La Ré-invention permanente du Bonheur
Voici le
programme de la 17ème édition de Sons d’hiver. Derrière
ces quelques pages se cachent les
rêves d’un festival à venir, de musiques à aimer. Un
seul désir guide les intentions de ce programme,
il peut sembler prométhéen à certains, irréaliste à d’autres.
Ce désir tient pourtant à la
dimension profondément humaine de l’art musical : être
un choc émotionnel enthousiasmant, inoubliable
et bouleversant. Pour tenter ce pari, Sons d’hiver vous
invite parmi des chemins multiples
et aventureux.
Le premier
mène à Chicago. Mémoire vivante de la musique
afro-américaine, unanimement respecté
par ses pairs, Fred Anderson ouvre le festival avec
son Velvet Trio. Il précédera les Chicago
12 d’Ernest Dawkins et le dernier volet de leur
trilogie consacrée aux mouvements des droits
civiques. Cette ouverture flamboyante à l’esprit Great
Black Music ne pouvait qu’entraîner la première
venue en Europe du grand orchestre de l’AACM : le Great
Black Ensemble.
De New-York
répondront d’autres accents de musiques vivantes, free et
tonique avec cette septième invitation
donnée au Vision festival : dramaturgie lyrique du
trio Jordan/Parker/Graves et humour dynamique
de Cooper-Moore. L’ensemble de ces concerts est
inédit en France et est la preuve que le
jazz, le free jazz, sont des musiques dotées d’une longue
histoire en pleine créativité.
Autre chemin
musical, les soirées jazz-impro-hip-hop apportent des
espaces nouveaux au rap et au
jazz. Brother Ali, le rappeur au flow voluptueux de
Minnéapolis et la rencontre Chuck D et
Archie Shepp à laquelle sont conviés deux des
meilleurs rappeurs hexagonaux, en sont un exemple
parfait. Steve Coleman et Opus Akoben vont
révéler quant à eux des constructions rythmiques
innovantes et envoûtantes alors que les audaces de Burnt
Sugar et Greg Tate provoquent
des déflagrations surprises et improvisées dans la lignée
des "conductions" de Butch Morris.
Les musiques d’aujourd’hui deviennent alors un
territoire d’imagination sans fin.
C’est ce
que nous montre la diversité sophistiquée des
improvisateurs européens Pool Players, Les
Temps Changent d’Hélène
Labarrière, Rockingchair. Une improvisation qui
bascule au plus profond
de l’extravagance poétique car "L’art du
Duo" de Bernard Lubat, la rencontre Kassap/Bonnaffé,
le Cabaret des Musiques à ouïr pratiquent une sorte
de rapport dadaïste au spectacle
musical où le ludique devient l’écrin de l’expression
libre. Ce baroque underground à la
française répond en parfait écho à d’autres extrêmes
sonores : celles des soirées rock du festival.
Pere Ubu,
ce groupe lui aussi dadaïste, se délecte de la beauté de
l’irrespect et provoque un bien-être
décapant. De quoi libérer une voie propice à l’énergie
des improvisations débridées de Dirty
Three et au mythique groupe free-noise Massacre.
Ces trois concerts intenses contrasteront avec
les échappées poétiques si sensibles de Joe Henry.
La programmation de Sons d’hiver évolue donc
durant ces trois semaines dans les univers multiples des
musiques d’aujourd’hui.
Ces musiques
ont toutes la particularité de nous révéler notre
sensible contemporain. Elles
sonnent comme un esprit irrésistiblement libre. Et dans un
monde d’affairisme arrogant, de racisme
banalisé et de catastrophes écologiques annoncées, elles
sont un désir permanent de ré-invention
du bonheur. La musique est une fête. Comme celle des
soirées flamenca ou brésilienne.
Une fête
en final du festival avec la venue de la Black Rock
Coalition qui célèbrera son
Salute to James Brown.
Fabien
Barontini,
Directeur de Sons d'hiver
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20h30
: Grange
Galliéni
Cachan
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20h30
: centre
culturel
George Pompidou
Vincennes
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20h30
: Maison
des Arts
André Malraux,
Créteil
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20h30
: Maison
des Arts
André Malraux,
Créteil
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20h30
: Maison
des Arts
André Malraux,
Créteil
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Sommaire
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Le
Théâtre-Studio
18 r. Marcelin Berthelot
94140 Alfortville
M° École Vétérinaire
Tél :
01 43 76 86 56
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Espace
Jean Vilar
1 r. Paul Signac
94110 Arcueil
RER B Arcueil-Cachan
Tél :
01 46 15 09 93
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Salle Gérard
Philippe
2 av. Pablo Neruda
94380 Bonneuil-sur-Marne
M° Créteil-Préfecture
puis Bus 308 ou 117
Mairie de Bonneuil
ou RER A Sucy-Bonneuil
puis Bus 308 Mairie de Bonneuil
Tél :
01 45 13 88 24
|
Grange
Galliéni
2 rue Galliéni
94230 Cachan
RER B Arcueil-Cachan
Tél :
01 49 69 17 90
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Théâtre
21 av. Louis Georgeon
94230 Cachan
RER B Arcueil-Cachan
Tél :
01 45 47 72 41
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Théâtre
Paul Eluard
4 av. de Villeneuve Saint-Georges
94600 Choisy-le-Roi
RER C Choisy-le-Roi
Tél :
01 48 90 89 79
|
La
Maison des Arts André Malraux
Place Allende
94000 Créteil
M° Créteil - Préfecture
Tél :
01 45 13 19 19
|
Salle
Jacques Brel
164 bd Galliéni
94120 Fontenay-sous-Bois
RER A Val-de-Fontenay
Tél :
01 49 74 79 10
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Théâtre
Antoine Vitez
1 rue Simon Dereure
94200 Ivry-sur-Seine
M° Mairie d'Ivry
Tél :
01 46 70 21 55
|
Espace
André Malraux
2 place Victor Hugo
94270 Le Kremlin Bicêtre
M° Le Kremlin Bicêtre
Tél :
01 49 60 69 42
|
Église
Notre-Dame
84 av. du Général de Gaulle
94160 Saint-Mandé
M° Saint-Mandé Tourelle
Tél :
01 49 57 78 90
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Théâtre
Romain Rolland
18 rue Eugène Varlin
94800 Villejuif
M° Villejuif - Paul Vaillant Couturier
Tél :
01 49 58 17 00
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Centre
Culturel George Pompidou
142 rue de Fontenay
94300 Vincennes
M° Château de Vincennes
Tél :
01 53 66 16 70
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Théâtre
Jean Vilar
1 place Jean Vilar
94400 Vitry-sur-Seine
M° Porte de Choisy
Tél :
01 55 53 10 60
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Index
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Hamid
DRAKE/Harrison BANKHEAD/Fred ANDERSON
"The VELVET
Trio"
Fred ANDERSON saxophones /
Harrisson BANKHEAD contrebasse / Hamid DRAKE batterie
Fred Anderson est longtemps demeuré l’un des secrets les plus précieusement gardés de la
riche scène chicagoane. Il aura fallu attendre l’émergence au milieu des années 90 du
saxophoniste Ken Vandermark et de toute cette nébuleuse de jeunes musiciens bien décidés à
renouer les liens distendus entre styles et générations, pour qu’on s’avise en Europe de ce
très grand saxophoniste, partenaire dès l’origine des activistes de l’AACM. Fred Anderson a
élaboré dans l’ombre une oeuvre éminemment personnelle, radicalement ancrée dans le
blues, marquée aussi bien par la profonde spiritualité de la geste coltranienne que par les
thèses syncrétiques de la Great Black Music.
Célébré désormais comme une légende vivante, Fred Anderson, 78 ans cette année, n’a plus
grand-chose à prouver. Le saxophoniste fait partie de ces musiciens pour qui jouer et vivre ne
sont qu’une seule et même chose, et jamais sa musique n’a semblé plus neuve et inventive
qu’aujourd’hui. Styliste d’exception, Fred Anderson fait naturellement le lien entre les grands
classiques du saxophone ténor (Lester Young, Coleman Hawkins) dont l’intelligence aiguë du
swing continue de l’influencer en profondeur, et les hérétiques flamboyants de la modernité,
modèles insurpassables en matière d’engagement émotionnel et d’émancipation créatrice.
Fred Anderson incarne désormais une certaine continuité esthétique, politique et poétique
entre les différentes époques et courants du jazz afro-américain qu’il aura traversés au cours
de sa longue carrière.
Créé avec Hamid Drake et Harrison Bankhead, le Velvet Trio est à ce titre parfaitement
représentatif de cette façon singulière qu’a Fred Anderson de s'inscrire à la fois dans le
présent le plus immédiat de la musique noire et dans une sorte de dialogue à distance avec
les maîtres de l’histoire du jazz. Confortablement installé au
cœur pulsatif d’une rythmique
menée par le drive inimitable de Hamid Drake, riche de toutes les traditions de la batterie
post bop (d’Elvin Jones à Milford Graves), Fred Anderson revisite cinquante ans de trio
saxophone-basse-batterie et en une musique tour à tour abstraite et mélodique, toujours
profondément lyrique et méditative, marque définitivement le genre de son empreinte
inimitable.
Le groupe s'est baptisé
"TheVelvet Trio" en hommage au Velvet Lounge, le légendaire club de
jazz de Chicago. Bar de quartier, le Velvet Lounge fut transformé peu à peu par le
saxophoniste Fred Anderson en club de jazz à la fin des années 70. Considéré par Steve
Lacy comme le temple du jazz, accueillant les meilleurs créateurs de l'Avant Garde et du
jazz, ce club est toujours dirigé aujourd'hui par Fred Anderson.
A visiter : www.velvetlounge.net
Vendredi
1er février à 20h30,
à l'Espace
André MALRAUX, Le Kremlin Bicêtre
Tarifs : 18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8 € (étudiants)
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Ernest
DAWKINS & CHICAGO 12. PART III.
"Tribute to Emmett TILL"
Ernest DAWKINS composition, direction, saxophone /
Khari B. spoken words / Aaron GETSUG
saxophone baryton / Greg WARD saxophone alto /
Kevin NABORS saxophone / Norman PALM
III trombone / Corey WILKES trompettes /
Harrisson BANKHEAD, Josh ABRAMS contrebasse /
Justin DILLARD piano / Isaiah SPENCER,
Hamid DRAKE batterie + invitée : Dee ALEXANDER voix
Après avoir accueilli en 2004 et 2006 la création des deux premiers volets de cette
ambitieuse suite musicale, imaginée par Ernest Dawkins comme une sorte d’évocation
militante et artistique du mouvement des droits civiques à Chicago, le festival Sons d’hiver est
heureux d’offrir au public la dernière partie de cette trilogie flamboyante, qui fera date.
La trilogie a été inaugurée par l’évocation ironique et grinçante de l’épisode ubuesque du
procès des Chicago 7, ces célèbres activistes de la cause
noire, jugés bâillonnés et sans défense lors d’une parodie de procès en 1969. Elle a été poursuivie par l’hommage vibrant
rendu à Fred Hampton, jeune militant de 20 ans du Black Panther Party, assassiné par le FBI
et la police de Chicago le 4 décembre 1969. Cette trilogie trouve ici sa conclusion dans une
longue fresque musicale dédiée à la mémoire d’Emmett Louis "bobo" Till, véritable icône dans
la communauté afro-américaine.
