J a z z - P a s s i o n

 

3. Témoignages et documents inédits

(notamment photos).
 

A. Témoignages personnels de jazzomélomanes.


Accueil Jazz-Passion => index => Témoignages => Témoignages personnels de Jazzomélomanes

 

- GM0602 : Que représente le jazz pour vous et comment est-ce devenu une passion pour vous ?

- CB0503 : Comment avez-vous rencontré le jazz ?

- GM0903 : Histoire autour d'une photo de Sonny Simmons.
Un témoin de l'essor fulgurant du serveur Internet " Jazz-Passion " !

- GD0504 : To Oliver Johnson ! (avril 2002).
Un poème du pianiste-compositeur Gilles-Marc Dardenne écrit en hommage à un très grand drummer américain, assassiné à Paris (2002).


Nous faisons particulièrement appel à ceux qui ont vécu aux époques glorieuses du jazz.


 

Cette rubrique sera complétée au fil du temps et de notre disponibilité.

Si vous désirez y participer,
vous pouvez nous adresser un témoignage, des documents inédits*.

* Pour les documents (notamment photos),
nous pouvons nous charger de les scanner.

Mais, si vous pouvez vous charger de cette étape, n'hésitez pas à vous en occuper ,
en utilisant, de préférence, le format JPEG à 150 dpi



 

1. ou Comment le jazz vous a rencontré.

- GM0602 : Que représente le jazz pour vous et comment est-ce devenu une passion pour vous ?

Ainsi que Connie Crothers l'écrivait dans les Liner notes du disque de Lennie Tristano New York Improvisations, je pense que : C'est une musique qui peut s'insinuer en vous et devenir une partie de vous. C'est en tout cas ce que je ressens en écoutant la musique des musiciens de l'école de Tristano, ainsi que celle de nombreux autres musiciens de jazz.

Tout commença pour moi à l'âge de six ans quand j'entendis Whisper Not de Benny Golson en 1960. C'était un des thèmes du disque des Jazz Messengers au Club Saint Germain que mon frère aîné venait de se procurer. Mais ce n'est que dans les années 1980 que j'ai commencé à me plonger sérieusement dans ce monde. J'ai découvert les enregistrements d'Art Tatum et de Ben Webster, et puis je suis tombé dans les bras de Billie Holiday et de Lester Young. Il y a eu ensuite Charlie Parker, etc. J'ai ainsi découvert de nombreux musiciens en privilégiant au début mes centres d'intérêts surtout sur le saxo, puis la trompette (plus d'une centaine de musiciens). Ces dernières années, je me suis penché surtout sur les musiciens de la West Coast, puis sur l'école de Tristano.

A chaque fois que je découvre un nouveau musicien, commence alors pour moi une quête frénétique pour approfondir la connaissance de ce musicien. Et, bien vite, j'en découvre un autre. Et, cela n'en finit plus !

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© Copyright Dr Gilbert Maurisson, Jazz-Passion, 2002.
Page maintained by Christian Boullangier for Jazz-Passion, août 2002.



- CB0503 : Comment avez-vous rencontré le jazz ?

En 1954, à l'âge de dix ans, à Toulouse, j'ai entendu les Oignons de Sydney Béchet lors d'un goûter chez un camarade de classe qui habitait dans le même immeuble, l'étage en-dessous.

À douze ans, le père Le Houelleur, préfet des études, au Caousou, à Toulouse, nous fit écouter des négro-spirituals. Je retins le nom de Mahalia Jackson.

À Amiens, à la Cité Scolaire, Labarre, notre professeur d'anglais apportait un électrophone et nous faisait écouter des 78 tours d'Art Tatum, Coleman Hawkins, Lester Young.

En 1963, à 19 ans, à Montpellier, en me privant sur la nourriture, j'achetais mes trois premiers 30 cm de jazz : Kind Of Blue de Miles Davis, Le Jazz de Demain d'Ornette Coleman, et un album de blues de Lightnin Hopkins et Sonny Terry.

J'écoutais "Pour ceux qui aiment le Jazz" de Frank Ténot et Daniel Filipacchi.

J'achetais Jazz Magazine.

Quelle époque !

