6.a.
Les atteintes
cérébrales focales.
Elles peuvent se
manifester par des céphalées, une atteinte
motrice ou sensitive, des convulsions, une
cécité, des troubles de la
personnalité, une confusion, une
désorientation -voire un coma.
La toxoplasmose est la cause la plus
fréquente des atteintes neurologiques,
réalisant un aspect d'abcès
cérébral le plus souvent multiple.
Au scanner, on trouve une lésion en
cocarde faite d'une lésion cerclée d'une
couronne hyperdense prenant le contraste, entourée
d'une hypodensité périphérique souvent
importante et traduisant l'œdème. Cet aspect peut
aussi se retrouver avec le cryptocoque, et le plus souvent avec le
candida ou un lymphome nécrosé. La pratique
d'une IRM est parfois
nécessaire.
La présence d'ac
antitoxoplasmique dans le LCR serait
évocatrice.
La biopsie
cérébrale est parfois proposée, mais
dans le doute, un traitement doit être entrepris sans
tarder.
Le traitement d'entretien
à vie est nécessaire, car les rechutes sont
constantes dès l'arrêt du traitement.
Le lymphome cérébral
peut donner des
symptômes proches des encéphalites : des pertes
de mémoire, des troubles confusionnels, des
changements de la personnalité, une paralysie
partielle ; ainsi que céphalées, convulsions.
Son diagnostic repose parfois sur le scanner et/ou l'IRM qui
montrent la lésion sous forme d'une zone
cérébrale prenant le contraste entourée
d'un halo hypodense souvent modéré traduisant l'œdème. Le diagnostic différentiel avec la
toxoplasmose est parfois difficile. La ponction lombaire
et/ou la biopsie cérébrale sont parfois
nécessaires pour affirmer avec certitude le
diagnostic.
6.b.
Les
encéphalites.
15 à 30% des
personnes séropositives font une encéphalite :
le plus souvent leurs CD4 sont inférieurs à
100/mm3.
Des sous-type de cellules
monocytaires-macrophagiques, les monocytes exprimant les
molécules de surface cellulaires CD14/CD16 et
CD14/CD69, sont plus souvent rencontrés au stade
Sida, et surtout en cas d'encéphalites (Lancet, 1997,
349, 9053, 692) ; ces monocytes favoriseraient l'exposition
des neurones à des facteurs toxiques à
l'origine de certaines encéphalites. Concernant ces
facteurs toxiques, l'oxyde nitrique pourrait jouer un
rôle important : sa synthèse est huit fois plus
élevée chez les personnes atteintes
d'encéphalite, en comparaison avec les personnes
séronégatives, et la gp41 du VIH, dont les
taux sont plus élevés en cas d'encéphalite à
VIH, peut
accroître sa synthèse
Parfois, les signes
cliniques sont peu évocateurs (par exemple, troubles
minimes de la mémoire) : il ne faut donc pas
hésiter à recourir à des examens
complémentaires comme l'EEG (existe-t-il un
ralentissement global ?) ou, mieux, comme le scanner et
l'IRM. Parfois, les symptômes correspondent en fait
à une dépression ; mais une dépression
et une encéphalite peuvent aussi survenir
simultanément.
Le CMV est la cause la plus
fréquente (souvent d'évolution rapide) : ce
peut être aussi l'herpès, ou les mycobactéries
atypiques. Elles sont souvent d'apparition tardive, souvent
précédées par d'autres affections
opportunistes, et surviennent donc à un stade
où le déficit immunitaire est majeur.
L'encéphalite due au virus du zona, qui est rare,
peut survenir à un stade précoce.
