nom, vous devez l'orienter de la manière suivante :

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Maintenant, en ce dixième jour, le Héruka de la famille du Joyau, le Seigneur Ratna Héruka, se manifestera devant toi, émergeant de ton esprit. Il est jaune foncé, aves trois visages, six bras et quatre jambes étendues. Son visage de devant est jaune foncé ; son visage de droite est blanc et son visage de gauche est rouge. Il tient un joyau dans sa première main droite, un bâton Khatvanga dans celle du milieu et un gourdin dans la troisième. Dans sa première main gauche, il a une cloche ; dans la seconde, un bol fait d'un crâne et dans la troisième, un trident. Sa parèdre Bouddha Ratna Krodishvari est enlacée autour de son corps ; elle le tient par le cou de son bras et, de sa main gauche, elle lui offre des gorgées de sang de son bol en crâne. Ils se manifestent ainsi devant toi, sortis de la partie méridionale de ton cerveau ! Ne les crains pas ! Ne sois pas terrifié ! Ne les hais pas ! Reconnais-les comme des images issues de ta propre conscience. Ce sont tes propres archétypes divins ; aussi, ne cède pas à la panique ! En fait, ils sont le Seigneur Ratnasambhava Père et Mère ; aussi, aie foi en eux ! À l'instant même où tu les reconnaîtras, tu seras libéré !

Le bâton Khatvanga est un symbole bouddhique de maîtrise du canal central du système nerveux interne yogique. Il comporte une hampe à huit côtés qui surmonte un demi-sceptre vajra, et qui est couronnée d'un vase d'immortalité et de trois têtes réduites qui symbolisent le triomphe sur la convoitise, la haine et l'illusion. Les trois têtes sont couronnées d'une lame de trident.

Alors que vous récitez ceci, le défunt les reconnaîtra comme ses archétypes divins ; il se dissoudra en eux de façon totale et il deviendra un Bouddha dans le Corps de Béatitude.


Le onzième jour

Si, alors qu'il rencontre ces divinités, le défunt est égaré par des instincts négatifs, s'il éprouve de la peur et de la haine, et s'enfuit sans les reconnaître, alors, le onzième jour, le Héruka de la famille du Lotus viendra l'escorter. Après avoir appelé le défunt par son nom, vous devez l'orienter de la manière suivante :

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Maintenant, en ce onzième jour, le Héruka de la famille du Lotus, le Seigneur Padma Héruka, se manifestera devant toi, émergeant de ton esprit. Il est rouge foncé avec trois visages, six bras et quatre jambes étendues ; son visage de devant est rouge foncé, son visage de droite est blanc et son visage de gauche est bleu. Il tient un lotus dans sa première main droite, un bâton Khatvanga dans cette du milieu et une verge dans la troisième. Dans sa première main gauche, il a une cloche ; dans la seconde un bol fait d'un crâne et dans la troisième un petit tambour. Sa parèdre Bouddha Padma Krodishvari est enlacée autour de son corps ; elle le tient par le cou de son bras droit, et de la main gauche, elle lui offre des gorgées de sang de son bol en crâne. Ils se manifestent ainsi devant toi, sexuellement unis ! Ne les crains pas ! Ne sois pas terrifié ! Ne les hais pas ! Jouis de leur présence ! Reconnais-les comme des images issues de ta propre conscience. Ce sont tes propres archétypes divins ; aussi, ne cède pas à la panique ! En fait, ils sont le Seigneur Amitabha Père et Mère ; aussi, aie foi en eux ! À l'instant même où tu les reconnaîtras, tu seras libéré

Alors même que vous récitez ceci, le défunt les reconnaîtra comme ses archétypes divins ; il se dissoudra totalement en eux et deviendra un Bouddha dans le Corps de Béatitude.