Qu'il me soit ici permis de remercier tous ceux qui, à cette époque, ont éveillé nos oreilles et stimulé nos neurones. Claude Hagège recommande l'apprentissage d'une langue étrangère avant l'âge de onze ans. Je recommande vivement à tous les parents de faire écouter à leurs enfants une partie du répertoire de la musique de jazz, en commençant pourquoi pas, par " Ballads " de John Coltrane, puis Lester Young, Coleman Hawkins... J'ai perpétué la tradition de mes profs d'anglais. Lors de la programmation d'une vidéo de 50 minutes sur l'orchestre de Duke Ellington, quel n'a pas été l'étonnement des élèves découvrant cette forme musicale : "c'est ça le jazz ? c'est super ! Vous pouvez nous en passer d'autres ?"...

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© Copyright Claude B., 2003.
Page maintained by Christian Boullangier for Jazz-Passion, mai 2003.



 

- GM0903 : Histoire autour d'une photo de Sonny Simmons.

Un témoin de l'essor fulgurant du serveur Internet " Jazz-Passion " !

Je souhaiterais vous raconter une petite histoire que j'ai intitulée " Histoire autour d'une photo de Sonny Simmons ".

Il s'agit d'un véritable conte de fée !

Donc, il convient de débuter comme suit.

Il était une fois ...

- un docteur, passionné de jazz, qui décida de créer un serveur Internet sur le jazz (<www.positifs.org/jazz-passion>), au sein d'un serveur Internet consacré au Sida (celui de l'association POSITIFS dont il est le Secrétaire général), notamment pour changer un peu les idées des visiteurs du site de POSITIFS ; et particulièrement pour ceux qui sont atteints par cette maladie qui, au quotidien, est parfois douloureuse à vivre, et ce malgré les progrès de la recherche. Partager ou faire découvrir une passion : tel était le point de départ de ce projet.

Quelques semaines après l'ouverture de ce site (21 août 2002), avec déjà plus de 300 pages de textes réparties sur 25 rubriques et plus de 400 images, il fut contacté par Renato Ribeiro, directeur artistique de l'espace artistique de La Comedia qui lui proposa d'organiser des concerts.

Bien que totalement novice en la matière, il accepta, notamment parce qu'il pensait que cela permettrait peut-être aussi de pouvoir trouver des fonds pour le FAR/Fond d'Aide Rapide ; un fonds d'aide créé par POSITIFS (et qui a été financé surtout, jusqu'à présent, par la fondation du chanteur Freddie Mercury, décédé du Sida). Et pouvoir ainsi venir en aide à des personnes atteintes du Sida, ayant, en plus, à affronter des difficultés financières*

Grâce aux conseils de plusieurs personnes, il a pu être mis en contact avec des musiciens afin de leur proposer ces concerts dans le cadre de ce qu'il proposa d'appeler " Jazz en Live à La Comedia, en collaboration avec Jazz-Passion ".

Parmi ces personnes, Gérard Terronès, producteur des disques Futura et Marge, fut particulièrement stimulant.

Quelques jours après l'ouverture de " Jazz-Passion ", ce producteur, qualifié par certains de " mythique " (notamment parce qu'il fut celui qui propulsa en France Archie Shepp, mais aussi de nombreux autres musiciens, et pas que ceux issus du free jazz !), contacta ce passionné de jazz pour lui faire quelques compliments mais aussi plusieurs critiques (qui se révélèrent bien constructives !), notamment sur le fait qu'il avait peu abordé certaines formes de jazz (comme le free jazz), et surtout qu'il avait peu envisagé le jazz d'aujourd'hui.

Un point que notre passionné avait d'ailleurs pressenti en créant une rubrique, dans Jazz-Passion, en fustigeant, un peu, ceux qui, dans les années 1960, n'avaient pas eu ce déclic qui a fait qu'un autre passionné, Francis Paudras, vint en aide de façon énergique à Bud Powell qui, malgré tout son talent, se trouvait dans une solitude extrême, et accablé par des questions financières vraiment très dures.

C'est Gérard Terronès qui l'avait averti de la venue en France, au cours de l'automne 2002, de Sonny Simmons, un musicien que notre passionné de jazz connaissait très peu ; et il lui avait permis d'entrer en contact avec Marc Chaloin, ami et biographe de Sonny Simmons.