Elles se traduisent par un
syndrome confusionnel aigu, souvent fébrile, avec des
troubles mnésiques, une difficulté à la
concentration, une lenteur d'idéation ; parfois, il y
a des troubles de l'équilibre ou de la coordination
des gestes, une faiblesse des membres inférieurs, une
hyper-réflexie. Parfois, les troubles sont frustes,
limités à la lenteur d'idéation (une
impression que la pensée se ralentit), à des
troubles cognitifs, des troubles de la mémoire qui
s'installent très progressivement, une
difficulté à la concentration. Parfois, la personne ne se rend pas
compte de ses troubles (se désintéressant
même de tout ce qui la concerne) et ce sont ses
proches qui l'inciteront à en parler à son
médecin. Dans les formes évolutives, la
confusion mentale est sévère, avec impotence
motrice et incontinence, et perte de son autonomie pour les
actes de la vie quotidienne. Au scanner, on note une
dilatation ventriculaire et une atrophie corticale.
L'encéphalite due
à l'action
directe du VIH
(Aids Dementia Complex) donne des signes similaires.
La
leuco-encéphalite multifocale
progressive, qui
est une manifestation rare, est liée au
JC
papovavirus. Elle
occasionne une démyélinisation (perte de la
gaine des nerfs) de la substance blanche responsable de
troubles du langage (aphasie), de troubles de la vision, de
faiblesse d'un membre ou d'un côté du corps, de
perte de la sensibilité d'un membre ou d'un
côté du corps, de cécité
unilatérale, d'ataxie. Au scanner, on note une
hypodensité diffuse ; à l'IRM, des
lésions touchant la substance blanche. Les JC
papovavirus peuvent être mis en évidence par
PCR au niveau du LCR. Les traitements (cytosine arabinoside)
sont peu efficaces : des études sont en cours avec le
topotécan (un inhibiteur de la topoisomérase
1, qui est actif in vitro sur le virus JC). Bien que le
pronostic ne soit pas bon, des rémissions
spontanées ont été
décrites.
6.c.
Les
méningites.
Le cryptococcus
néoformans est le plus souvent en cause. Le syndrome
méningé est souvent discret, avec souvent des
céphalées
intenses,
caractéristiques quand elles sont frontaux-orbitaires
et
associées à des nausées et à des
troubles de la vision. Parfois les signes sont
limités,
au début,
à une fièvre, un amaigrissement et à
une AEG. Parfois, les signes sont associés ou
précédés par des lésions
cutanées papulo-erythémateuses
pouvant devenir nodulaires, avec bordure
érythémateuse ou croûteuse. Des
localisations pulmonaires sont possibles et, dans les formes
avancées, avec des disséminations à de
nombreux organes. Au LCR, on note parfois une
hyperleucocytose modérée, avec
hyperprotéinorachie et hypoglycorachie ; mais
souvent, la ponction lombaire est normale. Le
diagnostic se fait
à l'examen direct du LCR, et surtout aux cultures, et par la
recherche dans le sang et le LCR de l'ag du
cryptococcoque.
Les autres causes sont
très rares : mycobactéries atypiques,
tuberculose et listéria.
6.d.
Les
rétinites.
Elles nécessitent
que le médecin ait un bon correspondant
ophtalmologue. Près de 70% des patients atteints de
SIDA présentent des nodules dysoriques ou nodules
cotonneux à l'examen du Fond d'œil, mais la plupart n'ont pas
d'atteinte de la vision.
La rétinite à
CMV est la plus
fréquente : elle apparaîtrait souvent quand les
T4 sont
inférieurs à 50/mm3 ou à 5%. Elle se traduit par une
étroitesse et une irrégularité des
vaisseaux rétiniens, l'apparition d'exsudats et
d'hémorragies traduisant l'occlusion vasculaire. Les
atteintes sont souvent récidivantes. Ces
lésions peuvent évoluer vers la
cécité. Les atteintes rétiniennes
constituent 80% des pathologies dues au VIH.
La chorio-rétinite
à toxoplasmose est plus rare et d'apparition plus
tardive.
Les infections à
CMV sont fréquentes en cas de CD4 inférieurs à
50/mm3 : la localisation oculaire
(rétinite) est la plus fréquente ; les
localisations intestinales, œsophagiennes, pulmonaires,
neurologiques (autres que rétinites),
pancréatiques, thyroïdiennes, rénales,
vésicales, hépatiques et au niveau des glandes
surrénales sont plus rares. Une virémie
à CMV positive prédit à 50% une
localisation du CMV dans les 6 mois. Si deux virémies
sont positives, la survenue d'une localisation du CMV est
hautement probable dans les 3 mois.