Le douzième jour

Si, quand il les rencontre, le défunt est détourné de la voie par des instincts négatifs, s'il ressent de la crainte et de la haine, et s'il s'enfuit sans reconnaître qu'ils sont ses archétypes divins, et s'il les prend à tort pour le Seigneur de la Mort, alors, le douzième jour, le Héruka du Karma ainsi que les déesses Gauri, les vampires Pishachi et les déesses Ishvari viendront l'escorter. S'il ne les reconnaît pas, il sera terrifié. Aussi, après avoir appelé le défunt par son nom, vous devez l'orienter de la manière suivante :

Les déesses Gauri, les vampires Pishachi et les déesses Ishvari sont des types variés de divinités féminines féroces qui seront décrites plus bas dans le texte proprement dit. Les rencontrer, c'est rencontrer des éléments de votre propre psychisme qui ont été profondément refoulés et qui sont terrifiants parce que reniés. À ce moment du monde intermédiaire, alors qu'il est impossible d'éviter la rencontre avec le côté sinistre de la réalité, le défunt n'a pas le temps de se complaire dans une image agréable de lui-même. Aussi, il est très important d'aller à la rencontre de ces êtres féminins féroces, ces puissances primordiales de la nature, et il est essentiel de vaincre sa répulsion initiale.

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Maintenant, en ce douzième jour, le Seigneur Karma Héruka de la famille du Karma se manifestera devant toi, émergeant de ton esprit. Il est vert foncé, avec trois visages, six bras et quatre jambes étendues. Son visage de devant est vert foncé ; son visage de droite est blanc, son visage de gauche est rouge. Il tient une épée dans sa première main droite, un bâton Khatvanga dans celle du milieu et un gourdin dans la troisième. Dans sa première main gauche, il a une cloche ; dans la seconde un bol fait d'un crâne et dans la troisième un soc de charrue. Sa parèdre Bouddha Karma Krodishvari est enlacée autour de son corps ; elle le tient par le cou de son bras droit et, de sa main gauche, elle lui offre des gorgées de sang de son bol en crâne. Ils se manifestent ainsi devant toi, sexuellement unis, ayant émergés de la partie nord de ton cerveau ! Ne les crains pas ! Ne sois pas terrifié ! Ne les hais pas ! Reconnais-les comme des images issues de ta propre conscience. Ce sont tes propres archétypes divins ; aussi, ne cède pas à la panique ! En fait, ils sont le Seigneur Amogasiddhi Père et Mère ; aussi, aie foi en eux ! À l'instant où tu les reconnaîtras, tu seras libéré !

Alors que vous récitez ceci, le défunt les reconnaîtra comme ses archétypes divins ; il se dissoudra totalement en eux et deviendra un bouddha.

Donc, par les instructions du maître spirituel, lorsque vous comprenez que ces divinités sont vos propres visions, les créations de votre conscience, vous serez libéré exactement comme la peur vous quitte lorsque vous réalisez qu'un lion qui vous terrifiait était, en fait, empaillé. Quand vous rencontrez un lion sans savoir qu'il est empaillé, vous ressentez de la crainte et de la haine ; mais si l'on vous dit de quoi il est réellement fait, vous êtes soulagé et vous perdez toute crainte. Aussi, quand vous verrez la foule des divinités Hérukas, avec leurs corps immenses et leurs membres puissants qui s'élèvent pour remplir tout l'espace, vous ressentirez assurément de la crainte et de la haine. Mais aussitôt que vous recevrez cette orientation, vous serez en mesure de les reconnaître comme vos propres visions ou comme vos propres archétypes divins. La claire lumière sur laquelle vous avez médité auparavant et la claire lumière qui émerge maintenant fusionnent comme mère et enfant, et vous êtes instantanément libéré dans la clarté naturelle de votre propre conscience. C'est comme si vous rencontriez un vieil ami, étant donné que, dans cette présence, tout ce qui se manifeste est instantanément libéré. Si vous n'avez pas reçu cette orientation, même si vous êtes quelqu'un de bon, vous vous détournerez de ces divinités féroces et continuerez d'errer plus avant dans le cycle des existences.

Alors, les huit déesses Gauri et les huit vampires Pishachi, avec leurs têtes d'animaux, émergeront de votre esprit et apparaîtront devant lui. Après avoir appelé le défunt (ou la défunte) par son nom, vous devez le guider de la manière suivante :

