Le douzième jour
Si, quand il les
rencontre, le défunt est détourné de la
voie par des instincts négatifs, s'il ressent de la
crainte et de la haine, et s'il s'enfuit sans
reconnaître qu'ils sont ses archétypes divins,
et s'il les prend à tort pour le Seigneur de la Mort,
alors, le douzième jour, le Héruka du Karma
ainsi que les déesses Gauri, les vampires Pishachi et
les déesses Ishvari viendront l'escorter. S'il ne les
reconnaît pas, il sera terrifié. Aussi,
après avoir appelé le défunt par son
nom, vous devez l'orienter de la manière suivante
:
Les
déesses Gauri, les vampires Pishachi et les
déesses Ishvari sont des types variés de
divinités féminines féroces qui seront
décrites plus bas dans le texte proprement dit. Les
rencontrer, c'est rencontrer des éléments de
votre propre psychisme qui ont été
profondément refoulés et qui sont terrifiants
parce que reniés. À ce moment du monde
intermédiaire, alors qu'il est impossible
d'éviter la rencontre avec le côté
sinistre de la réalité, le défunt n'a
pas le temps de se complaire dans une image agréable
de lui-même. Aussi, il est très important
d'aller à la rencontre de ces êtres
féminins féroces, ces puissances primordiales
de la nature, et il est essentiel de vaincre sa
répulsion initiale.
Ô noble Gilbert !
Écoute sans relâche ! Maintenant, en ce
douzième jour, le Seigneur Karma Héruka de la
famille du Karma se manifestera devant toi, émergeant
de ton esprit. Il est vert foncé, avec trois visages,
six bras et quatre jambes étendues. Son visage de
devant est vert foncé ; son visage de droite est
blanc, son visage de gauche est rouge. Il tient une
épée dans sa première main droite, un
bâton Khatvanga dans celle du milieu et un gourdin
dans la troisième. Dans sa première main
gauche, il a une cloche ; dans la seconde un bol fait d'un
crâne et dans la troisième un soc de charrue.
Sa parèdre Bouddha Karma Krodishvari est
enlacée autour de son corps ; elle le tient par le
cou de son bras droit et, de sa main gauche, elle lui offre
des gorgées de sang de son bol en crâne. Ils se
manifestent ainsi devant toi, sexuellement unis, ayant
émergés de la partie nord de ton cerveau ! Ne
les crains pas ! Ne sois pas terrifié ! Ne les hais
pas ! Reconnais-les comme des images issues de ta propre
conscience. Ce sont tes propres archétypes divins ;
aussi, ne cède pas à la panique ! En fait, ils
sont le Seigneur Amogasiddhi Père et Mère ;
aussi, aie foi en eux ! À l'instant où tu les
reconnaîtras, tu seras libéré
!
Alors que vous
récitez ceci, le défunt les reconnaîtra
comme ses archétypes divins ; il se dissoudra
totalement en eux et deviendra un bouddha.
Donc, par les instructions
du maître spirituel, lorsque vous comprenez que ces
divinités sont vos propres visions, les
créations de votre conscience, vous serez
libéré exactement comme la peur vous quitte
lorsque vous réalisez qu'un lion qui vous terrifiait
était, en fait, empaillé. Quand vous
rencontrez un lion sans savoir qu'il est empaillé,
vous ressentez de la crainte et de la haine ; mais si l'on
vous dit de quoi il est réellement fait, vous
êtes soulagé et vous perdez toute crainte.
Aussi, quand vous verrez la foule des divinités
Hérukas, avec leurs corps immenses et leurs membres
puissants qui s'élèvent pour remplir tout
l'espace, vous ressentirez assurément de la crainte
et de la haine. Mais aussitôt que vous recevrez cette
orientation, vous serez en mesure de les reconnaître
comme vos propres visions ou comme vos propres
archétypes divins. La claire lumière sur
laquelle vous avez médité auparavant et la
claire lumière qui émerge maintenant
fusionnent comme mère et enfant, et vous êtes
instantanément libéré dans la
clarté naturelle de votre propre conscience. C'est
comme si vous rencontriez un vieil ami, étant
donné que, dans cette présence, tout ce qui se
manifeste est instantanément libéré. Si
vous n'avez pas reçu cette orientation, même si
vous êtes quelqu'un de bon, vous vous
détournerez de ces divinités féroces et
continuerez d'errer plus avant dans le cycle des
existences.
