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Sabor A Son
Groupe
Composé de 11
musiciens, le groupe, créé en 1996, s’est formé sous la direction
de Fino Gomez, joueur de guitariste électrique et de tres,
guitare à trois cordes, originaire de Cuba et surtout instrument de
base dans la musique cubaine.
Né à Montevideo et
bercé par les importantes influences musicales des pays voisins, le Brésil
et l’Argentine, Fino Gomez a voyagé à travers de nombreux pays tels
que l’Espagne ou la Hollande, à des époques où la musique latine
commençait à émerger. Il a appris le tres auprès de Nelson Gonzales
quand il était émigré en Hollande, avant d’aller se perfectionner
à Cuba, et il devient rapidement le « tresite » préféré
des groupes latinos. Il fut également à l’origine de nombreux
groupes tels que Los Mismos, Los Mambos, ou le Fino Gomez Band. Des expériences
musicales qui l’ont amené à effectuer de nombreuses tournées et à
multiplier les rencontres artistiques. En 1996, il devient le producteur
musical du groupe Sabor A Son, avec lequel il fît la 1ère partie
d’artistes tels que Celia Cruz, Willie Colon, ou Jose Alberto « El
Canario ».
Le groupe est considéré
à cette époque comme la dernière découverte dans la musique cubaine.
Les noctambules afro latinistes de la capitale les connaissent bien car
le groupe a enflammé pendant plus d’un an, chaque mardi, la Coupole
du boulevard Montparnasse. Sabor A Son appartient à la vague cubaine
qui déferla sur la France à cette époque.
Enregistré à Paris,
leur 1er album a été mixé à New York par John Fausty, connu du monde
de la scène salsa. Le résultat est une charanga nerveuse, cuivrée et
électrique. On notera une participation du célèbre trompettiste
Chocolate Arment Ero, et la présence du titre « A mi manera »,
version personnelle de « Comme d’habitude » dont la sorite
single fut très remarquée. Depuis, le groupe a notamment participé à
des festivals tels que le Jazz Festival d’Istanbul, le Festival de
Jazz de Dakar, et s’est produit dans des nombreuses salles parisiennes
comme le New Morning ou le Bataclan.
DISCOGRAPHIE
-
Sabor A Son,
EMI, 1997
-
Para Ti Hatuey, EMI, 1998
-
La Coupole, Sony Music, 2002
SITE
INTERNET
www.finogomez.com
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, décembre 2007.
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Marcos Sacramento
Voix
Marcos Sacramento lance
son nouvel album SACRAMENTOS, le troisième produit par le label
Biscoito Fino (Brésil).
Marcos Sacramento, chanteur auteur compositeur, porte en lui le swing du
samba. Nominé au prestigieux Prix TIM au Brésil (meilleur chanteur de
samba), c’est l’une des voix les plus encensées de la nouvelle
vague des chanteurs de Rio de Janeiro, un timbre puissant et claire, une
présence scénique remarquable, mélange de charisme et d’énergie,
un interprète hors du commun.
Avec ce nouvel album, dans un style foncièrement contemporain, tant
dans les arrangements et l’orchestration que dans l’interprétation,
il nous convie à un très beau voyage au cœur de ce genre majeur de la
musique brésilienne : la samba.
Plus qu’une simple lecture, on peut parler d’une recréation. Dans
un mélange parfaitement réussi de compositions de jeunes talents et
d’auteurs classiques, et accompagné par un groupe d’excellents
musiciens, Marcos Sacramento donne une impulsion nouvelle à la samba.
« Marcos Sacramento est une extraordinaire révélation, je veux dire
la révélation d'un véritable chanteur. Il fait avec sa voix ce que
nos oreilles attendaient depuis des décennies.
Imaginez un jeune Roberto Silva avec l’humour de Ciro Monteiro et le
charme de Carmen Miranda, mais avec la liberté du vingt et unième siècle.
Il a les pieds dans la samba et la tête dans la grande musique de
toutes les époques. Plus moderne, c’est impossible. » Ruy Castro,
Ecrivain – Journaliste.
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, août 2007.
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Khatchik Sahakian
Composition
Khatchik Sahakian est né en 1965, à Erévan. En 1973 il est entré au Conservatoire
d'Etat d'Erévan de Komitas et a fini ses études en 1984. En 1984, il a suivi Conservatoire
d'Etat d'Erévan les cours d'Edvard Mirzoyan (classe de composition).
Entre 1995 et 1999 il a été professeur au Collège de jazz
d'État d'Erévan (Classe de Piano), de 1993 à 1994 - le directeur musical et le chef d'orchestre de l'Orchestre arménien de jazz
d'État.
Khatchik Sahakian a travaillé avec Aram Assatrian,
Fayruz, Hayk Manarian et plusieurs autres musiciens connus et a eu des concerts dans de nombreux pays du monde; il a fait l'arrangement pour le show H2O en France.
Khatchik Sahakian est l'un des fondateurs du groupe de jazz
ethnique Time Report, avec lequel il a signé quatre CD.
© Copyright Le New Morning, 2006.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, septembre 2006.
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Dédé Saint-Prix
Flûte
en bambou, Vocal, Saxo
André Saint-Prix est né
au François (Martinique), le 10 février 1953. Elevé par ses grands
parents, aux côtés de son frère aîné Maurille, il a évolué très
jeune dans la tradition populaire de l’Île. Dès l’âge de 6 ans, il
affrontait la colère maternelle pour vivre sa passion, le «Chouval bwa»,
c’est-à-dire la musique qui accompagne les manèges de chevaux de bois
traditionnels actionnés à force d’hommes.
Vers dix ou onze ans, il rejoint sa mère à Fort de France et habite en périphérie
de la ville. A peine adolescent, il participe à des petits groupes de sa
commune natale, comme «Les Trouvères» et «Les Juniors». Membre de la
chorale municipale du François, il enregistre son premier disque à 15
ans.
Ses bons résultats scolaires le conduiront au baccalauréat en 1973, puis
à l’École Normale où il rencontrera sa première épouse, Dominique.
Ils deviendront tous deux instituteurs et auront deux enfants, Jessy et
Freddy. Dédé exercera le métier d’instituteur pendant onze années,
avant de démissionner de l’éducation nationale en 1991, pour se
consacrer uniquement à ce qui a toujours été sa passion, la musique.
Après avoir joué au sein de différents groupes dont «La Sélecta» et
«Malavoi», Dédé Crée «Pakatak» . Des danseuses viennent alors
rejoindre la formation musicale : Christiane Emmanuelle sera la première,
suivie de Liliane Jorite, Christiane Jean, Carole Alexis et enfin de Sonia
Marc dite «La Sosso», autre grand amour de Dédé. Malgré le succès,
le groupe Pakatak se dissout : choisissant lui-même ses musiciens, il
fonde alors le groupe Avan-Van, en 1982. La métropole, l’Afrique, les
Etats-Unis et d’autres territoires découvrent alors les rythmes chaloupés
du Chouval bwa. En 1983, il reçoit , à Paris, les «Maracas d’Or»,
pour le succès phénoménal de l’album «Piblisité». Ce sera sa première
reconnaissance nationale, et le même jour, en Martinique naissait son
premier fils, Freddy.
Après la grande tournée du Podium Europe 1, Dédé s’installe à
Paris. Deux ans plus tard, il effectuera la fameuse tournée du «Grand Méchant
Zouk», en compagnie de nombreuses figures de la Musique Antillaise.
Les années 1990 marqueront une autre étape dans la carrière de Dédé
Saint-Prix avec ses premières actions pédagogiques musicales. Il anime
alors des masters classes de percussions afro-caribéennes pour le
Festival Musiques Métisses à Angoulême (où naîtra en 1995 son troisième
enfant, Clément), le Falun Folkmusic festival en Suède ou le centre
Simone Signoret de Bordeaux. Dans le même temps il participera à
l’aventure de l’Eurovision de la chanson en participant avec Serge
Gainsbourg et Georges Augier à l’élaboration du titre «White and
Black Blues», interprêté par Joëlle Ursule, qui remportera la deuxième
place de ce concours.
Pendant plusieurs années sa carrière lui fera faire de nombreux allers
et retours Paris-Martinique. Il tente de se réinstaller au pays, avec sa
deuxième épouse, Anne, une belge vivant dans la partie nord de l’Île.
Mais en 2000, ils prendront la décision de s’établir momentanément en
banlieue parisienne. Dédé travaille toujours activement à redonner
toute sa place à la musique de son enfance et à réhabiliter l’identité
martiniquaise, quelque peu ballottée par toutes ces influences électro-américaines.
Ses stages et ses concerts continuent de rythmer sa vie, d’autres
projets sont déjà en préparation, mais patience…
© Copyright Le New Morning, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, juin 2006.
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Fayçal Salhi
Oud, Guitare,
Chant
À 18 ans Fayçal Salhi commence la guitare avec son professeur et ami Denis Naegely, qui l'incite à développer sa créativité. Deux ans plus tard vient la pratique du oud en autodidacte. Il crée, il y a quelques temps, le groupe Jamra et propose ses premières créations en public. Parallèlement à cette aventure il use de ses talents de musicien et de compositeur dans d'autres spectacles, pour le théâtre ou la musique de documentaire.
© Copyright Le Satellit Café, 2006.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, octobre 2006.
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Hervé Samb
Guitare,
Chant
Guitariste-compositeur, né au Sénégal, Hervé Samb commence
la guitare à 9 ans. Il s’intéresse depuis toujours aux
rythmes de ses origines et à la musique noire américaine.
