Festivals 2007-08 => Sons d'hiver
 


17ème ÉDITION

http://sonsdhiver.org/fr/

 
 

La Ré-invention permanente du Bonheur

Voici le programme de la 17ème édition de Sons d’hiver. Derrière ces quelques pages se cachent les rêves d’un festival à venir, de musiques à aimer. Un seul désir guide les intentions de ce programme, il peut sembler prométhéen à certains, irréaliste à d’autres. Ce désir tient pourtant à la dimension profondément humaine de l’art musical : être un choc émotionnel enthousiasmant, inoubliable et bouleversant. Pour tenter ce pari, Sons d’hiver vous invite parmi des chemins multiples et aventureux.

Le premier mène à Chicago. Mémoire vivante de la musique afro-américaine, unanimement respecté par ses pairs, Fred Anderson ouvre le festival avec son Velvet Trio. Il précédera les Chicago 12 d’Ernest Dawkins et le dernier volet de leur trilogie consacrée aux mouvements des droits civiques. Cette ouverture flamboyante à l’esprit Great Black Music ne pouvait qu’entraîner la première venue en Europe du grand orchestre de l’AACM : le Great Black Ensemble.

De New-York répondront d’autres accents de musiques vivantes, free et tonique avec cette septième invitation donnée au Vision festival : dramaturgie lyrique du trio Jordan/Parker/Graves et humour dynamique de Cooper-Moore. L’ensemble de ces concerts est inédit en France et est la preuve que le jazz, le free jazz, sont des musiques dotées d’une longue histoire en pleine créativité.

Autre chemin musical, les soirées jazz-impro-hip-hop apportent des espaces nouveaux au rap et au jazz. Brother Ali, le rappeur au flow voluptueux de Minnéapolis et la rencontre Chuck D et Archie Shepp à laquelle sont conviés deux des meilleurs rappeurs hexagonaux, en sont un exemple parfait. Steve Coleman et Opus Akoben vont révéler quant à eux des constructions rythmiques innovantes et envoûtantes alors que les audaces de Burnt Sugar et Greg Tate provoquent des déflagrations surprises et improvisées dans la lignée des "conductions" de Butch Morris. Les musiques d’aujourd’hui deviennent alors un territoire d’imagination sans fin.

C’est ce que nous montre la diversité sophistiquée des improvisateurs européens Pool Players, Les Temps Changent d’Hélène Labarrière, Rockingchair. Une improvisation qui bascule au plus profond de l’extravagance poétique car "L’art du Duo" de Bernard Lubat, la rencontre Kassap/Bonnaffé, le Cabaret des Musiques à ouïr pratiquent une sorte de rapport dadaïste au spectacle musical où le ludique devient l’écrin de l’expression libre. Ce baroque underground à la française répond en parfait écho à d’autres extrêmes sonores : celles des soirées rock du festival.

Pere Ubu, ce groupe lui aussi dadaïste, se délecte de la beauté de l’irrespect et provoque un bien-être décapant. De quoi libérer une voie propice à l’énergie des improvisations débridées de Dirty Three et au mythique groupe free-noise Massacre. Ces trois concerts intenses contrasteront avec les échappées poétiques si sensibles de Joe Henry. La programmation de Sons d’hiver évolue donc durant ces trois semaines dans les univers multiples des musiques d’aujourd’hui.

Ces musiques ont toutes la particularité de nous révéler notre sensible contemporain. Elles sonnent comme un esprit irrésistiblement libre. Et dans un monde d’affairisme arrogant, de racisme banalisé et de catastrophes écologiques annoncées, elles sont un désir permanent de ré-invention du bonheur. La musique est une fête. Comme celle des soirées flamenca ou brésilienne.

Une fête en final du festival avec la venue de la Black Rock Coalition qui célèbrera son Salute to James Brown.

Fabien Barontini,
Directeur de Sons d'hiver


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Vendredi 1er février 2008

20h30 : espace André Malraux
Le Kremlin Bicêtre

 

 

Hamid DRAKE/Harrison BANKHEAD/
Fred ANDERSON "
THE VELVET TRIO"

Ernest DAWKINS & CHICAGO 12. PART III.
"
TRIBUTE TO EMMETT TILL"

Samedi 2 février 2008

20h30 : espace André Malraux
Le Kremlin Bicêtre


 

Jazz et Hip-Hop

BROTHER ALI

BURNT SUGAR THE ARKESTRA CHAMBER
"
MORE THAN POSTHUMAN
RISE OF THE MOJOSEXUAL COTILLON"

Dimanche 3 février 2008

17h00 : Église Notre-Dame
Saint-Mandé

Mardi 5 février 2008

20h30 : espace Jean Vilar
Arcueil

Mercredi 6 février 2008

20h30 : théâtre Jean Vilar
Vitry-sur-Seine

 

Jazz et Hip-Hop

Archie SHEPP/Chuck D. PROJECT

Vendredi 8 février 2008

20h30 : théâtre Paul Eluard
Choisy-le-Roi

 

Sylvain KASSAP/Jacques BONNAFFÉ Duo

Bernard LUBAT "L'ART DU DUO"
François CORNELOUP/Fabrice VIEIRA/Médéric COLLIGNON

Samedi 9 février 2008

20h30 : salle Jacques Brel
Fontenay-sous-Bois

Lundi 11 février 2008

20h30 : Théâtre-Studio 
Alfortville

Mardi 12 février 2008

20h30 : Grange Galliéni
Cachan

Jeudi 14 février 2008

20h30 : centre culturel
George Pompidou

Vincennes

 

Soirée flamenca

GUITARRAS DE GRANA.
Paco CORTÉS/Emilio MAYA/Miguel OCHANDO

Fernando TERREMOTO

Vendredi 15 février 2008

20h30 : théâtre Romain Rolland
Villejuif

Samedi 16 février 2008

20h30 : Théâtre
Cachan

 

Soirée AACM

GREAT BLACK ENSEMBLE

Dimanche 17 février 2008

16h30 : salle Gérard Philippe
Bonneuil-sur-Marne

Mardi 19 février 2008

20h30 : théâtre Antoine Vitez
Ivry-sur-Seine

 

"Le Cabaret des Musiques à Ouïr"
LA CAMPAGNIE DES MUSIQUES À OUÏR + invités

Jeudi 21 février 2008

20h30 : Maison des Arts
André Malraux
, Créteil

 

LENINE

Vendredi 22 février 2008

20h30 : Maison des Arts
André Malraux
, Créteil

 

Joe HENRY

MASSACRE.
Bill LASWELL/Fred FRITH/Charles HAYWARD

Samedi 23 février 2008

20h30 : Maison des Arts
André Malraux
, Créteil

 
Sommaire
 

Le Théâtre-Studio
18 r. Marcelin Berthelot
94140 Alfortville
École Vétérinaire

Tél : 01 43 76 86 56


Espace Jean Vilar
1 r. Paul Signac
94110 Arcueil
RER B
Arcueil-Cachan

Tél : 01 46 15 09 93


Salle Gérard Philippe
2 av. Pablo Neruda
94380 Bonneuil-sur-Marne
Créteil-Préfecture
puis Bus 308 ou 117 
Mairie de Bonneuil
ou RER A Sucy-Bonneuil
puis Bus 308 Mairie de Bonneuil

Tél : 01 45 13 88 24


Grange Galliéni
2 rue Galliéni
94230 Cachan
RER B
Arcueil-Cachan

Tél : 01 49 69 17 90


Théâtre
21 av. Louis Georgeon
94230 Cachan
RER B
Arcueil-Cachan

Tél : 01 45 47 72 41


Théâtre Paul Eluard
4 av. de Villeneuve Saint-Georges
94600 Choisy-le-Roi
RER C
Choisy-le-Roi

Tél : 01 48 90 89 79


La Maison des Arts André Malraux
Place Allende
94000 Créteil
Créteil - Préfecture

Tél : 01 45 13 19 19


Salle Jacques Brel
164 bd Galliéni
94120 Fontenay-sous-Bois
RER A
Val-de-Fontenay

Tél : 01 49 74 79 10


Théâtre Antoine Vitez
1 rue Simon Dereure
94200 Ivry-sur-Seine
Mairie d'Ivry

Tél : 01 46 70 21 55


Espace André Malraux
2 place Victor Hugo
94270 Le Kremlin Bicêtre
Le Kremlin Bicêtre

Tél : 01 49 60 69 42


Église Notre-Dame
84 av. du Général de Gaulle
94160 Saint-Mandé
Saint-Mandé Tourelle

Tél : 01 49 57 78 90


Théâtre Romain Rolland
18 rue Eugène Varlin
94800 Villejuif
Villejuif - Paul Vaillant Couturier

Tél : 01 49 58 17 00


Centre Culturel George Pompidou
142 rue de Fontenay
94300 Vincennes
Château de Vincennes

Tél : 01 53 66 16 70


Théâtre Jean Vilar
1 place Jean Vilar
94400 Vitry-sur-Seine
Porte de Choisy

Tél : 01 55 53 10 60


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Hamid DRAKE/Harrison BANKHEAD/Fred ANDERSON

"The VELVET Trio"

Fred ANDERSON saxophones / Harrisson BANKHEAD contrebasse / Hamid DRAKE batterie

Fred Anderson est longtemps demeuré l’un des secrets les plus précieusement gardés de la
riche scène chicagoane. Il aura fallu attendre l’émergence au milieu des années 90 du
saxophoniste Ken Vandermark et de toute cette nébuleuse de jeunes musiciens bien décidés à
renouer les liens distendus entre styles et générations, pour qu’on s’avise en Europe de ce
très grand saxophoniste, partenaire dès l’origine des activistes de l’AACM. Fred Anderson a
élaboré dans l’ombre une oeuvre éminemment personnelle, radicalement ancrée dans le
blues, marquée aussi bien par la profonde spiritualité de la geste coltranienne que par les
thèses syncrétiques de la Great Black Music.

Célébré désormais comme une légende vivante, Fred Anderson, 78 ans cette année, n’a plus
grand-chose à prouver. Le saxophoniste fait partie de ces musiciens pour qui jouer et vivre ne
sont qu’une seule et même chose, et jamais sa musique n’a semblé plus neuve et inventive
qu’aujourd’hui. Styliste d’exception, Fred Anderson fait naturellement le lien entre les grands
classiques du saxophone ténor (Lester Young, Coleman Hawkins) dont l’intelligence aiguë du
swing continue de l’influencer en profondeur, et les hérétiques flamboyants de la modernité,
modèles insurpassables en matière d’engagement émotionnel et d’émancipation créatrice.
Fred Anderson incarne désormais une certaine continuité esthétique, politique et poétique
entre les différentes époques et courants du jazz afro-américain qu’il aura traversés au cours
de sa longue carrière.

