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1. Le coin des devinettes.


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S


Éric Satie

Saxophone soprano

Saxophone ténor

Saxophone en ut

Scarface

Scat et solo de basse à l'archet

Élisabeth Schwartzkopf

Sexe

Shakespeare

Artie Shaw

Archie Shepp

Zoot Sims

Smith Louis

Sons sous-entendus

Johnny Splawn

Sports

Nicolas de Stael

Standards et Be-Bop

Standards et
école de
Lennie Tristano

Stormy Weather

Igor Stravinsky

Maxine Sullivan

Superman

Surnoms

Surnoms intimes

Surréalisme

Surréalisme et
"wrong mistake" monkienne


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Éric Satie

Q Connaissez-vous un pianiste de jazz qui réalisa un disque en hommage à Éric Satie ?

R Lam Nordlaw.


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Saxophone soprano

Q Connaissez-vous le seul saxophoniste de toute l'histoire du jazz à ne s'être exprimé qu'au soprano ?

R Evets Ycal.


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Saxophone ténor

Q Quel célèbre saxophoniste ténor se plaisait à répéter que son saxophoniste ténor de rêve serait celui qui aurait "my sound, Zoot Sims's time, and Al Cohn's ideas" ?

R Nats Zteg.


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Saxophone en ut

Q Quel célèbre musicien jouait du saxophone en ut (C melody sax), un saxophone, n'appartenant pas vraiment à la famille des saxophones, dont la tessiture se trouve entre celle de l'alto (en mi bémol) et celle du ténor (en si bémol), qui avait été inventé pour être intégré dans des orchestres symphoniques (il avait été conçu pour pouvoir transcrire les partitions de piano et de violon) et qui n'est plus utilisé depuis longtemps ?

R Eiknarf Reuabmurt.


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Scarface

Q Si vous écoutez attentivement, Paul Muni, dans ce célèbre film policier d'Howard Hawks, il siffle un thème de jazz célèbre. Lequel ?

R Ymrots Rehtaew.


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Scat et solo de basse à l'archet

Q Quel musicien, dans "The Al Cohn-Zoot Sims Quintet / You'N'Me (01 & 03/06/1960), donne un étonnant solo sur "Angel Eyes" : juste du scat et de la basse à l'archet et dans une stricte unisson (pour l'arrière-fond sonore, qui est très discret, Al et Zoot ont troqué leur saxophone ténor par une clarinette pour l'occasion) ?

R Rojam Yelloh.


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Élisabeth Schwartzkopf

Q Quel critique de jazz a écrit, au sujet de la chanteuse Maxine Sullivan : " On l'imagine d'autant plus à l'image de sa voix : frêle, effacée, sobre et soignant sa voix en toute lucidité, tout à la fois pudique et sophistiquée, comme saurait l'être une Élisabeth Schwartzkopf " ?

R Knarf Toregreb.


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Sexe

Q Quel dessinateur a dit : Dans ma vie, jazz traditionnel et blues viennent juste après le sexe. (Jazz Magazine n° 350, mai 1986) ?

R Trebor Bmurc


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Shakespeare

Q Quel metteur en scène de cinéma avait sérieusement envisagé de tourner une version jazzistique d'Othello, de Shakespeare, avec la participation musicale de Miles Davis (in Entretien avec Hpesoj Yesol, Jazz Magazine, n°106, mai 1964) ?

R Hpesoj Yesol


Q Quel pianiste, qui fut le professeur de nombreux instrumentistes (dont près de 30%, à la fin de sa vie, étaient des femmes), ayant relevé sa merveilleuse aptitude à peindre des caractères féminins, en a conclu que Shakespeare ne pouvait être... qu'une femme, sa propre sœur. ?

R Einnel Onatsirt.


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Artie Shaw

Q Artie Shaw a été marié avec quelle grande actrice de cinéma ?

R A. Rendrag.


Q Quelle chanteuse Noire Artie Shaw décida-t-il d'imposer en 1938 au public raciste des États-Unis* ?

* Ce qui fut une attitude novatrice très courageuse.

R Eillib Yadiloh.