Véritable passionné, à
11 ans il entame une carrière parallèlement à ses études. Le Blues
s’impose à lui très vite. Il forme son premier groupe « Hervé SAMB
Quintet » et participe à des festivals locaux dont le Saint-Louis
Festival. Il y rencontre Lucky Peterson, et joue avec lui.
Sa route croise ensuite
celle de Pierre Van Dormal. Guitariste, professeur au conservatoire de
Dakar, PVD devient son maître spirituel et détermine sa rencontre décisive
avec le Jazz.
Amoureux de la musique et
avide de connaissances, le musicien autodidacte se perfectionne à travers
l’étude de l’harmonie. Ses progrès sont spectaculaires !
En Août 1998 il
s’installe à Paris. Très rapidement il intègre diverse formations,
c’est le début d’une carrière internationale : Amadou & Mariam,
David Murray, Meshell Ndegeocello, Cheikh Tidiane Seck, Jacques
Schwarz-Bart, Richard Bohringer, Boney Fields…
Discographie :
2007 – Meshell Ndegeocello, “The World has made me the man of my dream”
2007 – Somi, “Red soil in my eyes” 2006 – World Saxophone Quartet,
“Political Blues”
2006 – Boney Fields & the Bone’s project, “We Play The Blues”
2006 – Meshell Ndegeocello, “The Article 3” 2006 – Kdr-Society,
“Welcom to village”
2005 – Kdr-Society, “Last flight from Rwanda”
2004 – David Murray & The Gwoka Masters (avec Pharoah Sanders),
“Gwotet”
2002 – Boney Fields & the Bone’s project, “Red Wolf”
1999 – Boney Fields & the Bone’s project, “Hard Work”
© Copyright Charlotte de Jésus, 2008.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, janvier 2008.
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Pharoah Sanders
Saxo
De son vrai nom Farrell
Sanders, Pharoah Sanders (né le 13 octobre 1940 à Little Rock, Arkansas,
de parents professeurs de musique) saxophoniste de jazz originaire de
l'Arkansas, commence à être connu sur la scène de jazz d'Oakland, en
Californie, au début des années 1960.
En 1962 il s'installe à New York, et reçoit rapidement le surnom de
Pharoah par les membres de Sun Ra, avec lesquels il se produit. En 1965,
il joue dans le groupe de John Coltrane, au moment où ce dernier commence
à expérimenter un nouveau style de jazz, qu'on appellera plus tard le
free jazz (ou encore avant-garde jazz). C'est dans ce style que Pharoah
Sanders s'illustrera par la suite.
Parmi ses collaborations célèbres, outre celles déjà citées, on peut
noter celles où chante le vocaliste Leon Thomas. Les yodelling de Thomas
associés aux improvisations de Sanders et à un rythme free jazz détaché
d'une structure rigoureuse, pouvant s'accéler et ralentir, ainsi qu'à
des textes religieux et mystérieux (avec un intérêt pour l'Islam),
marquent une attirance et un retour vers la musique africaine.
Pour ces raisons Pharoah Sanders est considéré comme l'un des inventeurs
de l'ethno-jazz.
Pharoah Sanders, une des dernières légendes vivantes du saxophone, est
en tournée. Ayant été appelé par John Coltrane lui-même à rejoindre
son célèbre groupe, il a développé une sonorité unique et spécifique
qui dégage une puissance hors du commun et qui n’a jamais trouvé d’équivalent.
Sanders a toujours été ouvert à de nouveaux concepts musicaux, a sorti
des LPs et des CDs légendaires (“The Creator Has A Masterplan”) et a
influencé des centaines de grands saxophonistes. Il a également travaillé
avec l’un des producteurs américains les plus influents, Bill Laswell,
et s’intègre facilement dans des groupes rock comme celui avec lequel
il tourne en ce moment.
Un nombre incalculable de DJs ont samplé ses titres ou il a joué lui-même
avec eux. Son jeu puissant au saxophone, sa sonorité qui appelle à la
paix et à la liberté seront inoubliables pour tous ceux qui ont déjà
écouté ce géant.
Le jeu de Sanders balance comme toujours entre différentes octaves, se
cherche une identité dans des envolées impressionnantes, déniche des
timbres inédits et des tessitures surprenantes.
Pour tous ceux qui ont eu la chance d’entendre ce géant du saxophone,
le moment reste inoubliable.
Sanders a toujours été ouvert à de nouveaux concepts musicaux, a sorti
des LPs et des CDs légendaires (“The Creator Has A Masterplan”) et a
influencé des centaines de grands saxophonistes. Il a également travaillé
avec l’un des producteurs américains les plus influents, Bill Laswell,
et s’intègre facilement dans des groupes rock comme celui avec lequel
il tourne en ce moment. Un nombre incalculable de DJs ont samplé ses
titres ou il a joué lui-même avec eux. Son jeu puissant au saxophone, sa
sonorité qui appelle à la paix et à la liberté seront inoubliables
pour tous ceux qui ont déjà écouté ce géant.
© Copyright Le New Morning, 2008.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, janvier 2008.
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David Sanchez
Saxo
David Sánchez, born 37
years ago in Hato Rey, Puerto Rico, began playing percussion and drums
at age 8 before migrating to tenor saxophone four years later. While a
student at the prestigious La Escuela Libre de Música in San Juan, he
also took up soprano and alto saxophones as well as flute and clarinet.
The bomba and plena rhythms of Puerto Rico, along with Cuban and
Brazilian traditions, were among the biggest influences on Sánchez's
early taste in music. Sonny Rollins, Dexter Gordon and John Coltrane had
the greatest impact on his playing. "I'm just talking about tenor,
now. Charlie Parker is a major influence, of course, and many, many
others."
In 1986 Sánchez enrolled at the Universidad de Puerto Rico in Rio Píedras,
but the pull of New York was irresistible. By 1988 he had auditioned for
and won a music scholarship at Rutgers University in New Jersey. With
such close proximity to New York City, Sánchez quickly became a member
of its swirling jazz scene. He gigged with pianist Eddie Palmieri,
sometimes sharing the stage with saxophonist Paquito D'Rivera. At the
recommendation of D'Rivera and trumpeter Claudio Roditi who had admired
David's performance, Dizzy Gillespie invited the young saxophonist to
join his United Nations Orchestra in 1991.
The Departure, his 1995 debut for Columbia , gained critical kudos as
did the disc's successors Sketches of Dreams, and Street Scenes.
Meanwhile, David had begun touring with various jazz greats such as
Kenny Barron, Roy Haynes and legendary drummer Elvin Jones, recording
with Barron and Haynes respectively. When he returned to the studio for
his next project, the results were sterling. Produced by Branford
Marsalis, Obsesión would garner the saxophonist his first Grammy
nomination. He would follow that album with the Grammy-nominated (and
Latin Grammy-nominated) Melaza. In 2001, Sánchez appeared on
high-profile recordings with bassist Charlie Haden (Nocturne) and
trombonist Steve Turre (TNT [Trombone-N-Tenor ] ) before issuing another
release on Columbia, Travesía, also garnering rave reviews from jazz
cognoscenti.
Sánchez’ most recent recording for Columbia, scheduled to be released
in August 2004 and entitled “Coral”, is the most ambitious
manifestation to date of his continuing expansion of the frontiers of
mainstream jazz to incorporate Afro-Latin influences. In the project,
recorded in Prague, Czech Republic, and placing his jazz sextet against
the backdrop of the City of Prague Philharmonic Orchestra, he explores
obscure works composed by giants of the Latin American classical genre:
Antonio Carlos Jobim, Alberto Ginastera and Heitor Villa-Lobos. In
addition, he juxtaposes classical structure with jazz improvisation in
three of his original tunes as well as in a composition by Carlos
Franzetti (arranger and conductor for all tracks on the album).
With Gillespie, Palmieri, Haden and his
other jazz mentors, as well as under his own name, Sánchez has toured
extensively, bringing his mix of straight-ahead jazz with Afro-Latin
influences to delighted audiences throughout the globe. In the summer of
2003, he partnered with pianist Gonzalo Rubalcaba for a world tour,
which took the two artists to France, Spain, Italy, Slovenia, Russia,
Germany, Portugal, Holland, Denmark, South Korea, Hong Kong and
Australia before Sánchez took his own band to perform at the Newport
Festival at Madarao, Japan. He has just returned from a triumphal tour
with his sextet in Spain, followed by a week of performances by his
quartet in Athens, Greece and Fort-de-France, Martinique.
Sánchez strives for an "organic" approach to playing, writing,
arranging and recording, and the positive results are amply demonstrated
in his recordings. "When you're young, you feel you have to prove
yourself. But as you develop and the years go by, you begin to let the
music come to you. You don't chase something like that. I've been
learning, year after year, how not to chase that muse, and to let it
come to me. Sometimes it's there; sometimes it's not. Of course, you
work every year to make that process more and more of a constant."
© 2004 David Sánchez
Lage Lund
Guitarist Lage Lund was born in Norway. After failing to make it in the
highly competitive snowplowing field in his hometown, Lage set more
realistic career goals and pursued a career in jazz. This led him to
places like Berklee college of music in Boston and the Juilliard school
in New York, where he was the first electric guitarist in the history of
the school.
Since then Lage has played too many notes in every major city in the U.S,
as well as all over Europe. He has done so in the company of people like
Carmen Lundy, Wynton Marsalis, Seamus Blake, David Sánchez, Ingrid
Jensen, Marcus Strickland, the Mingus Band and others. Lage won the
Thelonious Monk international jazz competition in 2005. He was very
happy about that, but wonders if it ruined his chance of ever winning
the lottery.
