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Transmission sanguine du VIH


Q-R 1

Q. Je suis étudiant en 1ere année de médecine à Strasbourg et on me demande des documents susceptibles de savoir : qui est le Dr GARRETTA et plus généralement qu'est ce que "l'affaire dite du sang contaminé". J'ai lu votre article dans LA RECHERCHE, mais il est peut être trop succinct.

R. Vous faites référence à l'un de nos article qui serait paru dans LA RECHERCHE.

Nous ne sommes pas au courant qu'un de nos articles soit paru dans cette revue ; nous vous serions donc reconnaissants de bien vouloir nous adresser une copie de cet article par mail ou par Fax (+33 (0)1 49 82 72 55) ou par courrier postal (POSITIFS, BP 230, 75865 Paris, cedex 18).

Pour ce qui concerne le sujet : le risque de transmission a été reconnu pour les produits sanguins dès le début de 1982 ; depuis 1985, les tests sont effectués de manière systématique dans les centres de transfusion sanguine. Ce n'est aussi que depuis 1985 que le traitement par chauffage des produits sanguins utilisés chez les hémophiles, pour inactiver le HIV, a été généralisé. Ce retard provoqua, en France, un scandale (l'affaire du sang contaminé) mettant en cause la responsabilité de l'État et des centres de transfusion sanguine : un fond d'indemnisation a été voté par l'Assemblée Nationale à la fin de l'année 1992.

Si vous souhaitez avoir plus de précisions, nous vous conseillons de contacter l'association française des Hémophiles (6 rue Alexandre Cabanel, 75739 Paris cedex 15, Tel. : +33 (0)1 45 67 77 67 ; Fax : +33 (0)1 45 67 85 44) et l'association des Transfusés (ADT, 11 rue Bailly, 75003 Paris, Tel. : +33 (0)1 40 27 84 ; Fax : +33 (0)1 40 27 86 11). (1297)


Q-R 2

Q. J'ai lu que la masturbation présentait un moindre risque, voire un risque nul. Mon problème est que je me ronge la peau des extrémités de mes doigts ; ce qui fait que ceux-ci sont parfois un peu écorchés. Donc, je souhaiterais savoir si le fait d'avoir masturbé une fille a pu présenter un risque de transmission du Sida, et si ce risque est grand.

R. La présence de saignements, même microscopiques, au niveau des doigts rend possible la transmission du VIH à l'occasion de la masturbation d'une partenaire sexuelle qui serait séropositive.
Ce risque serait limité car, ce genre de saignement étant peu étendu, la coagulation s'effectue en quelques minutes. Donc, s'il a eu lieu juste avant l'acte, une croûte s'est formée au niveau du saignement. Cette croûte est cependant d'autant plus fragile qu'elle est récente, pouvant occasionner à nouveau un saignement suite à un micro-traumatisme local survenant au cours de la masturbation.
En pratique, on peut avancer que, si vous avez rongé les peaux de vos doigts plus de 30 minutes avant l'acte, le risque de transmission du VIH à l'occasion de la masturbation d'une partenaire qui serait séropositive est quasiment nul. Si cela s'est produit moins de 15 minutes avant, un risque existe. Bien que ces données n'aient jamais été démontrées par des faits expérimentaux, elles semblent en accord avec les autres modalités de transmission du VIH démontrées scientifiquement. (0998)


Q-R 3

Q. Je ne comprend pas qu'il puisse y avoir un risque de transmission quand la peau (du pénis par exemple) de deux personnes est en contact.

Cela voudrait dire qu'on peut être contaminé par une simple poignée de main ! Il n'est en effet pas rare d'avoir une blessure au niveau des mains (par exemple une égratignure) qui pourrait être mise au contact d'une autre blessure. Qu'en pensez-vous ?