L’assassinat raciste en 1955 de ce jeune garçon noir de 14 ans originaire de Chicago,
torturé pendant des heures lors de ses vacances passées auprès de sa famille du delta du
Mississipi, et l’acquittement de ses assassins par la justice sudiste, font partie de ces épisodes
tragiques qui demeurent gravés dans les esprits aux USA et qui sont à l’origine du
mouvement des droits civiques. Des militantes de la NAACP, déguisées en récolteuses de
coton, permirent de retrouver le corps du jeune adolescent et ses assassins. Mamie
Till, sa mère, se dépensa sans compter pour dénoncer le crime dont son enfant avait été victime. Elle
réussit à faire publier les photos du cadavre mutilé d'Emmett dans la presse, et l'enterrement
de l'enfant fut l'occasion d'un grand moment de protestation civique. En 2004, le ministère de
la justice des Etats-Unis décida de rouvrir le dossier du procès pour découvrir tous les
complices du meurtre. Dans les années 60, Bob Dylan signa une chanson évoquant cette
tragédie, "The Death of Emmett Till". Cette longue et ambitieuse composition spontanée, en
s’inscrivant résolument dans la tradition syncrétique de la Great Black Music, touche au-delà
du militantisme par sa puissance émotionnelle et la force vitale qui paradoxalement s’en
dégage.
Dirigé par le saxophone très vocalisé
d’Ernest Dawkins, ancien président de l’AACM, ce petit
big band expressionniste propulsé par une section rythmique renforcée (deux contrebasses et
deux batteries), propose en une musique complexe et vibrante, une oeuvre d’une grande
intensité dramatique ; célébrant en un langage personnel et très contemporain le combat
toujours recommencé pour la dignité et la liberté. Empruntant ses formes et sa syntaxe à tous
les genres constituant la musique noire d’aujourd’hui, du blues au swing en passant par
l’improvisation free et le spoken word du jeune poète Khari B., les Chicago 12 signent
certainement là une de leurs œuvres les plus abouties et mettent un point final magistral à ce
triptyque du jazz afro-américain contemporain.
A visiter :
http://chi-creates.tv
www.emmetttillmurder.com
Vendredi
1er février à 20h30,
à l'Espace
André MALRAUX, Le Kremlin Bicêtre
Tarifs : 18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8 € (étudiants)
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Jazz
et Hip-Hop
BROTHER
ALI
BROTHER ALI MC rap /
Toki WRIGHT voix / BK ONE DJ
C’est à Sons d’hiver en janvier 2006, au sein du groupe internationaliste et libertaire Ursus
Minor, que le public a eu la chance de découvrir Brother Ali, MC virtuose et incendiaire
dévastant tout sur son passage par la puissance incantatoire d’un flow souple et hargneux
tout en projection pulsionnelle et énergies contrôlées.
Aujourd’hui, si Brother Ali a fait son chemin et s’impose désormais comme l’une des valeurs
les plus sûres du hip hop underground contemporain US, son intégrité artistique et sa soif
d’expérimentation demeurent intactes. Ses deux derniers disques, Champion et tout
récemment The Undisputed Truth, brillamment produits par Ant (membre fondateur du duo
Atmosphere) et parus sur le label collectiviste de Minneapolis Rhymesayers (repaire
également du rappeur Eyedea), sont là pour le prouver. En effet, ces deux albums comptent
certainement parmi les plus belles réussites du genre en ce début de millénaire, par la finesse
des samples et des beats puisés dans les riches heures du funk et du jazz soul des années 70
et par la qualité poétique de textes ultra réalistes aux fortes connotations autobiographiques.
Il faut dire que, blanc albinos adopté par une famille noire musulmane, Brother Ali sait dans
sa chair ce que signifient la question raciale et la pauvreté aux
Etats-Unis.
Projetant de sa voix riche, puissante et souple qui prend progressivement du grain au fur et à
mesure que la tension monte, des textes crus, précis et toujours extrêmement musicaux,
Brother Ali, avec une grande force narrative et un swing exceptionnel, propose un rap
engagé et adulte. Son flow époustoufle de maîtrise et d’inventivité formelle, emprunte ses
climats à la soul et au jazz autant qu’au hip hop avec les grands pionniers du rap : De la
Soul, Public Enemy, KRS-One, sans jamais cesser d’innover et de rendre compte du présent le
plus contemporain. Du grand art populaire, poétique et politique.
S’il
ne se fichait d’être reconnu, s’il
aimait plus l’honneur ou l’argent, le
maloya pourrait devenir le reggae de l’Océan
Indien dont Ti Fred serait le Bob Marley.
Mystérieux par sa clandestinité
historique, le maloya est né de traditions
issues des esclaves africains et malgaches déportés
à la Réunion. Cependant, depuis toujours
le maloya est l’expression majeure d’une
population insulaire tourmentée. Pratique
issue des mêmes traditions, le moring mêle
danse, musique et combat. Prologue de la
lutte, le rythme donné par le maloya invite
les moringueurs à mimer le rituel à
l’instar de leur ancêtres. C’est dans
le souci d’assurer la transmission de la
culture de ses ancêtres que Ti Fred, entouré
de ses musiciens et moringueurs, représente
fidèlement la tradition musicale réunionnaise,
dans la lignée de Danyèl Waro. Pour Ti
Fred, le maloya est le maître-outil
sollicité dans la construction, la défense
et la persistance de cette fameuse identité
créole. Avec sa voix d’oiseau blessé, le
chanteur soliste lance ses mélopées
auxquelles répondent chœurs et
percussions. On ferme les yeux et on se
laisse emporter : à la nuit tombée, à
l’appel du kayanm et du roulèr, les
hanches se mettent à rouler, les jupes se
relèvent, pour “kraz un maloya” !
A visiter :
www.myspace.com/brotherali
www.myspace.com/rhymesayers
www.rhymesayers.com
Samedi
2 février à 20h30,
à l'Espace
André MALRAUX, Le Kremlin
Bicêtre
Tarifs : 18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8
€ (étudiants)
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Jazz
et Hip-Hop
Burt
Sugar The Arkestra Chamber
"More than Posthuman –
Rise of the Mojosexual Cotillon"*
*mojo = magie + sexe = a hot voodoo chile ; cotillion = une soirée dansante et habillée ; traduire comme un cercle magique de
"muhfuhkuhs" sensuels se redressant pour danser et hurler telle La Nouvelle-Orléans après Katrina
Greg TATE chef d'orchestre, guitare, laptop /
LISALA, JUSTICE DILLA-X voix /
Mikel BANKS freak-aphone,
voix / DMAX MC / Mazz SWIFT violon, voix /
Lewis "FLIP" BARNES JR. trompette /
Micah
GAUGH saxophone alto, ténor / Avram FEFER saxophone ténor, clarinette basse /
Dave SMITH
trombone / René AKAN guitare / Jared NICKERSON basse /
Jason DI MATTEO basse / Bruce
MACK piano, synthétiseur / Myles REILLY piano acoustique /
Trevor HOLDER batterie /
Napoleon MADDOX beat box/mpc 2000
Burnt Sugar the Arkestra Chamber a été créé en 1999 à l’initiative de Greg Tate, musicien et
journaliste au Village Voice.
La vocation de ce collectif est ostensiblement téméraire :
imaginer un avatar du Bitches Brew de Miles Davis, mais au XXIIIème siècle, avec des
musiciens sachant jouer et parler dans une pléthore de langues musicales post-modernes.
Influencé aussi bien par Morton Feldman, Brian Eno que par Steve Reich qu'il considère
comme ses géniteurs, tout comme Billie Holiday, Jimi Hendrix et Vladislav Delay, Burnt Sugar
est l'une des formations les plus brillantes et pertinentes à l'avant-garde de la musique noire
new-yorkaise contemporaine. Ce collectif à géométrie variable réunit une pléiade de
musiciens notamment connus pour avoir grandi à l'ombre de Steve Lacy ou Steve Coleman, et
qui se situent aux carrefours de toutes les tendances : éduqués dans la tradition du violon
irlandais, réfugiés de l'AACM, rockers afropunk, beboppers patentés, hiphoppers féministes,
doowoppers, funkateers et autres stars du rodéo sur la ligne de partage digitale.
Burnt Sugar est l'un des rares ensembles contemporains capables de concasser librement
toutes les formes de musiques instrumentales et vocales. Sa façon d’accompagner, traduire et
anticiper le grand processus de créolisation esthétique propre à notre monde globalisé est
unique. Dirigeant son orchestre "au doigt et à
l’œil" selon des techniques de "conduction"
proches du "Sound Painting" imaginées et codifiées par Butch Morris, Greg Tate improvise de
vastes fresques sonores instantanées entre improvisation dirigée et composition spontanée,
happening libertaire et "work in progress " subtilement contrôlé.
Aujourd'hui, Burnt Sugar continue son programme ambitieux en actualisant les composantes
du cocktail musical des années 70, influencé par le blues rock psychédélique de Jimi Hendrix
au jazz-rock mutant de Miles Davis en passant par le free spatial de Sun Ra. Cette musique
kaléidoscopique, mêlant funk psychédélique et jazz moderne, rock mutant et hip hop
expérimental, extrêmement vivante dans ses processus, intègre toute la musique noire de ces
trente dernières années. Elle invente en formes mutantes et joyeusement composites d’inédites
perspectives à la tradition amoureusement chahutée. Greg Tate aime ainsi définir Burnt Sugar
comme un "territory band", clan néo-tribal d’une guilde musicale qui aspire à la fois au
glacial et aux matières en fusion, au spatial, à l’océanique et au mythique ; une manière de
jouer sur des registres différents où le concret s’allie au spirituel, la matière humaine à la
totalité de la matière vivante et minérale de l’univers.
A visiter :
www.burntsugarindex.com
www.myspace.com/burntsugarthearkestrachamber
Samedi
2 février à 20h30,
à l'Espace
André MALRAUX, Le Kremlin
Bicêtre
Tarifs : 18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8
€ (étudiants)
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Craig
ADAMS and The Voices of New Orleans
Craig ADAMS chant, piano, orgue Hammond /
Ben BESTER guitare basse / Alvin BATISTE batterie
The
Voices of New Orleans : Cindy BELLIZAN soliste /
Trina DYSON, Tani JARVIS,
Joshua KEGLER
Originaire de la Nouvelle-Orléans, berceau mythique de la musique afro-américaine, issu de
la famille du grand Fats Domino, figure légendaire de cette ville hors norme, Craig Adams
est l’un des représentants actuels les plus flamboyants et talentueux du gospel traditionnel et
contemporain.
Il est reconnu depuis son plus jeune âge comme un authentique phénomène vocal, le gardien
de cette tradition orale, anonyme et communautaire, qui depuis le XVIIIe siècle constitue le
fond commun de la pensée et de l’expression religieuse afro-américaine. Au fil des années,
Craig Adams a joué avec Marva Wright, Kim Burrel, Marrutte Brown Clark, Tyrone Foster
and The Arc Singers. Il a pris ces derniers temps une nouvelle dimension en assumant
résolument son statut de leader.