Créé avec Hamid Drake et Harrison Bankhead, le Velvet Trio est à ce titre parfaitement représentatif de cette façon singulière qu’a Fred Anderson de s'inscrire à la fois dans le présent le plus immédiat de la musique noire et dans une sorte de dialogue à distance avec les maîtres de l’histoire du jazz. Confortablement installé au cœur pulsatif d’une rythmique
menée par le drive inimitable de Hamid Drake, riche de toutes les traditions de la batterie post bop (d’Elvin Jones à Milford Graves), Fred Anderson revisite cinquante ans de trio saxophone-basse-batterie et en une musique tour à tour abstraite et mélodique, toujours profondément lyrique et méditative, marque définitivement le genre de son empreinte inimitable.

Le groupe s'est baptisé "TheVelvet Trio" en hommage au Velvet Lounge, le légendaire club de jazz de Chicago. Bar de quartier, le Velvet Lounge fut transformé peu à peu par le saxophoniste Fred Anderson en club de jazz à la fin des années 70. Considéré par Steve Lacy comme le temple du jazz, accueillant les meilleurs créateurs de l'Avant Garde et du jazz, ce club est toujours dirigé aujourd'hui par Fred Anderson.

A visiter : www.velvetlounge.net


Vendredi 1er février à 20h30, à l'Espace André MALRAUX, Le Kremlin Bicêtre
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8 € (étudiants)

 
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Ernest DAWKINS & CHICAGO 12. PART III.
"Tribute to Emmett TILL"

Ernest DAWKINS composition, direction, saxophone / Khari B. spoken words / Aaron GETSUG
saxophone baryton / Greg WARD saxophone alto / Kevin NABORS saxophone / Norman PALM
III trombone / Corey WILKES trompettes / Harrisson BANKHEAD, Josh ABRAMS contrebasse /
Justin DILLARD piano / Isaiah SPENCER, Hamid DRAKE batterie + invitée : Dee ALEXANDER voix

Après avoir accueilli en 2004 et 2006 la création des deux premiers volets de cette ambitieuse suite musicale, imaginée par Ernest Dawkins comme une sorte d’évocation militante et artistique du mouvement des droits civiques à Chicago, le festival Sons d’hiver est heureux d’offrir au public la dernière partie de cette trilogie flamboyante, qui fera date.

La trilogie a été inaugurée par l’évocation ironique et grinçante de l’épisode ubuesque du procès des Chicago 7, ces célèbres activistes de la cause noire, jugés bâillonnés et sans défense lors d’une parodie de procès en 1969. Elle a été poursuivie par l’hommage vibrant rendu à Fred Hampton, jeune militant de 20 ans du Black Panther Party, assassiné par le FBI et la police de Chicago le 4 décembre 1969. Cette trilogie trouve ici sa conclusion dans une longue fresque musicale dédiée à la mémoire d’Emmett Louis "bobo" Till, véritable icône dans la communauté afro-américaine.

L’assassinat raciste en 1955 de ce jeune garçon noir de 14 ans originaire de Chicago, torturé pendant des heures lors de ses vacances passées auprès de sa famille du delta du Mississipi, et l’acquittement de ses assassins par la justice sudiste, font partie de ces épisodes tragiques qui demeurent gravés dans les esprits aux USA et qui sont à l’origine du mouvement des droits civiques. Des militantes de la NAACP, déguisées en récolteuses de coton, permirent de retrouver le corps du jeune adolescent et ses assassins. Mamie Till, sa mère, se dépensa sans compter pour dénoncer le crime dont son enfant avait été victime. Elle réussit à faire publier les photos du cadavre mutilé d'Emmett dans la presse, et l'enterrement de l'enfant fut l'occasion d'un grand moment de protestation civique. En 2004, le ministère de la justice des Etats-Unis décida de rouvrir le dossier du procès pour découvrir tous les complices du meurtre. Dans les années 60, Bob Dylan signa une chanson évoquant cette tragédie, "The Death of Emmett Till". Cette longue et ambitieuse composition spontanée, en
s’inscrivant résolument dans la tradition syncrétique de la Great Black Music, touche au-delà du militantisme par sa puissance émotionnelle et la force vitale qui paradoxalement s’en dégage.

Dirigé par le saxophone très vocalisé d’Ernest Dawkins, ancien président de l’AACM, ce petit big band expressionniste propulsé par une section rythmique renforcée (deux contrebasses et deux batteries), propose en une musique complexe et vibrante, une oeuvre d’une grande intensité dramatique ; célébrant en un langage personnel et très contemporain le combat toujours recommencé pour la dignité et la liberté. Empruntant ses formes et sa syntaxe à tous les genres constituant la musique noire d’aujourd’hui, du blues au swing en passant par l’improvisation free et le spoken word du jeune poète Khari B., les Chicago 12 signent certainement là une de leurs œuvres les plus abouties et mettent un point final magistral à ce triptyque du jazz afro-américain contemporain.

A visiter : http://chi-creates.tv
www.emmetttillmurder.com


Vendredi 1er février à 20h30, à l'Espace André MALRAUX, Le Kremlin Bicêtre
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8 € (étudiants)

 
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Jazz et Hip-Hop

 BROTHER ALI

BROTHER ALI MC rap / Toki WRIGHT voix / BK ONE DJ

C’est à Sons d’hiver en janvier 2006, au sein du groupe internationaliste et libertaire Ursus Minor, que le public a eu la chance de découvrir Brother Ali, MC virtuose et incendiaire dévastant tout sur son passage par la puissance incantatoire d’un flow souple et hargneux tout en projection pulsionnelle et énergies contrôlées.

Aujourd’hui, si Brother Ali a fait son chemin et s’impose désormais comme l’une des valeurs les plus sûres du hip hop underground contemporain US, son intégrité artistique et sa soif d’expérimentation demeurent intactes. Ses deux derniers disques, Champion et tout récemment The Undisputed Truth, brillamment produits par Ant (membre fondateur du duo
Atmosphere) et parus sur le label collectiviste de Minneapolis Rhymesayers (repaire également du rappeur Eyedea), sont là pour le prouver. En effet, ces deux albums comptent certainement parmi les plus belles réussites du genre en ce début de millénaire, par la finesse des samples et des beats puisés dans les riches heures du funk et du jazz soul des années 70
et par la qualité poétique de textes ultra réalistes aux fortes connotations autobiographiques.
Il faut dire que, blanc albinos adopté par une famille noire musulmane, Brother Ali sait dans sa chair ce que signifient la question raciale et la pauvreté aux Etats-Unis.

Projetant de sa voix riche, puissante et souple qui prend progressivement du grain au fur et à mesure que la tension monte, des textes crus, précis et toujours extrêmement musicaux, Brother Ali, avec une grande force narrative et un swing exceptionnel, propose un rap engagé et adulte. Son flow époustoufle de maîtrise et d’inventivité formelle, emprunte ses
climats à la soul et au jazz autant qu’au hip hop avec les grands pionniers du rap : De la Soul, Public Enemy, KRS-One, sans jamais cesser d’innover et de rendre compte du présent le plus contemporain. Du grand art populaire, poétique et politique.

S’il ne se fichait d’être reconnu, s’il aimait plus l’honneur ou l’argent, le maloya pourrait devenir le reggae de l’Océan Indien dont Ti Fred serait le Bob Marley. Mystérieux par sa clandestinité historique, le maloya est né de traditions issues des esclaves africains et malgaches déportés à la Réunion. Cependant, depuis toujours le maloya est l’expression majeure d’une population insulaire tourmentée. Pratique issue des mêmes traditions, le moring mêle danse, musique et combat. Prologue de la lutte, le rythme donné par le maloya invite les moringueurs à mimer le rituel à l’instar de leur ancêtres. C’est dans le souci d’assurer la transmission de la culture de ses ancêtres que Ti Fred, entouré de ses musiciens et moringueurs, représente fidèlement la tradition musicale réunionnaise, dans la lignée de Danyèl Waro. Pour Ti Fred, le maloya est le maître-outil sollicité dans la construction, la défense et la persistance de cette fameuse identité créole. Avec sa voix d’oiseau blessé, le chanteur soliste lance ses mélopées auxquelles répondent chœurs et percussions. On ferme les yeux et on se laisse emporter : à la nuit tombée, à l’appel du kayanm et du roulèr, les hanches se mettent à rouler, les jupes se relèvent, pour “kraz un maloya” !

A visiter : www.myspace.com/brotherali
www.myspace.com/rhymesayers
www.rhymesayers.com


Samedi 2 février à 20h30, à l'Espace André MALRAUX, Le Kremlin Bicêtre
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8 € (étudiants)

 
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Jazz et Hip-Hop

Burt Sugar The Arkestra Chamber
"More than Posthuman –
Rise of the Mojosexual Cotillon"*

*mojo = magie + sexe = a hot voodoo chile ; cotillion = une soirée dansante et habillée ; traduire comme un cercle magique de
"muhfuhkuhs" sensuels se redressant pour danser et hurler telle La Nouvelle-Orléans après Katrina

Greg TATE chef d'orchestre, guitare, laptop / LISALA, JUSTICE DILLA-X voix / Mikel BANKS freak-aphone,
voix / DMAX MC / Mazz SWIFT violon, voix / Lewis "FLIP" BARNES JR. trompette / Micah
GAUGH saxophone alto, ténor / Avram FEFER saxophone ténor, clarinette basse / Dave SMITH
trombone / René AKAN guitare / Jared NICKERSON basse / Jason DI MATTEO basse / Bruce
MACK piano, synthétiseur / Myles REILLY piano acoustique / Trevor HOLDER batterie /
Napoleon MADDOX beat box/mpc 2000

Burnt Sugar the Arkestra Chamber a été créé en 1999 à l’initiative de Greg Tate, musicien et journaliste au Village Voice.

La vocation de ce collectif est ostensiblement téméraire : imaginer un avatar du Bitches Brew de Miles Davis, mais au XXIIIème siècle, avec des musiciens sachant jouer et parler dans une pléthore de langues musicales post-modernes.

 

Influencé aussi bien par Morton Feldman, Brian Eno que par Steve Reich qu'il considère comme ses géniteurs, tout comme Billie Holiday, Jimi Hendrix et Vladislav Delay, Burnt Sugar est l'une des formations les plus brillantes et pertinentes à l'avant-garde de la musique noire new-yorkaise contemporaine. Ce collectif à géométrie variable réunit une pléiade de
musiciens notamment connus pour avoir grandi à l'ombre de Steve Lacy ou Steve Coleman, et qui se situent aux carrefours de toutes les tendances : éduqués dans la tradition du violon irlandais, réfugiés de l'AACM, rockers afropunk, beboppers patentés, hiphoppers féministes, doowoppers, funkateers et autres stars du rodéo sur la ligne de partage digitale.

