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Le Festival
d’Île de France propose chaque année, aux mois de septembre et d’octobre, un ensemble de concerts dans des lieux du patrimoine francilien. Sa programmation variée présente des musiques classiques, traditionnelles ou de création contemporaine, avec bien souvent des passerelles entre ces répertoires. La série Factory est davantage orientée sur les musiques jazz et électroniques.
Musique et patrimoine.
Sur chaque spectacle, Festival
d’Île de France fait coïncider découverte musicale et découverte du
patrimoine régional. Cette relation est, depuis les débuts du FIF, un élément essentiel de son identité. Spectacles et lieux sont choisis en étroite relation, de sorte que contenu et contenant s’apportent mutuellement sens et émotion. Écrins d’exception, les châteaux, les églises, les théâtres ou les cirques, les anciennes fabriques ou les fermes pittoresques qui accueillent les concerts résonnent, le temps d’une représentation, de musiques imaginées en d’autres temps et d’autres contextes. Le public ne s’y trompe pas : amateur de musique, il vient aussi à la découverte de lieux souvent inaccessibles, avec chaque année des nouveautés.
Charlotte Latigra
Directrice du Festival
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Dimanche
3 septembre 2006 à 12h30
Château
de Villarceaux, 95710 Chaussy
Informations
et Réservation : 01 58 71 01 01
Tarifs
: 10/8/6 €
Un
caravansérail à Samarkand
Khan
Bogd, chant, danse, masques (Mongolie)
Delvin Duo, violon, accordéon (Albanie)
Mohi Sitora*, “toy”, fête traditionnelle de mariage (Ouzbékistan)
Shodiana*, trompes, percussions (Ouzbékistan)
Orchestre d’enfants du collège Kokil*, chant, dombra (Kazakhstan)
Tengir-Too*, chants et musiques des bardes (Kirghizstan)
Rysbek Jumabaev, conteur de l’épopée “Manas” (Kirghizstan)
Nurak Abdyrahmanov*, barde, komuz et castellet de chèvres-marionnettes (Kirghizstan)
Aqnazar Alavatov*, Sahiba Davlatshaeva*, chants, danses du Badakshan (Tadjikistan)
Les Gitans Dohad, chant, danse, fakir (Inde)
Fan Yin, vièle erhu, flûte, luth pipa (Chine)
Ahirkapi Roman Orkestrasi, orchestre tzigane (Turquie)
Compagnie Amuse-gueules, atelier de maquillage pour enfants
Catherine Gendrin, contes “Une route bordée de soie”
*
Artistes présentés par l’Initiative Aga Khan pour la musique
en Asie centrale, programme du Trust Aga Khan pour la culture.
Samarkand, au
cœur de l’Asie Centrale (actuel Ouzbékistan) est la ville emblématique de la Route de la soie dont elle fut l’une
des étapes-clé pendant des siècles, réunissant des éléments arabes, mongols, persans, turcs et chinois.
Cet antique creuset de
cultures et de peuples a longtemps brillé par ses marchés opulents, pleins de fruits, d’épices, de pierres précieuses et de
soieries, de même que par sa réputation pour la diplomatie. Sa musique est à la croisée de deux mondes, celui raffiné et
urbain des Perses (actuel Iran) et celui individuel et nomade des steppes mongoles. Le Toy, la fête traditionnelle en Asie
centrale, est la cérémonie incontournable de cette région. C’est donc à un Toy qu’est conviée la caravane venue de Chine,
transportant les épices, le jade et la soie dont l’Empire du milieu garda longtemps le secret. Et c’est remplie de somptueux
tapis, brocarts et caftans brodés d’or qu’elle repartira jusqu’à la Méditerranée, en passant par la Turquie et les côtes de
l’Adriatique, mêlant dans une même rencontre festive, nomades et sédentaires, urbains et tsiganes.
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Samedi
9 septembre 2006 à 18h & 20h30
La
Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, Paris 20°
Informations et réservation
: 01 58 17 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
LE
BLUES DU PIRÉE
Rébètiko
Nicolas
Syros, chant,
bouzouki et baglama (Grèce)
Athanasis
Syros, guitare, chant
Dimitris
Koutroubis,
baglama, chant
Yola
Matzavinou, chant
Babis
Vélisarios, bouzouki, baglama, chant
Ménélas
Evegénadis, guitare
Chansons
des fumeries et des prisons (1925-1935)
Chansons sur l’émigration, la misère, l’amour, la politique, les tavernes, les femmes... (1935-1955)
Comme le tango, le rébètiko est avant tout la musique des mauvais garçons, dockers ou voleurs des quais du Pirée à Athènes.