6.e.
Les
myélites.
Elles se traduisent par
des paresthésies, puis diminution de la force
musculaire des deux membres inférieurs
associée à des signes sensitifs. Il y a
souvent une spasticité ou une ataxie et, à un
stade plus avancé, une incontinence urinaire.
Parfois, une encéphalite subaiguë est
associée.
6.f.
Les neuropathies
périphériques.
Elles se traduisent par
une polynévrite sensitivo-motrice bilatérale
et symétrique : d'abord troubles sensitifs à
type de paresthésies (fourmillements) douloureuses,
puis apparition de troubles moteurs avec atrophie
musculaire.
Le CMV peut toucher les nerfs
périphériques, notamment les racines
nerveuses, l'affection se traduisant par de fortes douleurs aux
jambes, entraînant une faiblesse et
un engourdissement s'étendant aux bras et au reste du
corps, avec atteinte des fonctions rénales et
intestinales. L'examen du LCR est utile au diagnostic.
Certaines neuropathies
périphériques sont secondaires à
certains médicaments : surtout ddC, mais aussi D4T,
ddI.
6.g.
Syphilis.
Des cas de syphilis
tertiaire, voire quaternaire, ont été
décrits. Ces formes sont rares, mais l'atteinte
neurologique est gravissime.
Comme les lésions cutanées sont souvent
absentes, le diagnostic repose avant tout sur la
sérologie : TPHA, VDRL, FTAabs, FTA, IgM, TPI-Nelson
qualitatif et quantitatif.
De plus, l'étude
soigneuse de cette sérologie à l'aide des
tableaux des titres en anticorps (Paris-Hamelin, Institut A.
Fournier) permet d'éviter la prescription discutable
d'un traitement dans le cas d'une cicatrice.
Nous rappellerons les
bases de l'interprétation de cette
sérologie.
En cas de syphilis primaire ou secondaire : toutes les
réactions sont positives avec un TPI moyennement
positif et des IgM fortement positives. Le traitement
prescrit sera éventuellement renouvelé une
fois ; néanmoins, on n'est pas sûr d'obtenir
une négativisme totale, et ces anticorps ne sont pas
protecteurs d'une réinfections.
En cas de syphilis latente sérologique et de syphilis
viscérale tardive : toutes les réactions sont
positives, plus ou moins fortement ; la présence
d'IgM signe une infection pas très ancienne et
évolutive ; leur absence correspond à une
infection ancienne stabilisée, mais qui ne protège pas le
patient des accidents tertiaires et
viscéraux.
En l'absence d'IgM, il
faut différencier :
a.
une cicatrice
où le TPI
et VDRL sont négatifs ou faiblement positifs : ce qui
correspond à une syphilis connue mais traitée
insuffisamment ou tardivement -voire involontairement
traitée ;
b. une syphilis ancienne
sérologique où, sans
antécédents connus, le TPI est positif, le
VDRL, le FTA-abs et le TPHA sont moyennement positifs
: ce qui
correspond à une infection jamais traitée
réellement.
À l'occasion d'un
déficit immunitaire quelconque et transitoire, cette
forme peut évoluer vers un stade tertiaire, en l'absence d'un diagnostic
biologique et d'un traitement approprié.
6.h.
Le traitement de la
toxoplasmose.
Le traitement de
référence associe pyriméthamine
(Malocid 50®, 50 mg/j) et sulfadiazine (Adiazine®, 4
g/j) + ac folinique (Lederfoline®), 20 mg/j en IV durant
6 semaines. Les effets secondaires sont fréquents :
rash cutané, toxidermie entre le 8ème et le
12ème jour ; souvent fièvre,
leucopénie, thrombopénie, anémie,
troubles digestifs.
Il est parfois
nécessaire de remplacer la sulfadiazine par la
clindamycine (Dalacine®, 2,4- 3,6 g/24h) qui est mieux
tolérée.
