- GM0903 :
Histoire autour d'une photo de Sonny Simmons.
Un témoin de l'essor fulgurant du serveur Internet "
Jazz-Passion " !
Je souhaiterais vous
raconter une petite histoire que j'ai intitulée "
Histoire autour d'une photo de Sonny Simmons ".
Il s'agit d'un
véritable conte de fée !
Donc, il convient de
débuter comme suit.
Il était une fois
...
- un docteur,
passionné de jazz, qui décida de créer
un serveur Internet sur le jazz
(<www.positifs.org/jazz-passion>), au sein d'un
serveur Internet consacré au Sida (celui de
l'association POSITIFS dont il est le Secrétaire
général), notamment pour changer un peu les
idées des visiteurs du site de POSITIFS ; et
particulièrement pour ceux qui sont atteints par
cette maladie qui, au quotidien, est parfois douloureuse
à vivre, et ce malgré les progrès de
la recherche. Partager ou faire découvrir une passion
: tel était le point de départ de ce
projet.
Quelques semaines
après l'ouverture de ce site (21 août 2002),
avec déjà plus de 300 pages de textes
réparties sur 25 rubriques et plus de 400 images, il
fut contacté par Renato Ribeiro, directeur artistique
de l'espace artistique de La Comedia qui lui proposa
d'organiser des concerts.
Bien que totalement novice
en la matière, il accepta, notamment parce qu'il
pensait que cela permettrait peut-être aussi de
pouvoir trouver des fonds pour le FAR/Fond d'Aide Rapide ;
un fonds d'aide créé par POSITIFS (et qui a
été financé surtout, jusqu'à
présent, par la fondation du chanteur Freddie
Mercury, décédé du Sida). Et pouvoir
ainsi venir en aide à des personnes atteintes du
Sida, ayant, en plus, à affronter des
difficultés financières*
Grâce aux conseils
de plusieurs personnes, il a pu être mis en contact
avec des musiciens afin de leur proposer ces concerts dans
le cadre de ce qu'il proposa d'appeler " Jazz en Live à La
Comedia, en
collaboration avec Jazz-Passion ".
Parmi ces personnes,
Gérard Terronès, producteur des disques Futura
et Marge, fut particulièrement stimulant.
Quelques jours
après l'ouverture de " Jazz-Passion ", ce producteur,
qualifié par certains de " mythique " (notamment
parce qu'il fut celui qui propulsa en France Archie Shepp,
mais aussi de nombreux autres musiciens, et pas que ceux
issus du free jazz !), contacta ce passionné de jazz
pour lui faire quelques compliments mais aussi plusieurs
critiques (qui se révélèrent bien
constructives !), notamment sur le fait qu'il avait peu
abordé certaines formes de jazz (comme le free jazz),
et surtout qu'il avait peu envisagé le jazz
d'aujourd'hui.
Un point que notre
passionné avait d'ailleurs pressenti en créant
une rubrique, dans Jazz-Passion, en fustigeant, un peu, ceux
qui, dans les années 1960, n'avaient pas eu ce
déclic qui a fait qu'un autre passionné,
Francis Paudras, vint en aide de façon
énergique à Bud Powell qui, malgré tout
son talent, se trouvait dans une solitude extrême, et
accablé par des questions financières vraiment
très dures.
C'est Gérard
Terronès qui l'avait averti de la venue en France, au
cours de l'automne 2002, de Sonny Simmons, un musicien que
notre passionné de jazz connaissait très peu ;
et il lui avait permis d'entrer en contact avec Marc
Chaloin, ami et biographe de Sonny Simmons.
Sonny Simmons fut
programmé pour la deuxième soirée de "
Jazz en Live
à La Comedia, en collaboration avec
Jazz-Passion ", qu'il organisa le 28 novembre 2002.
Entre temps, notre
passionné de jazz se documenta sur ce musicien
prestigieux et il fut d'autant plus content de pouvoir le
programmer pour cette soirée qu'il se rendit compte
que ce musicien n'était vraiment pas reconnu à
sa juste valeur.
Comme si cela s'inscrivait en lettre de feu dans une logique
désespérante du destin.
En effet, Sonny Simmons, qui joua depuis les années
60 avec les plus grands, comme John Coltrane et Eric Dolphy,
avait déjà été mis un peu
à l'écart dans le passé (ne lui
aurait-on pas reprocher de s'être marié avec
Barbara Donald, une trompettiste à la peau blanche ?