Q Quelle grande chanteuse a écrit à propos d'Artie Shaw : Il y a peu de gens qui aient lutté plus farouchement que Artie Shaw contre les pourris qui composent le monde de la musique, ou les minables de seconde zone qui y ont droit de cité et se conduisent avec les musiciens comme des charognards. Il n'a pas gagné, mais il n'a pas perdu non plus. Peu après mon départ, il leur a dit d'aller se faire foutre, comme moi. On le traite toujours de timbré, tout simplement parce qu'il y a toujours eu pour lui des choses plus importantes que d'encaisser un million de dollars.* ?

* in Lady Sings the Blues, Eds Parenthèses, Roquevaire, 1984).

R Eillib Yadiloh.


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Archie Shepp

Q Quel poète surréaliste Noir américain lit un de ses poèmes dans le disque d'Archie Shepp Live at the Panafrican Festival ?

R Det Snaoj.


Q Connaissez-vous un bassiste qui a joué régulièrement dans les années 1970 avec Archie Shepp et dans les années 1990 avec ... Lenny Popkin ?

R Noremac Nworb.


Q Quel est, hormis le fait qu'ils contiennent de petits chef-d'œuvres, le point commun entre les deux disques suivants d'Archie Shepp : Trouble in Mind (06/02/1980) et Looking at Bird (07/02/1980) ?

R Ec tnos sed oud ; le premier avec Cearoh Nalrap* et le deuxième avec Nesredep Detsro Gninneh-Slein/ P.O.H.N.

* Il récidivera avec lui, notamment le 24/10/1987 (1rst Set) et les 27 & 28/09/1991 (Live in Zurich).


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Zoot Sims

Q Qui a dit que Zoot Sims ne faisait pas que "sonner" comme Lester Young mais qu'il "pensait" aussi comme lui ?

R XXX*.

* Un critique américain (non précisé), cité dans Jazz Magazine n°140, mars 1967.


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Smith Louis

Q Qui est le saxophoniste alto qui se cache derrière le pseudonyme " Buckshot La Funke " dans le très beau disque " Here Comes " du trompettiste Louis Smith ?

R Llabnonnac Yelredda.


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Sons sous-entendus

Q Quel trompettiste a mis au point une technique* permettant de glisser des "sons sous-entendus" et des "notes absentes" dans ses solos** ?

* Bob Summers, disciple de ce trompettiste, considère que cette technique est quasiment inimitable, quoique Lee Morgan parvienne parfois à s'en approcher. Il s'agit en l'occurrence de plaquer la langue sur le palais afin de bloquer en partie l'arrivage d'air ; ce qui procure une sorte de "non-son" **. On en trouve une belle illustration dans le début du second chorus de "Joy Spring" dans l'album Jordu **.

** In Droffilc Nworb de Carol L. James, traduction de Laurent Goddet, Jazz Hot n°370, mars 1980.

R Droffilc Nworb.


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Johnny Splawn

Q Quel trompettiste a dit de ce trompettiste (mythique ?) : Il était paralysé des deux jambes et ne pouvait se déplacer. Il était de Harrisburg, et vint s'installer à Philadelphie. Il possédait une sonorité très chaude, une grande technique, et des idées merveilleuses. Je pense que l'on ne l'entend que dans un disque, une plage même, avec Coltrane, un Coltrane première manière. Je me souviens de ce qu'on appelle une "trumpet-battle" entre lui et Clifford Brown ; c'était éblouissant à entendre. Clifford Brown était, bien entendu, celui qu'on connaissait, celui pour qui on venait, et que les gens suivaient, mais Splawn avait une manière unique de jouer un solo. Il m'a influencé.* ?

* In Jazz Magazine n°124, juin 1965.

R Det Nosruc.


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Sports

Q Quel saxophoniste a enseigné l'équitation et le ski au début des années 1950 ?

R Nella Regae.


Q Quel saxophoniste remporta le Grand Prix de Seebring de course automobile dans la catégorie "tourisme" ?

R Nella Regae.


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Nicolas de Stael

Q Quel peintre a dit : Mais les analogies ont leurs heures sombres. Mars 1955 voit une double perte irréparable ; c'est la mort de Charlie Parker (un demi-suicide) et le suicide de De Stael. Les tempéraments sont différents ; mais dans le "Loverman" de Parker, comme dans "la nature morte au fond bleu" de De Stael, qui se trouve au musée d'Antibes, l'atmosphère proposée est bien voisine ; dans l'une comme dans l'autre de ces œuvres : la souffrance, le désespoir exprimés atteignent des sommets et le climat démentiel largement apparent ; paradoxalement, ces deux œuvres suintent la prostration.* ?