En cas
d'intolérance à la pyriméthamine,
à la sulfadiazine et à la clindamycine, on
peut utiliser l'azythromycine (1 000 mg en dose de charge
puis 500 mg/j ; mais ce traitement serait moins actif qu'en
association avec la pyriméthamine), ou l'atovaquone
(750 mg/j), ou des tétracyclines à la dose de
4 mg/j (minocycline seule ou associée à la
pyriméthamine, doxycycline). D'autres associations
sont en cours d'études :
atovaquone/pyriméthamine,
atovaquone/sulfadiazine.
6.i.
La prophylaxie
secondaire de la toxoplasmose.
Le traitement
prophylactique à vie est impératif pour
éviter les rechutes : pyriméthamine (25 mg/j)
associée à sulfadiazine (2 g/j) + ac folinique
; l'association avec clindamycine étant moins
efficace à long terme).
6.j.
La prophylaxie
primaire de la toxoplasmose.
Elle est conseillée
particulièrement chez les personnes ayant une
sérologie positive au toxoplasme (ce qui signifie un
contact antérieur le plus souvent asymptomatique) et
des lymphocytes CD4 inférieurs à
100/mm3. Plusieurs traitements sont
utilisés, mais ceux qui permettent d'assurer aussi
une prophylaxie primaire de la pneumocystose pulmonaire
(sulfaméthoxazole/trimethoprime, dapsone), sont plus
intéressants : sulfaméthoxazole/trimethoprime
(800/160 mg/j) ou dapsone (50 mg/j) associé à
la pyriméthamine (50 mg/semaine ou 25 mg 3 x/semaine)
+ acide folinique.
À ceci, il convient
d'ajouter des conseils
hygiéno-diététiques, notamment pour les
personnes qui n'ont jamais été en contact avec
le toxoplasme (sérologie négative), mais aussi
en cas de sérologie positive et de CD4
inférieurs à 100/mm3 (une re contamination pourrait
augmenter les risques de faire une toxoplasmose). Ne
consommer que de la viande bien cuite (à l'exclusion,
éventuellement, des viandes congelées durant
au moins trois jours : temps nécessaire pour
détruire le toxoplasme). Bien laver les
légumes : éviter de manger au restaurant des
crudités ou des salades. Porter des gants en cas de
contact avec la terre (jardinage, bricolage), pour nettoyer
le bac du chat. Se laver les mains après les
activités citées ci-dessus et avant de passer
à table. Si vous avez un chat, lui donner de
préférence des aliments type croquettes
plutôt que de la viande fraîche, lui mettre un
collier avec des clochettes (afin d'éviter qu'il
n'attrape des souris) ; on peut aussi conseiller de laver
tous les jours son bac (eau bouillante ou, mieux, avec un
produit contenant de
l'ammoniaque).
6.k.
Les traitements des
lymphomes primitifs.
Ils reposent sur une
irradiation du cerveau avec ou sans chimiothérapie
(systémique ou intrathécale). Ces traitements
sont souvent peu efficaces, notamment en raison de la
mauvaise pénétration de ces produits au niveau
du cerveau. Des rémissions sont cependant possibles :
elles s'observent surtout chez les personnes ayant un bon
état général et encore une
immunité convenable pour pouvoir supporter une
chimiothérapie agressive. D'autres voies sont
à l'étude pour associer à des
chimiothérapies légères, soit des
anticorps anti-interleukine 6, soit de l'interleukine 12.
(retour de lien
en 7.b.3.a.)
6.l.
Traitements des
infections à CMV.
Le traitement des
atteintes rétiniennes doit se poursuivre par un
traitement d'entretien : en l'absence de ce traitement, les
lésions progressent, dans près de 90% des cas,
dans un délai d'un mois.
Le gangiclovir ou DHPG
(Cymevan®) est actif sur tous les herpès virus.