C’est l’univers des rébètes et des manges, des hommes en marge de la société, truands, trafiquants, petits travailleurs, dont le
point commun est la consommation de hachisch dans les téké, des petits cafés où l’on peut fumer tout en écoutant du
rébètiko. Le hachisch, bien que réprimé par la loi grecque, est alors toléré dans les faits. Depuis la Guerre
d’Indépendance, la situation politique est instable, l’atmosphère est à la corruption et à la violence. Dans cette société répressive, s’opposer à la
loi est une conséquence de la pauvreté. Une spécialité qui caractérise les manges. Le baglama et le bouzouki à trois cordes
sont les instruments symboliques du rébètiko. Le chant est lancinant et la voix rauque, les paroles chantées en argot décrivent
l’univers des prisons et de la drogue. La mièvrerie n’est pas de mise malgré le chagrin, et l’attitude de défi lancé à la mort et à
la misère fait tout le charme de cette musique. Né dans les années 20, elle a connu un certain succès à la faveur d’un autre
style, plus oriental, celui du café-aman importé avec la vague d’immigrés de Smyrne survenue à la suite de la guerre gréco-turque
de 1921- 22 ; une véritable catastrophe démographique qui ne fit que remplir les bidonvilles
d’Athènes et augmenter la pauvreté. Bien que cantonnée à une frange marginalisée et masculine de la population, le rébètiko va bientôt séduire les
classes bourgeoises qui vont s’enticher dans les années 50 de cette musique de canaille. Ce sera aussi le signe de son déclin.
Vassilis Tsitsanis, très populaire en Grèce, fut le dernier grand musicien de l’âge d’or du rébètiko. Nicolas Syros fut son élève
à la fin des années 60, acquérant ainsi les règles classiques du genre.
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Dimanche
10 septembre 2006 à 16h30
Abbaye
des Vaux de Cernay, 78720 Cernay-la-Ville
Réservation indispensable au 01 58 71 01 01.
Tarifs
: 20/18/16 €
VILLANELLES
DE NAPLES
Neapolis
Ensemble (Italie)
Maria
Marone,
chant
Giovanni
Migliaccio, guitares
Gianluigi
Sperindeo, mandola et mandoline
Roberto
Natullo, flûtes
Wally
Pituello, violoncelle et chitarrone
Raffaele
Filaci, percussions
Chants
et danses populaires à Naples du XVIe au XIXe siècle
Villanelles,
tarentelles et saltarelles
Neapolis est le nom antique de Naples. Neapolis -la nouvelle ville- marque l’opposition à l’ancienne Paleopolis – la vieille
ville. La musique napolitaine mêle les traditions savantes et populaires, on le sait depuis Provenzale ou Cimarosa. Le
répertoire présenté par le Neapolis Ensemble reprend le travail de nombre de compositeurs du XVIe jusqu’à aujourd’hui, à
savoir donner aux musiques populaires une dimension savante et introduire un peu de légèreté populaire dans la musique
savante. La tarentelle apparaît très tôt dans les opéras bouffe de Vinci et Paisiello ; de son côté, Pergolèse intègre des
canzoni populaires à ses ouvrages lyriques et les villanelles des compositeurs franco-flamands comme Adrian Willaert ou
Roland de Lassus, importées par les musiciens voyageurs de l’époque, sont interprétées à Naples en dialecte napolitain –
lui-même constitué de très nombreuses influences – par des interprètes jurant que ces petites formes sont purement... napolitaines.
À Naples, déjà, on aimait s’approprier le bien des autres !
Neapolis Ensemble éclaire cet héritage. L’ensemble s’est spécialisé dans l’exploration du répertoire de la musique
traditionnelle de Naples et de la Campanie du XVe siècle à nos jours. Constitué d’une chanteuse et de cinq musiciens, le
Neapolis Ensemble a décidé de mettre à jour ce répertoire qu’ils considèrent plus universel que local. Rappelons que
Naples a changé de “propriétaire” à maintes reprises dans l’Histoire : Normands, Angevins, Catalans, Espagnols..., ils ont
été nombreux ceux qui l’ont dirigée, cette ville pourtant réputée indomptable. Et qui dit passé multiculturel dit traditions
multiples et héritages culturels qui se mélangent au point de n’en plus discerner les contours. Naples est fière de son
Histoire et de ses musiques. Neapolis va nous aider à mieux les connaître. Savante et populaire, ces musiques ont des
formes différentes : villanelles, chansons, tarentelles que l’ensemble interprète à l’aide d’instruments traditionnels comme la
mandoline, la guitare, le tambourin. Ces chansons parlent de la vie de tous les jours, d’amour, de tristesse et de joie. Parfois
fonctionnelle quand elle prétend soigner les piqûres de tarentules (la tarentelle), elle peut aussi n’avoir qu’une fonction de
divertissement voir même inciter à la danse.
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Samedi
16 septembre 2006 à 20h45
Église
Notre-Dame-de-l’Assomption, 95150 Taverny
Informations et réservations : 01 58 71 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
LES
CHANTS DU CAUCASE
Chœur
Basiani (Géorgie), Ensemble vocal et instrumental
Guiorgui Donadze,
direction
Chants
sacrés de l’Église orthodoxe de Géorgie
Chants
traditionnels de Géorgie
Pointe la plus orientale du christianisme depuis sa conversion au IVe siècle, la Géorgie possède une tradition chorale aux
racines très anciennes. L’historien grec Xénophon avait déjà noté l’extraordinaire variété des chants et danses de guerre.
Aujourd’hui encore, chaque région de ce pays des rivages de la Mer Noire pratique encore un dialecte musical qui lui est
propre. Celui-ci s’identifie à des rythmes, des intonations, des harmonies et des textures particulières. Ces dialectes musicaux
ont cependant tous en commun une polyphonie exécutée par tradition par des voix masculines. Trois types de polyphonies
sont représentés : une polyphonie complexe originaire de la région de Svaneti ; le second type polyphonique est en forme de
dialogue entre deux voix hautes sur fond de basse, originaire de la région orientale ; la troisième et dernière polyphonie à trois
voix : elle est caractéristique de l’ouest de la Géorgie.