Depuis le tournant des années 2000, Craig Adams est le directeur musical de plusieurs
ensembles choraux parmi les plus brillants des Etats-Unis : The Higher Dimension of
Praise, The Voices of New Orleans. Pianiste et organiste habité par la grâce divine, chanteur à la
voix d’or, il s'empare avec ardeur des cantiques les plus célèbres du répertoire pour les
mener à des paroxysmes d’intensité que seuls les plus grands preachers sont capables
d’atteindre. Craig Adams célèbre avec un naturel confondant cette mémoire vive ancestrale
et propose dans la grande tradition religieuse afro-américaine une musique fervente et
jubilatoire du corps et de l’âme enfin réconciliés, tout à la fois festive et mystique, où chacun
est invité à venir célébrer sa foi en une communion spontanée avec son prochain. Même le
plus athée des amateurs de musique noire ne peut décemment résister à une telle
effervescence créatrice.
A visiter :
http://gospel.xpand.fr
www.myspace.com/craigadamsgospel
Dimanche
3 février à 17h00,
à l'Église
Notre- Dame, Saint-Mandé
Tarifs : 18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Pool
Players
Benoît DELBECQ piano préparé, drum'n bass station /
Arve HENRIKSEN trompette /
Steve ARGUELLES électroniques /
Lars JUUL batterie, électroniques
Lars Juul, batteur danois, maître coloriste et pionnier en matière de traitement sonore
électronique, partenaire du guitariste Hasse Poulsen au sein du groupe Sound of
Choice, grand pourvoyeur de grooves savamment déstructurés à la grâce toute chorégraphique, a eu
l’idée en 2005 de réunir en un quartet aventureux et raffiné les quatre têtes chercheuses les
plus talentueuses et irréductibles de la scène musicale européenne contemporaine.
Leur désir : une exploration tout à la fois rêveuse et radicalement matérialiste de territoires
soniques fragiles et incertains aux confins du jazz d’avant-garde, des domaines électroniques
et de l’improvisation libre.
On peut croiser au sein de Pool Players Lars Juul, mais aussi Benoît Delbecq, styliste
funambule nourri aux influences conjointes des théories harmolodiques d’Ornette Coleman et
des études pour piano de Ligeti, fasciné par les polyrythmies pygmées comme par les
dernières tendances de la musique électronique expérimentale. Arve Henriksen, virtuose de
l’ellipse et du sous-entendu, puisant son inspiration aussi bien dans le jazz, le rock
expérimental (il est le co-fondateur du mythique groupe Supersilent), que dans les chants
diphoniques mongols ou la musique traditionnelle japonaise (le shakuhachi demeurant une
influence majeure de son esthétique), officie lui aussi dans Pool Players.
Tout comme Steve Argüelles, poète de l’électronique, homme à tout faire des musiques
actuelles, agitateur polymorphe et producteur raffiné et inventeur du label Plush, l’un des plus
pertinents dans le domaine des musiques électroïdes inclassables.
Travaillant essentiellement sur d’habiles jeux de superpositions entre la trompette minimaliste
d’Henriksen, le piano discontinu de Delbecq et les tourneries rythmiques ouatées de la
batterie de Lars Juul, toute la matière sonore vivante et vibratile de Pool Players se trouve
manipulée par les machines d’Argüelles, multipliant les effets de loupe et d’anamorphoses
savantes en autant de perspectives insolites.
Pool Players invente dans l’instant une musique à la poésie nocturne, extrêmement fluide,
faite de miroitements infimes, de jeux de textures tressées, de souffles ténus, de pulsations
subliminales. Une expérience sonique tout à la fois onirique et sensuelle absolument
envoûtante.
A visiter : www.arvehenriksen.no
www.myspace.com/arvehenriksen
http://hjem.get2net.dk/larsjuul/
www.delbecq.net
www.myspace.com/benoitdelbecq
www.myspace.com/stevearguelles
www.plush-internet.org
Mardi
5 février à 20h30,
à l'Espace
Jean Vilar, Arcueil
Tarifs :
12,20
€ / 7,60 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Steve LEHMAN saxophones /
Vijay IYER piano / Tyshawn SOREY batterie
Ce trio exceptionnel imaginé en 2000 par Vijay Iyer réunit trois des musiciens les plus créatifs
et prometteurs de la jeune scène jazz new-yorkaise contemporaine. Le public de Sons d’hiver
connaît déjà Vijay Iyer, pianiste époustouflant d’inventivité, programmé la saison dernière
pour Still Life With Commentator, petit opéra de chambre hip hop expérimental conçu en
collaboration avec le rappeur Mike Ladd.
Unanimement salué par la critique internationale comme l’une des grandes révélations du
jazz de ces dernières années, Vijay Iyer, après avoir fait ses classes au milieu des années 90
dans les groupes Mystic Rhythm Society et Secret Doctrine de Steve Coleman, vole désormais
de ses propres ailes, accumulant les collaborations prestigieuses et menant de front plusieurs
projets d’envergure. Il a joué avec Roscoe Mitchell, Wadada Leo Smith, Amiri Baraka,
Dead Prez, Karsh Kale, Burnt Sugar et participe à l’un des plus beaux quartets du moment en
compagnie du saxophoniste alto d’origine indienne Rudresh
Mananthappa.
Si Steve Lehman est moins connu du public, il bénéficie lui aussi d’une reconnaissance critique
exceptionnelle. Il a été ainsi élu à deux reprises comme l’étoile montante du saxophone alto
par le magazine Down Beat. Styliste au lyrisme sec, Steve Lehman synthétise avec brio les
intuitions de ses grands maîtres, de Jackie McLean à Anthony Braxton en passant par
Steve Coleman. Il propose une musique sophistiquée faisant le lien entre le post-free de la
Loft Generation (il a fait partie des orchestres d’Andrew Hill, Oliver Lake et du Ghost Trance
Ensemble de Braxton), la musique noire la plus contemporaine
(Anti-pop Consortium, Meshell Ndegeocello) et le domaine contemporain (de Ligeti à l’école spectrale française de
Tristan Murail).
Tyshawn Sorey, batteur actuel des Five Elements de Steve Coleman, est le troisième larron du
groupe. Nourri aux breackbeats et autres rythmes concassés du hip hop, c’est un virtuose
d’une précision diabolique dans la découpe du temps et d’une puissance de frappe
extraordinaire. Jeune musicien, il a à peine 22 ans en 2002 lorsqu'il déboule sur la scène
créatrice new-yorkaise, jouant immédiatement, excusez du peu, avec Wadada Leo Smith,
Butch Morris, Dave Douglas, Muhal Richard Abrams, Anthony
Braxton.
Ensemble, les trois membres de Fieldwork inventent une musique totalement collective dans
ses processus, extrêmement rigoureuse et exigeante techniquement, nourris de grooves
complexes, organiques, jamais répétitifs. Chaque pièce est un monde en soi, avec ses
propres règles, ses propres défis esthétiques, ses propres structures toujours allusives et
mouvantes. Le trio fonde ainsi l’essentiel de son propos sur le principe de la circulation des
énergies et l’idée-force de métamorphose. Une des expériences musicales les plus stimulantes
du moment.
A visiter :
http://fieldworktheband.com
www.myspace.com/fieldworktheband
Mardi
5 février à 20h30,
à l'Espace
Jean Vilar, Arcueil
Tarifs :
12,20
€ / 7,60 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Jazz
et Hip-Hop
Archie SHEPP voix et saxophones /
ROCE et VICELOW rap / Tom MC CLUNG piano /
Stéphane GUERY guitare électrique /
Wayne DOCKERY contrebasse / Steve MC CRAVEN batterie
Chuck D. rap, voix / JAHI
voix / Kyle JASON voix / Brian HARDGROOVE basse /
DJ LORD DJ
Saxophoniste rugueux et furieusement lyrique, Archie Shepp, figure de proue de
l’avant-garde révolutionnaire la plus consciemment engagée dans l’utopie du Black Power, aura
longtemps incarné la jeunesse et l’élan vital d’un free jazz en pleine effervescence créatrice.
Partenaire de Cecil Taylor et Bill Dixon au tout début des sixties, co-fondateur du mythique
New York Contemporary Five, figures clef des concerts historiques de Novembre 64, et cofondateur
de la Jazz Composer’s Guild (avec Taylor, Sun Ra, Paul & Carla
Bley, Roswell Rudd…), Archie Shepp, infatigable activiste, aura été de tous les combats de cette nouvelle
scène alternative, et l’auteur de quelques disques entrés instantanément dans la légende du
jazz (Ascension avec Coltrane en juin 65, puis sous son nom Four for Trane, On this night et
Fire Music, brûlot prophétique et apocalyptique). Archie Shepp n’a jamais abdiqué sur la
nécessité de faire de sa pratique une authentique "machine de guerre" et de son univers
l’espace d’une célébration perpétuelle de l’âme noire. Il continue inlassablement d’occuper
le terrain de la modernité en accumulant les enregistrements majeurs (Mama Too Tight, The
Magic of Juju, Blasé, Attica Blues), replongeant sans cesse sa musique aux sources du blues,
re-songeant la tradition (Coleman Hawkins, Ben Webster Ellington, Parker, Rollins,
Coltrane…) au prisme de l’avant-garde la plus radicale, brassant tous les styles (du
rythm’n’blues au gospel) en un "art nègre" savamment primitif. Aujourd’hui, comme pour
mieux réaffirmer la dimension subversive de sa "musique de feu", Archie Shepp replonge au
cœur du réel en conviant Chuck D. à une rencontre exceptionnelle. S'il est historiquement
logique qu'Archie Shepp s'accorde avec le rap, il est plus significatif encore qu'il soit attentif
aux évolutions du monde, en invitant sur scène deux des meilleurs rappeurs français, Rocé et
Vicelow (Saïan Supa Crew).
Figure historique du hip hop, créateur du mythique groupe Public Enemy au milieu des
années 80 (avec Flavor Flav au chant et Terminator X aux platines), Chuck D. dévide en un
flow âpre et hargneux des textes sombres, violents et résolument insurrectionnels. On se
souvient de ces deux brûlots que sont It Takes A Nation Of Millions to Hold Us Back et Fear
of a Black Planet, albums phares de la musique noire populaire de ces vingt dernières
années. Aujourd’hui Chuck D. demeure l’un des artistes afro-américains les plus engagés
politiquement. Activiste infatigable de la cause noire empruntant sa rhétorique aux théories
révolutionnaires des Black Panthers, Chuck D., désireux d’inscrire le hip hop dans la grande
histoire des formes et de la pensée afro-américaine ne pouvait qu’accepter l’invitation de sonaîné Archie Shepp. La sonorité rauque et tourmentée du saxophone et la puissance
incantatoire et pulsative des mots de Chuck D. ne sont qu’un seul et même cri de révolte.
