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Primo-infection à VIH


Q-R 1

Q. Peut-on ressentir les effets de la primo-infection (fièvre, ganglions, lésions génitales), malgré un test du Sida négatif effectué une semaine après une possible contamination ?

R. La primo-infection par le VIH peut se déclarer cliniquement 15 jours à 3 mois après la contamination, chez 20 à 50% des patients infectés.

L'aspect clinique est, dans ce cas, un syndrome mononucléosique analogue au syndrome viral de la grippe ou de la rubéole. Les signes sont, par ordre décroissant de fréquence : adénopathies cervicales et axillaires (parfois splénomégalie), fièvre pouvant persister un mois, sueurs, asthénie intense -voire des malaises-, une anorexie, des courbatures, des myalgies, un rash cutané -voire urticaire-, une dysphagie douloureuse, des céphalées, des arthralgies, parfois une candidose avec ulcérations buccales. De façon exceptionnelle : encéphalopathie (avec troubles de la conscience, désorientation, amnésie, troubles de la personnalité -voire coma), méningite aiguë lymphocytaire, myélopathie, neuropathie périphérique. Ces symptômes disparaissent au bout de quelques semaines à un mois. Ces signes, totalement non spécifiques, doivent faire évoquer le VIH chez un sujet jeune, ayant des conduites à risque.

Biologiquement : il existe parfois une inversion de formule avec diminution des lymphocytes T4 et des globules blancs, avec parfois présence de monocytes bleutés dans 70% des cas, et augmentation des transaminases dans 50% des cas.

L'antigène P24 du virus VIH est parfois détectable : apparition vers le 15ème jour et persistance en général pendant une dizaine de jours, jusqu'au moment où apparaît l'anticorps P24 (= test HIV positif) ; et les lymphocytes T8 sont parfois augmentés (pic vers le 30ème jour). La charge virale est positive vers le 10ème jour. (0898)


Q-R 2

Q. Je voudrais connaître le chiffre qui détermine la sensibilité de l'antigenémie p24 en phase de primo-infection symptomatique, et l'intervalle de temps (début/fin en fonction de l'apparition des premiers signes physiques) pendant lequel cet antigène est détectable. Merci.

R. Le dosage de l'antigène P24 se fait par une technique ELISA de type "sandwich". En cas de résultat positif, il doit être confirmé par une épreuve de neutralisation effectuée à l'aide d'un anticorps de référence (cf. par exemple : Sydow M., Gaines II, Antigen detection in primary HIV infection, Br Med J., 1988 ; 296 : 238-240). La sensibilité dépend des techniques et des réactifs utilisés par chaque laboratoire. Nous ne connaissons pas le chiffre exact déterminant la sensibilité de l'antigénémie P24 en phase de primo-infection.
Pour avoir cette précision technique, vous pourrez contacter de notre part le Dr LY à l'institut Fournier (25, bd St Jacques, 75680 Paris cedex 14 ; Tel : +33 (0)1 40 78 26 00).

Ce que nous savons, c'est que lors d'une contamination par le VIH, la charge virale est le premier marqueur à être détectable (vers le 12ème jour après le contage). L'antigène P24 est ensuite, parfois (ce qui sous-entend qu'il peut y avoir des "faux négatifs"), détectable vers le 16ème jour après le contage, avec un maximum vers le 21ème jour. Mais contrairement à la charge virale, l'antigène P24 n'est plus détectable quand les anticorps P24 apparaissent ; ce qui peut survenir à partir du 25ème jour après le contage (l'apparition des ac P24, traduisant la positivité du test HIV, peut survenir aussi ultérieurement, au 2ème ou au 3ème mois, et, dans de rares cas, après un intervalle de plusieurs mois).

Concernant les signes physiques de la primo-infection par le VIH : ils peuvent survenir 15 jours à 3 mois après la contamination, chez 20 à 50 % des patients infectés. Quant à leur durée, elle est variable en fonction des signes. Le plus souvent, il s'agir de symptômes pseudo-grippaux pouvant durer quelques jours (d'où la difficulté du diagnostic étiologique). Ils peuvent donc survenir au moment où l'antigène P24 est détectable, mais aussi après, quand il n'est plus détectable. (1198)


Q-R 3

Q. Peut-on avoir des signes de primo-infection 3 jours seulement après un rapport supposé à risque (bouffées de chaleur, mal de tête, pas de fièvre pourtant) ?

