J a z z - P a s s i o n

 

25. Annexe.

 

G. Glossaire.


Index Jazz-Passion => Annexe => G


All Stars
Arrangement

Beat
Bebop
ou be bop
Blue notes
Blues
Break

Chorus
Combo
Cool

Dixieland

Free jazz

Gospel

Hard-bop

Jam session

New Orleans Revival
New Thing

Ragtime
Rythm and Blues
Riff

Scat
Section rythmique
Soul music
Spiritual (Negro Spiritual)
Stride
Swing
Swing Era

Third Stream

Workshop


index

All Stars : formation constituée de musiciens célèbres. glossaire


Arrangement : il s'agit d'une notion musicale importante en jazz car de nombreux musiciens en ont réalisés. Cependant, il n'est pas si aisé que cela de définir ce terme, notamment parce que, pour ce faire, le musicien peut s'attacher à effectuer son arrangement à plusieurs niveaux (cf. infra). De plus, le risque est d'en donner une définition réductrice. Ainsi en est-il, par exemple, du terme orchestration, qui est souvent donné par certains auteurs dans la définition de ce terme. D'ailleurs, ceux qui l'ont employé pour définir ce terme, ont ajouté souvent des terminologies complémentaires comme par exemple mise en son, par référence à mise en scène. Ce qui est certes bien vu mais qui nous semble encore réducteur. Et puis, il convient de souligner que les arrangements ont été effectués pour toutes sortes de formations, et pas seulement pour des orchestres ou des big bands.
En fait, pour définir l'
arrangement au sens le plus large du terme, le terme d'interprétation nous semble convenir au mieux.

L'arrangement étant l'interprétation, proposé par un musicien, d'un thème, souvent un standard. Pour ce faire, il va donner un certain nombres de directives* qui peuvent concerner différents niveaux : le choix des instruments, la distribution des lignes sur la gamme orchestrale, les rythmes, le tempo, l'allure de la composition.
L'
arrangement peut aboutir à une oeuvre qui n'a plus rien à voir avec le thème utilisé au départ.
A ceci, il convient d'ajouter (ce qui diffère d'une
mise en scène classique), que l'arrangement laisse souvent la place à l'improvisation (qui est aussi une autre forme d'interprétation !).
Ce qui explique que l'on a souvent souligné que la frontière entre l'
arrangement et la composition est extrêmement ténue.
Je serais même très tenté de dire que la
composition est déjà une interprétation. Interprétation de quoi, me diriez-vous ?
Je n'en sais strictement rien, mais je pourrais vous dire que c'est
comme les images mnésiques que rapporterait Alice en revenant de derrière le miroir !

On est encore en plein surréalisme du terme (et pas dans son sens galvaudé !) ! glossaire

* Il en résulte un schéma général ; une sorte de fil conducteur (score) et la confection de partitions pour chaque musicien.
Parfois, les
arrangements ont été établis de façon à pouvoir être utilisés dans différentes circonstances (stocks arrangements) et, souvent, c'est sous cette forme qu'ils ont été édités par la maison d'édition qui détenait les droits en rapport avec le thème initial. Certains stocks arrangements ont été conçus pour pouvoir être joués par un nombre variable d'instrumentistes (arrangements orthophoniques).
L'inflation des terminologies ne s'arrête pas là ! Certaines, d'ailleurs, nous semblent superflues. Ainsi, certains ont défini l'
adaptation (quand un arrangement n'est constitué que par de simples retouches), la réduction (un arrangement, pour une petite formation, d'un morceau écrit initialement pour une grande formation). retour


Beat : c'est un synonyme de tempo, de pulsation, voire de swing. glossaire


Bebop ou be bop : il s'agit d'un style qui est apparu au début des années 1940 en réaction au swing, pratiqué par plusieurs musiciens (Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Charlie Christian, Kenny Clarke, etc.). C'est dans un club de Harlem, le Minton's Playhouse, devenu célèbre pour cette raison, que ces musiciens présentèrent les premières manifestations de ce style. glossaire


Blue notes : il s'agit de trois notes, caractéristiques du Blues et des Spirituals, obtenues en abaissant d'un demi-ton la tierce, de la septième, voire de la quinte (quinte diminuée) d'une gamme majeur diatonique. glossaire


Blues : c'est une structure musicale, comprenant douze mesures, essentiellement vocale, qui s'est adaptée à tous les styles de jazz ainsi qu'à d'autres musiques (musiques populaires, Rock and Roll).
Le
Blues provient, à l'origine, des chants africains qui ont été "importés" aux États-Unis par la mémoire des esclaves...
Le
Blues raconte une histoire, celle de la chanteuse ou du chanteur qui est aussi celle d'un peuple longtemps opprimé par la Connerie humaine ; le Blues permet d'exprimer la douleur, les peines, le bonheur, la joie, l'amour, les désillusions, etc. de la chanteuse ou du chanteur.
En dire plus, nous emmènerait trop loin. Donc, à suivre...
glossaire