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Les huit déesses Gauri émergeront de ton esprit et apparaîtront devant toi ! N'aie crainte ! À l'est de ton cerveau, apparaîtra une Gauri blanche, tenant à la main droite un cadavre dont elle se sert comme gourdin, et à la main gauche, un crâne rempli de sang. Ne la crains pas ! Au sud, tu verras une Chauri jaune avec un arc tendu d'une flèche ; à l'ouest, une Pramoha rouge tient un étendard de victoire en forme de crocodile ; au nord, une Vetali noire tient un vajra et un crâne rempli de sang ; au sud-est, une Pukkasi orange tient à la main droite des intestins : elle s'en remplit la bouche et les dévore de la main gauche ; au sud-ouest, une Ghasmari vert foncé tient un crâne rempli de sang à la main gauche et un vajra à la main droite avec lequel elle mélange le sang et s'en nourrit ; au nord-ouest, une jaune et pâle Chandali porte un corps et une tête sur ses épaules : elle a un cœur dans la main droite et se nourrit d'un cadavre avec la main gauche ; au nord-est une Shmashani dévore un corps sans tête. Toutes ces déesses Gauri de la terre sacrée émergent de ton cerveau et t'apparaissent ; elles encerclent les cinq Hérukas ! Ne les crains pas !

Ces déesses Gauri ont des têtes et des visages qui ressemblent à ceux des humains, mais elles ont trois yeux, l'un d'entre eux étant dans le sens vertical, au milieu du front. Elles ont deux bras et deux jambes. Elles ont l'apparence la plus effrayante possible. Si elles ne vous ont pas inspiré de la terreur, c'est que vous ne les avez pas visualisées correctement. On dit d'elles qu'elles viennent des terres saintes des différentes régions de la terre. Elles sont les gardiennes impressionnantes des cimetières sacrés et des endroits de pouvoir.

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Ensuite, les huit vampires Pishachi des terres sacrées t'apparaîtront ! À l'est, une Simhasya violine sombre à tête de lion, à la crinière ondulante, tient un cadavre entre ses dents, les bras croisés sur la poitrine ; au sud, une Vyaghrasya rouge à tête de tigre, au regard hypnotique, les bras croisés, fait grincer ses canines ; à l'ouest, une Shrgalasya noire à tête de chacal, un rasoir à la main droite, tient à la main gauche des intestins dont elle se nourrit ; au nord, une Shvanasya bleu foncé à tête de loup, le regard fixe et hypnotisant, soulève un cadavre à sa gueule de ses deux mains ; au sud-est, une Grdhasya jaune clair à tête de vautour porte un cadavre à l'épaule et un squelette à la main ; au sud-ouest, une Kankhasya rouge foncé à tête de faucon porte un cadavre sur son épaule ; au nord-ouest, une Kakasya noire, à la tête de corneille, une épée à la main droite, mange des poumons et des cœurs ; au nord-est, une Ulukasya bleu foncé à tête de hibou mange de la chair, un vajra à la main droite et une épée dans sa main gauche. Tous ces vampires Pishachi de la terre sacrée émergent de ton esprit ; ils t'apparaissent et encerclent les cinq Hérukas ! Ne les crains pas ! Reconnais-les, quoi qu'il arrive, comme le produit de la créativité de ta propre conscience/présence visionnaire !

Ces vampires ont des têtes d'animaux, comme décrit ci-dessus, deux bras et deux jambes. Ils sont cannibales et repoussants.

Ô noble Gilbert ! Écoute sans relâche ! Les quatre déesses qui Gardent la Porte émergeront de ton cerveau et apparaîtront devant toi ; aussi, identifie-les ! À l'est de ton cerveau, une Ankusha blanche à tête de cheval a un croc de fer à la main droite et un crâne rempli de sang à la main gauche ; elle apparaîtra à l'est. Au sud, apparaîtra une Pasha à tête de porc qui tient un nœud coulant. À l'ouest, une Shernkala rouge à tête de lion tient une chaîne de fer. Au nord, une Ghanta verte à tête de serpent tient une cloche. Ces quatre déesses Gardiennes des Portes émergeront de ton esprit et apparaîtront devant toi. Reconnais-les comme tes archétypes divins !

Ô noble Gilbert, tout autour de ces trente divinités Hérukas féroces, les vingt-huit déesses Ishvari, avec leurs têtes diverses et leurs accessoires variés, émergeront de ton cerveau et apparaîtront devant toi. Ne les crains pas ; identifie-les comme le résultat de la créativité de ta propre conscience visionnaire ! À ce moment, où tu es arrivé au point crucial de la cessation, souviens-toi des instructions de ton maître spirituel !