R. Il a été démontré que les gestes de la vie quotidienne ne permettaient pas de transmettre le virus du Sida. C'est notamment le cas à l'occasion d'une poignée de main. Dans le cas où cette poignée de main s'effectue entre deux mains présentant des lésions sanguines et que l'une des personnes est séropositive, il y aurait théoriquement un risque de transmission si ces lésions sont mises en contact l'une de l'autre. La probabilité pour que ces deux lésions soient juste en contact est extrêmement faible. Et à ceci, il faut ajouter que les phénomènes physiologiques de la coagulation interviennent en quelques minutes après une blessure. Il y a cependant des situations extrêmes où ce risque ne serait plus théorique : en cas de lésions sanguines étendues (sur plusieurs centimètres) ; mais dans de pareilles situations, on n'échange pas de poignées de mains ! On peut rapprocher cette situation des quelques cas où des chirurgiens ont été contaminés, ou ont contaminé une personne à l'occasion d'une intervention chirurgicale au cours de laquelle il y a eu une blessure par un bistouri avec rupture d'un des gants du chirurgien ; dans ce cas, cette blessure est mise en contact avec le champs opératoire qui baigne dans le sang. (0998)


Q-R 4

Q. Je suis séropositif. Que se passe-t-il si j'avale mon propre sperme ? Y a-t-il risque de surinfection ? Ou bien est-ce sans danger particulier puisque la quantité de virus ingéré n'est pas plus importante que celle perdue ?

Même question si je lèche mon propre sang (c'est instinctif lors d'une coupure au doigt par exemple). Est-ce dangereux ou non ?

R. Si une personne séropositive avale son propre sperme, la quantité de virus ingéré n'est certes pas plus importante que celle qui a été perdue.

En fait, la question se pose autrement.
Ce que l'on peut déjà dire, c'est que le sperme ingéré, s'il contient du virus VIH, ne peut apporter qu'une souche de virus identique à celle qui a infecté la personne (s'il s'agissait d'une souche différente ayant subi des mutations, cela représenterait un facteur possible d'aggravation).

En fait, le problème se situe à un autre niveau.
On sait que si l'on injecte dans le sang une substance étrangère à l'organisme (ce peut être un virus), le système immunitaire la reconnaît comme "non-soi", et va développer une réponse pour essayer de l'éliminer. À cette occasion, et notamment en cas d'échec de cette réponse, cela peut se traduire par un phénomène d'activation excessive du système immunitaire qui peut favoriser la multiplication de différents virus présents à ce moment dans l'organisme (notamment le VIH).
La question est de savoir si du virus VIH ingéré par l'intermédiaire de sperme peut entraîner un tel effet. Cela n'est pas exclu (notamment au niveau du système immunitaire de la muqueuse du tube digestif). Pour ce qui est de l'ingestion de sang, on peut tenir un raisonnement identique. Et s'il existe une lésion pouvant saigner au niveau de la bouche, alors le phénomène d'activation immunitaire est encore plus probable (il en est de même que pour l'ingestion de sperme).
Pour pouvoir vous répondre plus précisément, il serait nécessaire d'avoir le résultat d'études scientifiques concernant ces pratiques réalisées chez l'être humain ou chez l'animal. À notre connaissance, il n'y en a pas eu. (0399)


Q-R 5

Q. Est-ce que le virus VIH peut vivre à l'extérieur du corps humain ?

Par exemple, si un dentiste opère une personne séropositive et après une demi-heure, il opère avec le même matériel (sans le stériliser) une autre personne séronégative : y-a-t-il possibilité de contamination ?

Si une personne séropositive a une blessure qui saigne à la main et, en préparant un "sandwich", du sang s'y glisse, y a-t-il possibilité qu'une personne séronégative soit atteinte par le virus si elle mange ce "sandwich" ?

Si oui, après combien de temps l'effet du virus disparaît-il ?

R. Le VIH est un virus fragile (beaucoup plus fragile que celui de l'hépatite B ou C). Sa survie à l'extérieur du corps humain est possible, mais elle est très limitée dans le temps. On a évalué le pouvoir infectant du VIH en mesurant l'activité de son enzyme reverse transcriptase (nécessaire à sa réplication) : il a été démontré qu'une solution contenant du VIH à une concentration 100 000 fois plus élevée que celle qui est présente dans le sang de personnes infectées, qui a été chauffé à 56°C. durant 30 minutes, a un pouvoir infectant détectable pendant trois heures.
Ce que l'on sait aussi, c'est que le VIH, à des concentrations correspondant à celles qui existent chez les personnes infectées, est inactivé quand on le chauffe à 56°C pendant 1 heure. Dans le corps humain, il survit à la température de 37°C et pour se multiplier, il doit se trouver au sein de certaines cellules (comme les lymphocytes T4).

