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20. FAQ.


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B3-L. "Jazz en live, en collaboration avec Jazz-Passion" :

Présentation de musiciens

 

 



Didier Labbe 

Composition, saxophones, flûte traversière

Né en Normandie en 1955, il étudie le saxophone dès 11 ans. Des études de géomètre – expert foncier et une thèse en urbanisme ne suffiront pas à le détourner de sa passion...

Il a successivement joué dans Fractal (quatuor de saxophones) de 84 à 92, L'Orphétéon de 86 à 91, Zunzun de 92 à 94 et la Compagnie Messieurs Mesdames de 90 à 95. Il crée le Didier Labbé Quartet en 96
à Toulouse de la rencontre entre quatre musiciens venus d'horizons divers (jazz, classique, rock, trad.). Poussés par leur volonté commune d’interpréter un jazz festif, non-élitiste, les quatre musiciens se sont inspirés des musiques d'Italie, de Palestine, du Maghreb, de Grèce, de Bosnie, d'Espagne, d'Israël, de Macédoine, etc... Cette diversité des origines musicales de chacun et de toutes ses influences, nourrit un jeu collectif toujours privilégié sur les émois personnels, où l'humour n'est jamais absent.

Homme de scène, il tisse des liens avec d'autres arts du spectacle (théâtre et danse) pour lesquels il crée de nombreuses musiques. Depuis 97, il explore le rapport entre musique et danse improvisées, travaille régulièrement avec Emmanuel Grivet, Yann Lheureux, Marie-Pierre Genard, Nathalie Galoppin et ponctuellement avec Vera Monteiro et Thierry Bae.

Il est à l'initiative du Festival « Itinérant Pyrénéen », un rendez-vous atypique qui réunit artistes et public lors d'une randonnée en haute montagne de part et d'autre de la frontière franco-espagnole, ponctuée de danse, de musique et de théâtre. En 2004, il crée le Didier Labbé Octet qui réunit des musiciens espagnols, portugais et français.

 

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mise à jour en octobre 2006


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Franck Lacy

Né le 9 Août 1958 à Houston (Texas), Frank Lacy part étudier au Berklee Collège of Music à Boston (Massachusetts) en 1979 où il étudiera notamment le trombone, la composition, l'arrangement, la musique de film. Il part en 1982 pour New York. Il fait ses premières armes aux cotés de Woody Shaw, Dave Liebman, Rufus Reid, Kirk Lighteisey. Il gagne en 1984 une récompense au Notre Dame Jazz Festival pour sa composition " Confrontation ". En 1986 il tourne et enregistre dans le monde entier aux cotés de Lester Bowie's Brass Fantasy, Dizzy Gillespi's Big Band, Abdullah Ibrahim and Ekaya, David Murray, The Eurythmics et bien d'autres encore... pour aboutir en 1988 en tant que Directeur musical des Art Blakey' Jazz Messengers. Il démarre sa carrière de leader en 1990 avec l'enregistrement de son premier album " Total Weights and blue Fire ". Frank Lacy est récompensé d'un Grammy Awars pour sa composition " Oh My Seh Yeh " qui figure sur l'album " Habana " de Roy Hargrove's Crisol (Verve 1997). Frank Lacy gagne quatre années consécutives le prix du trombone Talent Diserving Wider Recognition décerné par le magazine " Downbeat ". Étant aussi un étonnant vocaliste, il se fait engager en tant que tromboniste/vocaliste au sein du Mingus Big Band et fait la couverture de " Downbeat ", qui lui consacre une large interview en 1988, intitulé " Frank Lacy, le meilleur Sideman du jazz ". A partir de 2000 il tourne et enregistre l'album " Voodoo " avec la star du r&b D'Angelo, ainsi qu'avec la star du Rap Common, la Diva du Hip-hop Erykah Badu, une autre star du r&b Eric Benet, et Elvis Costello.

 

© Copyright Franck Lacy, 2005.
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Mike Ladd

Batterie

Mike Ladd est né à Boston et vit à New-York. Après la basse et la batterie, il s'initie au spoken-word et au hip hop. " La créativité débordante de Mike Ladd l'a hissé au rang des artistes imprévisibles. Tantôt hip hop avec des projets tels que Infesticons (Big Dada), tantôt expérimental avec ses projets solo, l'homme est devenu incontournable de par ses diverses collaborations dans le monde de la musique. Inclassable et novateur mais néanmoins accessible, Mike Ladd est parmi les artistes contemporains les plus intéressants en compagnie de Saul Williams et consorts. " Carrière universitaire foisonnante (maîtrise au collège Hampshire sur le thème des expatriés noirs au 19e siècle et un master en poésie à l'Université de Boston), il a publié dans de nombreux magazines littéraires, écrit de très nombreux livres & anthologies, et écrit et produit 9 albums. Plus récemment, Mike Ladd a été enseignant à l'Institut des Arts de Hollande et a travaillé avec le pianiste Vijay Iyer.

 

© Copyright Le 7 Lézards, 2007.
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Lenny Lafargue

Guitare, Voix

Depuis de nombreuses années, Lenny Lafargue suit son étoile sur la route du Blues.
Un parcours jalonné de rencontres, d’expériences riches.

Il vous dira qu’il ne pensait pas un jour partager la scène avec tous les plus grands noms du Blues : Memphis Slim, Jimmy Jonhson, Luther Allison, John Hammond, Eddy C.Campbell, Canned Heat, Marva Right Band , Otis Grant, Lurie Bell, Lasy Laster, Louisiana Reed, … lui qui, tout gamin et tout émerveillé, allait les écouter jouer.

A vingt ans, il est sollicité pour jouer aux côtés d’une icône : Memphis Slim.
Les concerts et les disques s’enchaînent alors sans jamais éteindre la flamme des débuts.
Récemment, en première partie de Lurie Bell, il était surpris qu’un tel bonheur de jouer l’anime toujours.
Soutenu par son groupe « Les Moustiques du Bayou », c’est vraiment sur scène que Lenny Lafargue se révèle à son public. Précurseur de la scène blues française, il construit ses textes en français et les pose sur les fondements de la culture blues, ce qui confère à ses chansons un caractère poétique envoûtant.
Une délectable ambiance sudiste, un style guitariste, un son, une personnalité, quelques reprises toujours en parfaite adéquation avec le répertoire.
En 2005 , Lenny Lafargue est nominé aux Trophées du Blues Européen dans la catégorie Album de l’année / Blues en français avec son quatrième disque « A qui parler ? ».

Son nouvel album « Intemporel » est disponible sur le label V.Music (Mai 2007).

 

© Copyright Le New Morning, 2007.
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Biréli Lagrène

Guitare

Biréli Lagrène est un "phénomène de la guitare" (dixit John Mc Laughlin). Révélé au début des années 80, l'enfant prodige a su passer avec brio le cap de la maturité, s'affirmant de jour en jour comme un musicien de plus en plus incontournable dans le monde de la guitare et dans celui du jazz, où il fait désormais figure de référence.
L'histoire commence en Alsace, au sein de la communauté manouche, où Biréli naît en 1966, d'une famille de musiciens. Initié très tôt par son père, puis par son frère, le tout jeune Biréli surprend par sa précocité. Plus d'un, et non des moindres, se retrouveront sous le charme. Ainsi de Matelot Ferré, compagnon de Django Reinhardt, que l'interprétation du jeune prodige impressionnera.

Django, c'est, durant ces années-là, "la grande affaire" de Biréli, qui copie note à note les chorus du maître. " Tout gamin… je remettais les disques sans cesse, jusqu'à ce que j'arrive à le refaire. Par la suite, j'ai compris qu'il valait mieux respecter les grands guitaristes que les imiter." Chez Biréli, la virtuosité ne va en effet jamais sans la fraîcheur de l'inspiration. C'est la grande leçon qu'il retient de Django, qui éclate au long de ses premiers albums. "Routes to Django", tout d'abord, qui sort en 1980, bientôt suivi de "Biréli Swing '81", puis de "Biréli Lagrène 15", trilogie en forme de "manifeste libre", selon l'étymologie même du mot "manouche" ("homme libre"). Aussi bien le jazz, pour Biréli, se confond-il avec cette liberté primordiale, " une liberté qui n'a pas de limites…". " Django m'a aidé à aller voir ce qui se passe ailleurs ", précise-t-il.


Si Biréli est d'abord un enfant de Django, si la fluidité d'un Wes Montgomery ou d'un George Benson n'ont pas manqué de le marquer, au passage, de leur empreinte indélébile, c'est à Jaco Pastorius et à Weather Report qu'il doit une grande partie de son émancipation musicale. À partir de 1986, celui qui s'est déjà frotté à des partenaires de la trempe de Stéphane Grappelli ou de Larry Coryell se lance "à corps perdu" dans l'aventure de la fusion, multipliant les expériences et les rencontres. Hésitant même un moment sur l'instrument à adopter (sous l'influence de Pastorius, Biréli est devenu un redoutable bassiste). C'est finalement la guitare qui le requiert définitivement, pour une période de recherche où il se forge un style éblouissant, tout en manifestant d'exceptionnelles facultés d'adaptation, soutenues par un talent d'improvisateur qui le place parmi les plus grands. On le retrouve donc aux côtés de John Mc Laughlin, de Paco de Lucia, d'Al Di Meola, de Jack Bruce et Ginger Baker, pour une re-formation de Cream, auprès de Stanley Clarke, Miroslav Vitous, Lenny White, Mike Stern… sans compter les deux albums live qu'il enregistre avec Pastorius lui-même.