* In Jazz Magazine, "Une évolution parallèle", n°115, février 1965.

R Naej Reihtreb**.

** Évoquant avec un critique d'art le parallélisme existant entre l'évolution de la peinture et du jazz.


Q Quel critique d'art a complété ainsi la précédente citation : Peut-être ces deux créateurs sont-ils allés jusqu'au bout du chemin ; la similitude du paroxysme de leur recherche a quelque chose de troublant. Au delà de cet élan de la découverte, de cette superbe avancée dans le domaine de la connaissance et dans celui, qui la jouxte, de l'aventure (car ils sont liés l'un à l'autre), ils ont trouvé la mort ; une mort de réconciliation. D'où peut-être cette sorte de prostration que tu évoques.* ?

* In Jazz Magazine, "Une évolution parallèle", n°115, février 1965.

R Naej-Seuqcaj Euqêvél**.

** Évoquant avec un peintre le parallélisme existant entre l'évolution de la peinture et du jazz.


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Standards et Be-Bop

Q La plupart des œuvres du répertoire développé par les Beboppers était basé sur les grilles d'accords de standards. Les titres étaient modifiés. Retrouvez les titres des boppers !

- All The Things You Are ?
R
Drib of Esidarap.

- Cherokee ?
R *.**.*.**

* = 15ème lettre de l'alphabet
** = 11ème lettre de l'alphabet !***
*** Désolé d'utiliser ce subterfuge vraiment bancal, mais sinon, cela aurait été trop facile à trouver !

- Honeysuckle Rose ?
R Ekudamram.

- How High The Moon ?
R Ygolohtinro.

- I Got Rhythm ?
R Ygoloporhtna.

- Indiana ?
R Annod Eel.

- Lover Comes Back To Me ?
R Drib Steg Eht Mrow.

- What Is This Thing Called Love ?
R Toh Esuoh.

- Whispering ?

R 'Nivoorg Hgih.


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Standards et école de Lennie Tristano

Q Les tristaniens ont aussi utilisé les standards pour développer leurs répertoires. Les titres étaient modifiés. En voici quelques-uns*, en clair pour une fois !

* Jean Delmas en a répertorié un peu plus d'une centaine (in Jazz Hot, n° 325, mars 1976).

- Ablution ?
R All The Things You Are.

- Air Pocket ?
R Perdido.

- April ?
R I'll Remember April.

- Background Music ?
R All of Me.

- Ballad for Ruth ?
R These Foolish Things.

- Commentary ?
R All The Things You Are.

- Dixies Dilemna ?
R All The Things You Are.

- Excerpt ?
R I'll Remember April.

- Happening ?
R Embraceable You.

- Interlude ?
R A Night in Tunisia.

- Judy ?
R Don't Blame Me.

- Lennie-Bird ?
R How High the Moon.

- Lennie's pennies ?
R Pennies From Heaven.

- Line Up ?
R All of Me.

- Marshmallow ?
R Cherokee.

- No Figs ?
R Indiana.

- Oracle ?
R Love Me or Leave Me.

- Progression ?
R Lullaby in Rhythm.

- Rebecca ?
R My Old Flame.

- Retrospection ?
R These Foolish Things.

- Sax of a Kind ?
R Fine Dandy.

- Subconscious-Lee ?
R What Is Thing Called Love.

- Sunflower ?
R Yesterdays.

- Tautology ?
R Idaho.

- 317 E. 32 nd ?
R Out of Nowhere.


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Stormy Weather

Q Quelle chanteuse créa " Stormy Weather " ?

R Lehte Sretaw.


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Igor Stravinsky

Q Au sujet de laquelle de ses œuvres Stravinsky a écrit : La partie de percussion doit être considérée aussi comme une manifestation de mon enthousiasme pour le jazz. J'ai acheté moi-même la batterie dans une boutique de Lausanne, et j'ai appris à en jouer moi-même, tout en composant...* ?