Son effet sur la rétinite est de plus de 90%. C'est
le médicament le plus souvent utilisé en
première intention, à raison de 5 mg/kg toutes
les 12 heures, en perfusion de 60 mn, pendant 21 jours ; la
pose d'un cathéter est parfois nécessaire. Des
résistances ont cependant été
décrites.
Les effets secondaires les
plus fréquents sont les leuconeutropénies
(nécessitant parfois d'associer des facteurs de
croissance de la moelle osseuse comme le G-CSF) et les
thrombopénies. Ces effets surviennent surtout pendant
le traitement d'entretien (5 mg/kg 1 fois par jour, puis
sous forme orale : 4 gélules 3 x/j), qui d'ailleurs
ne permet pas d'éviter toutes les rechutes.
On utilise aussi les
injections intra-oculaire de ganciclovir (toutes les
semaines, puis tous les 15 jours) ou, ce qui constituerait
actuellement d'après certains le meilleur traitement
de la rétinite à CMV, la pose d'implants
intravitréens de ganciclovir (Vitrasert®) qui
permet d'obtenir, durant cinq à neuf mois, des
concentrations quatre fois plus élevées qu'en
perfusion intraveineuse. Une nouvelle présentation de
la forme orale du ganciclovir (liaison avec de la valine)
permettrait d'obtenir une meilleure absorption intestinale
et des concentrations équivalentes à celles
obtenues par voie injectable.
Le phosphonoformate ou
foscarnet (Foscavir®) est actif sur les herpès
virus et certains rétrovirus, à la dose de 90
mg/kg 2 fois par jour en IV pendant 21 jours, puis 1/2 dose
en entretien pour essayer de prévenir les rechutes ;
la toxicité rénale (insuffisance rénale
réversible) est en partie prévenue par une
hydratation correcte ; des troubles du métabolisme
phosphocalcique sont possibles, ainsi qu'une
leuconeutropénie et des ulcérations
péniennes chez les personnes circoncises.
Son activité
anti-CMV est comparable à celle du ganciclovir. Il
est plus indiqué chez les patients recevant d'autres
traitements myélotoxiques (pyriméthamines,
sulfadiazine, chimiothérapies, AZT).
En cas d'échec ou
d'intolérance à ces traitements, il est
possible d'utiliser du cidofovir (Vistide®) qui a
l'avantage de n'être administré qu'une fois par
semaine durant 2 semaines. Mais il s'agit d'un traitement
qui présente des risques de toxicité
rénale : il est nécessaire d'associer du
probénécide et d'avoir une bonne hydratation.
Une surveillance biologique est nécessaire :
créatinémie et protéinurie. Certains
conseillent en plus la glycémie, la réserve
alcaline, la phosphorémie, la kaliémie et la
glycosurie afin de dépister le plus
précocement une atteinte rénale. L'association
avec d'autres médicaments néphrotoxiques
(notamment foscarnet) est contre-indiquée et ces
médicaments doivent être arrêtés
une semaine avant le début du traitement par
cidofovir.
Le GEM 132 est une
molécule anti-sens (morceau d'ADN qui va se lier
à un gène donné et le bloquer) qui, en
injection intraveineuse, serait 1 000 fois plus actif que le
ganciclovir et 500 fois plus que le foscarnet, et qui fait
actuellement l'objet d'un essai (forme
intra-vitréenne).
Autres molécules
à l'étude : adefovir, lobucavir.
L'utilisation
d'immunoglobulines anti-CMV avait été
proposée il y a quelques années en association
avec le ganciclovir ou le foscarnet, à raison d'au
moins 500 U/kg (250 mg/kg) au minimum 2 fois par semaine
pendant 15 jours, puis à 250 U/kg (125 mg/kg) 1 fois
par semaine.
(retour de lien
en 5.note)
6.m.
Traitements
préventifs des infections à
CMV.
La prophylaxie primaire a
été proposée pour les personnes ayant
des CD4 en dessous de 50/mm3, mais l'efficacité du
ganciclovir n'est pas évidente et c'est un traitement
souvent mal supporté à long terme. Son usage
est donc réservé surtout en cas de
virémie positive.