Au détour des années 90, l'album "Acoustic Moments" constitue une belle synthèse de ce parcours, et comme une pause, avant la consécration du classicisme, que Biréli obtiendra en jouant les standards, avec un "Live in Marciac" (1994) salué par la critique. Cette entrée du guitariste sur le label Dreyfus Jazz coïncide avec une reconnaissance toujours plus large sur les scènes nationales et internationales. Django d'Or en 1993, Victoires de la Musique en 2001 pour "Front Page", un "power trio" formé avec Dominique Di Piazza et Dennis Chambers qui enregistre pour Universal, Victoires de la Musiques de nouveau en 2002, couronnant le succès et la popularité du "Gipsy Project".


L'art de Lagrène est passé au XXIe siècle avec un parfait naturel ; il a su unir la beauté fiévreuse d'une tradition, celle que symbolisent aujourd'hui ses deux fidèles accompagnateurs (le guitariste Hono Winterstein et le contrebassiste Diego Imbert) et que traduisit tout récemment encore l'album "Gipsy Project" et dont on connaît aujourd'hui le prolongement avec "Move", avec l'apport plutôt inattendu, en tout cas assez rare, d'un saxophone dans un tel univers. Toujours occupé à susciter de nouvelles expériences, à découvrir de nouveaux paysages, Biréli Lagrène a su garder à l'univers de Django toute sa fraîcheur poétique et il a également retenu de l'univers du maître la leçon du risque, de l'aventure, de l'expérimentation, sans jamais oublier l'amour du son.

Aujourd’hui, pour applaudir cette route sans fausses notes, le label Dreyfus Jazz édite un double album. Le premier album, “Djangology” a été enregistré avec le Big Band allemand de la WDR, formation avec laquelle Biréli Lagrène a brillé lors de la prestigieuse cérémonie de l’IAJE (International Association for Jazz Education), donné à New York en janvier 2006. Le second “Solo – To Bi Or Not To Bi ” est exclusivement composé de prestations solo, enregistrées live. Autant dire qu’on n’y entend que des moments intenses où l’improvisation est reine et la surprise à son paroxysme. Un double album exceptionnel pour marquer les 40 ans d’un des plus grands guitaristes actuels.

 

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Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, décembre 2007.


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Gene Lake

Batterie

Batteur de renommée mondiale qui a fait ses armes sur du funk et du jazz d’avant-garde, Gene Lake incarne les contradictions de la musique moderne. Il est passionné par les grandes icônes du funk des années 1970 et 1980 (comme Parliament/Funkadelic et The Time), et par le monde du jazz. Gene Lake a joué pendant près de 10 ans avec des artistes différents : du groupe de R&B Surface dans les années 1980 jusqu’à la « nouvelle vague » R&B des années 1990 représentée par Meshell N’degéOcello, Maxwell et D’Angelo ; des jazzmen innovateurs comme Steve Coleman et Henry Threadgill, jusqu’aux artistes « fusion » comme Joe Zawinul ou Marcus Miller, en passant par le jazz rap avec Opus Akoben…et aujourd’hui avec le groupe rock/funk/jazz fusion, le Screaming Headless Torsos de David « Fuze » Fiuczynski. Fils du saxophoniste Oliver Lake, Gene Lake est né à St-Louis en 1966. Après une brève résidence à Paris, il rejoint New York où il intègre la High School of Music and Arts, puis le Berklee College à Boston. Exposé dès sa très jeune enfance à des institutions créatives (tels les Black Artists Group), il est constamment intéressé par les aventures et les innovations musicales, même s’il reste attaché aux bases du funk. Gene souhaite se consacrer davantage à l’écriture d’une musique qui synthétise et transforme la musique qui l’a influencée. Il signe son premier album en 2000.

 

© Copyright Le New Morning, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, mars 2007.


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Niels Lan Doky

Piano

Niels Lan Doky est né le 3 octobre 1963 à Copenhague d'une mère danoise et d'un père vietnamien ou il grandit.
Sa première apparition sur la scène jazz fut en 1979 à l’age de 15 ans, soutenu par les légendes du jazz Ameriain : Thad Jones et Ernie Wilkins.

En 1981, Doky s’installe aux USA et intégra Berklee College Of Music à Boston où il a obtenu son diplôme en 1984 avec les félicitations du jury.

Puis il s’installa à New York, ou il démarra sa brillante carrière en jouant et en enregistrant avec de grands tels Joe Henderson, Clark Terry, Charlie Haden, Ray Brown, David Sanborn, Woody Shaw, Jack DeJohnette, Al Jarreau, John Scofield, the Brecker Brothers, Toots Thielemans et bien d’autres encore. Mais la carrière de Doky ne s’arrête pas la ; elle compte également de nombreuses tournées, festivals, plateaux télés, et radios, mais aussi moult récompenses.

Elle compte 18 albums comme interprète principal, et d’innombrables albums en tant que producteur ou interprète «auxiliaire ». Les enregistrements de Docky sont représentés sur les prestigieux labels que sont Blue note, Columbia, Verve et Milestone.

Niels Lan Doky a signé avec Haitek Haiku l'un de ses projets les plus personnels. En effet, le dernier enregistrement du pianiste trouve des influences parmi une multitude de musiques aussi diverses que le jazz, la pop, la musique électronique, le classique, la world musique …et trouve ses fondements dans la philosophie Zen et l'art de la poésie japonaise (Haiku).
Souhaitant que sa musique corresponde à un reflet de l'époque dans laquelle nous vivons, Niels Lan Doky développe ainsi à travers une dizaine de compositions originales un kaléidoscope sonore multiculturel. Pour cela il a confié la production à Gino Vanelli, lequel est aussi invité sur quelques titres à chanter, jouer et composer. On remarquera aussi la présence d'invités tels que François Moutin, Paul Vertigo, Xavier Desandre-Navarre, Pino Daniele, Janet Christal …

 

© Copyright Le New Morning, 2006.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, novembre 2006.


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LANAYA

Founemoussou Diabaté, Tambagué Diabaté,
François Perdriau, Grégory Brustier,
Grégoire Perdriau, Jean-Marc Marianni
, Sylvain Vast

Depuis 2001, deux frères musiciens de la région de Valence se rendent à Kita (Mali) pour travailler avec une famille de griots malinkés les musiques traditionnelles.
Ces intenses échanges motivent bientôt de nouveaux musiciens à prendre part à ces rencontres et l’idée de former un groupe voit naturellement le jour.
« Création, Échange et Confiance » sont les maîtres mots de LANAYA. Entre l’hiver 2004 et l’été 2005, une équipe complète se forme et tous les musiciens se retrouvent en janvier 2006 à Kita pour un mois de création, qui s’achèvera dans un studio bamakois avec l’enregistrement de la démo « Mande Trans ».
Pendant l’été 2006, Lanaya enchaîne deux résidences et une première série de concerts en Rhône-Alpes. Le groupe, affirmant un métissage musical novateur, a  reçu un accueil très enthousiaste du public.

« Le son cristallin et caractéristiques du djélin’goni (petit luth de griot), la virtuosité du djembé, une palette de couleurs et d’émotions soufflée par un trio, une rythmique au groove « afro », le tout laissant une large place à l’improvisation, autant d’éléments qui font de LANAYA un groupe de scène. »

Founemoussou Diabaté dite « La mère » est un peu le pilier du groupe et accompagne les huit musiciens. Cette charismatique chanteuse est déjà reconnue au Mali, avec son album « Lombaya » comme la future Handja Kouyaté. Inspirée par la tradition de Kita, berceau de la musique de griots (Djélimady Tounkara, Hélétigui Diabaté, Handja Kouyaté, Sidiki Diabaté...), elle interprète au sein de LANAYA des compositions personnelles ainsi que des créations communes plus atypiques. Les thèmes abordés en langue malinké évoquent les problèmes de société au Mali. (Le rôle de la femme, le sida, les problèmes de développement, la tradition..)
La majorité des arrangement sont signés Tambagué Diabaté (maître tambour diplômé de l’Etat malien) et Manu Domergue (Django d’or jeune talent 2006 a joué avec Ricardo del Fra, Charlie Haden...)

Site Internet :
http://association.lanaya.free.fr/

 

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Byard Lancaster

BYARD LANCASTER IN PARIS
24 octobre 2002, aux Sept Lézards
avec :
Gilles Marc DARDENNE, piano
Benjamin DUBOC, basse
Olivier RENNE, batterie.

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Lancaster/7 Lézards/Affiche


1.