 

Burnt Sugar est l'un des rares ensembles contemporains capables de concasser librement toutes les formes de musiques instrumentales et vocales. Sa façon d’accompagner, traduire et anticiper le grand processus de créolisation esthétique propre à notre monde globalisé est unique. Dirigeant son orchestre "au doigt et à l’œil" selon des techniques de "conduction" proches du "Sound Painting" imaginées et codifiées par Butch Morris, Greg Tate improvise de vastes fresques sonores instantanées entre improvisation dirigée et composition spontanée, happening libertaire et "work in progress " subtilement contrôlé.

 

Aujourd'hui, Burnt Sugar continue son programme ambitieux en actualisant les composantes du cocktail musical des années 70, influencé par le blues rock psychédélique de Jimi Hendrix au jazz-rock mutant de Miles Davis en passant par le free spatial de Sun Ra. Cette musique kaléidoscopique, mêlant funk psychédélique et jazz moderne, rock mutant et hip hop expérimental, extrêmement vivante dans ses processus, intègre toute la musique noire de ces trente dernières années. Elle invente en formes mutantes et joyeusement composites d’inédites perspectives à la tradition amoureusement chahutée. Greg Tate aime ainsi définir Burnt Sugar comme un "territory band", clan néo-tribal d’une guilde musicale qui aspire à la fois au glacial et aux matières en fusion, au spatial, à l’océanique et au mythique ; une manière de jouer sur des registres différents où le concret s’allie au spirituel, la matière humaine à la totalité de la matière vivante et minérale de l’univers.

A visiter : www.burntsugarindex.com
www.myspace.com/burntsugarthearkestrachamber


Samedi 2 février à 20h30, à l'Espace André MALRAUX, Le Kremlin Bicêtre
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR) / 8 € (étudiants)

 
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Craig ADAMS and The Voices of New Orleans


Craig ADAMS chant, piano, orgue Hammond / Ben BESTER guitare basse / Alvin BATISTE batterie

The Voices of New Orleans : Cindy BELLIZAN soliste / Trina DYSON, Tani JARVIS, Joshua KEGLER

Originaire de la Nouvelle-Orléans, berceau mythique de la musique afro-américaine, issu de la famille du grand Fats Domino, figure légendaire de cette ville hors norme, Craig Adams est l’un des représentants actuels les plus flamboyants et talentueux du gospel traditionnel et contemporain.

Il est reconnu depuis son plus jeune âge comme un authentique phénomène vocal, le gardien de cette tradition orale, anonyme et communautaire, qui depuis le XVIIIe siècle constitue le fond commun de la pensée et de l’expression religieuse afro-américaine. Au fil des années, Craig Adams a joué avec Marva Wright, Kim Burrel, Marrutte Brown Clark, Tyrone Foster and The Arc Singers. Il a pris ces derniers temps une nouvelle dimension en assumant résolument son statut de leader.

Depuis le tournant des années 2000, Craig Adams est le directeur musical de plusieurs ensembles choraux parmi les plus brillants des Etats-Unis : The Higher Dimension of Praise, The Voices of New Orleans. Pianiste et organiste habité par la grâce divine, chanteur à la voix d’or, il s'empare avec ardeur des cantiques les plus célèbres du répertoire pour les mener à des paroxysmes d’intensité que seuls les plus grands preachers sont capables d’atteindre. Craig Adams célèbre avec un naturel confondant cette mémoire vive ancestrale et propose dans la grande tradition religieuse afro-américaine une musique fervente et jubilatoire du corps et de l’âme enfin réconciliés, tout à la fois festive et mystique, où chacun est invité à venir célébrer sa foi en une communion spontanée avec son prochain. Même le plus athée des amateurs de musique noire ne peut décemment résister à une telle effervescence créatrice.

A visiter : http://gospel.xpand.fr
www.myspace.com/craigadamsgospel


Dimanche 3 février à 17h00, à l'Église Notre- Dame, Saint-Mandé
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Pool Players

Benoît DELBECQ piano préparé, drum'n bass station / Arve HENRIKSEN trompette /
Steve ARGUELLES électroniques / Lars JUUL batterie, électroniques

Lars Juul, batteur danois, maître coloriste et pionnier en matière de traitement sonore électronique, partenaire du guitariste Hasse Poulsen au sein du groupe Sound of Choice, grand pourvoyeur de grooves savamment déstructurés à la grâce toute chorégraphique, a eu l’idée en 2005 de réunir en un quartet aventureux et raffiné les quatre têtes chercheuses les plus talentueuses et irréductibles de la scène musicale européenne contemporaine.
Leur désir : une exploration tout à la fois rêveuse et radicalement matérialiste de territoires soniques fragiles et incertains aux confins du jazz d’avant-garde, des domaines électroniques et de l’improvisation libre.

On peut croiser au sein de Pool Players Lars Juul, mais aussi Benoît Delbecq, styliste funambule nourri aux influences conjointes des théories harmolodiques d’Ornette Coleman et des études pour piano de Ligeti, fasciné par les polyrythmies pygmées comme par les dernières tendances de la musique électronique expérimentale. Arve Henriksen, virtuose de
l’ellipse et du sous-entendu, puisant son inspiration aussi bien dans le jazz, le rock expérimental (il est le co-fondateur du mythique groupe Supersilent), que dans les chants diphoniques mongols ou la musique traditionnelle japonaise (le shakuhachi demeurant une influence majeure de son esthétique), officie lui aussi dans Pool Players.
Tout comme Steve Argüelles, poète de l’électronique, homme à tout faire des musiques actuelles, agitateur polymorphe et producteur raffiné et inventeur du label Plush, l’un des plus pertinents dans le domaine des musiques électroïdes inclassables.

Travaillant essentiellement sur d’habiles jeux de superpositions entre la trompette minimaliste d’Henriksen, le piano discontinu de Delbecq et les tourneries rythmiques ouatées de la batterie de Lars Juul, toute la matière sonore vivante et vibratile de Pool Players se trouve manipulée par les machines d’Argüelles, multipliant les effets de loupe et d’anamorphoses savantes en autant de perspectives insolites.

Pool Players invente dans l’instant une musique à la poésie nocturne, extrêmement fluide, faite de miroitements infimes, de jeux de textures tressées, de souffles ténus, de pulsations subliminales. Une expérience sonique tout à la fois onirique et sensuelle absolument envoûtante.

A visiter : www.arvehenriksen.no
www.myspace.com/arvehenriksen
http://hjem.get2net.dk/larsjuul/
www.delbecq.net
www.myspace.com/benoitdelbecq
www.myspace.com/stevearguelles
www.plush-internet.org


Mardi 5 février à 20h30, à l'Espace Jean Vilar, Arcueil
Tarifs : 12,20 € / 7,60 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Fieldwork

Steve LEHMAN saxophones / Vijay IYER piano / Tyshawn SOREY batterie

Ce trio exceptionnel imaginé en 2000 par Vijay Iyer réunit trois des musiciens les plus créatifs et prometteurs de la jeune scène jazz new-yorkaise contemporaine. Le public de Sons d’hiver connaît déjà Vijay Iyer, pianiste époustouflant d’inventivité, programmé la saison dernière pour Still Life With Commentator, petit opéra de chambre hip hop expérimental conçu en collaboration avec le rappeur Mike Ladd.

Unanimement salué par la critique internationale comme l’une des grandes révélations du jazz de ces dernières années, Vijay Iyer, après avoir fait ses classes au milieu des années 90 dans les groupes Mystic Rhythm Society et Secret Doctrine de Steve Coleman, vole désormais de ses propres ailes, accumulant les collaborations prestigieuses et menant de front plusieurs projets d’envergure. Il a joué avec Roscoe Mitchell, Wadada Leo Smith, Amiri Baraka, Dead Prez, Karsh Kale, Burnt Sugar et participe à l’un des plus beaux quartets du moment en compagnie du saxophoniste alto d’origine indienne Rudresh Mananthappa.

Si Steve Lehman est moins connu du public, il bénéficie lui aussi d’une reconnaissance critique exceptionnelle. Il a été ainsi élu à deux reprises comme l’étoile montante du saxophone alto par le magazine Down Beat. Styliste au lyrisme sec, Steve Lehman synthétise avec brio les intuitions de ses grands maîtres, de Jackie McLean à Anthony Braxton en passant par Steve Coleman. Il propose une musique sophistiquée faisant le lien entre le post-free de la Loft Generation (il a fait partie des orchestres d’Andrew Hill, Oliver Lake et du Ghost Trance Ensemble de Braxton), la musique noire la plus contemporaine (Anti-pop Consortium, Meshell Ndegeocello) et le domaine contemporain (de Ligeti à l’école spectrale française de Tristan Murail).

Tyshawn Sorey, batteur actuel des Five Elements de Steve Coleman, est le troisième larron du groupe. Nourri aux breackbeats et autres rythmes concassés du hip hop, c’est un virtuose d’une précision diabolique dans la découpe du temps et d’une puissance de frappe extraordinaire. Jeune musicien, il a à peine 22 ans en 2002 lorsqu'il déboule sur la scène créatrice new-yorkaise, jouant immédiatement, excusez du peu, avec Wadada Leo Smith, Butch Morris, Dave Douglas, Muhal Richard Abrams, Anthony Braxton.

Ensemble, les trois membres de Fieldwork inventent une musique totalement collective dans ses processus, extrêmement rigoureuse et exigeante techniquement, nourris de grooves complexes, organiques, jamais répétitifs. Chaque pièce est un monde en soi, avec ses propres règles, ses propres défis esthétiques, ses propres structures toujours allusives et
mouvantes. Le trio fonde ainsi l’essentiel de son propos sur le principe de la circulation des énergies et l’idée-force de métamorphose. Une des expériences musicales les plus stimulantes du moment.

A visiter : http://fieldworktheband.com
www.myspace.com/fieldworktheband


Mardi 5 février à 20h30, à l'Espace Jean Vilar, Arcueil
Tarifs : 12,20 € / 7,60 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Jazz et Hip-Hop

Archie SHEPP/Chuck D. PROJECT

Archie SHEPP voix et saxophones / ROCE et VICELOW rap / Tom MC CLUNG piano /
Stéphane GUERY guitare électrique / Wayne DOCKERY contrebasse / Steve MC CRAVEN batterie
Chuck D. rap, voix / JAHI voix / Kyle JASON voix / Brian HARDGROOVE basse / DJ LORD DJ

Saxophoniste rugueux et furieusement lyrique, Archie Shepp, figure de proue de l’avant-garde révolutionnaire la plus consciemment engagée dans l’utopie du Black Power, aura longtemps incarné la jeunesse et l’élan vital d’un free jazz en pleine effervescence créatrice.