Alors, les huit
déesses Gauri et les huit vampires Pishachi, avec
leurs têtes d'animaux, émergeront de votre
esprit et apparaîtront devant lui. Après avoir
appelé le défunt (ou la défunte) par
son nom, vous devez le guider de la manière suivante
:
Ô noble Gilbert !
Écoute sans relâche ! Les huit déesses
Gauri émergeront de ton esprit et apparaîtront
devant toi ! N'aie crainte ! À l'est de ton cerveau,
apparaîtra une Gauri blanche, tenant à la main
droite un cadavre dont elle se sert comme gourdin, et
à la main gauche, un crâne rempli de sang. Ne
la crains pas ! Au sud, tu verras une Chauri jaune avec un
arc tendu d'une flèche ; à l'ouest, une
Pramoha rouge tient un étendard de victoire en forme
de crocodile ; au nord, une Vetali noire tient un vajra et
un crâne rempli de sang ; au sud-est, une Pukkasi
orange tient à la main droite des intestins : elle
s'en remplit la bouche et les dévore de la main
gauche ; au sud-ouest, une Ghasmari vert foncé tient
un crâne rempli de sang à la main gauche et un
vajra à la main droite avec lequel elle
mélange le sang et s'en nourrit ; au nord-ouest, une
jaune et pâle Chandali porte un corps et une
tête sur ses épaules : elle a un cœur dans la
main droite et se nourrit d'un cadavre avec la main gauche ;
au nord-est une Shmashani dévore un corps sans
tête. Toutes ces déesses Gauri de la terre
sacrée émergent de ton cerveau et
t'apparaissent ; elles encerclent les cinq Hérukas !
Ne les crains pas !
Ces
déesses Gauri ont des têtes et des visages qui
ressemblent à ceux des humains, mais elles ont trois
yeux, l'un d'entre eux étant dans le sens vertical,
au milieu du front. Elles ont deux bras et deux jambes.
Elles ont l'apparence la plus effrayante possible. Si elles
ne vous ont pas inspiré de la terreur, c'est que vous
ne les avez pas visualisées correctement. On dit
d'elles qu'elles viennent des terres saintes des
différentes régions de la terre. Elles sont
les gardiennes impressionnantes des cimetières
sacrés et des endroits de pouvoir.
Ô noble Gilbert !
Écoute sans relâche ! Ensuite, les huit
vampires Pishachi des terres sacrées
t'apparaîtront ! À l'est, une Simhasya violine
sombre à tête de lion, à la
crinière ondulante, tient un cadavre entre ses dents,
les bras croisés sur la poitrine ; au sud, une
Vyaghrasya rouge à tête de tigre, au regard
hypnotique, les bras croisés, fait grincer ses
canines ; à l'ouest, une Shrgalasya noire à
tête de chacal, un rasoir à la main droite,
tient à la main gauche des intestins dont elle se
nourrit ; au nord, une Shvanasya bleu foncé à
tête de loup, le regard fixe et hypnotisant,
soulève un cadavre à sa gueule de ses deux
mains ; au sud-est, une Grdhasya jaune clair à
tête de vautour porte un cadavre à
l'épaule et un squelette à la main ; au
sud-ouest, une Kankhasya rouge foncé à
tête de faucon porte un cadavre sur son épaule
; au nord-ouest, une Kakasya noire, à la tête
de corneille, une épée à la main
droite, mange des poumons et des cœurs ; au nord-est, une
Ulukasya bleu foncé à tête de hibou
mange de la chair, un vajra à la main droite et une
épée dans sa main gauche. Tous ces vampires
Pishachi de la terre sacrée émergent de ton
esprit ; ils t'apparaissent et encerclent les cinq
Hérukas ! Ne les crains pas ! Reconnais-les, quoi
qu'il arrive, comme le produit de la
créativité de ta propre
conscience/présence visionnaire !
