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Transmission sexuelle du VIH


Q-R 1

Q. Peut-on attraper le virus du sida s'il y a pénétration juste une seconde ou deux lors du début de l'érection (donc pas de liquide sécrété encore) ?

R. Même au cours d'une pénétration de très courte durée, il y a toujours un risque de transmission du virus du Sida en raison de la présence de liquide séminal qui se trouve à l'extrémité de l'urètre. D'autre part, il faut savoir que lors d'une pénétration de très courte durée, même au début de l'érection, ce liquide séminal peut se trouver déjà au niveau du méat, à l'extrémité de la verge. Enfin, une éjaculation précoce peut toujours se produire : l'état d'excitation ne se contrôlant pas toujours aisément. (0897)


Q-R 2

Q. J'angoisse comme un fou parce que j'ai eu une aventure d'un soir avec une collègue de bureau. Il n'y a pas eu pénétration, mais nous avons eu des attouchements sexuels (pénis contre sexe) tout en gardant nos slips, ce qui évidemment n'est pas une protection aussi efficace que le préservatif. Nous avons fait une fellation dans les deux sens (homme -> femme et femme -> homme).

Rentré à la maison, mis à part le fait d'avoir vécu un mauvais rêve (sexe nul à la va-vite), je me pose la question de savoir ce que je dois annoncer à ma compagne.

Pour l'instant, je n'ai rien dit et j'ai continué d'avoir des relations sexuelles régulières avec ma compagne.

Est-ce que je prend un risque insensé en continuant ainsi ?

Il faut ajouter que si je lui annonce mon aventure, il est fort probable qu'elle ne l'admettra pas.

Je serais extrêmement soulagé d'entendre un avis d'expert.

R. Votre première question pose le problème de l'estimation du risque d'une transmission du virus HIV (ou d'autres germes) dans les situations où il n'y a pas intromission du sexe de l'homme dans le sexe de la femme, mais durant lesquelles il y a des caresses sexuelles au travers des sous-vêtements (contacts notamment des deux sexes au travers des sous-vêtements).

Il pourrait y avoir un risque de transmission du virus HIV (ou d'autres germes) si des sécrétions vaginales infectées sont mises en contact, par exemple par l'intermédiaire de la main, avec une lésion du pénis qui saignerait. Inversement, il pourrait y avoir un risque de transmission du HIV (ou d'autres germes) si du sperme ou du liquide spermatique est déposé, par exemple, par la main de l'homme sur la muqueuse génitale de la femme.

Pour ce qui concerne la transsudation des sécrétions sexuelles à travers les sous-vêtements, elle est effectivement possible. Mais personne ne peut dire si elle est suffisante pour provoquer une infection par le HIV (pour des maladies sexuellement transmissibles très contagieuses, comme les papillomavirus, cela est probable).

Il faut aussi ne pas oublier que, même au cours d'une pénétration de très courte durée, il y a toujours un risque de transmission du virus du Sida en raison de la présence de liquide séminal, qui se trouve à l'extrémité de l'urètre. D'autre part, il faut savoir que, lors d'une pénétration de très courte durée, même au début de l'érection, ce liquide séminal peut se trouver déjà au niveau du méat, à l'extrémité de la verge. Enfin, une éjaculation précoce peut toujours se produire, l'état d'excitation ne se contrôlant pas toujours aisément.

Concernant la fellation : ce peut être un mode de transmission du virus HIV en cas de lésion buccale pouvant saigner (cela peut être le cas d'ulcération, d'aphte ou chez certaines personnes ayant des gencives fragiles, notamment après un brossage trop énergique des dents). En l'absence de lésion de la bouche pouvant saigner, la fellation n'est pas un mode de transmission du HIV. Lors de pratique sexuelle mettant la bouche au contact des parties génitales féminines (cunnilingus), il y a un risque de transmission en cas de lésion au niveau de la langue, pouvant saigner (ce qui, spontanément, est peu fréquent) ou si, au cours de cette pratique sexuelle, apparaît un saignement au niveau d'une lésion : ce peut être en effet le cas, lors d'un effort inhabituel de la langue, au niveau du frein de la langue.

Pour ce qui concerne une personne qui aurait des rapports sexuels avec personnes autres que son (ou sa) partenaire habituel(le), il convient d'éviter tout risque de transmission, et donc d'utiliser, notamment des préservatifs. Certains n'oseront pas en parler avec leur partenaire habituel. C'est effectivement délicat. Et, il n'est pas simple de vous répondre sur ce sujet. On peut certes dire à son (ou sa) partenaire habituel que l'on est obligé de porter temporairement un préservatif sur le conseil de son médecin car on a "des problèmes urinaires infectieux" (sous-entendu, il ne s'agit pas d'un problème sexuel). Mais il n'est pas simple de mentir à une personne que l'on connaît depuis longtemps et avec laquelle on vit ; et puis, ce genre de mensonge ne peut être utilisé que temporairement. D'autre part, on ne peut avoir de rapports sexuels à risque de transmission d'infections avec plusieurs partenaires en oubliant que de telles pratiques peuvent mettre la vie de ces personnes en danger, et ce d'autant plus si ces personnes vous sont chères. (1197)


Q-R 3

Q. J'aimerais savoir si, après avoir retiré la capote et que nos deux sexes sont encore recouverts de sperme, il peut y avoir risque de contamination. Je suis homosexuel.

R. Pour ce qui concerne le risque de contamination, après avoir retiré les préservatifs, entre deux sexes masculins recouverts de sperme : ce risque est possible si les sexes sont mis en contact et que du sperme de la personne contaminée est mis en contact avec une lésion minime (le saignement peut ne pas être visible à l'œil nu) du sexe de l'autre personne (cette lésion a pu être provoquée lors du rapport sexuel, par exemple à la suite d'un échauffement local) ou, ce qui est peut-être moins probable (mais qui n'est pas impossible), si du sperme de la personne contaminée coule sur l'extrémité du sexe de l'autre personne, au niveau précis de son méat urétral.

Ce sont des raisons pour lesquelles on recommande après un rapport sexuel, que ce soit dans le cadre d'un rapport homosexuel ou d'un rapport hétérosexuel, de faire une toilette du sexe dès qu'on a enlevé le préservatif.

Si on souhaite avoir, ensuite, un autre rapport sexuel, il faut mettre de nouveaux préservatifs. (1197)


Q-R 4

Q. J'ai eu un rapport protégé avec une fille, mais après ça, j'ai enlevé la capote et elle m'a masturbé...

Elle avait encore de ses sécrétions vaginales sur la main !

Y-a-t-il un risque de contamination main -> pénis ?

R. Votre question porte sur le risque que pourrait encourir un homme qui a été masturbé par une femme (dont on ne sait pas, a priori, si elle est porteuse ou non du HIV, ou d'une autre infection sexuellement transmissible) et dont la main portait des traces de sécrétions vaginales.

On peut répondre qu'il peut y avoir un risque de transmission du HIV si des sécrétions vaginales infectées étaient mises en contact avec une lésion du pénis qui saignerait ou qui présenterait une érosion minime (pas de sang visible à l'œil nu, dans ce cas). Mais il s'agit d'un risque rare. Pour d'autres maladies sexuellement transmissibles, ce risque peut être plus élevé : c'est le cas des papillomavirus qui sont très contagieux ; ils occasionnent, chez l'homme, des lésions visibles, mais qui n'ont aucun caractère de gravité (sauf dans le cas de la transmission à une autre femme ; car chez la femme, ces lésions ne sont souvent pas visibles à l'œil nu ; mais elles peuvent être la cause de cancers du col de l'utérus). (1197)


Q-R 5

Q. J'ai eu une relation avec une personne séro+ et je me suis protégé, mais nous nous sommes embrassés, et j'ai eu un saignement de gencive ; je voudrais savoir si il y a un risque de transmission ?

On m'a dit que la salive neutralise en partie le virus. Est-ce vrai ou pas ?

R. Il existe effectivement des substances dans la salive qui ont une action anti-HIV ; cette action est cependant partielle en raison de la faible quantité présente de ces substances.

Si un partenaire a un saignement de gencive, il y a un risque de transmission au cours d'un baiser si l'autre partenaire a aussi un saignement de gencive ; il y a aussi un risque en cas de fellation. (0298)


Q-R 6

Q. Juste une question : j'ai eu une relation homosexuelle avec un homme, et après coup j'ai quelques remords...

Nous avons utilisé des préservatifs pour la sodomie ; est-ce vraiment fiable ? J'entends, à la base du pénis, le préservatif laisse une petite place, n'y a-t-il pas un risque en cas de sodomie "profonde" de transmission juste au niveau de l'anus ?

Nous avons fait une rapide fellation (3mn) sans éjaculation, mais sans capotes... est-ce risqué ?

Nous nous sommes masturbés, et j'ai continué à le caresser, disons pendant 5mn après son éjaculation... J'avais de son sperme sur les mains, y a-t-il un risque ? Je n'avais aucune lésion apparente sur les mains...

Enfin, le contact main-sexe est-il risqué ? Ai-je risqué quelque chose lorsqu'il m'a masturbé (j'ai éjaculé dans sa main) ?

J'ai déjà lu les réponses fréquentes, mais j'ai besoin d'une "confirmation" pour mon cas précis, car je me sens assez mal à l'aise...