!!!) ; et ensuite, dans les années 70, sa situation
matérielle ne semble pas avoir été
brillante. Depuis quelques années, elle a pu
cependant s'améliorer
légèrement**.
Toujours est-il que notre
passionné de jazz se familiarisa de plus en plus avec
cette musique, et il décida de reproduire quelques
pochettes de disques de Sonny Simmons sur " Jazz-passion "
quelques semaines avant son concert à Jazz en Live
à La Comedia.
Il a choisi notamment de
reproduire celle de " Staying on the Watch " (depuis, il a
appris que la version LP de ce CD venait d'être
rééditée ; ce qui est vraiment une
bonne chose).
Voilà donc ce qu'il
ajouta comme commentaire :
Simmons
S_ESP1030_CD
Simmons Sonny : Staying on the Watch (Teddy Smith, John
Hicks, Marvin Pattillo, Barbara Donald), 30/08/1966,
ESP1030, Photo : Sandra Stollman/CD*.
* Un disque que je
recommande particulièrement pour ceux, qui comme moi,
sont peu familiarisés jusqu'à présent
avec le jazz " avant-gardiste " des années 1960.
A noter que Barbara Donald, l'épouse de Sonny
Simmons, est la trompettiste du groupe. Et elle est
excellente.
Quant à la photo, elle est superbe et en
même temps il s'en détache un sentiment
d'inquiétude : Sonny Simmons émerge sur ce qui
est peut-être le haut d'une colline, paisiblement
concentré sur son saxophone, avec en arrière
fond un paysage de building évoquant un New York
sombre, suggérant un paysage de désolation. Ce
paysage me fait penser à celui du film d'anticipation
de Luc Besson, En un dernier combat, mais aussi aux visions
apocalyptiques du 11 septembre 2001 qui engloutirent les
deux twin towers, qui ressemblent à s'y
méprendre aux deux tours, situées sur cette
photo, en arrière fond et qui encadrent Sonny Simmons
en avant-plan.
Ceci dit, venons en au
point central de notre histoire (tout ce qui
précède était, à mon avis, bien
utile à résumer pour apprécier ce qui
va suivre et saisir la portée de cette
histoire).
Notre passionné de
jazz reçu un samedi matin (le 1er février
2003), l'e-mail suivant que nous reproduisons tel que nous
l'avons reçu :
Notre
passionné de jazz fut bouleversé par ce
courrier.
Tout avait commencé
un 21 août quand Christian Boullangier avait mis en
ligne "Jazz-Passion".
Depuis, de nombreux projets (ô combien imprévus
!) se sont enchaînés à vitesse grand " V
".
Et je constate, à
quel point, que toutes ces réalisations ont pu
aboutir à ce que je reçoive ce courrier de
Sandra Stollman
Car certains lecteurs
auront bien compris que ce docteur passionné de jazz
s'appelle Gilbert Maurisson !
Depuis la mise en ligne du
serveur Internet " Jazz-Passion ", c'est vraiment un des
plus beaux courriers que j'ai reçu.
Si j'ai dit plusieurs fois
qu'il fallait œuvrer en reconnaissance de ceux qui ont fait
le jazz, j'ai de plus en plus souligné l'importance
de promouvoir aussi le jazz d'aujourd'hui.
Il y a vraiment de très nombreux grands musiciens de
jazz de nos jours ; des jeunes et des moins jeunes qui sont
encore en vie !
Le malheur étant que de nombreux musiciens,
même parmi ceux qui ont acquis une grande
renommée, n'ont pas toujours la possibilité de
pouvoir jouer en " live " aussi souvent qu'ils le
souhaiteraient, d'enregistrer et de pouvoir vivre
convenablement de leur Art.
Il convient donc de ne pas retrancher sa passion uniquement
dans le passé !
Ce qui m'a aussi
comblé en recevant un tel courrier c'est que c'est
une démonstration de la portée acquise par le
serveur Internet " Jazz-Passion ". Et ce, à peine
après moins de six mois d'existence.
C'est en effet un
témoin de la réalité d'une
communication magistrale : c'est un peu comme la rencontre
non fortuite de deux grains de sable. L'un étant une
photographie, réalisée il y a plus de 35 ans,
parmi des millions de clichés photographiques et un
serveur internet parmi des millions.