Ces vampires
ont des têtes d'animaux, comme décrit
ci-dessus, deux bras et deux jambes. Ils sont cannibales et
repoussants.
Ô noble Gilbert !
Écoute sans relâche ! Les quatre déesses
qui Gardent la Porte émergeront de ton cerveau et
apparaîtront devant toi ; aussi, identifie-les !
À l'est de ton cerveau, une Ankusha blanche à
tête de cheval a un croc de fer à la main
droite et un crâne rempli de sang à la main
gauche ; elle apparaîtra à l'est. Au sud,
apparaîtra une Pasha à tête de porc qui
tient un nœud coulant. À l'ouest, une Shernkala
rouge à tête de lion tient une chaîne de
fer. Au nord, une Ghanta verte à tête de
serpent tient une cloche. Ces quatre déesses
Gardiennes des Portes émergeront de ton esprit et
apparaîtront devant toi. Reconnais-les comme tes
archétypes divins !
Ô noble Gilbert,
tout autour de ces trente divinités Hérukas
féroces, les vingt-huit déesses Ishvari, avec
leurs têtes diverses et leurs accessoires
variés, émergeront de ton cerveau et
apparaîtront devant toi. Ne les crains pas ;
identifie-les comme le résultat de la
créativité de ta propre conscience visionnaire
! À ce moment, où tu es arrivé au point
crucial de la cessation, souviens-toi des instructions de
ton maître spirituel !
Les trente
divinités Hérukas féroces sont les dix
Pères et Mères Hérukas, les huit
Gauris, les huit Pishachis et les quatre déesses qui
gardent les quatre portes. Les déesses Ishvari
ci-dessous sont aussi appelées " Yoginis ", indiquant
que ce sont des divinités des mondes subtils de
l'expérience intérieure des initiés
avancés. Ce sont aussi des divinités du
panthéon indien, la plupart d'entre elles
étant des formes féminines de divinités
bien connues comme Brahma, Indra, Kumara... Quelqu'un d'une
autre culture voudrait sans doute y inclure les anges
féroces de sa propre culture, les considérant
comme les icônes de ces êtres spirituels, les
principes vivant à l'intérieur de son propre
psychisme. Leurs têtes d'animaux indiquent aussi
qu'elles représentent les pouvoirs du monde naturel.
Faire la paix avec elles vous met ainsi dans un état
d'équilibre entre, d'un côté, votre sens
du divin induit pas votre culture et, de l'autre, les
présences vivantes au sein de votre environnement
naturel.
Ô noble Gilbert !
À l'est, un Rakshasi, de couleur violine sombre
à tête de yack, tient un vajra ; un Brahmi,
à tête de serpent, tient un lotus ; un
Maheshvari, vert foncé à tête de
léopard, tient un trident ; un Lobha, à
tête de mangouste, tient une roue ; un Kumari, rouge
à tête de mule, tient un javelot ; un Indrani,
blanc à tête d'ours, tient un nœud coulant
fait d'intestins. Ces six Yoginis de l'est émergent
de ton propre cerveau et apparaissent devant toi ! Ne les
crains pas !
À l'ouest, un
Bhakshasi, vert foncé à tête de vautour,
tient un gourdin ; un Rati, rouge à tête de
cheval, tient un torse humain ; un Mahabali, blanc à
tête de garuda, tient un gourdin ; un Rakshasi, rouge
à tête de chien, tient un rasoir vajra ; un
Kama, rouge à tête de huppe, tend son arc,
prêt à décocher sa flèche ; un
Vasuraksha, rouge et vert à tête de daim, tient
un vase. Ces six Yoginis de l'ouest émergent de ton
propre cerveau et apparaissent devant toi ! Ne les crains
pas !