Le couple de curieux s'est arrêté devant les affiches qui masquent un peu l'intérieur du club. Ils sont très parisiens. Le 24 et le 26, Byard Lancaster donne deux concerts exceptionnels.
" --- Qu'est-ce qu'ils jouent comme musique ? " pense la femme tout haut.
Je me tiens aussi devant les affiches.
" --- Du jazz. " Je m'attire un premier sourire vague. Je ne m'adressais qu'à elle, d'ailleurs. Mais elle n'a pas un sourire assez vrai à mon goût. Or, un vrai sourire - est plus beau que n'importe quelle jolie femme.
" --- Du
free jazz. " Encore ce sourire. Je me rends compte qu'ils m'ont sans doute à peine entendu. Ils sont très parisiens. Ils s'éloignent. Je me console en me disant que je n'y suis pour rien.

 

2.

" Free jazz ? I hope it is paid jazz ", dit avec un grand éclat de rire M. Lancaster qui veut bien discuter avec nous quand la salle s'est vidée. Grâces à mon anglais limité - c'est Gilles Dardenne qui m'explique le mot. Voilà comment un musicien traite l'étiquette qu'on lui colle ; voilà, pourquoi pas, un élément de réponse à ce vieux débat : pourquoi les musiciens free se sont toujours méfié de cette étiquette-là...

 

3.

Faute de mieux, pour l'heure, utilisons quand même l'expression pour le présenter : Byard Lancaster joue free. Mais, comme le remarque Benjamin Duboc, le bassiste, à la fin de la deuxième soirée, sa musique est complètement et naturellement " dedans ", la formation joue straight : enfin, Byard Lancaster ne joue pas out, comme on disait dans les années 60. C'est-à-dire qu'on peut rattacher cette musique au connu, il y a toujours un rythme reconnaissable, l'instrumentation d'ailleurs est classique : mais, justement, les musiciens nous emmènent ailleurs. Comment cela ?
Si je le savais... J'aimerais bien y réfléchir ici.

Je vous dois toute l'histoire, d'abord.
Byard Lancaster est né le 6 août 1942. C'est un musicien de Philadelphie et il est très attaché à sa ville. Ainsi, à la fin des années 70, il s'implique dans une maison de jazz qui s'appelle tout naturellement : Philly Jazz, au catalogue aussi précieux que rare : son propre album,
Exodus, qui est une de ses plus grandes réussites, un " objet " à la réalisation duquel il a apporté le plus grand soin, de la musique à la pochette, où il expose les principes d'une hygiène de vie " libératrice " ; un duo Khan Jamal-Bill Lewis ; Applecores, un album de la grande formation de Sunny Murray, Untouchable Factors ; un chef d'œuvre de Sun Ra, Lanquidity. Point, barre. (Merci de me signaler tout album qui m'aurait échappé.) Ces noms sont spécialement ceux qui reviennent à des moments clefs de sa vie musicale. Byard collabore toujours régulièrement avec Khan Jamal : il y a quelques mois à peine, épaulés par les fidèles Omar Hill et Dwight James, autres musiciens de renom autour de Philadelphie, ils ont tenté avec succès un cross-over entre free jazz et spoken word, qui est un genre de poésie/récitatif à mi-chemin des lectures de poésie (caractéristiques de la littérature américaine depuis les années 50) et le rap. Improvisation libre et improvisation vocale : ce mélange est une première, et nous avons tout lieu de souhaiter que l'expérience sera poussée plus avant (African Rhytm Tongues, Jambrio, 2002).

Byard Lancaster est à New York dès les premières années 60. Après de solides études (Shaw University, Berklee College of Music, Boston Conservatory), il participe aux premières manifestations du mouvement free, et devient l'un de ses actifs " propagateurs ", pour reprendre l'expression utilisée par Claude Delcloo pour le présenter au public français dans la série Actuel. On le trouve dans peu de disques, mais tous sont essentiels : c'est Sunny Murray qui lui fait enregistrer son premier album studio (Sunny Murray, ESP, 1966) ; suivent Burton Greene (Presenting Burton Greene, Columbia, 1966, pub. 68), Marzette Watts (Backdrops for urban revolution, ESP, 1966, pub. 1968), Larry Young (Heaven on earth, Blue Note, 1966, pub. 1969), Bill Dixon (Intents and Purposes, RCA, 1967), sans compter son premier album en leader, It's not up to us (Vortex-Atlantic, 1966, pub. 1968). Il faut ensuite attendre 1969 et un détour par Paris, où il rend de fréquentes visites à la " colonie " américaine, pour qu'il enregistre An even break avec Sunny Murray (BYG, 1969). Comme on le constate - aura sans doute joué contre sa notoriété la publication différée de ces disques...
Tous, à part le méconnu
Heaven on earth, qui l'associe, outre Larry Young, à George Benson, sont des disques de free de la tendance la plus " dure ", où il est le partenaire d'hommes devenus légendaires : Alan Silva, Henry Grimes, Clifford Thornton, Kenneth Terroade, Sonny Sharrock, Robin Kenyatta, Marc Levin. Parallèlement à cette activité en studio, il fait partie de l'Arkestra de Sun Ra, et, ce qui n'est surprenant qu'au premier regard, des groupes de scène de McCoy Tyner et Herbie Mann (aucun disque n'a malheureusement fixé sa musique dans leur sein...).

Au premier regard seulement : sur l'album de Larry Young, il s'adapte merveilleusement bien à une musique tournée vers le groove, mais avec un son plus épicé et plus reconnaissable que celui de ses compagnons (cf. les thèmes The Infant et The Hereafter : on n'a jamais mieux initié, à côté de toutes les conventions, un chorus.)
Mais, déjà chez Sunny Murray, de façon plus évidente encore chez Marzette Watts, la musique est de spontanéité, joue sur des ambiances et des sentiments qui inspirent une certaine angoisse - où, du moins, l'urgence de jouer se traduit par une violence exacerbée. Le thème, le tempo n'apparaissent plus qu'en pointillé, dans une voie du free-jazz que parachève le
Afternoon of a Georgia faun de Marion Brown (ECM, 1970). Alan Offstein, dans une critique pour Coda reproduite dans la réédition de Afternoon, a caractérisé fort justement les œuvres de cette lignée. Les sonorités, tour à tour abrasives ou douces, ne se soucient plus de plaire, ou, comme dans le bop, d'étonner l'auditeur par la virtuosité du musicien : c'est la fin du règne de l'idée, l'idée étant aussi bien la forme (les gammes, les accords, la structure) qu'une certaine vision qu'impose le musicien bop de sa musique (son plus ou moins de maîtrise de la forme en question) et qui implique qu'il y a une " bonne " et une " mauvaise " manière de jouer, reconnaître ce qui est " bon " et ce qui est " mauvais " déterminant la qualité de l'écoute de l'auditeur. Or, il s'agit de ne plus s'arroger le droit de juger d'une douteuse " compétence " de l'auditeur à apprécier la musique : il faut désormais le libérer du règne de l'idée toute-puissante et restrictive, " [the musician] does his part by [...] restraining himself from conditioningg in any way the observer's reaction ".
En revanche, et au contraire des albums précités, chez Bill Dixon, Byard Lancaster se plie à l'écriture rigoureuse de la figure tutélaire du mouvement free : le processus de libération initié par le free-jazz est aussi, on l'oublie trop souvent, esthétique. Le jazz découvre, avec Dixon ou Cecil Taylor, que la recherche de la beauté, plus que celle de la nouveauté, est un élément de la culture.

Dans ces disques, Byard Lancaster joue sur soprano, alto, ténor ; il joue aussi du piano, de la clarinette basse, et de tout un attirail de flûtes qu'il amplifie. Il attache beaucoup d'importance à l'amplification, au re-recording (à l'égard duquel les musiciens de jazz sont souvent réticents) qui lui permettent d'étendre son registre : il est pour cela exemplaire de ce multi-instrumentisme débridé introduit par le nouveau jazz - l'extension des possibilités d'un seul homme. Il déplorera beaucoup, lors de son concert parisien, de n'avoir pas disposé d'un micro ad hoc et de n'avoir pu jouer de flûte.