Rencontre non fortuite car
ceci n'a pu se produire qu'en raison de la magie de la haute
technologie fournie par le réseau Internet.
Mais aussi, et peut-être surtout, en raison de l'essor
fulgurant pris par le serveur " Jazz-Passion " (comme ce fut
le cas déjà de celui de POSITIFS) qui ne
s'explique que par le savoir-faire que nous avons acquis
antérieurement.
Il est vrai que ce serveur offre déjà de
nombreuses informations ; ce qui ne peut que satisfaire les
internautes.
Il en est de même du serveur sur le Sida de POSITIFS
au sein duquel est hébergé le site de
Jazz-Passion.
Au delà du contenu, il y a aussi le professionnalisme
que nous avons acquis pour réaliser ces serveurs
Internet. Et Christian Boullangier, le webmaster de ces deux
serveurs y est pour beaucoup aussi.
Cette portée ne
peut que me réjouir car elle ne peut qu'être de
bonne augure pour tous les projets en cours, et qui
s'inscrivent dans la démarche que j'ai
évoquée tout au long de ce texte.
Pour terminer, je souhaite
dédier cette histoire à mon épouse
Barbara, à mes enfants Charlotte, Gabriel et
Ariane.
Car ils ont dû supporter beaucoup de ma part depuis
quelques mois : création d'un nouveau serveur
Internet puis de concerts de jazz ! Le jazz n'étant
pas leur passion... et mes sautes d'humeur sont parfois rudes
à supporter...
Il est peut-être
vrai, ainsi que plusieurs le disent, que j'ai une certaine
capacité de travail.
Mais les journées n'ont que 24 heures. Et, être
médecin généraliste, s'occuper
bénévolement d'une association de lutte contre
le Sida (et notamment de son serveur Internet), participer
un peu à des projets de recherche en médecine
et rajouter " Jazz-Passion " et des concerts de jazz
laissent peu de temps pour s'occuper de sa famille et de tas
d'autres choses de la vie quotidienne (heureusement que ma
situation matérielle n'est pas trop
préoccupante ; ce qui est un point important car,
sans cela, il me serait impossible de pouvoir m'investir
bénévolement autant et dans des domaines si
variés !).
Dr Gilbert Maurisson
Créateur de Jazz-Passion
et Secrétaire général de
POSITIFS
Février - Septembre
2003
*
À l'issue des trois premières soirées
(Gilles Dardenne Trio avec Benjamin Duboc et Sunny Murray le
15 novembre, Sonny Simmons Quartet avec Tom McClung, Gildas
Scouarnec et John Betsh le 29 novembre, Jean-Philippe Viret
Trio avec Edouard Ferlet et Antoine Banville le 18
décembre 2002), des fonds ont pu être
recueillis, certes encore modestement (le but de ces
premières soirées était avant tout de
s'assurer de la faisabilité et du succès de ce
projet), mais qui ont permis de venir en aide à une
personne dont on menaçait de couper
l'électricité malgré les rigueurs du
froid !
J'ai pu continuer de réaliser des concerts
jusqu'à la fin du deuxième trimestre de 2003.
Ce qui a permis de recueillir ainsi encore quelques fonds.
Le montant total des fonds recueillis fut certes bien en deçà de ce que j'espérais...
Mais je me dis, c'est déjà un début.
retour
** Et
il conviendrait, en raison de son talent, qu'elle
s'améliore encore !
Par delà le
plaisir que j'ai à favoriser des concerts pour ce
musicien (mais aussi pour d'autres) que j'ai appris à
apprécier, j'ai toujours à l'esprit de lui
trouver aussi des lieux pour qu'il puisse jouer et qu'il
soit de plus en plus reconnu. J'essaye ainsi, à ma
mesure, de compléter ce que fait aussi Marc Chaloin,
son ami et biographe.
C'est la raison pour
laquelle je me suis adressé à lui pour lui
proposer la première tentative "d'exportation" de
" Jazz en
Live à ..., en collaboration avec Jazz-Passion
".
La
première a eu lieu le 3 avril 2003 avec "
Jazz en
Live à l'Université, en collaboration avec Jazz-Passion
" !
Sonny Simmons était accompagné par Tom McClung
(p), Gildas Scouarnec (b) et George Brown (d).
Ce projet s'inscrivait dans le cadre de la
commémoration du trentième anniversaire de la
création de la Faculté d'Économie et de
Gestion de Picardie. retour
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