Ô noble Gilbert !
Au nord, un Vayavi, bleu à tête de loup, tient
une bannière ; un Narini, rouge à tête
de bouquetin, tient un pieu, prêt à empaler
quelqu'un ; un Varahi, noir à tête d'ours et
à défenses d'éléphant, tient un nœud coulant ; un Rati, rouge à tête de
corneille, tient une peau d'enfant ; un Mahanasi, vert et
noir à tête d'éléphant, tient un
cadavre frais et boit du sang dans un crâne ; un
Varuni, bleu à tête de serpent, tient un lasso
à serpents. Ces six Yoginis du nord émergent
de ton propre cerveau et apparaissent devant toi ! Ne les
crains pas !
Ô noble Gilbert !
Le Corps de Vérité est issu de la
vacuité sous la forme des divinités
bénignes ! Reconnais-le ! Le Corps de
Béatitude est issu de la clarté sous la forme
des divinités féroces ! Reconnais-le ! Au
moment où la foule des cinquante-huit
divinités Hérukas émerge de ton esprit
et apparaît devant toi, si tu sais que tout ce qui
émerge vient de ton esprit et de l'énergie
naturelle de ta propre conscience, tu vivras le Corps des
Hérukas de manière non dualiste et tu
deviendras un bouddha !
Le concept de
l'indivisibilité de la clarté et de la
vacuité doit être mis en parallèle
précisément avec la non-dualité
inconcevable du Corps de Vérité ultime et du
Corps de Béatitude relatif des Bouddhas.
La vacuité
n'est pas un néant obscur, la zone purement
négative à laquelle nous pourrions penser
lorsque nous nous laissons aller à imaginer quelque
chose qui ressemblerait à un absolu
inconcevable.
La vacuité
est le vide de la réalité intrinsèque
à toute chose ; elle inclut la vacuité
elle-même.
C'est précisément cette forme de l'absolu qui
ne se pose pas comme une forme de pseudo absolu qui
interférerait avec le relatif ; c'est au contraire un
absolu qui n'interfère pas avec le réseau
infini des relativités. En conséquence, elle
est la créativité de la clarté, de la
lumière, de l'infinie distinction. Et cette
distinction est capable d'entrer en relation car elle est
libre de qualités intrinsèques. La
créativité et la liberté, la
clarté et la vacuité sont non dualistes.
L'aspect vide de la non-dualité est à
rapprocher du Corps de Vérité, de la
présence dans l'illumination de l'absolu comme corps,
une présence infinie et calme dont on peut faire
l'expérience. De la même manière,
l'aspect clair de la non-dualité est à
rapprocher du Corps de Béatitude, de la
présence dans l'illumination, de la présence
relative de l'absolu par l'extase qui s'autoproduit comme
corps, d'un corps
dont on peut faire l'expérience infinie dans une
extase orgasmique.
La présence du Corps de Vérité s'offre
à la conscience humaine sous la forme des
archétypes divins bénins. L'extase du Corps de
Béatitude est représentée sous la forme
des archétypes divins féroces. Et ces deux aspects de
l'illumination parfaite sont complètement
inséparables de votre intelligence et de votre
sensibilité naturelle. Si vous les reconnaissez comme
étant votre nature essentielle, alors la
liberté est vôtre, ainsi que l'illumination de
la Bouddhéité.
Ô noble Gilbert !
Si tu ne reconnais pas cela, tu t'attacheras à la
réalité superficielle ; tu ressentiras de la
crainte et de la haine, et tu fuiras ces divinités.
Tu tomberas à nouveau dans une misère infinie
! Si tu ne les reconnais pas, tu considèreras la
foule des divinités Hérukas comme s'ils
étaient des Yamas, des Seigneurs de la Mort, et tu
craindras les divinités Hérukas. Tu les
haïras, tu cèderas à la panique ; tu
défailliras ! Tes propres visions étant
devenues diaboliques, tu erreras dans le cycle des
existences.