R. Les signes de primo-infection à VIH surviennent entre le 15ème jour et le 3ème mois après la contamination. Donc, des signes survenus trois jours après avoir été en situation de risque ne peuvent pas être des signes de primo-infection à VIH. (1199)


Q-R 4

Q. Je n'ai jusqu'alors eu aucun rapport sexuel, sauf une fellation non protégée. Je me sens parfaitement normal et ceci a eu lieu il y a environ un an avec une personne que je connaissais peu et que je ne revois plus. Au niveau du bas de mon cou, je remarque des petites "pointes" de la couleur de la peau, qui font 1mm peut être, ou moins. Il ne s'agit pas de boutons, ni de ganglions... Je voudrais savoir si cela correspond à un signe de début de séropositivité.

R. Ces symptômes ne sont pas des signes de primo-infection à VIH. D'ailleurs, les signes de primo-infection à VIH ne persistent pas plus d'un mois (et ils apparaissent au plus tard au 3ème mois après la contamination). Donc, des signes survenant ou persistant un an après avoir été mis en situation de risque d'être contaminé par le VIH ne peuvent pas être des signes de primo-infection à VIH. (1199)


Q-R 5

Q. Je voudrais tout d'abord vous féliciter pour ce site qui répond à l'essentiel des questions que je me posais à propos du sida.

J'ai appris que j'étais séropositif il y a 3 semaines et ma séroconversion s'est faite après juillet 1999 car j'avais effectué un test qui était négatif à cette époque.

J'aimerais savoir si le nombre élevé de copies peu de temps après ma séroconversion est corrélé avec "l'agressivité" du virus, sachant que ma primo-infection, en octobre, a duré une semaine et était particulièrement intense (fièvre à plus de 39° en continu, courbatures, vertiges...).

R. Tout d'abord, nous vous remercions pour votre appréciation sur notre serveur Internet.
Cela nous fait d'autant plus plaisir que ce serveur est réalisé totalement bénévolement (comme les autres activités de l'association POSITIFS) et sans l'aide d'aucune subvention.
Des compliments, comme le vôtre, ne peuvent que nous stimuler pour continuer ce travail qui porte ses fruits : nous allons atteindre d'ici quelques semaines un million de connexions et, ce serveur qui était déjà devenu un des plus consultés au niveau européen, est de plus en plus consulté dans d'autres pays comme ceux d'Afrique ; et il semble que cela devienne aussi le cas pour les États-Unis.

Concernant votre question sur le niveau élevé de votre charge virale constaté peu de temps après une séroconversion : cela ne signifie pas que la personne soit infectée par un virus qui serait plus agressif avec un risque plus élevé d'évolution rapide vers la maladie.
En effet, à l'occasion d'une infection par le VIH, il existe une rapide ascension de la virémie (mesurée par la charge virale) qui est contemporaine de la diffusion massive des virions au niveau de tous les organes lymphoïdes. Ce qui se traduit par des titres élevés de virus au niveau plasmatique (la charge virale dépasse en général 1 million de copies/ml), ainsi qu'au niveau génital (ce qui explique pourquoi, à ce stade, ces personnes peuvent potentiellement transmettre le VIH avec une grande facilité).
Puis, on observe une nette diminution de la charge virale correspondant à une stabilisation de la réplication.
Cette diminution s'explique en raison de l'intervention de certaines défenses immunitaires de la personne infectée (ces défenses émaneraient des lymphocytes CTL cytotoxiques ; les anticorps neutralisants n'étant détectables que quelques mois après la stabilisation de la réplication).
La plupart des symptômes cliniques survenant sont liés à cette augmentation brutale de la virémie et au développement de l'immunité. (0500)


Q-R 6

Q. Voilà une année j'ai eu trois rapports mal protégés avec quelqu'un.
Au bout d'une semaine, j'ai eu une forte grippe accompagnée d'asthénie, de myalgie ; et ceci pendant un mois.
Au bout de quatre mois après le premier rapport, j'ai fait un test du VIH qui montrait ma séronégativité (test elisa).
Ne voilà t-il pas que j'ai encore des ganglions cervicaux, axillaires et inguinaux après un an, un rhume persistant et récidivant, et depuis peu, des mycoses en plusieurs endroits.