Adam Cruz
Born in New York in 1970, Cruz was introduced to music at an early age
by his father Ray Cruz, a well-known percussionist. Later, he studied
with Keith Copeland at Rutgers University in New Jersey and Kenny
Washington at the New School in New York City. At the age of 20, he was
already working with Charles Sepulveda, the Willie Colon Orchestra,
quickly gaining recognition in New York Latin and Jazz circles. Since
then, Cruz has gone on to record and tour with such noted groups as the
Mingus Dynasty Big Band, David Sanchez Band, Leon Parker Band, Tom
Harrell and Chick Corea's Origin Sextet. He's also performed with the
likes on Mongo Santamaria, Airto Moreira, Herbie Mann and McCoy Tyner,
Paquito D'Rivera and Eddie Palmieri. In all, Cruz's sound has been
featured with some of the best bands in the business on more than 30
recordings. Barely out of his 20s, Cruz hasn't allowed his success in
playing the music of the others to keep him from developing his own. He
recently debuted his own working band in New York to enthusiastic
response. Featuring Cruz's compositions and a combination of
instrumental and vocal talent, the group engages listeners with material
of surprising range and maturity that reflects his eclectic
sensibilities while making one thing clear: Cruz's concepts are as solid
as his chops.
Ben Street
Street studied at The New England Conservatory of Music in Boston with
Miroslav Vitous and Dave Holland. Moved to New York City in 1991. He has
performed and toured with Kurt Rosenwinkel, Roswell Rudd, Lee Konitz,
James Moody, Mark Turner, Dave Douglas, Frank Foster, Clark Terry,
Junior Cook, Clifford Jordan, Billy Harper, Buddy Montgomery and Jimmy
Scott. Ben's selected discography includes work with Kurt Rosenwinkel -
The Next Step and The Enemies of Energy (Verve); Ed Simon - La Bikina (Mythology);
Anthony Coleman - Morenica (Tzadic), Shawn Colvin - Holiday Songs and
Lullabies (Columbia); Ethan Iverson, Jorge Rossy, Chris Cheek - Guilty (Fresh
Sound); Barney Mcall - Widening Circles (MJC); Ben Monder Trio - Dust
(Arabesque); Once Blue - Once Blue (E.M.I); Space Cowboys - Original
Motion Picture Soundtrack (Warner Bros).
© Copyright Le New Morning, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, avril 2007.
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Bernardo Sandoval
Guitare
La musique, c’est toute
sa vie. Bernardo Sandoval a tout juste treize ans et quelques accords dans
les doigts lorsque son père le conduit au « roi » des gitans de Leon en
Castille.
Pris dans un tourbillon de chants, de rythmes, de sentiments bruts et
libres, il jure ce jour là de passer sa vie à transmettre l’émotion
qui vient de le saisir.
Unique guitariste français lauréat du Premier Prix de Guitare Flamenca
de la Union (Espagne) , il est aussi le seul à mêler avec talent sa
musique aux autres sonorités, les nords aux suds, le jazz et le blues aux
rythmes primitifs.
Cet ibère de naissance, Toulousain de cœur et artiste de tripes
symbolise à lui seul ce que l’on appelle communément la « world music
»
Après avoir mâtiné son flamenco de jazz et de rock, retrouvé en
Afrique occidentale les racines vaudoues des mélopées hispaniques, mis
son talent de compositeur au service du cinéma (César de la Meilleure
Musique pour le film « Western » de Manuel Poirier), et parcouru le
monde à la rencontre de ceux pour qui la musique est une raison de vivre
, Bernardo , aujourd’hui , a concocté une savante alchimie, initiant
une musique inventive, personnelle, sensuelle et ciselée ; ce nouvel
hymne à l’amour s’intitule AMOR.
AMOR est un album de chansons d’amour, chantées en espagnol et
accompagnées par une formation jazz.
Multipliant encore les expériences et les rencontres, l’esthétique que
propose Bernardo Sandoval se résume dans cette phrase de Pascal Anquetil
attribuée au pianiste Guillaume De Chassy ;
« Le minimum de notes pour le maximum de musique, avec comme ambition, le
triomphe du chant dans tous ses éclats »
La voix singulière et caressante de Bernardo est portée par ses
compositions d’une simplicité mélodique d’un lyrisme et d’un
romantisme absolus.
© Copyright Le New Morning, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, novembre 2007.
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SaNGO
Guitare,
Voix
Originaire de Douala,
SaNGO est le fils de Rudolf James Moukoko, « Prince de la nuit
camerounaise » des années 70 et créateur du premier Festival
africain de musique à Yaoundé en 1972. Cette année-là, le Festival réunissait
les plus grands : Fela, Manu Dibango, André-marie Tala, Ekambi Briant,
Prince Niko Mbarga, Francis Bébé...
Riche de ces
influences familiales et musicales, SaNGO arrive en France en 1986.
Bassiste confirmé, il intègre rapidement le groupe de funk-rock Vol de
nuit .
Fin 80, début 90, le
jeune artiste part pour une tournée nationale avec le groupe Tessito.
Quelques temps plus tard, il enchaînera en tant que percussionniste et
choriste avec Ekambi Briant ; puis, revenant à la basse, il sillonnera
de nouveau la France avec le groupe Sita Lanta .
En 1996, SaNGO forme
son propre groupe éponyme. Il se lance alors dans la chanson et choisit
la guitare comme instrument de prédilection. Dans le même temps, il
multiplie les collaborations artistiques notamment avec Les Nubians,
Raul Paz, Nathalie Cardone, Ayo...
Auteur-compositeur et
interprète, il travaille désormais à la réalisation de ce qui sera
son premier album solo et multiplie les concerts. Après une tournée
dans le Sud de la France, il donne une série de représentation dans
les salles parisiennes. Le succès auprès du public est immédiat.
Entre studio et live,
SaNGO peaufine aujourd'hui la préparation de cet album qui se caractérise
par la diversité de ses influences afro-soul, pop et rhythm’n blues.
Discographie du
groupe : En cours de production de leur 1er Album
Site Internet :
http://www.myspace.com/sangosango
© Copyright Le Satellit Café, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, août 2007.
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Santa MAICARO Orkestar
Giuseppe Miguel Godillo
Esteban Godillo
Emilio Godillo
Bernardo Godillo
Mario Godillo
Bâti sur les
cendres encore chaudes de membres de Namas Pamos (rock
festif à influences trad.) et Ramsès (dans la vague
des la néo-chanson française festive), Santa Macairo
Orkestar, voit le jour en 2002. Composés des cinq
« Frères Godillo », frères de l’âme et
de musique comme ils se définissent, Santa Macairo
Orkestar distille une musique festive à souhait,
qu’ils ont su roder sur scène depuis leur création
(en témoigne leur 1er opus, live, « In Koncerti »
paru en 2004).
Un univers musical
déjanté, articulé autour d’El Grande Emilio
(cuivres) « dandy souffleur de grande classe,
iconoclaste et improvisateur précoce » ; du
« charmeur de serpents » El Mysterious
Bernardo (clarinette, voix), « primitif et épileptique » ;
d’El Maestro Mario (batterie, percus) « chef
d’orchestre imperturbable et impitoyable, véritable métronome
vivant » ; d’un « crooner, enjôleur »
au clavier et chant, El Cavaliero Esteban – « les
mains et la voix de la séduction » ; et de
l’autoproclamé chef du village Giuseppe Miguel,
« violoniste gouailleur, personnage charismatique
au regard énigmatique et à l’accent improbable »...
Tout un programme !!
On a pu entre
autres les apercevoir en live aux côtés d’Emir
Kusturica, Israël Vibration, Zenzile, Max Roméo, High
Tone, JMPZ, Shane Cough, Kaly Live Dub, Orange Blossom,
Rue d’la Muette, La Rumeur... Que des noms qui
font rimer « musique » avec... « énergie
scénique » ! Un univers scellé sur leur
nouvel album fraîchement sorti, « Novo Bal »,
qui compile enregistrements live & studio, et dvd
bonus. De quoi mettre l’eau à la bouche et les veines
en ébullition, en ce vendredi soir hivernal au Satellit
Café !
Discographie du
groupe :
« In Koncerti »
2004
« Nova Bal » 2006
Ils ont dit :
« Fini les
soirées « déprime » devant sa télévision !
Avec (...) Santa Macairo Orkestar, on redécouvre les
musiques tziganes, cuivrées à souhait. Des sonorités
qui font du bien au corps et à l’esprit. »
Laurence Guillevic – Fragil juin 2006
« Leur fraîcheur
et leur énergie boostent des instrumentaux qui réactualisent
le concept de folklore mondial. »
Rock & Folk – juillet 2006
« Novo bal, ou la
preuve par le live qu’un bal acoustique peut être
survolté, généreux et populaire, surtout avec la
puissance festive des folklores balkaniques, klezmer ou
alternatifs. »
Lylo – Juillet 2006
« Une sorte
de performance globale du samedi soir débordant d’énergie
et d’extravagance, comme une version Kusturica du
cirque Fratellini. »
Station Service – juin 2006
© Copyright Le Satellit Café, 2006.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, décembre 2006.