Bill Dixon, Marzette Watts, Larry Young ; trois aspects du jeu de Byard Lancaster : éclectisme free ! Revient alors la formule consacrée lorsqu'il faut évoquer Byard : " from the Sex Machine to the Love Supreme ". Ce soir l'affiche, sur la devanture, la reproduit ; le Dictionnaire du Jazz de MM. Carles, Clergeat et Comolli aussi. C'est Philippe Carles qui d'ailleurs a recueilli le tout premier ces mots de Byard Lancaster lui-même, dans une interview pour Jazz Mag (n° 221, avril 1974) : " Je dois jouer pour les gens et leur faire entendre l'éducation, les connaissances, le temps que j'ai investis dans ma musique. J'ai étudié Bach, Beethoven, Schönberg, Miles Davis, la musique indienne, John Coltrane, Sly and the Family Stone, James Brown, Ottis Redding... Il y a tout cela dans ma musique. Ce que je joue s'étend de Love Supreme à Sex Machine, de John Coltrane à James Brown. " On se rend compte alors que ces expériences d'apparences très diverses sont l'expression d'une réelle volonté artistique, celle que l'on n'a que trop déniée au free-jazz. It's not up to us, symbolique premier album en leader, est, aux dires de ses possesseurs (l'objet est une rareté signalée), l'ébauche d'un premier portrait total de l'artiste : avant-garde et standards se côtoient et, déjà, rien n'empêche de démonter les standards comme on démonte un réveil pour regarder les petites pièces, à l'intérieur, pour ensuite leur trouver un fonctionnement inédit ; rien n'interdit non plus de décréter que telle ou telle séquence d'accords non canonique est un thème, qui sera exécuté de la façon la plus classique qui soit, avec pont et chorus. It's not up to us, ce titre est aussi d'une portée tout autrement symbolique.

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Lancaster/JM221/Horace (photo)1
Lancaster/JM221/Horace (photo)2


4.

" Cela ne dépend pas de nous ", " Ce n'est pas notre tour ". La volonté artistique, forte, s'accompagne d'une prise de position qui est politique au sens que donnaient au mot les Grecs. Si l'étude attentive de l'histoire du peuple africain-américain nous surprend à bien des égards, c'est souvent en ce qu'elle retrouve une manière de penser la société qui est celle des civilisations jeunes mais déjà développées, comme ce pouvait être le cas en Grèce : dimension politique de l'existence humaine, attachement à la Communauté - tous réflexes de pensée qui ont disparu en Occident ; ce qui a favorisé l'esclavage des noirs, une communauté étant plus facile à mettre en coupe réglée que des individus. - La Communauté, c'est la valeur primordiale pour Byard Lancaster, le motif qui revient chaque fois qu'il s'exprime sur sa musique, ou mieux, qu'il s'exprime à travers sa musique. Quand, toujours dans le même interview, Philippe Carles l'interroge sur la solidarité qui règne entre les centaines de musiciens de Philadelphie : " Comment se fait-il que les musiciens bop par exemple, n'aient pas ressenti le besoin d'un tel travail collectif ? ", la réponse de Byard est sans appel :
" Ces musiciens ne s'entendaient les uns les autres qu'au travers de ce qu'ils jouaient. Ils soufflaient, sans analyser la situation politique qui détermine les possibilités et les conditions de travail, sans chercher à vivre comme des hommes informés. Car cela prend du temps d'apprendre à jouer d'un instrument, de retourner à l'école, de chercher d'autres musiciens pour s'entendre avec eux. Nous, nous ne nous contentons pas de souffler, nous essayons de retourner en arrière et de comprendre comment la musique mène le monde. Car le monde est dirigé par le rythme. Et l'Homme Noir est un maître du rythme. Notre produit, la musique de jazz, est vendu dans le monde entier et nous n'en contrôlons pas un pour cent. "
" [...] Ce n'est pas une musique de divertissement, c'est la musique de la connaissance de mon peuple, elle doit aller au peuple. Il y a aux États-Unis trente millions de gens pour qui je joue, et la plupart ne savent même pas ce que représente cette musique - tout comme beaucoup de gens aux États-Unis ne connaissent pas les lois du Congrès ou la Déclaration d'Indépendance. Ils ne savent rien de l'avant-garde, et pourtant c'est le rythme de mon peuple. Je suis heureux que d'autres peuples puissent l'écouter, en France, en Allemagne, à Londres, en Afrique. Cela me rend plus fort, plus lucide, mais l'essentiel de cette musique provient de chez nous, et c'est là que je me sens le mieux, là que je continuerai de me développer jusqu'à ce que quelqu'un prenne ma place. "

 

5.

Entre 1970 et 1974, il n'a quasiment pas l'occasion d'enregistrer. La période est difficile pour les musiciens qui ont participé à la " deuxième vague " du nouveau jazz (la génération qui enregistre les disques ESP, autour de 1965) : beaucoup disparaissent plus ou moins de l'actualité musicale comme Giuseppi Logan, Marzette Watts, Kenneth Terroade... Byard Lancaster retourne donc dans la communauté, à Philadelphie, où il monte les Sounds Of Liberation avec Khan Jamal. C'est un recentrage qui s'avère payant. Finalement, en France, il impressionne Jef Gilson au point que celui-ci organise son Paris Orchestra autour de lui, et lui laisse enregistrer une quinzaine d'albums (en l'espace de trois ans !) pour sa firme Palm. Us, en 1974, ou Funny Funky, en 1976, avec François Tusques et Steve McCall, sont représentatifs de sa musique à cette période : thèmes simples, qui peuvent atteindre un public plus large, voire dansantes, mais dont le traitement fait toujours la part belle à l'improvisation.
On remarque d'ailleurs que le son s'y fait plus dense que dans les productions des années 60 : Byard Lancaster a le goût des grands orchestres communautaires, " familiaux ", goût qui inscrit sa démarche dans celle des grands groupements free des années 70 comme l'
Arkestra de Sun Ra bien sûr, mais aussi l'association BAG de Saint-Louis - Black Artists Group - ou le Panafrican Peoples Orchestra d'Horace Tapscott en Californie. On peut souhaiter qu'apparaisse un jour une étude ou, mieux, une histoire de ces grands ensembles, dont sont sortis la plupart des talents du free jazz du milieu de la décennie : Arthur Blythe, Julius Hemphill, Oliver Lake, pour ne citer que les plus connus en France.

A New-York, sa carrière reste délibérément underground : il apparaît aux côtés de Sunny Murray dans une formation étendue, Untouchable Factor (Over the rainbow, recueilli dans Wildflowers, vol.1, Douglas, 1976, rééd. Knit Classics, 1996 ; il est ensuite soliste sur l'album Charred Earth, Kharma, 1977). Son engagement pour les artistes philadelphiens, dont il est un des grands porte-parole, est trop profond pour qu'il cautionne l'idée que le jazz " se fait " à New York, et New York uniquement.

A Philadelphie, il s'intéresse de plus en plus à l'idiome soul-funk, qui fait désormais partie intégrante de sa musique ; il participe même aux aventures du free-funk naissant dans la Decoding Society de Ronald Shannon Jackson (Eye on you, 1981), devenant ainsi l'un des passeurs vers le mouvement M'Boom en jouant avec Doug Hammond et Steve Coleman (Spaces, Add, 1982, rééd. DIW).
(Une compilation " d'époque " rassemble une dizaine d'expériences très variées captées en 1979 et qui illustrent toutes les facettes de son talent :
Documentation, the End of a Decade. Je la signale parce qu'elle est rééditée par le label Jambrio, et en ce moment régulièrement distribuée à Paris : on y retrouve Imperial Police, en duo avec Keno Speller, et A bird eye view of the world, avec le violoncelliste David Eyges, peut-être ses plus beaux thèmes et les plus farouches, témoins de ses aventures sonores les plus extrêmes, aussi bien qu'un funk violent, Rib Crib, avec un big band typique, tels qu'il en anime encore dans sa ville natale. Le son de ce CD est vraiment " limité ", mais, outre qu'il vous permettra de vous débarrasser de vos encombrants amis audiophiles - poussons-les vers le tombeau !-, je n'attirerai jamais assez votre attention sur le fait qu'aussi vite qu'ils sont réapparus, ces enregistrements disparaîtront pour un temps indéfini, voire infini, et que la probabilité de mettre la main sur un original est nulle. Voilà tant de bonnes raisons que j'en prêterais presque le flanc aux accusations de mauvaise foi.)

 

6.

Byard Lancaster a traversé ces mille aventures avec un son reconnaissable entre tous, dont la qualité première est, pour lui  plus que pour tout autre saxophoniste de la deuxième vague free, le lyrisme, - celui qu'il a hérité de John Coltrane, toujours violent, jamais agressif. Cette exploration sans fin des possibilités de la musique afro-américaine a connu de nouveaux développements dans les années 90. Il vient moins souvent en Europe -il ne se souvenait pas être passé à Paris depuis quinze ans !- et partage son activité entre Philadelphie et la Jamaïque, où il enseigne et où il participe à l'organisation d'un festival international depuis 1990. " Legends of the Bandstand ", annonce l'affiche de juin 2002 : Jimmy Smith, Randy Brecker, Wallace Roney, Donald Byrd... affiche de rêve. Il espère faire connaître ce rendez-vous en Europe. Ces années 90 auront donc été marquées par sa découverte de la musique et des rythmes de la Caraïbe - une découverte directe, là où beaucoup de musiciens se sont contenté de piller Sonny Rollins à qui l'on doit la première utilisation autre qu'anecdotique de ces richesses cachées (au public occidental). (Album Worlds, Gazell, 1993 : à se procurer de toutes façons pour une version définitive de My Favorite Things. Un coup d'œil sur les titres donne une idée des " mondes " dans lesquels vit Byard Lancaster : Coltrane, la Jamaïque, Horns of Philadelphia...). Ces recherches le font encore se tourner vers l'Afrique : il enregistre au Nigeria un album très coloré, qui, à l'encontre de tous les clichés qui accompagnent le musicien free (mais il est bien plus qu'un musicien free), déborde d'énergie positive (My Pure Joy, Black Fire, 1990-1992, pub. 1995).