R. S'il est utilisé convenablement, le préservatif permet d'assurer une bonne prévention de la transmission du HIV au cours de tout rapport sexuel. Si la taille de préservatif utilisée est convenable (adaptée à celle du pénis en érection), il n'y a pas de possibilité de reflux de sperme au niveau de l'extrémité supérieure du préservatif (au niveau de la base du pénis).

Concernant la fellation sans éjaculation, il y a toujours un risque s'il existe des microlésions au niveau des gencives (le saignement peut ne pas être visible à l'œil nu). D'autre part, même en l'absence d'éjaculation, du virus peut se trouver au niveau du méat, à l'extrémité du pénis.

Concernant le contact de la main avec du sperme ou avec le sexe, il n'y a pas de risque s'il n'y a pas de lésion cutanée. (0298)


Q-R 7

Q. S'il existe un risque de contamination lors d'une fellation sans éjaculation, alors cela veut dire que la peau (du sexe en l'occurrence) transmet le virus... En effet, sans éjaculation, comment le virus se propage-t-il ?

D'autre part, existe-t-il un site regroupant les endroits où l'on peut faire un test anonyme en France ?

R. Concernant la fellation, le risque de transmission du HIV est possible en cas de lésion pouvant saigner, comme par exemple une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple bossage des dents. Mais, il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu.

À cette occasion, il peut y avoir un risque de contamination à partir d'un sexe d'homme sans qu'il y ait d'éjaculation. Cela est possible parce qu'il y a toujours des "micro-éjaculations internes".

Il ne faut pas oublier que même au cours d'une pénétration de très courte durée, il y a toujours un risque de transmission du virus du Sida en raison de la présence de liquide séminal qui se trouve à l'extrémité de l'urètre. D'autre part, il faut savoir que lors d'une pénétration de très courte durée, même au début de l'érection, ce liquide séminal peut déjà se trouver au niveau du méat, à l'extrémité de la verge. Enfin, une éjaculation précoce peut toujours se produire ; l'état d'excitation ne se contrôlant pas toujours aisément.

Par contre, la peau ne permet pas de transmettre le virus.

Concernant les sites indiquant les endroits où l'on peut faire un test anonyme du Sida en France : vous devriez contacter celui du Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida (CRIPS) : <http://www.lecrips.net>. (0198)


Q-R 8

Q. J'ai eu, il y a 2 semaines, un rapport sexuel avec pénétration vaginale sans protection avec une amie et je ne sais pas si elle est séropositive ou non vis-à-vis du VIH.
Pris de panique, j'ai pris une douche énergique.

J'ai donc deux questions à vous poser.
Est-il possible de dépister dès maintenant mon éventuelle séropositivité ?
Cette douche a-t-elle pu être efficace ?

R. Lors d'une contamination par le VIH, la charge virale est le premier marqueur biologique à être détectable, à partir du 12ème jour après le contage (le moment où a eu lieu la contamination). L'antigène P24 est ensuite détectable 16 jours après le contage ; avec un maximum vers le 21ème jour, comme pour la charge virale ; mais contrairement à cette dernière, l'antigène P24 n'est plus détectable quand les anticorps apparaissent.

Les anticorps, mesurés par la sérologie VIH (le test du Sida), apparaissent vers le 26ème jour. Mais, l'apparition de ces anticorps peut être variable d'un sujet à l'autre et des cas ont été décrits où cette sérologie n'est devenue positive que plusieurs mois après la contamination.

En pratique, dans le cas où une personne a été placée dans une situation l'exposant à un risque de contamination, le dosage de l'antigène P24 vers le 21ème jour permet souvent d'établir un diagnostic précoce. La mesure de la charge virale serait utile, mais il s'agit d'un examen qui n'est pas encore très répandu, et surtout qui est encore trop onéreux (on le réserve donc en priorité pour juger de l'efficacité ou non des traitements utilisés chez les personnes séropositives).
On peut conseiller de refaire ensuite un bilan vers le 3ème mois en associant la mesure de l'antigène P24 et des anticorps.

Concernant le recours à une douche énergique après un rapport sexuel non protégé : il est peu probable que cela puisse avoir un effet protecteur. (0498)


Q-R 9

Q. Je me demande si une personne qui est infectée par le virus VIH ou par celui de l'hépatite B, et qui continue d'avoir des relations sexuelles avec sa (ou son) conjoint (e) contaminé(e), a des risques d'être malade plus vite et si les symptômes dureront plus longtemps ?
Et puis, je me demande quels sont les symptômes de l'hépatite B. Développe-t-on des infections autres que des infections du foie, et combien de temps durent en moyenne les symptômes ?

R. Si deux personnes, dont l'une est infectée par le virus du Sida, continuent d'avoir des relations sexuelles non-protégées (pas de recours au préservatif et au safer-sex), il y a évidemment un risque que la personne non infectée soit contaminée.
Si les deux personnes sont infectées par le virus VIH et que l'une des deux ne connaisse pas sa séropositivité (si elle n'a pas fait de test ou que les tests n'aient pu encore détecter sa séropositivité, ce qui est rare mais possible ou qu'elle n'ait pas osé annoncer à son partenaire qu'elle était séropositive), il y a la possibilité d'une surcontamination des deux partenaires par la souche de virus de l'autre partenaire ; et comme les souches de virus peuvent être différentes et que certaines sont plus virulentes que d'autres, il y a donc des risques possibles d'évolution plus rapide de l'infection. Des cas ont aussi été décrits où la résistance à un traitement (AZT) pouvait être transmise par voie sexuelle à une personne n'ayant pourtant jamais pris ce traitement au préalable.

Concernant l'hépatite B, la question ne se pose pas pour une hépatite B aiguë ayant une expression clinique (notamment fatigue +++) ; mais il est des cas où l'hépatite aiguë peut être asymptomatique. Dans ce cas, comme dans celui du cas de l'infection chronique par HBV, une personne infectée peut contaminer sa ou son partenaire par relation sexuelle. Dans le cas de deux personnes infectées, il est possible que la charge en virus de chacun des partenaire soit majorée ; ce qui pourrait accélérer la destruction des cellules du foie. Par contre, le problème des virulences variables ne se pose pas.

Symptômes de l'hépatite B (résumé)

1/ Période d'incubation : pas de symptômes ; en moyenne 75 jours (de 40 à 140 jours).

2/ Phase pré-ictérique (3 à 7 jours) : les symptômes ne sont pas spécifiques : malaises, anorexie, nausées, douleurs de l'hypochondre droit. Un syndrome est plus fréquent au cours des hépatites virales ; il associe : fièvre (peu élevée, souvent intermittente), arthralgies, éruptions cutanées (typiquement urticaire ou rash maculopapulaire érythémateux). Ces symptômes disparaissent rapidement avec l'apparition de l'ictère ou des urines foncées.

3/ Phase ictérique : La fatigue et l'anorexie sont accentuées. La perte de poids pouvant être de 2 à 10 kg. L'ictère (jaunisse) peut durer de quelques jours à plusieurs mois (en moyenne : 2 à 3 semaines). Souvent sont associés un prurit et une décoloration des selles. Il existe une discrète hépatomégalie sensible ; la splénomégalie (augmentation du volume de la rate) et la survenues d'adénopathies sont plus rares.
En cas d'une altération marquée de l'état général ou d'ascite ou d'œdèmes ou d'érythèmes palmaires ou d'angiomes stellaires, il convient de rechercher une hépatopathie chronique.

4/ Phase de convalescence : elle se traduit par une reprise de l'appétit, une régression de l'ictère ; la fatigue pouvant persister plusieurs mois.

Biologiquement, il existe, comme dans les autres hépatites aiguës, une élévation importante des enzymes hépatiques ; l'élévation de la bilirubine conjuguée et liée sont variables. Ce sont les résultats des tests sérologiques qui permettent de faire le diagnostic d'hépatite B.

Complications de l'hépatite B : notamment hépatite fulminante B (des facteurs immunitaires et viraux interviendraient) dans moins de 1% des cas (se traduit par une insuffisance hépato-cellulaire avec encéphalopathie, coma et décès dans 70% des cas) et hépatite chronique (diagnostic à envisager quand existe une fatigue prolongée inexpliquée ou que persiste, après une hépatite aiguë B, une augmentation des enzymes hépatiques au delà du 6ème mois ; la recherche d'une positivité de l'antigène HBs est importante ; la ponction biopsie hépatique (PBH) permet de dire s'il existe oui ou non des risques évolutifs (cirrhose hépatique ou carcinome hépato-cellulaire dans 15 à 20% survenant, le plus souvent, plusieurs dizaines d'années après).

Complications extra hépatiques : certaines complications peuvent parfois survenir, comme par exemple des complications neuromusculaires (céphalées, photophobie, rigidité de la nuque, neuropathies périphériques, etc.), hématologiques (thrombocytopénie, agranulocytose, anémie réfractaire, aplasie médullaire), cardiaques (hypertension artérielle, troubles divers à l'ECG, très rares myocardites et péricardites), respiratoires (infections, épanchements pleuraux), pancréatiques (pancréatite aiguë au cours de l'hépatite fulminans), rénales (insuffisance rénale au cours de l'hépatite fulminans), etc. (0598)


Q-R 10

Q. Tout en étant porteur du VIH depuis presque 14 ans, et étant avec la même femme depuis 7 ans, nous avons eu des rapports sexuels, et en plus de cela, nous avons eu un enfant ensemble.
Ni elle, ni l'enfant n'ont été infectés ! Ils vont bien tous les deux !