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Santo AMARO
Cristina Violle, Silvano
Michelino, Soraya Camilo, Corine Thuy Thy
Luana, Renato Velasco, Rodrigo
De Oliveira, Dada Viana
Soraya Camillo, Fernando del Papa
Quarante-trois nouveaux Chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel
de l’humanité ont été récemment proclamés par le Directeur général
de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. Y figurent notamment le Ramlila, la
représentation traditionnelle du Ramayana (Inde), le Kabuki (Japon),
la mascarade des Makishi (Zambie) et la Samba de Roda brésilienne…
Santo Amaro, nouveau projet musical emmené par Silvano Michelino
(percussionniste entre autres d’Henri Salvador et leader du groupe
Tupi Nagô) et la chanteuse Cristina Violle, s’inscrit donc dans
cette veine traditionnelle afro-brésilienne. Entourés de six autres
musiciens aux percussions, chœurs et cordes, dont Renato Velasco à la
« viola » (petit luth à dix cordes pincées), Santo Amaro nous entraînera
au cœur d’un brésil festif et traditionnel, où caractéristiquement,
les participants se regroupent en cercle pour danser. Après une première
apparition remarquée lors de la clôture du Festival PARIS BRASIL en
mars dernier, la formation revient de plus belle !! Entre la rythmique
des percussions et les chants strophiques et syllabiques, souvent
courts et répétitifs, la samba de roda de Santo Amaro est un événement
festif à part entière, à ne rater sous aucun prétexte !!
La Samba de Roda, assez méconnue en France et pourtant des plus
populaire au Brésil. C’est le plus africain des styles de Samba.
Restée très « tribale » elle se différencie des sambas des grands
défilés de carnaval. Très dansante, ses mélodies sont toujours
contagieuses, faciles à apprendre et donnent une certaine sensation
d’intimité avec des chansons qu’on entend pour la première fois.
Apparue dans l’État de Bahia, plus particulièrement dans la région
de Recôncavo, au XVIIème siècle, elle résulte des danses et
traditions culturelles des esclaves africains de la région. Santo
Amaro de Purificação, ville natale de Caetano Veloso et Maria
Bethania, en est l’un des berceaux... Le rythme, les instruments à
percussions et la chorégraphie ont ensuite intégré des éléments de
la culture lusitanienne, notamment la langue et quelques-unes de ses
formes poétiques, ainsi que des instruments de musique.
Envoûtante, festive
sans être carnavalesque et aux mélodies toujours contagieuses, la
Samba-de-Roda est une composante majeure de la culture populaire
afro-brésilienne. Assez méconnue en France, elle a été décrétée « Chef
d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité »
par le Directeur général de l’UNESCO : Koïchiro Matsuura.
C’est le plus
africain des styles de Samba, où les participants se regroupent en
cercle pour danser. Restée très « tribale » et très dansante, elle
se différencie cependant des sambas des grands défilés de carnaval.
Ses mélodies sont contagieuses et faciles à retenir.
Un des berceaux de ce
style si particulier est la ville bahianaise de Santo Amaro. Porte
aussi le même nom, le quartier de la ville de Sao Paulo où Silvano,
leader et créateur du groupe, découvrais enfant la musique «Nordestina».
Apparue au XVIIème
siècle, dans l’État de Bahia, plus particulièrement dans la
région du Recôncavo, elle résulte des danses et traditions
culturelles des esclaves africains de la région. Santo Amaro da
Purificação, ville natale de Caetano Veloso et Maria Bethania, en est
l’un des berceaux...
Le rythme, les
instruments à percussions et la chorégraphie ont ensuite intégré
des éléments de la culture lusitanienne, notamment la langue et
quelques-unes de ses formes poétiques, ainsi que des instruments de
musique.
© Copyright Le Satellit Café, 2006-07.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, décembre 2006.
mise à jour en mai 2007.
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Suman Sarkar
Tabla
Suman Sarkar est issu d'une famille où la musique fait partie intégrante de la tradition familiale. Son père Sri Santosh Kumar Sarkar était chanteur, professeur de musique et compositeur. Il fut le premier maître de Suman au tabla. Plus tard, il suivit les cours de Sri Suhrit
Chakraborty, lui-même élève d'Ustad Habibuddin Khan d'Ajrara et d'Ustad Gami khan de Dehli
Gharana. Cela fait plus de dix ans que Suman se produit à Calcutta, accompagnant les plus célèbres musiciens comme Nishat Khan, Professeur Subrato Roy Chowdhury et Partha Bose.
En 1992, Suman est allé pour la première fois en Allemagne où il a donné des récitals en solo pour la Société Indo-allemande de
Dammstadt. Depuis, il a fait plusieurs tournées en Europe et a été invité par le Ministère Culturel d'Autriche à enseigner dans les écoles primaires et secondaires d'Innsbruck. Il est également professeur de tabla à la Clic Music de Bruxelles.
En 1995, son premier album de fusion « Hemmel und Erde » est sorti en Allemagne. Cet album dans lequel Suman jouait avec un organiste allemand a été très apprécié. Son dernier disque « Heaven on Earth » où il joue avec des musiciens de jazz lui a assuré beaucoup de succès dans le domaine de la musique expérimentale.
© Copyright Le Satellit Café, 2006.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, octobre 2006.
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Michael Sarin
Batterie
Il a une grande expérience de la scène new-yorkaise
; il a collaboré avec de nombreux musiciens “downtown” tels que Dave Douglas, Thomas Chapin, Mark Dresser, Ben Allison, etc... Il est aussi à l’aise avec le plus moderne des jazz que dans des contextes de performances et de musiques improvisées.
© Copyright Olympic Café, 2006.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, octobre 2006.
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Julia Sarr
Chant
Julia Sarr, née à Dakar, Sénégal, mais installée en France depuis
vingt-cinq ans maintenant, est une jeune femme d’aujourd’hui, une
Africaine de Paris, cultivée curieuse de l’autre, ancrée dans sa
culture d’origine – la culture woloff –, mais ouverte au monde, à
ses métamorphoses, à son métissage incessant. Chanteuse au timbre
clair, elle doit à sa technique sans faille ainsi qu’à la puissance
émotionnelle exceptionnelle qui se dégage de sa voix, d’avoir
participé au cours de ces dernières années à un nombre considérable
de projets aussi bien dans le champ de la musique africaine (d’Oumou
Sangare à Papa Wemba en passant par Miriam Makeba, Youssou N’Dour ou
Koffi Olomide) que dans la variété (MC Solaar). Mais c’est
incontestablement son association de plus de dix ans avec le chanteur
Congolais Lokua Kanza qui aura jusqu’ici marqué le plus fortement les
esprits et orienté sa carrière. Ce disque, le premier à faire
entendre sa voix dans ce qu’elle a de plus intime, marque sans aucun
doute un nouveau départ.
Set Luna - Sortie
nationale 10 octobre 2005
© Copyright New Morning, 2007.
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, janvier 2007.
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Évelyne Saunier
Chant
Évelyne Saunier a une formation de départ en chant lyrique,
mais a très tôt travaillé en collaboration avec des danseurs en employant la voix différemment lors de performances improvisées ou en partie scénarisées,
en Franche-Comté.
A Paris, elle a acquis une formation en jazz et se produit régulièrement au sein de divers groupes, en particulier en quartet avec Hervé Duret (guitare),
Emmanuel Brunet (contrebasse), Benoist Raffin (batterie), et en duo avec Hiroshi Murayama (piano).
En musique classique, elle chante un répertoire d'opéras (Puccini, Donizetti, Mozart, Purcell...), et donne des récitals de mélodies françaises et de lieder
(avec Yves Müller au piano). Elle a monté avec Charlotte Testu (contrebasse) un répertoire mêlant musique ancienne et improvisation : "Airs de Cour, côté Jardin", ainsi qu'un projet "Jadis, il pleuvra des Bergères"
; dans le même esprit, autour de Folksongs de L. Berio et B. Britten, en collaboration avec Frantz Loriot (violon alto) et d'autres musiciens.
Évelyne Saunier a une pratique régulière de l’improvisation (stages avec Joëlle Léandre, Barre
Phillips, Sophia Domancich, John Butcher…). Elle joue en concert dans diverses configurations, en particulier avec Hugues Vincent (violoncelle),
Ianik Tallet (batterie), Jean Bordé (contrebasse), Marc Baron (saxophone), Deborah Walker (violoncelle).
Elle se produit également en duo avec la danseuse Lulla
Chourlin, dans le projet "mises en pièces" : performances élaborées en fonction des lieux.
Elle travaille actuellement sur un projet en solo : "CHANT, SONS (word music)".
© Copyright Charlotte de Jésus,
Olympic Café, 2006.
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Jazz-Passion, août 2006.
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Patrick Saussois
Guitare
Pratiquant la guitare,
et surtout le jazz depuis
le début des années
soixante, la toute
première apparition sur
scène de Patrick SAUSSOIS
remonte à 1966 (à l'âge de
12 ans). Mais c'est depuis
1976 qu'il est
véritablement présent sur
la scène du jazz français.
Bien que principalement
inspiré à ses débuts par
Django Reinhardt et les
guitaristes manouches ou
gitans en général, son
style s'est plus tard
étoffé des influences de
musiciens comme Elek Bacsik, Grant Green, Wes
Montgomery, Kenny Burell
ou Barney Kessel.
Musicien d'un rare
éclectisme, son répertoire
va du jazz des origines
(New Orleans, Gospel,
Blues…) aux standards de
toutes époques, en passant
par les "hits" américains
des années 30 à 60, la
musique brésilienne, la
chanson française (Trénet,
Gainsbourg…) la musique
traditionnelle tsigane et
manouche, le folklore
d'Europe Centrale ou le
swing musette, musiques
qu'il a eu souvent
l'occasion de pratiquer au
côté des spécialistes de
ces genres
particuliers.