Partenaire de Cecil Taylor et Bill Dixon au tout début des sixties, co-fondateur du mythique New York Contemporary Five, figures clef des concerts historiques de Novembre 64, et cofondateur de la Jazz Composer’s Guild (avec Taylor, Sun Ra, Paul & Carla Bley, Roswell Rudd…), Archie Shepp, infatigable activiste, aura été de tous les combats de cette nouvelle
scène alternative, et l’auteur de quelques disques entrés instantanément dans la légende du jazz (Ascension avec Coltrane en juin 65, puis sous son nom Four for Trane, On this night et Fire Music, brûlot prophétique et apocalyptique). Archie Shepp n’a jamais abdiqué sur la nécessité de faire de sa pratique une authentique "machine de guerre" et de son univers
l’espace d’une célébration perpétuelle de l’âme noire. Il continue inlassablement d’occuper le terrain de la modernité en accumulant les enregistrements majeurs (Mama Too Tight, The Magic of Juju, Blasé, Attica Blues), replongeant sans cesse sa musique aux sources du blues, re-songeant la tradition (Coleman Hawkins, Ben Webster Ellington, Parker, Rollins,
Coltrane…) au prisme de l’avant-garde la plus radicale, brassant tous les styles (du rythm’n’blues au gospel) en un "art nègre" savamment primitif. Aujourd’hui, comme pour mieux réaffirmer la dimension subversive de sa "musique de feu", Archie Shepp replonge au cœur du réel en conviant Chuck D. à une rencontre exceptionnelle. S'il est historiquement
logique qu'Archie Shepp s'accorde avec le rap, il est plus significatif encore qu'il soit attentif aux évolutions du monde, en invitant sur scène deux des meilleurs rappeurs français, Rocé et Vicelow (Saïan Supa Crew).

Figure historique du hip hop, créateur du mythique groupe Public Enemy au milieu des années 80 (avec Flavor Flav au chant et Terminator X aux platines), Chuck D. dévide en un flow âpre et hargneux des textes sombres, violents et résolument insurrectionnels. On se souvient de ces deux brûlots que sont It Takes A Nation Of Millions to Hold Us Back et Fear of a Black Planet, albums phares de la musique noire populaire de ces vingt dernières années. Aujourd’hui Chuck D. demeure l’un des artistes afro-américains les plus engagés politiquement. Activiste infatigable de la cause noire empruntant sa rhétorique aux théories révolutionnaires des Black Panthers, Chuck D., désireux d’inscrire le hip hop dans la grande histoire des formes et de la pensée afro-américaine ne pouvait qu’accepter l’invitation de sonaîné Archie Shepp. La sonorité rauque et tourmentée du saxophone et la puissance incantatoire et pulsative des mots de Chuck D. ne sont qu’un seul et même cri de révolte.

A visiter : www.archieshepp.com
www.myspace.com/archiesheppmusic
www.myspace.com/chuckdpublicenemy
www.publicenemy.com


Mercredi 6 février à 20h30, au Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine
Tarifs : 12,20 € / 7,60 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Sylvain KASSAP/Jacques BONNAFFÉ Duo

Sylvain KASSAP clarinettes & mots / Jacques BONNAFFÉ textes & trompinette

Convié la saison passée à venir croiser le fer avec Hamid Drake, Sylvain Kassap aura prouvé à cette occasion non seulement son ouverture d’esprit à toute forme de musiques, mais aussi sa maîtrise toute particulière de cet exercice exigeant et périlleux qu’est la "conversation musicale" instantanée.

Depuis plus de 25 ans, Sylvain Kassap multiplie les projets dans les configurations orchestrales les plus variées. Il a toujours fait preuve de la même soif inextinguible d’expérimentation. Partenaire des plus grands noms du jazz international (Sam Rivers, Evan Parker, Louis Sclavis, Han Bennink, Dominique Pifarély, Tony Hymas, Steve Lacy,
Bernard Lubat… ), Sylvain Kassap est instigateur pour son propre compte d’un univers personnel hybride et composite empruntant au jazz moderne, à la free music européenne, au domaine contemporain et aux musiques ethniques. Le clarinettiste s’est fait au fil du temps une sorte de spécialité de ces duos sans filets, petites parenthèses d’intimité, mais surtout authentiques espaces d’utopies propices à toutes les libertés formelles et expressives. Dans la longue liste de tête-à-tête avec quelques amis musiciens, Hélène Labarrière, François Corneloup, Gianluigi Trovesi, le duo qu’il poursuit depuis des années avec l’acteur Jacques Bonnaffé est peut-être le plus singulier et le plus passionnant.

C’est d'ailleurs une chance inouïe de pouvoir découvrir le travail de Jacques Bonnaffé se confrontant à l’improvisation musicale. Ses participations à de nombreux films ou pièces de théâtre lui laissent peu de temps pour ses explorations musicales. Jacques Bonnaffé a tourné plus de trente films sous la direction des plus grands metteurs en scène : Jean Luc Godard, Jacques Doillon, Jacques Rivette, Jean Charles Tachella, Tonie Marshall… Au théâtre, il travaille avec Gildas Bourdet, Didier Bezace, Hans Peter Cloos, Alain Françon, André Engel, Jean Pierre Vincent… Le comédien profite des espaces infinis de l’improvisation pour jongler avec la poésie et l’humour d’une façon kaléidoscopique enchaînant les lectures avec énergie et intensité. Il propose au public une écoute poétique jubilatoire où la pensée critique,
l’expression du sensible et l’humour s’entremêlent d’une façon ébouriffée, sans retenue, provoquant sans cesse notre curiosité. La musique devient alors la partenaire idéale pour dialoguer en toute liberté avec des univers qui se succèdent en toute impertinence. Puisant au gré de ses humeurs dans un vaste répertoire de textes poétiques, s‘autorisant toutes les
improvisations libres dans les registres les plus variés, Jacques Bonnaffé, passant avec virtuosité du lyrisme au grotesque, joue à sa manière le "jeu du jazz".

Entre la clarinette de Sylvain Kassap, qui tour à tour grogne, balbutie, éructe, chuchote et le texte d'un acteur pas comme les autres d'une puissance d'incarnation physique et incantatoire, on assiste à une rencontre magique entre deux traditions orales, deux façons d’exprimer l’émotion d’être en vie, ici et maintenant.

A visiter : www.maitemusic.com


Vendredi 8 février à 20h30au Théâtre Paul Eluar, Choisy-le-Roi
Tarifs : 17 € / 12,20 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Bernard LUBAT "L'ART DU DUO"

François CORNELOUP/Fabrice VIEIRA/Médéric COLLIGNON

Bernard LUBAT piano, voix, synthétiseur, batterie, percussions, obligé de mots dits /
François CORNELOUP saxophones / Fabrice VIEIRA guitare, voix /
Médéric COLLIGNON trompette, bugle, voix, électroniques

Voilà des années que le situ-actionniste gascon Bernard Lubat improvise comme il respire et élabore en solitaire une oeuvre absolument unique, à la fois extraordinairement pensée et comme bricolée dans l’instant en un incessant va-et-vient entre l'art, ses formes et ses contraintes, et la vie, ses flux et ses hasards. Malpoly-instrumentiste, outrageusement doué, riche d’un univers déroutant, naïf et sophistiqué, Bernard Lubat aime par-dessus tout se mettre
en scène en agitateur politique et poétique, hanté par ses fantômes (la tradition afro-américaine ; la modernité intemporelle de Bach et Schoenberg ; la musique populaire dans tous ses états), qu’il évoque et ressuscite chaque fois qu’il monte sur les planches.

Mettant en branle son petit théâtre intime, entre auto-fictions démultipliées et épopée intemporelle, Bernard Lubat transforme chaque concert en laboratoire ludique d’une musique définitivement populaire, c’est-à-dire dénuée de tout cynisme et de toute démagogie, d’une exigence absolue dans ce qui se joue humainement d’authentique.

C’est cet univers enchanté, éphémère et matérialiste que le musicien a décidé aujourd’hui de partager en une série de duos avec quelques musiciens français les plus doués de leur génération. François Corneloup, colosse sensible du saxophone, interlocuteur privilégié de tous ceux qui s’aventurent dans les zones les moins balisées de la jazzosphère (Marc Ducret, Yves Robert, Sylvain Kassap…) et créateur pour son compte d’une musique sophistiquée basée sur la tension entre structure et pulsation. Médéric Collignon, jeune musicien talentueux et inclassable, styliste hors pair brassant dans sa musique métisse et joyeusement irrespectueuse, tous les genres de notre modernité, du rock au rap, en passant par la soul, la salsa, et bien sûr le jazz. Fabrice Vieira enfin, l'expérimentateur complice de la compagnie Lubat.

Gageons que ces musiciens d’exception sauront dans l’instant de la rencontre, nous projeter dans cette autre dimension qu’ouvre toujours l’improvisation authentique : au-delà des instruments et de leurs idiomatismes, au-delà de la technique et de son exhibition, au-delà des styles établis, au-delà d'une quelconque idée d'esthétique même, de plein pied dans la
musique, c'est à dire dans la poésie.

A visiter : www.uzeste.org


Vendredi 8 février à 20h30, au Théâtre Paul Eluar, Choisy-le-Roi
Tarifs : 17 € / 12,20 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Jazz et Hip-Hop

Steve COLEMAN and FIVE ELEMENTS/OPUS AKOBEN

Steve COLEMAN & The Five Elements
Steve COLEMAN saxophone alto / Jonathan FINLAYSON trompette / Tim ALBRIGHT trombone /
Jen SHYU voix / Thomas MORGAN basse / Tyshawn SOREY batterie

Opus Akoben
KOKAYI voix / SUB-Z voix / Ezra GREER basse / Jon LAINE batterie /
AYCE INTERNATIONAL DJ

Sans rien abandonner de ses concepts originels qui constituent la griffe M'Base et agissent comme une signature sur sa musique, le saxophoniste et compositeur chicagoan Steve Coleman est parvenu à une profonde et ambitieuse homogénéisation de cet extraordinaire et monstrueux "work in progress" qu’est devenu son univers. Ses riffs si caractéristiques marquent le cadre, ses structures s'emboîtent à l’infini, son fameux groove est d'un abstrait
inimitable, implacable, complexe, d'une précision hallucinée sous son apparente décontraction.

A la tête de ses mythiques Five Elements, formation virtuose d’une cohésion époustouflante, matrice et avant-garde de sa poétique, Steve Coleman, engagé désormais dans des processus plus collectifs et organiques, a trouvé le dosage idéal entre des partis pris formels toujours aussi audacieux (ce travail de fond sur les cycles rythmiques) et un lyrisme plus ample et épanoui qui donne à sa musique une profondeur humaine jusqu’alors inédite.
Steve Coleman embrasse ainsi en un vaste geste syncrétique, proche des thèses de la Great Black Music, toute l’histoire du jazz et des musiques populaires afro-américaines (du bebop au hip hop) et ouvre par ailleurs son univers aux musiques du monde entier, des traditions rythmiques orientales aux grooves caribéens. Il continue de fonder son discours sur
l'exploration toujours plus fine d'un idiome tout en rapports et proportions, devant autant aux structures du langage qu’aux rythmes du corps et de la parole.