Les trente divinités Hérukas féroces sont les dix Pères et Mères Hérukas, les huit Gauris, les huit Pishachis et les quatre déesses qui gardent les quatre portes. Les déesses Ishvari ci-dessous sont aussi appelées " Yoginis ", indiquant que ce sont des divinités des mondes subtils de l'expérience intérieure des initiés avancés. Ce sont aussi des divinités du panthéon indien, la plupart d'entre elles étant des formes féminines de divinités bien connues comme Brahma, Indra, Kumara... Quelqu'un d'une autre culture voudrait sans doute y inclure les anges féroces de sa propre culture, les considérant comme les icônes de ces êtres spirituels, les principes vivant à l'intérieur de son propre psychisme. Leurs têtes d'animaux indiquent aussi qu'elles représentent les pouvoirs du monde naturel. Faire la paix avec elles vous met ainsi dans un état d'équilibre entre, d'un côté, votre sens du divin induit pas votre culture et, de l'autre, les présences vivantes au sein de votre environnement naturel.

Ô noble Gilbert ! À l'est, un Rakshasi, de couleur violine sombre à tête de yack, tient un vajra ; un Brahmi, à tête de serpent, tient un lotus ; un Maheshvari, vert foncé à tête de léopard, tient un trident ; un Lobha, à tête de mangouste, tient une roue ; un Kumari, rouge à tête de mule, tient un javelot ; un Indrani, blanc à tête d'ours, tient un nœud coulant fait d'intestins. Ces six Yoginis de l'est émergent de ton propre cerveau et apparaissent devant toi ! Ne les crains pas !

À l'ouest, un Bhakshasi, vert foncé à tête de vautour, tient un gourdin ; un Rati, rouge à tête de cheval, tient un torse humain ; un Mahabali, blanc à tête de garuda, tient un gourdin ; un Rakshasi, rouge à tête de chien, tient un rasoir vajra ; un Kama, rouge à tête de huppe, tend son arc, prêt à décocher sa flèche ; un Vasuraksha, rouge et vert à tête de daim, tient un vase. Ces six Yoginis de l'ouest émergent de ton propre cerveau et apparaissent devant toi ! Ne les crains pas !

Ô noble Gilbert ! Au nord, un Vayavi, bleu à tête de loup, tient une bannière ; un Narini, rouge à tête de bouquetin, tient un pieu, prêt à empaler quelqu'un ; un Varahi, noir à tête d'ours et à défenses d'éléphant, tient un nœud coulant ; un Rati, rouge à tête de corneille, tient une peau d'enfant ; un Mahanasi, vert et noir à tête d'éléphant, tient un cadavre frais et boit du sang dans un crâne ; un Varuni, bleu à tête de serpent, tient un lasso à serpents. Ces six Yoginis du nord émergent de ton propre cerveau et apparaissent devant toi ! Ne les crains pas !

Ô noble Gilbert ! Le Corps de Vérité est issu de la vacuité sous la forme des divinités bénignes ! Reconnais-le ! Le Corps de Béatitude est issu de la clarté sous la forme des divinités féroces ! Reconnais-le ! Au moment où la foule des cinquante-huit divinités Hérukas émerge de ton esprit et apparaît devant toi, si tu sais que tout ce qui émerge vient de ton esprit et de l'énergie naturelle de ta propre conscience, tu vivras le Corps des Hérukas de manière non dualiste et tu deviendras un bouddha !

Le concept de l'indivisibilité de la clarté et de la vacuité doit être mis en parallèle précisément avec la non-dualité inconcevable du Corps de Vérité ultime et du Corps de Béatitude relatif des Bouddhas. La vacuité n'est pas un néant obscur, la zone purement négative à laquelle nous pourrions penser lorsque nous nous laissons aller à imaginer quelque chose qui ressemblerait à un absolu inconcevable. La vacuité est le vide de la réalité intrinsèque à toute chose ; elle inclut la vacuité elle-même. C'est précisément cette forme de l'absolu qui ne se pose pas comme une forme de pseudo absolu qui interférerait avec le relatif ; c'est au contraire un absolu qui n'interfère pas avec le réseau infini des relativités. En conséquence, elle est la créativité de la clarté, de la lumière, de l'infinie distinction. Et cette distinction est capable d'entrer en relation car elle est libre de qualités intrinsèques. La créativité et la liberté, la clarté et la vacuité sont non dualistes. L'aspect vide de la non-dualité est à rapprocher du Corps de Vérité, de la présence dans l'illumination de l'absolu comme corps, une présence infinie et calme dont on peut faire l'expérience. De la même manière, l'aspect clair de la non-dualité est à rapprocher du Corps de Béatitude, de la présence dans l'illumination, de la présence relative de l'absolu par l'extase qui s'autoproduit comme corps, d'un corps dont on peut faire l'expérience infinie dans une extase orgasmique. La présence du Corps de Vérité s'offre à la conscience humaine sous la forme des archétypes divins bénins. L'extase du Corps de Béatitude est représentée sous la forme des archétypes divins féroces. Et ces deux aspects de l'illumination parfaite sont complètement inséparables de votre intelligence et de votre sensibilité naturelle. Si vous les reconnaissez comme étant votre nature essentielle, alors la liberté est vôtre, ainsi que l'illumination de la Bouddhéité.