Comment l'expliquez-vous ?

R. Le risque de transmission sexuelle du virus VIH n'est effectivement pas de 100% contrairement à la transmission par voie sanguine. Il est estimé entre 10 et 65%. Cette variabilité s'expliquerait en raison de facteurs propres à chaque personne et de facteurs viraux (souches de virus différentes).

Mais il convient de souligner que les connaissances scientifiques concernant ces facteurs sont très limitées. Il convient aussi de dire que le risque de transmission sexuelle du VIH est toujours possible, même entre des personnes chez lesquelles il ne serait pas produit antérieurement au cours de rapports sexuels non protégés.

Concernant le risque de transmission sexuelle du VIH d'un homme séropositif à une femme, trois études, publiées au congrès de Vancouver (1996) permettent de comprendre la variabilité de ce risque suivant les personnes.
Les cellules Natural Killer (NK) s'opposeraient à cette transmission par voie sexuelle chez des femmes ayant un risque répété avec un même partenaire : des femmes séronégatives ayant eu régulièrement des rapports sexuels non-protégés pendant 2 à 4 ans ont des valeurs plus élevée des NK comparativement à des femmes ayant eu un risque faible ou avec les valeurs moyennes établies sur la population Thaï (Mo.A.401).
De même, il existe une très forte corrélation entre l'absence de bacille de Döderlein au niveau vaginal chez des femmes enceintes et la positivité de la sérologie VIH. Les peroxydés hydrogénés ayant une action virucide, leur production par ce lactobacille pourrait expliquer ces résultats. En favorisant la colonisation du vagin par le lactobacille à un niveau physiologique normal, on pourrait agir préventivement sur la transmission hétérosexuelle du VIH (Th.C.4509).
À l'opposé, on peut se demander s'il n'y a pas un risque accru de transmission du VIH par voie vaginale chez les femmes utilisant une contraception à base de progestérone. Cette hypothèse découle d'un travail sur le rétrovirus SIV réalisé sur des singes : l'inoculation par voie vaginale de SIV se traduit par un taux de contamination de 77% chez des singes ayant reçu au préalable de la progestérone et par un taux de 10% chez ceux n'ayant pas reçu de progestérone. De plus, l'épithélium vaginal des singes traités est plus mince ; ce qui aurait pour conséquence de réduire l'action protectrice de cet épithélium vis-à-vis du SIV (Tu.C.2695). (0598)


Q-R 11

Q. Dans le cas d'une relation homosexuelle, est-ce que le contact d'un pénis avec un autre comporte un risque de contamination avant l'éjaculation ?

R. Avant l'éjaculation, il peut y avoir, en théorie, un risque de transmission du VIH quand deux pénis sont en contact l'un de l'autre pour deux raisons : présence d'une lésion de la peau ou des muqueuses pouvant saigner (cette lésion pouvant être microscopique et donc pas visible à l'œil nu), et survenue de micro-éjaculations. (0598)


Q-R 12

Q. Je reviens de vacances en Thaïlande et je suis complètement bouleversé pour mon amie.
Pour résumer : en février, je décidais de partir visiter la Thaïlande avec un ami. En discothèque, j'ai rencontré une fille charmante dont je me suis épris. Je ne savais pas à ce moment-là qu'elle travaillait dans un bar et qu'elle se prostituait, comme beaucoup d'autres filles en Thaïlande. J'ai fermé les yeux sur ses agissements car j'étais complètement fou d'elle. Je suis retourné une seconde fois en Thaïlande pour la revoir, puis une troisième fois ; et je rentre tout juste.
Afin qu'elle cesse son "activité" très dangereuse pour sa santé, j'ai tenté de lui expliquer le danger que représente le SIDA ; mais j'ai du mal à la persuader de la véracité de mes propos.
Je suis persuadé que si j'avais en ma possession un document concernant cette maladie et rédigé en Thaïlandais, elle n'aurait aucun mal à mesurer l'ampleur et la gravité du problème.

Pouvez-vous m'aider ?

R. Pour obtenir des documents d'information et de prévention du Sida en Thaï, nous vous conseillons de contacter

le CRIPS (Centre Régional d'Information et de Prévention du SIDA)
192, rue Lecourbe, 75015 Paris, France
Tél : +33-(0)1 53 68 88 88, Fax : +33-(0)1 53 68 88 89
e-mail : info@lecrips.net, URL : http://www.lecrips.net

Nous vous conseillons aussi de contacter de ma part Mr THORENS, Secrétaire général d'EuroCASO (CH- 1421 Fontaines s/Grandson, Suisse, Tél & Fax : +41 (0)24 436 2663). EuroCASO a des contacts avec ICASO qui ont des contacts en Asie.

Nous vous transmettons aussi des adresses en Thaïlande que nous avons publiées dans notre Carnet d'adresses sur notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>) :

AIDS Control and Prevention ProjectAIDSCAP
Asia Regional Office
Tél : +66 2 587 47 50
Fax : +66 2 587 47 58
e-mail : chalib@mozart.inet.co.th

Asian Institute for Health Development
EC/AIHD AIDS Project
Mahidol University, Salaya, Nakon Pathom 73130, Thaïlande
Tél : +66 2 441 98 70, +66 2 441 99 95
Fax : +66 2 441 90 44
e-mail : adaids@mahidolac.th
Hot Line : +66 2 441 98 70

Empower
57/60 Tivanot Road, Nonthuri 11000, Thaïlande
Tél : +66 2 526 83 11

Thaï Youth AIDS Prevention Project
TYAP
PO Box 287, Chiang Mai University, Chiang Mai 50202, Thaïlande
Tél & Fax : +66 53 40 03 74
e-mail : tyap@loxinfo.co.th

Sur notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>), vous trouverez aussi des éléments d'information et de prévention sur le Sida ; et notamment dans nos FAQ (Questions les plus souvent posées) où vous trouverez des questions très diverses sur les risques de transmission par voies sexuelles.

La quasi totalité des 800 pages de notre serveur sont en français. Certaines, comme les FAQ, sont en cours de traduction en anglais. (0898)


Q-R 13

Q. Pouvez-vous m'expliquer comment se transmet le virus du Sida de la femme à l'homme.
J'aimerais avoir plus de détails quant au transfert du virus dans ce sens, car je ne vois pas comment il peut passer dans les cellules en venant de la femme. Bien entendu, je ne parle pas des cas où il y a une lésion au niveau de la verge.

Je suis étudiant à l'Université, mais je n'ai pas trouvé de réponse à cette question dans mes cours de microbiologie.

R. Concernant la transmission sexuelle du VIH d'une femme infectée à l'homme, en l'absence de lésion donnant un accès direct à la circulation sanguine, ses modalités ne sont effectivement pas totalement éclaircies.
Ce que l'on sait, c'est que le VIH présent au niveau des sécrétions du col de l'utérus et du vagin peut être transmis à l'homme si ces sécrétions sont mises en contact avec la muqueuse du pénis. On sait aussi que la présence d'une MST, en fragilisant la muqueuse, favorise ce risque.

Concernant les toutes premières cellules infectées, les connaissances sont encore limitées. On s'oriente vers un mécanisme rapide (1 heure) de transcytose (Morgane Bomsel, INSERM U 332, IGGM, Paris, 1998) : les cellules mononucléées infectées par le VIH, principaux vecteurs du VIH, adhéreraient à la surface de l'épithélium de la muqueuse (à son pôle apical). Ce contact induirait une production de VIH polarisée vers l'épithélium sans que ne survienne de rupture de cet épithélium. La pénétration de cette production de VIH au sein de vésicules d'endocytose au travers de la cellule épithéliale serait médiée par des récepteurs (la gp110 de l'enveloppe du VIH pourrait, de façon transitoire, former des liaisons hydrogènes avec le galactosyl céramide, un lipide localisé au pôle apical des cellules épithéliales). La traversée de l'épithélium se ferait en 30 minutes. Le relargage se ferait à l'autre extrémité de la cellule suite à la fusion des vésicules de transcytose avec la membrane de la cellule, au niveau de son pôle basal. Ensuite le VIH infecte les cellules mononucléées de la sous-muqueuse ; ce qui permettra la dissémination de l'infection dans l'organisme. Un autre mécanisme interviendrait, à savoir l'infection directe des cellules épithéliales, mais qui ne serait détectable que plusieurs jours après le contact cellulaire initial. (0998)


Q-R 14

Q. Mon amie est séropositive, mais sa charge virale est indétectable. Je me suis toujours protégé lorsque nous faisions l'amour. Je voudrais savoir (dans ce contexte bien précis) où résident les risques de contamination les plus forts ; savoir si je dois m'inquiéter lorsque mon sexe, ou plutôt mon gland touche son vagin et ses sécrétions, étant donné que ses sécrétions se trouvent toujours en dehors du vagin.

D'autre part, avant qu'elle ne m'apprenne qu'elle était séropositive, j'ai eu plusieurs contacts avec ses sécrétions lors de cunnilingus. Cependant, je n'avais pas de lésions dans la bouche. Y a-t-il eu des risques ?

Je voudrais que vous me confirmiez qu'il est impossible d'être contaminé dans mon cas, étant données sa charge virale indétectable et la protection utilisée à chaque rapport.