Sonny Simmons fut programmé pour la deuxième soirée de " Jazz en Live à La Comedia, en collaboration avec Jazz-Passion ", qu'il organisa le 28 novembre 2002.

Entre temps, notre passionné de jazz se documenta sur ce musicien prestigieux et il fut d'autant plus content de pouvoir le programmer pour cette soirée qu'il se rendit compte que ce musicien n'était vraiment pas reconnu à sa juste valeur.
Comme si cela s'inscrivait en lettre de feu dans une logique désespérante du destin.
En effet, Sonny Simmons, qui joua depuis les années 60 avec les plus grands, comme John Coltrane et Eric Dolphy, avait déjà été mis un peu à l'écart dans le passé (ne lui aurait-on pas reprocher de s'être marié avec Barbara Donald, une trompettiste à la peau blanche ? !!!) ; et ensuite, dans les années 70, sa situation matérielle ne semble pas avoir été brillante. Depuis quelques années, elle a pu cependant s'améliorer légèrement
**.

Toujours est-il que notre passionné de jazz se familiarisa de plus en plus avec cette musique, et il décida de reproduire quelques pochettes de disques de Sonny Simmons sur " Jazz-passion " quelques semaines avant son concert à Jazz en Live à La Comedia.

Il a choisi notamment de reproduire celle de " Staying on the Watch " (depuis, il a appris que la version LP de ce CD venait d'être rééditée ; ce qui est vraiment une bonne chose).

Voilà donc ce qu'il ajouta comme commentaire :

Simmons S_ESP1030_CD
Simmons Sonny : Staying on the Watch (Teddy Smith, John Hicks, Marvin Pattillo, Barbara Donald), 30/08/1966, ESP1030, Photo : Sandra Stollman/CD*.

* Un disque que je recommande particulièrement pour ceux, qui comme moi, sont peu familiarisés jusqu'à présent avec le jazz " avant-gardiste " des années 1960.
A noter que Barbara Donald, l'épouse de Sonny Simmons, est la trompettiste du groupe. Et elle est excellente.
Quant à la photo, elle est superbe et en même temps il s'en détache un sentiment d'inquiétude : Sonny Simmons émerge sur ce qui est peut-être le haut d'une colline, paisiblement concentré sur son saxophone, avec en arrière fond un paysage de building évoquant un New York sombre, suggérant un paysage de désolation. Ce paysage me fait penser à celui du film d'anticipation de Luc Besson, En un dernier combat, mais aussi aux visions apocalyptiques du 11 septembre 2001 qui engloutirent les deux twin towers, qui ressemblent à s'y méprendre aux deux tours, situées sur cette photo, en arrière fond et qui encadrent Sonny Simmons en avant-plan.

Ceci dit, venons en au point central de notre histoire (tout ce qui précède était, à mon avis, bien utile à résumer pour apprécier ce qui va suivre et saisir la portée de cette histoire).

Notre passionné de jazz reçu un samedi matin (le 1er février 2003), l'e-mail suivant que nous reproduisons tel que nous l'avons reçu :

 

À : <jazz-passion@positifs.org>

Objet : à l'egard d'une photo de Sonny Simmons d'antan

mon cher monsieur, Dr. Gilbert Maurisson ~

Ce soir it etait avec grand plaisir que j'ai trouve ce que vous avez ecrit (c'etait vous, n'est-ce pas?) a jazz-passion a l'egard de mon photo noir et blanc sur le disque "Staying on the Watch." Je l'ai fait en Central Park.

Il y'avait aussi Barbara Donaldson la-bas. Presque toutes mes negatifs de cettes annees sont disparus, mais j'ai retrouve recemment quelques-uns de cette session de photo. (pardonnez-moi -- je vous en prie --pour mon francais (langue) pathetique. je n'ai passe que deux semaines en france!)

Le plus simplement, je veux vous remercier pour votre expression. Lire que quelqu'un peut admire ce que j'ai fait il y a trente ans - vous avez "made my day!"

Sandra Stollman

Notre passionné de jazz fut bouleversé par ce courrier.

Tout avait commencé un 21 août quand Christian Boullangier avait mis en ligne "Jazz-Passion".
Depuis, de nombreux projets (ô combien imprévus !) se sont enchaînés à vitesse grand " V ".