Cette dimension essentielle de sa musique n’est jamais plus sensible que lorsqu’il intègre à son orchestre le collectif de rappeurs de Washington Opus Akoben, et risque l’extrême sophistication de ses constructions formelles à la spontanéité d’une parole en liberté.
Plus d'une douzaine d'années après les expériences avec les rappeurs de Metrix, il est étonnant de voir l'évolution opérée. Pulsés par une authentique section rythmique influencée par les grooves M’Base, ces deux virtuoses insensés du flow free-style que sont Kiyabi et Sub-Z, jouent au gré de leurs humeurs de toutes les techniques vocales propres à la musique
noire, du gospel au raggamuffin. Ils entremêlent leurs improvisations libres au jazz urbain des Five Elements et ouvrent incontestablement de nouveaux horizons aux hybridations contemporaines entre jazz et hip hop.

A visiter : www.m-base.com
www.opus-akoben.com
http://opusakoben.tripod.com
www.myspace.com/kokayi


Samedi 9 février à 20h30, à la Salle Jacques Brel, Fontenay-sous-Bois
Tarifs : 16 € / 11 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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ROCKINGCHAIR

Airelle BESSON trompette, bugle, claviers / Sylvain RIFFLET saxophones, clarinette /
Julien OMÉ guitare / Guido ZORN contrebasse / Nicolas LARMIGNAT batterie

Parfaitement emblématiques de cette scène jazz hexagonale riche d’une profusion de jeunes talents définitivement affranchis de toute notion trop restrictive de styles et de genres établis, Airelle Besson et Sylvain Rifflet ont fait sensation la saison dernière en signant avec Rockingchair l’un des projets les plus inventifs et aboutis de ce début de millénaire.

Il faut dire que voilà quelques années déjà que ces deux-là se sont fait remarquer, collaborant avec tout ce que la scène française compte d’aventurier en tout genre.
Ils sont membres du Sacre du Tympan et des grands ensembles d’Alban Darche (le Gros
Cube) et de Bruno Regnier (X’tet) mais aussi partenaires de musiciens comme Andy Emler, François Jeanneau ou Riccardo Del Fra (Rifflet) ; Gabor Gado, Laurent Cugny, Jean-Christophe Cholet ou Nelson Veras (Besson). Ces deux instrumentistes à la technique superlative, aussi à l’aise dans une section de big band que dans l’espace ouvert d’une petite formation, se sont rapidement imposés parmi les valeurs sûres de la jeune génération.

Mais rien ne préparait pourtant à la surprise de Rockingchair, étonnant projet collectif empruntant son inspiration et ses techniques de composition autant au jazz moderne qu’au rock "indé" et aux musiques électroniques. Ce quintet acoustique est fondé essentiellement sur tout un jeu d’alliages sonores précieux et de superpositions savantes mêlant le minimalisme fragile, allusif, toujours extrêmement contrôlé de la trompette d’Airelle Besson, le lyrisme plus énergique et direct de Sylvain Rifflet et les distorsions savantes de la guitare de Julien Omé.

Rockingchair a cette particularité d’accorder une importance toute particulière au son, intégrant dans son dispositif instrumental l’ingénieur du son Gilles Olivesi, véritable sixième homme de la formation, proposant au groupe d’inédites perspectives par son travail en temps réel sur la matière sonore. Le résultat est une musique atmosphérique, lyrique, développant son discours en un réseau complexe de tensions structurelles (entre sonorités acoustiques et électroniques, improvisations débridées et sophistication formelle, expressivité individuelle et identité sonore collective), toujours résolues dans le sens de l’harmonie, de la fluidité et de la détente. Incontestablement quelque chose de très contemporain passe dans cette musique aussi sophistiquée qu’accessible, cachant sa dimension expérimentale derrière l’évidence de l’élégance.

A visiter : www.rockingchair.fr
www.chiefinspector.com
www.myspace.com/chiefinspectorrecords


Lundi 11 février à 20h30, au Théâtre-Studio, Alfortville
Tarifs : 17 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Hélène LABARRIÈRE Quartet

Hélène LABARRIÈRE contrebasse / François CORNELOUP saxophone / Hasse POULSEN guitare /
Christophe MARGUET batterie

Hélène Labarrière incarne cet engagement émotionnel, cette curiosité sans limites et cette spontanéité virtuose qui est ce que le jazz peut produire de meilleur. Contrebassiste et sidewoman capable d’intégrer son drive souple et pulsatif à n’importe quel contexte, de l’esperanto libertaire du collectif Los Incontrolados au jazz celtique de Jacky Mollard.
Complice précieuse de la plupart des grands novateurs apparus sur la scène jazz
hexagonale ces vingt dernières années : d’Yves Robert à Sylvain Kassap en passant par Denis Colin, Marc Ducret ou encore Dominique Pifarély…

Dès le milieu des années 90 et la création de Machination, son premier groupe en leader (Noël Akchoté à la guitare, Ingrid Jensen à la trompette), Hélène Labarrière s’est engagée dans une carrière solo exigeante, cherchant à synthétiser en un langage personnel cette traversée qui lui est propre et qui fait la musique expérimentale et populaire d’aujourd’hui.
Composé de complices de longue date, François Corneloup aux saxophones, Christophe
Marguet à la batterie, mais aussi d’un nouveau venu dans son univers, le danois Hasse Poulsen, guitariste tout le spectre idiomatique du jazz moderne et des musiques expérimentales contemporaines — ce nouveau quartet est l’orchestre le plus équilibré et inventif que la contrebassiste ait jamais eu à sa disposition pour donner forme à ses intuitions.

Fondant l’essentiel de son propos sur un formidable sens de la "dépense", Hélène Labarrière invente une musique sensuelle et lyrique, jouant avec malice et beaucoup de virtuosité d’écriture sur une dialectique féconde. Son jeu s’inscrit résolument dans la continuité du free jazz, dans sa façon de privilégier le geste et la spontanéité et dans tout un réseau savant de cadres qui offre des perspectives toujours changeantes à l’improvisation. Le versant intime d’une des grandes dames du jazz européen.

“Les temps changent". C'est le titre de mon nouveau projet. 10 ans après Machination…

"Les temps changent", parce que la musique, ce n'est pas seulement du son mais aussi de l'espace et du temps, ce n'est pas uniquement à 4 temps ou à 3 temps, ni même à 5 temps ou à 7 temps, mais aussi à pas de temps ou encore à beaucoup de temps, et qu'on s'amuse avec tout cela.

"Les temps changent", et nous changent, parce qu'un groupe, c'est aussi la somme de toutes ces rencontres, et que le temps déjà passé ensemble et séparément, contribue à nous faire construire, déconstruire et reconstruire la musique dans l'instant.

"Les temps changent", ici et ailleurs, parce que nous ne sommes pas sourds au monde qui nous entoure, l'urgence de jouer et de dire est toujours plus vivace.

"Les temps changent", un autre musicien l'avait déjà dit il y a quelques temps, parce que ce groupe ne s'embarrasse pas d'avoir ou de ne pas avoir une quelconque référence.

"Les temps changent", l'amitié, les expériences partagées, la nécessité de construire encore et toujours…D'aller de l'avant…Avec gourmandise… ”

Hélène Labarrière

A visiter : http://helene-labarriere.com
http://hp.kulturverket.org
www.christophemarguet.net
www.myspace.com/francoiscorneloup


Lundi 11 février à 20h30, au Théâtre-Studio, Alfortville
Tarifs : 17 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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JAZZ-BAL-WORKSHOP

Rencontre entre les musiciens de l'EDIM (Étudiants des cycles professionnels)
et Bernard
Lubat piano, batterie, accordéon et direction d'orchestre

Bernard Lubat est l'artiste enseignant invité pour cette soirée EDIM où résonneront les musiques populaires de danse, le jazz et l'improvisation pour proposer un bal dans la pure tradition des bals jazzconcubins uzestois.

École associative reconnue par le Ministère de la Culture, L’EDIM (Enseignement Diffusion Information Musique) est implantée principalement à Cachan et forme des musiciens amateurs et professionnels. Seule école privée en Île-de-France à attribuer le Dem de jazz, en partenariat avec l'ENM de Bourg-la-Reine/Sceaux, l’EDIM développe une philosophie pédagogique et artistique originale. De nombreux musiciens de grand talent y enseignent ou y ont enseigné régulièrement. Créée en 1984, l’EDIM compte aujourd’hui une quarantaine d’enseignants et plus de 500 élèves : enfants, amateurs et étudiants professionnels.

Depuis 5 ans, l’EDIM et Sons d’hiver, le Service culturel de la ville de Cachan organisent ensemble à l’occasion du festival une master-class avec Fat Kid Wednesdays, Roscoe Mitchell, William Parker. En 2007, Ernest Dawkins franchissaient un cap avec une soirée complète en hommage à John Coltrane.

A visiter : www.edim.org


Mardi 12 février à 20h30, à la Grange Galliéni, Cachan
Tarif unique : 5 €

 
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Soirée flamenca

Guitarras de GRANA.
Paco CORTÉS/Emilio MAYA/Miguel OCHANDO

S’il est un domaine où plus qu’ailleurs encore, la musique est affaire de terroir c’est bien dans le monde codifié et référencé du Flamenco. L’école de Grenade reste confidentielle comparée aux riches scènes de Séville et Cadix ; longtemps dominée par quelques grandes figures emblématiques quelque peu écrasantes comme le chanteur Enrique Morente et les guitaristes Juan et Pepe Habichuela, elle possède son identité stylistique propre et démontre depuis quelques années un regain de vitalité exceptionnelle. Preuve éclatante de cette renaissance esthétique : le trio Guitarras de Grana, qui s’impose sans conteste comme l’un des groupes les plus représentatifs et talentueux de la jeune scène flamenca.

Guitarras de Grana est composé de trois musiciens virtuoses tous originaires de Grenade et de ses environs, impliqués chacun depuis les années 80 sur tous les fronts du flamenco et de la musique populaire espagnole. Cette formation a la particularité de proposer une musique originale profondément ancrée dans la grande tradition classique de la guitare flamenca (celle portée à sa perfection stylistique et expressive par Sabicas ou Nino de Ricardo) et est dans le même temps totalement ouverte aux innovations formelles et techniques apportées ces trente dernières années par des grands réformateurs tels que Paco de Lucia.

Paco Cortés et Miguel Ochando, passés maîtres dans l’art subtil de l’accompagnement (auprès notamment d’Enrique Morente et Carmen Linares) apportent à l’ensemble tout ce que la tradition représente de raffinement, d’expressivité solennelle et recueillie, d’équilibre entre explosivité rythmique et finesse mélodique. Emilio Maya quant à lui, plus ouvertement moderniste dans son éclectisme revendiqué, embarque résolument la formation du côté du jazz et de diverses traditions musicales arabes magistralement réinventées.

C’est la subtile alchimie entre ces styles singuliers et disparates, entre cette parfaite maîtrise de la tradition et la tentation toujours sensible de la modernité, qui donne à ce trio d’exception sa voix inimitable.