A visiter : www.archieshepp.com
www.myspace.com/archiesheppmusic
www.myspace.com/chuckdpublicenemy
www.publicenemy.com
Mercredi
6 février à 20h30,
au Théâtre
Jean
Vilar, Vitry-sur-Seine
Tarifs :
12,20
€ / 7,60 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Sylvain
KASSAP/Jacques BONNAFFÉ Duo
Sylvain
KASSAP clarinettes & mots / Jacques
BONNAFFÉ textes & trompinette
Convié la saison passée à venir croiser le fer avec Hamid Drake, Sylvain Kassap aura prouvé
à cette occasion non seulement son ouverture d’esprit à toute forme de musiques, mais aussi
sa maîtrise toute particulière de cet exercice exigeant et périlleux qu’est la "conversation
musicale" instantanée.
Depuis plus de 25 ans, Sylvain Kassap multiplie les projets dans les configurations
orchestrales les plus variées. Il a toujours fait preuve de la même soif inextinguible
d’expérimentation. Partenaire des plus grands noms du jazz international (Sam Rivers,
Evan Parker, Louis Sclavis, Han Bennink, Dominique Pifarély, Tony Hymas, Steve Lacy,
Bernard Lubat… ), Sylvain Kassap est instigateur pour son propre compte d’un univers
personnel hybride et composite empruntant au jazz moderne, à la free music européenne, au
domaine contemporain et aux musiques ethniques. Le clarinettiste s’est fait au fil du temps une
sorte de spécialité de ces duos sans filets, petites parenthèses d’intimité, mais surtout
authentiques espaces d’utopies propices à toutes les libertés formelles et expressives. Dans la
longue liste de tête-à-tête avec quelques amis musiciens, Hélène Labarrière, François
Corneloup, Gianluigi Trovesi, le duo qu’il poursuit depuis des années avec l’acteur Jacques
Bonnaffé est peut-être le plus singulier et le plus passionnant.
C’est d'ailleurs une chance inouïe de pouvoir découvrir le travail de Jacques Bonnaffé se
confrontant à l’improvisation musicale. Ses participations à de nombreux films ou pièces de
théâtre lui laissent peu de temps pour ses explorations musicales. Jacques Bonnaffé a tourné
plus de trente films sous la direction des plus grands metteurs en scène : Jean Luc Godard,
Jacques Doillon, Jacques Rivette, Jean Charles Tachella, Tonie Marshall… Au théâtre, il
travaille avec Gildas Bourdet, Didier Bezace, Hans Peter Cloos, Alain Françon, André Engel,
Jean Pierre Vincent… Le comédien profite des espaces infinis de l’improvisation pour jongler
avec la poésie et l’humour d’une façon kaléidoscopique enchaînant les lectures avec énergie
et intensité. Il propose au public une écoute poétique jubilatoire où la pensée critique,
l’expression du sensible et l’humour s’entremêlent d’une façon ébouriffée, sans retenue,
provoquant sans cesse notre curiosité. La musique devient alors la partenaire idéale pour
dialoguer en toute liberté avec des univers qui se succèdent en toute impertinence. Puisant au
gré de ses humeurs dans un vaste répertoire de textes poétiques, s‘autorisant toutes les
improvisations libres dans les registres les plus variés, Jacques Bonnaffé, passant avec
virtuosité du lyrisme au grotesque, joue à sa manière le "jeu du jazz".
Entre la clarinette de Sylvain Kassap, qui tour à tour grogne, balbutie, éructe, chuchote et le
texte d'un acteur pas comme les autres d'une puissance d'incarnation physique et
incantatoire, on assiste à une rencontre magique entre deux traditions orales, deux façons
d’exprimer l’émotion d’être en vie, ici et maintenant.
A visiter :
www.maitemusic.com
Vendredi
8 février à 20h30, au
Théâtre
Paul Eluar, Choisy-le-Roi
Tarifs :
17
€ / 12,20 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Bernard
LUBAT "L'ART DU DUO"
François
CORNELOUP/Fabrice VIEIRA/Médéric
COLLIGNON
Bernard LUBAT piano, voix, synthétiseur, batterie, percussions, obligé de mots dits /
François CORNELOUP saxophones /
Fabrice VIEIRA guitare, voix /
Médéric COLLIGNON trompette, bugle,
voix, électroniques
Voilà des années que le situ-actionniste gascon Bernard Lubat improvise comme il respire et
élabore en solitaire une oeuvre absolument unique, à la fois extraordinairement pensée et
comme bricolée dans l’instant en un incessant va-et-vient entre l'art, ses formes et ses
contraintes, et la vie, ses flux et ses hasards. Malpoly-instrumentiste, outrageusement doué,
riche d’un univers déroutant, naïf et sophistiqué, Bernard Lubat aime par-dessus tout se mettre
en scène en agitateur politique et poétique, hanté par ses fantômes (la tradition
afro-américaine ; la modernité intemporelle de Bach et Schoenberg ; la musique populaire dans
tous ses états), qu’il évoque et ressuscite chaque fois qu’il monte sur les planches.
Mettant en branle son petit théâtre intime, entre auto-fictions démultipliées et épopée
intemporelle, Bernard Lubat transforme chaque concert en laboratoire ludique d’une musique
définitivement populaire, c’est-à-dire dénuée de tout cynisme et de toute démagogie, d’une
exigence absolue dans ce qui se joue humainement d’authentique.
C’est cet univers enchanté, éphémère et matérialiste que le musicien a décidé aujourd’hui de
partager en une série de duos avec quelques musiciens français les plus doués de leur
génération. François Corneloup, colosse sensible du saxophone, interlocuteur privilégié de
tous ceux qui s’aventurent dans les zones les moins balisées de la jazzosphère (Marc
Ducret, Yves Robert, Sylvain Kassap…) et créateur pour son compte d’une musique sophistiquée
basée sur la tension entre structure et pulsation. Médéric Collignon, jeune musicien talentueux
et inclassable, styliste hors pair brassant dans sa musique métisse et joyeusement
irrespectueuse, tous les genres de notre modernité, du rock au rap, en passant par la soul,
la salsa, et bien sûr le jazz. Fabrice Vieira enfin, l'expérimentateur complice de la compagnie
Lubat.
Gageons que ces musiciens d’exception sauront dans l’instant de la rencontre, nous projeter
dans cette autre dimension qu’ouvre toujours l’improvisation authentique : au-delà des
instruments et de leurs idiomatismes, au-delà de la technique et de son exhibition, au-delà
des styles établis, au-delà d'une quelconque idée d'esthétique même, de plein pied dans la
musique, c'est à dire dans la poésie.
A visiter :
www.uzeste.org
Vendredi
8 février à 20h30, au
Théâtre
Paul Eluar, Choisy-le-Roi
Tarifs :
17
€ / 12,20 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Jazz
et Hip-Hop
Steve
COLEMAN and FIVE ELEMENTS/OPUS AKOBEN
Steve COLEMAN &
The Five Elements
Steve COLEMAN saxophone alto / Jonathan FINLAYSON trompette /
Tim ALBRIGHT trombone /
Jen SHYU voix / Thomas MORGAN basse /
Tyshawn SOREY batterie
Opus
Akoben
KOKAYI voix / SUB-Z voix / Ezra GREER
basse / Jon LAINE batterie /
AYCE INTERNATIONAL DJ
Sans rien abandonner de ses concepts originels qui constituent la griffe M'Base et agissent
comme une signature sur sa musique, le saxophoniste et compositeur chicagoan Steve
Coleman est parvenu à une profonde et ambitieuse homogénéisation de cet extraordinaire et
monstrueux "work in progress" qu’est devenu son univers. Ses riffs si caractéristiques
marquent le cadre, ses structures s'emboîtent à l’infini, son fameux groove est d'un abstrait
inimitable, implacable, complexe, d'une précision hallucinée sous son apparente
décontraction.
A la tête de ses mythiques Five Elements, formation virtuose d’une cohésion époustouflante,
matrice et avant-garde de sa poétique, Steve Coleman, engagé désormais dans des
processus plus collectifs et organiques, a trouvé le dosage idéal entre des partis pris formels
toujours aussi audacieux (ce travail de fond sur les cycles rythmiques) et un lyrisme plus
ample et épanoui qui donne à sa musique une profondeur humaine jusqu’alors inédite.
Steve Coleman embrasse ainsi en un vaste geste syncrétique, proche des thèses de la
Great Black Music, toute l’histoire du jazz et des musiques populaires afro-américaines
(du bebop au hip hop) et ouvre par ailleurs son univers aux musiques du monde entier, des
traditions rythmiques orientales aux grooves caribéens. Il continue de fonder son discours sur
l'exploration toujours plus fine d'un idiome tout en rapports et proportions, devant autant aux
structures du langage qu’aux rythmes du corps et de la parole.
Cette dimension essentielle de sa musique n’est jamais plus sensible que lorsqu’il intègre à
son orchestre le collectif de rappeurs de Washington Opus Akoben, et risque l’extrême
sophistication de ses constructions formelles à la spontanéité d’une parole en liberté.
Plus d'une douzaine d'années après les expériences avec les rappeurs de Metrix, il est
étonnant de voir l'évolution opérée. Pulsés par une authentique section rythmique influencée
par les grooves M’Base, ces deux virtuoses insensés du flow free-style que sont Kiyabi et
Sub-Z, jouent au gré de leurs humeurs de toutes les techniques vocales propres à la musique
noire, du gospel au raggamuffin. Ils entremêlent leurs improvisations libres au jazz urbain
des Five Elements et ouvrent incontestablement de nouveaux horizons aux hybridations
contemporaines entre jazz et hip hop.
A
visiter : www.m-base.com
www.opus-akoben.com
http://opusakoben.tripod.com
www.myspace.com/kokayi
Samedi
9 février à 20h30, à
la Salle
Jacques Brel, Fontenay-sous-Bois
Tarifs :
16
€ / 11 € (carte Sons d’hiver + TR)
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ROCKINGCHAIR
Airelle
BESSON trompette, bugle, claviers / Sylvain
RIFFLET saxophones, clarinette /
Julien OMÉ guitare / Guido
ZORN contrebasse / Nicolas
LARMIGNAT batterie
Parfaitement
emblématiques de cette scène jazz
hexagonale riche d’une profusion de
jeunes talents
définitivement affranchis de toute
notion trop restrictive de styles et de
genres établis, Airelle
Besson et Sylvain Rifflet ont fait
sensation la saison dernière en signant
avec Rockingchair
l’un des projets les plus inventifs et
aboutis de ce début de millénaire.
Il
faut dire que voilà quelques années
déjà que ces deux-là se sont fait
remarquer, collaborant
avec tout ce que la scène française
compte d’aventurier en tout genre.
Ils sont membres du Sacre du Tympan et
des grands ensembles d’Alban Darche
(le Gros Cube)
et de Bruno Regnier (X’tet) mais aussi
partenaires de musiciens comme Andy
Emler, François
Jeanneau ou Riccardo Del Fra (Rifflet) ;
Gabor Gado, Laurent Cugny, Jean-Christophe
Cholet ou Nelson Veras (Besson). Ces
deux instrumentistes à la technique
superlative,
aussi à l’aise dans une section de
big band que dans l’espace ouvert d’une
petite formation,
se sont rapidement imposés parmi les
valeurs sûres de la jeune génération.