Si un dentiste opère une personne après avoir opéré une personne séropositive, et que le dentiste réutilise son matériel sans l'avoir stérilisé au préalable, il y a effectivement danger de contaminer la deuxième personne.
Mais les dentistes sont astreints à stériliser leur matériel. Les techniques utilisées sont toutes actives vis-à-vis du VIH.

Si une personne ingère un sandwich dans lequel se trouverait une goutte de sang infecté par le virus VIH, le risque de transmission du VIH pourrait exister si la personne qui ingère ce sandwich présente, au niveau de la bouche, une lésion pouvant saigner. En fait, ce risque est probablement nul dans la mesure où, dans ce cas, le contact avec la lésion pouvant saigner est quasiment nul puisque la goutte de sang infecté se trouvera séparée de cette lésion par les constituants du sandwich (cette goutte aura même, très probablement, été absorbée par la mie de pain). (0399)


Q-R 6

Q. D'après certains, l'Église catholique donne parfois des réponses qui ne sont pas les bonnes à des problèmes soulevés par le SIDA... Et certains membres de cette Église, dont je suis, l'admettent, au grand dam d'autres membres, aveuglés par la réalité.
Si j'ai introduit ainsi mon courrier, c'est que j'ai une question délicate à vous soumettre, qui, je l'espère, retiendra votre attention. Elle fera peut-être sourire certaines personnes, mais sachez que pour moi, elle est d'une extrême importance ; et il importe que je puisse en référer auprès des autorités ecclésiastiques avec le maximum d'éléments d'information.

Cela dit, voici ma question.
Ayant dû donner l'extrême onction à une personne atteinte de SIDA à un stade terminal, je n'ai pu lui faire boire complètement "le sang du Christ" (il s'agit, comme vous le savez peut-être, du vin qui s'est transformé en sang). La raison en est que la personne était si affaiblie qu'elle pouvait à peine ouvrir la bouche.
Dans une pareille situation, le prêtre se doit de boire lui-même la fin du breuvage (en aucun cas, il ne peut s'en débarrasser en le jetant ; cela aurait valeur de sacrilège !).
Puis-je donc le faire sans risques ?

R. Avant de vous donner notre réponse, nous souhaiterions vous dire que nous faisons partie de ceux qui pensent que, sur certains sujets concernant le SIDA, l'Église catholique donne souvent des réponses "qui ne sont pas les bonnes". C'est bien entendu le cas en ce qui concerne la prévention par le préservatif de la transmission sexuelle du SIDA (de plus, dans ce cas, cette position est extrêmement dangereuse). Mais c'est aussi le cas en ce qui concerne son implication dans la lutte contre le SIDA, et notamment à propos de l'exclusion sociale qui touche de plus en plus de personnes. En effet, une implication financière serait la moindre des choses. Les curés des paroisses ne vivent, certes, pas sur l'or, mais au Vatican, on ne peut pas en dire autant...
Ceci dit, s'il existe des réponses " qui ne sont pas les bonnes", nous pensons, par contre, que toutes les questions sont bonnes à poser. De plus, elles permettent d'en informer de nombreuses personnes, par le biais d'Internet.

Concernant la transmission du VIH au cours des gestes de la vie quotidienne : hormis l'utilisation commune des rasoirs, il n'y a aucun risque ; et notamment en ce qui concerne l'usage commun des ustensiles de la table.
Cependant, dans votre cas précis, un risque est possible. Il pourrait survenir si vous même présentiez une lésion de la cavité buccale pouvant saigner (gingivites favorisées par un brossage excessif des dents, aphtes) et qu'il en soit de même, simultanément, pour la personne évoquée (à ceci près qu'à un stade terminal, elle peut présenter d'autres types de lésions pouvant saigner, telles des tumeurs).
Cette probabilité de transmission entre deux personnes dont l'une est séropositive, mais sans être dans un état cachectique (comme cela peut être le cas lors de certains stades terminaux), est quasiment nulle.
Cependant, cette probabilité n'est plus nulle dans le cas d'une personne infectée par le VIH, qui serait dans un état de cachexie avancée ; ce qui pourrait être le cas de la personne évoquée, puisqu'elle ne pouvait plus ouvrir convenablement la bouche. Encore faut-il, cependant, que vous présentiez vous-même une lésion pouvant saigner, même de façon microscopique invisible à l'œil nu. Et ce cas ne peut, malheureusement, être totalement exclu.