Comme tous les pays en butte à un environnement hostile, la Géorgie a jalousement préservé les vestiges de sa culture
ancestrale. Le chant en fait partie intégrante et il accompagne tous les actes de la vie quotidienne : chants de travail, chansons
d’amour, chant de fêtes, hymnes religieux, et même des chants de guerre qui doivent avoir malheureusement encore une
utilité puisque ce pays est en guerre permanente depuis des années avec ses voisins. L’ensemble vocal Basiani est issu du
chœur de la Cathédrale de la Sainte-Trinité de Tbilissi. Il s’est formé en l’an 2000 sous l’égide du patriarcat (catholique) de
Géorgie pour réhabiliter et interpréter ce patrimoine musical qui a été reconnu par l’UNESCO, dès 2001, comme “Chef
d’œuvre du Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité”. L’ensemble est constitué de dix chanteurs que dirige Guiorgui
Donadzé. Basiani poursuit une politique active en matière de diffusion et
d’enregistrements. Il participe à toutes les activités menées par le Patriarcat : service religieux, voyages à l’étranger, concerts officiels... Le répertoire de l’ensemble Basiani va des
chants sacrés des cultes byzantins et syriaques à la musique polyphonique profane mais Basiani se garde d’interpréter, on
s’en doute, le folklore abondamment propagé à l’époque du régime soviétique: Staline était Géorgien mais les Géorgiens n’en
tirent aucune fierté.
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Salon
de musique Concert-lecture
Depuis
quelques années, le public du festival a pu assister à des
concerts-lecture dans le cadre de ses Salons de musique.
Les habitués ont ainsi découvert des ouvrages, des musiciens et
des lieux secrets cachés dans la campagne francilienne.
Renouant avec la tradition des XVIIIe et XIXe siècles des salons
littéraires, ils permettent l’accès à des espaces le plus
souvent privés, que les hôtes mettent à disposition pour les
amateurs éclairés de livres précieux et d’œuvres musicales
rares. La formule
se veut conviviale, avec un petit-déjeuner offert et la visite
commentée du lieu. Pierre Barrat nous rejoint fidèlement
pour vous accueillir et lire ces pages dans le thème mythique de la
Route de la soie qui n’a pas manqué d’inspirer
romanciers, poètes et voyageurs.
Dimanche
17 septembre 2006 à 10h15
Caveau
du Saint-Esprit, 77160 Provins
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
DJAMILIA
de
Tchinghiz Aïtmanov
Pierre
Barrat,
récitant
Gérard
Madilian, doudouk et shêvi
Anouch
Donabedian, kamantcha
C’est en 1958 que Louis Aragon découvrit dans une revue soviétique Djamila.
Pour lui, cette longue nouvelle écrite par un
jeune auteur de 30 ans, Tchinghiz Aïtmatov, devint “la plus belle histoire d’amour du monde.”
Tchinghiz Aïtmatov est né dans un village de Kirghizie en 1928,
Cheker, où il fit ses premières études. Il connaît à 15 ans, l’âge de son héros, la guerre qui oppose l’Allemagne à
l’Union Soviétique. Fils de la terre, il poursuivra des études d’ingénieur agronome et de vétérinaire, qui le conduiront à travailler pour l’Institut de Recherches pour l’Élevage de
Kirghizie. Mais, dès 1952, il commence à écrire et à traduire en russe des
œuvres d’écrivains kirghiz, et à acquérir une certaine renommée en Union Soviétique.
La Kirghizie est une région au cœur de l’Asie Centrale qui a pour frontière la Chine, le Tadjikistan et le Kazakhstan, et c’est
aux confins des montagnes kirghiz et de la steppe kazakh que, dans une nuit d’août 1943, Djamila et Danaiîar vont
s’avouer leur amour, amour dont le jeune Seït sera le témoin et dont il nous raconte l’histoire. À travers ce récit, Aïtmatov
nous fait pénétrer dans cette région lointaine, et nous initie à la vie dure des hommes et des femmes qui y habitent. Les
traditions patriarcales liées au passé sont encore vivantes malgré les transformations de la vie rurale imposées par le
régime communiste.
Mais ce qui rend ce roman unique, c’est la découverte de l’amour par un enfant de treize ans, en découvrant ce qui se
passe entre Djamila, la femme de son frère parti à la guerre et le jeune Danaiïar, revenu lui de la guerre, blessé, “dans
cette nuit féerique où l’homme et la femme se reconnaissent et où l’enfant obscurément devine la lumière.” (Aragon)
Aragon a traduit du kirghiz, avec A. Dimitrieva, le roman de Tchinghiz Aïtmatov, et a écrit pour cette édition française,
une préface précieuse qui nous aide à mieux pénétrer la beauté de ce texte.