Break : initialement, c'était la partie, plus ou moins improvisée, jouée par un des musiciens lors d'une pause de la mélodie ou à la fin de celle-ci. C'est devenu l'intervention effectuée par un ou plusieurs musiciens, sans accompagnement, de la section rythmique. glossaire


Chorus : c'est une improvisation à partir des harmonies du thème. Les musiciens peuvent prendre un nombre variables de chorus ; le nombre de chorus pris dépendant de l'inspiration du moment des musiciens et des limites de temps qu'on leur impose ou non. glossaire


Combo : petite formation de musiciens (comportant de trois à neuf musiciens) par opposition aux big bands et orchestres. glossaire


Cool : c'est un style qui s'est développé sur la côte ouest des États-Unis à la fin des années 1940. De nombreux commentateurs ont déjà souligné la difficulté de définir ce style. Donc, pour l'instant, nous n'insisterons pas trop. Ce que l'on peut dire, c'est que la plupart de ces musiciens avaient (plus qu')un faible pour le jeu de Lester Young et qu'ils étaient friands d'arrangements. glossaire


Dixieland : c'est la musique de style New Orleans, interprétée par des musiciens Blancs. glossaire


Free jazz : ce jazz libre, qui a fait couler tant d'encre, de cris, de peur, de rage, de dénigrement, etc., provient du titre de l'album qu'Ornette Coleman réalisa en 1960 avec un double-quartet qui donna libre cours à une longue improvisation avec quasiment à l'appui aucun thème. Cette approche musicale s'inscrit, dans le temps, dans une période de lutte contestataire et de revendication de l'identité Noire.
Mais, si l'on reste sur le plan strictement musical, c'est le 16 mai 1949 que des musiciens produisirent deux improvisations (
Intuition et Disgression) sans avoir de contrainte pour la suite d'accords, sans indication pour la mesure et sans précision pour le tempo. Lennie Tristano venait d'enregistrer avec Warne Marsh, Lee Konitz, Billy Bauer, Arnold Fishkin et Denzil Best le premier disque de Free jazz pour le label Capitol (qui, à l'époque, refusa de l'éditer...). glossaire


Gospel : cf. Spiritual. glossaire


Hard-bop : c'est un style de jazz qui apparut dans les années 1950, à une époque où le jazz dit cool envahissait la scène du jazz. Les hard-boppers jouent sur les traces des Be boppers en (ré)intégrant d'autres éléments, comme le Blues et le Gospel. glossaire


Jam session (le Boeuf français en est une traduction... un peu lourde, pour ne pas dire vache au sens pictural du terme !) : c'est une session informelle (à l'abri des oreilles indiscrètes, notamment de celles de l'industrie phonographique*) où des musiciens vont jouer ensemble pour se faire plaisir et, donc, selon des modalités qu'ils choisissent entièrement eux-mêmes. Cela a permit à de jeunes musiciens de pouvoir jouer avec des pointures, et que des musiciens en contrat avec des labels différents, puissent jouer ensemble sans trop d'entraves. Et ce fut de véritables laboratoires ; rappelons que c'est dans ce cadre qu'apparut le Be bop au Minton's ! glossaire

* Cependant, certains producteurs ont suscité ce genre de session afin de faire des enregistrements, et souvent pour notre bonheur ; ce fut le cas de Norman Granz.


New Orleans Revival : c'est un mouvement de la fin des années 1930 qui s'attacha à revenir aux sources du jazz de style dixieland. glossaire


New Thing : synonyme approximatif de free jazz. Approximatif, car ce terme a été utilisé initialement au début des années 1960 dans la presse pour qualifier la musique d'Ornette Coleman, de John Coltrane, d'Eric Dolphy ou de Cecil Taylor. Et plutôt pour sous-entendre que leur musique était une Nouvelle Chose, qui n'était ni du jazz, ni de la musique ! Du sous-jazz et de la sous-musique ? !!! glossaire


Ragtime : c'est un style de jeu de piano de type syncopé (proche d'une certaine manière de jouer la musique classique occidentale) qui apparut dans les années 1880 dans la région de Saint-Louis. Il fut surtout pratiqué par des Noirs plutôt cultivés, par opposition au Blues, au Gospel et aux Spirituals.
Même, si certains ont remarqué que le
ragtime ne swinguait pas, on ne peut nier que c'est un ancêtre du jazz, au même titre que le Blues, le Gospel et les Spirituals. D'ailleurs, il swingue quand c'est un musicien de jazz qui l'interprète ou le réécrit ! glossaire