R. En cas de rapport sexuel avec une personne séropositive ayant une charge virale indétectable, il convient d'utiliser encore le préservatif au même titre que dans le cas des personnes ayant une charge virale détectable.
Si le gland d'un homme ne portant pas de préservatif est mis en contact avec le vagin ou les sécrétions cervico-vaginales d'une femme séropositive, il y a un risque de contamination.
En cas de cunnilingus avec une femme séropositive, le risque de transmission du VIH est quasiment nul si l'homme ne présente pas de lésion sanguine, même microscopique, au niveau de la bouche.
Je vous confirme qu'il est possible qu'un homme soit contaminé par le VIH s'il a un rapport sexuel avec une femme, et même si sa charge virale est indétectable. (0399)


Q-R 15

Q. Je voudrai si cela est possible avoir une réponse à une interrogation (réponse que je n'arrive pas a avoir).

Il y a trois jour de cela, j'ai eu deux rapport consécutifs avec une jeune femme séropositive (je ne l'ai su qu'après), rapports sans préservatif.
Conscient des risques, il est clair que dès le 15°jours je vais faire un dépistage. Mais je me pose une question dans l'attente de l'examen : existe-t -il des statistiques, des probabilités ou autre sur le pourcentage de risques d'avoir été contaminé.
Autrement dit si on ne "gagne pas à tous les coups " quelles en sont les "chances" ?

Je ne sais pas si je suis au bon endroit mais dans le cas contraire pourriez vous s.v.p. faire suivre, merci.

R. À la différence de la transmission du virus VIH par le sang, la transmission du VIH par voie sexuelle n'est pas de 100%.
La probabilité de transmettre le virus VIH à l'occasion d'un rapport sexuel non protégé a été estimée entre 10 et 60%.

Il n'existe aucune étude permettant d'affiner cette probabilité, dans la mesure où il est éthiquement impossible de faire une étude rigoureuse (étude de 2 groupes chez lesquels on proposerait un rapport sexuel avec un partenaire dont le statut sérologique ne serait connu que des expérimentateurs de l'étude !). Donc, on a recours aux données d'analyses rétrospectives portant, par exemple, sur l'étude du statut sérologique de conjoints de personnes séropositives.

Par contre, ce dont on est sûr, c'est que le risque de transmission du VIH est variable suivant les situations. Il y a des souches de virus qui sont plus ou moins contaminantes. Il y a aussi de nombreux facteurs propres à chacun qui interviennent, comme le système HLA (composante génétique), les cellules NK (immunité), diverses hormones (par exemple, la progestérone). Ces facteurs sont encore loin d'avoir été identifiés et évalués de façon précise pour pouvoir les utiliser pour établir rigoureusement des probabilités (nous les avons abordés dans plusieurs rubriques de notre serveur Internet <http://www.positifs.org/> notamment en C.22. : XIème Conférence Internationale sur le Sida, Vancouver (7-12 juillet 1996). A ceci, il faut ajouter que le risque de transmission est variable selon le type de rapport sexuel.

Pour plus de précisions, nous vous conseillons de consulter sur notre serveur Internet les rubriques suivantes : C3. : Informations sur le Sida et prévention ; F. Aspects médicaux du Sida ; et les FAQ (notamment Transmission sexuelle du Sida). (0799)


Q-R 16

Q. Je comprends que le SIDA se transmette de l'homme à la femme par le biais du sperme. Mais je ne comprends pas comment il se transmet de la femme à l'homme ! La femme ne donne rien à l'homme... alors, quelle réaction se passe-t-il ?

R. Concernant la transmission sexuelle du VIH d'une femme infectée à l'homme, en l'absence de lésion donnant un accès direct à la circulation sanguine, ses modalités ne sont effectivement pas totalement éclaircies.
Ce que l'on sait, c'est que le VIH présent au niveau des sécrétions du col de l'utérus et du vagin peut être transmis à l'homme si ces sécrétions sont mises en contact avec la muqueuse du pénis. On sait aussi que la présence d'une MST, en fragilisant la muqueuse, favorise ce risque.

Concernant les toutes premières cellules infectées, les connaissances sont encore limitées. On s'oriente vers un mécanisme rapide (1 heure) de transcytose (Morgane Bomsel, INSERM U 332, IGGM, Paris, 1998) : les cellules mononucléées infectées par le VIH, principaux vecteurs du VIH, adhèreraient à la surface de l'épithélium de la muqueuse (à son pôle apical). Ce contact induirait une production de VIH polarisée vers l'épithélium sans que ne survienne de rupture de cet épithélium. La pénétration de cette production de VIH au sein de vésicules d'endocytose au travers de la cellule épithéliale serait médiée par des récepteurs (la gp110 de l'enveloppe du VIH pourrait, de façon transitoire, former des liaisons hydrogènes avec le galactosyl céramide, un lipide localisé au pôle apical des cellules épithéliales). La traversée de l'épithélium se ferait en 30 minutes. Le relargage se ferait à l'autre extrémité de la cellule, suite à la fusion des vésicules de transcytose avec la membrane de la cellule, au niveau de son pôle basal. Ensuite, le VIH infecte les cellules mononucléées de la sous-muqueuse ; ce qui permettra la dissémination de l'infection dans l'organisme. Un autre mécanisme interviendrait, à savoir l'infection directe des cellules épithéliales, mais qui ne serait détectable que plusieurs jours après le contact cellulaire initial.

La salive d'une personne séropositive ne peut pas, en elle-même, "contaminer le partenaire" lors d'une fellation.
En effet, la salive contient même des substances naturelles qui ont une petite action contre le virus du Sida (mais cette action est insuffisante pour assurer une véritable protection, ni pour mettre au point de nouvelles voies de traitement) !

Rappelons que le virus a besoin, pour survivre dans le sang, de parasiter des cellules (lymphocytes T4).
S'il y a une lésion qui saigne dans la bouche d'une personne séropositive, ce sang peut se mélanger à de la salive et être ainsi transporté indirectement, et mis au contact du sexe du partenaire. Et le virus VIH, présent dans le sang peut-être transmis à l'homme s'il est mis en contact avec la muqueuse du pénis. On sait aussi que la présence d'une MST, en fragilisant la muqueuse, favorise ce risque. (0799)


Q-R 17

Q. Le risque de contamination est-il fonction de la durée du rapport sexuel ? 

R. Plusieurs facteurs interviennent dans le risque de transmission du VIH.
La durée est un de ces facteurs. Mais cela n'exclut pas la possibilité de la transmission du VIH lors d'un rapport sexuel de courte durée. (0899)


Q-R 18

Q. J'ai lu que le virus du Sida pouvait être détecté dans d'autres fluides humains que le sang et les secrétions sexuelles. Qu'en est-il de la présence du virus HIV dans les urines ?
Autrement dit, est-t-il dangereux de s'adonner à des pratiques uro lorsque l'on est séropo ?

Merci pour la réponse.

R. Le virus VIH est présent dans les urines, comme c'est le cas aussi dans d'autres fluides (autres que le sang et les secrétions sexuelles), tels la salive ou le lait. D'ailleurs, des tests de dépistage du VIH ont été mis au point au niveau de la salive et des urines, afin d'envisager de réaliser plus facilement des études épidémiologiques sur un nombre élevé de personnes.

Concernant la transmission du VIH par ces fluides, on sait que le VIH se transmet par le lait (ce qui pose un problème insurmontable pour l'allaitement des enfants des Pays du Tiers-Monde) ; ce qui n'est pas le cas, en revanche, de la salive. On sait aussi que ces deux fluides contiennent des substances ayant une activité anti-VIH, mais qui est insuffisante pour s'opposer à la transmission du VIH dans le cadre de l'allaitement.
Concernant les urines, il ne semble pas que ce fluide puisse transmettre le VIH par lui-même. Mais cette assertion mérite d'être tempérée. En effet, l'urine étant véhiculée, tout comme le sperme, par l'urètre, il n'est pas exclu, à l'occasion d'une pratique sexuelle de type uro, que du sperme ou du liquide spermatique contenant du sperme se mélange à l'urine (même sans qu'une éjaculation standard se soit produite). Cela peut se produire en raison de l'état d'excitation induite par le rapport sexuel. Dans ce cas, la mise en contact de ce fluide avec le vagin, le rectum ou un saignement existant au niveau de la cavité buccale, pourrait transmettre le VIH. D'autre part, il convient de souligner qu'à notre connaissance, aucune étude (même rétrospective) n'a été réalisée chez des personnes pratiquant ce type de rapport sexuel. (0999)


Q-R 19

Q. Un rapport sexuel sans pénétration (coup de pinceau) présente-t-il un risque de contamination pour la femme ?

R. Un rapport sexuel sans pénétration ("coup de pinceau") avec un homme séropositif peut être à risque de contamination de la femme car il n'est pas exclu qu'au cours de l'acte, du sperme (s'il y a éjaculation) ou des secrétions séminales soient misent en contact avec le vagin. (0999)


Q-R 20

Q. J'ai fais la rencontre d'un homme. Je vais sûrement paraître bête, mais comment puis-je lui faire comprendre que je refuse la sodomie, même avec un préservatif ! De plus je souffre d'une petite hémorroïde, est ce que le risque est majeur ?

R La sodomie est une pratique sexuelle pouvant faire saigner des hémorroïdes externes ou internes, même avec un préservatif. Donc, elle est déconseillée dans ce cas et c'est un argument que vous pouvez utiliser pour convaincre votre partenaire de n'avoir pas recours à cette pratique.