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Dimanche
17 septembre 2006 à 16h30
Abbaye de
Maubuisson, 95310 Saint-Ouen-l’Aumône
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 20/18/16 €
DANSE
DES DERVICHES
Les Derviches Tourneurs de
Konya, ensemble vocal et instrumental, danseurs (Turquie)
Yusuf Kayya, direction artistique
Chants et musique soufis, rituel du Sema, rituel mystique mevlevi
C’est
à Konya, d’où est originaire cette troupe de derviches
tourneurs, que Mevlana Celaleddin Rûmi créa cette branche du
soufisme au XIIIe
siècle. Avec lui l’audition musicale et la danse deviennent une
expérience mystique. Pour cela, le rituel obéit à
des règles précises. Ainsi, si l’ensemble des derviches tourne
dans le sens des planètes, c’est-à-dire contraire aux aiguilles
d’une montre,
chacun d’eux tourne également sur lui-même, la tête penchée,
la main droite vers le ciel et la gauche vers la terre.
Chaque détail du cérémonial dansé, appelé “Sema”, est
empreint de symbolisme : le manteau sombre dont les danseurs
se dépouillent
avant d’entrer en mouvement représente l’enveloppe matérielle
à laquelle l’homme renonce avant de s’unir à Dieu,
les larges robes blanches représentent le suaire et les toques
coniques, le sépulcre. À côté du kanun (cithare), du kemenche
(vièle) et du bendir (tambourin), les deux instruments
emblématiques du soufisme turc sont le ney, flûte de roseau
dont le son
extrêmement épuré évoque le chant de l’âme et le tanbûr,
luth à long manche. Le “Zikr” est le registre vocal qui
permet aux
derviches de rentrer en transe au moyen de la répétition du nom d’Allah.
Chaque invocation est rythmée par le souffle
qui donne ainsi à la voix une profondeur gutturale et au corps une
concentration qui doit se révéler extatique.
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Dimanche
17 septembre 2006 à 16h30
Manège
royal de Saint-Germain-en-Laye, 78100
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 20/18/16 €
LES
LETTRES PERSANES
La Simphonie du
Marais, ensemble instrumental
Anne Magouët, soprano
Daphné Touchais, soprano
François-Nicolas Geslot, haute-contre
Bertrand Chuberre, baryton
Marcel Bozonnet, récitant
Hugo Reyne, direction
Extraits des “Indes galantes”, “La fête persane”, “La Coulicam” de Jean-Philippe Rameau
Extraits des Lettres persanes de Montesquieu
Au début du XVIIIe siècle, en Europe, l’Orient est à la mode. Le péril ottoman a été vaincu vingt ans plus tôt par les Viennois
et les mauvais souvenirs s’estompent pour laisser place à une mythologie bariolée.
L’Orient, à cette époque, devient presque une appellation générique qui recouvre toutes les cultures “exotiques”. Une vision optimiste dominante regarde
l’Orient, l’Asie et l’Amérique comme des terres inconnues et fascinantes où règne la galanterie, et donc l’amour. En 1721, lorsque
paraissent à Amsterdam, les Lettres persanes, sous la plume d’un auteur qui ne dévoile pas encore son nom, l’Orient est le
prétexte et le contexte d’une satire sociale. En France, Rameau, en 1735, poursuit sur la lancée de l’exotisme à la mode pour
faire passer un message d’amour triomphant et de franche gaieté avec ses Indes galantes. Le propos, chez Rameau, est
clairement moins politique que chez Montesquieu. Mais le procédé est le même : sous les déguisements des protagonistes
(Usbek et Rica chez Montesquieu et les personnages de l’opéra de Rameau), ce sont les auteurs qui parlent du présent et de
leur pays. Le procédé, chez Montesquieu, est celui du “roman par lettres” déjà utilisé en 1684 par l’auteur italien Marana dans
L’Espion turc. Des turqueries alors en vogue, Montesquieu garde l’aspect exotique et en profite pour délivrer, masqué, une
réflexion philosophique sur la relativité des coutumes et la recherche d’un ordre universel guidé par la Raison ; les Lumières
sont en passe d’éclairer le monde.
Rameau eut moins d’ambition mais tout autant de succès que le Baron de Montesquieu.
Car lui aussi aimait prendre le risque de déplaire aux puissants pour dire sa vérité. Cela précisé, Rameau prend surtout un
malin plaisir à tout mélanger, comme si rien d’autre que rire n’avait d’importance: une fête provençale mêlée à une danse
africaine se déroule en Turquie, des Péruviens dansent la gavotte et les Sauvages un menuet.
Le projet présenté par Hugo Reyne a pour objectif de mettre en parallèle, en une même soirée, ces Lettres persanes de
Montesquieu avec les Indes Galantes de Rameau. Ainsi, quand le Premier Concert de Rameau commence par une pièce
intitulée Le Coulicam (transcription phonétique du nom Kouli Khan qui allait devenir roi de Perse en 1736), dans le texte de
Montesquieu, Reyne retient la Lettre persane XCI où “l’ambassadeur de Perse à Paris” manifeste son étonnement de. Un peu
plus loin, quand Usbek s’interroge sur la place de la religion et des religieux dans la société (Lettre persane CV et CVI), on
entendra un autre extrait des Indes galantes et quand Montesquieu décrit les Persans (Lettre LXXXVIII), Hugo Reyne choisit
d’y adjoindre la 3e Entrée des Indes galantes.
Si Montesquieu et Rameau n’avaient, à priori, jamais travaillé ensemble, c’est désormais chose faite.