Ô noble Gilbert ! Si tu ne reconnais pas cela, tu t'attacheras à la réalité superficielle ; tu ressentiras de la crainte et de la haine, et tu fuiras ces divinités. Tu tomberas à nouveau dans une misère infinie ! Si tu ne les reconnais pas, tu considèreras la foule des divinités Hérukas comme s'ils étaient des Yamas, des Seigneurs de la Mort, et tu craindras les divinités Hérukas. Tu les haïras, tu cèderas à la panique ; tu défailliras ! Tes propres visions étant devenues diaboliques, tu erreras dans le cycle des existences.

Nous avons rencontré Yama auparavant en tant que Seigneur de la Mort ; le Seigneur du monde d'en dessous qui juge les hommes et les mauvaises actions des défunts, et leur assigne une destinée. Ses serviteurs sont ceux qui viennent chercher les âmes des mourants. Donc, percevoir Yama revient à rencontrer la mort dans le monde intermédiaire, et à la percevoir comme un être étranger, hostile, qui vous menace avec le pouvoir ultime sur la vie et sur la mort, et sur la destinée. Aussi, le défunt qui refuse de convenir de la puissance et de la gloire de sa propre conscience, celui qui ne peut incorporer toutes les images refoulées de son inconscient, perçoit les divinités féroces comme des êtres étrangers et hostiles, des ennemis mortels et, en conséquence, il cède à la terreur et à la haine. Aussi, pour aider le mourant efficacement, il ne suffit pas de le préparer aux images pacifiques et calmes. Si l'imagerie indienne ou tibétaine vous semble trop étrange et trop exotique, il vous faudra recourir à l'imagerie de votre culture, qu'elle soit celle des chérubins ou séraphins féroces, des totems animaux, ou des esprits de la nature chamaniques, pour préparer le mourant aux représentations extravagantes et intenses que son propre esprit génèrera naturellement.

Ô noble Gilbert ! Ces divinités, qu'elles soient bénignes ou féroces, seront dans leur plus grande dimension, aussi grandes que l'espace, en général aussi grandes que Sumeru, l'axe planétaire, et au minimum plus de dix fois la hauteur de ton propre corps. Aussi, ne les crains pas ! Toute l'existence visible se montrera sous forme de lumières et de divinités ! Et toutes les visions qui se manifestent comme lumières et divinités doivent être reconnues comme l'énergie naturelle de ta propre conscience. Quand ta propre énergie, parvenue à la non-dualité, se dissoudra dans ces lumières naturelles et ces divinités, tu deviendras un bouddha !

Ô mon entant ! Ce que tu vois et ce que tu perçois, quelle que soit la terreur que t'inspirent les visions qui t'adviennent, reconnais-le comme tes propres visions ! Comprends que la claire lumière est l'énergie naturelle de ta propre conscience ! Si tu reconnais cela, il ne fait aucun doute que tu deviendras un bouddha instantanément ! Ce que l'on appelle " la Bouddhéité parfaite et instantanée " sera advenue ! Garde cela à l'esprit !

Ô noble Gilbert ! Si tu ne reconnais pas la lumière maintenant, et si tu te cramponnes à la terreur, toutes les divinités bénignes se manifesteront en gardiens Mahakala noirs ! Toutes les divinités féroces se manifesteront sous la forme de divinités Yama Dharmaraja ! Tes propres visions étant devenues diaboliques, tu erreras dans le cycle des existences !