De plus, rappelons que la pratique de la sodomie sans préservatif, chez une personne présentant des hémorroïdes, avec un nouveau partenaire qui pourrait être infecté par le virus VIH, augmente le risque de transmission du VIH en raison du risque de saignement des hémorroïdes. (1199)


Q-R 21

Q. J'ai eu une relation sexuelle avec une personne "à risque". J'ai utilisé un préservatif lors de la pénétration vaginale. Toutefois, avant la pénétration et pour lui lubrifier le vagin, j'ai porté mes doigts (avec lesquels je lui avais précédemment caressé le sexe !) à mes lèvres. Y-a-t-il eu risque de contamination lors de ce contact "traces de liquide vaginal -> doigts -> lèvres" ?

R. Si vous avez porté vos doigts à vos lèvres après avoir caressé le sexe d'une partenaire sexuelle, il peut y avoir un risque de transmission du VIH si les trois conditions suivantes sont réunies : que cette partenaire soit séropositive, que, lors des caresses, des secrétions vaginales se soient déposées sur vos doigts (ce qui est probable) et qu'il existe au niveau de vos lèvres une brèche cutanée (un saignement pouvant être microscopique). (1199)


Q-R 22

Q. Si on a les mains pleines de secrétions vaginales et que, en mettant le préservatif, on en a mis a l'intérieur, au niveau du gland, quels sont les risques de transmission ? Un ami m'a dit que seuls des frottements entre muqueuses pouvaient avoir un risque de transmission. A-t-il raison ? Si oui, je ne comprends pas pourquoi...

R. Si une personne a les mains pleines de secrétions vaginales et qu'en mettant un préservatif elle en dépose, auparavant, sur le gland, il y a un risque de transmission du VIH si la partenaire est infectée par ce virus. (1199)


Q-R 23

Q. J'ai eu un rapport occasionnel dernièrement et j'ai (comme d'habitude) utilisé un préservatif. Néanmoins, après l'orgasme, je suis resté quelques secondes dans le vagin et lorsque j'ai retiré mon pénis, le préservatif est resté coincé dans le vagin. Il est possible que la partie supérieure du pénis soit entrée en contact avec le liquide vaginal. Quel est le risque dans ce cas, étant donné que mon pénis ne présentait pas blessure ?

R. En cas de contact du pénis (même sans notion de blessure) avec des secrétions vaginales, il existe un risque de transmission du VIH si la partenaire est infectée par ce virus. (1199)


Q-R 24

Q. Est-ce que le fait qu'un homme ait seulement couché avec des filles vierges, sans protection, le protège contre le sida ?

R. Le fait qu'un homme ait eu des relation sexuelles non protégées par un préservatif avec des partenaires vierges n'exclut pas un risque de transmission de l'infection à VIH.
En effet, ces partenaires vierges peuvent très bien avoir été contaminées auparavant par le VIH par la voie sanguine (transfusion ou toxicomanie).
D'autre part, ces partenaires peuvent avoir été contaminées dans le cas de rapports extra-vaginaux non protégés (sodomies). (1199)


Q-R 25

Q. Certains organismes humains présentent de véritables résistances au VIH ; y a-t-il une explication scientifique qui éclaire le phénomène ?

R. Le fait que certains êtres humains présentent une résistance à l'infection par le VIH s'expliquerait en raison de facteurs propres à chaque personne et/ou de facteurs viraux (souches de virus ayant une moindre virulence).
Ce fait a particulièrement été décrit dans le cadre de la transmission sexuelle du VIH (rappelons que, contrairement à la transmission sanguine, cette voie de transmission n'est pas de 100%).

Mais il convient de souligner que les connaissances scientifiques concernant ces facteurs sont très limitées. Il convient aussi de dire que le risque de transmission du VIH est toujours possible, même entre des personnes chez lesquelles il ne se serait pas produit antérieurement au cours d'une situation à risque, comme un rapport sexuel non protégé.

Concernant le risque de transmission sexuelle du VIH d'un homme séropositif à une femme, trois études, publiées au congrès de Vancouver (1996) permettent de comprendre la variabilité de ce risque suivant les personnes.
Les cellules Natural Killer (NK) s'opposeraient à cette transmission par voie sexuelle chez des femmes ayant un risque répété avec un même partenaire : des femmes séronégatives ayant eu régulièrement des rapports sexuels non-protégés pendant 2 à 4 ans ont des valeurs plus élevées des NK comparativement à des femmes ayant eu un risque faible ou avec les valeurs moyennes établies sur la population Thaï (Mo.A.401).
De même, il existe une très forte corrélation entre l'absence de bacille de Döderlein au niveau vaginal chez des femmes enceintes et la positivité de la sérologie VIH. Les peroxydes hydrogénés ayant une action virucide, leur production par ce lactobacille pourrait expliquer ces résultats. En favorisant la colonisation du vagin par le lactobacille à un niveau physiologique normal, on pourrait agir préventivement sur la transmission hétérosexuelle du VIH (Th.C.4509).
À l'opposé, on peut se demander s'il n'y a pas un risque accru de transmission du VIH par voie vaginale chez les femmes utilisant une contraception à base de progestérone. Cette hypothèse découle d'un travail sur le rétrovirus SIV réalisé sur des singes : l'inoculation par voie vaginale de SIV se traduit par un taux de contamination de 77% chez des singes ayant reçu au préalable de la progestérone et par un taux de 10% chez ceux n'ayant pas reçu de progestérone. De plus, l'épithélium vaginal des singes traités est plus mince ; ce qui aurait pour conséquence de réduire l'action protectrice de cet épithélium vis-à-vis du SIV (Tu.C.2695).

Plus récemment, d'autres études concernant ce thème ont été publiées.

À l'occasion du congrès de Genève (1998), 4 abstracts ont abordé ce sujet.

Les souches de VIH ayant un tropisme macrophagique (= infection préférentielle des macrophages) se multiplient plus facilement dans les cellules de type Th-1 (culture de cellules T CD4+ stimulées par IL-12). A l'opposé, celles ayant un tropisme pour les cellules T (NL4-3) se multiplient plus facilement dans les cellules de type Th-2 (culture de cellules T CD4+ stimulées par IL-4). La boucle V3 de la gp110 du VIH est le principal déterminant de cet effet. De plus, les cellules exprimant le gène env de souches ayant un tropisme pour les cellules T fusionnent avec les cellules de type Th-2. Et les co-récepteurs CCR5 et CXCR4 sont hautement exprimés, respectivement dans les cellules de type Th-1 et Th-2, ce qui laisse présager aussi un rôle de ces récepteurs dans cette préférence (abstract n° 21146).

L'utilisation de certaines plantes ayant des activités anti-bactériennes (Zingiber officinalis, Aframomum stipulatum, Alchomea cordifolia) pour les soins d'hygiène génitale chez les femmes (République Démocratique du Congo) pourrait, dans certains cas, déclencher localement une inflammation qui pourrait favoriser la transmission du VIH (composants incriminés : tannins, huiles contenant des terpènes). Ces résultats proviennent d'une étude réalisée à Kinshasa chez 199 femmes. Les trois plantes citées correspondent à celles les plus souvent utilisées (respectivement 42,5, 28 et 11,6%). Chez les femmes séropositives, les inflammations pelviennes apparaissent respectivement pour ces trois plantes dans 64, 28 et 8% des cas. La séroprévalence est de 61,5% chez les femmes utilisant pour les soins génitaux des plantes, versus 40,7% pour celles utilisant des antiseptiques modernes et 5,3% pour celles utilisant de l'eau (p<0,02) (abstract n° 42370).

Chez 183 femmes vivant au Kenya (Nairobi), 31% sont séropositives, 21% sont infectées par N. gonorrhoeae, 9% par C. trachomatis, 39% par une infection vaginale bactérienne et 22% par T. vaginalis. La présence d'interleukine-10 est détectée au niveau de l'endocol utérin plus souvent en cas d'infection à N. gonorrhoeae (51% versus 26%), à C. trachomatis (56% versus 26%) et en cas d'infection vaginale bactérienne (48% versus 26%) comparativement aux femmes ne présentant pas ces infections. Chez les femmes séropositives, IL-10 est moins souvent détecté que chez les femmes séronégatives (31% versus 44%). Après ajustement pour le statut sérologique et le nombre de CD4 endométriaux, IL-10 est détecté significativement plus souvent en cas d'infection à N. gonorrhoeae, à C. trachomatis et en cas d'infection vaginale bactérienne. L'interféron-gamma n'a été détecté que sur trois prélèvements. Comme l'IL-10 inhibe l'activation de la réponse immunitaire Th-1 (qui aurait une action protectrice vis à vis de l'infection à VIH), ces MST pourraient augmenter le risque de transmission du VIH par un mécanisme agissant sur les défenses immunitaires au niveau des organes génitaux (abstract n° 13280).

L'augmentation de la fréquence de l'antigène HLA-A28 chez des prostituées africaines séronégatives mais hautement exposées au VIH est un fait connu (le système HLA étant un système, propre à chaque individu, lui permettant de reconnaître ce qui est étranger et de faire en sorte pour réagir).
La fréquence de cet antigène est diminuée de façon significative chez 265 personnes séropositives en comparaison avec 341 personnes séronégatives (étude réalisée sur les allèles A*68012 et A*6802). L'allèle HLA-A*6901 n'est pas trouvé chez les personnes séropositives, ni chez les personnes séronégatives. Chez les caucasiens, les allèles A*68012 et A*6802 sont aussi associés à une résistance à l'infection à VIH. L'identification des peptides responsables de cette protection génétique pourrait conduire à l'élaboration d'une nouvelle voie vaccinale (abstract n° 21202).