Bien qu'ayant côtoyé tout
au long de sa carrière
nombre de jazzmen de
renom, c'est surtout dans
le domaine de la "gypsy
music" qu'il est
principalement reconnu du
public comme de ses pairs:
il s'est en effet produit
au côté des plus grandes
figures de ce style :
Matelo Ferret, Christian
Escoudé, Boulou &
Elios Ferré, Babik
Reinhardt, Stochelo &
Jimmy Rosenberg, Bireli Lagrène, Dorado Schmitt,
Raphaël Fays, ainsi que le
"gratin" des
accordéonistes swing
français: Jo Privat,
Daniel Colin, Armand Lassagne, Jean Corti ou
Marcel Azzola, avec lequel
il s'est produit durant la
cérémonie des Django d’Or
96 à la Salle Pleyel (en
direct sur FR3 le 20 juin
96). Habitué du Festival
Django Reinhardt de Samois
sur Seine, il s'y est
produit en 99 pour la
10ème fois, au côté du
grand saxophoniste italien
Gianni Basso.
(Jazz en Août -
2003)
© Copyright Le Duc des Lombards, 2006.
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Jazz-Passion, juillet 2006.
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Ann Savoy
Voix,
Accordéon, Guitare, Violon
Cajun Mama
ou l'étonnant destin
d'Ann Savoy
prolifique ambassadrice de la musique cajun
par Jean-Pierre Bruneau
« Chanteuse,
multi-instrumentiste, historienne, photographe, éditrice, chroniqueuse, productrice, génitrice d’excellents
et créatifs jeunes musiciens, Ann Savoy met tout son « savoy faire » au service des musiques nées dans les bayous et
les prairies du sud-ouest de la Louisiane. Est-il quelque chose qu’elle ne puisse faire ? Portrait.
Il était une fois une jeune américaine, menue et pétillante, originaire de Virginie, qui aimait la guitare, la langue
française, Paris, les surréalistes et la musique folk. Un beau jour de 1975, alors qu’elle avait 24 ans elle rencontra au
National Folk Festival américain quelques représentants de cette étrange tribu que sont les Cajuns de Louisiane.
« J’ai immédiatement été fascinée, raconte-elle. Ils ne me parlaient pas en anglais et l’un d’eux m’a complimenté pour mon
minois qu’il décrivait 'tâché comme un œuf de dinde' » (constellé de taches de rousseur
!). Il s’agissait de Marc Savoy, musicien et facteur d’accordéon qu’elle épousa quelques mois plus et avec lequel elle vint s’installer à
Eunice, au cœur de la prairie cajun. « Marc m’a encouragée à jouer avec lui et j’ai commencé à apprendre le répertoire
traditionnel. J’étais enthousiasmée par la richesse de cette culture rurale mais en même temps étonnée du peu de
considération dont elle jouissait car émanant des catégories sociales inférieures," basses classes
" comme on dit en Louisiane. La plupart des grands maîtres, Dennis McGee, Canray Fontenot, Nathan Abshire, Dewey Balfa, étaient
toujours là mais que savait-on sur eux ? Pas grand-chose. J’ai alors décidée d’aller à la rencontre des musiciens, de les
photographier, de leur faire raconter leur histoire, de collecter leurs chansons. » Après huit ans à parcourir les petits
chemins de Louisiane et à tenter de convaincre des familles parfois méfiantes, le résultat est un livre magnifique (publié
à compte d’auteur en 1984), fort documenté et émouvant, intitulé
"Cajun Music, A Reflection of a People" (La Musique cajun, reflet d’un peuple), véritable bible sur le sujet, truffée de biographies, d’interviews, de discographies, de
précieuses photos anciennes, de transcriptions de chansons. Ses 400 pages, grand format étant loin d’avoir épuisées le
sujet (Nathan Abshire n’y figure pas car sa veuve s’y était alors opposée), une suite est en gestation et sortira dès
qu’Ann trouvera le temps de le terminer.
Aujourd’hui, si la langue française semble plus que menacée de disparition en Louisiane, la prairie cajun résonne
toujours du son des accordéons. On l’entend dès 9 h, le samedi matin dans le triangle formé par les petites villes de
Mamou, Eunice et Breaux-Bridge. Ca danse au Fred's Lounge de Mamou (une tradition radiophonique "live" vieille de
plus de 40 ans), ça danse aussi au pt'tit dej du Café des Amis de Pont-Breaux (accordéon toujours mais plus funky :
c'est du zydeco), ça ne danse pas mais l'atmosphère n'est pas pour autant morose aux jam sessions du Savoy Music
Center de Eunice. Trois "institutions" hebdomadaires et matinales se déroulant à la bonne franquette et attirant des
locaux plutôt âgés et des touristes originaires aussi bien de l'Orégon, du Québec, d'Australie, du Japon ou de Bretagne
qui tentent frénétiquement de tout ingurgiter. Car la fête se poursuit aussi l’après-midi avec d’autres jam sessions, le «
Rendez-vous des Cajuns » au théâtre Liberty de Eunice, équivalent local du Grand Ole‘ Opry de Nashville et bien sûr le
soir dans les restaurants/café concert/dancing autour de Lafayette, « la capitale » de l’Acadiana, comme
Mulate, Préjean et Randol.
Marc Savoy avait eu le premier l'idée d’une jam session pour "honorer les vieux" et continuer de fournir du lien social.
Chez lui on y rencontre généralement une demi-douzaine d'accordéonistes, presque autant de violonistes, quelques
guitaristes (mais un seul joueur de 'tit fer -triangle- à la fois pour éviter la cacophonie) qui s'accompagnent, se
succèdent et prennent le solo. C'est gratuit, il est simplement recommandé d'apporter et de partager un "six pacs" de
bière et un peu de boudin local épicé à base de riz qu'on peut se procurer dans n'importe quelle épicerie. C'est avec un
grand sourire et quelques paroles chaleureuses qu'Ann Savoy accueille musiciens et curieux. Souvent ses deux fils âgés
d’une vingtaine d'années, Joël et Wilson, participent aux festivités. Et, surprise, ils sont tous les deux d’excellents musiciens,
multi-instrumentistes, amoureux et défenseurs de la tradition cajun (mais pas seulement), parfaits francophones et
bien sûr touche à tout comme maman (un produit des disques, l’autre des films). Parents et enfants jouent souvent
ensemble, ce qui est tout naturel pour Ann : « ils ont entendu cette musique quand je les portais dans mon ventre. »
Wilson racontait récemment dans le mensuel musical louisianais Off Beat qu’il avait eu, étudiant, sa période
grunge, tendance Nirvana, puis qu’il découvrit le piano boogie woogie
– où il excelle toujours – sous l’influence de Jerry Lee Lewis, célèbre louisianais. Aujourd’hui il dirige son propre groupe cajun les « Pine Leaf Boys » composé de jeunes musiciens
(dont un prodigieux violoniste noir, Cedric Watson). Tous vivent ensemble en communauté à Lafayette et insufflent une
énergie très rock à la musique dont ils veulent faire redécouvrir le « caractère excitant qu’elle avait dans les années 70,
durant son âge d’or. « Autant Wilson aime "ce qui est fou, spontané et intense", autant son frère Joël est
"raffiné et perfectionniste. » Il a été le violoniste du groupe « Red Stick Ramblers » (autre formation phare du renouveau cajun)
et se consacre maintenant surtout au label discographique qu’il vient de fonder, Valcour records (du nom d’un de ses
ancêtres) destiné à mettre en lumière aussi bien les nouvelles pousses (Cedric Watson et l’accordéoniste zydeco Corey
Ledet réunis sur l’album « Goin’ Down to Louisiana » ; « Allons boire un coup », album à thème particulièrement cajun
composé de « drinking songs ») que de faire connaître les chef d’œuvres du passé comme ce futur coffret de 4 Cd et
135 chansons, illustration sonore du livre de sa maman. Le nom du studio qu’il a monté non loin de la maison
familiale ? Savoy Faire ! Ann est plutôt fière que ses fils se situent au
cœur du renouveau de la musique qu’elle affectionne tant : « À
Lafayette, il y a maintenant une scène très active et créatrice où l’on retrouve enfants et petits
enfants des grands musiciens d’antan. C’est plutôt encourageant pour
l’avenir.»
Ann a aussi largement contribué à faire connaître sa culture adoptée aux Anglos et autres Rednecks (cou rouge) en
apparaissant dans plusieurs films tant de fiction (les Divins secrets des petites Ya Ya) que documentaires (Marc et
Ann). Elle a également produit deux albums « Evangeline Made » et « Creole Bred » mêlant musiciens louisianais et
stars de la scène rock (comme Linda Ronstadt , déjà, ou John Fogerty qui pouvait enfin prétendre qu’il était « Born on
the Bayou ») chantant en français quelques tubes cajuns.
Est-ce tout ? Ann rigole et répond
: " Je suis comme ça, toujours à la recherche de nouveaux projets, de nouvelles
idées ". Ainsi le futur album du Family Band où Joël au piano joue un rôle prépondérant reprend la tendance des années
30 d'adaptations cajuns de chansons populaires comme le faisait la grande chanteuse Cleoma Falcon, l'idole d'Ann, qui
adaptait si bien les blues de Jimmy Rodgers ; " mais là ce sera plutôt dans la lignée de Ray
Charles ".
© Copyright L'Archipel, 2007.
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Jazz-Passion, mai 2007.
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Thierry Schouteten
Basse
Si la puissance et la mélodie peuvent
aisément se conjuguer, c'est bien dans le jeu du bassiste
Thierry SCHOUTETEN.
Instrumentiste autodidacte, c'est vers 16 ans que
notre bonhomme scande les refrains "pistoliens" des punks
londoniens. S'improvisant alors chanteur (par manque de
moyen), il comprend vite que la basse au sein des groupes
de Hard Rock canalisera enfin la fougue qui l'habite.