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Samedi
23 septembre 2006 à 20h45
Église de
Saint-Sulpice-de-Favières 91910
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 20/18/16 €
LES
CANTIQUES DE L'ORIENT
Sœur Marie
Keyrouz, chant
L’Ensemble de la Paix, chœur et ensemble instrumental (Liban)
Chants des Églises chrétiennes
d’Orient
Chants écrits et chantés en arabe, selon la liturgie et les dogmes des
Églises chrétiennes d’Orient
Sœur Marie Keyrouz est née près de Baalbeck, au Liban.
C’est sous les bombes, pendant la fratricide guerre du Liban, qu’elle a
créé l’Ensemble de la paix, un orchestre multi confessionnel : “
Contre un mal aussi sophistiqué et moderne que la guerre, j’ai eu la conviction qu’on ne pouvait lutter efficacement qu’avec l’aide de ce qui est
beau ”. Pour elle, il s’agit de la voix, un art qu’elle a mis au service de Dieu. Membre de la congrégation des
sœurs Basiliennes Chouérites, sœur Marie Keyrouz s’est mise au travail : des diplômes de musicologie et d’anthropologie religieuse ont sanctionné ses recherches sur la musique et la
foi.
Sœur Marie est l’une des rares à pratiquer à la fois le répertoire oriental et occidental, dont les techniques, à priori,
s’opposent. “ Enfant, ma musique de tous les jours, était la musique profane orientale ; dans le domaine sacré, je suis passé
du rite maronite (familial) au rite orthodoxe byzantin pour finalement intégrer la congrégation Basilienne Chouérite
(catholique) ”. Malgré son intérêt pour Maria Callas et Oum
Kaltoum, sœur Marie a très vite désiré, comme elle le dit avec pudeur, interpréter un répertoire “moins frivole”. Elle a donc choisi d’interpréter les traditions sacrées orientale et
occidentale.
C’est ainsi que
Sœur Marie chante en libanais, en arabe, en français et en syriaque des airs sacrés de Gounod et César Franck,
des chants chrétiens des premiers siècles ; la religieuse est aussi compositrice : elle interprète donc également ses propres
compositions élaborées fort savamment sur des modes orientaux (modes sigah, sabah,...) choisis en fonction du sens du
texte et dont l’ambitus couvre jusqu’à deux octaves et demi. L’émotion est intense, le mélisme oriental charme même les
non-initiés : “ Dans le chant oriental, la sensualité, que je préfère appeler participation corporelle, est très présente. Pour
compenser, je laisse passer ce qu’il faut d’émotion orientale dans le chant
occidental ”. S 0156ur Marie assume le paradoxe du chant sacré dans des salles de concerts profanes.
“ J’y vais pour dépasser les limites de l’église, mais je ne suis pas là pour
baptiser les spectateurs ; c’est à chacun de découvrir un petit coin de paix et de sérénité grâce au chant. Chanter est ma manière de
prier ”.
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Samedi
23 septembre 2006 à 20h45
Pavillon
Baltard,
94130 Nogent sur Marne
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
L'ORIENT
RUSSE
Orchestre National d’Île de France
Graf Mourja, violon
Chœurs du Val-de-Marne
Jean-Marie Puissant, direction
Alexandre Vakoulsky, direction
Alexandre Borodine : “Dans les steppes d’Asie centrale”
Aram Khatchaturian : “Concerto pour violon”
Modest Moussorgsky : “Nuit sur le Mont chauve”
Béla Bartok : “Trois scènes de villages”
L’empire russe s’étendit longtemps en Asie centrale où les Russes cherchent leurs racines.
Les œuvres de ce programme
témoignent de cet “Orient russe” souvent plus fantasmé que réel mais bel et bien traversé, de part en part, par la Route de la
soie.
Alexandre Porfiriévitch Borodine est né et mort à Saint-Petersbourg (1833-1887). Fils naturel d’un prince caucasien, il fera
d’abord une carrière de médecin militaire avant de rencontrer Moussorgski, Liszt et Balakirev auprès de qui il étudiera. Dans
les steppes de l’Asie Centrale (1880) est son œuvre la plus descriptive, colorée et célèbre. L’empire russe laissant la place à
l’empire soviétique, certains compositeurs poursuivirent leur tâche sans barguigner.
Russe d’origine arménienne né en
Géorgie, Aram Illitch Khatchatourian (1903-1978) est rapidement devenu l’une des figures tutélaires de la musique officielle
soviétique. Ancré dans les traditions populaires arménienne, géorgienne, russe et soviétique, Khatchatourian a composé
quelques pages célébrissimes comme la Danse du sabre (extraite du ballet Gayaneh). Son Concerto pour violon est dédié à
David Oistrakh en 1946. La partie soliste est extrêmement brillante et
l’œuvre d’une belle énergie, avec des moments d’une grande poésie (1er et second mouvement). C’est Graf Mourja qui aura la lourde tâche d’assurer la partie soliste de ce Concerto
pour violon et orchestre dont Oistrakh fut aussi le premier interprète.
Dans le panthéon légendaire des Russes figurent aussi les Scythes. Pendant un millier d’années, ils occupèrent l’immense
steppe qui s’étend de l’Altaï au nord de la Mer Noire. Peuple nomade et conquérant, les Scythes échouèrent entre Caucase et
Russie méridionale. Leurs traces nous ramènent en Europe centrale avec Béla Bartok (1881-1945) dont la passion pour les
traditions populaires s’entend aisément dans ces Trois scènes de village (1926), pièce pour
chœur de femmes et orchestre de chambre créée en 1927 à New York sous la direction de Serge Koussevitzky. Bartok démontra, à cette occasion, au public
américain médusé, la richesse jusqu’alors insoupçonnée des musiques populaires.