Mêmes les divinités bénignes t'apparaîtront comme des gardiens démoniaques à l'aspect effrayant et macabre ; de la même manière, les divinités féroces t'apparaîtront comme des dieux de la mort !

Ô noble Gilbert ! Bien que tu sois devenu un expert dans toutes les écritures des sutras et dans les tantras, bien que tu aies pratiqué le Dharma pendant des éternités, si tu ne reconnais pas tes propres visions, tu ne deviendras pas un bouddha ! Si tu reconnais tes propres visions, avec une seule clé, un seul mot, tu deviendras un bouddha ! Si tu ne reconnais pas tes propres visions, alors, au moment où tu mourras, la réalité se manifestera dans le monde intermédiaire sous l'image de Yama Dharmaraja, le Seigneur de la Mort ! Les divinités Yama Dharmaraja, dans leur extension maximale, empliront tout l'espace ; dans leur dimension moyenne, elles seront comme d'immenses montagnes qui remplissent le monde entier. Les dents en forme de crocs qui dépassent des lèvres, les yeux comme du verre, les cheveux attachés au sommet du crâne, le ventre proéminent, le cou gracile, ils portent des planches de punition et hurlent : " Bats-le ! ", " Tue-le ! " Ils te vident de ta cervelle et ils t'extraient le cœur et les organes vitaux. Ils se manifestent ainsi et emplissent le monde.

Ainsi, les dieux Yama de la mort sont la cristallisation de la culpabilité criante et du remords inquiet, nés non seulement des mauvaises actions, mais aussi de toutes les impulsions négatives et malignes que le mourant a réprimées.

Ô noble Gilbert ! Quand une telle vision se produit, n'aie pas peu ! Ne sois pas terrorisé ! Tu es un corps mental fait d'instincts : même tué ou démembré, il ne peut mourir ! Étant donné qu'en fait tu es une forme naturelle de la vacuité, la colère qui vient de la peur d'être blessé n'est pas nécessaire ! Les Seigneurs de la Mort de Yama ne sont que des apparitions de l'énergie naturelle de ta propre conscience et, en fait, elles sont sans substance. La vacuité ne peut blesser la vacuité !

Tu dois décider fermement que tout ce que tu vois, les divinités bénignes et féroces, les Hérukas, les anges à tête d'animaux, les lumières arc-en-ciel et les divinités Yama, rien n'a de substance ; rien n'a d'existence objective sauf dans l'aspect par lequel ils manifestent la créativité naturelle de ta propre conscience ! Une fois que tu as compris cela, toutes les craintes, toutes les terreurs s'évanouissent sur le champ ; tu te dissous dans la non-dualité et tu deviens un bouddha ! Si tu les reconnais ainsi, tu dois ressentir une foi intense et penser : " Ce sont mes archétypes divins ! Ils sont venus m'escorter et m'aider dans les passages difficiles du monde intermédiaire ! Je prends refuge en eux ! "

Sois attentif aux Trois Joyaux ! Souviens-toi de ton archétype divin, quel qu'il soit ! Appelle-le par son nom ! Invoque-le en disant : " J'erre, je suis perdu dans le monde intermédiaire ; sois mon sauveur ! Soutiens-moi de ta compassion, Ô précieuse divinité ! " Appelle ton maître spirituel par son nom et prie : " J'erre, perdu dans le monde intermédiaire ; sois mon sauveur ! Au nom de la compassion, ne me laisse pas ! " Aie foi dans la foule des divinités Hérukas et prie-les :

Alors que l'erre dans le cycle des existences, mené par des instincts puissants,
Que la foule des Seigneurs bénins et féroces me guident sur la voie
De la claire lumière qui conquiert les visions terrifiantes de la haine et de la peur !
Que la multitude des déesses féroces Ishvari me soutiennent sur la voie
Et me délivrent des passages difficiles du monde intermédiaire ;
Qu'ils me conduisent à la parfaite Bouddhéité !

Maintenant que j'erre seul, loin de ceux que j'aime,
Et que toutes les visions ne sont que des images vides,
Que les bouddhas usent de la force de leur compassion
Et anéantissent la terreur issue de la haine et de la peur dans le monde intermédiaire !

