R.
Concernant votre
première question : il est effectivement possible que
deux personnes séropositives puissent avoir un
enfant. Il y a cependant un risque de transmission du virus
VIH à l'enfant, au cours de la grossesse. Mais ce
risque peut être fortement réduit par des
traitements.
Pour réduire le risque de transmission du virus de la
mère à l'enfant, les traitements officiels
recommandés doivent être utilisés
à la fin de la grossesse, et après
l'accouchement.
Cela permet de réduire ce risque de transmission des
2/3 ; ce qui est très important.
Ce risque peut survenir en particulier au cours du
troisième trimestre de la grossesse, et il serait
encore plus élevé au cours de
l'accouchement.
Plusieurs facteurs peuvent
augmenter le risque de transmission du HIV de la mère
au fœtus : c'est le cas d'une rupture prolongée de la
poche des eaux, d'un âge gestationnel inférieur
à 37 semaines, d'une MST associée ou d'une
infection du placenta. Ce risque de transmission serait
réduit par la césarienne, mais les avis des
spécialistes divergent encore sur ce point, et donc,
l'accouchement par césarienne n'est pas
recommandé systématiquement.
D'autres facteurs, liés au statut immunitaire de la
mère, peuvent aussi influencer le risque de
transmission. Ainsi, lorsque les lymphocytes T4 sont
à moins de 200/mm3 et la charge virale à plus
de 50 000 copies/ml, le risque de contamination est de
30%
À l'opposé, il est de l'ordre de 3% lorsque la
mère a plus de 500 T4/mm3, une virémie
inférieure à 1 000 copies/ml et qu'elle
reçoit un traitement par AZT dans le cadre du
protocole ACTG 076. Certains auteurs ont alors
proposé de conseiller que la conception soit
effectuée au moment où la charge virale de la
future mère serait basse (spontanément ou
après l'utilisation d'une trithérapie qui
permettrait d'obtenir ce résultat). Mais il faut
savoir qu'une contamination peut se produire même avec
une charge virale basse.
Concernant la proportion
d'enfants contaminés nés de mères
séropositives : elle est estimée entre 15 et
20% ; dans les pays en voie de développement, elle
est de 25 à 30%, en raison notamment de la
surcontamination liée à l'allaitement.
Plusieurs études ont montré que l'utilisation
chez la mère d'AZT (Rétrovir-zidovudine) selon
le protocole précis de l'ACTG 076 (prescription chez
la mère en fin de grossesse et à
l'accouchement et chez l'enfant à la naissance)
permet de réduire ce taux à 5 - 8%.
Des études sont en cours pour essayer de
réduire encore ce taux en utilisant des
bi-thérapies associant AZT et 3TC (Epivir-lamivudine)
ou AZT et névirapine (cette molécule a
l'avantage de rester longtemps dans l'organisme ; ce qui
permettrait de réduire le nombre de comprimés
à prendre), et d'autres études utilisant une
trithérapie sont envisagées (on ajouterait
comme inhibiteur de protéase le saquinavir qui serait
théoriquement mieux toléré par le foie
du fœtus).
Les résultats
obtenus avec l'AZT sont certes indiscutables, mais certains
auteurs ont émis l'hypothèse que l'AZT
pourrait avoir un effet néfaste à distance,
chez des personnes dont la mère aurait reçu de
l'AZT pendant la grossesse. Nous avions d'ailleurs
écrit un article à ce sujet en 1994 (" AZT et
procréation "), et quelques mois plus tard, une
instance officielle, le Conseil National du Sida,
conseillait dans un rapport d'essayer d'assurer un suivi
à l'âge adulte des enfants dont la mère
aurait reçu de l'AZT pendant la grossesse ; tout en
précisant que le risque d'effets secondaires
était, d'après eux, hypothétique.
Il se pourrait que ce risque soit effectivement minime car
l'AZT, dans le protocole ACTG 076, n'est pas prescrit en
début de grossesse où ce risque serait majeur.
Mais nous n'en avons pas l'entière certitude et nous
pensons que c'est aussi le cas du ... Conseil National du
Sida, même s'il ne le dit pas explicitement
(n'oublions pas que c'est la première fois dans
l'histoire de la médecine qu'on recommande, a priori,
une telle surveillance jusqu'à l'âge adulte ;
un autre précédent a eu lieu, mais a
posteriori, avec le distilbène, dans les
années1970).