Et je constate, à quel point, que toutes ces réalisations ont pu aboutir à ce que je reçoive ce courrier de Sandra Stollman

Car certains lecteurs auront bien compris que ce docteur passionné de jazz s'appelle Gilbert Maurisson !

Depuis la mise en ligne du serveur Internet " Jazz-Passion ", c'est vraiment un des plus beaux courriers que j'ai reçu.

Si j'ai dit plusieurs fois qu'il fallait œuvrer en reconnaissance de ceux qui ont fait le jazz, j'ai de plus en plus souligné l'importance de promouvoir aussi le jazz d'aujourd'hui.
Il y a vraiment de très nombreux grands musiciens de jazz de nos jours ; des jeunes et des moins jeunes qui sont encore en vie !
Le malheur étant que de nombreux musiciens, même parmi ceux qui ont acquis une grande renommée, n'ont pas toujours la possibilité de pouvoir jouer en " live " aussi souvent qu'ils le souhaiteraient, d'enregistrer et de pouvoir vivre convenablement de leur Art.
Il convient donc de ne pas retrancher sa passion uniquement dans le passé !

Ce qui m'a aussi comblé en recevant un tel courrier c'est que c'est une démonstration de la portée acquise par le serveur Internet " Jazz-Passion ". Et ce, à peine après moins de six mois d'existence.

C'est en effet un témoin de la réalité d'une communication magistrale : c'est un peu comme la rencontre non fortuite de deux grains de sable. L'un étant une photographie, réalisée il y a plus de 35 ans, parmi des millions de clichés photographiques et un serveur internet parmi des millions.

Rencontre non fortuite car ceci n'a pu se produire qu'en raison de la magie de la haute technologie fournie par le réseau Internet.
Mais aussi, et peut-être surtout, en raison de l'essor fulgurant pris par le serveur " Jazz-Passion " (comme ce fut le cas déjà de celui de POSITIFS) qui ne s'explique que par le savoir-faire que nous avons acquis antérieurement.
Il est vrai que ce serveur offre déjà de nombreuses informations ; ce qui ne peut que satisfaire les internautes.
Il en est de même du serveur sur le Sida de POSITIFS au sein duquel est hébergé le site de Jazz-Passion.
Au delà du contenu, il y a aussi le professionnalisme que nous avons acquis pour réaliser ces serveurs Internet. Et Christian Boullangier, le webmaster de ces deux serveurs y est pour beaucoup aussi.

Cette portée ne peut que me réjouir car elle ne peut qu'être de bonne augure pour tous les projets en cours, et qui s'inscrivent dans la démarche que j'ai évoquée tout au long de ce texte.

Pour terminer, je souhaite dédier cette histoire à mon épouse Barbara, à mes enfants Charlotte, Gabriel et Ariane.
Car ils ont dû supporter beaucoup de ma part depuis quelques mois : création d'un nouveau serveur Internet puis de concerts de jazz ! Le jazz n'étant pas leur passion... et mes sautes d'humeur sont parfois rudes à supporter...

Il est peut-être vrai, ainsi que plusieurs le disent, que j'ai une certaine capacité de travail.
Mais les journées n'ont que 24 heures. Et, être médecin généraliste, s'occuper bénévolement d'une association de lutte contre le Sida (et notamment de son serveur Internet), participer un peu à des projets de recherche en médecine et rajouter " Jazz-Passion " et des concerts de jazz laissent peu de temps pour s'occuper de sa famille et de tas d'autres choses de la vie quotidienne (heureusement que ma situation matérielle n'est pas trop préoccupante ; ce qui est un point important car, sans cela, il me serait impossible de pouvoir m'investir bénévolement autant et dans des domaines si variés !).