* In Igor Stavinsky : Expositions and developpements, Faber Eds., Londres, 1962.

R Eriotsih ud Tadlos.


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Maxine Sullivan

Q De quels instruments la chanteuse Maxine Sullivan (épouse de John Kirby) jouait-elle aussi ?

R Ettepmort et Enobmort.


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Superman

Q Connaissez-vous le titre d'une composition de Charlie Parker, qu'il a aussi appelé Superman pour la deuxième prise d'enregistrement de ce titre au cours de la séance Dial enregistrée le 28 octobre 1947 ?

R Eht Nmyh.


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Surnoms

Q À quel musicien fût attribué le surnom suivant :

- Bags ?
R Tlim Noskcaj.

- Batman ?
R Ynohtna Agetro.

- Bean ?
R Nameloc Snikwah.

- Bird ?
R Eilrahc Rekrap.

- Duke ?
R Ekud Notgnille.

- Fifi ?
R Eppilihp Ellebmoc.

- Klook ?
R Ynnek Ekralc.

- Lady ?
R Tous les musiciens (de sexe féminin comme masculin) qu'appréciait Retsel Gnuoy.

- Lady Day ?
R Eillib Yadiloh.

- Lemon Drop Kid
R Knarf Onilosor.

- Little Jazz Giant ?
R Yor Egdirdle.

- Little Pres ?
R Luap Ettehciniuq.

- Mr B ?
R Yllib Enitskce.

- NHOP ?
R POHN !
* ou plus explicitement... Slein-Gninneh Detsro Nesredep.

- Pépé ?
R Erdna Inaisrep.

- Perk ?
R Llib Snikrep.

- Pres ?
R Retsel Gnuoy.

- Rabbit (Lapin)* ?
* notamment parce qu'il courrait si vite qu'il pouvait rattraper une voiture !
R Ynnhoj Segdoh.

- Sassy ?
R Haras Nahguav.

- Satchmo ?
R Siuol Gonrtsmra.

- Sweets ?
R Yrrah Noside.

- Tooz ?
R Nhoj Yelah Smis ... dit Tooz Smis !

- Tram ?
R Eiknarf Reuabmurt.

- Trane ?
R Nhoj Enartloc.

- Tubbs ?
R Ybbut Seyah.

- etc.


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Surnoms intimes

Q Quelle surnom avait donné à Thelonious Monk, Nellie, sa compagne ?

R Suoidolem Knuht*.

* Si le premier mot est compréhensible, pour le deuxième, je n'en connais pas de traduction !


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Surréalisme

Q Quel poète noir américain surréaliste (qui a aussi publié Propositions pour un manifeste Black Power, en 1969 chez Eric Losfeld) écrivit dans la revue surréaliste L'Archibras (n° 3, mars 1968) : Je suis un Noir américain né pauvre ; j'ai habité dans des ghettos et j'ai eu assez de chance pour survivre. J'ai choisi le surréalisme alors que j'étais très jeune... J'y sentais une camaraderie, comme celle que j'avais trouvée dans le jazz... * ?

R Det Snaoj.

* Il convient de s'appesantir un instant sur cette très belle citation. Que je trouve d'autant plus belle car je pourrais avoir l'impression d'avoir déjà prononcé ces deux phrases dans une vie antérieure, et présente et à venir ...
Alors,
One More Time et en lettre de feu :

J'AI CHOISI LE SURRÉALISME ALORS QUE J'ÉTAIS TRÈS JEUNE...
J'Y SENTAIS UNE CAMARADERIE,
COMME CELLE QUE J'AVAIS TROUVÉE DANS LE JAZZ...

Q Quel saxophoniste célèbre assista en 1954, déguisé, à une "dada-surreal party" organisée par un de ses amis, le poète Noir américain Ted Joans ?

R Eilrahc Rekrap ; il s'était improvisé sur place un costume en se peignant sur le visage un masque de guerre Mau-mau (cf. photos parues dans Jazz Magazine n°216, 11/1973).


Q Qui a dit : L'improvisation, particulièrement en jazz, est une pratique surréaliste ! C'est d'ailleurs une des raisons qui permettent d'avancer que le jazz et le surréalisme ont plus que des frontières communes sur une Carte du Tendre et ailleurs.

