SURRÉALISME 21

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Le Bardo Thödol


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Le Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire.

Les écrits sur la libération naturelle

L'histoire des textes

Selon les textes eux-mêmes, Le Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire fut composé par le grand initié Padma Sambhava, et dicté par lui-même à son épouse tibétaine, Yeshe Tsogyal, pratiquante de yoga. Il fut probablement écrit à la fin du VIIIe siècle. Padma Sambhava est une figure semi-légendaire, dont la biographie mythique contient quelques épisodes semblables à la vie du Bouddha Shakyamuni et qui rappellent celles des quatre-vingt-quatre grands initiés. Le nom de Padma Sambhava est l'un des mantras fondamentaux de la forme féroce d'Avalokiteshvara, l'Hayagriva couronné d'une tête de cheval (les divinités féroces ont toujours de la compassion, mais leur amour est rude). On dit que Padma Sambhava est né de la langue de Bouddha Amitabha dans les Terres Pures de la Félicité en Occident sous la forme d'un météore avec une queue en forme d'arc-en-ciel. C'était la réponse d'Amitabha à un appel du Bodhisattva Avalokiteshvara afin que davantage soit fait pour aider les êtres sur terre dans le royaume d'Uyana, alors sur le point de connaître une catastrophe à cause de la frustration de leur roi qui ne parvenait pas à donner vie à un héritier. Le météore fonça sur terre et plongea dans un lac couvert de lotus, dans une vallée agréable au nord-ouest du sous-continent indien, dans l'actuel Pakistan. Là où il atterrit, un lotus géant poussa, dans lequel, au bout du temps nécessaire, l'on vit un beau petit garçon, assis dans un halo de lumière aux rayons arc-en-ciel. Quand on lui demanda d'où il venait, il dit : " Ma mère est la sagesse, mon père la compassion, mon pays le Dharma de la réalité. "

Padma Sambhava a quelque chose d'un Superman tibétain. Il est le grand initié par excellence. C'est un Bouddha du Corps d'Émanation, capable de dispenser un enseignement sur le monde intermédiaire parce que lui-même peut y voyager quand il le veut. Après avoir vécu durant des siècles en Inde et y avoir fait des miracles, il alla au Tibet sur l'invitation de l'empereur Trisong Detsen pour l'aider, lui et le prêtre philosophe indien Shantarakshita, à construire le premier monastère qui fut jamais fondé dans ce pays guerrier. Au Tibet, il dompta beaucoup de démons, dispensa de nombreux enseignements, dont La Libération Naturelle, et finalement disparut dans son propre paradis sur terre, la Glorieuse Montagne de Cuivre, située quelque part en Afrique ou en Arabie. Il habite toujours là-bas, selon la vision mythique tibétaine.

Anticipant la grande persécution du IXe siècle qui devait détruire en grande partie le bouddhisme tibétain des origines, Padma Sambhava cacha de nombreux textes à travers tout le Tibet, dont Le Livre de la Libération Naturelle. Après la restauration qui vint plus tard, des traditions de " découvreurs de trésors " spirituels (tertoen en tibétain) émergèrent, qui montrèrent des pouvoirs de voyance extraordinaires, et parmi elles, des visions comme celles que permettent les rayons X. On pensa souvent qu'ils étaient des réincarnations de certains aspects de Padma Sambhava lui-même, ou de ses vingt-cinq principaux disciples tantriques. Il existe de nombreux récits racontant leurs découvertes de textes dans des grottes en haut de falaises, sous terre, dans les rochers et dans les arbres. Quelquefois, ils trouvèrent des trésors dans leur esprit, cachés là par le maître durant leurs vies antérieures, mémorisés dans leurs gènes spirituels, et ils les découvrirent au moment opportun. Cette tradition prolongeait l'ancien bouddhisme indien, particulièrement dans le monde des grands initiés. Après tout, le sutra entier du Véhicule Universel et l'ensemble des Tantras lui-même furent découverts, dit-on, au cours du 1er siècle avant Jésus-Christ par l'initié Nagarjuna, dans le palais du roi dragon au fond de l'Océan Indien !