Nous avons contacté le laboratoire Bristol-Myers
Squibb afin de leur demander si des études
étaient en cours de réalisation afin de savoir
si le D4T (Zerit) pourrait, seul ou en association,
diminuer, comme l'AZT, le risque de transmission du HIV de
la mère au fœtus. Cela serait intéressant en
raison d'une moins grande toxicité du D4T par rapport
à l'AZT. Nous n'avons pas encore eu de
réponse.
D'autres moyens de
prévention de cette transmission sont à
l'étude : notamment le lavage vaginal avec des
produits désinfectants au moment de
l'accouchement.
A ceci, il faut ajouter qu'il a été
démontré qu'en cas de carence alimentaire en
vitamine A (ce qui est fréquent en Afrique), la
transmission du virus VIH est favorisée. Donc, il
importe que votre femme reçoive un apport suffisant
en vitamine A, notamment en mangeant des carottes (elles en
contiennent 3 à 12 mg/100 g) qui est un des
légume en contenant le plus (il faut plutôt les
manger sans les faire cuire, c'est-à-dire crues ou
avec un assaisonnement huile-vinaigrette ou autre pour que
la vitamine A contenue dans les carottes garde le maximum de
ses propriétés). Il y a aussi de la vitamine A
sous forme de bêta-carotène dans le cresson, la
salade (laitue), les choux les épinards (2,5 à
8,5 mg/100g) et dans les abricots (1 à 4 mg/100 g). On
trouve aussi la vitamine A dans l'huile de foie de
flétan en très grande quantité
(2.000.000 à 40.000.000 U.I./100 g), ainsi que dans le
foie de poisson (10.000 à 1.000.000 U.I./100 g), dans
l'huile de foie de morue (50.000 à 400.000 U.I./100 g), dans le foie d'animaux de boucherie (10.000
à 40.000 U.I./100 g). Le beurre en contient beaucoup
moins (0,3 à 1 mg/100 g, ce qui correspond à
1.500 à 4.000 U.I./100 g).
Vous trouverez d'autres
précisions concernant cette 1re question à la
fin de notre réponse groupée aux 3e, 4e et 6e
questions.
Concernant votre
deuxième question : le recours aux
préservatifs est conseillé dans un couple dont
les deux partenaires sont séropositifs, la
surcontamination pouvant aggraver l'état de
santé de chacun des deux partenaires. Cela s'explique
notamment parce qu'il existe plus de 200 souches de virus
VIH, et qu'il est possible que les deux partenaires
hébergent des souches différentes, ayant des
niveaux de virulence différents. Il faut savoir aussi
que le virus peut subir des mutations le rendant
résistant à certains traitements, et, fait
surprenant, cela peut survenir même chez des personnes
qui n'ont jamais pris ce traitement (cela a
été démontré, notamment pour
l'AZT). Donc, il apparaît que des résistances
à un traitement peuvent être transmises
à l'occasion d'un rapport sexuel non
protégé ; ce qui fait que ce traitement ne
pourra plus être utilisé ultérieurement,
en raison de son inefficacité.
Concernant vos 3e, 4e et
6e questions : actuellement, des efforts venant de certains
pays sont tentés pour que les personnes vivant dans
des pays démunis (comme en Afrique) puissent avoir
accès à un suivi médical correct et aux
traitements dont bénéficient les habitants
d'autres pays plus riches. Cependant, il faut être
réaliste ; les infrastructures sanitaires de la
plupart des pays africains ne sont pas en mesure
d'être suffisamment opérationnelles
vis-à-vis de cette infection, et aussi de pouvoir
s'occuper d'un nombre si important de personnes
concernées. Pour plus de précisions sur ce
sujet, vous pouvez vous reporter à la rubrique
I.2 de notre
serveur Internet (<http://www.positifs.org/>).
Donc, pour les personnes,
comme vous, qui ont la possibilité de se rendre en
France, nous leur conseillons de consulter des
médecins en France. L'idéal serait de faire un
bilan complet au cours d'un premier séjour, de
décider s'il est nécessaire de débuter,
à ce moment-là, un traitement, et dans ce cas,
de pouvoir surveiller la tolérance et
l'efficacité de ce traitement. Au cas où un
traitement aurait été débuté
lors d'un premier séjour, il faudrait faire le point
trois mois après, au cours d'un second séjour.