Très récemment, on le voit encore se glisser avec facilité dans l'univers des musiques improvisées (le projet Mars 2 Earth, un collectif réuni pour l'occasion, où il s'associe à un percussionniste, un guitariste dans la droite ligne de l'école anglaise, et un joueur de... theremin ! - album Red Planet, Dreambox Media, 2001), de celles de la jeune génération afro-américaine (African Rhythm Tongues, déjà cité), ou livrer un album mystérieux dans la plus pure tradition de la musique des années ESP (The Byard Lancaster Trio, Soultrane, 1999 - disque sans pochette et sans indication de titres, que je tiens d'ailleurs de M. Lancaster lui-même !). Il possède aussi son propre label phonographique, Lancaster Recording, qui annonce pas moins d'une douzaine d'albums d'ici 2004... Il est question de tout cela sur son site Internet (<http://www.ooopz.com/byard/>), que je vous invite vivement à consulter.

Julien Palomo


NOTE
: Cet article ne mentionne que quelques exemples d'une production qui, participations comprises, atteindra bientôt la centaine d'enregistrements... et choisis selon un critère subjectif mais qui est malheureusement de mise lorsque l'on veut rendre compte de l'œuvre de ces musiciens : ce sont ceux que j'ai en ma possession ! N'hésitez pas à signaler à notre attention l'existence de tout autre album digne d'intérêt - ils doivent être nombreux.

(La seconde partie de cet article sera à proprement parler le compte-rendu du concert du 24/10/2002.)

 

© Copyright Julien Palomo, 2002.
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Chris Lancry

Guitare

Chris Lancry a été le premier musicien français à enregistrer un disque de blues traditionnel en 1971 : "Blues from over the border" (Barclay). Depuis, il fait partie de toute la mouvance du blues français et européen.

Son "show" acoustique a su convaincre un vaste public, en première partie d'artistes aussi exceptionnels que Rory Gallagher et Blind Gary Davis (Festival de Bilzen, Hollande), Stephen Stills (Festival de Leus, Belgique) ou John Mayall (Festival de Nyons, Suisse).

Ses compositions ont été reprises par ses amis Bill Deraime ("Cours, cours, cours" Babylone R.C.A.) ou Jean-Jacques Milteau ("Explorer"), vainqueur des Victoires de la Musique en 1991.

Sa passion pour la musique l'a amené jusqu'à New York, à la rencontre de ses maîtres comme John Hammond et Big Joe Williams, dans les clubs de Greenwich Village.

Aujourd'hui son style de guitare exceptionnel et sensible (qui donne l'impression d'entendre à la fois la basse et les percussions), son harmonica bluesy, la chaleur de sa voix et son feeling naturel lui permettent de donner une centaine de concerts par an. Son "Solo Blues" est un spectacle acoustique dans la lignée de John Hammond et Snooks Eaglin. Guitare en mains, harmonica en soutien, seul en scène, le chanteur occupe l'espace et l'on oublie vite son isolement, compositions en français et standards de blues se succédant.

Il se produit aussi dans une formule électrique avec le Blue Light.

Chris Lancry organise des "Blues Meeting" : deux ou trois jours de stages (avec la méthode originale de Chris Lancry) qui aboutiront à un concert en public, au cours duquel les stagiaires, sur scène avec lui, proposeront un spectacle autour du répertoire blues. 

 

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LANSLY

Daef
Daria

Quand le talent se met au service de la musique, quand la musique donne rendez-vous à la passion… C’est ainsi que l’on pourrait résumer l’histoire du groupe Lansly.

Dès leur plus jeune âge, Daef et Daria, deux amis de l’Ile de la Réunion, décident de monter un groupe de musique. D’abord orienté vers des inspirations rock, imprégnées du son des 70’s, le duo intègre peu à peu de nouvelles sonorités dans leur répertoire : percussions, flûte et… la voix comme instrument d’improvisation.

C’est déjà la musique qui rythme leur vie ; alors pourquoi ne pas faire de leur passion leur métier ? Daef et Daria deviennent Lansly, un groupe à part entière. Ils entreprennent alors de lancer eux-mêmes leur carrière.

Suite à l’obtention d’une bourse en 2001, le groupe quitte la Réunion pour la métropole afin d’étudier le jazz et les musiques du monde : une découverte qui va changer l’orientation musicale de leur répertoire.
Daria développe une technique de jeu personnelle en matière de percussion, tandis que Daef découvre de nouveaux instruments à cordes. Daria, surnommé « la batterie ethnique », allie puissance et richesse sonore, noue les accents subtils du tabla au timbre profond de la calebasse : une performance unique grâce à un une technique de jeu très personnelle, aussi surprenante à l’écoute qu’impressionnante visuellement.

Entre riff 70’s et groove afro, la guitare accompagne la voix très présente de
Daef, faisant naître une atmosphère intimiste. Ses improvisations vocales transportent le public vers un univers surréaliste : il fait de sa voix un instrument puissant et envoûtant.

Leur philosophie : faire de chaque représentation un instant unique en jouant leur carte secrète, l’improvisation. L’envoûtement opère : 2006 marque la sortie de leur premier album Achale ; les concerts et les festivals s’enchaînent partout en France. Le public est au rendez-vous et sous le charme : un talent indéniable, une ambiance intimiste… Que demander de plus ?

DISCOGRAPHIE
Achale, 2006

EN ÉCOUTE SUR
www.lansly.com

 

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Patrice Larose

Guitare, Composition

Guitariste virtuose, amoureux du son acoustique, mais aussi compositeur original et arrangeur brillant, Patrice Larose fait partie de ces hommes de l’ombre dont le talent protéiforme est à la mesure de la discrétion. Passionné de Flamenco (un de ses grands-pères est Espagnol), il crée dés 1990 un premier orchestre mêlant flamenco et jazz avant de multiplier les expériences dans les domaines les plus variés (de la salsa à la musique africaine, s’initiant notamment au M’balax Sénégalais en compagnie du griot Leîti M’Baye lors de son arrivée à Paris en 1997). Partenaire privilégié du chanteur brésilien Marcio Faraco depuis le tournant des années 2000, il participera en tant que guitariste et arrangeur à la confection de ses deux derniers albums chez Universal Jazz, avant de décider de voler de ses propres ailes. Cette collaboration avec Julia Sarr est son premier projet discographique véritablement personnel. 

 

© Copyright New Morning, 2007.
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Didier Lassere

Percusions

Né à bordeaux en 1971, il débute l’instrument à l'âge de seize ans, pour tenter de vivre "autre chose", vit à Paris depuis Avril 2005.
Après un apprentissage des rudiments dans l’école de musique du quartier, il travaille en autodidacte afin de trouver sa propre voie, à travers une réflexion sur le free-jazz, l’improvisation, et la vie en général.
Concerts, collaborations régulières ou ponctuelles en compagnie d'improvisateurs tels que les saxophonistes Daunik Lazro, Bertrand Denzler, Assif Tsahar, Archie Shepp, Sylvain Guérineau, Thomas Lachaize, Sébastien Capazza, Arnaud Sacase, Akosh.S, les clarinettistes Michel Etchécopar, Benjamin Bondonneau, le chanteur Beñat Achiary, le tromboniste Fabrice Charles, les contrebassistes Paul Rogers, David Chiésa, Barre Phillips, Benjamin Duboc, Nicolas Talbot, le guitariste Claude Saubole, le trompettiste Frank Charlton, l'accordéoniste Philippe de Eskura, le travail avec les bandes enregistrées de Jean Schwartz & Pierre Visler, les pianistes Frédéric Blondy, Ronnie Lynn Patterson, Jobic Le Masson, les batteurs Edward Perraud & Mathias Pontévia
Didier Lasserre travaille aussi avec :
- la peinture (Jean Rougier, maison des beaux-arts et Benjamin Bondonneau, atelier du caillou)
- la poésie (Serge Creppy, Ixtaro Borda, Barry Wallenstein, Steve Dalachinsky)
- la danse (Chrysogone Diangouaya, Pedro pPauwells, Anne-Marie Reynaud, Flora Théfaine, Wess Howard entres autres)
- le cinéma (Robert Breer, Brooklyn, les révolutions d’octobre) / le super 8 (Hélène Paulais)

Depuis octobre 2003, il intervient au sein du label Amor Fati, fondé par le contrebassiste Mathieu Immer.
On le savoure : en trio avec Jobic Le Masson et quartet avec Arnaud Sacase / projets printemps 2005 : en duo (& trio avec Duboc) avec le saxophoniste ténor & soprano, clarinettiste basse Tom Chant, membre du London Improvisers Orchestra de Londres / trio avec Sébastien Capazza & Steve Dalachinsky (poésie, new york) : tournée France / master-class (organisé par Asprojazz sur l'improvisation, avec concert du duo Lasserre-Bondonneau / rentrée 2005 : tournée en Russie (festival international de Moscou) & au Mali (Bamako) en duo avec Capazza / résidence à l'office artistique de la région aquitaine en novembre-décembre 2005, avec Bondonneau, Pontévia, Saubole, Lazro, Ly Than Tiên (poésie & actions), Achiary, Michel Donéda (saxophone soprano), Jérôme Noetinger (dispositif électro-acoustique), Chiésa & F.Charles.