Mais
rien ne préparait pourtant à la
surprise de Rockingchair, étonnant
projet collectif empruntant
son inspiration et ses techniques de
composition autant au jazz moderne qu’au
rock
"indé" et aux musiques
électroniques. Ce quintet acoustique
est fondé essentiellement sur tout
un jeu d’alliages sonores précieux et
de superpositions savantes mêlant le
minimalisme fragile,
allusif, toujours extrêmement
contrôlé de la trompette d’Airelle
Besson, le lyrisme plus énergique
et direct de Sylvain Rifflet et les
distorsions savantes de la guitare de
Julien Omé.
Rockingchair
a cette particularité d’accorder une
importance toute particulière au son,
intégrant
dans son dispositif instrumental l’ingénieur
du son Gilles Olivesi, véritable
sixième homme
de la formation, proposant au groupe d’inédites
perspectives par son travail en temps
réel sur la matière sonore. Le
résultat est une musique
atmosphérique, lyrique, développant
son discours en un réseau complexe de
tensions structurelles (entre sonorités
acoustiques
et électroniques, improvisations
débridées et sophistication formelle,
expressivité individuelle
et identité sonore collective),
toujours résolues dans le sens de l’harmonie,
de la fluidité
et de la détente. Incontestablement
quelque chose de très contemporain
passe dans cette
musique aussi sophistiquée qu’accessible,
cachant sa dimension expérimentale
derrière l’évidence
de l’élégance.
A
visiter : www.rockingchair.fr
www.chiefinspector.com
www.myspace.com/chiefinspectorrecords
Lundi
11 février à 20h30, au Théâtre-Studio,
Alfortville
Tarifs :
17
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Hélène
LABARRIÈRE Quartet
Hélène
LABARRIÈRE contrebasse / François
CORNELOUP saxophone / Hasse
POULSEN guitare /
Christophe MARGUET batterie
Hélène
Labarrière incarne cet engagement
émotionnel, cette curiosité sans
limites et cette spontanéité
virtuose qui est ce que le jazz peut
produire de meilleur. Contrebassiste et
sidewoman
capable d’intégrer son drive souple
et pulsatif à n’importe quel
contexte, de
l’esperanto libertaire du collectif
Los Incontrolados au jazz celtique de
Jacky Mollard.
Complice précieuse de la plupart des
grands novateurs apparus sur la scène
jazz hexagonale
ces vingt dernières années : d’Yves
Robert à Sylvain Kassap en passant par
Denis
Colin, Marc Ducret ou encore Dominique
Pifarély…
Dès
le milieu des années 90 et la création
de Machination, son premier groupe en
leader (Noël
Akchoté à la guitare, Ingrid Jensen à
la trompette), Hélène Labarrière s’est
engagée dans
une carrière solo exigeante, cherchant
à synthétiser en un langage personnel
cette traversée
qui lui est propre et qui fait la
musique expérimentale et populaire d’aujourd’hui.
Composé de complices de longue date,
François Corneloup aux saxophones,
Christophe Marguet
à la batterie, mais aussi d’un
nouveau venu dans son univers, le danois
Hasse
Poulsen, guitariste tout le spectre
idiomatique du jazz moderne et des
musiques expérimentales
contemporaines — ce nouveau quartet
est l’orchestre le plus équilibré et
inventif
que la contrebassiste ait jamais eu à
sa disposition pour donner forme à ses
intuitions.
Fondant
l’essentiel de son propos sur un
formidable sens de la
"dépense", Hélène
Labarrière invente
une musique sensuelle et lyrique, jouant
avec malice et beaucoup de virtuosité
d’écriture
sur une dialectique féconde. Son jeu s’inscrit
résolument dans la continuité du free
jazz,
dans sa façon de privilégier le geste
et la spontanéité et dans tout un
réseau savant de cadres
qui offre des perspectives toujours
changeantes à l’improvisation. Le
versant intime d’une
des grandes dames du jazz européen.
“Les
temps changent". C'est le titre
de mon nouveau projet. 10 ans après
Machination…
"Les
temps changent", parce que la
musique, ce n'est pas seulement du son
mais aussi de l'espace et du temps, ce
n'est pas uniquement
à 4 temps ou à 3 temps, ni même à 5
temps ou à 7 temps, mais aussi à pas
de temps ou encore à beaucoup de temps,
et qu'on
s'amuse avec tout cela.
"Les
temps changent", et nous
changent, parce qu'un groupe, c'est
aussi la somme de toutes ces rencontres,
et que le temps déjà passé
ensemble
et séparément, contribue à nous faire
construire, déconstruire et
reconstruire la musique dans l'instant.
"Les
temps changent", ici et
ailleurs, parce que nous ne sommes pas
sourds au monde qui nous entoure,
l'urgence de jouer et de dire
est
toujours plus vivace.
"Les
temps changent", un autre
musicien l'avait déjà dit il y a
quelques temps, parce que ce groupe ne
s'embarrasse pas d'avoir ou de
ne pas
avoir une quelconque référence.
"Les
temps changent", l'amitié, les
expériences partagées, la nécessité
de construire encore et toujours…D'aller
de l'avant…Avec gourmandise…
”
Hélène
Labarrière
A
visiter : http://helene-labarriere.com
http://hp.kulturverket.org
www.christophemarguet.net
www.myspace.com/francoiscorneloup
Lundi
11 février à 20h30, au Théâtre-Studio,
Alfortville
Tarifs :
17
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
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JAZZ-BAL-WORKSHOP
Rencontre
entre les musiciens de l'EDIM (Étudiants
des cycles professionnels)
et Bernard Lubat
piano, batterie, accordéon et
direction d'orchestre
Bernard
Lubat est l'artiste enseignant invité
pour cette soirée EDIM où résonneront
les musiques
populaires de danse, le jazz et
l'improvisation pour proposer un bal
dans la pure tradition
des bals jazzconcubins uzestois.
École
associative reconnue par le Ministère
de la Culture, L’EDIM (Enseignement
Diffusion Information
Musique) est implantée principalement
à Cachan et forme des musiciens amateurs
et professionnels. Seule école privée
en Île-de-France à attribuer le Dem de
jazz, en partenariat
avec l'ENM de Bourg-la-Reine/Sceaux, l’EDIM
développe une philosophie pédagogique
et artistique originale. De nombreux
musiciens de grand talent y enseignent
ou y
ont enseigné régulièrement. Créée
en 1984, l’EDIM compte aujourd’hui
une quarantaine d’enseignants
et plus de 500 élèves : enfants,
amateurs et étudiants professionnels.
Depuis
5 ans, l’EDIM et Sons d’hiver, le
Service culturel de la ville de Cachan
organisent ensemble
à l’occasion du festival une
master-class avec Fat Kid Wednesdays,
Roscoe Mitchell,
William Parker. En 2007, Ernest Dawkins
franchissaient un cap avec une soirée
complète
en hommage à John Coltrane.
A
visiter : www.edim.org
Mardi
12 février
à 20h30,
à
la Grange
Galliéni, Cachan
Tarif
unique : 5 €
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Soirée
flamenca
Guitarras
de GRANA.
Paco CORTÉS/Emilio MAYA/Miguel
OCHANDO
S’il
est un domaine où plus qu’ailleurs
encore, la musique est affaire de terroir
c’est bien dans
le monde codifié et référencé du
Flamenco. L’école de Grenade reste
confidentielle comparée
aux riches scènes de Séville et Cadix
; longtemps dominée par quelques
grandes figures
emblématiques quelque peu écrasantes
comme le chanteur Enrique Morente et les
guitaristes
Juan et Pepe Habichuela, elle possède
son identité stylistique propre et
démontre depuis
quelques années un regain de vitalité
exceptionnelle. Preuve éclatante de
cette renaissance
esthétique : le trio Guitarras de
Grana, qui s’impose sans conteste
comme l’un des
groupes les plus représentatifs et
talentueux de la jeune scène flamenca.
Guitarras
de Grana est composé de trois musiciens
virtuoses tous originaires de Grenade et
de ses
environs, impliqués chacun depuis les
années 80 sur tous les fronts du
flamenco et de la
musique populaire espagnole. Cette
formation a la particularité de
proposer une musique originale
profondément ancrée dans la grande
tradition classique de la guitare
flamenca (celle
portée à sa perfection stylistique et
expressive par Sabicas ou Nino de
Ricardo) et est dans
le même temps totalement ouverte aux
innovations formelles et techniques
apportées ces
trente dernières années par des grands
réformateurs tels que Paco de Lucia.
Paco
Cortés et Miguel Ochando, passés
maîtres dans l’art subtil de l’accompagnement
(auprès
notamment d’Enrique Morente et Carmen
Linares) apportent à l’ensemble tout
ce que
la tradition représente de raffinement,
d’expressivité solennelle et
recueillie, d’équilibre entre
explosivité rythmique et finesse
mélodique. Emilio Maya quant à lui,
plus ouvertement moderniste
dans son éclectisme revendiqué,
embarque résolument la formation du
côté du jazz
et de diverses traditions musicales
arabes magistralement réinventées.
C’est
la subtile alchimie entre ces styles
singuliers et disparates, entre cette
parfaite maîtrise de
la tradition et la tentation toujours
sensible de la modernité, qui donne à
ce trio d’exception
sa voix inimitable.
A
visiter : www.flamencodehoy.com
Jeudi
14 février
à 20h30,
au
Centre
Culturel Georges Pompidou, Vincennes
Tarifs :
20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Fernando
TERREMOTO
Fernando
TERREMOTO chants / Alfredo
LAGOS guitare /
Luis CANTAROTE, Carlos GRILO
palmas
y jaleos
Fernando
Terremoto est aujourd’hui considéré
par les plus fins connaisseurs du Cante
Jondo comme
le digne successeur de son père,
Fernando Fernandez Monje, plus connu
sous le nom de
Terremoto de Jerez, incontestablement l’une
des plus grandes voix du flamenco du XXe
siècle.
Né
en 1969 à Jerez en plein cœur de l’Andalousie,
dans une famille gitane entièrement
dédiée
au flamenco, Fernando Terremoto ne
pouvait décemment échapper à son
destin.
D’abord guitariste aux côtés de
Manuel Morao, ce n’est pourtant qu’au
tournant des années 90,
qu’il décide de mettre ses pas dans
les traces de son illustre père
(décédé prématurément en
1981 à 47 ans) et de devenir à son
tour cantaor. Ses débuts
éblouissants à la Peña Don Antonio
Chacón de Jerez, sont entrés
immédiatement dans la légende dorée
du flamenco.