Rythm and Blues : il s'agit d'un terme pas simple à définir. En effet, le terme a été utilisé initialement pour décrire la musique que faisaient et qu'écoutaient les Noirs, en réaction à l'omniprésence de la musique des Blancs. Ce courant n'avait donc initialement rien de spécifique musicalement ; il combinera d'ailleurs la plupart des courants musicaux des années 1950. Par la suite, on a pu voir se dessiner certaines spécificités au niveau des interprètes, notamment en ce qui concerne la tonalité de la voix des chanteurs et chanteuses et au niveau des instruments (la guitare électrique). Avec des textes souvent centrés sur les rapports des sexes. glossaire


Riff : c'est un mot qui a été créé par les musiciens de jazz. C'est une courte phrase mélodique (deux à quatre mesures) qui est jouée plusieurs fois de suite et qui peut être légèrement modifiée suivant le déroulement harmonique du morceau. glossaire


Scat : il s'agit d'une manière de chanter où les mots sont remplacés par des onomatopées ou par des syllabes. D'où une extrême liberté d'improvisation.
Il s'agit d'une véritable spécificité
linguistique (à la différence du bien connu la-la-la-la-la-etc. quand on fredonne une chanson) ; à mettre en parallèle avec les production de l'écriture automatique des surréalistes *, voire de celles des lettristes.
Certains l'ont aussi rapproché du language universel l'
Espéranto) ; ce qui est effectivement fondé car bien qu'une onomatopée ou une syllabe n'ait en général pas de sens en elle-même, dans le cadre du scat, elles acquièrent une signification.

On n'est, je crois, pas bien loin du rapprochement fortuit d'images qu'affectionnent les surréalistes* ! glossaire

* Encore le surréalisme !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Encore et toujours !


Section rythmique : elle comporte : piano (voire guitare, banjo) + basse + batterie. glossaire


Soul music : cette musique, apparue à la même époque que le free jazz, utilise le jazz, le rythm and blues et la musique religieuse. Elle s'est inscrite dans un mouvement d'affirmation de la fierté du peuple Noir. En raison de son succès (être soul a même signifié par la suite être dans le coup), elle a malheureusement fait l'objet d'une récupération par l'industrie du disque. glossaire


Spiritual (Negro Spiritual) : il s'agit de chants (cantiques, hymnes) d'inspiration religieuse (chrétienne) chantés en général a cappella par plusieurs personnes, et qui se sont développés à l'époque de l'esclavage aux États-Unis. Le Gospel est quasiment un synonyme. Ce terme est parfois plus utilisé avec une certaine note de modernisme. glossaire


Stride : style de jeu de piano apparu dans les années 1920 où la main gauche donne l'impression d'enjamber l'autre main. C'est un des styles de piano les plus difficiles à jouer et qui, d'ailleurs, conduisit à des joutes mémorables entre des pianistes de Harlem où s'était développé ce style. glossaire


Swing : il s'agit d'une qualité rhytmique fondamentale en jazz (c'est en quelque sorte le principe vital du jazz !) mais qui demeure extrêmement difficile à définir. En effet, ce terme n'a pas donné lieu initialement à une définition, comme les termes du solfège, et c'est, en fait ,une notion très subjective.
C'est peut-être sa traduction en français (
balancement ) qui en donne au mieux une définition, certes très vague, pour un français ; mais pour aller plus loin, il faudrait des pages et des pages (ce que nous/vous ferons/ferez un jour...).
Donc, nous dirons que c'est un rythme et un balancement.
glossaire


Swing Era : il s'agit d'un style de jazz utilisé dans les années 1935 à 1945, fondé sur la répétition de figures rythmiques et qui privilégia les big bands et orchestres. glossaire


Third Stream (Troisième courant) : on regroupe sous ce terme des musiciens qui ont tenté de concilier les apports du jazz et ceux de la musique classique occidentale, ainsi que d'autres musiques, à partir du milieu des années 1950. glossaire


Workshop : il s'agit se sessions organisées par certains musiciens qui permirent d'expérimenter ou de développer certaines formes de musiques, parfois totalement novatrices. Ce furent de véritables laboratoires. Charles Mingus en organisa de célèbres. Les prestations des boppers au Minton's ainsi que celles des "westcoasters" au Lighthouse d'Howard Rumsey en sont aussi des exemples, même si le terme n'existait pas encore. glossaire


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© Copyright Dr Gilbert Maurisson, Jazz-Passion, 2002.
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