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Concert-lecture
Dimanche
24 septembre 2006 à 10h15
Abbaye
de Royaumont, 95270 Asnières-sur-Oise
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
SOIE
d'Alessandro Barrico
Pierre
Barrat,
récitant
Caroline Delurbe, théorbe
Atsouko Nakamura-Constant, koto
Musiques
du Japon pour théorbe – XVIIe au XXe siècles,
et de France – XVIIe au XXe siècles.
Près
du cloître de l'Abbaye royale de Royaumont, se tient un salon dans
lequel deux femmes, deux cultures vont se répondre. L'histoire
se passe au XIXe siècle, quand la Provence était couverte de
mûriers blancs. Un homme va devoir traverser l'Europe et l'Asie,
jusqu'au Japon, pour acheter des œufs de vers à soie. Il y
rencontre une femme avec laquelle il ne peut communiquer mais qui
l'obsèdera. Le théorbe et le koto accompagnent ce roman érotique,
bruissant et chatoyant comme la soie.
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Dimanche
24 septembre 2006 à 16h30
Église
Saint-Mathurin, 77760 Larchant
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
UNE
ÂME BYZANTHINE
Divna,
chant, direction
Chœur
Melodi (Serbie)
La
divine liturgie de Saint Jean Chrysostome
Chants sacrés des Églises byzantine, bulgare et serbe
Comprendre la force du lien qui unit les Serbes à leur Église orthodoxe exige un rappel historique.
Les Serbes sont chrétiens
depuis le VIe siècle. Au début du XIIIe siècle, l’Église devient autonome grâce à Stefan Nemanja (1113-1199), prince unificateur
de la Serbie, et à son fils Rastko qui lui succède et obtient, en 1219, à Nicée, l’autonomie de l’Église serbe. Un siècle plus tard, la
place de l’Église orthodoxe est prépondérante en Serbie. L’occupation ottomane,en la combattant, va paradoxalement la
renforcer. Mais après un siècle et demi de persécution, dès la fin du XVIIIesiècle, les Serbes auront le droit de pratiquer leur
foi “librement”. Le Sultan a compris les bienfaits d’un encadrement de ses sujets les plus turbulents. Pendant toute cette
époque, les Serbes n’existent donc qu’en qualité de Chrétiens orthodoxes ; cela éclaire l’importance des liens qui unissent
encore aujourd’hui les Serbes à leur Église. Après 150 ans de partage du pays entre les empires Autrichien et Turc, les Serbes
ne retrouveront leur unité qu’en 1918. Le régime communiste, après 1945, portera un nouveau coup terrible à l’Église
orthodoxe en confisquant ses biens et emprisonnant ses moines.
Dans les années 80, après la mort de Tito et l’éclatement de la Yougoslavie, un fort
renouveau religieux se fera ressentir. C’est dans ce contexte que s’est imposée Divna
Ljubojevic. Née dans une famille très croyante, Divna découvre très jeune les chants liturgiques orthodoxes. Elle se plonge alors dans l’étude de ces chants sacrés,
qu’ils soient de tradition byzantine de Serbie, de Bulgarie ou de Russie. Sa démarche s’inscrit complètement dans la tradition
orthodoxe car le chant byzantin est la base de tous les chants orthodoxes. À 18 ans, Divna dirige déjà le
chœur de son école de musique à Belgrade puis elle fonde l’ensemble choral Melodi.
La liturgie habituelle des dimanches et des jours de semaine est
la liturgie de Saint Jean Chrysostome. C’est justement cette liturgie qu’interprètent Divna et les membres de Melodi : des
chants issus des plus anciennes pièces monodiques ou polyphoniques byzantines, serbes, bulgares et russes mais aussi des
chants contemporains. Par ailleurs, Divna tente de recréer un style d’interprétation qui s’était éteint au XIXe avec l’arrivée des
chants russes dans les Églises de Belgrade. Pour elle, c’est une forme de sacerdoce.
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Dimanche
24 septembre 2006 à 16h30
Musée
des Granges de Port-Royal-des-Champs, 78114 Magny-les-Hameaux
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 17/15/13 €
LA
BELLE MAGUELONNE
Vincent Le
Texier, baryton basse
Susan Manoff, piano
TBA, comédienne
Johannes Brahms, Lieder extrait du cycle “La Belle Maguelonne”
Texte de Ludwig Tieck
Adaptation et mise en espace de Nicole Aubry
La Belle Maguelonne, dont on trouve déjà des traces dans les contes populaires des Mille et une nuits, hante les légendes du
Moyen Age. Le thème a été repris en 1797 par Ludwig Tieck, l’un des premiers romantiques allemands avec Goethe, auteur de
contes fantastiques, génie célébré par Hoffmann et Hölderlin, précurseur de la notion d’inconscient qui sera formalisée
seulement un siècle plus tard. Entre 1862 et 1868, Brahms met en musique des poèmes de Tieck pour créer ce qui va devenir
l’un des plus grands chefs-d’œuvre du Lied allemand : le cycle La Belle Maguelonne constitué de quinze mélodies pour voix et
piano.