Donc, que peut-on vous conseiller de façon à éviter tout risque de contamination, tout en respectant vos convictions religieuses ?
Le plus sage serait de ne pas le boire.
Pour rester en accord avec votre conscience et votre fonction, cela sous-entend qu'il faudrait conserver ce breuvage. Je pense que cela peut être envisagé si l'Église accepte de lui conférer le statut de relique.
Deux autres possibilités pourraient être envisagées, mais qui vous poseront peut-être des cas de conscience. Il y a, tout d'abord, la décontamination du breuvage en utilisant une technique adaptée (le chauffage suivant un protocole précis en est une). Il y a aussi la possibilité d'attendre un temps suffisant avant de décider de boire ce breuvage, mais en mesurant, en préalable à l'ingestion, l'activité de la reverse transcriptase du VIH afin de s'assurer de la disparition d'une éventuelle contamination. Cette méthode, comme la précédente, vous posera peut-être un cas de conscience et, de plus, elle a l'inconvénient d'être onéreuse.

Pour terminer, nous rappellerons que le SIDA n'est pas un cas en soi. De tout temps, des ecclésiastiques et des ministres d'autres cultes ont été confrontés à des risques mortels en se rendant auprès des mourants (épidémies de peste ou de choléra, tuberculose...). Leurs attitudes ont été fort variables, et certaines furent peu adaptées à ces situations.

J'espère que notre réponse vous aidera à adapter votre attitude à cette situation nouvelle.
Je pense qu'il conviendrait d'en discuter avec votre évêque qui pourrait, ensuite, en saisir l'épiscopat français -voire même le Vatican. (0399)


Q-R 7

Q. Les risques de transmission par le VIH sont-ils importants pour les personnes qui se font tatouer ?

R. A priori, le risque de transmission du VIH n'est pas important à l'occasion de la pratique d'un tatouage.
Cela peut survenir si le tatoueur est séropositif et qu'au moment de tatouer la peau il se blesse et que son sang soit projeté sur l'instrument qu'il utilise pour tatouer.
Mais cela pourrait aussi survenir, indépendamment du statut sérologique du tatoueur. Des cas ont été décrits en milieu pénitentiaire (deux observations ont été publiées en 1988). Les facteurs de risques de transmission supposés sont liés à l'utilisation d'aiguilles non stériles et d'un récipient, contenant l'encre, identique pour l'ensemble des personnes successivement tatouées.

Rappelons que la pratique du tatouage s'accompagne d'un léger saignement et que la transmission d'autres infections (hépatite B, papillomavirus, syphilis tuberculose) a déjà été décrite à l'occasion de cette pratique. (0999)


Q-R 8

Q. Un ami diabétique m'a fait un test pour connaître mon taux de glucose. Il m'a piqué le doigt avec une petite aiguille dont il s'était servi juste avant. Ma mère, qui travaille dans le milieu hospitalier, me dit que c'était très inconscient de ma part. Pensez-vous que je courre vraiment un risque quelconque ?

R. Si vous avez fait un test pour connaître votre taux de glucose avec une aiguille ayant servi à une autre personne, il y a effectivement un risque de transmission du VIH si cette personne est infectée par ce virus. (1199)


Q-R 9

Q. Je viens d'effectuer un test de dépistage et j'ai remarqué lors du prélèvement que l'infirmière avait utilisé un bout de coton imbibé d'alcool pour me nettoyer le bras avant le prélèvement. Puis, elle l'a posé dans un petit bac métallique. Après le prélèvement, elle a repris ce même bout de coton pour me nettoyer la goutte de sang qui coulait encore de mon bras. En sortant du centre de dépistage, je me suis demandé s'il y avait un risque de contamination du fait qu'elle a réutilisé ce même bout de coton qui a été en contact avec ce bac métallique, qui a dû recevoir les bouts de coton (peut-être imbibés de sang) des personnes précédentes ?