Une voix ample et caverneuse, d’une
puissance impressionnante ; un lyrisme d’une
expressivité
exceptionnelle, brûlé au feu du duende
le plus authentique… Le jeune
Fernando, adoubé
aussitôt par les plus grands (la
légende veut que Camaron de la Isla ait
pleuré d’émotion
en l’entendant pour la première fois
chanter en public), n’a guère eu à
batailler pour
gagner la légitimité de porter à son
tour le surnom dont on honora son père
tout au long
de sa carrière : « Terremoto » :
tremblement de terre…
Fernando
Terremoto remporte en 1996 le Premier
Prix de chant au Concours des Jeunes
Interprètes
de la IXe Biennale de Flamenco de
Séville, et l’année suivante, trois
Premiers prix au
Xe Concurso Nacional de Arte Flamenco de
Cordoba. Il est désormais l’une des
voix les plus
emblématiques de la pérennité du
flamenco le plus pur. Pour autant,
Terremoto n’a pas une
vision figée, académique et passéiste
de son art. Sa collaboration avec le
danseur et chorégraphe
Israel Galvan (La Edad de oro) en est un
parfait exemple, et réinvente littéralement
les liens entre chant et danse dans l’espace
très codifié du flamenco.
Accompagné seulement d’un guitariste
et de joueurs de palmas, Fernando
Terremoto donne à
son chant toute sa profondeur, laissant
sourdre dans ses psalmodies habitées
toute l’histoire du
Cante Jondo.
A
visiter : www.anegro.net/
Jeudi
14 février
à 20h30,
au
Centre
Culturel Georges Pompidou, Vincennes
Tarifs :
20
€ / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Dirty
Three
Warren
ELLIS violon / Mick TURNER
guitare / Jim WHITE batterie
Depuis
15 ans, le trio australien Dirty Three n’a
cessé de faire évoluer son univers et
de s’aventurer
toujours plus avant dans d’inédites
contrées sonores, sans pour autant
jamais dévier
de ses partis pris esthétiques d’origine
ni surtout renoncer à la singularité
de son instrumentation
minimaliste et funambulesque.
Dirty
Three a été créé à Melbourne en
1993 par Warren Ellis, violoniste de
formation classique
et membre du groupe de Nick Cave, The
Bad Seeds, le guitariste Mick Turner et
le batteur
Jim White, fondateurs du groupe Tren
Brother. Le trio s’est rapidement fait
remarquer par
l’extrême originalité de son rock
instrumental, mélancolique et
expérimental. Empruntant ses
influences tant au rock traditionnel qu’à
la musique contemporaine répétitive,
au jazz moderne
et à la musique folk, Dirty Three
développe en un discours sophistiqué,
une musique souvent
fondée sur des structures simples et
répétitives servant de supports à de
subtiles variations
d’humeur. Passant de formats
elliptiques à de longues suites
épiques, de ballades mélodiques
à d’intenses séquences bruitistes
aux tessitures violemment abstraites, le
groupe fonde
l’essentiel de son originalité sur l’alliage
sonore inimitable entre le violon
rugueux et somptueusement
mélodique de Warren Ellis, le phrasé
discontinu et dissonant de la guitare
de Mick
Turner et les pulsations tribales,
composites et minimalistes de Jim White.
Si
dans son dernier disque en date (Cinder,
paru en 2005) le trio a enrichi son
orchestration d’un
grand nombre d’instruments (du
bouzouki au piano en passant par la
mandoline, la
basse et l’orgue) intégrant même
pour la première fois une chanteuse à
son univers en la personne
de Chan Marchall (Cat power), Dirty
Three demeure l’un des groupes les
plus mystérieux
et singuliers de la scène rock
expérimentale contemporaine.
A
visiter : http://www.anchorandhope.com/
http://www.myspace.com/dirtythree
Vendredi
15 février
à 20h30,
au
Théâtre
Romain Rolland, Villejuif
Tarifs :
20,50
€ / 11 € (carte Sons d’hiver + TR)
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index
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Père
UBU "Winter in the Firelands"
David
THOMAS voix / Robert WHEELER
synthétiseur et theremin / Keith
MOLINÉ guitare /
Michele TEMPLE guitare basse / Steve
MEHLMAN batterie
Fondé
à Cleveland en 1975 par David Thomas,
chanteur charismatique, dévidant de sa
voix savamment
atonale et haut perchée de délicieuses
petites comptines dadaïstes, cruelles
et théâtrales,
Pere Ubu n’aura eu besoin que d’une
poignée de chef-d’œuvres entrés
directement
dans l’histoire de la musique pop The
Modern Dance, Dub
Housing, New Picnic Time
pour
s’imposer aux yeux de tous au tournant
des années 80 comme l’archétype
même du
groupe rock alternatif américain, tout
à la fois underground et arty, sauvage
et raffiné.
Le
groupe invente une musique fondée sur
une rythmique trépidante et
épileptique, des riffs de
guitare assassins et répétitifs, un
travail très élaboré et inhabituel
sur les tessitures orchestrales
mêlant dissonances abstraites et
synthétiques, bribes de musique
concrète et stridences
free électrique. Pere Ubu, capte le
chaos latent de l’époque et semble ne
jamais dévier
de sa ligne esthétique. Il ne cesse de
se métamorphoser et de se renouveler,
ouvrant ainsi
d’innombrables directions nouvelles au
rock d’avant-garde.
Pré
industriel, pré punk, pré no wave :
Pere Ubu aura été un peu tout ça à
la fois sans pour autant
que sa musique n’ait jamais pu être
cataloguée dans aucune de ces
catégories. Si
seul David Thomas demeure aujourd’hui
du groupe originel, Pere Ubu, toujours
aussi violemment
iconoclaste et viscéralement
indépendant de toute obédience
esthétique et de tout
pouvoir économique, continue sa
carrière souterraine avec une énergie
et une créativité intactes.
Pour preuve, ces quelques disques parus
depuis le tournant des années 2000, qui
assurément
comptent parmi les plus belles
réussites du groupe : le très sombre
et théâtral St.
Arkansas
(2002)
et le magnifique diptyque Why I Hate
Women et Why
I remix Women réalisé
en 2006. Plus que jamais marqué par l’inspiration
surréaliste et vénéneuse de son
leader
historique David Thomas, tout autant
auteur, compositeur que metteur en
scène de ses chansons
pensées à la manière de
courts-métrages cérébraux et
expérimentaux, Pere Ubu et son
univers abstrait demeurent un groupe de
rock d’exception.
A
visiter : www.ubuprojex.net
www.ubudance.com
www.myspace.com/pereubuworld
www.myspace.com/pereuburadio
Vendredi
15 février
à 20h30,
au
Théâtre
Romain Rolland, Villejuif
Tarifs :
20,50
€ / 11 € (carte Sons d’hiver + TR)
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Soirée
AACM
Great
Black Ensemble
Premier
concert en Europe
Mwata
BOWDEN direction orchestre / Douglas
EWART flûte / Mary OLIVER
violon / Ernest DAWKINS,
Edwin DAUGHTERY, Edward
WILKERSON, Léonard JONES, Matana
ROBERTS saxophones
/
Léon Q. ALLEN, Jérôme
CROSSWELL trompette / Ike
JACKSON, George LEWIS
trombone
/
Junius PAUL, Dawi WILLIAMS
basse / Dushun MOSLEY batterie
/ Tomeka REED violoncelle
/
Art TURK BURTON, Reggie
NICHOLSON percussion / KHARI.B.
poèmes /
Ann WARD,
Dee ALEXANDER, Saalik ZAYID,
Taalib-Din ZAYID voix
La
venue du Great Black Music Ensemble est
en soi un événement pour les amateurs
de jazz, musiques
improvisée et même, plus simplement,
pour les amateurs de musique en
général.
Ce grand orchestre est la dernière
formation issue de L’AACM. Elle
s'inscrit dans la continuité des
grandes formations antérieures de l’AACM
comme l’Experimental Band de Muhal
Richard
Abrams qui fut à l’origine de la
naissance du Collectif de Chicago né en
1965.
Le Great Black Music Ensemble, créé il
y a un peu plus de trois ans, n’a
jamais joué en Europe
et c’est en raison des contacts
étroits qui se sont créés entre Sons
d’hiver et l’AACM que
l’on peut bénéficier en France de ce
concert inédit.
La
composition de ce Great Black Music
Ensemble comporte chacune des six
générations de musiciens
qui marquent l’histoire de ce
collectif : des anciens de la première
génération comme
Leonard Jones et Edwin Daugherty aux
jeunes recrues comme Khari B. ou Junius
Paul. Et
même des collaborateurs associés comme
la violoniste Mary Oliver ou le
trompettiste Leon
Q. Allen. L’antenne new-yorkaise de l’AACM
est représentée par Georges Lewis et
Reggie
Washington. Ce Great Black Ensemble
dispose de leaders qui durant ces deux
dernières
décennies ont créé des orchestres
très représentatifs de l’évolution
musicale contemporaine
comme Edward Wilkerson et les 8 Bold
Soul ou encore Ernest Dawkins et les
Chicago
12.
Assister
à un concert du Great Black Music
Ensemble, c’est participer à une
fête musicale inoubliable.
Un banquet sonore et réjouissant qui
puise ses ressources artistiques dans
une multitude
d’éléments musicaux essentiels, le
premier de cet élément est bien sûr
la référence à LA
GREAT BLACK MUSIC. Les racines musicales
du blues, du swing, de l’histoire du
jazz sont convoquées
comme un long continuum qui se mêlent
aux audaces les plus contemporaines.
Le second élément fondamental de cet
ensemble réside dans un sens absolument
maîtrisé de l’improvisation
collective qui permet à l’orchestre
de sonner magnifiquement. Le troisième
élément
est la qualité technique instrumentale
de ses membres et leur inventivité qui
permet l’irruption
de solis passionnants.
Pour
ce concert à Sons d’hiver, le Great
Black Music Ensemble propose deux
programmes.
Le premier set sera consacré à un
"Tribute To Flechter
Henderson", l’inventeur du Big
Band. Cet hommage, dirigé par le
saxophoniste Mwata Boden qui est par
ailleurs le directeur du grand
orchestre de l’Université de Chicago,
a été créé en juillet dernier à
Chicago avec l’aide
du Jazz Institute.
Le deuxième set sera sous la direction
de Georges Lewis. Une manière
de parcourir ainsi tous les spectres de
la Great Black Music. Georges Lewis,
directeur
du "Center of jazz studies" de
l’université de Columbia à New-York,
et par ailleurs l'un
des meilleurs compositeurs contemporains
et praticiens de la musique
informatique, nous donnera
à découvrir ses talents de concepteur
musical pour grande formation.
Ce programme
est donc une parfaite présentation de
la démarche de L’AACM et idéal pour
une première
rencontre avec le Great Black Music
Ensemble.
A
visiter :
www.aacmchicago.org
Samedi
16 février
à 20h30,
au
Théâtre, Cachan
Tarifs :
18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
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index
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Festival
VISION VII
COOPER
-
MOORE Project
COOPER
- MOORE percussions, claviers, piano,
instruments home-made, voix /
Willie APPLEWHITE trombone
/ Darius JONES saxophone alto / Assif
TSAHAR saxophone ténor /
Nioka WORKMAN violoncelle
/ Chad TAYLOR batterie
Figure
iconoclaste et atypique de la scène
jazz afro-américaine new-yorkaise,
Cooper - Moore est certainement l’une
des plus belles (re)découvertes de ces
dix dernières années.