Un célèbre découvreur du XIVe siècle s'appelait Karma Lingpa. Certains disent qu'il était une incarnation de Padma Sambhava lui-même. Il découvrit les textes du Livre de la Libération Naturelle dans une grotte, dans la montagne de Gampo Dar au centre du Tibet. Il y a eu de nombreuses controverses, au Tibet et en Occident, concernant l'authenticité de tels " enseignements fondés sur des trésors ". Ces désaccords nous importent peu, puisque la meilleure manière de juger un texte tel que Le Livre de la Libération Naturelle est d'apprécier son contenu, et non sa couverture. Si son contenu contredit les idées fondamentales de la tradition bouddhique, s'il semble incohérent, alors on peut le considérer comme une fabrication pure et simple et l'écarter. Si son contenu respecte la tradition intellectuelle, psychologique et spirituelle, s'il est raisonnablement présenté, lucide, riche de sens et utile, alors il doit être accepté comme un enseignement bouddhique authentique, un authentique traité de science bouddhique et un testament de la foi bouddhique. Une fois que cela est établi, si la tradition elle-même déclare que son auteur est Padma Sambhava, alors autant accepter aussi cette assertion.

Quant à l'identité de Padma Sambhava, il n'est pas nécessaire de juger ces articles de la foi religieuse pour étudier et utiliser le texte. {...}

Il est utile cependant de comprendre pourquoi Karma Lingpa découvrit le texte. Au XIVe siècle, le Tibet connut une grande renaissance spirituelle, institutionnelle et sociale, engendrée par de nombreux lamas remarquables appartenant aux ordres de Kadam, Sakya, Kagyu et Nyingma, et qui culmina dans la grande synthèse accomplie par Lama Jey Tsong Khapa autour de l'année 1400. Tous ces lamas étaient des savants, des saints, des scientifiques et des explorateurs psychonautes. Un grand nombre d'entre eux atteignirent, pense-t-on, le stade de la " mort lucide ". Ils avaient pratiqué les yogas de la phase de perfection décrits précédemment en consacrant leur vie entière à la concentration sur l'illumination, et avaient réussi dans leur entreprise de marcher intérieurement sur la lune, de rayonner dans le soleil et dans la claire lumière ultime en pratiquant ces formes de yoga, entreprise tout aussi stimulante et significative que les pas sur la lune de nos astronautes ! Ainsi, quand ils moururent, ils manifestèrent souvent des signes extraordinaires à ceux qui restaient ; ils maintinrent leur propre continuum de conscience et utilisèrent l'occasion de la mort pour profiter de leur acquisition des Trois Corps de la Bouddhéité et la renforcer. En outre, ils choisirent consciemment de s'extraire à nouveau de la réalité fondamentale de la claire lumière pour se réincarner dans l'utérus de mères tibétaines. Ils donnèrent des indices à ceux qui leur succédèrent pour qu'ils les retrouvent. Ils parlèrent haut et fort comme de petits enfants et exigèrent qu'on les ramène à leur monastère d'origine et à leur cercle de disciples. Et ils utilisèrent une vie après l'autre pour développer leurs propres aptitudes à l'illumination, pour former ceux qui avaient la chance d'être leurs disciples, et pour continuer le développement des sociétés tibétaine, himalayenne, mongolienne, mandchourienne et chinoise vers des civilisations humaines orientées vers l'illumination. Ces lamas initiés eurent tellement de succès et furent si universellement reconnus que les Tibétains s'accoutumèrent à la présence de nombreuses réincarnations ; si bien qu'ils refusèrent presque d'accepter l'autorité spirituelle de tout lama qui n'en était pas à sa troisième, septième ou onzième vie éveillée. Ces lamas étaient les chercheurs scientifiques les plus avancés, les saints et les saintes les plus charismatiques, les leaders sociaux les plus respectés et les membres les plus aimés de la société tibétaine.