Quand les cinq lumières de la sagesse lumineuse s'élèveront,
Puissé-je, courageusement, sans peur, les reconnaître comme miennes !
Quand les formes des Seigneurs bénins et féroces se manifesteront ;
Puissé-je, courageusement, sans peur, reconnaître le monde intermédiaire !
Désormais, quand je souffrirai sous l'emprise du devenir néfaste,
Que les archétypes divins dissipent cette souffrance !
Quand la réalité s'anéantira dans un grondement de mille tonnerres,
Puissent-ils tous devenir
OM MANI PAME HUM !
Quand je serai poussé par le devenir sans possibilité d'aucun recours,
Puissent les Seigneurs Compatissants m'accorder refuge !
Quand je souffrirai en raison des instincts du devenir,
Puisse la béatitude du samadhi de la claire lumière descendre sur moi !
Faites que les cinq éléments ne s'élèvent pas en ennemis !
Puissé-je contempler les terres pures des familles des cinq Bouddhas !

Tu dois prier ainsi avec une foi et un respect intense ! C'est extrêmement important dans la mesure où c'est ce qui fera disparaître ta terreur et ta peur, et ce qui te permettra de devenir, avec certitude, un Bouddha dans le Corps de Béatitude ! Ne flanche pas !

Vous devez lire ces instructions trois ou sept fois. De cette façon, quelle que soit l'importance des péchés, même si le devenir est très défavorable, il est impossible que le défunt ne soit pas libéré ! Pourtant, bien que ces moyens soient employés, si la reconnaissance de la lumière ne se produit pas, il devra errer dans le troisième monde intermédiaire, celui de l'existence intermédiaire. Aussi, l'orientation pour ce monde est-elle décrite en détail ci-dessous.

Les gens en général, qu'ils aient peu ou beaucoup d'expérience, ressentent confusion et panique au moment de la mort. Il n'y a pas d'autres recours pour eux que ce Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire. Ceux qui connaissent bien la réalité de la claire lumière atteignent le sentier de la réalité immédiatement quand la matière et l'esprit se séparent. Ceux qui sont vraiment réalisés, bien qu'ils n'aient pas reconnu la claire lumière en toute conscience de leur vivant, sont ceux qui ont le plus de force quand elle apparaît à l'état intermédiaire du moment de la mort. Aussi, pratiquer quand on est vivant est très important ! Qui plus est, ceux qui, de leur vivant, ont pratiqué les visualisations des divinités tantriques aux stades de la création et de la perfection seront ceux qui auront le plus de force quand les visions bénignes et féroces apparaîtront dans le monde intermédiaire de la réalité. Aussi, il est très important de cultiver durant votre vie votre esprit avec ce Livre de la Libération Naturelle. Vous devez pratiquer cela ! Vous devez le comprendre ! Vous devez le lire ! Vous devez le réciter ! Vous devez l'apprendre par cœur précisément ! Vous devez le répéter trois fois par jour sans faillir ! Vous ne devez pas l'oublier même au moment où vous êtes poursuivi par une centaine d'assassins !

Ceci est Le Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire. Même si quelqu'un a commis les cinq péchés impardonnables, s'il a la chance de l'entendre, il est certain qu'il sera libéré. Donc, lisez-le dans la foule, sur la place du marché, et diffusez-le largement. Même si vous ne l'entendiez qu'une fois comme ceci et que vous ne compreniez pas sa signification, étant donné que l'intellect devient neuf fois plus clair dans le monde intermédiaire, vous vous le remémorerez à ce moment-là sans qu'il y manque le moindre mot. En conséquence, vous devez le proclamer haut et le faire entendre à tous les êtres tant qu'ils vivent. Vous devez le lire au chevet de chaque malade. Vous devez le lire à chaque cadavre. Vous devez le diffuser largement.

Quiconque le rencontre a une destinée très positive. Il est très difficile pour quelqu'un de rencontrer ce livre s'il n'a pas accumulé beaucoup de mérites et de sagesse, et s'il n'a pas résolu ses difficultés émotionnelles et intellectuelles. Tous ceux qui entendront cela seront libérés dans la mesure où ils n'adopteront pas des vues erronées. Donc, cet enseignement doit être chéri comme quelque chose d'extrêmement précieux. Il est la quintessence de tous les enseignements.



L'orientation dans le monde intermédiaire
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