" Equipement minimal (...) pour le percussionniste. Aucune esbroufe ici, mais sincérité, énergie concentrée et affamée de jouer. L’œil écoute, l’expression de Claudel ne peut manquer de venir à l’esprit quand on observe comment Didier Lasserre accompagne de tout son être, propulse, modèle, module l’onde sonore jusqu'à la limite où elle trouve son éloquence, si bien qu’on a la sensation d’entendre le mouvement. Le moindre frémissement de la cymbale ou des peaux acquiert alors la lisibilité qui élève l’art de Lasserre à la hauteur d’une authentique calligraphie du son."

Antoine Martin / Improjazz

 

© Copyright Charlotte de Jésus, Olympic Café, 2006.
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Sara Lazarus

Chant

En 1994, une jeune chanteuse américaine, Sara Lazarus, gagne le premier prix du concours international Thelonious Monk, après Joshua Redman et Jacky Terrasson. Le jury n’est pas des moindres, puisqu’il s’agit de Jon Hendricks, Shirley Horn, Cleo Laine, Abbey Lincoln, Dianne Reeves et Jimmy Scott. À l’occasion de la remise des prix, Sara participe à une jam session aux côtés de Herbie Hancock, Ron Carter, Grady Tate, Kenny Burrell, Jimmy Heath et Clark Terry.

Née le 1er avril dans un des plus petits états des États-Unis, le Delaware, Sara est passionnée très tôt par les comédies musicales, grâce auxquelles elle découvre les standards de jazz. Elle prend des cours de piano à 8 ans et puis commence le saxophone afin de jouer dans l’orchestre de son collège. À 16 ans, elle rentre dans l’American Youth Jazz Band en tant que saxophoniste ténor et chanteuse, et fait une tournée européenne avec ce groupe qui se termine au Festival de Jazz à Montreux.

De retour aux États-Unis, Sara Lazarus suit des études de littérature à Harvard University. Elle rentre dans le Harvard University Jazz Band et rencontre le ténor saxophoniste Illinois Jacquet qui l’invite à chanter avec son orchestre et l’encourage à poursuivre dans cette voie. En même temps, elle gagne le prix du meilleur soliste jazz vocal (niveau université) décerné par Downbeat magazine, principal journal de jazz américain.

Ayant terminé ses études, Sara décide de s’installer en France. Elle participe à de nombreux festivals européens comme Marciac, Crest Jazz Vocal, Montlouis, Braga et le JVC Paris Jazz Festival. Elle a eu l’occasion de chanter avec des musiciens tels que Alain Jean-Marie, Jacky Terrasson, Manuel Rocheman, Franck Ansallem, Riccardo de Fra, Gilles Naturel et Andréa Michelutti.

En Novembre 2000, elle chante dans le Jazz Ensemble de Patrice Caratini pour son projet autour de la musique de Cole Porter et participe à son disque « Anything Goes » (distribution Harmonia Mundi).

Dans la tradition des grandes chanteuses de jazz, Sara puise le réservoir des standards pour donner libre cours à sa spontanéité, sa tendresse et son swing.
En mars 2005, sort son premier album (Give Me A Simple Life) sur le label Dreyfus jazz. La presse et le public applaudissent ce disque. S’ensuit une tournée en France et en Europe, ainsi que des prestations marquantes dans les grands festivals de jazz.

Toujours enclin à faire revivre les standards de jazz, Sara Lazarus s’atèle à sortir un deuxième opus. Pour ce faire, elle s’entoure d’une nouvelle formation. Elle délaisse son précédent quartet au profit du Biréli Lagrène Gipsy Project. It’s All Right With Me sort en novembre 2006 sur le label Dreyfus Jazz.

 

© Copyright Le New Morning, 2006.
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François Lazarevitch

Cornemuse

Joueur de flûtes et de cornemuses, François LAZAREVITCH est un musicien « polyglotte » dont le répertoire s’étend du concerto le plus virtuose à l’air de danse le plus simple. Sa formation musicale s’est faite auprès de maîtres éminents de musique ancienne et de musique traditionnelle, et il est diplômé des conservatoires de Paris (CNR et CNSM), de Bruxelles, de Toulouse et de Versailles. En 2004, il a remporté le Premier Prix de trois concours de cornemuses à Paris et Saint-Chartier.

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Viktor Lazlo

Chant

DERNIER ALBUM :
VIKTOR LAZLO - « BEGIN THE BIGUINE » (Polydor - Universal)
Sorti le 28 mai 2007

Chanteuse ? Toujours
Actrice de temps en temps
Mystérieuse ? Assurément, et là réside son charme. Sans tout dévoiler cherchons à la découvrir...

Viktor Lazlo qui frôle l’idéal féminin est une femme de conviction et de parole(s). Elle choisit ce pseudonyme en référence à l’un des personnages de Casablanca (film de Michael Curtiz - 1942). Jamais loin des Antilles familiales, fidèle à “sa” Belgique d’adoption, elle qui aurait pu être l’une des reines de Paris à son heure de mannequin vedette (Ville qu’elle mis en lumière avec son Album “Loin de Paname” en 2002 composé de reprises éternelles) promène ses envies de lieu de vie, en lieu de culture. Le canoë rose a vingt ans et l’égérie de mode est ailleurs.

Elle, qui écrit sans cesse des nouvelles et des scénarii en devenir, avait en tête pour ce nouvel album de chanter les autres. Ceux qui l’ont entourés depuis toujours, ceux qui l’ont troublés, enchantés...
Loin d’un banal hommage, Viktor voulait faire passer ainsi ses émotions en convoquant Cole Porter, Billie Holiday « Begin the biguine », Tom Waits « Lowside of the road » dans un duo rauque avec Arno ou encore Shirley Horn dans « Je lève mon verre » adaptation du sublime « Here’s to life ».
Les auteurs sont venus rendre visite à cette voix affirmée et enchanteresse. François Bernheim, Jean Fauque (Alain Bashung), Christian Ouvrier. Les musiciens de jazz les plus connus ont participé, Mino Cinelu aux percussions, Marc Ducray ou Kevin Breit (Norah Jones) aux guitares. L’album a évolué et mélange l’idée première avec des compositions originales. Entre jazz - la patte de David Linx qui a réalisé l’album - et variété, l’équilibre est atteint.

Viktor Lazlo, avec sa vision du monde, nous offre son dixième album à la manière d’un concentré de toutes ses vies : riche, entier étonnant et à la fois familier. Aucun hasard dans “Begin the Biguine”, que des histoires fortes, qu’elles soient musicales ou humaines, Viktor Lazlo au delà du don de nous émouvoir, sait créer des ambiances à la fois confortables et intrigantes.

L’instant présent est sans doute la clé de ce disque qui s’est fait avec harmonie. Un album complet où l’émotion passe. En français comme en anglais, la voix de la très glamour Viktor Lazlo nous enveloppe et nous charme.

 

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Nguyen Le

Chant

Déjà le quatrième album chez Act Music pour le tandem Huong Thanh/Nguyên Lê. On a beau être presque familier maintenant de ce chant traditionnel à la langue extra-terrestre (le vietnamien), de cette voix déroutante aux inflexions irréelles - qui mêle chant et récitation avec une si grande expressivité, familier de cette fusion Est/Ouest si peu commune qui conjugue au futur composé, sans tyrannie, les traditions musicales des terres du Mékong, les harmonies du jazz contemporain et les rythmes du village planétaire. Mais c’est toujours une expérience sonore nouvelle.

Huong Thanh, née à Saïgon, exilée à Paris dans les années 80, nous rappelle l’existence d’un ailleurs qui scotche par sa différence. Son chant est si inhabituel (pour nous occidentaux) que certains le trouveraient trop « dépaysant » … les voyages ne font pas le bonheur de tous. Celui-là de voyage vaut, pour ceux qui ont l’âme vagabonde, son pesant d’or et son lot de sensations. Il mérite bien plus qu’un aller-retour éclair.

« Fragile Beauty » porte bien son nom. A quoi le titre se réfère t-il ? A la beauté fragile et éphémère de l’existence, thème cher aux bouddhistes, thème fécond dans la poésie et les pop songs du Vietnam dont les textes ici sont issus ? A la beauté fragile d’une voix plus maitrisée que jamais et des paysages sonores bizarroïdes dans lesquelles elle évolue ? Surement un peu des deux, qui sait. Avec cet album, Huong Thanh prouve qu’elle a su s’enrichir de cet ailleurs forcé, elle assume ses choix et s’affirme comme interprète.