A visiter : www.flamencodehoy.com


Jeudi 14 février à 20h30, au Centre Culturel Georges Pompidou, Vincennes
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Fernando TERREMOTO

Fernando TERREMOTO chants / Alfredo LAGOS guitare /
Luis CANTAROTE, Carlos GRILO
palmas y jaleos

Fernando Terremoto est aujourd’hui considéré par les plus fins connaisseurs du Cante Jondo comme le digne successeur de son père, Fernando Fernandez Monje, plus connu sous le nom de Terremoto de Jerez, incontestablement l’une des plus grandes voix du flamenco du XXe siècle.

Né en 1969 à Jerez en plein cœur de l’Andalousie, dans une famille gitane entièrement dédiée au flamenco, Fernando Terremoto ne pouvait décemment échapper à son destin.
D’abord guitariste aux côtés de Manuel Morao, ce n’est pourtant qu’au tournant des années
90, qu’il décide de mettre ses pas dans les traces de son illustre père (décédé prématurément en 1981 à 47 ans) et de devenir à son tour cantaor. Ses débuts éblouissants à la Peña Don Antonio Chacón de Jerez, sont entrés immédiatement dans la légende dorée du flamenco.
Une voix ample et caverneuse, d’une puissance impressionnante ; un lyrisme d’une
expressivité exceptionnelle, brûlé au feu du duende le plus authentique… Le jeune Fernando, adoubé aussitôt par les plus grands (la légende veut que Camaron de la Isla ait pleuré d’émotion en l’entendant pour la première fois chanter en public), n’a guère eu à batailler pour gagner la légitimité de porter à son tour le surnom dont on honora son père tout au long de sa carrière : « Terremoto » : tremblement de terre…

Fernando Terremoto remporte en 1996 le Premier Prix de chant au Concours des Jeunes Interprètes de la IXe Biennale de Flamenco de Séville, et l’année suivante, trois Premiers prix au Xe Concurso Nacional de Arte Flamenco de Cordoba. Il est désormais l’une des voix les plus emblématiques de la pérennité du flamenco le plus pur. Pour autant, Terremoto n’a pas une vision figée, académique et passéiste de son art. Sa collaboration avec le danseur et chorégraphe Israel Galvan (La Edad de oro) en est un parfait exemple, et réinvente littéralement les liens entre chant et danse dans l’espace très codifié du flamenco.
Accompagné seulement d’un guitariste et de joueurs de palmas, Fernando Terremoto donne
à son chant toute sa profondeur, laissant sourdre dans ses psalmodies habitées toute l’histoire du Cante Jondo.

A visiter : www.anegro.net/


Jeudi 14 février à 20h30, au Centre Culturel Georges Pompidou, Vincennes
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Dirty Three

Warren ELLIS violon / Mick TURNER guitare / Jim WHITE batterie

Depuis 15 ans, le trio australien Dirty Three n’a cessé de faire évoluer son univers et de s’aventurer toujours plus avant dans d’inédites contrées sonores, sans pour autant jamais dévier de ses partis pris esthétiques d’origine ni surtout renoncer à la singularité de son instrumentation minimaliste et funambulesque.

Dirty Three a été créé à Melbourne en 1993 par Warren Ellis, violoniste de formation classique et membre du groupe de Nick Cave, The Bad Seeds, le guitariste Mick Turner et le batteur Jim White, fondateurs du groupe Tren Brother. Le trio s’est rapidement fait remarquer par l’extrême originalité de son rock instrumental, mélancolique et expérimental. Empruntant ses influences tant au rock traditionnel qu’à la musique contemporaine répétitive, au jazz moderne et à la musique folk, Dirty Three développe en un discours sophistiqué, une musique souvent fondée sur des structures simples et répétitives servant de supports à de subtiles variations d’humeur. Passant de formats elliptiques à de longues suites épiques, de ballades mélodiques à d’intenses séquences bruitistes aux tessitures violemment abstraites, le groupe fonde l’essentiel de son originalité sur l’alliage sonore inimitable entre le violon rugueux et somptueusement mélodique de Warren Ellis, le phrasé discontinu et dissonant de la guitare de Mick Turner et les pulsations tribales, composites et minimalistes de Jim White.

Si dans son dernier disque en date (Cinder, paru en 2005) le trio a enrichi son orchestration d’un grand nombre d’instruments (du bouzouki au piano en passant par la mandoline, la basse et l’orgue) intégrant même pour la première fois une chanteuse à son univers en la personne de Chan Marchall (Cat power), Dirty Three demeure l’un des groupes les plus mystérieux et singuliers de la scène rock expérimentale contemporaine.

A visiter : http://www.anchorandhope.com/
http://www.myspace.com/dirtythree


Vendredi 15 février à 20h30, au Théâtre Romain Rolland, Villejuif
Tarifs : 20,50 € / 11 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Père UBU "Winter in the Firelands"

David THOMAS voix / Robert WHEELER synthétiseur et theremin / Keith MOLINÉ guitare /
Michele TEMPLE guitare basse / Steve MEHLMAN batterie

Fondé à Cleveland en 1975 par David Thomas, chanteur charismatique, dévidant de sa voix savamment atonale et haut perchée de délicieuses petites comptines dadaïstes, cruelles et théâtrales, Pere Ubu n’aura eu besoin que d’une poignée de chef-d’œuvres entrés directement dans l’histoire de la musique pop The Modern Dance, Dub Housing, New Picnic Time pour s’imposer aux yeux de tous au tournant des années 80 comme l’archétype même du groupe rock alternatif américain, tout à la fois underground et arty, sauvage et raffiné.

Le groupe invente une musique fondée sur une rythmique trépidante et épileptique, des riffs de guitare assassins et répétitifs, un travail très élaboré et inhabituel sur les tessitures orchestrales mêlant dissonances abstraites et synthétiques, bribes de musique concrète et stridences free électrique. Pere Ubu, capte le chaos latent de l’époque et semble ne jamais dévier de sa ligne esthétique. Il ne cesse de se métamorphoser et de se renouveler, ouvrant ainsi d’innombrables directions nouvelles au rock d’avant-garde.

Pré industriel, pré punk, pré no wave : Pere Ubu aura été un peu tout ça à la fois sans pour autant que sa musique n’ait jamais pu être cataloguée dans aucune de ces catégories. Si seul David Thomas demeure aujourd’hui du groupe originel, Pere Ubu, toujours aussi violemment iconoclaste et viscéralement indépendant de toute obédience esthétique et de tout pouvoir économique, continue sa carrière souterraine avec une énergie et une créativité intactes. Pour preuve, ces quelques disques parus depuis le tournant des années 2000, qui assurément comptent parmi les plus belles réussites du groupe : le très sombre et théâtral St. Arkansas (2002) et le magnifique diptyque Why I Hate Women et Why I remix Women réalisé en 2006. Plus que jamais marqué par l’inspiration surréaliste et vénéneuse de son leader historique David Thomas, tout autant auteur, compositeur que metteur en scène de ses chansons pensées à la manière de courts-métrages cérébraux et expérimentaux, Pere Ubu et son univers abstrait demeurent un groupe de rock d’exception.

A visiter : www.ubuprojex.net
www.ubudance.com
www.myspace.com/pereubuworld
www.myspace.com/pereuburadio


Vendredi 15 février à 20h30, au Théâtre Romain Rolland, Villejuif
Tarifs : 20,50 € / 11 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Soirée AACM

Great Black Ensemble

Premier concert en Europe

Mwata BOWDEN direction orchestre / Douglas EWART flûte / Mary OLIVER violon / Ernest DAWKINS,
Edwin DAUGHTERY, Edward WILKERSON, Léonard JONES, Matana ROBERTS
saxophones /
Léon Q. ALLEN, Jérôme CROSSWELL trompette / Ike JACKSON, George LEWIS
trombone /
Junius PAUL, Dawi WILLIAMS basse / Dushun MOSLEY batterie / Tomeka REED
violoncelle /
Art TURK BURTON, Reggie NICHOLSON percussion /
KHARI.B. poèmes /
Ann
WARD, Dee ALEXANDER, Saalik ZAYID, Taalib-Din ZAYID voix

La venue du Great Black Music Ensemble est en soi un événement pour les amateurs de jazz, musiques improvisée et même, plus simplement, pour les amateurs de musique en général.
Ce grand orchestre est la dernière formation issue de L’AACM. Elle s'inscrit dans la continuité
des grandes formations antérieures de l’AACM comme l’Experimental Band de Muhal Richard Abrams qui fut à l’origine de la naissance du Collectif de Chicago né en 1965.
Le Great Black Music Ensemble, créé il y a un peu plus de trois ans, n’a jamais joué en
Europe et c’est en raison des contacts étroits qui se sont créés entre Sons d’hiver et l’AACM que l’on peut bénéficier en France de ce concert inédit.

La composition de ce Great Black Music Ensemble comporte chacune des six générations de musiciens qui marquent l’histoire de ce collectif : des anciens de la première génération comme Leonard Jones et Edwin Daugherty aux jeunes recrues comme Khari B. ou Junius Paul. Et même des collaborateurs associés comme la violoniste Mary Oliver ou le trompettiste Leon Q. Allen. L’antenne new-yorkaise de l’AACM est représentée par Georges Lewis et Reggie Washington. Ce Great Black Ensemble dispose de leaders qui durant ces deux dernières décennies ont créé des orchestres très représentatifs de l’évolution musicale contemporaine comme Edward Wilkerson et les 8 Bold Soul ou encore Ernest Dawkins et les Chicago 12.

Assister à un concert du Great Black Music Ensemble, c’est participer à une fête musicale inoubliable. Un banquet sonore et réjouissant qui puise ses ressources artistiques dans une multitude d’éléments musicaux essentiels, le premier de cet élément est bien sûr la référence à LA GREAT BLACK MUSIC. Les racines musicales du blues, du swing, de l’histoire du jazz sont convoquées comme un long continuum qui se mêlent aux audaces les plus contemporaines.
Le second élément fondamental de cet ensemble réside dans un sens absolument maîtrisé de
l’improvisation collective qui permet à l’orchestre de sonner magnifiquement. Le troisième élément est la qualité technique instrumentale de ses membres et leur inventivité qui permet l’irruption de solis passionnants.

Pour ce concert à Sons d’hiver, le Great Black Music Ensemble propose deux programmes.
Le premier set sera consacré à un "Tribute To Flechter Henderson", l’inventeur du Big Band. Cet hommage, dirigé par le saxophoniste Mwata Boden qui est par ailleurs le directeur du
grand orchestre de l’Université de Chicago, a été créé en juillet dernier à Chicago avec l’aide du Jazz Institute.
Le deuxième set sera sous la direction de Georges Lewis. Une
manière de parcourir ainsi tous les spectres de la Great Black Music. Georges Lewis, directeur du "Center of jazz studies" de l’université de Columbia à New-York, et par ailleurs l'un des meilleurs compositeurs contemporains et praticiens de la musique informatique, nous donnera à découvrir ses talents de concepteur musical pour grande formation.
Ce
programme est donc une parfaite présentation de la démarche de L’AACM et idéal pour une première rencontre avec le Great Black Music Ensemble.