Après de nombreux concerts et groupes régionaux, il
devient en 1986 bassiste du groupe BLACKWHITE et le
restera jusqu'à sa séparation en 1994. Il peaufine son
style, forge le son et l'assise de son jeu avec Thierry FARASSE, batteur du groupe. En août 1999, il remplace tout
à fait naturellement le bassiste de REVIVAL parti chanter
sur d'autres scènes...
Bercé par la musique des BEATLES, de ROY GALLAGHER et de
URIAH HEEP, il retrouve ses sources et son ami batteur au
sein de REVIVAL pour tisser ensemble le canevas Basse-Batterie, bases essentielles des mélodies Blues et
Country du célèbre groupe californien.
© Copyright Festival Jazz en Artois, 2006.
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Jazz-Passion, septembre 2006.
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Jacques Schwarz-Bart
Saxo
“ Le contemporain brassage des cultures et des peuples répand de par le monde ce phénomène des créolisations et des créolités. ” Nul doute que Jacques Schwarz-Bart peut faire sienne cette vision du monde proposée par l’écrivain Patrick
Chamoiseau. Lui, saxophoniste de jazz loué par la scène nu-soul new-yorkaise, élevé par une mère guadeloupéenne native de la Charente et d’un père français aux origines juives et polonaises, grandi entre la Suisse et la Guadeloupe… Le fils de ces deux auteurs reconnus de leurs pairs affiche donc un parcours sinueux qui en dit long sur son identité. Il est né aux Abymes, un quartier à la périphérie de Pointe-à-Pitre, le 22 décembre 1962.
À une époque où il n’était pas de bon ton de parler créole, en un temps où jouer du tambour était réservé aux Neg bois, aux Neg talons. En rase campagne, il s’agissait alors de perpétrer l’esprit des marrons, ces esclaves affranchis qui affirmèrent leur part
d’africanité bien avant qu’Aimé Césaire la stigmatise avec la clairvoyance que l’on sait. Celle magnifiée dans le roman
La mulâtresse Solitude publié par André Schwarz-Bart en 1972, l’histoire bien réelle d’une esclave qui prit part aux soulèvements contre la répression française en 1802.
À Pointe-à-Pitre, une statue rappelle l’importance de ce sombre épisode, oublié dans les livres d’histoire acheminés de métropole. Le symbole d’une identité à part, d’une divergence de vue qui reste tenace jusqu’en 2006. Jacques Schwarz-Bart a donc été à bonne école, celle de parents concernés par la musique antillaise, et plus généralement par toute l’histoire antillaise, dont témoignent nombre de leurs ouvrages respectifs, à commencer par
Un plat de porc aux bananes vertes, roman écrit à quatre mains en 1967.
“Au fond des casseroles”, autre nouvelle signée Schwarz-Bart, c’est là que selon la coutume se trouvent les meilleurs ingrédients, les plus épicés. C’est en tout cas là que se trouve le
ka, ce bon vieux tambour dont s’inspire le saxophoniste pour ce disque. Mais avant de le présenter, il faut tout de même revenir en arrière, histoire de retracer les grandes lignes du parcours « musical » de son signataire, un drôle de type du genre atypique.
À quatre ans, Jacques Schwarz-Bart se voit offrir un tambour. Mieux :
Anzala, l’un des grands esprits frappeurs de l’île avec Carnot et Vélo, lui montre quatre des sept rythmes de base :
toumblak, graj, lewoz et kalagya. À six ans, alors qu’il se retrouve en Suisse, il découvre le jazz à travers le père d’un ami, grand collectionneur. Coup de foudre et conséquence deux ans plus tard, il enfourche une guitare qu’il apprend en autodidacte. Il commence à se faire un petit son, mais voilà qu’il doit repartir en Guadeloupe. C’est le temps de l’adolescence, et la musique est mise en sourdine pour celui qui va passer Sciences-Po et entamer une carrière dans la haute administration… Il a vingt-quatre ans et tout pour réussir. Mais voilà que la musique se rappelle à ses bons souvenirs, sous la forme d’un saxophone ténor. Trois ans et bien des jours et des nuits à souffler dans le biniou plus tard, il quitte son fauteuil d’assistant de sénateur pour intégrer les rangs de la prestigieuse
Berklee. Et en avant la vraie vie, pourvu que ça swingue ! Deux ans encore, ponctués d’un sévère régime de dix heures quotidiennes sur l’instrument, et le voilà fin prêt à affronter pour de bon la scène. Direction toute La Mecque de la blue note : New York City. Il a bientôt trente ans et fait figure d’ancien parmi la nouvelle génération. Pourtant, il ne va pas tarder à se faire remarquer. On le retrouve au milieu des années 90 en tournées avec Giovanni Hidalgo, Danilo
Perez, Bob Moses… Mais le vrai déclic va se produire un soir dans un club de la capitale du jazz, chez
Bradlee’s, où il grimpe sur scène. Là, justement, il y a l’immense pianiste cubain Chucho Valdès et le trompettiste Roy
Hargrove. Le temps d’un solo, Jacques Schwarz-Bart fait forte
impression ; tant et si bien qu’un mois plus tard, Roy Hargrove l’invite à le rejoindre dans son projet cubain,
Crisol, en remplacement de David Sanchez… À l’orée des années 2000, tout s’enchaîne. Il multiplie les sessions, se fait un prénom : « Brother Jacques ». C’est D’Angelo qui le baptise ainsi. Le prince noir de la nu-soul ne tarit pas d’éloges à l’égard de ce saxophoniste qui fait partie de sa garde rapprochée. Il n’est pas le seul à s’attacher ses talents : Erykah
Badu, Eric Benet, MeShell N’Degeocello, Mario Canonge, James Hurt, Ari
Hoenig… La liste est désormais longue, pour celui qui entre-temps s’affirme comme un compositeur de talent, du type capable de signer le single “Forget Regret” sur l’album “Hard
Groove” de Roy Hargrove.
Car au-delà de ses prestations comme partenaire recherché de tous, Jacques Schwarz-Bart a très vite développé ses propres projets. Tendance jazz funky, rehaussée de la voix tout soul de Stephanie
McKay, avec pour seul mot d’ordre : sans a priori. Mais attention, même s’il aime le hip-hop et la biguine, il ne confond pas tout.
« Il n’y a pas de culture noire. Mais une multitude de cultures noires. »
Et parmi cette diversité, celui qui voulait devenir le meilleur saxophoniste de jazz devait se trouver une originalité synonyme de créativité. C’est donc tout naturellement, à l’insu même de son auteur, qu’a mûri le projet qui vise à réunir gwo ka et jazz. Les deux seins nourriciers de ce musicien créole par nature.
« C’est mon plus ancien projet, mais aussi celui qui m'a pris le plus de temps : quinze ans depuis que j'ai pondu mon premier morceau dans ce style. J’ai attendu d'avoir accumulé une expérience solide de saxophoniste et de compositeur avant de m'investir complètement dans ce projet alchimique. Il s’agit d'unir ces deux musiques en établissant des paramètres qui garantissent une continuité, une constance, une unité. Mais par ailleurs il fallait choisir des règles qui permettent de créer des morceaux réellement différents les uns des autres, tant dans les aspects techniques que dans leur contenu émotionnel. J'ai tenté de tisser une trame qui développe et décline des paramètres de départ, comme on écrit un roman, de façon à ce que la vibration initiale
– le rythme guerrier du mendé du morceau “Pa Palé” – se transforme constamment, passe par une multitude de métamorphoses de morceau en morceau, avec différents degrés de tension, jusqu'au dénouement final du
lewoz, le morceau de la fin, le rythme des veillées mortuaires, qui est à la fois un appel aux morts, et une envolée vers la lumière. »
Il remet donc en avant l’esprit frappeur des grands anciens, met ce qu’il faut de soul dans ce projet discographique enregistré entre New York et Pointe-à-Pitre. Nom de code : Soné ka la. Nom de groupe :
Yon, « le chiffre un en créole ». Une équipe au diapason des intentions du leader, mélange
d’Antillais et d’Américains, avec, au milieu de tout cela un pianiste croate, mais aussi le guitariste béninois Lionel
Loueke, qui en connaît un rayon question magie des rythmes secrets.
À partir de la thématique « traditionnelle » s’élaborent donc toutes les variations qui fondent la spécificité de l’univers de Jacques Schwarz-Bart. Ainsi, la plupart des morceaux sont courts, guère plus de cinq minutes, « afin de mettre l'accent sur la succession et le contraste des compositions, plus que sur les délires infinis d'improvisation ». Et justement, quand il s’agit d’improviser, le saxophoniste fait appel « aux techniques les plus récentes du jazz moderne, mais aussi au patrimoine mélodique et rythmique du gwoka ». Pour lui, l’ambition était donc de réussir à créer une synthèse originale de ces deux univers, un équilibre à la fois mesuré et forcément instable : « C'est un album mélodique : tous les thèmes doivent pouvoir se chanter. Dans le
gwoka, la voix humaine est l'instrument qui remplit toutes les fonctions mélodiques… Par contraste, la coloration harmonique doit être riche et variée essentiellement inspirée du jazz. Il y a comme un ratio inversé entre les mélodies et les harmonies : plus l'un est simple, plus l'autre doit s'étoffer. Et dans ce cadre, les développements rythmiques participent de cet enrichissement. » Dans ce canevas extrêmement précis, à la manière des albums-concept, il parvient à insérer des aspects de funk tant dans les sons du saxophone (le wah de “Pa Palé”,
l'harmonizer de “Soné Ka La”, le
phraser de “Drum And Bass”), que dans les sons des guitares ou de claviers.