Par la suite, on pourrait envisager une surveillance
à intervalles plus longs. Si la personne n'a pas
besoin de recevoir un traitement, on peut concevoir que le
suivi se fasse tous les six mois, si le bilan biologique
n'est pas trop perturbé. On peut aussi espérer
que ce suivi puisse se faire en Afrique (de même
à partir de la 3e visite pour les personnes qui
recevraient un traitement à l'issue de la
première visite).
Cette stratégie du
suivi est cependant très schématique. Elle
doit être adaptée en fonction de chaque
personne ; notamment en fonction de son état de
santé et de ses moyens financiers (surtout si elle
n'a pas d'assurance médicale valable en France).
Certains médecins hospitaliers essayent de trouver
des solutions pour intervenir dans de telles situations.
Mais il s'agit de solutions ponctuelles, guidées par
des préoccupations humanitaires. Nous pourrions, si
vous le souhaitez, vous indiquer des noms de médecins
hospitaliers ayant déjà été
confrontés à ce type de situation. Il en est
de même des médecins
généralistes.
En fait, l'idéal
serait que les personnes vivant en Afrique puissent
être suivies médicalement dans leur pays, et
recevoir sur place, si nécessaire, un traitement.
Jusqu'à présent, cela semblait tout à
fait utopique en raison de la situation économique de
la plupart des pays d'Afrique et de l'état des
infrastructures sanitaires.
Depuis plusieurs mois, certains avaient proposé, en
raison de cette situation, la création d'un fonds de
solidarité internationale (pour plus de
précisions, se reporter à l'article
précédemment indiqué, en I.2. de notre serveur Internet). Cette
idée a été particulièrement
développée au cours de l'année 1998 par
Monsieur Bernard Kouchner (ministre de la Santé en
France).
Nous avons appris
récemment que ce Fonds de Solidarité
Thérapeutique Internationale (FSTI) allait enfin devenir
opérationnel.
Un communiqué de presse officiel devrait être
diffusé dans les semaines à venir.
Actuellement, ce projet en
est encore à un stade expérimental.
En effet, la France est, pour l'instant, le seul pays
à s'être engagé, et les financements
sont encore limités (financements provenant du
ministère de la Coopération et du
ministère de la santé).
Le but du FSTI est de
favoriser l'accès aux traitements de l'infection
à VIH.
Mais ce projet a été conçu pour
s'inscrire dans le cadre d'un programme de santé
publique ; ce qui signifie qu'il doit aussi participer
à l'information des personnes, à la
prévention et au councelling. Il s'agit de trouver
les mots et discours adaptés aux différentes
cultures pour arriver à faire passer
réellement les messages, et pour responsabiliser les
personnes. Il importe, notamment, de convaincre au mieux,
afin d'obtenir une bonne assiduité dans le suivi, ou
le traitement médical.
Donc, le FSTI peut
être sollicité pour venir en appui à des
projets répondant à ces objectifs. Ce qui
signifie qu'une personne donnée ne pourra
bénéficier d'une aide émanant du FSTI
que par l'intermédiaire, uniquement, d'une
organisation ayant un projet qui a reçu le soutien
officiel du FSTI.
Une autre spécificité du FSTI est d'essayer
d'obtenir que les états africains où le FSTI
interviendrait, participent financièrement, eux aussi
(NDLR : cette mesure nous semble intéressante, mais
il faut éviter à tout prix qu'elle ne devienne
discriminatoire ; ce qui présuppose que la
participation financière demandée à
chaque pays africain concerné ne soit pas excessive,
et surtout qu'elle soit calculée en fonction de la
situation économique réelle de chacun des
pays. Cette participation financière risque
d'être difficile à établir pour certains pays...).
Dans un même ordre d'idée, une participation
financière sera demandée aux personnes
concernées. Elle sera très faible, le but
étant, avant tout, d'améliorer la compliance
au suivi médical et/ou au traitement.
Actuellement, des
priorités ont dû être choisies, dans la
mesure où le financement de ce fonds est encore
largement insuffisant pour couvrir tous ces objectifs.
Il a donc été décidé que le FSTI
financerait en priorité les projets s'attaquant aux
problèmes de la transmission verticale du virus VIH.
Pour les femmes concernées, ce financement devra
couvrir aussi le suivi de l'enfant et du conjoint, et ce sur
une période de deux années ; en
espérant que d'ici là, le FSTI aura pu
recueillir d'autres financements pour assurer le suivi
ultérieur.