A visiter : www.aacmchicago.org


Samedi 16 février à 20h30, au Théâtre, Cachan
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Festival VISION VII

COOPER - MOORE Project

COOPER - MOORE percussions, claviers, piano, instruments home-made, voix /
Willie APPLEWHITE
trombone / Darius JONES saxophone alto / Assif TSAHAR saxophone ténor /
Nioka WORKMAN
violoncelle / Chad TAYLOR batterie

Figure iconoclaste et atypique de la scène jazz afro-américaine new-yorkaise, Cooper - Moore est certainement l’une des plus belles (re)découvertes de ces dix dernières années.

Influencé très tôt par les univers lyriques de Charles Mingus et Ornette Coleman, Cooper - Moore débuta une carrière de musicien de jazz en compagnie du saxophoniste David S. Ware au tournant des années 70. Peu à peu, il prit ses distances avec la scène Loft, ne mettant plus son art qu’au service du théâtre underground et de la danse et consacrant l’essentiel de son temps à l’élaboration d’une pédagogie expérimentale plaçant la musique au cœur de sa méthode d’enseignement.

Ce n’est qu’au début des années 90, lorsque le contrebassiste William Parker l’invita à intégrer son groupe In Order To Survive puis le grand orchestre Little Huey Creative Music Orchestra, que Cooper - Moore retrouva la place qu’il n’aurait jamais dû quitter dans le paysage jazzistique.

Enseignant, psychologue, thérapeute chamanique, poète surréaliste, militant écologiste, Cooper - Moore crée dès lors son propre groupe, le Tryptich Myth, avec Tom Abbs et Chad Taylor, et initie un duo exceptionnel avec le saxophoniste israélien Assif Tsahar.
Musicien précieux, bricoleur génial de ses propres instruments (de la harpe au xylophone, du
banjo fretless à 3 cordes à la guimbarde électrique…), poly-instrumentiste à la virtuositéparadoxale et compositeur unique, Cooper - Moore révèle l’extraordinaire richesse poétique d’un univers musical d’une singulière étrangeté.

Cooper - Moore réactualise tout l’imaginaire du blues ancestral en une musique résolument moderniste synthétisant tous les acquis de quarante ans de free jazz. Que ce soit en solo ou comme ici au sein d’un sextet âpre et lyrique d’inspiration mingusienne dans son instrumentation, il branche son discours sur les rythmes du corps, du souffle et de la voix et s’impose comme l’un des artistes les plus passionnants de la musique afro-américaine contemporaine.

Ce nouveau projet de Cooper - Moore a été créé lors du dernier Vision festival en juin 2007 à New-York.


Dimanche 17 février à 16h30, à la Salle Gérard Phlippe, Bonneuil-sur-Marne
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Festival VISION VII

Kidd JORDAN/Milford GRAVES/William PARKER

Kidd JORDAN saxophones / Milford GRAVES batterie / William PARKER contrebasse

C’est à une rencontre passionnante entre trois monstres sacrés de la musique afro-américaine que nous convie ce soir le festival Vision accueilli comme chaque année par l’équipe de Sons d’hiver. Trois personnalités hors du commun ; trois moments de l’histoire du jazz moderne ; trois territoires bien distincts sur la cartographie complexe de la jazzosphère.

Véritable légende vivante, Milford Graves est l’un des musiciens phares de la révolution free, l’un de ceux qui surent ouvrir au swing de nouveaux horizons en inventant un nouveau style de batterie, définitivement affranchi de toute préoccupation d’accompagnement et de marquage rythmique. Batteur du New York Art Quartet et du Jazz Composer’s Orchestra, partenaire d’Albert Ayler, de Don Pullen ou de Cecil Taylor, Milford Graves a introduit dans le jazz une pulsation nouvelle, libertaire et sensualiste, avec les tensions et utopies de son temps.

Kidd Jordan, originaire de la Nouvelle-Orléans où il vit et enseigne, fait partie de ces saxophonistes au son ample et tourmenté, profondément ancré dans le blues, qui ont fait la richesse du post free des années 70. Partenaire des principaux représentants de la Loft Generation new-yorkaise (de Julius Hemphill à David Murray en passant par Oliver Lake ou Sam Rivers), mais aussi fondateur avec Alvin Fiedler de l’Improvisationnal Art Ensemble, Kidd Jordan, attiré par les thèses syncrétiques de la Great Black Music, a multiplié depuis les années 80 les rencontres avec les musiciens de Chicago, Fred Anderson notamment…

William Parker enfin, contrebassiste au style puissant et tellurique, compagnon de route de Cecil Taylor, David S. Ware, ou encore Charles Gayle, est aujourd’hui sans conteste l'un des pivots autour duquel gravite l'avant-garde de la musique noire new-yorkaise. Sideman infatigable, composant avec son complice Hamid Drake, William Parker est le catalyseur d’un grand nombre de projets et celui qui fait lien entre toutes les générations et les tendances du jazz afro-américain.

Ces trois géants inventent une musique lyrique, sensuelle et flamboyante, d’une modernité radicale dans le geste et comme hantée par toute l’histoire de la musique afro-américaine, magistralement revisitée.

A visiter : www.visionfestival.org


Dimanche 17 février à 16h30, à la Salle Gérard Philippe, Bonneuil-sur-Marne
Tarifs : 18 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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"Le Cabaret des Musiques à Ouïr"
LA CAMPAGNIE DES MUSIQUES À OUÏR + invités

Denis CHAROLLES arrosoir, graviers, percutterie, clairon et embouchures à bouches, chant /
Frédéric GASTARD saxophones, grand synthétiseur / Alexandre AUTHELAIN clarinette basse,
saxophone

InvitésFrançois PIERRON : contrebasse / René LACAILLE : accordéon / Julien EIL : clarinette basse, flûte traversière / Loïc LANTOINE, Éric LAREINE, René LACAILLE, Maggie NICOLS chant / ROUDA slam

Ils ne sont que trois les pieds nickelés de la Campagnie des Musiques à Ouïr, mais quand ils s’embarquent dans la folie douce de leur spectacle total, c’est comme si soudain un big band foutraque et joyeusement composite se mettait doucement en branle, souple, dégingandé et brinquebalant. Il faut dire que les doux rêveurs de ce groupuscule de poche, Alexandre Authelain aux clarinettes et saxophones (nouveau venu dans l’aventure en lieu et place de Christophe Monniot), Frédéric Gastard aux synthétiseurs rétro-futuristes et Denis Charolles à la batterie et autres objets divers…, sont devenus au fil des concerts des sortes d’experts en matière d’illusionnisme sonore.

Avec un art consommé du détournement, du recyclage et de l’hybridation esthétique généralisée, la Campagnie des Musiques à Ouïr invente un univers musical singulier, sorte de cabaret free désinvolte, de music-hall déjanté, dadaïste et féerique, accumulant et compressant avec une allégresse communicative tous les genres (du free jazz au bal musette, de la chanson populaire au rock) pour les restituer en formes nouvelles, malicieusement cabossées et enchâssées. Après Yvette Horner et Brigitte Fontaine, qui furent parmi les premières à s’aventurer dans cette vaste entreprise de déconstruction, la Campagnie s’est fait une spécialité de convier chaque fois de nouveaux artistes à venir participer à la fête.

Outre Eric Lareine (déjà présent la saison dernière), auteur compositeur inspiré de chansons à la fois violentes et douces-amères, lyriques et teintées d’humour absurde, sont cette fois invités à se croiser sur scène : Loïc Antoine, autre figure atypique et iconoclaste de la jeune chanson française ; la diva free-rock Maggie Nicols ; le slam fluide et poétique de Rouda (membre du collectif historique 129H) ; l’accordéon créole et chatoyant du réunionnais René Lacaille. Un cocktail bordélique et joyeux, virtuose sans en avoir l’air, souvent émouvant, parfois burlesque, toujours casse-gueule et engagé, qui offre ce même petit frisson précieux au spectateur qui se laisse aller dans la danse : le sentiment d’être en vie !

A visiter : www.musicaouir.fr
www.myspace.com/loiclantoine
www.maggienicols.com
www.renelacaille.com


Mardi 19 février à 20h30, au Théâtre Antoine Vitez, Ivry
Tarifs : 19 € / 12 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Lenine

LENINE voix, guitares / Pantico ROCHA batterie, percussion / JR TOSTOI guitares / GUILA basse

En une petite quinzaine d’années d’activisme tous azimuts et une poignée d’albums essentiels O Dia Em Que Faremos Contato, Ohlo de Peixe et No Pressao, d’ores et déjà des classiques, Lenine a su s’imposer sur toutes les scènes du monde. Il s'affirme non seulement comme la nouvelle figure emblématique de la musique populaire brésilienne contemporaine (cette fameuse MPB en révolution permanente), mais aussi comme l’un des artistes de notre époque les plus à même de cristalliser les tensions et contradictions de notre monde globalisé.

Auteur compositeur inspiré, producteur et arrangeur surdoué, Lenine, embarqué dans une traversée oblique des grands courants populaires qui ont fait la modernité musicale du Brésil (de la samba ancestrale et archaïque à la truculence baroque du tropicalisme), aime se présenter comme un troubadour post-moderne, héritier des repentistas, ces poètes, improvisateurs, chroniqueurs sociaux et politiques de son Nordeste natal.

Se reconnaissant dans le "cannibalisme" esthétique propre à la culture créole (conceptualisé par le "mouvement anthropophagique" d’Oswald de Andrade au début du XXe siècle), Lenine invente un univers hybride, savamment hétéroclite, littéralement en fusion, dans son souci de capter, ingérer, intégrer, digérer en formes neuves toute la richesse du monde…
Dans cet univers sonore composite, on peut distinguer, de façon plus ou moins subliminale,
l'Afrique des esclaves : la cantoria, chant sacré de dévotion teinté d’animisme africain mais aussi le maracatu et la forro, musiques de danse et d'exutoire social. On peut aussi y percevoir la suavité chantante et mélancolique de la langue portugaise ainsi que la violence électrique et adolescente du rock le plus énergétique, les rythmes trépidants des mégapoles contemporaines (du hip hop aux dernières pulsations technoïdes) et l'énigmatique écho des grandes civilisations indiennes précolombiennes...

C'est l’extraordinaire luxuriance baroque d’un monde constamment tiraillé entre archaïsme et hyper-modernité, sens du terroir et universalisme démocratique que Lenine parvient à nous faire sentir physiquement dans sa musique organique et inspirée. Une plongée sensorielle au cœur du réel.

