Fernando Narduchi,
Marco Antônio Garcia et José Marciel Silva
ont crée la Cie Balé de Rua après avoir
collaboré pendant quatre ans au sein d’un grand mouvement de
danse urbaine à Uberlândia, une petite ville du centre du Brésil.
Ils dansaient chacun de leur côté au sein de différents
groupes tout en développant une profonde et sincère amitié.
Ils ont ensemble l’envie de trouver un nouveau style de danse,
toujours urbaine mais avec une identité brésilienne marquée.
Marco Antônio
était très bon interprète de break dance et de funk.
N’ayant jamais suivi de cours de danse, cet autodidacte
pratiquait son art dans la rue depuis l’âge de 12 ans.
Fernando Narduchi avait suivi un cursus de danse classique et contemporaine. Il était
très engagé dans différents mouvements urbains,
principalement dans des manifestations afro-brésiliennes.
José Marciel
Silva
était réputé dans son quartier depuis son jeune âge pour ses
qualités de danseur de funk, hip hop et break dance.
La danse leur a permis de se découvrir en tant
qu’artistes.
Originaires d’une communauté très pauvre, ils
parviennent à force de travail et de persévérance à
accomplir jour après jour, petit à petit, les nombreux rêves
qu’ils ont fait et qu’ils continuent d’avoir pour leur
compagnie à travers leurs créations, les nombreux ateliers
qu’ils font au cours de leurs tournées au Brésil et à l’étranger.
Aujourd’hui ils vivent de leur art et sont fiers de représenter
leur peuple et de lui permettre d’être entendu lors d’événement
internationaux, même s’ils ont encore l’impression que ce
qui leur arrive n’est toujours qu’un rêve.
La Cie Balé de
Rua
est plus qu’un groupe de danse, c’est un idéal de vie.
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L’histoire
afro-brésilienne
Le
Brésil a vécu pendant 350 ans sous un régime esclavagiste. Dès 1532,
les Portugais, dans l’optique
de développer le Brésil et d’y implanter la culture de la canne à
sucre, ont recours à l’esclavage.
Très vite, des captifs africains vont suppléer massivement la main-d’oeuvre
indienne insuffisante
et jugée trop indocile.
Différents
peuples s’y succèdent et s’y entrecroisent (au XVIe siècle les
Guinéens puis les Soudanais,
au XVIIe les Bantous et au XVIIIe les Minas) apportant leur
savoir-faire, leurs techniques
et leur culture. L’héritage pluriel de ces esclaves est aujourd’hui
omniprésent au Brésil, mêlé
aux apports culturels européens et indigènes, il fait la spécificité
du Brésil, le pays le plus «
africain » d’Amérique.
Croyance
présente dans la région de Minas Gerais et Rio de Janeiro, l’Umbanda
née au début du XXème
siècle de la fusion de plusieurs religions (Candomblé, Catholicisme et
Kardécisme spiritualiste).
Les « guides » ont différentes origines et qualités, en voici
quelques uns : Caboclos
(indiens brésiliens), Crianças
(enfants) et les Pretos Velhos (vieux esclaves noirs) que l’on
retrouve dans le
spectacle du Balé de Rua. Esprits d’anciens esclaves africains
meurtris par les blessures, ilsreprésentent la force, la connaissance,
mais aussi l’amour, la patience et la charité. Lors des cérémonies,
les Pretos Velhos sont incorporés par les médiums et
offrent conseil et consolation à leurs
fidèles.
En 1888,
lors de la promulgation de la Loi Áurea, abolissant l’esclavage au
Brésil, le pays avait déporté
plus de 3,5 millions d’individus, soit la plus importante opération
de transfert forcé d’êtres humains
de l’histoire universelle.
Libres
enfin, mais laissés pour compte, aucune structure ne fût mise en place
pour l’intégration de ces
anciens esclaves. À la fin du XIXe siècle, les élites blanches
brésiliennes vont encourager l’immigration
européenne, persuadée qu’une fois libre la main d’oeuvre noire
refuserait de travailler mais
également dans l’objectif de blanchir la population.
Entre 1871 et 1920, poussés par les guerres et les pénuries économiques, près de 4 millions
d’immigrants s’installent au Brésil. Italiens, Allemands, Portugais, Libanais, Japonais, Polonais,
Ukrainiens viennent enfler les villes du Sud du pays et s’ajouter au melting pot brésilien.