Nous avons
rencontré Yama auparavant en tant que Seigneur de la
Mort ; le Seigneur du monde d'en dessous qui juge les hommes
et les mauvaises actions des défunts, et leur assigne
une destinée. Ses serviteurs sont ceux qui viennent
chercher les âmes des mourants. Donc, percevoir Yama
revient à rencontrer la mort dans le monde
intermédiaire, et à la percevoir comme un
être étranger, hostile, qui vous menace avec le
pouvoir ultime sur la vie et sur la mort, et sur la
destinée. Aussi, le défunt qui refuse de
convenir de la puissance et de la gloire de sa propre
conscience, celui qui ne peut incorporer toutes les images
refoulées de son inconscient, perçoit les
divinités féroces comme des êtres
étrangers et hostiles, des ennemis mortels et, en
conséquence, il cède à la terreur et
à la haine. Aussi, pour aider le mourant
efficacement, il ne suffit pas de le préparer aux
images pacifiques et calmes. Si l'imagerie indienne ou
tibétaine vous semble trop étrange et trop
exotique, il vous faudra recourir à l'imagerie de
votre culture, qu'elle soit celle des chérubins ou
séraphins féroces, des totems animaux, ou des
esprits de la nature chamaniques, pour préparer le
mourant aux représentations extravagantes et intenses
que son propre esprit génèrera
naturellement.
Ô noble Gilbert !
Ces divinités, qu'elles soient bénignes ou
féroces, seront dans leur plus grande dimension,
aussi grandes que l'espace, en général aussi
grandes que Sumeru, l'axe planétaire, et au minimum
plus de dix fois la hauteur de ton propre corps. Aussi, ne
les crains pas ! Toute l'existence visible se montrera sous
forme de lumières et de divinités ! Et toutes
les visions qui se manifestent comme lumières et
divinités doivent être reconnues comme
l'énergie naturelle de ta propre conscience. Quand ta
propre énergie, parvenue à la
non-dualité, se dissoudra dans ces lumières
naturelles et ces divinités, tu deviendras un bouddha
!
Ô mon entant ! Ce
que tu vois et ce que tu perçois, quelle que soit la
terreur que t'inspirent les visions qui t'adviennent,
reconnais-le comme tes propres visions ! Comprends que la
claire lumière est l'énergie naturelle de ta
propre conscience ! Si tu reconnais cela, il ne fait aucun
doute que tu deviendras un bouddha instantanément !
Ce que l'on appelle " la Bouddhéité parfaite
et instantanée " sera advenue ! Garde cela à
l'esprit !
Ô noble Gilbert !
Si tu ne reconnais pas la lumière maintenant, et si
tu te cramponnes à la terreur, toutes les
divinités bénignes se manifesteront en
gardiens Mahakala noirs ! Toutes les divinités
féroces se manifesteront sous la forme de
divinités Yama Dharmaraja ! Tes propres visions
étant devenues diaboliques, tu erreras dans le cycle
des existences !
Mêmes les
divinités bénignes t'apparaîtront comme
des gardiens démoniaques à l'aspect effrayant
et macabre ; de la même manière, les
divinités féroces t'apparaîtront comme
des dieux de la mort !
Ô noble Gilbert !
Bien que tu sois devenu un expert dans toutes les
écritures des sutras et dans les tantras, bien que tu
aies pratiqué le Dharma pendant des
éternités, si tu ne reconnais pas tes propres
visions, tu ne deviendras pas un bouddha ! Si tu reconnais
tes propres visions, avec une seule clé, un seul mot,
tu deviendras un bouddha ! Si tu ne reconnais pas tes
propres visions, alors, au moment où tu mourras, la
réalité se manifestera dans le monde
intermédiaire sous l'image de Yama Dharmaraja, le
Seigneur de la Mort ! Les divinités Yama Dharmaraja,
dans leur extension maximale, empliront tout l'espace ; dans
leur dimension moyenne, elles seront comme d'immenses
montagnes qui remplissent le monde entier. Les dents en
forme de crocs qui dépassent des lèvres, les
yeux comme du verre, les cheveux attachés au sommet
du crâne, le ventre proéminent, le cou gracile,
ils portent des planches de punition et hurlent : " Bats-le
! ", " Tue-le ! " Ils te vident de ta cervelle et ils
t'extraient le cœur et les organes vitaux. Ils se
manifestent ainsi et emplissent le monde.