Je reste tout de même inquiète.

R. Concernant les symptômes que vous décrivez : il peut, certes, s'agir de symptômes en rapport avec une primo-infection à VIH (il faut cependant souligner que dans la plupart des cas, il n'y a pas de symptômes dans les suites d'une contaminations à VIH). Mais ces symptômes sont très fréquents, et, dans la plupart des cas, ils sont en rapport avec une infection virale banale, comme c'est le cas en période hivernale. Le test que vous avez fait quatre mois après ce premier rapport, permet d'ailleurs d'exclure le diagnostic d'infection à VIH avec une probabilité de plus de 99% (cette probabilité étant liée à la sensibilité du test qui n'est pas de 100%).

Concernant le fait que certains symptômes persistent : cela ne devrait pas vous inquiéter vis-à-vis de l'infection à VIH.
Concernant le rhume persistant : cela n'a aucun rapport avec l'infection à VIH. À ce sujet, il faut savoir que depuis deux ans, et surtout cette année, de nombreuses personnes ont fait des infections ORL ou bronchites qui ont eu tendance à traîner ou à récidiver et pour lesquelles on peut avancer plusieurs hypothèses :

1/ saison hivernale moins froide que d'habitude ; d'où la persistance inhabituelle des infections virales (en général, on observe à cette époque surtout des infections bactériennes car la plupart des virus supportent mal le froid) qui, rappelons le, ne sont pas sensibles aux antibiotiques (devant une angine blanche, une sinusite ou une bronchite, on est amené à prescrire des antibiotiques car il peut s'agir d'une infection bactérienne ; s'il s'agit d'une infection virale, ce que l'on ne peut pas savoir lors de la consultation, cette prescription se justifie par le fait qu'il existe un risque de surinfection bactérienne) ;

2/ résistance accrue des infections bactériennes aux antibiotiques en raison d'une prescription excessive de ces médicaments dans les pays occidentaux depuis une vingtaine d'années (et peut-être plus importante ces deux dernières années en raison d'infections ORL et bronchiques ayant tendance à traîner ou à récidiver) ;

3/ intervention de certains facteurs, devenus plus fréquents ces dernières années, pouvant faciliter la survenue de ces infections, comme la pollution ou l'allergie.

Concernant les mycoses, elles existent, certes, chez les personnes infectées par le VIH, mais elles sont extrêmement répandues dans la population générale. D'ailleurs, en médecine générale, on constate parfois leur survenue chez une personne, leur persistance durant plusieurs mois puis leur disparition, sans se l'expliquer. Parfois, il existe des facteurs favorisants : avant tout, la prise d'antibiotique (y compris ceux contenus dans des pastilles à sucer, souvent utilisées par auto-médication ou sur le conseil, discutable, de certains pharmaciens ...) et notamment en cas de prises répétées (il y a donc un lien possible avec l'augmentation de la prescription d'antibiotiques évoquée ci-dessus) ; il y a aussi un lien possible avec une augmentation de l'absorption d'aliments sucrés (en ce qui concerne le chocolat, cette augmentation peut s'expliquer par son action anti-stress en raison du magnésium qu'il contient), ainsi qu'avec le port de vêtements trop serrés, de sous-vêtements synthétiques, la fréquentation de certaines piscines, avec certaines altérations biologiques (augmentation de la glycémie, voire état pré-diabétique, mais aussi anémie). Pour plus d'informations sur ces facteurs favorisants, vous trouverez des précisions dans la rubrique C. sur notre serveur Internet (<http://www.positifs.org> dans l'article que nous avions réalisé sur l'extrait de pépin de pamplemousse.