Influencé
très tôt par les univers lyriques de
Charles Mingus et Ornette Coleman,
Cooper -
Moore débuta une carrière de musicien
de jazz en compagnie du saxophoniste
David S.
Ware au tournant des années 70. Peu à
peu, il prit ses distances avec la
scène Loft, ne
mettant plus son art qu’au service du
théâtre underground et de la danse et
consacrant l’essentiel
de son temps à l’élaboration d’une
pédagogie expérimentale plaçant la
musique au
cœur de sa méthode d’enseignement.
Ce
n’est qu’au début des années 90,
lorsque le contrebassiste William Parker
l’invita à intégrer
son groupe In Order To Survive puis le
grand orchestre Little Huey Creative
Music Orchestra,
que Cooper - Moore retrouva la place qu’il
n’aurait jamais dû quitter dans le
paysage
jazzistique.
Enseignant,
psychologue, thérapeute chamanique,
poète surréaliste, militant
écologiste, Cooper
- Moore crée dès lors son propre
groupe, le Tryptich Myth, avec Tom Abbs
et Chad
Taylor, et initie un duo exceptionnel
avec le saxophoniste israélien Assif
Tsahar.
Musicien précieux, bricoleur génial de
ses propres instruments (de la harpe au
xylophone, du banjo
fretless à 3 cordes à la guimbarde
électrique…), poly-instrumentiste à
la virtuositéparadoxale et compositeur
unique, Cooper - Moore révèle l’extraordinaire
richesse poétique d’un
univers musical d’une singulière
étrangeté.
Cooper
- Moore réactualise tout l’imaginaire
du blues ancestral en une musique
résolument moderniste
synthétisant tous les acquis de
quarante ans de free jazz. Que ce soit
en solo ou comme
ici au sein d’un sextet âpre et
lyrique d’inspiration mingusienne dans
son instrumentation,
il branche son discours sur les rythmes
du corps, du souffle et de la voix et
s’impose
comme l’un des artistes les plus
passionnants de la musique
afro-américaine contemporaine.
Ce
nouveau projet de Cooper - Moore a été
créé lors du dernier Vision festival en
juin 2007 à New-York.
Dimanche
17 février
à 16h30,
à
la Salle
Gérard Phlippe, Bonneuil-sur-Marne
Tarifs :
18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
|
Festival
VISION VII
Kidd
JORDAN/Milford GRAVES/William PARKER
Kidd
JORDAN saxophones / Milford GRAVES
batterie / William PARKER
contrebasse
C’est
à une rencontre passionnante entre
trois monstres sacrés de la musique
afro-américaine que
nous convie ce soir le festival Vision
accueilli comme chaque année par l’équipe
de Sons d’hiver.
Trois personnalités hors du commun ;
trois moments de l’histoire du jazz
moderne ; trois
territoires bien distincts sur la
cartographie complexe de la jazzosphère.
Véritable
légende vivante, Milford Graves est l’un
des musiciens phares de la révolution
free, l’un
de ceux qui surent ouvrir au swing de
nouveaux horizons en inventant un
nouveau style de
batterie, définitivement affranchi de
toute préoccupation d’accompagnement
et de marquage
rythmique. Batteur du New York Art
Quartet et du Jazz Composer’s
Orchestra, partenaire
d’Albert Ayler, de Don Pullen ou de
Cecil Taylor, Milford Graves a introduit
dans le
jazz une pulsation nouvelle, libertaire
et sensualiste, avec les tensions et
utopies de son temps.
Kidd
Jordan, originaire de la
Nouvelle-Orléans où il vit et
enseigne, fait partie de ces saxophonistes
au son ample et tourmenté,
profondément ancré dans le blues, qui
ont fait la
richesse du post free des années 70.
Partenaire des principaux représentants
de la Loft Generation
new-yorkaise (de Julius Hemphill à
David Murray en passant par Oliver Lake
ou Sam
Rivers), mais aussi fondateur avec Alvin
Fiedler de l’Improvisationnal Art
Ensemble, Kidd
Jordan, attiré par les thèses
syncrétiques de la Great Black Music, a
multiplié depuis les
années 80 les rencontres avec les
musiciens de Chicago, Fred Anderson
notamment…
William
Parker enfin, contrebassiste au style
puissant et tellurique, compagnon de
route de Cecil
Taylor, David S. Ware, ou encore Charles
Gayle, est aujourd’hui sans conteste
l'un des
pivots autour duquel gravite
l'avant-garde de la musique noire
new-yorkaise. Sideman infatigable,
composant avec son complice Hamid Drake,
William Parker est le catalyseur d’un
grand
nombre de projets et celui qui fait lien
entre toutes les générations et les
tendances du
jazz afro-américain.
Ces
trois géants inventent une musique
lyrique, sensuelle et flamboyante, d’une
modernité radicale
dans le geste et comme hantée par toute
l’histoire de la musique
afro-américaine, magistralement
revisitée.
A
visiter : www.visionfestival.org
Dimanche
17 février
à 16h30,
à
la Salle
Gérard Philippe, Bonneuil-sur-Marne
Tarifs :
18
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
|
"Le
Cabaret des Musiques à Ouïr"
LA CAMPAGNIE DES MUSIQUES À OUÏR +
invités
Denis
CHAROLLES arrosoir, graviers,
percutterie, clairon et embouchures à
bouches, chant /
Frédéric GASTARD saxophones,
grand synthétiseur / Alexandre
AUTHELAIN clarinette basse, saxophone
Invités
– François
PIERRON : contrebasse / René
LACAILLE : accordéon / Julien
EIL : clarinette basse, flûte
traversière
/ Loïc LANTOINE, Éric
LAREINE, René LACAILLE, Maggie
NICOLS chant / ROUDA slam
Ils
ne sont que trois les pieds nickelés de
la Campagnie des Musiques à Ouïr, mais
quand ils s’embarquent
dans la folie douce de leur spectacle
total, c’est comme si soudain un big
band foutraque
et joyeusement composite se mettait
doucement en branle, souple,
dégingandé et brinquebalant.
Il faut dire que les doux rêveurs de ce
groupuscule de poche, Alexandre Authelain
aux clarinettes et saxophones (nouveau
venu dans l’aventure en lieu et place
de Christophe
Monniot), Frédéric Gastard aux
synthétiseurs rétro-futuristes et
Denis Charolles à la
batterie et autres objets divers…,
sont devenus au fil des concerts des
sortes d’experts en matière
d’illusionnisme sonore.
Avec
un art consommé du détournement, du
recyclage et de l’hybridation
esthétique généralisée,
la Campagnie des Musiques à Ouïr
invente un univers musical singulier,
sorte de
cabaret free désinvolte, de music-hall
déjanté, dadaïste et féerique,
accumulant et compressant
avec une allégresse communicative tous
les genres (du free jazz au bal musette,
de la
chanson populaire au rock) pour les
restituer en formes nouvelles,
malicieusement cabossées
et enchâssées. Après Yvette Horner et
Brigitte Fontaine, qui furent parmi les
premières
à s’aventurer dans cette vaste
entreprise de déconstruction, la
Campagnie s’est fait
une spécialité de convier chaque fois
de nouveaux artistes à venir participer
à la fête.
Outre
Eric Lareine (déjà présent la saison
dernière), auteur compositeur inspiré
de chansons à
la fois violentes et douces-amères,
lyriques et teintées d’humour
absurde, sont cette fois invités
à se croiser sur scène : Loïc
Antoine, autre figure atypique et
iconoclaste de la jeune chanson
française ; la diva free-rock Maggie
Nicols ; le slam fluide et poétique de
Rouda (membre
du collectif historique 129H) ; l’accordéon
créole et chatoyant du réunionnais
René
Lacaille. Un cocktail bordélique et
joyeux, virtuose sans en avoir l’air,
souvent émouvant,
parfois burlesque, toujours casse-gueule
et engagé, qui offre ce même petit
frisson précieux
au spectateur qui se laisse aller dans
la danse : le sentiment d’être en vie
!
A
visiter : www.musicaouir.fr
www.myspace.com/loiclantoine
www.maggienicols.com
www.renelacaille.com
Mardi
19 février
à 20h30,
au
Théâtre
Antoine Vitez, Ivry
Tarifs :
19
€ / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
Lenine
LENINE
voix, guitares / Pantico ROCHA
batterie, percussion / JR TOSTOI
guitares / GUILA basse
En
une petite quinzaine d’années d’activisme
tous azimuts et une poignée d’albums
essentiels O
Dia Em Que Faremos Contato, Ohlo de Peixe et
No Pressao, d’ores et déjà des
classiques,
Lenine a su s’imposer sur toutes les
scènes du monde. Il s'affirme non seulement
comme la
nouvelle figure emblématique de la musique
populaire brésilienne contemporaine (cette
fameuse MPB en révolution permanente), mais
aussi comme l’un des artistes de notre
époque les
plus à même de cristalliser les tensions
et contradictions de notre monde globalisé.
Auteur
compositeur inspiré, producteur et
arrangeur surdoué, Lenine, embarqué dans
une traversée
oblique des grands courants populaires qui
ont fait la modernité musicale du Brésil
(de la samba
ancestrale et archaïque à la truculence
baroque du tropicalisme), aime se présenter
comme un troubadour post-moderne, héritier
des repentistas, ces poètes, improvisateurs,
chroniqueurs sociaux et politiques de son
Nordeste natal.
Se
reconnaissant dans le
"cannibalisme" esthétique propre
à la culture créole (conceptualisé
par le
"mouvement anthropophagique" d’Oswald
de Andrade au début du XXe siècle),
Lenine
invente un univers hybride, savamment
hétéroclite, littéralement en fusion, dans
son souci
de capter, ingérer, intégrer, digérer en
formes neuves toute la richesse du monde…
Dans cet univers sonore composite, on peut
distinguer, de façon plus ou moins
subliminale, l'Afrique
des esclaves : la cantoria, chant
sacré de dévotion teinté d’animisme
africain mais aussi
le maracatu et la forro,
musiques de danse et d'exutoire social. On
peut aussi y percevoir
la suavité chantante et mélancolique de la
langue portugaise ainsi que la violence
électrique
et adolescente du rock le plus
énergétique, les rythmes trépidants des
mégapoles contemporaines (du hip hop aux
dernières pulsations technoïdes) et
l'énigmatique écho des grandes
civilisations indiennes précolombiennes...
C'est
l’extraordinaire luxuriance baroque d’un
monde constamment tiraillé entre archaïsme
et hyper-modernité,
sens du terroir et universalisme
démocratique que Lenine parvient à nous
faire sentir
physiquement dans sa musique organique et
inspirée. Une plongée sensorielle au
cœur du
réel.
A
visiter : www.lenine.com.br
Jeudi
21 février
à 20h30,
à
la Maison
des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs :
20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
Joe
HENRY
Joe
HENRY chant, guitare / Dave PILTCH
basse / Jay BELLEROSE batterie
Électron
libre de la scène pop alternative
américaine contemporaine, Joe Henry fraye
depuis de
longues années son chemin à contre-courant
des tendances des musiques actuelles.