À l'occasion du congrès de Chicago (1999), trois abstracts ont abordé ce sujet.

Une étude a été réalisée en Israël chez 75 patients séropositifs et chez 46 patients non séropositifs, ainsi que chez des immigrants récents, originaires d'Ethiopie (102 séropositifs et 85 non séropositifs).
Tous les Éthiopiens présentaient une infection parasitaire à helminthe à leur arrivée en Israël (ce qui est le cas de la plupart des immigrants originaires d'Ethiopie) et une importante activation immunitaire caractérisée par une prédominance de l'immunité à médiation cellulaire de type TH2, et une activation importante des lymphocytes, et au niveau membranaire.
L'éradication de l'helminthiase chez les patients non séropositifs originaires d'Ethiopie se traduit par une nette diminution de cette activation immunitaire.
Chez les patients séropositifs, qu'ils soient israéliens ou originaires d'Ethiopie, on n'a pas trouvé de différence au cours de plus de six années de suivi, du point de vue du pourcentage de progression dans la maladie, du pourcentage de diminution des lymphocytes CD4, de la durée d'évolution vers le stade Sida et vers le décès, des charges virales, de la réponse aux trithérapies et du profil de l'activation immunitaire.
Les cellules PBMC des patients non séropositifs originaires d'Ethiopie présentent une susceptibilité accrue à l'infection à VIH en rapport avec l'activation cellulaire. Il existe aussi une proportion accrue de cellules CCR5+ avec une diminution concomitante de la production de MIP 1 alpha et de Rantes.
Donc, l'éradication des infections à helminthe a un net effet sur le risque de contamination par le VIH, sur l'évolution de l'infection et sur l'immunité cellulaire. L'éradication des infections à helminthe pourrait modifier avantageusement l'évolution de l'épidémie dans les pays du Tiers-Monde où l'helminthiase est endémique (NDLR : et pour un coût relativement modéré en comparaison du coût des traitements antirétroviraux qui sont, eux, toujours trop rarement à la portée des personnes vivant dans ces pays). Cela pourrait peut-être aussi améliorer l'efficacité des vaccins anti-VIH et améliorer la protection vis à vis de la tuberculose, autre fléau important dans ces pays (abstract n°74).

NDRL : Ces résultats montrent à quel point il importe de s'attacher à étudier plus en profondeur les facteurs d'activations immunitaires, de répertorier les traitements dans ce domaine et d'envisager, après réflexion, leur utilisation d'un point de vue préventif, mais aussi curatif dans le cadre de l'infection à VIH ; mais aussi d'éventuelles autres maladies où certaines formes d'activation immunitaire joueraient un rôle important.


La délétion homozygote 32bp (DELTA32) au niveau du CCR-5 réduit fortement le risque de transmission de l'infection à VIH chez les homosexuels.
La mutation hétérozygote 32bp au niveau du CCR-5 et la mutation ponctuelle 64I (valine en leucine en position 64) au niveau du CCR-2 semble ralentir le risque de transmission de l'infection à VIH chez les homosexuels.
Il a aussi été démontré que plusieurs antigènes du système HLA (A1, B8, DR3 et B27) pouvaient affecter la progression de l'infection.
Chez des hétérosexuels (58 séronégatifs exposés, 57 séropositifs correspondant aux partenaires du précédent groupe, 86 séropositifs), il existe une fréquence élevée de la mutation hétérozygote 64I au niveau du CCR-2 chez les femmes séropositives en comparaison avec les femmes exposées séronégatives (p=0,02, RR=1,6), avec une fréquence de l'allèle de 8% chez les sujets séropositifs et de 1% chez les sujets séronégatifs exposés (p=0,02).
Au niveau du CCR-5, aucune différence n'est notée entre les différents groupes en ce qui concerne la délétion 32bp.
L'analyse combinée de la délétion 32bp et de la mutation 64I chez les partenaires séropositifs révèle un effet additif sur la réduction de la probabilité de transmettre l'infection à VIH, approchant la significativité (p=0,1).
Quand on compare le degré de disparité au niveau du système HLA entre des sujets séropositifs et leur partenaire hétérosexuel, il existe une différence significative parmi les couples séro-discordants (p=0,02).
Ces résultats suggèrent que des facteurs génétiques pourraient favoriser la transmission de l'infection à VIH (abstract n° 571).

Des cytokines constituent des stimuli de la différenciation des lymphocytes CD4.
Ainsi, l'IL-12 ou l'IL-4 induisent respectivement la formation des cellules T "helper" Th1 ou Th2.
In vitro, les souches de VIH-1 à tropisme macrophagique se répliquent plus facilement dans des cellules CD4 normales mises en culture avec de l'IL-12 ; ce qui n'est pas le cas pour les souches de VIH-1 à tropisme lymphocytaire T.
À l'opposé, les souches de VIH-1 à tropisme lymphocytaire T infectent préférentiellement des cellules CD4 normales du même donneur, mises en culture avec de l'IL-4.
D'autres études montrent que la région V3 de la gp110 est le principal déterminant de l'efficacité de cette réplication. L'analyse de la fusion cellulaire montre que les protéines exprimées sur l'enveloppe des virus à tropisme lymphocytaire T peuvent effectivement fusionner avec des cellules issues de cultures cellulaires avec de l'IL-4.
Le niveau de l'expression du CCR5 est particulièrement élevé au niveau des cellules cultivées avec de l'IL-12, alors que celui du CXCR4 est élevé au niveau des cellules cultivées avec de l'IL-4 ; celui du CXCR4 étant bas au niveau des cellules cultivées avec de l'IL-12.
Ces résultats montrent que les différentes souches de VIH-1 ont des capacités différentes pour infecter des cellules de type Th1 ou Th2 et que ces différences seraient dues à l'expression de certains récepteurs des chemokine de ces cellules. Ces résultats suggèrent que l'état immunologique est un des facteurs responsables du passage de souches à tropisme macrophagique à des souches à tropisme lymphocytaire T chez les patients (abstract n° 549).

NDLR : Pour mémoire, les cytokines sont des substances intervenant au cours des réponses immunitaires. On en distingue deux types : cytokines de type Th-1 (actions au niveau cellulaire) : interféron gamma, IL-2 et IL-12 ; cytokines de type Th-2 (actions au niveau humoral) : IL-4, IL-5, IL-6, IL-10, IL-13, interféron alpha. (1299)


Q-R 26

Q. Est-il possible qu'une femme séropositive, ayant eu pendant 16 mois des rapports non protégés avec un homme séronégatif sans l'avoir contaminé (il est toujours séronégatif !), puisse contaminer aujourd'hui un autre homme par le simple fait que le gland de ce dernier ait été en contact avec ses secrétions vaginales ?

R. Il n'est pas impossible qu'une femme séropositive, ayant eu pendant 16 mois des rapports sexuels non protégés avec un homme séronégatif sans l'avoir contaminé, puisse contaminer aujourd'hui un autre homme par le simple fait que le gland de ce dernier ait été en contact avec ses secrétions vaginales.
En effet, on sait qu'il existe des personnes qui sont moins réceptives que d'autres à la transmission du virus VIH. Mais cela est rare.

Une autre explication est possible : certaines personnes contaminées ne sont parfois pas détectées par le test du Sida. En effet, des résultats faussement négatifs existent en raison de la sensibilité du test (un test pouvant être faussement négatif tous les 100 000 examens) ou chez certaines personnes dont les anticorps (mesurés par le test) peuvent n'être détectables que plusieurs mois après leur contamination. Il s'agit aussi d'une situation rare. Mais il faut insister sur la gravité de cette situation. En effet, si cette personne est faussement rassurée par un test, négatif par erreur, elle peut propager dangereusement le virus si elle continue d'avoir des rapports sexuels non protégés.

Il conviendrait que cet homme pratique une mesure de la charge virale, qui est un examen ne présentant quasiment pas de risque d'erreur. (0200)


Q-R 27

Q. J'ai eu une relation sexuelle avec une femme, il y a 2 jours. La relation fut protégée au départ (avec un préservatif), puis, comme cela durait, j'ai changé de préservatif par précaution. Lors de l'éjaculation (avec ce 2ème préservatif), la femme m'a indiqué qu'il y avait un problème et que le préservatif avait cédé. Je l'ai tout de suite retiré et je suis allé me laver le pénis, et j'ai essayé d'uriner (juste 2 gouttes sont sorties). Je n'ai pas eu le temps de regarder l'état du préservatif à ce moment-là, pris de panique.

Par la suite, nous avons eu une 2ème relation sexuelle protégée mais sans problème cette fois. En scrutant le préservatif qui avait été brisé auparavant, j'ai remarqué un trou au niveau gauche, à environ 5 cm du réservoir (donc, pas au niveau du réservoir). Je ne sais donc pas si mon pénis a pu se glisser dans ce trou pendant la relation (et dans ce cas, ce ne fut pas une relation protégée !) ou si le préservatif a lâché à la fin.

Je voudrais donc savoir si, à votre avis, le préservatif peut en général s'enrouler complètement sans que l'on se rende compte de rien, et aussi quels sont les risques pour moi maintenant ?