Ainsi, le XIVe siècle fut une époque propice à la naissance des enseignements qui rendent la transition de la mort à la renaissance parfaitement claire pour le reste de la société. Ce fait et les phénomènes de l'état intermédiaire étaient connus depuis longtemps et décrits en détail dans le vaste ensemble que constituent les ouvrages des sutras accompagnés de commentaires, traduits du sanscrit au cours des cinq premiers siècles du bouddhisme tibétain. Les techniques de traversée du monde intermédiaire, telles que celles qu'enseigne Le Livre de la Libération Naturelle, étaient disponibles depuis longtemps dans les nombreux textes des Tantras. Les textes originaux des Tantras fondamentaux et leurs commentaires indiens rédigés par les grands initiés forment un ensemble comprenant plusieurs centaines de volumes de deux mille pages (selon les traductions qui en ont été faites en anglais) traduits d'après les originaux en langue indienne. Un ensemble secondaire et riche d'ouvrages tibétains se développa rapidement, créé par les centaines de milliers de savants et d'initiés tibétains éduqués dans les milliers d'universités monastiques de tous les ordres établis durant ces siècles de renaissance.

Le temps était donc venu de découvrir un autre joyau dans l'héritage fabuleux de Maître Padma Sambhava, né dans une fleur de lotus. Et, de façon tout à fait appropriée, un ouvrage fut découvert qui utilisait le mandala, ou univers purifié, du Tantra de Guhyagarbha (quintessence ésotérique), l'un des " anciens " (ie traduit en tibétain aux VIIIe et IXe siècles) Tantras les plus importants. Ce mandala transformait le monde humain ordinaire en un environnement parvenu à la perfection du bonheur, habité par une communauté de cent archétypes divins, bénins et féroces, qui représentaient les éléments de l'existence psychophysique humaine parvenus au bout de leur évolution. Ces divinités étaient des formes exprimant leur totale liberté par rapport à toute expérience forcée, un bonheur complet dans les fonctions qu'elles avaient choisies, et une aptitude absolue à partager leur bonheur avec tous les autres, selon la faculté des autres à prendre part à ce partage. Elles servent de modèle pour les humains qui voient la perfection vers laquelle ils doivent tendre ; ce sont donc des archétypes de toutes les énergies physiques et spirituelles épanouies dans l'illumination. Ce mandala était d'ailleurs utilisé depuis longtemps par des initiés pour leurs propres méditations transcendantes et créatrices.

La contribution spéciale de ce livre fut un accès plus large au monde des mandalas, de ces archétypes de la contemplation. La personne ordinaire qui n'avait pas reçu tout au long de sa vie une éducation dans une université monastique et qui n'avait pas eu la faculté, la préparation, l'occasion et le soutien nécessaire pour passer des années à se concentrer sur sa pratique, pouvait rencontrer cette communauté du mandala des cent divinités (ses énergies parvenues à la perfection) au moment critique, quand elle en avait le plus besoin, ie au moment de sa mort et de la période de transition qui suit la mort. Même si l'enseignement l'incitait de façon directe ou indirecte à ne pas attendre ce moment critique, il allait vers elle de toute manière, sans exiger d'initiation ni d'études. Il l'informait que son intelligence, qui lui permettait de comprendre la réalité, son pouvoir visionnaire, la possibilité qu'elle avait de choisir indépendamment de toute influence, d'être responsable du don de bienveillance qu'elle pouvait faire à des milliers d'êtres autour d'elle, et sa disponibilité pour la transformation, allaient être multipliés par neuf, durant l'expérience du monde intermédiaire. Il lui offrait un accès immédiat aux techniques les plus avancées du voyage dans l'espace intermédiaire, librement et facilement. Il lui permettait, à elle ainsi qu'à sa famille et à ses amis, d'avoir une idée bien meilleure de ce qu'avaient connu les psychonautes, ce à quoi ils avaient fait face, et ce qu'ils avaient accompli. Cela au moins lui donnait la possibilité, à elle et à ceux qui s'associaient à elle, d'accroître leur foi dans les lamas psychonautes, d'être plus ouverts à l'aide qu'ils pouvaient donner, plus vigilants pour les reconnaître comme guides et comme alliés au cours des épisodes difficiles du voyage dans le monde intermédiaire.