Pour Nguyên Lê, le sorcier de Barbès, l’enfant du rock post–hendrixien et du jazz le plus libre, ce disque (dont il est producteur, arrangeur, réalisateur, interprète), c’est le prolongement «d’une quête extramusicale». La confirmation d’un retour aux sources tardif, qui a du sens. Le franco-vietnamien a imaginé un nouveau décor autour de la voix dominante de son amie et de ses guitares à lui. Un décor plus épuré, plus dépouillé qu’avant, même si le casting est toujours aussi international (Renaud Garcia-Fons, Stéphane Guillaume, Etienne Mbappé, Paolo Fresu), et même si les associations de timbres insensées qu’il propose font encore le grand huit côté sonorités - ici un koto japonais et un saxophone soprano, un sampler, là un dan nguyêt (luth vietnamien en forme de lune), une flûte ancienne, un synthétiseur et un balafon vietnamien en bambou nommé Trung pour lequel Nguyên Lê a écrit des parties qui seraient plutôt inspirées par l'Afrique. « Une des idées directrices était justement d'utiliser les instruments asiatiques pour les faire sonner autrement, les faire rejoindre une autre tradition, celle de l'Afrique qui m'inspire toujours beaucoup depuis Ultramarine. Le koto est également souvent traité comme une kora, mais avec de nouvelles inflexions».

La formule du tandem, malgré cet imposant dispositif, s’est réduite. Recentrée. Moins dispersée, moins composite, moins gourmande de métissages. Comme pour revenir à une sorte de fusion originelle apaisée et apaisante. A un groove plus contemplatif.

Entre chansons populaires vietnamiennes, berceuses anciennes, thèmes sacrés et compositions originales, les douze titres de « Fragile Beauty » ont le même mood. Malgré leur diversité de couleurs et de sujets, ils racontent la même histoire : celle des enfants de la diaspora qui, par la force des choses, s’inventent une identité bien à eux. L’histoire de Huong Thanh et de Nguyên Lê nous parle, même si l’on n’en comprend pas les mots. Leur musique hybride, à double sens, nous fait voyager et épanche notre soif d’inconnu, pour peu que l’on sache lâcher prise.

« Fragile Beauty » porte bien son nom, oui. Mais pas tout à fait non plus. Au-delà de cette beauté sereine et exotique, derrière cette vulnérable carapace, on sent une vraie assurance, une fermeté de ton, comme une tension entre les lignes ondoyantes. On y entend aussi comme l’expression d’un message, très personnel.

Jonathan Duclos-Arkilovitch

 

© Copyright Le New Morning, 2008.
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The Leaders

Chico FREEMAN
Bobby WATSON
Eddie HENDERSON
Fred HARRIS
Cecil McBEE
Billie HART

The Leaders s’inscrit dans les pages de l’histoire du jazz. Avec Arthur Blythe au saxophone alto, Chico Freeman au saxophone et Cecil McBee à la batterie, le groupe a marqué un coup de maître. Aujourd’hui, une vingtaine d’années plus tard, The Leaders est de retour. Chico Freeman et Cecil McBee reforment ce groupe culte et livrent leur nouvel “Esprit libre”. Ils sont accompagnés par des solistes de taille : Bobby Watson, Eddie Henderson, Frederick Harris et Billy Hart. Ce retour inouï rend hommage à l’extraordinaire talent de Lester Bowie. Ceux qui désirent retrouver une émotion free ne peuvent pas manquer une telle soirée de légende !

Ce groupe a vu le jour en 1985 à New York, à l’initiative du trompettiste Lester Bowie. Ce projet naît dans la mouvance des grands ensembles de jazz moderne fondés à cette époque (comme l’Art Ensemble Of Chicago ou l’Association For The Advancment Of Creative Musicians). Il sera composé des meilleurs jazzmen révolutionnaires, du saxophoniste et flûtiste Chico Feeman au saxophoniste Bobby Watson, sans oublier le trompettiste Eddie Henderson. The Leaders revient donc vingt ans après, avec un album, « Spirits Alike », mais sans Lester Bowie décédé en 1999. Un hommage devrait lui être rendu.


The LEADERS are back ! They created a big stir in the 80s and 90s: The all-star band “The Leaders”. Releases on various labels (Black Hawk, Black Saint and Sunnyside) and international tours gained the band worldwide recognition. The bands members were none less than Arthur Blythe, Lester Bowie, Chico Freeman, Famoudou Don Moye, Cecil McBee and Kirk Lightsey. Now the group has been revived. The initiators were Chico Freeman and Cecil McBee, who remembered the “good old times” and had the great idea to create an ensemble composed of experienced “leaders again. Unfortunately, a few of the original members are no longer available. Lester Bowie has died in the meantime, Arthur Blythe could not participate for health reasons, etc. Consequently, an ensemble was formed around the core of the two legends McBee and Freeman, which is composed of experienced musicians who are big names in jazz on one hand, and on the other hand have often been on stage or in a studio together – blind trust was to be the basis. A trumpeter was quickly found with Eddie Henderson, who fit perfectly into the concept, and Bobby Watson was also enthusiastic about the project from the start. The fact that Billie Hart was involved was almost self-evident, since he has been friends with all of them for a long time. Only the pianist Fred Harris is perhaps not so well known (yet), even though he knows the other musicians of the band from joint performances and CD projects. It finally happened in the summer 2006. Compositions were shared and worked out together in extended sessions and then a new CD was recorded during two days at Twinz Studios in New Jersey. The air was electric in the studio from the first note; the leaders interacted flawlessly and each individual was part of an ambience bursting with the joy of playing and creativity. Technical tricks or game-playing were superfluous with so much concentrated professionalism, and the first take was usually already the perfect take. It was immediately clear, since all were highly motivated, that only a CD recording would not suffice; a tour together was required. Consequently, plans for 2007 are already in an advanced stage, and the CD will be presented in various clubs and at festivals worldwide next year. 


Bobby Watson (*1953) – as: He began is career with Art Blakey’s Jazz Messengers in the 70s and was even soon the musical director of the band. He later played with Wynton Marsalis, Louie Hayes, George Coleman and many others before he founded his 29th Street Saxophone Quartet and later the band “Horizon”. Numerous records at Columbia, Enja and Blue Note, among others, are proof of his importance as more of the most outstanding alto players in jazz.


Eddie Henderson (*1940) – tp: Miles Davis is Henderson’s great model, but he has developed his own sound even though you can hear touches of Davis in Henderson’s playing time and again. At the end the 60s, he made a reputation for himself in Herbie Hancock’s Sextet, and his joint performances and recordings with Joe Henderson, Charles Earland, John Handy and Art Blakey are well known by all jazz aficionados. His current solo project (with Billie Hart on drums and others) was released in 2006 and received good reviews in the press.


Fred Harris (*1970) – p: The “youngster” of the band is from San Francisco. He has already earned a good reputation in the West Coast scene and is on the way to the very top. He has mastery not only of modern jazz forms, but also has training in classical music and is often a guest in rock bands. His playing is powerful but sensitive, and you often hear his affinity with Oscar Peterson. In addition, he also contributed a few beautiful compositions and arrangements, which immediately earned him the respect of his older colleagues. He friendly and humorous disposition opened the hearts of all to him.


Cecil McBee (*1935) – b: He is certainly one of the most skilled and esteemed bass players of jazz, the undisputed “crowning glory” of the band. McBee’s experience goes back to the 50s when he had his first notable performances with Dinah Washington. He has played with almost all illustrious names of jazz since that time: Wayne Shorter, Keith Jarrett, Pharoah Sanders, Sam Rivers and Andrew Hill just to name a few. The still very agile bassist is very much in demand with his soulful mode of playing till today, and he can often be heard on his own CDs.


Billy Hart (*1940) – d: Unbelievably versatile and flexible with the timing of Swiss clockworks are qualities, which made the drummer the first choice of musicians such as Herbie Hancock, Shirley Horn, Stan Getz, McCoy Tyner and many others from the start. Consequently, he is one of the busiest drummers in New York, but he still always finds times for his own projects (a new album was released under his name in 2006) – and of course for the Leaders!

 

© Copyright Le New Morning, 2007.
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Brad Lealy

Saxo

Né à Denver (USA), il apprend le saxophone à l’école et fait ses premières armes dans des orchestres locaux. Son diplôme en poche, il intègre l’orchestre de HARYY CONNICK JR et en devient le directeur musical 5 mois plus tard ! Il s’installe à New-York et, après une tournée avec Harry Connick Jr, il est engagé comme soliste dans le COUNT BASIE ORCHESTRA sous la direction de GROVER MITCHELL. En 1999, l ‘orchestre gagne un Grammy Award avec leur CD « Count plays Duke » et Brad est nommé pour un Grammy pour son solo dans le morceaux « The Star-Crossed Lover’s ». Musicien international, Brad a joué avec les plus grands : Freddie Hubbard, Clark Terry, Joe Williams, Jimmy Cobb, Nancy Wilson, Frank Foster, Jon Hendricks, Roy Hargrove, The Mingus Big Band, Jack McDuff, George Duke, Dr. Lonnie Smith, Jimmy Smith, Melvin Rhyne et bien d’autres.