Je me suis toujours protégé dans le passé et je voudrais avoir une idée du risque que j'ai pris avant de faire le test dans 3 mois.

R. Il n'est pas exclu, en théorie, que des sécrétions vaginales aient pu s'infiltrer par le trou se trouvant 5 cm au dessus du réservoir du préservatif, ni que du sperme ait pu sortir par ce trou et être ensuite mis en contact avec le vagin de votre partenaire. Donc, si l'un des deux partenaire était infecté par le VIH, il a pu transmettre à l'autre le VIH.
Cela est surtout possible s'il y a eu un relâchement de l'érection au cours de ce rapport (permettant un passage des secrétions infectées ou du sperme infecté, puis sa mise au contact du sexe du partenaire non infecté) ; ce qui peut survenir à la fin du rapport sexuel.
S'il n'y a pas eu relâchement de l'érection, le risque serait moindre si la femme est séronégative et l'homme séropositif ; si, par contre la femme est séropositive et l'homme séronégatif, des sécrétions infectées se trouvant au niveau de la brèche ont pu ensuite être mises au contact du gland au moment où le préservatif a été retiré. (0300)


Q-R 28

Q. Il y a exactement 6 semaines, j'ai eu un rapport sexuel avec une partenaire. Il n'y a eu ni pénétration, ni fellation, ni cunnilingus, juste des baisers et une masturbation réciproque. Jusqu'à pressent je n'ai eu aucun symptôme alarmant (grippe, angine, etc.), mais je vous avoue qu'une angoisse bizarre me fait souffrir cruellement... Pensez-vous qu'il me soit nécessaire de faire un test de dépistage ? 

R. Dans le cas d'un rapport sexuel qui se serait limité à des baisers et à une masturbation réciproque, on ne peut pas dire que le risque de transmission du VIH soit nul.
En effet, du sperme a pu être mis en contact avec le vagin et/ou des sécrétions vaginales ont pu être mises au contact du pénis. Si l'un des deux partenaire est séropositif, il a pu, de cette façon, contaminer l'autre partenaire (ce contact pouvant se faire aussi indirectement par la main de la personne non infectée si des sécrétions ou du sperme infectés ont été déposés sur sa main, puis mises en contact avec son sexe). (0300)


Q-R 29

Q. Le fait de se faire sucer les testicules comporte-t-il un risque ? 

R. Si une personne non infectée par le VIH se fait sucer les testicules par une personne infectée par le VIH, il n'y a, a priori, pas de risque de transmission du VIH.

Une exception rare reste à envisager : si la personne présente un saignement au niveau de la bouche et que son sang soit mis en contact avec une lésion saignant au niveau des testicules (morsure, par exemple). (0300)


Q-R 30

Q. Il y a un mois et demi, j'ai eu une relation sexuelle avec un homme. En fait, je n'ai fait que le masturber pendant qu'il m'introduisait un doigt dans l'anus. Depuis je suis terrifié par une contamination éventuelle. D'autant plus que je vis en couple et que mon amie ne sait rien de la situation. Plusieurs appels téléphoniques à Sida Info Service m'ont rassuré. Ils m'ont répondu qu'il n'y avait absolument aucun risque. Pourtant, la consultation de différents serveurs internet me fait penser l'inverse. Qui croire ?

R. Si, lors de la masturbation d'un homme infecté par le VIH par un deuxième homme non infecté, il y a mise en contact du sperme infecté avec le pénis de l'homme non infecté, il pourrait y avoir un risque de transmission du VIH (ce contact pouvant se faire aussi indirectement par la main de l'homme non infecté, si du sperme infecté a été déposé sur sa main, puis mis en contact avec son sexe).
Si ce contact n'a pas eu lieu, il n'y a effectivement pas de risque de transmission.

L'introduction du doigt d'une personne infectée par le VIH dans l'anus d'une personne non infectée par le VIH pourrait comporter un risque de transmission du VIH s'il existe une lésion saignant au niveau du doigt ; ce qui est peu probable. Il est cependant recommandé que cette pratique sexuelle soit effectuée avec une protection (il ne faut pas oublier que les muqueuses anales et rectales sont fragiles et qu'elles peuvent saigner à la suite d'un coup d'ongle, si celui-ci est trop long ou s'il a été coupé récemment). (0300)


Q-R 31

Q. La contamination dans le sens "sécrétions vaginales infectées" vers "sang" est-elle de 100 % ?

R. La transmission de virus VIH à partir de sécrétions vaginales infectées vers le sang d'un partenaire n'est pas de 100% (au même titre que la transmission de sang à sang), mais il est difficile d'en estimer avec précision le pourcentage de risque.

Toujours est-il qu'il s'agit d'une situation à risque nécessitant d'éviter ce type de contact. (0300)


Q-R 32

Q. Peut-il y avoir un risque de contamination lors de rapports "chatte contre chatte" ? Si oui, comment se protéger ?

R. Lors d'un rapport "chatte contre chatte", il y a un contact étroit entre les organes génitaux externes des deux partenaires. Ces frottements pouvant aisément entraîner un contact entre les faces internes des grandes lèvres des partenaires en raison de l'anatomie du sexe de la femme. Par ailleurs, l'excitation induite par le plaisir entraîne une augmentation des sécrétions vaginales qui vont s'écouler et apparaître au niveau au niveau des grandes lèvres.
Donc, si une des deux partenaires est infectée par le VIH, des sécrétions contaminées pourront se retrouver au contact de la face interne des grandes lèvres de l'autre partenaire. En raison des mouvements des corps lors des ébats sexuels et de la position couchée, il est donc possible que ces sécrétions puissent ensuite se retrouver au contact avec la muqueuse cervico-vaginale de la partenaire initialement non infectée par le virus VIH. La probabilité de ce risque de transmission étant moins élevée que dans un rapport hétérosexuel classique.
À ceci, on peut ajouter que si la partenaire non infectée présente une lésion saignant au niveau de la face interne des grandes lèvres (ce saignement pouvant être minime et donc non visible à l'œil nu), alors le risque de transmission du VIH est plus élevé. Il en est de même si ce rapport s'accompagne de caresses manuelles ; ce qui peut favoriser la progression plus en profondeur des sécrétions vaginales infectées déposées sur les grandes lèvres.

Pour se protéger, on peut conseiller l'utilisation de préservatifs féminins. Mais, il convient de bien les amarrer ; ce qui n'est pas évident à réaliser avec un préservatif féminin standard (un préservatif qui aurait la forme d'un slip en plastique serait peut-être plus adapté). (0400)


Q-R 33

Q. Quel est le pourcentage de faux positifs HIV dans les tests classiquement effectués sur les dons de sperme ? 

R. Pour répondre à votre question, nous avons contacté le CECOS de l'hôpital Necker (Paris) ; les CECOS étant les centres où sont recueillis les dons de sperme.
Leur réponse est la suivante.

À chaque don de sperme, les CECOS effectuent un double contrôle portant sur la sérologie (VIH-1 et VIH-2) et l'antigène P24. Ce contrôle est réalisé au moment du don et 6 mois après. Avec ce protocole, le CECOS de Necker n'a jamais trouvé de séroconversion.
Ce protocole est officiellement utilisé en France depuis 1994. Dans de nombreux pays, ce protocole n'est pas en vigueur.

Suite à cette réponse, nous leur avons demandé s'il ne serait pas intéressant d'inclure la mesure de la charge virale qui est un meilleur marqueur (et qui pourrait même remplacer la sérologie et l'antigène P24) ; ce marqueur est d'ailleurs de plus en plus utilisé pour diagnostiquer précocement une contamination récente chez des personnes ayant été mises en situation à risque élevé de transmission du VIH (afin de mettre en route un traitement anti-rétroviral).
Ils ont répondu que la mesure de la charge virale à l'occasion des dons de sperme était effectivement à l'étude mais, qu'actuellement, cet examen n'était pas effectué. (0600)


Q-R 34

Q. J'ai quelquefois frotté mon sexe, sans préservatif, sur le pubis d'une femme et quelquefois même en bas du pubis, sur ses grandes lèvres (peut-être même que le gland de mon sexe est entré très légèrement entre ses grandes lèvres (mais pas dans le sexe de la femme). Cela constitue-t-il un risque ?

R. Le fait de frotter, sans préservatif, votre pénis à proximité des grandes lèvres du sexe d'une femme et, a fortiori, contre la face interne des grandes lèvres constitue un risque car des sécrétions vaginales, éventuellement infectées par le VIH, peuvent se trouver à ce niveau. Ces sécrétions augmentant (physiologiquement) progressivement à partir de la fin des règles pour devenir maximales 14 jours plus tard, au moment de l'ovulation ; ce qui fait que le risque de transmission du VIH dans la situation que vous décrivez y est probablement plus élevé, à la différence de la période allant de 24 heures après l'ovulation jusqu'au 28 ème jour du cycle qui précède les règles (durant cette période, les sécrétions physiologiques cervico-vaginales étant quasiment inexistantes). (0900)


Q-R 35

Q. J'ai autour de l'orifice de mon gland une rougeur qui est présente depuis plusieurs années. J'ai l'impression qu'elle est, chez moi, plus importante que chez la plupart des hommes. Elle semble un peu irritée du fait que j'ai subi, il y a 4 ans, une petite intervention chirurgicale qui a coupé un cordon qui reliait la peau extérieure de mon sexe à l'orifice du gland (ce cordon existait depuis ma naissance et il m'empêchait de dénuder mon gland. Est-ce que je présente plus de risque d'être contaminé par le VIH ?