R. A priori, la face imbibée d'alcool du bout de coton n'est pas mise en contact avec la surface sur laquelle est posée le bout de coton (elle est dirigée vers le plafond), et donc, dans ce cas, il n'y a aucun risque que cette face imbibée soit contaminée par un virus ou par une bactérie. (1199)


Q-R 10

Q. À l'occasion d'un cross (course à pied), j'ai été griffé à la jambe par une ronce. Ça n'a apparemment (à l'œil nu) pas saigné et cela semblait très superficiel. De nombreux concurrents ont dû passer à cet endroit. Y a-t-il possibilité de transmission du virus du sida dans ces conditions ? Les blessures doivent-elles être profondes ? Faut-il une quantité de sang importante ?

R. La probabilité d'être contaminé à l'occasion d'une blessure occasionnée par une ronce est quasiment nulle puisqu'il aurait fallu que cette ronce soit souillée par du VIH suite à une éraflure d'un autre coureur (probabilité quasiment nulle), et que cette personne soit séropositive (et que cela soit survenu en l'espace de quelques minutes).

Une blessure plus profonde qu'une autre peut être une porte d'entrée plus aisée pour n'importe quelle infection, car le temps de cicatrisation est allongé (pour une éraflure minime, il est inférieur à trois minutes). De même, si la quantité de sang (donc du virus ou d'autres agents infectieux) est plus importante, le risque de transmission d'une infection augmente ; mais une quantité minime peut être suffisante. (1299)


Q-R 11

Q. Avec un copain, on est très axés sur le vampirisme. L'autre jour, on s'est chacun coupé au doigt avec une lame de rasoir. J'ai bu son sang et lui le mien. À noter que je suis encore vierge, mais que lui a déjà eu des rapports à risques. En admettant qu'il ait le SIDA, pourrait-il me l'avoir transmis ainsi ?

R. Si votre copain est séropositif, il a pu vous contaminer si, au moment où vous avez aspiré son sang, vous présentiez au niveau de votre bouche un saignement, saignement qui pouvait être microscopique (donc, non visible à l'œil nu). Cette probabilité est à envisager si vous présentiez des lésions pouvant saigner, comme gingivite ou aphte, ou si vous vous êtes brossé les dents de façon énergique quelques instants auparavant. (1299)


Q-R 12

Q J'ai souvent tendance à me manger les peaux des lèvres (pas des doigts !). Lorsque je me mange ces peaux, la partie concernée de la lèvre gonfle. Pensez-vous que cela puisse être considéré comme une lésion, sachant qu'il n'y a pas de saignement ?
Je vous pose cette question car, une fois, un garçon a voulu que je pratique une fellation. Il a juste collé son gland sur mes lèvres, et j'ai pu alors sentir un goût salé (celui du liquide séminal).

R. Si vous vous mangez la peau des lèvres, rien ne peut exclure la survenue d'une lésion microscopique (non visible à l'œil nu) pouvant saigner.
Si le fait de manger la peau des lèvres s'accompagne d'un gonflement de la lèvre, cela signifie que cela a déclenché une réaction inflammatoire locale avec vasoconstriction des petits vaisseaux ; donc afflux de sang localement. On serait donc tenté d'avancer que, si un saignement se produit dans ce cas de figure, il devrait être visible à l'œil nu. Donc, si vous n'en avez pas vu, c'est, qu'a priori, il n'y en a pas eu. Alors, si vos lèvres ont été en contact avec le pénis d'un partenaire qui serait séropositif, il n'y a pas eu, a priori, de risque de transmission du VIH. (0200)


Q-R 13

Q. J'ai partagé le même dentifrice pendant trois semaines avec une personne séropositive. Je sais que le risque est mince mais qu'en pensez-vous ?