R Rd Treblig Nossiruam.


Q Chez quel poète surréaliste le jazz est omniprésent ?

R Eppilihp Tluapuos.


Q Quel peintre surréaliste exposa en 1924, au Salon de l'Araignée, des silhouettes de musiciens de jazz ?

R Sevy Yugnat.


Q Quel disque de Thelonious Monk, enregistré au Five Spot Cafe en août 1958 avec Johnny Griffin, a une couverture qui reproduit un tableau de Georgio Chirico* ?

* Bien des pochettes de disques de Thelonious Monk sont d'inspiration surréaliste (insistons : dans le sens noble du terme !). Il faudra d'ailleurs que nous revenions un jour sur ce sujet. En tout cas, celle-ci est sans équivoque. Cependant, il serait intéressant de savoir si Thelonious Monk participait au choix du type des pochettes de ses disques (ce qui sous-tendrait l'idée que le surréalisme était une véritable option fondamentale pour lui et dont il se réclamait explicitement) ou si c'était son entourage professionnel qui le faisait judicieusement (ce qui traduirait au minimum le fait que l'association avec le surréalisme convenait tout à fait pour traduire picturalement l'univers de Thelonious Monk ; on peut être surréaliste sans le savoir !).

R Osoiretsim.


Q Quel journaliste écrivit : Seuls, quelques rares musiciens ont su échapper aux rôles impartis. Glenn Gould, pour la musique dite "classique", et Lennie Tristano, pour le jazz, incarnent ce point de vue de l'homme de la frontière, du "no man's land", perpétuellement en alerte, comme il se doit. A l'instar de Jacques Vaché et d'Arthur Cravan par rapport au surréalisme, Tristano émet un point de vue radical, critique des illusions de la modernité, qui est, sur bien des plans, futuriste. ?

R Sioçnarf Drallib*.

* In Lennie Tristano, Eds du Limon, 1988.


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Surréalisme et "wrong mistake" monkienne

Q Qui a écrit en 1988, à très juste titre : Les ratés, par exemple, existent-ils en tant que ratés, quand on sait que Monk a revendiqué l'incertitude dans le choix de la note à jouer*, et expliqué tout le parti que l'on pouvait tirer de l'erreur qui, comme le lapsus ou la rencontre inopinée de mots, peut guider en des lieux inexplorés et faire foisonner les images*. Cette "wrong mistake", telle que la désigne Monk, et qu'on peut encore appeler : "erreur positive" - à partir d'un concept qui a eu aussi quelques effets dans l'histoire des savoirs -, George Pludermacher, lui, impeccable technicien classique, la retient et y voit une maladresse calculée, l'amorce d'une liberté qui mène à la variation introuvable, à la note imprévisible, délaissant l'usuelle et quelquefois ennuyeuse prévisibilité. ?

R Sevy Niub.

* C'est moi qui souligne : ces phrases traduisent au mieux le surréalisme de Monk (un point de détail : pour ma part, j'aurais plutôt utilisé le qualificatif 'fortuite' à la place d'inopinée).

André Breton aurait pu dire que :
Thelonious Monk est surréaliste par l'incertitude dans le choix de la note à jouer.

En prolongeant ma réflexion à ce sujet, je m'aperçois que cette proposition pourrait même alimenter profondément** la réflexion sur l'acte surréaliste lui-même.
En effet, je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement (non fortuit !) avec l'
incertitude, dans le sens où ce concept a été utilisé par le physicien Werner Heisenberg (le principal fondateur de la mécanique quantique) dans son principe d'incertitude (pour lequel il a reçu le prix Nobel en 1932). Il a émis ce principe en 1927 pour traduire le fait que, dans un seul et même processus d'observation, il était impossible, pour chaque particule élémentaire (constituant les atomes), de déterminer avec simplicité d'une part leur localisation précise dans l'espace pour chaque moment précis donné (i.e. l'unité de temps physique) et d'autre part l'état de leur mouvement ; ce principe résultant de la forme essentiellement statistique des lois de la mécanique quantique. Donc, les déterminations de grandeurs microscopiques (i.e. au niveau atomique) par des appareils de mesures physiques (niveau macroscopique), qui ne font qu'enregistrer son interaction avec le système atomique (sur lequel porte la mesure) par une marque permanente et irréversible (comme une trace sur une plaque photographique ou la position d'une aiguille sur un cadran), ne peuvent aboutir qu'à des données où il existe une perte d'information sur l'état microscopique réel du système étudié ; ce que traduit le principe d'incertitude. Cela amènera Niels Bohr, un autre très grand physicien (Danois), à formuler des considérations épistémologiques essentielles qu'il résumera dans la notion très générale de la complémentarité. Etc.