« Le rôle est à la fois d'épaissir la sauce, mais aussi de donner une dimension moderne au projet. »
Le fil – invisible mais bien audible de tout ce disque – reste les sept rythmes constitutifs de l’univers ka. « Les sept rythmes de base sont tous utilisés, mais doivent présenter un aspect inattendu. D'abord, dans l'ensemble de l'album, le marqueur, Sony Troupé, interagit avec les thèmes et les solos comme un batteur de jazz sur sa caisse claire. Dans les morceaux
“Gwoka”, j'utilise le rythme du kalagya, mais je le décale d'un temps. Sur “Love” j'ai créé un rythme qui est une combinaison de graj et de woulé. Dans la ballade
“Ascent”, j'ai une séquence de woulé en 7 temps en introduction, et à la fin de chaque chorus. Dans “Drum and Bass”, il y a un rythme qui combine le mendé et le
takuta, alors que sur “Descent”, je combine le lewoz avec le rythme cubain appelé "afro", qui est d'ailleurs joué à la conga sur une trame rythmique en 10 temps. »
Pour les interpréter, une paire de tambouyé du cru, le boula d’Olivier Juste et le marké de Sony Troupé. Le premier, au son grave, imprime les rythmes, marquant le mètre régulier, tandis que le second, au son plus aigu, permet au tambourinaire d’improviser, d’endosser le rôle de soliste. Voilà pour la formule (rythmique) de base, un noyau à partir duquel les mélodistes peuvent prendre place. Inutile de dire que le saxophoniste et flûtiste s’en donne à cœur joie et à plein poumon, s’élançant dans plusieurs chorus, souvent enflammés, parfois plus sensuels. Il n’est pas le seul à prendre la parole dans ce projet. Quoi de plus normal pour qui connaît la musique ka. C’est sans doute pourquoi il invite quelques grandes voix de Guadeloupe : Jacob
Desvarieux, original Kassav ; Jean-Pierre Coquerel, une des personnalités issues du milieu des tambourinaires ; Admiral T, le nouvel homme fort des
sound-systems. Soit trois générations convoquées sur une seule et même galette ! Trois chants puissants qui ajoutent une couche à ce gumbo déjà bien relevé. La voix, c’est aussi elle qui est à l’honneur à travers un traditionnel
boulagyel, littéralement tambour de gorge. De quoi se souvenir des veillées mortuaires où ce chant qui vise à la transe est prédominant, simplement accompagné par des battements de mains.
« Le
lewoz, c’est l’âme même de cette musique. Ma mère, en écoutant le thème, a tout de suite écrit un poème. »
« Regarde ces âmes
Âmes d’hommes, âmes de femmes et d’enfants.
Regarde l’âme des autres : ceux qui sont partis.
Qui sont partis, mais qui sont là :
Voguant sur la mer, planant dans la petite brise.
Oui mon cher, nous sommes tous là !
Avec la petite musique de notre cœur… »
Un texte qui s’inscrit parfaitement dans l’objectif qui se profile entre les multiples lignes de “Sone Ka la” :
« J’espère réussir à ouvrir une autre fenêtre sur l’au-delà, sachant que la serrure réside dans le cœur des vivants. »
Son premier album « SONÉ KA LA » (Universal)
sorti en 2006 a été nominé aux dernières Victoires du jazz dans les
catégories meilleur Album de l’Année et révélation de l’Année. Il
se prépare actuellement à enregistrer au printemps prochain son second
album.
UNE PRESSE UNANIME !
"Simply infectious" Brian SOERGEL/Jazz Times
"Mr. Schwarz-Bart fuses the hard tone of John Coltrane and the
young Wayne Shorter in the angular lines and asymmetrical structures atop
rhythms from Guadeloupe. There is serious thought in Mr. Schwarz-Bart’s
fusion." Jon PARELES/The New York Times
"This blend of modal jazz and Caribbean rhythms challenges the
listener to accept that musical categories fail to explain that a music
can stylistically be either and both seamless and original."
Brian DRING/The Beat
" La musique du monde atteint ici un niveau inédit, ainsi que le
jazz. " Thierry Quenum/ Jazz magazine
" Le gwo ka est essentiellement rythme et voix. Le mariage avec le
jazz l'ouvre sur l'harmonie, l'orchestration, un type d'improvisation mélodique.
Et cela permet d'explorer des couleurs qu'on ne trouve pas d'habitude dans
le jazz. Un mariage heureux. " Bertrand Dicale/ Le Figaro
" Ce qui frappe d’emblée, c’est la puissance du souffle… De
ce torrent tumultueux de notes, où sont convoqués aussi bien le funk de
James Brown que le lyrisme de John Coltrane, et surtout la pulsation
sourde du gwoka, s’échappe une indéniable originalité. "
Yann Plougastel / Le Monde2
" Le sax magique de Jacques Schwarz-Bart : Rarement on aura
produit autant de fulgurance et de talent dans la fusion musicale : avec
Soné Ka La, le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart redonne à ces termes
souvent galvaudés leurs lettres d’or. " Frederique Briard,
Marianne
" On utilisera le mot “funk” pour qualifier la musique du
Guadeloupéen. Funk, considéré comme un élan qui part du bassin pour le
faire chavirer, de la nuque pour la faire dodeliner. " Loise
Cuendet/ Vibration
" Ce surdoué au style très personnel mêle jazz afro-américain
et sons traditionnels créoles. " Michel Contat/ Telerama.
" La première sensation est celle
d’un plaisir absolu à goûter le jeu nerveux, vif, habile et musculeux
du saxophone ténor de Jacques Schwarz-Bart. Ensuite s’imposent un
lyrisme et un sens du liturgique, parfois une âpreté, héritée de John
Coltrane. Après s’édifie une petite famille d’alter ego, dans
laquelle croisent David Liebman ou Charles Lloyd. Puis des noms de
compagnons de route défilent : Erykah Badu, David Gilmour, Roy Hargrove…"
Christian Larrede/ Les Inrocks
IL INVENTE LE GWO-KA JAZZ
par Bernard Loupias
Fils des écrivains Simone et André Schwarz-Bart et ancien haut
fonctionnaire, le saxophoniste mêle dans « Soné Ka-La » tambours
guadeloupéens, jazz et soul. Son nom, repéré depuis longtemps sur les
pochettes de disques de caïds du jazz ou de la soul américaine,
intriguait. Ce Jacques Schwarz-Bart saxophoniste aurait-il quelque lien
avec les écrivains André Schwarz-Bart, juif dont les parents sont morts
à Auschwitz, auteur du « Dernier des justes » (Goncourt 1959), et son
épouse, Simone Schwarz-Bart, Guadeloupéenne noire, la romancière de «
Pluie et vent sur Télumée Miracle » ? Oui, c'est leur fils.
De ces ascendances, Jacques Schwarz-Bart semble avoir hérité une longue
patience et la mémoire bouleversée des ancêtres.
Il aura attendu l'âge de 44 ans pour
publier « Soné Ka-La » (« Que résonnent les tambours »), le disque
qu'il portait en lui, fusion organique, vitale, du grondement des tambours
du gwo ka guadeloupéen et des flamboiements du jazz et de la soul ;
incarnation de ce continent immatériel que Paul Gilroy a défini dans un
livre magistral, « l'Atlantique noir ». On a dit que le mot gwo ka dérivait
de « gros quarts », ces barils à salaison d'antan transformés en
tambours : « C'est une explication. Mais mon grand-père maternel, qui
fut fonctionnaire en Afrique, m'a raconté que sur les rives de l'Oubangui
le peuple tango qualifie ses tambours de n'goka, et que leurs rythmes sont
pratiquement identiques aux nôtres. J'ai compris la profondeur historique
de notre propre tradition.»
A la maison, tandis que le père écoute
en boucle dans sa chambre d'écrivain la Deuxième Symphonie de Beethoven,
tournent quelques disques de jazz – Louis Armstrong, le Golden Gate
Quartet, Ray Charles, Charlie Mingus – mais aussi ceux de sa mère, de
vieilles biguines créoles, du folklore haïtien, de la musique cubaine et
du gwo ka. Quand il entend ces tambours, le gamin tend l'oreille : «
Il y a là un langage rythmique complet qui visite toutes les émotions
humaines, des plus immédiates aux plus mystiques ; un jeu de contraste
entre l'ombre et la lumière, en porte-à-faux brutal avec l'idée festive
qu'on se fait de la musique créole, qui me convenait. J'était un enfant
assez grave, et j'ai trouvé dans le gwo ka un répondant à mes penchants
naturels.»
A 4 ans, on lui offre un tambour. Avec
Anzala, tambouyé (tambourinaire) de la classe des Carnot et des Vélo,
frappeurs de peaux légendaires, le petit Jacques explore les sept rythmes
de base du gwo ka. Expérience indélébile. Comme le sera la découverte
du jazz deux ans plus tard, quand il plongera dans la collection de
disques du père d'un copain. Il tâte de la guitare, plutôt bien. Élève
brillant, bac à 16 ans, le voici en droit à Assas, puis à Science-Po. A
24 ans, il est propulsé à la direction générale de l'administration du
conseil régional de la Guadeloupe, « le temps, dit-il, de me rendre
compte que j'avais commis une erreur monumentale...».
C'est qu'un saxophone vient de lui
tomber dans les mains. Coup de foudre. Il travaille seul, comme un fou,
pendant deux ans et demi. « C'était ma seule source de bonheur.»