Il développe un univers raffiné, dandy et
littéraire, original dans sa façon de
réenvisager les mythes
fondateurs de l’imaginaire américain en
se jouant constamment des clichés qui lui
sont associés.
Ses albums rock, Murder of Crows et Shuffletown,
lui assurent une certaine renommée
dans le milieu alternatif.
Accompagné
des Jayhawks, Joe Henry fait sensation au
tournant des années 90 avec deux albums
d’inspiration country rock, Short Man’s
Room en 1992 et Kindness of the World
en 1993.
Il inaugure ici ce qui allait devenir sa
marque de fabrique : cette dérive
stylistique très concertée
à travers l’éclectisme du continent
musical populaire américain, de la soul au
rock’n’roll
en passant par la country et le jazz.
Poursuivant son parcours artistique avec
deux albums
plus expérimentaux (Trempoline en
1996 et Fuse en 1999, produit par
Daniel Lanoix),
Joe Henry trouve véritablement sa voix à
partir des années 2000 avec une trilogie
discographique,
Scar en 2001, Tiny Voices en
2003 et Civilians en 2007, qui s’impose
d’ores et
déjà comme l’une des plus abouties et
personnelles de ce début de siècle.
Entouré
de formations hybrides mêlant habilement
musiciens pop (Jim Keltner, Meshell NdegeOcello)
et jazzmen de renoms (Brad Melhdau, Don
Byron, Marc Ribot, Bill Frisell et même
Ornette Coleman), Joe Henry s'impose comme l’un
des songwriters les plus originaux et
inspirés de ces dernières années et
surtout comme un extraordinaire metteur en
scène de son
propre univers. Élaborant ses chansons
comme des petites nouvelles oniriques avec
un vrai
sens de la dramaturgie et de la métaphore
obsédante, il greffe sur des balades pop
rock vénéneuses
et dépressives la sensualité trouble de la
soul et le sens de l’improvisation du
jazz. Joe
Henry invente ainsi une musique étrange
pulsée de rythmes alanguis et langoureux,
à la fois
lyrique et magnifiquement elliptique.
Quelque
part entre le minimalisme sensuel de la
prose de Raymond Carver, la liberté nomade
du cinéma de Robert Franck et la puissance
hypnotique des images d’Edward Hopper,
les chansons de Joe Henry proposent à leur
tour une plongée hallucinatoire au cœur
de l’Amérique fantôme.
A
visiter : www.joehenrylovesyoumadly.com
Vendredi
22 février
à 20h30,
à
la Maison
des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs :
20
€ / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
|
MASSACRE.
Bill
LASWELL/Fred FRITH/Charles
HAYWARD
Bill
LASWELL basse / Fred FRITH
guitare électronique / Charles HAYWARD
batterie, mélodica, voix
C’est
à New York au tournant des années 80, en
pleine période no wave, que le guitariste
Fred Frith,
figure clef de la scène rock progressive
expérimentale britannique (il est le
cofondateur du
mythique groupe Henry Cow) s’associa à
deux jeunes musiciens américains à
l’orée
de leur carrière, Bill Laswell à la
basse et Fred Maher à la batterie, pour
créer le groupe
Massacre et enregistrer un premier disque
Killing Times qui fit instantanément l’effet
d’une
bombe.
Massacre
propose un cocktail avant-gardiste de
musique noise violemment abstraite, de
grooves
funk dévastateurs, de punk rock
énergétique et de free music d’inspiration
européenne.
Ce power trio se propulse en première
ligne de ces formations new-yorkaises
underground
cherchant à marier en formes neuves et
hybrides la sophistication instantanée
de l’improvisation
libre et l’énergie du rock le plus
brut.
Si
l’influence de Massacre fut aussitôt
reconnue comme décisive les trois hommes
n’allèrent pas
plus loin dans l’aventure et se
séparèrent. Ce n’est qu’en 1998 que
Fred Frith et Bill Laswell
décidèrent de reformer ce groupe devenu
culte en proposant à Charles Hayward de
remplacer
Maher à la batterie. Leader au tournant
des années 80 du trio expérimental The
Heat, très
proche de Massacre dans son orchestration
comme dans son esthétique mêlant post
punk, rock progressif, musique concrète
et improvisation libre, Hayward releva le
défi.
Enregistrant pour le label Tzadic un
nouveau disque, Funny Valentine,
Massacre renaît de ses
cendres 17 ans après sa dissolution. Le
groupe a sorti quelques nouveaux disques
(Meltdown
(2001) et Lonely Heart (2007))
dans la lignée de ce brûlot prophétique
qu’était Killing
Times.
Il
y a dans cette musique ramassée sur
elle-même comme une boule d’énergie
brute, pulsée de
grooves funk imparables, puissamment
lyrique dans sa façon inimitable d’insérer
dans des textures
sonores complexes et abstraites des
fragments de mélodie pure. Une jeunesse
et une tension
vitale plus que jamais en phase avec notre
temps.
A
visiter : www.fredfrith.com
www.myspace.com/fredfrithmusic
Vendredi
22 février
à 20h30,
à
la Maison
des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs :
20
€ / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
TAMAR-KALI
TAMAR-KALI
voix, guitare / Jérôme JORDAN
guitare / Thom LOUBET guitare /
Jeremiah HOSEA basse
/ Mark ROBOHM batterie
La
chanteuse et guitariste afro-américaine
Tamar-kali est l’une des artistes les plus
représentatives
de l’extraordinaire bouillonnement
créatif de la scène black rock underground
new-yorkaise depuis les années 90.
Chanteuse
à ses débuts de groupes obscurs comme
Funkface et Song of Seven, proposant, à
contre-courant
de la vague hip hop, une musique hybride,
mélange détonnant de reggae, de soul
punk et de hardcore (dans la continuité de
groupes mythiques comme Bad Brains ou
Fishbone ),
Tamar-kali s’est forgée une personnalité
hors norme, volontiers provocatrice, dissimulant
derrière une féminité agressive et
ironiquement sensuelle, une sensibilité à
vif et un
sens musical d’une grande subtilité. On n’emprunte
pas impunément le nom de Kali, la
déesse de la
mort dans la mythologie hindouiste.
Multipliant
les collaborations (on l’a entendu
récemment avec Outkast ainsi qu’au sein
du groupe
de reggae fondé par le new-yorkais Ticklah,
Easy Star All Stars), Tamar-Kali, militante
féministe
fortement engagée politiquement, cherche à
décloisonner les genres et à briser les
stéréotypes
raciaux, sexuels et culturels. Elle est de
plus engagée dans des projets musicaux
d’inspirations
très différentes et dirige notamment le
Psycho Chamber Orchestra, sextet à cordes
atypique composé uniquement de femmes.
Tamar-kali
se présente à Sons d'hiver avec son groupe
le plus résolument rock, 5ive-Piece.
Composé de trois guitares toutes en
distorsions dissonantes et d’une rythmique
épileptique, les
5ive-Piece, concassant en un déluge de
décibels soul, afro-punk et hardcore,
inventent une musique
directe et énergétique, portée par la
voix chaude et sensuelle de Tamar-Kali.
Quelque chose d’essentiel de l’Amérique
noire d’aujourd’hui se fait entendre
dans cette frénésie
sonique.
A
visiter : www.myspace.com/tamarkali
Samedi
23 février
à 20h30,
à
la Maison
des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs :
20
€ / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
|
index
THE
BLACK ROCK COALITION ORCHESTRA
salutes James BROWN
Gene
WILLIAMS direction musicale,
clavier, voix / George THOMAS
O'BRYANT (GTO) voix /
Aminah HASSELL (QUEEN
AMINAH) voix / Manchild BLACK,
voix / Ron MUNROE, basse
/
Michael HILL guitare,
voix / Kelvyn BELL
guitare, voix / Roger BYAM
saxophone, voix /
Wayne COBHAM
trompette, voix / Cornell
MCGEE trombone, voix / Fred
ALIAS percussion /
Gary FRITZ percussion
La
Black Rock Coalition a été
fondée en 1985 par Vernon Reid,
guitariste et leader du groupe
Living Colour, Greg Tate le
journaliste du Village Voice et la
productrice de film Konda
Mason. Dans la ligne des thèses
défendues par des organisations
historiques comme la
Jazz Composers’ Guild ou l’AACM,
la Black Rock Coalition milite
depuis ses origines contre
la discrimination raciale dans l’industrie
du disque et pour le droit à
l’autodétermination
de la communauté afro-américaine
dans ses choix esthétiques.
Le
projet initial était centré sur
la nécessité de réintégrer le
rock et son histoire dans la
musique
afro-américaine. Parmi la liste
des groupes et musiciens membres
de la coalition, on peut
trouver Steve Coleman, Bilal,
Chocolate Genius, Cassandra
Wilson, Don Byron, Meshell NedegeOcello,
DJ Spooky, etc. Le collectif se
réunit régulièrement en
orchestres à géométrie variable
pour célébrer les grands noms de
la musique noire américaine
populaire. Après avoir
récemment rendu hommage aux
musiques de Jimi Hendrix, Sly
Stone ou Stevie Wonder c’est
cette fois au funk viril et
sensuel du Parrain de la soul,
James Brown, que la Black Rock
Coalition
a décidé de consacrer son
nouveau projet. Dirigé par le
très funky Gene Williams, ce
mini big band mêle des
personnalités de toutes
générations, des vétérans
comme Michael Hill,
co-fondateur de Living Colour ou
Wayne Cobham, trompettiste dans
des orchestres comme
The Temptations ou Kool and the
Gang ainsi que des représentants
de la nu-soul et du
rap comme Queen Aminah ou GTO. Il
propose une relecture passionnante
de l’univers de Mr
Dynamite. Ce projet "James
Brown" a été créé en juin
dernier à New-York. Son intérêt
tient
autant à la qualité
d'interprétation des musiciens
qu'à leur propre sens du respect
de la musique
de James Brown. Inutile de
rappeler, que c'est avec un
bonheur absolu que l'on réécoute
défiler sur scène les titres les
plus célèbres du Godfather of
Soul. Servis à la fois d'une
façon fidèle et iconoclaste.
Fidèle, car il est étonnant de
voir que cette musique de James
Brown est connue dans ses moindres
détails. Iconoclaste car George
Thomas O'Bryant(GTO) est un
parfait chanteur - danseur aimant
inventer et porter la danse et
gestuelle du Maître
à la limite de la parodie dans la
pure tradition des "minstrels".
Il permet aux différents solistes
d'exprimer à leur manière la
musique de James Brown.
Plongeant
aux racines du funk (le rythm’n’blues,
le gospel) pour mieux se propulser
en une profusion
de rythmes, de voix emmêlées et
d’improvisations flamboyantes
dans les formes expérimentales
du jazz et du hip hop
contemporains, c’est toute l’inventivité
de la musique afro-américaine
contemporaine qui trouvent là à
s’exprimer. Il est impossible de
résister à une
furieuse envie de danser durant ce
concert.
A
visiter : www.blackrockcoalition.org
www.myspace.com/blackrockcoalition
Samedi
23 février
à 20h30,
à
la Maison
des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs :
20
€ / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)
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