Dr Gilbert Maurisson
Créateur de Jazz-Passion
et Secrétaire général de POSITIFS

Février - Septembre 2003


* À l'issue des trois premières soirées (Gilles Dardenne Trio avec Benjamin Duboc et Sunny Murray le 15 novembre, Sonny Simmons Quartet avec Tom McClung, Gildas Scouarnec et John Betsh le 29 novembre, Jean-Philippe Viret Trio avec Edouard Ferlet et Antoine Banville le 18 décembre 2002), des fonds ont pu être recueillis, certes encore modestement (le but de ces premières soirées était avant tout de s'assurer de la faisabilité et du succès de ce projet), mais qui ont permis de venir en aide à une personne dont on menaçait de couper l'électricité malgré les rigueurs du froid !
J'ai pu continuer de réaliser des concerts jusqu'à la fin du deuxième trimestre de 2003. Ce qui a permis de recueillir ainsi encore quelques fonds. Le montant total des fonds recueillis fut certes bien en deçà de ce que j'espérais...
Mais je me dis, c'est déjà un début.
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** Et il conviendrait, en raison de son talent, qu'elle s'améliore encore !

Par delà le plaisir que j'ai à favoriser des concerts pour ce musicien (mais aussi pour d'autres) que j'ai appris à apprécier, j'ai toujours à l'esprit de lui trouver aussi des lieux pour qu'il puisse jouer et qu'il soit de plus en plus reconnu. J'essaye ainsi, à ma mesure, de compléter ce que fait aussi Marc Chaloin, son ami et biographe.

C'est la raison pour laquelle je me suis adressé à lui pour lui proposer la première tentative "d'exportation" de " Jazz en Live à ..., en collaboration avec Jazz-Passion ".

La première a eu lieu le 3 avril 2003 avec " Jazz en Live à l'Université, en collaboration avec Jazz-Passion " !
Sonny Simmons était accompagné par Tom McClung (p), Gildas Scouarnec (b) et George Brown (d).
Ce projet s'inscrivait dans le cadre de la commémoration du trentième anniversaire de la création de la Faculté d'Économie et de Gestion de Picardie.
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N'hésitez pas à diffuser ce texte
ou à le publier sur d'autres supports que ceux du web !


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- GD0504 : To Oliver Johnson ! (avril 2002).
Un poème du pianiste-compositeur Gilles-Marc Dardenne écrit en hommage à un très grand drummer américain, assassiné à Paris (2002).

 

To Oliver !

Johnson !

tout de même pas un nom à coucher dehors...

 

Bateleur aux rames brisées,
Telles les ailes de l'aigle
Griffées par une lionne...

Au nom de la Paix : Oliver! Le batteur.
Le fils de John-Jonas de la mer.
L'homme qui achète et ne vend jamais.
Ses amis encore moins.
Avec sa batterie comme une pièce d'artillerie
Posée sur son radeau de fortune :
Il est "Capitaine d'un Grand fleuve".
Vaincues les Cascades et Chutes mouvementées.
Passé tout près des remous tourbillonnants,
Là où plus d'une Corvette fut engloutie.
S'est retrouvé en eau Calme. Trop calme!
Après une longue Odyssée de passions.
Passionné et patient. Trop Patient!
Tel vrai Capitaine, n'abandonne jamais
son radeau emporté par le courant.
L'instrument à peaux, lui, y compris Caisse claire,
Annonciatrice de grands évènements, mauvais
Ou réjouissant sur la grande agora de l'univers,
Pas de chance, s'est retrouvé par le fond
Suite à une énorme Lame.
Mais, comme Ulysse, s'accroche après son départ
de chez Calypso, au seul mat qui lui reste.
Flottant à la dérive.
Hélas! En ce jour de Mercure, le dieu
des voyous et des voleurs, le six de
Styx la pernicieuse, de la Calande de
Mars, guerrier dévastateur, dieu des grands
désordres, une forte et violente tempête
Se leva brutalement : Ce jeu de Poséidon,
L'insatiable. Et pourtant, la pauvre Ino, néréide
par adoption n'était pas si loin! Trop tard !
Pas de foulard protecteur, la foudre avait frappé.
Et tous ces dieux qui ont soif s'éclipsèrent
Peu fiers en leur Olympe, têtes baissées.

On retrouva quelques débris du radeau
Célèbre rejeté par le ressac marin sur
Une plage déserte.
Beau sable brun et chaud.
Sur un reste du mat brisé, silencieuse, [Silence]

...

Une Colombe immobile a l'air d'attendre...
Là, gisent deux baguettes à bout en Olive.

Gilles-Marc Dardenne, avril 2002.


Biographie de Gilles-Marc Dardenne

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mise à jour en juin 2004.