Au point qu'un jour il laisse tout tomber. Direction Boston et la Berklee
School of Music. Autodidacte, il est admis de justesse, mais la rage
d'apprendre (dix heures de pratique par jour, jusqu'à tomber malade)
viendra à bout des lacunes et des doutes. En 1994, il en ressort gonflé
à bloc et joue avec les cadors de la ville. Il est prêt. A lui New York.
Un soir, lors d'un bœuf désormais historique au Bradley's, il prend son
courage à deux mains et rejoint sur la petite scène les trompettistes
Roy Hargrove et Randy Brecker en train d'en découdre. Il tient le choc.
Ovations. Sa réputation grandit.
D'Angelo, la star de la soul qui le
rebaptise Brother Jacques, l'embarque pour une tournée. Il rencontre
Meshell Ndegeocello, devenue depuis une amie proche, travaille encore pour
la diva Erykah Badu. Ça roule. Il peut enfin penser à lui. Entre New
York, où il vit, et la Guadeloupe, il assemblera patiemment son puzzle
intime : tambours gwo ka et d'Afrique, guitare béninoise (Lionel Loueke),
voix soul (Stephanie McKay) et créoles (Jean-Pierre Coquerel, Jacob
Desvarieux, Admiral T) ; et branchera son sax sur des pédales wah-wah ou
un harmonizer, pour le plier au chant créole qu'il entend dans sa tête.
Quand sa mère découvre le mélancolique « Léwoz » (nom d'un rythme du
gwo ka, et par extension des rassemblements de tambourinaires) qui clôt
le disque, elle fond en larmes puis, sous le choc, écrit le poème
qu'elle dit elle-même sur cette musique. Il résume tout : « Regarde
ces âmes / Ames d'hommes, âmes de femmes et d'enfants / Qui sont partis,
mais qui sont là / Voguant sur la mer, planant dans la petite brise / Oui
mon cher, nous sommes tous là! / Avec la petite musique de notre cœur.»
CD : «Soné Ka-La» (Universal).
Fils des écrivains Simone et André Schwarz-Bart, Jacques Schwarz-Bart
est né en 1962 aux Abymes, en Guadeloupe. 1985 : diplômé de Science-Po,
il entre dans la haute administration et découvre le saxophone. 1999 :
premier CD, « Immersion ». 2002 : « Brother Jacques Project ». 2006 :
« Soné Ka-La ».
Bernard Loupias - Le Nouvel Obs - 7 septembre 2006
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by Christian Boullangier, Jazz-Passion, novembre 2006.
mise à jour en décembre 2007.
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Jimmy Scott
Chant
Pour les uns, il est un mystère, pour d'autres c'est un ange. Ainsi Lou Reed a-t-il qualifié la voix de ce chanteur américain né en 1925. Frappé dans l'adolescence du syndrome de Kallman, Jimmy Scott a vu sa croissance arrêtée, sa voix restant presque celle d'un enfant. Une voix étrange et haut perchée (RA), qui l'a amené très jeune à chanter avec les plus grands jazzmen, de Lionel Hampton à Quincy Jones.
Suivront quarante ans de galère et la redécouverte un peu par hasard en 1992 d'un artiste hors normes.
Aujourd'hui, il chante des chansons d'amour, sur un jazz mélancolique avec une gestuelle bien à lui...
Justice est enfin rendue. Jimmy Scott. Celui qui fut souvent raillé pour sa voix androgyne investit l'Olympia. Et revient avec un CD émouvant.
Lors de notre entrevue au festival Jazz à Juan 2000, Ray Charles, confiait : " J'espère que l'album de Jimmy Scott, que j'ai produit au début des sixties, sortira un jour. Gâcher un talent pareil, c'est tout simplement choquant."
À l'époque (en 1962), quand avait couru le bruit de cette prestigieuse collaboration, un chacal de producteur, par l'odeur alléché, avait pointé le bout de son nez et... brandi un ancien contrat qui tenait Jimmy Scott poings et voix liés. Le disque avec Ray Charles a été renvoyé aux calendes grecques. Et Jimmy, au vestiaire de l'oubli.
Le vocaliste américain a bu le spleen jusqu'à la lie. La misère, les railleries, et ce foutu show-biz, où un ange comme lui ressemble à un albatros maladroit. En route pour fêter ses soixante-seize ans (le 17 juillet), il goûte enfin au plus grand des bonheurs : la reconnaissance de son art. En ce sens, son passage
– pour la première fois – à l'Olympia revêt pour lui une saveur de miracle. Avant sa renaissance sur la scène internationale, le chanteur à la voix troublante avait dû retourner dans les petits clubs de la région de Cleveland (Ohio), pour des cachets aussi maigres que la grêle carcasse qui lui a valu le surnom de " Little " Jimmy. Désabusé ? " Jamais, assure-t-il. Au-delà de la tristesse, je gardais espoir. Ma pauvre mère nous a souvent répété, aux dix enfants que nous étions :
« si vous tombez par terre, relevez-vous et essayez de nouveau
». Ce conseil est resté gravé en moi. Vous savez, quand, adolescent, on tient le choc face à la mort brutale de sa maman, c'est qu'on a franchi une étape cruciale de l'existence. Moi, j'avais treize ans, lorsque je suis rentré de l'école et que j'ai appris la nouvelle. Notre mère a été fauchée par une voiture, alors qu'elle sauvait une de mes
sœurs en la poussant hors de la trajectoire du véhicule. Ce drame a sonné la fin de notre vie familiale. Papa, incapable d'assumer ses responsabilités, a quitté la maison. Mes neuf frères et
sœurs et moi avons été dispersés dans des foyers d'accueil. Mais nous avons pardonné à notre père. Qui peut prétendre ne pas faillir au moins une fois dans sa vie ? "
Avec philosophie, Jimmy a enchaîné les petits boulots (coursier, groom), tenté cinq mariages (pour, finalement, reprendre sa vie de célibataire), essuyé mille suspicions et moqueries. Car sa voix haut perchée a souvent fait jaser. Serait-il un travesti, un homosexuel, comme certains l'ont crié, autrefois, dans l'obscurité des salles de concert ? Le syndrome de Kallmann ayant perturbé sa croissance pubertaire, l'homme a conservé un timbre androgyne, qui fait de lui le prince de la complainte. Un interprète funambulesque qui ne craint nullement le vide. Après avoir revisité, dans son enregistrement de 1999 (Holding back the Years), des perles de la pop (de John Lennon, Elvis Costello, Elton John...), il revient à des standards de jazz dans le CD Mood Indigo (2000), ainsi que dans le nouvel album Over the Rainbow (à paraître le 10 avril).
Il faut voir comment, dans cette galette à venir, il s'empare de Strange Fruit, dont la dramaturgie est soulignée par les accords sombres du pianiste Larry Willis. Cette ballade, rendue célèbre par Billie Holiday, lui convient à merveille. On retrouve en son chant cette intensité émotionnelle qui fit le génie de Lady Day. Jimmy étire les syllabes, donnant aux mots une langueur bouleversante. Ses blessures secrètes habitent la moindre de ses inflexions. Lors de son précédent concert parisien (dans un New Morning archicomble), en automne 1999, le plus doux troubadour du blues a furtivement écrasé une larme, échappée de la chanson de sa vie.
À l'Olympia, nul doute que son vibrato tremblera encore d'émotion.
Fara C
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Jazz-Passion, septembre 2006.
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Rhoda Scott
Orgue
Hammond
Elle est née aux États-unis ; elle était la fille aînée d'un pasteur itinérant et elle a grandi dans l'ambiance des petites églises noires de la côte est des
États-Unis. C'est là, en accompagnant les gospels et les negro-spirituals dès l'âge de huit ans, qu'elle a trouvé son incroyable sensibilité instrumentale et vocale.
Elle se fait remarquer pour son talent musical et rentre dans la célèbre "Manhattan school of music de New-York" dont elle sort à 25 ans, grand prix du Conservatoire avec mention spéciale du jury. Elle débute chez COUNT BASIE à Harlem. Là, elle est adoptée par tous les grands de la musique.
Elle vient ensuite en France pour terminer ses études de contrepoint et d'harmonie chez Mademoiselle Boulanger, du Conservatoire de Fontainebleau. Nadia Boulanger était connue pour accueillir l'élite des musiciens comme Bernstein,
Stravinski...
Depuis la fin
des années 60, cette ambassadrice de l’orgue Hammond a joué
avec les plus grands : Ray Charles, George
Benson, Count Basie, Ella Fitzgerald, Sarah Morrow.
Douée d’une mémoire musicale
exceptionnelle, elle connaît par exemple plus de
mille morceaux par cœur et elle compose la majeure partie de
son répertoire. D’ailleurs, elle ne s’impose jamais de programme
pour une soirée et joue selon son inspiration du moment et surtout
selon la réaction du public.
© Copyright Caveau de la Huchette, 2006.
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Jazz-Passion, décembre 2006.
© Copyright Les Couleurs du Jazz, 2007.
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Jazz-Passion, mai 2007.
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Gildas Scouarnec
Contrebasse
RÉSUMÉ
Contrebassiste d'origine
finistérienne, Gildas Scouarnec fréquente
assidûment la scène bretonne et remporte en
1998 le premier concours de jazz de Rennes en duo avec le
guitariste Jean Luc Roumier.
Il s'installe en 1989
à Paris et se produit aux côtés des
meilleurs musiciens de la place, Alain Jean Marie, Jean
Michel Pilc avec qui il enregistre son premier CD (J.M. Pilc
Big One), Jef Sicard (2 albums), Ronnie Patterson, ... Un son
plein et généreux, une connaissance
approfondie du répertoire imposent Gildas comme l'un
des meilleurs instrumentistes de la scène
française du jazz. Il se produira aux
côtés de musiciens aussi différe |