A visiter : www.lenine.com.br


Jeudi 21 février à 20h30, à la Maison des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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Joe HENRY

Joe HENRY chant, guitare / Dave PILTCH basse / Jay BELLEROSE batterie

Électron libre de la scène pop alternative américaine contemporaine, Joe Henry fraye depuis de longues années son chemin à contre-courant des tendances des musiques actuelles.
Il développe un univers raffiné, dandy et littéraire, original dans sa façon de réenvisager les
mythes fondateurs de l’imaginaire américain en se jouant constamment des clichés qui lui sont associés. Ses albums rock, Murder of Crows et Shuffletown, lui assurent une certaine renommée dans le milieu alternatif.

Accompagné des Jayhawks, Joe Henry fait sensation au tournant des années 90 avec deux albums d’inspiration country rock, Short Man’s Room en 1992 et Kindness of the World en 1993. Il inaugure ici ce qui allait devenir sa marque de fabrique : cette dérive stylistique très concertée à travers l’éclectisme du continent musical populaire américain, de la soul au rock’n’roll en passant par la country et le jazz. Poursuivant son parcours artistique avec deux albums plus expérimentaux (Trempoline en 1996 et Fuse en 1999, produit par Daniel Lanoix), Joe Henry trouve véritablement sa voix à partir des années 2000 avec une trilogie discographique, Scar en 2001, Tiny Voices en 2003 et Civilians en 2007, qui s’impose d’ores et déjà comme l’une des plus abouties et personnelles de ce début de siècle.

Entouré de formations hybrides mêlant habilement musiciens pop (Jim Keltner, Meshell NdegeOcello) et jazzmen de renoms (Brad Melhdau, Don Byron, Marc Ribot, Bill Frisell et même Ornette Coleman), Joe Henry s'impose comme l’un des songwriters les plus originaux et inspirés de ces dernières années et surtout comme un extraordinaire metteur en scène de son propre univers. Élaborant ses chansons comme des petites nouvelles oniriques avec un vrai sens de la dramaturgie et de la métaphore obsédante, il greffe sur des balades pop rock vénéneuses et dépressives la sensualité trouble de la soul et le sens de l’improvisation du jazz. Joe Henry invente ainsi une musique étrange pulsée de rythmes alanguis et langoureux, à la fois lyrique et magnifiquement elliptique.

Quelque part entre le minimalisme sensuel de la prose de Raymond Carver, la liberté nomade du cinéma de Robert Franck et la puissance hypnotique des images d’Edward Hopper, les chansons de Joe Henry proposent à leur tour une plongée hallucinatoire au cœur de l’Amérique fantôme.

A visiter : www.joehenrylovesyoumadly.com


Vendredi 22 février à 20h30, à la Maison des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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MASSACRE.

Bill LASWELL/Fred FRITH/Charles HAYWARD

Bill LASWELL basse / Fred FRITH guitare électronique / Charles HAYWARD batterie, mélodica, voix

C’est à New York au tournant des années 80, en pleine période no wave, que le guitariste Fred Frith, figure clef de la scène rock progressive expérimentale britannique (il est le cofondateur du mythique groupe Henry Cow) s’associa à deux jeunes musiciens américains à l’orée de leur carrière, Bill Laswell à la basse et Fred Maher à la batterie, pour créer le groupe Massacre et enregistrer un premier disque Killing Times qui fit instantanément l’effet d’une bombe.

Massacre propose un cocktail avant-gardiste de musique noise violemment abstraite, de grooves funk dévastateurs, de punk rock énergétique et de free music d’inspiration européenne. Ce power trio se propulse en première ligne de ces formations new-yorkaises underground cherchant à marier en formes neuves et hybrides la sophistication instantanée de l’improvisation libre et l’énergie du rock le plus brut.

Si l’influence de Massacre fut aussitôt reconnue comme décisive les trois hommes n’allèrent pas plus loin dans l’aventure et se séparèrent. Ce n’est qu’en 1998 que Fred Frith et Bill Laswell décidèrent de reformer ce groupe devenu culte en proposant à Charles Hayward de remplacer Maher à la batterie. Leader au tournant des années 80 du trio expérimental The Heat, très proche de Massacre dans son orchestration comme dans son esthétique mêlant post punk, rock progressif, musique concrète et improvisation libre, Hayward releva le défi.
Enregistrant pour le label Tzadic un nouveau disque, Funny Valentine, Massacre renaît de
ses cendres 17 ans après sa dissolution. Le groupe a sorti quelques nouveaux disques (Meltdown (2001) et Lonely Heart (2007)) dans la lignée de ce brûlot prophétique qu’était Killing Times.

Il y a dans cette musique ramassée sur elle-même comme une boule d’énergie brute, pulsée de grooves funk imparables, puissamment lyrique dans sa façon inimitable d’insérer dans des textures sonores complexes et abstraites des fragments de mélodie pure. Une jeunesse et une tension vitale plus que jamais en phase avec notre temps.

A visiter : www.fredfrith.com
www.myspace.com/fredfrithmusic


Vendredi 22 février à 20h30, à la Maison des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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TAMAR-KALI

TAMAR-KALI voix, guitare / Jérôme JORDAN guitare / Thom LOUBET guitare /
Jeremiah HOSEA
basse / Mark ROBOHM batterie

La chanteuse et guitariste afro-américaine Tamar-kali est l’une des artistes les plus représentatives de l’extraordinaire bouillonnement créatif de la scène black rock underground new-yorkaise depuis les années 90.

Chanteuse à ses débuts de groupes obscurs comme Funkface et Song of Seven, proposant, à contre-courant de la vague hip hop, une musique hybride, mélange détonnant de reggae, de soul punk et de hardcore (dans la continuité de groupes mythiques comme Bad Brains ou Fishbone ), Tamar-kali s’est forgée une personnalité hors norme, volontiers provocatrice, dissimulant derrière une féminité agressive et ironiquement sensuelle, une sensibilité à vif et un sens musical d’une grande subtilité. On n’emprunte pas impunément le nom de Kali, la  déesse de la mort dans la mythologie hindouiste.

Multipliant les collaborations (on l’a entendu récemment avec Outkast ainsi qu’au sein du groupe de reggae fondé par le new-yorkais Ticklah, Easy Star All Stars), Tamar-Kali, militante féministe fortement engagée politiquement, cherche à décloisonner les genres et à briser les stéréotypes raciaux, sexuels et culturels. Elle est de plus engagée dans des projets musicaux d’inspirations très différentes et dirige notamment le Psycho Chamber Orchestra, sextet à cordes atypique composé uniquement de femmes.

Tamar-kali se présente à Sons d'hiver avec son groupe le plus résolument rock, 5ive-Piece.
Composé de trois guitares toutes en distorsions dissonantes et d’une rythmique épileptique,
les 5ive-Piece, concassant en un déluge de décibels soul, afro-punk et hardcore, inventent une musique directe et énergétique, portée par la voix chaude et sensuelle de Tamar-Kali.
Quelque chose d’essentiel de l’Amérique noire d’aujourd’hui se fait entendre dans cette
frénésie sonique.

A visiter : www.myspace.com/tamarkali


Samedi 23 février à 20h30, à la Maison des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 
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THE BLACK ROCK COALITION ORCHESTRA
salutes James BROWN

Gene WILLIAMS direction musicale, clavier, voix / George THOMAS O'BRYANT (GTO) voix /
Aminah HASSELL (QUEEN AMINAH) voix / Manchild BLACK, voix / Ron MUNROE, basse /
Michael HILL guitare, voix / Kelvyn BELL guitare, voix / Roger BYAM saxophone, voix /
Wayne
COBHAM trompette, voix / Cornell MCGEE trombone, voix / Fred ALIAS percussion /
Gary FRITZ
percussion

La Black Rock Coalition a été fondée en 1985 par Vernon Reid, guitariste et leader du groupe Living Colour, Greg Tate le journaliste du Village Voice et la productrice de film Konda Mason. Dans la ligne des thèses défendues par des organisations historiques comme la Jazz Composers’ Guild ou l’AACM, la Black Rock Coalition milite depuis ses origines contre la discrimination raciale dans l’industrie du disque et pour le droit à l’autodétermination de la communauté afro-américaine dans ses choix esthétiques.

Le projet initial était centré sur la nécessité de réintégrer le rock et son histoire dans la musique afro-américaine. Parmi la liste des groupes et musiciens membres de la coalition, on peut trouver Steve Coleman, Bilal, Chocolate Genius, Cassandra Wilson, Don Byron, Meshell NedegeOcello, DJ Spooky, etc. Le collectif se réunit régulièrement en orchestres à géométrie variable pour célébrer les grands noms de la musique noire américaine populaire. Après avoir récemment rendu hommage aux musiques de Jimi Hendrix, Sly Stone ou Stevie Wonder c’est cette fois au funk viril et sensuel du Parrain de la soul, James Brown, que la Black Rock Coalition a décidé de consacrer son nouveau projet. Dirigé par le très funky Gene Williams, ce mini big band mêle des personnalités de toutes générations, des vétérans comme Michael Hill, co-fondateur de Living Colour ou Wayne Cobham, trompettiste dans des orchestres comme The Temptations ou Kool and the Gang ainsi que des représentants de la nu-soul et du rap comme Queen Aminah ou GTO. Il propose une relecture passionnante de l’univers de Mr Dynamite. Ce projet "James Brown" a été créé en juin dernier à New-York. Son intérêt tient autant à la qualité d'interprétation des musiciens qu'à leur propre sens du respect de la musique de James Brown. Inutile de rappeler, que c'est avec un bonheur absolu que l'on réécoute défiler sur scène les titres les plus célèbres du Godfather of Soul. Servis à la fois d'une façon fidèle et iconoclaste. Fidèle, car il est étonnant de voir que cette musique de James Brown est connue dans ses moindres détails. Iconoclaste car George Thomas O'Bryant(GTO) est un parfait chanteur - danseur aimant inventer et porter la danse et gestuelle du Maître à la limite de la parodie dans la pure tradition des "minstrels". Il permet aux différents solistes d'exprimer à leur manière la musique de James Brown.

Plongeant aux racines du funk (le rythm’n’blues, le gospel) pour mieux se propulser en une profusion de rythmes, de voix emmêlées et d’improvisations flamboyantes dans les formes expérimentales du jazz et du hip hop contemporains, c’est toute l’inventivité de la musique afro-américaine contemporaine qui trouvent là à s’exprimer. Il est impossible de résister à une furieuse envie de danser durant ce concert.

A visiter : www.blackrockcoalition.org
www.myspace.com/blackrockcoalition


Samedi 23 février à 20h30, à la Maison des Arts André Malraux, Créteil
Tarifs : 20 € / 15 € (carte Sons d’hiver + TR)

 


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© Copyright Nancy Jazz Pulsations, 2008.
Page maintained by Christian Boullangier,
Jazz-Passion, janvier 2008.