Des essais sont à
l'étude avec le lobucavir
La prévention par
les immunoglobulines avait été
envisagée il y a quelques années.
6.n.
Traitements des
encéphalites à VIH.
Les possibilités de
traitement de l'encéphalite à VIH sont encore
limitées car les mécanismes en cause sont
encore mal connus, et parce que très peu de
médicaments parviennent à atteindre le
cerveau. Pendant longtemps, l'AZT à forte dose a
été le seul traitement utilisé. Des
études sont en cours avec l'abacavir et surtout avec
le D4T.
D'autres voies de
traitement ont été proposées depuis
plusieurs années mais qui, malheureusement, ont peu
fait l'objet d'études suffisantes. C'est le cas du
Nimotop®, de la THA/Tacrine et de la
mémantadine.
6.o.
Le traitement de la
cryptococcose méningée.
Il repose sur un
traitement de 15 jours par l'amphotéricine B (0,7
mg/kg/j) suivi de fluconazole (200-400 mg/j). Ce traitement
est plus efficace que l'amphotéricine B (Fungizone) +
flucytosine ou 5 FU (Ancotil). Le 5 FU présente
souvent une toxicité hématologique importante
empêchant parfois son utilisation. L'amphotericine est
donnée à doses croissantes jusqu'à 0,75
mg/kg sur 6 mois. Son efficacité est bonne, de
l'ordre de 50 à 80%, appréciée
notamment sur l'ag cryptocoque. La prescription
d'antihistaminique et d'hydrocortisone est nécessaire
pour prévenir le risque allergique : de même
l'hydratation correcte pour prévenir le risque de
toxicité rénale de l'amphotericine.
L'amphotérine B utilisée sous forme
liposomiale (AmBisome®) serait moins toxique et plus
efficace.
Le fluconazole
(Triflucan®) serait actif à haute dose (800 mg/j)
: en l'absence d'effets, il ne faut pas tarder pour le
remplacer par l'amphotericine.
Le traitement continu
d'entretien est indispensable : soit fluconazole (400mg/j)
avant tout, soit amphotericine B (0,7 mg/kg 1 à 2
fois par semaine), soit itraconazole (200 mg/j).
6.p.
Le traitement
symptomatique des neuropathies
périphériques.
Parfois les antalgiques
classiques sont suffisants (aspirine, paracétamol,
voire sous forme codéinée) ou des
anti-inflammatoires comme l'Advil®). Il faut
éviter de porter des vêtements trop
serrés, de rester trop longtemps debout. Les bains
(pieds, mains) dans l'eau très froide sont parfois
efficaces ; il en est de même de certaines pommades
anesthésiques (Emla®) et de l'acupuncture. En cas
de douleurs ou de gêne importantes, il faut recourir
à des antidépresseurs (Anafranil®,
Tofranil®, Laroxyl® etc.). En cas de douleurs en
éclair (à type de décharge
électrique), on utilise du Tégretol® ou
Rivotril®.
Parfois, il sera
nécessaire de s'adresser à un centre
spécialisé dans le traitement de la douleur
(traitements notamment par
électro-stimulation).
6.q.
Le traitement de la
syphilis.
Il repose sur
la pénicilline moyen retard
type biclinocilline : une injection IM à 1 million
d'unités pendant 15 à 21 jours. Une
2ème cure à 2 mois d'intervalle est parfois
nécessaire en cas de syphilis secondaire ou
ancienne.
En cas d'allergie,
cyclines et erythromycine à forte dose : rappelons
que le terrain allergique est plus fréquent chez le
sujet séropositif que chez le sujet sain.
La surveillance du
traitement : VDRL et TPHA quantitatifs à 3 mois, 1
an, 2 ans et 4 ans.
Rappelons que l'on
n'obtient pas toujours la négativation totale des
tests, et que ces ac ne sont pas protecteurs.
6.r.
Traitements
adjuvants.
La vitamine B12 : le
déficit en vitamine B12 existe même chez
certains sujets asymptomatiques ; après 6 mois de
traitement, on note une amélioration des fonctions
cognitives.