L’histoire raconte les péripéties d’un jeune noble, le comte Pierre de Provence, qui décide de quitter son pays natal et
ses parents pour explorer des terres inconnues et conquérir le vaste monde. En chemin, il rencontre Maguelonne, la fille du
roi de Naples et découvre la passion amoureuse. Mais l’exaltation de l’amour partagé ne dure que peu de temps car le destin
les sépare brutalement. Pierre devra traverser maintes épreuves avant de retrouver sa Belle Maguelonne.
Nicole Aubry a complètement réécrit le texte de Tieck, à l’exception notable de ceux mis en musique par Brahms. Quand
Ludwig Tieck s’attache principalement à l’aspect poétique et romantique de l’histoire d’amour entre Maguelonne et Pierre de
Provence, Nicole Aubry préfère rechercher l’essence même de ce conte : sa dimension initiatique et le voyage intérieur du
jeune héros. Pour elle : “ Cette nouvelle version redonne à l’histoire de La Belle Maguelonne tout son sens et toute sa
profondeur ”. (...) Il s’agit, précise t-elle : “
D’un grand voyage dans le temps qui va du monde chevaleresque jusqu’à nos jours, d’une belle histoire
d’amour et de vie. C’est le récit intemporel d’un parcours
initiatique...”. Comme il s’agit d’un spectacle, l’auteur a également
choisi d’insérer des dialogues dans la narration (en français) ; les interprètes, à tour de rôle, incarnent ainsi les différents
personnages de l’histoire.
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Vendredi
29 & samedi 30 septembre 2006 à 20h30
Opéra
de Massy, 91300
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 25/23/21 €
20/18/16 €
LA
LÉGENDE DE RAMA
Le
Khon, opéra traditionnel masqué et danse !
Théâtre national de
Thaïlande
Rôles principaux :
Rama, le roi : Klinchan Teeradach
Sita, la reine : Boonchoo Maneerat
Thotsakan, le démon : Tanaput Wacharawan
Benyakai, nièce du démon : Yamakupt Sauwaruck
Laksman, frère du roi : Boonlon Pongsak
Hanuman, chef de l’armée des singes : Jatuprayoon
Narration : Tadngoen Songpol, Tubporn Somchai
Chant : Tubporn Somchai, Thanomroop Nisa Piphat
Ensemble instrumental traditionnel
Deux scènes de l’épopée du
Ramakien, l’épopée du Roi Rama : “La Dame flottante”, “La Bataille”
Rama,
septième incarnation de Vishnou, est en prise aux maléfices du
démon Thotsakan, qui a capturé sa femme Sita. Avec l’aide
de son frère Laksman, Rama va entreprendre une guerre afin de
récupérer Sita.
Ces
quelques lignes pourraient résumer
le drame du Ramayana, l’épopée épique hindoue, véritable mise
en scène de la lutte entre le Bien et le Mal, qui s’est propagée
tout autour de la péninsule. Ainsi, le Ramakien, dérivé de
versions indonésiennes et bengali du Ramayana indien est
spécifique à la Thaïlande, pour laquelle l’histoire a été
adaptée à sa géographie. Mais le Ramakien est plus que cela car
il a laissé
ses empreintes sur toute la culture thaïlandaise, constituant l’une
des fondations de la littérature thaï. Ainsi, on retrouve
des écrits de ce drame dès le XIIIe siècle. Mais c’est au
XVIIIe siècle que les versions proprement thaïlandaises ont
été écrites pour
la première fois sous le royaume de Ayutthaya. Malheureusement
beaucoup d’entre elles ont été détruites lors
de la destruction de la cité en 1767 par les Birmans. La version
reconnue aujourd’hui a été supervisée et en partie écrite
par le roi Rama I en
1797. Son fils Rama II (1766-1824) va adapter le Ramakien au Khon,
le théâtre masqué. Cette
intervention du
pouvoir politique (les rois suivants continueront d’emprunter leur
nom à la divinité avec Rama III et IV) sur une œuvre qui
intègre des éléments de la culture archaïque du royaume de Siam,
autant que bouddhique et brahmanique, montre à quel
point elle est devenue la pierre angulaire de la construction des
Thaïlandais en tant que peuple.
Dans
le théâtre Khon, qui
est devenu le support privilégié du Ramakien, l’histoire
racontée par un narrateur est interprétée par des danseurs
masqués qui ne
doivent ni parler ni chanter ; d’où la présence, outre d’un
narrateur, de chanteurs et d’un orchestre. Les masques
sont la caractéristique la plus importante du Khon, car ils
permettent de distinguer chacun des personnages. La perfection
d’une représentation de Khon repose sur la coordination du
danseur, du narrateur et de l’orchestre, appelé Piphat.
Ce dernier comprend un ou plusieurs xylophones (ranad) qui dirigent
l’ensemble, divers tambours et cymbales, un hautbois
ou une flûte et un jeu de gongs accordés, le tout disposé en
cercle. La réalisation d’une telle fresque nécessite de la
part des danseurs de longues heures de travail depuis leur plus
jeune âge pour retenir tous les mouvements qui sont rigoureusement
codifiés. Les postures et les gestes (on en dénombre environ 68)
ont un sens connu du public qui peut donc
suivre et comprendre les danseurs.