Naturellement, le texte du trésor découvert fut beaucoup apprécié dans le Tibet de la renaissance. Il fut copié et imprimé à partir du XVe siècle, puis largement diffusé et imité. Des traités parallèles furent composés, ajoutant de nouvelles dimensions aux textes existants et aux traditions orales des quatre ordres. Ces traités se développèrent sous de multiples formes. Au niveau populaire, il existe des textes amulettes, où l'on trouve des listes de prières de protection et de schémas à imprimer, à relier très serré et à placer dans des amulettes de métal destinées à être portées par des personnes vivantes ou mortes. Il existe des textes icônes, qui sont eux-mêmes des icônes de Bouddha utilisées comme objet de culte. Il existe des textes de mantras protecteurs, où l'on trouve des séries de mantras longs et courts à mémoriser et à réciter. À un niveau plus élevé, il y a des ouvrages techniques destinés aux pratiques de transmission des âmes, qui donnent des instructions aux initiés pour qu'ils apprennent à quitter consciemment leur corps. Il y a des motifs de mandala aux archétypes de plus en plus accessibles, avec des méthodes de visualisation plus raffinées et permettant une mémorisation et une efficacité plus grandes. Et il y a des instructions sur la contemplation de plus en plus explicites, comprenant de nouvelles idées et des techniques plus sophistiquées recueillies à partir des expériences des nouvelles générations de pratiquants initiés.

 

Les différentes sections du livre

Table des matières selon l'alphabet tibétain :

Index des ouvrages concernant la Libération Naturelle par la Compréhension, extraits de l'Enseignement Profond, la Libération Naturelle par la Contemplation des Divinités Bénignes et Féroces (1feuillet) :

ka.

La Prière du Yoga du Mentor des Trois Corps de Bouddha, extraite de La Libération Naturelle sans Abandon des Trois Poisons (3 feuillets)

kha.

Prière du Monde Intermédiaire de la Réalité, extraite de La Libération Naturelle par la Compréhension (36 feuillets)

ga.

La Manière d'Apparaître du Monde Intermédiaire des Divinités Féroces (21 feuillets)

nga.

Prière de Demande d'Aide aux Bouddhas et aux Bodhisattvas (3 feuillets)

ca.

Les Versets Essentiels des Sis États Intermédiaires (3 feuillets)

ja.

Orientation pour le Monde Intermédiaire de l'Existence, extraite de La Grande Libération par la Compréhension (35 feuillets)

nya.

Libération par le Port, Libération Naturelle du Corps (24 feuillets)

ta.

La Pratique du Dharma, Libération Naturelle des Instincts (26 feuillets)

da.

Les Cent Hommages, Libération Naturelle des Péchés et des Ténèbres (15 feuillets)

na.

L'Univers Immense des Divinités Bénignes et Féroces (24 feuillets)

pa.

La Libération Naturelle par la Vision Nue, l'Intelligence Identifiée (15 feuillets)

pha.

Tromper la Mort, La Libération Naturelle par les Signes, Exploration de la Mort (25 feuillets)

ba.

Tromper la Mort, La Libération Naturelle de la Peur (11 feuillets)

ma.

L'Enseignement de la Forme Naturelle de la Vertu et du Vice dans le Monde Intermédiaire de l'Existence (8 feuillets)

tsa.

L'Enseignement de la Forme Naturelle de la Vertu et du Vice dans le Monde Intermédiaire de l'Existence, Méthode Complémentaire (8 feuillets)

Au total 275 feuillets imprimés en Inde à partir du Shahatadara, le Grand mNga sde, le premier jour du premier mois de 1985.

 

Dans l'esprit du trésor original qui, selon Maître Padma Sambhava, devait servir d'une manière générale à aider les gens sur un plan pratique, j'ai essayé de présenter une version populaire et pratique du Livre de la Libération Naturelle. J'ai organisé le texte de la façon qui, selon moi, serait la plus profitable pour ceux qui l'utiliseraient à l'occasion d'une mort réelle, qu'il s'agisse de la leur ou de celle d'un proche. J'ai placé toutes les prières importantes dans une première section (suivant l'ordre donné dans la pratique concernant le monde intermédiaire de la réalité), puisque, selon les instructions, elles doivent être récitées au début dans tous les cas. Ensuite, je présente les trois mondes intermédiaires (ceux du moment de la mort, de la réalité, et de l'existence) en distinguant par des caractères gras les passages qui doivent être lus à haute voix en présence du mort. Les différentes parties de la traduction sont agencées comme suit :