Le Minas Gerais (Etat dont est originaire Balé de Rua) a connu un véritable essor au début du
XVIIIe siècle après la découverte de mines d’or et d’argent. Avec l’exploitation de ces mines, qui
survient au moment où s’amorce le déclin du commerce du sucre dans le Nordeste, le nombre
d’esclaves va tripler. La ville d’Ouro Preto (de l’« Or noir ») va devenir le point de convergence de
cette ruée vers l’or et le symbole de la prospérité de la capitainerie. Au cours du XIXe, le filon se
tarit peu à peu c’est la fin de l’âge d’or et l’essor de la caféiculture.
A titre indicatif, en 2006 l’état de Minas Gerais était composé de 46% de blancs, 46,3% de
métisses, 7,5% de noirs et 0,1% d’indiens ou d’asiatiques. En fait, le critère utilisé par le IBGE
(Institut Brésilien de Géographie et Statistique) est basé sur l’auto déclaration, ce qui génère
quelques distorsions du point de vue statistique, étant donné les préjugés existants encore
aujourd’hui envers les descendants africains. Nombreux sont les noirs à se déclarer « métisses »
et les métisses à se déclarer « blancs ».
En effet, le mythe de « paradis racial » autour duquel s’est construit l’identité nationale du Brésil
est à relativiser. Le concept de démocratie raciale élaboré par des intellectuels (comme Gilberto
Freyre) dans les années 30 et repris par les différents gouvernements successifs imprègne les
principales manifestations culturelles du pays. Toutefois dans les années 70, des mouvements noirs
se sont élevés contre cette vision idéalisée des rapports interraciaux.
Réélu en 2006, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva (dit Lula) s’engage à mettre le pays
sur le bon chemin, en jetant les bases nécessaires à une longue période de développement
économique, de justice sociale et d’approfondissement de la démocratie. Avec le plan « faim zéro »
l’état met en place des programmes de revenu minimum, d’assurance chômage, et élargit, entre
autres, les systèmes de sécurité sociale et de retraite. À la suite de son premier mandat, on estime
à 7 millions de personnes le nombre de brésiliens sortis de la misère. Mais le chemin est encore
long, car près de 30% de la population totale (190 millions d’habitants), vit encore sous le seuil de
pauvreté.
Sur le plan culturel, le Ministre de la Culture, Giberto Gil, lance en 2005 le programme Cultura Viva
dans le but de faciliter l’accès à la formation, à la création et à la diffusion envisageant la culture
comme instrument d’intégration sociale.
Son objectif principal consiste à diffuser la culture dans les coins les plus reculés du Brésil, mais
aussi à faire connaître les différentes expressions culturelles de l’intérieur du pays en les
promouvant dans les grands centres urbains.
En mai 2007, le Balé de Rua a inauguré son propre Centre Culturel, le seul de la ville d’Uberlandia
(500 000 habitants), et l’un des premiers Pontos de Cultura de ce programme gouvernemental.
1992
: création de la Cia Balé de Rua
2000
: professionnalisation des danseurs de la compagnie qui cessent leurs
“petits
métiers”
2002
: révélation de la Biennale de la Danse de Lyon
2005
: le spectacle « O Corpo Negro na Dança » est l’une des 6
créations brésiliennes
retenues pour être financée par la Fundação Vitae. Représente le
Brésil lors
de l’Année du Brésil en France.
2006
: Succès du spectacle éponyme de danse et percussions, Balé de Rua,
au théâtre
Mogador, à Paris. La compagnie est soutenue par la Kellog Fondation.
Mai
2007 : inauguration du Centre Culturel Balé de Rua (le seul théâtre
dans une ville
de 500 000 habitants), qui est l’un des 200 premiers points
culturels brésiliens
mis en place par le programme lancé par Lula “Ponto de Cultura
através do
Programa Cultura Viva do Ministério da Cultura”.
www.cultura.gov.br/sys/skins/cultura_viva_capa/
img/cartilha_cultura_viva_pt-br.pdf
La Cia Balé de Rua s’occupe actuellement de former
à la danse 8 groupes
représentant
environ 160 jeunes issus des différents quartiers d’Uberlandia.
Certains des danseurs
actuels de la compagnie proviennent de cette formation