L'ASSOCIATION DIDIER SEUX ET SES
SPÉCIFICITÉS
Dès le
début, le travail de l'Association s'est
organisé en commissions thématiques,
réunissant par petits groupes des soignants, psy et
non-psy, des travailleurs sociaux, des administratifs, des
chercheurs. L'Association est un lieu de réflexion,
d'échanges et d'élaboration autour des
questions soulevées par les pratiques de soins de
l'infection à VIH.
Au niveau des instances
politiques et décisionnelles, à
côté d'autres associations de lutte contre le
sida, elle a une place reconnue et spécifique : seule
association qui n'offre pas de prestation directe aux
patients, mais s'adresse à un public de
professionnels investis dans le soin des personnes atteintes
par le VIH.
Par l'action de Christiane
Charmasson, Présidente fondatrice, l'Association
avait pris son essor, se dotant d'un siège social,
d'un budget, alloué par la Caisse Régionale
d'Assurance Maladie d'Île-de-France, et d'un
secrétariat, assuré par Antigone Perakis.
De 1990 à fin 1995,
Mariannick Merckx a pris la présidence, poursuivant
le travail engagé. Patrick Stoessel lui a
succédé en 1996.
En 1989, a
été créé, avec la collaboration
d'Hédi Daoud, le Bulletin de l'Association qui
paraît plusieurs fois par an.
Depuis 1988, chaque
année, un Colloque National est organisé, dont
les actes sont publiés avec le soutien de la
Fondation Mérieux.
Dans la continuité
de l'intérêt suscité par les
précédents Colloques :
"Jeunesses au
temps du SIDA",
"La vie aux temps du V.I.H.",
"Aspects psychopathologiques de l'infection à V.I.H.
et du Sida. Clinique, Recherche, Thérapeutique",
"Qu'est-ce que soigner ?",
"Prévention et V.I.H. nécessaire illusion
?",
"Pratiques PSY dans le cadre de la maladie à
V.I.H.",
"Identités et V.I.H. Le virus induirait-il une
identité ?",
"SIDA : ordres, désordres et transmissions",
"Les échos du temps : perceptions et
représentations"
nous avons choisi ce
thème :
"Médias et
sida : l'information entre paradoxes et malentendus".
Les informations
scientifiques dans les médias sur l'infection
à VIH procèdent certes, souvent, d'un
désir d'objectivité. Mais, est-il possible de
parler objectivement du médical ? C'est la part
subjective de chaque personne, liée à la
souffrance humaine, à l'énigme de la
mortalité et aux espoirs de vie, qui est ici à l'œuvre.
Les médias
expriment bien cette dualité. Les titres et le
contenu des articles s'opposent souvent, portant la marque
de l'exigence du scoop ou du fantasme de toute-puissance
médicale. N'y a-t-il pas surtout effet d'escamotage
du sujet ?
Or,
"l'épistémologie intérieure" de chacun
- journaliste, patient, médecin, etc... - est
toujours surdéterminée. Chez une même
personne, s'affrontent, dans le rapport au médical,
des processus de pensée conformes aux exigences
rationnelles, mais aussi des répétitions de
traumatismes, des actes manqués, des
représentations imaginaires, liés à
l'histoire individuelle. Il est souvent déraisonnable
de ne pas les prendre en compte.
L'information
médicale médiatique peut faire écho de
multiples façons à cette dualité de la
personne et c'est cela que nous aborderons.
© Copyright Association Didier Seux, France, 1997.