Ainsi, les
dieux Yama de la mort sont la cristallisation de la
culpabilité criante et du remords inquiet, nés
non seulement des mauvaises actions, mais aussi de toutes
les impulsions négatives et malignes que le mourant a
réprimées.
Ô noble Gilbert !
Quand une telle vision se produit, n'aie pas peu ! Ne sois
pas terrorisé ! Tu es un corps mental fait
d'instincts : même tué ou
démembré, il ne peut mourir ! Étant
donné qu'en fait tu es une forme naturelle de la
vacuité, la colère qui vient de la peur
d'être blessé n'est pas nécessaire ! Les
Seigneurs de la Mort de Yama ne sont que des apparitions de
l'énergie naturelle de ta propre conscience et, en
fait, elles sont sans substance. La vacuité ne peut
blesser la vacuité !
Tu dois décider
fermement que tout ce que tu vois, les divinités
bénignes et féroces, les Hérukas, les
anges à tête d'animaux, les lumières
arc-en-ciel et les divinités Yama, rien n'a de
substance ; rien n'a d'existence objective sauf dans
l'aspect par lequel ils manifestent la
créativité naturelle de ta propre conscience !
Une fois que tu as compris cela, toutes les craintes, toutes
les terreurs s'évanouissent sur le champ ; tu te
dissous dans la non-dualité et tu deviens un bouddha
! Si tu les reconnais ainsi, tu dois ressentir une foi
intense et penser : " Ce sont mes archétypes divins !
Ils sont venus m'escorter et m'aider dans les passages
difficiles du monde intermédiaire ! Je prends refuge
en eux ! "
Sois attentif aux Trois
Joyaux ! Souviens-toi de ton archétype divin, quel
qu'il soit ! Appelle-le par son nom ! Invoque-le en disant :
" J'erre, je suis perdu dans le monde intermédiaire ;
sois mon sauveur ! Soutiens-moi de ta compassion, Ô
précieuse divinité ! " Appelle ton
maître spirituel par son nom et prie : " J'erre, perdu
dans le monde intermédiaire ; sois mon sauveur ! Au
nom de la compassion, ne me laisse pas ! " Aie foi dans la
foule des divinités Hérukas et prie-les
:
Alors que
l'erre dans le cycle des existences, mené par des
instincts puissants,
Que la foule des Seigneurs bénins et féroces
me guident sur la voie
De la claire lumière qui conquiert les visions
terrifiantes de la haine et de la peur !
Que la multitude des déesses féroces Ishvari
me soutiennent sur la voie
Et me délivrent des passages difficiles du monde
intermédiaire ;
Qu'ils me conduisent à la parfaite
Bouddhéité !
Maintenant que j'erre
seul, loin de ceux que j'aime,
Et que toutes les visions ne sont que des images vides,
Que les bouddhas usent de la force de leur compassion
Et anéantissent la terreur issue de la haine et de la
peur dans le monde intermédiaire !
Quand les cinq
lumières de la sagesse lumineuse
s'élèveront,
Puissé-je, courageusement, sans peur, les
reconnaître comme miennes !
Quand les formes des Seigneurs bénins et
féroces se manifesteront ;
Puissé-je, courageusement, sans peur,
reconnaître le monde intermédiaire !
Désormais, quand je souffrirai sous l'emprise du
devenir néfaste,
Que les archétypes divins dissipent cette souffrance
!
Quand la réalité s'anéantira dans un
grondement de mille tonnerres,
Puissent-ils tous devenir OM MANI PAME HUM !
Quand je serai poussé par le devenir sans
possibilité d'aucun recours,
Puissent les Seigneurs Compatissants m'accorder refuge !