© Copyright Le Caveau de la Huchette, 2006.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, août 2006.


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Virgile Lefebvre

Saxo

Né le 23 Septembre 1977 à Clamart (Région Parisienne). Après avoir été initié aux différentes formes d'écritures et d'improvisation du Jazz à l'Edim (Ecole de Jazz et musiques improvisées), Virgile Lefebvre suit des études de musicologie à l'Université Paris 8 (Saint-Denis), et parallèlement, étudie le saxophone au conservatoire du 9eme arrondissement de Paris . Très vite attiré par la composition et l'arrangement, il participe à plusieurs formations de jazz.

 

© Copyright Le 7 Lézards, 2007.
Page maintained by Christian Boullangier, Jazz-Passion, juillet 2007.


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Éric Legnini

Piano

La jolie « Miss Soul » a trouvé son grand frère : « Big Boogaloo » ! L’air de parenté est évident, les origines sont communes et leur auteur, Éric Legnini, n’a pas trahi sa famille. Fidèle à ce jazz qu’il aime généreux et gourmand, le plus français des pianistes belges qu’on prend souvent pour un Italien revient avec un album aussi séduisant que le premier, nourri aux mêmes sources, creusant le sillon – en anglais : le groove ! – d’une musique qui ne craint pas de se faire plaisir sans pour autant manquer ni de dextérité, ni d’émotion.

Après des années à servir les autres, notamment Stefano Di Battista avec lequel il s’est fait connaître, Eric Legnini cultive enfin son propre jardin. Il y fait pousser les musiques qui parlent à son oreille et correspondent à son tempérament. Fidèle aussi aux instrumentistes qui l’ont accompagné dans l’élaboration de « Miss Soul », il accueille, pour ce second album, deux solistes aux fortes personnalités qui, côte à côte sur l’explosif Big Boogaloo ou séparément sur d’autres titres, contribuent à élargir le spectre de son répertoire. Figure de Label Bleu, le saxophoniste Julien Lourau trouve à merveille à se glisser dans un registre sur lequel on n’est pas habitué à l’entendre. Amené à le côtoyer de près lorsqu’il a remplacé son confrère Bojan Z en quelques occasions dans son « Fire & Forget », Legnini, en effet, habitué à penser les castings d’albums en tant que « réalisateur artistique », a eu dans l’idée de déplacer le saxophoniste, ténor en main, dans un contexte où il fait des étincelles. Bien lui en a pris : grâce à lui, on découvre à Julien Lourau des parentés inattendues aussi bien avec Junior Cook, ténor fétiche de Horace Silver, qu’avec Dewey Redman, inclassable sax du Texas à la sonorité rugueuse qui fit un bout de route auprès de Keith Jarrett et Don Cherry. L’autre soliste à apporter une chaleur toute cuivrée à ce « Big Boogaloo », Stéphane Belmondo, est un compagnon de longue date du pianiste. Partenaire sur scène depuis plus de dix ans, il est ce Soul Brother qui parle le même langage, un frère d’âme qui partage plus que de la musique. Trompettiste idéal pour retrouver l’esprit des séances hard bop, il a signé, en outre, en 2005, avec l’album « Wonderland » (B Flat Recordings), un hommage à l’art de compositeur de Stevie Wonder qui n’aurait pas été le même sans l’apport décisif d’Eric Legnini, tant comme soliste qu’en fin connaisseur de la Soul Music. Leur version langoureuse de Where Is the Love inspirée du duo entre Donny Hathaway et Roberta Flack est tirée de la même veine.

Alors que tant de pianistes lassent à force de narcissisme et de préciosité, la musique d’Eric Legnini est directe, vive, sensuelle et rayonnante. Irrésistiblement entraînante aussi, grâce à la batterie de Franck Agulhon qui trouve toujours le bon groove, et à deux contrebassistes aux qualités différentes qui alternent dans son trio : un Rosario Bonaccorso, inébranlable à la Ray Brown auprès d’Oscar Peterson, véritable pilier de la section rythmique dont l’assurance permet aux solistes d’avancer les yeux fermés ; un Mathias Allamane, plus jeune, grandi sous l’influence de Larry Grenadier, contrebassiste de Brad Mehldau, qui apporte pour les titres joués par le trio seul une musicalité différente, plus lyrique. Portées par le swing, habitées par l’exigence de la concision, emmenées avec un toucher qui fait naturellement sonner le piano, les compositions d’Eric Legnini, qui constituent l’essentiel de son disque, restent fidèles aux valeurs fondamentales du jazz et illustrent son amour pour la musique afro-américaine dans l’étendue de sa diversité.

Car on l’oublie trop souvent mais les termes de soul, de funk, ou encore de R’n’B, avant de distinguer des genres musicaux à part entière, ont d’abord servi à désigner des courants du jazz, sur son versant noir, et notamment ceux qui gardaient les pieds bien plantés dans le sol fertile du blues, le corps chevillé à la danse, et l’âme sous l’influence du Good Book. Tel le hard bop tendance funky des frères Adderley ou de Horace Silver, le rhythm’n’blues des organistes disciples de Jimmy Smith, le soul jazz entretenu chez Blue Note par des Stanley Turrentine et des Donald Byrd ou les tubes groovy de Herbie Hancock façon Watermelon Man… ce jazz qui gardait des attaches fortes avec ses origines, au son délibérément roots, parlaient à ceux qui découvraient à la même époque Marvin Gaye, Curtis Mayfield, James Brown ou encore Ray Charles et Aretha Franklin. Il reste cher à Eric Legnini dont la discothèque accueille sans distinction les classiques de la soul comme les géants du jazz moderne. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une oreille très avisée sur des pianistes plus récents, ni de suivre attentivement les petits-enfants des Soul Brothers des sixties qui, dans le hip-hop, perpétuent, par le biais des samplers, le son de toute une époque : le breakbeat joué à la batterie sur lequel démarre Funky Dilla, titre inaugural de son album, est un coup de chapeau au producteur de rap J Dilla (aka Jay Dee), récemment disparu qui œuvra auprès de Common et A Tribe Called Quest. En outre, « Big Boogaloo », comme le titre l’annonce, se plaît à faire revivre un rythme typique des années 1960, à la croisée du rhythm’n’blues et du mambo inventé par de jeunes musiciens portoricains soucieux de faire danser le public noir. Transposé à l’époque par des jazzmen comme Lee Morgan ou Lou Donaldson, il est remis au goût du jour par Eric Legnini avec un bonheur très sûr grâce à Franck Agulhon qui fait tourner ces rythmes avec une aisance jouissive.


Dans le très remarqué « Miss Soul », Eric Legnini rendait un hommage en filigrane au méconnu Phineas Newborn. C’est encore lui qui se trouve derrière Relection, un thème signé par Ray Bryant, l’un de ces petits maîtres du clavier qu’il affectionne, chez qui l’héritage du be-bop est imprégné d’esprit gospel et mâtiné d’expressivité bluesy. Cependant, c’est une autre figure négligée qu’Eric Legnini a tenu à saluer au fil de ce second album : le pianiste et chanteur Les McCann (né en 1935) qui, en son temps, fut le plus emblématique des prophètes du soul-jazz. Auteur d’un monument du genre, « Swiss Movement », enregistré en 1968 au festival de Montreux, en compagnie du saxophoniste Eddie Harris, pour le label Atlantic, il a conquis le monde grâce au tellurique Compared to What et à l’explosif Cold Duck Time à faire vibrer les murs. Ainsi, c’est à Les McCann qu’est repris l’irrésistible The Preacher qui clôt cet album mais aussi la chanson Goin’ Out of My Head, tube en vogue que le pianiste du Kentucky avait enregistré en 1967 en trio dans un club de Washington. C’est à lui encore qu’est dédié Honky Cookie, d’inspiration franchement gospel bâti en question-réponse, sorte de miniature swinguante comme Eric Legnini les affectionne, directe et sans détour (en moins de trois minutes, tout est dit !). Cependant, Les McCann n’est que le plus emblématique d’une cohorte de pianistes dont Eric Legnini ranime l’héritage, car il sait que ses influences sont loin de se limiter à eux, comme en témoigne son interprétation en solo de Smoke Gets in Your Eyes, grand standard qui révèle un penchant d’improvisateur qui doit aussi à Bill Evans et Keith Jarrett. Car s’il est une unité de l’art d’Eric Legnini, à l’image de son poétique Trastevere inspiré du quartier romain du même nom, c’est dans son attachement quasi-latin à la mélodie et à la chanson, qu’il faut la rechercher. Loin de s’enfermer dans l’univers de ceux qui l’ont inspiré – on appréciera à cet égard les couleurs pop de Nightfall – Eric Legnini jouit d’une force tranquille qui lui permet de redonner une actualité à tout un pan de la mémoire du jazz avec jubilation et de faire chanter avec faconde et just