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Vendredi
29 & samedi 30 septembre 2006 à 20h30
Dimanche 1er octobre 2006 à 16h30
Cirque
d'Hiver-Bouglionne, Paris 11°
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 25/23/21 €
20/18/16 €
17/15/13 €
LES
NUITS D'ISTANBUL
Burhan Öçal, percussions
Arif Erdebil, ney
Nouvel Ensemble oriental d’Istanbul,
Trakya All Stars, ensemble tzigane d’Istanbul
Yeni Rüya, ensemble instrumental
Carte blanche à Burhan Öçal (Turquie)
Burhan Öçal, percussionniste et poly-instrumentiste turc, compositeur prolifique aux mille et un projets, est
l’homme-orchestre de cette soirée qui se veut un voyage au cœur des différentes influences de la musique turque, des mélopées
tsiganes à la musique classique orientale.
Né à Kirklareli en Thrace, non loin d’Istanbul, dans une famille de musiciens,
Burhan Öçal est devenu un virtuose de la batterie et des percussions orientales (darbuka, davoul et bendir). Non content de
se démarquer sur le terrain du rythme, Burhan Öçal est aussi doué pour les instruments à cordes tel que le quanun ou le
oud. Cette agilité lui permet de naviguer aisément sur différents répertoires, des modes classiques du makam
(maqâm pour les autres pays arabes, makam étant spécifique à la Turquie) aux ensembles vocaux ottomans, en passant par un registre plus
populaire, voire tsigane.
De ce fait, Burhan Öçal est devenu l’un des musiciens incontournables de la scène musicale turque. Et de la Turquie, il a
gagné le monde en s’installant à Zurich dans les années 70 où il a entamé des collaborations tout azimut avec des artistes
aussi prestigieux et variés que Joe Zawinul, Jamaaladeen Tacuma, avec qui il a composé un réjouissant Groove alla turca,
Trilok Gurtu, Nana Vasconcelos ou la pianiste classique portugaise Maria João Pires.
Toutes ces escapades ne l’ont pas empêché de rester fidèle à ses amis turcs qu’il invite pour ces Nuits
d’Istanbul, notamment l’Ensemble Oriental d’Istanbul avec qui il aura exploré les classiques de la musique turque et tsigane. Le rejoindront
également les musiciens de Trakya All Stars, venus de sa ville natale Kirklareli où ils jouent une musique gypsy qui influença
l’enfance de Burhan.
Enfin, ces nuits compteront avec la présence du prestigieux joueur de ney (flûte) Arif Erdebil avec qui il a
produit un album de musique savante turque et soufi.
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Samedi 30 septembre 2006 à 20h30
Orangerie
de Meudon, 92360
Informations et réservations :
01 58 71 01 01
Tarifs
: 16/15/13 €
13 €
LA
MONTAGNE SACRÉE
Les Maîtres de musique d’Arménie
Anna Mayilyan, chant
Arkady Poghossian, tar
Varazdat Hovhannissyan, doudouk
Artur Grigorian, beloul, shevi
Robert Durunts, tambours dhol et daf
Orchestre des conservatoires de l’Arc de Seine
Alexandre Siranossian, direction
Chants et danses populaires d’Arménie, chansons des troubadours des Xe, XVIe et XVIIIe siècles
Ruben Altunyan, “Chants pour l’Ararat”, suite pour ensemble traditionnel et orchestre de chambre sur des
musiques de Soghomon Komitas et Sayat-Nova
Terre de rencontre entre Orient et Occident, pays de tradition et de culture ancestrales,
l’Arménie présente une musique d’une grande beauté et d’une couleur spécifique qui la distingue de ses voisines perses, turques ou géorgiennes.
Ses musiques traditionnelles, dont les origines remontent aux premiers siècles de notre ère, portent l’empreinte de son histoire
mouvementée et souvent douloureuse.
Les Arméniens s’identifient très intensément à leur foi chrétienne. Dernier rempart contre tous les envahisseurs, le
christianisme a laissé dans la culture arménienne et donc dans sa musique, une forte imprégnation religieuse.
Les envahisseurs perses, turcs, arabes ou mongols ont laissé des traces dans la musique arménienne : micro-intervalles,
quarts de ton, rythmiques impaires complexes : l’Orient s’entend clairement dans la musique d’Arménie. Qu’il s’agisse des
chants des Achough – troubadours –, des musiques de fêtes et de réjouissances de la vie quotidienne, des chants religieux
anciens (Charagans) reposant sur les monodies pré-chrétiennes, des chansons épiques relatant les hauts faits des grandes
figures historiques du pays, toutes les facettes de la musique arménienne transpirent cette âme et ce caractère si singulier des
Arméniens où la mélancolie côtoie intimement un désir de joie intense. Les instruments de cette musique sont souvent les
mêmes que ceux utilisés chez les voisins du Caucase, d’Anatolie ou de Perse. C’est vrai du tar (luth à long manche), du
kemantché (vielle à pique) ou du kiamani, proche de la viole de gambe. Par ailleurs, le doudouk (clarinette basse), le
shevi, (flûte), le dehol et le def (tambours sur cadre) ont constitué depuis des siècles les instruments de l’orchestre traditionnel.
C’est cette musique arménienne séculaire, savante et raffinée, imprégnée de traditions populaires, que présente les Maîtres de
musique d’Arménie. Avec la participation de l’orchestre des conservatoires de l’Arc-de-Seine, constitué de jeunes musiciens
réunis exceptionnellement pour | |