Nous nous arrêterons pour l'instant en chemin car cela risquerait de nous dévier (?) complètement (?, ?... !) de notre sujet.
Mais je ne me retirerai pas ainsi sur la pointe des pieds sans souligner (ce qui rendra ma précédente phrase quelque peu superflue...) que Niels Bohr,
lui-même, avait proposé d'envisager ainsi, sous cet angle nouveau, "des points de vues apparemment contradictoires que l'on observe en biologie, en psychologie et dans les relations humaines en général". Tout ceci pour vous dire que ma réflexion (comme vous l'avez peut-être pensé) n'est pas du tout hors sujet. Et qu'elle n'est donc pas si novatrice que cela. Mais je peux, par contre, revendiquer, sans complexe et avec un certain plaisir, d'avoir quelque peu exhumé de l'oubli ce point de vue (pour ne pas dire, ce qui conviendrait mieux, cette perspective, qui, comme aurait pu le suggérer André Breton, porterait au mieux le qualificatif de cavalière...) qui embrasse effectivement aussi sa signification géographique, et d'en avoir étendu son champ d'application (cf. supra & infra : le surréalisme et... Monk, pour l'instant... !).

L'incertitude, que traduit l'hésitation monkienne, vue sous cet angle nouveau et inattendu (et qui pourra surprendre certaines personnes) nous conduit à avancer que la formation de la musique de Monk, mais aussi, plus généralement, de l'image surréaliste, s'inscrivent dans une réelle cosmogonie : il existe bien un parallélisme troublant (mais évident quand on y réfléchit un tant soit peu) entre les créations engendrées par l'acte monkien, ou la survenue fortuite des images surréalistes en général, ET la formation de l'univers !
Est-ce à dire que ces
actes surréalistes, sous l'emblème de l'incertitude, traduiraient un désir (et/ou une nécessité impérieuse) de recréer perpétuellement leur univers, mais aussi l'Univers lui-même ? Une renaissance perpétuelle. Une remise en cause perpétuelle. Etc. Pour accéder à une meilleure connaissance de soi, de l'Autre et de l'Univers, par-delà la vie mais aussi la mort... Cela semble effectivement le cas !

** Est-ce à dire que la musique de Thelonious Monk nous inviterait à nous engager sur ce qui pourrait être les prémices à un Quatrième manifeste du Surréalisme, (ou aux Prolégomènes à un quatrième manifeste du surréalisme ou non !) complémentaire de ceux déjà couchés sur le papier par André Breton depuis 1924*** et des nombreux autres écrits d'autres auteurs qui ont alimenté avec bonheur ce mouvement (qui est avant tout une attitude devant la vie) depuis le début du XXème siècle (et même antérieurement, puisque de nombreuses personnes n'ont pas attendu ce siècle pour faire déjà acte de surréalisme !). CECI N'EST PAS UN AUTRE SUJET ! Et comptez sur moi pour y revenir, ici et ailleurs...

*** Je serais curieux de savoir si le physicien Werner Heisenberg (ainsi que Niels Bohr) avaient eu vent, à cette époque, du mouvement surréaliste...

Note : Le rapprochement de Monk avec le surréalisme a déjà été avancé, entre autres, dans un article que je n'ai pas encore réussi à me procurer : Francis Paudras : Un musicien surréaliste, in Jazz Hot, n° 393, mars 1982.


Q En apprenant le décès de Thélonious Monk, quel peintre surréaliste a écrit : " Il part avec son mystère, son humour unique dans le jazz. Humour qui existe dans toutes les grandes manifestations de la poésie et qui est le regard narquois sur nous-mêmes et sur les autres..." * ?

* In Jazz Magazine , n° 306, avril 1982.

R Egroj Ohcamac.


R - T
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