Quand je souffrirai en raison des instincts du devenir,
Puisse la béatitude du samadhi de la claire
lumière descendre sur moi !
Faites que les cinq éléments ne
s'élèvent pas en ennemis !
Puissé-je contempler les terres pures des familles
des cinq Bouddhas !
Tu dois prier ainsi
avec une foi et un respect intense ! C'est extrêmement
important dans la mesure où c'est ce qui fera
disparaître ta terreur et ta peur, et ce qui te
permettra de devenir, avec certitude, un Bouddha dans le
Corps de Béatitude ! Ne flanche pas !
Vous devez lire ces
instructions trois ou sept fois. De cette façon,
quelle que soit l'importance des péchés,
même si le devenir est très défavorable,
il est impossible que le défunt ne soit pas
libéré ! Pourtant, bien que ces moyens soient
employés, si la reconnaissance de la lumière
ne se produit pas, il devra errer dans le troisième
monde intermédiaire, celui de l'existence
intermédiaire. Aussi, l'orientation pour ce monde
est-elle décrite en détail ci-dessous.
Les gens en
général, qu'ils aient peu ou beaucoup
d'expérience, ressentent confusion et panique au
moment de la mort. Il n'y a pas d'autres recours pour eux
que ce Grand Livre
de la Libération Naturelle par la
Compréhension dans le Monde
Intermédiaire. Ceux qui connaissent bien la
réalité de la claire lumière atteignent
le sentier de la réalité immédiatement
quand la matière et l'esprit se séparent. Ceux
qui sont vraiment réalisés, bien qu'ils
n'aient pas reconnu la claire lumière en toute
conscience de leur vivant, sont ceux qui ont le plus de
force quand elle apparaît à l'état
intermédiaire du moment de la mort. Aussi, pratiquer
quand on est vivant est très important ! Qui plus
est, ceux qui, de leur vivant, ont pratiqué les
visualisations des divinités tantriques aux stades de
la création et de la perfection seront ceux qui
auront le plus de force quand les visions bénignes et
féroces apparaîtront dans le monde
intermédiaire de la réalité. Aussi, il
est très important de cultiver durant votre vie votre
esprit avec ce Livre de la Libération
Naturelle. Vous
devez pratiquer cela ! Vous devez le comprendre ! Vous devez
le lire ! Vous devez le réciter ! Vous devez
l'apprendre par cœur
précisément ! Vous devez
le répéter trois fois par jour sans faillir !
Vous ne devez pas l'oublier même au moment où
vous êtes poursuivi par une centaine d'assassins
!
Ceci est Le Grand Livre de la
Libération Naturelle par la Compréhension dans
le Monde Intermédiaire. Même si quelqu'un a commis
les cinq péchés impardonnables, s'il a la
chance de l'entendre, il est certain qu'il sera
libéré. Donc, lisez-le dans la foule, sur la
place du marché, et diffusez-le
largement.
Même si vous ne l'entendiez qu'une fois comme ceci et
que vous ne compreniez pas sa signification, étant
donné que l'intellect devient neuf fois plus clair
dans le monde intermédiaire, vous vous le
remémorerez à ce moment-là sans qu'il y
manque le moindre mot. En conséquence, vous devez le
proclamer haut et le faire entendre à tous les
êtres tant qu'ils vivent. Vous devez le lire au chevet
de chaque malade. Vous devez le lire à chaque
cadavre. Vous devez le diffuser largement.
Quiconque le rencontre a
une destinée très positive. Il est très
difficile pour quelqu'un de rencontrer ce livre s'il n'a pas
accumulé beaucoup de mérites et de sagesse, et
s'il n'a pas résolu ses difficultés
émotionnelles et intellectuelles. Tous ceux qui
entendront cela seront libérés dans la mesure
où ils n'adopteront pas des vues erronées.
Donc, cet
enseignement doit être chéri comme quelque
chose d'extrêmement précieux. Il est la quintessence de tous
les enseignements.