Concernant les traitements
proposés, il n'est question, pour l'instant, que de
financer les projets reposant sur la prévention de la
transmission de la mère à l'enfant par la
prise d'AZT, et uniquement cela (NDLR : il serait opportun
de pouvoir aussi financer, ultérieurement, les
traitements recourant à des bi-thérapies, et
surtout à des trithérapies, si les essais en
cours dans les pays occidentaux s'avèrent concluants
; et surtout ceux qui ont le moins d'effets secondaires
possibles. Par contre, il est surprenant que le FSTI ne
finance pas, dès maintenant, les projets reposant sur
des traitements par certaines vitamines A, puisque l'on a
démontré déjà, dans plusieurs
pays africains, que les carences en vitamine A sont
fréquentes, et qu'elles favorisent fortement la
transmission du VIH de la mère à
l'enfant).
Dans la mesure où
d'autres Maladies Sexuellement Transmissibles sont aussi
fréquemment présentes en Afrique, il est
prévu que le FSTI prenne aussi en charge le
dépistage et le traitement d'autres MST (seront
exclues, pour l'instant, les MST dont le diagnostic et/ou le
traitement sont trop onéreux ; comme c'est le cas,
par exemple, des clamydiæ et des mycoplasmes).
D'un point de vue
pratique, il a été décidé que le
FSTI interviendrait tout d'abord en Côte d'Ivoire
(projet-pilote).
Nous ignorons les raisons de ce choix. Cette décision
découle, probablement, de relations diplomatiques
privilégiées avec la France. Une autre raison
peut être que, parmi les pays africains de la
côte ouest, la Côte d'Ivoire serait le pays
ayant la plus forte prévalence de l'infection
à VIH (en raison des infrastructures, il ne faut pas
oublier que les estimations du nombre des personnes
infectées par le VIH dans certains pays d'Afrique
sont certainement moins fiables que celles qui sont
réalisées en Europe). Enfin, la Côte
d'Ivoire est l'un des pays les moins pauvres d'Afrique ; ce
qui permet d'espérer trouver, sur place, une
infrastructure sanitaire suffisante, et pouvoir
requérir, sans trop de difficultés, une
participation financière suffisante de la part du
gouvernement de ce pays, en complément de la
participation du FSTI.
Parmi les projets retenus en Côte d'Ivoire, il y a
aussi la prévention des infections opportunistes chez
les personnes ayant les lymphocytes T4 en dessous de
500/mm3 (la limite retenue est celle qui
est en vigueur dans ce pays, et non pas celle de
200/mm3 comme c'est le cas dans d'autres
pays, tel la France). Il y a aussi la prise en charge des
trithérapies antirétrovirales, quand elles
s'avèrent nécessaires ; il en est de
même des bi-thérapies (NDLR : à vrai
dire, il convient d'avoir recours, en priorité, aux
trithérapies, ainsi que cela se fait de façon
majoritaire dans les pays occidentaux !).
Quoique nous pensions que
des aménagements devraient être
envisagés, le FSTI est un projet humanitaire qui
mérite d'être salué avec enthousiasme,
même dans sa forme actuelle.
Il s'agit d'un projet réaliste.
Certains de ces aspects, notamment en ce qui concerne les
participations financières, pourront surprendre. Nous
pensons qu'ils sont réalistes.
Devant l'ampleur des sommes qui seraient nécessaires,
il est compréhensible que le FSTI ne s'engage pas
à la légère. De plus, il en va de sa
crédibilité auprès des autres
états du monde et des sociétés
privées qui pourraient participer
ultérieurement à son financement.
En effet, ainsi que nous l'avons déjà
écrit à plusieurs reprises, nous pensons que
l'industrie pharmaceutique se doit de participer à un
tel projet. Faut-il rappeler à leurs actionnaires que
" sans maladie, on ne peut pas faire de profit " ? Car telle
est la dure réalité économique,
toujours en vigueur à l'aube de l'an 2 000 !
Nous pensons aussi, pour les mêmes raisons, que les
industries couvrant d'autres domaines devraient, elles
aussi, y participer.
Pour obtenir des
précisions sur ce FSTI, les personnes peuvent
contacter, de notre part, le ministère de la
Santé, à l'attention de Madame
Bénédicte MOULIN, Pièce 6120, 8 avenue
de Ségur, 75350 Paris 07 SP, France (e-mail : fsti@sante.gouv.fr).