Section préliminaire de prières

Prière du Yoga du Mentor des Trois Corps
Prière de Demande d'Aide aux Bouddhas et aux Bodhisattvas
Prière pour la Délivrance des Passages Difficiles dans le Monde Intermédiaire
Prière du Refuge contre Toutes les Terreurs du Monde Intermédiaire

Les Versets Essentiels des Six États Intermédiaires

Le guide des mondes intermédiaires

Préliminaires
L'État intermédiaire du moment de la mort
Le monde intermédiaire de la réalité des divinités bénignes
Le monde intermédiaire de la réalité des divinités féroces
Orientation pour le monde intermédiaire de l'existence

Traductions supplémentaires

La Pratique du Dharma, Libération Naturelle des Instincts
La Libération Naturelle par la Vision Nue, l'Intelligence Identifiée

Tandis que j'achève cet ouvrage, je suis frappé par la préoccupation des Américains concernant l'euthanasie chez les personnes âgées et chez celles qui arrivent en phase terminale de leur maladie. Il est clair que Le Livre de la Libération Naturelle déplore le suicide, sauf si la personne a atteint la libération, ou si elle pense pouvoir le faire avec certitude dans le monde intermédiaire. Le suicide est dans l'évolution une action négative qui consiste à ôter la vie. Pour un pratiquant des Tantras, c'est un déicide puisque le corps est lui-même le corps d'une divinité, ainsi que la demeure de nombreuses micro-divinités. D'un autre côté, les gens essaient d'être moins passifs devant leurs souffrances, de parvenir à un plus grand contrôle de leur vie par un meilleur contrôle de leur mort. Ils finissent par mûrir en prenant conscience du fait que les autorités ont des connaissances et des facultés limitées. Ils s'éveillent au fait que la qualité de vie est plus importante que la quantité approximative de temps impliquée. Et ils prennent courageusement leur décision.

Malheureusement, ceux qui se considèrent comme étant dans la phase terminale d'une maladie et qui souffrent, qui ont peut-être songé au suicide, croient-ils très probablement que la destruction de leur cerveau est en soi l'accomplissement de la " libération instantanée " vue comme un oubli total. Cela se révèlera avoir été un mauvais calcul, tragique pour certains d'entre eux. Il y a évidemment ceux qui sont habituellement heureux et joyeux, bons et généreux, capables de lâcher prise sans trop de difficultés, et qui réussiront à reconnaître la lumière plus brillante et à se fondre en elle, en dépit de leur surprise de ne pas trouver l'oubli, et même sans préparation formelle. Mais il y a aussi ceux qui sont plus tendus, moins souples, qui essaient de garder le contrôle à tout prix, à moins qu'on leur garantisse le néant, qui sont très attachés à leur corps, à leurs possessions, à leur identité et à leur confort. Ces gens souffriront vraiment dans le maelström du monde intermédiaire et auront peu de chance de bien s'en sortir, de trouver une bonne position sur la roue des possibilités, et encore moins d'atteindre la libération.

Aussi, j'espère que parmi ces gens, au moins quelques personnes, ou bien leurs maris ou leurs femmes, ou leurs amis, trouveront ce livre, ce Grand Livre de la Libération Naturelle par la Compréhension dans le Monde Intermédiaire et tenteront d'en faire usage, même dans la perspective du pari de Pascal. J'espère que cet ouvrage leur sera bénéfique. Même s'il aide une seule personne, il aura atteint le but qu'avait fixé Maître Padma Sambhava et ceux qui travaillèrent avec lui, et mes efforts n'auront pas été vains.

Puissent tous les êtres recevoir la bénédiction des Trois Joyaux !
Puisse la paix régner sur la planète, et la beauté demeurer sur la terre !
Puissent tous les êtres connaître le bonheur !
Puissent-ils vivre sous d'heureux auspices !



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