R. Concernant le risque de transmission du VIH au cours des actes de la vie quotidienne, il n'existe, a priori, qu'une situation : à savoir l'utilisation d'une même brosse à dent par deux personnes dont l'une est séropositive. Pour qu'il y ait transmission du VIH ainsi, il faut qu'il y ait un saignement de gencives chez les deux personnes (saignement favorisé par un brossage trop intensif des dents et surtout chez des personnes ayant des gencives fragiles ou présentant une lésion préexistante pouvant saigner) et que les deux personnes se soient brossées les dents à quelques minutes d'intervalle.

Par contre, l'utilisation d'un même dentifrice par deux personnes utilisant leur propre brosse à dent ne permet pas de transmettre le VIH. Sauf, ce qui serait exceptionnel, si la personne séropositive se brosse les dents, qu'elle saigne des gencives, puis qu'elle remette une deuxième fois du dentifrice sur sa brosse à dent ; ce qui est peu usuel (il se pourrait alors qu'un dépôt de sang soit placé sur l'extrémité du tube ; ce qui est, cependant, bien peu probable car le dépôt de sang se répartirait probablement uniquement sur la pâte de dentifrice qui sera déposée sur la brosse à dent), que l'autre personne se brosse les dents juste après et qu'elle présente aussi un saignement de gencive à ce moment-là ! (1000)


Q-R 14

Q. J'ai en ce moment les bords de la bouche irrités. Si j'ouvre trop grand la bouche, je sens que je vais me faire mal.
Pour que cette irritation se calme j'ai voulu la nettoyer avec du savon dans les toilettes de mon lieu de travail.
Après ce nettoyage j'ai remarqué des traces de sang sur le savon.
Ai-je pu être contaminé par ce biais ? sachant que j'ai aussi vu des traces de sang sur des serviettes en papier usagées, quand j'ai jeté les miennes à la poubelle.

R. Dans la situation que vous nous décrivez, pour qu'il y ait eu contamination par le virus VIH, il faudrait que plusieurs conditions soient réunies :

1/ que la trace rouge repérée sur le savon soit effectivement du sang (cela pourrait être une trace de rouge à lèvres par exemple),
2/ qu'il ne s'agisse pas de votre propre sang si la lésion que vous présentez au niveau des lèvres pouvait saigner spontanément (et en frottant cette lésion avec du savon, vous avez pu même favoriser l'apparition d'un saignement qui n'existait pas au préalable),
3/ que, si c'est du sang, que ce sang provienne d'une personne infectée par le VIH,
4/ que, si c'est du sang, que ce sang ait été déposé récemment (le VIH survivant mal à l'air libre),
5/ que la lésion se trouvant sur votre lèvre présente un saignement (nécessaire comme porte d'entrée au VIH).

Concernant le sang repéré sur des serviettes en papier dans la poubelle, on ne peut dire si cela est en rapport avec les éventuelles traces de sang se trouvant sur le savon. (0302)


Q-R 15

Q. Après avoir lu avec intérêt toutes vos réponses sur la transmission du VIH, il en ressort que le sang, même dilué dans de la salive après brossage des dents ou bien lors d'une forte transpiration lors des sports de combat, peut être contaminant.
Dans ce cas, des sports de combats, comme le judo, seraient à risques car les micro-blessures sont nombreuses. La friction entre 2 peaux recouvertes de transpiration et de sang mélangés est courante. Des muqueuses comme celle de la bouche sont souvent blessées et parfois en contact avec la peau de l'adversaire.

A-t-on des cas de transmission de ce type récentes ?

R. Concernant le risque de transmission du VIH au cours des sports de combats : cela ne serait possible que si un des combattants est infecté par le VIH et qu'il présente une lésion qui saigne et que cette lésion soit mise en contact avec une lésion qui saigne chez l'autre combattant ; ces lésions pouvant être microscopiques.

Nous n'avons pas connaissance de cas qui auraient fait l'objet d'un rapport publié dans une revue internationale. Il faudrait cependant le vérifier en faisant une recherche bibliographique.

Par contre, la sueur n'est pas un mode de transmission du VIH. (1102)



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1ère version : mars 1998.

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mise à jour en novembre 2002.