Concernant votre 5e
question, il est difficile de donner une réponse
univoque. En effet, on sait que l'évolution de
l'infection à VIH peut évoluer en quelques
années, ou sur plus de 15 ans, et que cela peut
être très variable suivant les personnes
(l'existence de souches ayant différents niveaux de
virulence et l'intervention possible de différents
co-facteurs expliquent ce fait). Mais déjà, il
faut préciser que ces estimations sont à
revoir avec un meilleur pronostic car l'apparition des
trithérapies a modifié la donne. Enfin, il
faut savoir qu'une personne infectée par le VIH peut
ne présenter aucun signe clinique durant plusieurs
années et, donc, il est souvent difficile de donner
un pronostic en fonction de la date à laquelle a
été fait le test qui s'est
révélé positif ; la contamination a pu
survenir plusieurs années auparavant.
Concernant votre 7e
question : la plupart des essais vaccinaux
réalisés ont été
effectués avec des vaccins agissant par
l'intermédiaire d'une partie non-variable du virus
HIV. En raison du nombre élevé de souches
virales différentes (plus de 200 souches que l'on
pourrait regrouper, à la rigueur, en une dizaine de
familles), il est peu probable que l'on arrive à
mettre au point un vaccin efficace contre toutes ces souches
ou familles de souches (jusqu'à présent, les
vaccins mis au point contre d'autres infections agissent sur
une seule souche, parfois sur deux ou trois souches
différentes comme c'est le cas pour le vaccin
anti-poliomyélite).
Enfin, certaines séroconversions seraient survenues
après vaccination ; ce qui impliquerait que ce type
de vaccin pourrait être dangereux pour certaines
personnes.
D'autres prototypes de vaccins sont à l'étude.
II s'agit notamment de celui qui utilise, comme
déterminant vaccinal, une molécule humaine
intervenant au niveau des cellules infectées (c'est
le cas de la bêta-2-microglobuline proposée par
le Pr Cherman de l'Institut Pasteur).
Ce type de vaccin aurait l'intérêt de pouvoir
être utile aussi pour ralentir la progression de la
maladie chez des personnes déjà
infectées.
On peut aussi se demander si ce type de vaccin ne
présente pas un risque, car il pourrait
déclencher la formation d'anticorps vis-à-vis
d'une molécule qui existe aussi au niveau d'autres
cellules que les cellules cibles du HIV.
Concernant les
traitements, l'utilisation des trithérapies depuis la
fin de l'année 1996 a constitué un réel
progrès dans le traitement de l'infection à
VIH. Chez les personnes n'ayant jamais reçu de
traitement antirétroviraux au préalable
(notamment bi-thérapie et surtout
monothérapie), les trithérapies sont efficaces
dans 70% des cas, et sur au moins trois années de
recul.
Avant 1996, la principale avancée
thérapeutique avait été
réalisée avec l'utilisation du Bactrim pour
agir préventivement sur l'apparition des infections
opportunistes (notamment, la pneumocystose pulmonaire) ; les
bi-thérapies (surtout avec le 3TC) avaient
donné ensuite un espoir ; mais ce n'est qu'avec les
trithérapies que cet espoir s'est
confirmé.
Par ailleurs, certains, dont nous sommes, pensent qu'il est
utile de recourir aussi à des traitements
complémentaires (notamment vitamine C et E,
sélénium, glucuronamide). Pour plus de
précisions à ce sujet, vous pouvez vous
reporter sur notre serveur Internet
(http://www.positifs.org/).
On peut donc parler
aujourd'hui d'un grand espoir. Il ne s'agit pas encore de
guérison, mais d'une rémission chronique, avec
l'assurance d'une chute très nette de la
mortalité, et la possibilité de
réintégrer socialement les personnes.
À ceci près que les personnes doivent pouvoir avoir
recours à ces traitements, et que l'on trouve des
solutions pour les personnes qui ont été
plongées dans la précarité !
Il convient de ne pas ralentir, pour autant, les travaux de
recherche, afin de trouver des traitements encore plus
efficaces, et qui auront de moins en moins d'effets
secondaires (actuellement, les trithérapies
engendrent de tels effets, à des niveaux variables,
dans 50% des cas). (0799)