R. Le phimosis (étroitesse du prépuce qui empêche de découvrir le gland) pourrait favoriser la contamination du VIH car cela augmente le risque d'irritation locale au niveau du gland au cours des rapports sexuels ; ce qui rend possible la transmission du VIH au niveau de cette irritation qui pourrait saigner. Pour y remédier, on sectionne une partie du frein du prépuce. Donc, cette intervention chirurgicale permet d'éviter ce risque. Par contre, si cette intervention ne cicatrise pas bien et qu'elle présente une lésion irritée pouvant saigner, il y a un risque. Il convient de montrer cette cicatrice au chirurgien qui a pratiqué l'intervention. (0900)


Q-R 36

Q. Je viens d'avoir une relation avec une fille qui m'avait fait croire qu'elle était HIV+, puis qui m'a faire croire le contraire. Nous avons eu plusieurs fois à nouveau des rapports protégés, jusqu'à ce jour où elle a tenu à ce qu'on ait des rapports non protégés, me faisant croire qu'elle est HIV- et que l'hôpital avait son dossier. Comme j'avais un peu bu, et que je revenais des États-Unis, où sa famille m'avait bien accueilli, franchement je me suis laissé aller et dès le lendemain j'ai senti des picotements, et je crois qu'il y a eu un peu d'écoulement.

Je vais donc aller dès demain faire un prélèvement et une batterie de tests. Franchement, je ne suis pas optimiste, car je crois qu'elle est fataliste et qu'elle a tendance à vouloir rendre malade toute personne qu'elle sent ""heureuse"...

Dites-moi les risques que j'encours d'une telle relation. Je vous précise que lors des éjaculations, je me suis retiré. D'autre part, pouvez-vous me dire si on peut cumuler infection à VIH et d'autres MST. Enfin, comment faut-il s'y prendre dans mon cas ? Merci, j'attends une réponse de vous avec grand intérêt.

R. Concernant les Maladies Sexuellement transmissibles (MST) autres que l'infection à VIH : lors d'un rapport sexuel, on peut très bien en contracter une isolément ou en même temps que l'infection à VIH si le partenaire est infecté par l'une de ces MST et/ou par l'infection à VIH. Certaines de ces MST se contractent d'ailleurs plus facilement que l'infection à VIH (par exemple : papillomavirus, mycoplasme, herpès, mycose de type candidose).
Quant aux relations sexuelles où l'homme se retire avant d'éjaculer, il y a toujours un risque d'être contaminé par n'importe quelle MST (infection à VIH comprise) si la ou le partenaire est infecté(e) par cette MST (ce retrait n'a surtout comme conséquence que de diminuer la probabilité qu'une femme soit enceinte).

Le picotement que vous avez ressenti au niveau du gland et l'écoulement que vous semblez avoir aperçu sont probablement en rapport avec soit une MST (notamment mycose) autre que l'infection à VIH, soit en rapport avec une simple irritation locale.

Une petite précision concernant les boissons alcoolisées : l'absorption préalable de bière peut exacerber un écoulement urétral minime (d'ailleurs, il y a quelques années, on utilisait parfois cette propriété pour améliorer la détection de certaines MST par les techniques de laboratoires qui étaient moins performantes qu'aujourd'hui).

Concernant la conduite à prendre dans votre cas précis : il faudrait avant tout essayer d'obtenir de votre partenaire qu'elle vous dise enfin son statut réel vis-à-vis du test du Sida.
Mais peut-être qu'en raison de son profil psychologique ou pour d'autres raisons (cf. infra), cela ne sera pas possible.
En cas de doute, il faut faire des examens (pour plus de précisions, se reporter à "
Test du Sida " dans les FAQ de notre serveur Internet <http://www.positifs.org>).
En ce qui concerne l'irritation locale et l'écoulement, il est conseillé, de toute façon, de faire un prélèvement urétral ou un examen du 1er jet d'urine (s'il n'y a plus d'écoulement visible) pour rechercher une MST (autre que infection à VIH).

Qu'une personne, a priori séropositive, annonce à son partenaire (avec lequel elle a eu déjà plusieurs rapports sexuels, protégés comme il se doit) qu'elle est séronégative et qu'ensuite, sur sa demande, ce couple aient des rapports non protégés est surprenant.

Il existe des cas où une personne séropositive hésite avant d'annoncer sa séropositivité à sa ou son partenaire de peur d'être rejetée (cf. par exemple un des récents Témoignages non médicaux publié sur notre serveur Internet <http://www.positifs.org>).
Peut-on concevoir, qu'en raison d'un profil psychologique particulier, une femme se sachant séropositive puisse se dire séronégative afin de pouvoir avoir des rapports sexuels non protégés avec son partenaire (certaines femmes éprouvant peu de plaisir en cas de rapport protégés) ?
Ce qui reviendrait à dire que cette personne rechercherait, de sang froid, le plaisir, sans se soucier du risque qu'elle ferait prendre à son partenaire (cette situation étant bien à différencier de celle où survient une déconnexion temporaire avec le réel au cours d'un rapport sexuel, situation que nous avons antérieurement exposée, notamment dans le témoignage cité plus haut).
Qu'une personne séronégative fasse croire, de prime abord, à son partenaire qu'elle est séropositive n'est pas une chose courante.
Comment se l'expliquer ?
Cette personne souhaite-t-elle créer, pour une raison X, un sentiment de crainte (compréhensible) chez son partenaire ?
Ou souhaite-t-elle que ce partenaire s'éloigne d'elle : a-t-elle eu un soupçon sur un risque d'avoir été contaminée lors d'une relation antérieure qu'elle aurait eu avec un autre partenaire sexuel? Redoute-t-elle de s'attacher à vous ?
Une autre explication, en rapport avec une crainte obsessionnelle du Sida, pourrait être avancée : redoutant que vous soyez séropositif, cette personne s'est faite passée pour séropositive en se disant que si vous étiez séropositif (et que vous le sachiez), vous lui auriez confié plus facilement l'existence votre séropositivité avant d'avoir un rapport avec elle. (0601)


Q-R 37

Q. Tout d'abord félicitations pour votre site qui est complet et très bien agencé. Je vous écris pour vous poser une question dont je n'ai pu trouver la réponse.
Est-il possible de contracter une MST, y compris le VIH, en prenant une bain, nu, avec une femme inconnue, sans pénétration ni contact entre les sexes, juste en étant dans la même eau ?
Est-il possible que des sécrétions ou des germes ou des virus "contaminants" se propagent par l'eau du bain et contaminent l'autre personne ???

R. Tout d'abord, merci pour votre appréciation de notre site.

Ce que l'on sait, c'est que le virus VIH ne peut survivre qu'en parasitant un lymphocyte T4 (ou un macrophage) et qu'il a une durée de vie très courte à l'air libre, de l'ordre de quelques minutes.

Dans l'eau, ses conditions de survie sont encore plus précaires et le risque de transmission est encore amoindri en raison du phénomène de dilution.

Tout cela n'est peut-être pas le cas pour d'autres germes, connus pour être plus résistants (comme par exemple papillomavirus, hépatite B)
Mais il est difficile d'en dire plus car, à notre connaissance, il n'y a eu d'études réalisées en ce sens.

Ce qui est sûr, c'est que le risque de transmission du VIH ou d'une autre MST est probablement impossible quand la quantité d'eau est importante (la mer ou tout autre plan d'eau, à la différence d'une baignoire). (0103)


Q-R 38

Q. Qu'en est-il en 2004 de l'impact de la circoncision sur la transmission du VIH ?

A-t-on confirmé son rôle protecteur ? Si oui, le simple caractère hygiénique de la circoncision expliquerait-il ce rôle ?

R Une étude récente indique que la circoncision chez l'homme diminue ce risque d'un facteur 7.
Ce qui n'est pas négligeable !

Cette étude* a été réalisée en Inde dans le cadre d'une étude prospective chez 2 298 personnes séronégatives vis-à-vis du VIH-1.
Si cette étude a bien montré un effet fortement protecteur de la circoncision vis-à-vis l'infection à VIH (Relative Risk 0.15; 95% CI 0.04-0.62; p=0.0089), elle n'a trouvé aucun effet protecteur vis-à-vis d'autres Maladies sexuellement Transmissibles, comme l'herpès virus 2, la syphilis et la gonococcie.

Donc, la spécificité de cet effet vis-à-vis de l'infection à VIH suggérerait que cette relation existant s'expliquerait plus par un facteur biologique que par le type de comportement sexuel des participants à cette étude (il conviendrait cependant, mais ce n'est pas simple à réaliser, de pouvoir étudier cette relation en fonction du type de pratique sexuelle).
En effet, il semblerait que le prépuce comporte une quantité particulièrement élevée de cellules qui sont des cibles du VIH.

Et donc, cet effet protecteur ne s'expliquerait pas par un accroissement de l'hygiène en rapport avec la circoncision.


* Reynolds SJ., Shepherd ME., Risbud AR., Gangakhedkar RR., Brookmeyer RS., Divekar AD., Mehendale SM., Bollinger RC. : Male circumcision and risk of HIV-1 and other sexually transmitted infections in India. Lancet, 2004 Mar, 363, 9414, 1039-40.
(0504)


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1ère version : mars 1998

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mise à jour en mai 2004.