Concernant les ganglions cervicaux, axillaires et inguinaux, ils peuvent survenir aussi chez les personnes séropositives ; mais cela peut être aussi le cas pour tout autre personne (cela est fréquent dans la population générale). Les ganglions inguinaux sont souvent sans cause et peuvent parfois persister (à noter que cela est plus fréquemment observé chez les personnes maigres ; ce qui peut s'expliquer par le fait que les ganglions sont en fait toujours normalement présents ; mais en général, ils ne sont pas palpables tant qu'ils ne sont pas pathologiquement hypertrophiés). Pour les ganglions cervicaux, il faut rechercher avant tout une cause ORL (cela peut être en rapport avec une infection ORL récidivante) ou dentaire. En ce qui concerne, les ganglions axillaires, il convient de rechercher chez les femmes une cause en rapport avec la glande mammaire et réaliser, si nécessaire, une mammographie.

J'espère que cette réponse vous rassurera du point de vue de l'infection à VIH.
Nous nous sommes efforcés de la développer car les symptômes de la primo-infection à VIH, s'ils sont utiles à rechercher en raison du fait, notamment, qu'ils peuvent survenir avant d'avoir une certitude biologique, il n'en demeure pas moins que ces symptômes peuvent survenir pour bien d'autres raisons. On l'oublie un peu trop souvent en raison de la crainte, justifiée, de contracter l'infection à VIH. (0701)


Q-R 7

Q. Tout d'abord merci pour les réponses que vous apportez sur votre site, vraiment claires et complètes ! Mais je n'ai pas trouvé de réponse à une question qui m'interpelle. Je me permets de vous la poser :

Lors d'une primo-infection VIH se déclarant avec de la fièvre, sait-on si celle-ci réagit bien à des médicaments contre la fièvre (ex : aspirine, etc.), ou si elle a tendance à demeurer stable malgré la prise de ces médicaments? Dans mon cas, après avoir eu un rapport mal protégé, j'ai actuellement -environ 6 semaines après ce rapport- une fièvre pas trop forte mais ayant tendance à ne pas baisser malgré les médicaments que je prends.

Merci d'avance.

R. Vous posez une question très intéressante ; d'autant plus que personne ne nous l'avait posée antérieurement et que nous ne nous étions, nous même, jamais posés cette question qui est tout à fait pertinente.

Après y avoir réfléchi, il semblerait qu'en cas de fièvre survenant dans le cadre d'une primo infection à VIH, celle-ci puisse être combattue par la prise d'antipyrétiques classiques (comme aspirine ou paracétamol) au même titre que toutes autres infections virales banales.

Mais en cas d'infections virales banales, on sait que la baisse de la température sous antipyrétiques peut parfois ne pas être immédiate et se faire sur quelques jours.

Par contre, si la fièvre persiste au-delà de quelques jours, il faut chercher une autre cause, souvent banale (dentaire ou au niveau des sinus par exemple), ou plus sérieuse si cette fièvre persiste surtout en fin de journée (il convient dans ce cas de rechercher une éventuelle tuberculose).

Pour revenir à la primo-infection à VIH, il convient cependant d'être nuancé pour les raisons suivantes.
La fièvre est certes un mécanisme de défense de l'organisme vis-à-vis des agents infectieux (virus et autres comme bactéries).
Mais le problème c'est que, au cours de l'infection à VIH, le virus peut augmenter la quantité de certains des messagers de l'organisme infecté (lymphokines) intervenant dans les réactions de défenses immunitaires, et notamment le TNF.
Or, le TNF a la propriété de déclencher des augmentations de la température. C'est ce qui s'observe au cours de l'infection à VIH au stade ARC (Aids Related Complex). Il s'agit d'un stade un peu particulier, parfois décrit au cours de l'infection à VIH. Ce stade associe souvent une fièvre pendant plus de 3 mois, des sueurs, une anorexie, une perte de poids de plus de 10% et une très grande fatigue. Ce syndrome, décrit au cours de l'infection à VIH, emprunte donc des symptômes banaux, mais qui sont plutôt marqués. Cependant, quand il survient, c'est en général plusieurs mois (voire plusieurs années) après une contamination.

Donc, il n'est pas si simple de répondre à votre question. (0702)



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1ère version : novembre 1998.

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mise à jour en août 2002.