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Test VIH


En mars 2002 :

FLAMBÉE DE L'ÉPIDÉMIE DU SIDA EN FRANCE EN PARALLÈLE AVEC CELLE DE LA SYPHILIS :

coïncidence fortuite ?

Q-R 1

Q. Le test HIV est-il effectué systématiquement lors de l'incorporation dans l'armée française (j'ai fait mon service à partir de novembre 1992). En cas de résultats positifs, ceux-ci sont ils communiqués à l'intéressé ?

R. Il n'existe aucune loi spécifiant que le test du Sida doit être obligatoirement effectué au cours du service militaire en France. Cependant, il semble que ce test soit effectué chaque fois qu'un appelé du contingent subit une prise de sang. (0897)


Q-R 2

Q. Est-ce que le test HIV est fiable ?

R. Un test fiable à 100% serait un test dont la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives positives et négatives seraient de 100%. Ce qui est rarissime en médecine où l'on ne peut que dire que la fiabilité des tests est plus ou moins grande.

Concernant le test HIV, et plus précisément sa sensibilité : elle n'est pas de 100%. Les techniques utilisées ont cependant une bonne sensibilité ; mais des possibilités de "faux négatifs" existent en raison de la technique. Au delà d'un seuil de 105 : sur 100 000 tests ayant donné une réponse négative, un test peut être "faussement négatif" ; ce qui représente, pour une personne donnée faisant un test, une probabilité extrêmement faible, mais qui n'est pas nulle. Il s'agit d'un seuil incompressible (même si on améliorait encore la technique de ces tests).

À ceci, il faut ajouter que dans certains cas, fort rares, l'apparition des anticorps peut survenir au delà de trois mois après une contamination par le HIV. L'utilisation de techniques ultra sophistiquées, reposant sur l'amplification du génome du virus, utilisées dans des laboratoires de recherche, a montré que ce délai peut dépasser un an, voire plus de trois ans.

En résumé, un test HIV négatif signifie qu'il est très probable que la personne ne soit pas infectée par le HIV, et donc qu'elle doit faire tout son possible pour le rester ; ce qui signifie qu'elle doit appliquer les mesures de prévention pour ne pas se contaminer (notamment port du préservatif en cas de nouveau partenaire sexuel et pas d'échange de seringue).

Dans le cas où une personne a été dans une situation l'exposant à un risque de contamination, il est conseillé d'effectuer un premier test (recherche des anticorps) associé à un dosage de l'antigène P24 (cet antigène du HIV est parfois détecté avant l'apparition des anticorps ; il disparaît ensuite quand les anticorps apparaissent). Le test sera réalisé trois mois (voire deux mois) après cet événement ; le dosage de l'antigène P24 peut être réalisé en même temps, ou mieux dans les premières semaines après cet événement. En l'absence d'anticorps (test HIV négatif) et d'antigène P24, le test sera refait à distance (six à douze mois après l'événement ; plutôt, semble-t-il, vers le douzième mois).

Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur ce sujet, nous vous recommandons de consulter notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>), notamment aux rubriques suivantes : en C.3. (Informations sur le Sida et Préventions) et en F. (Aspects médicaux du Sida). (0198)


Q-R 3

Q. Le 4/01, j'ai eu ma première expérience avec une prostituée. Pour moi, première expérience signifie : la première fois que je confiais ma vie à une membrane de caoutchouc. J'ai effectivement utilisé un préservatif, et les instructions données ont été suivies à la lettre (j'ai même refusé l'emploi d'un lubrifiant, car je ne savais pas s'il contenait ou non des corps gras), et je n'avais pas de blessures ouvertes. N'empêche que j'éprouve quand même une grande angoisse, même si tous les documents que je consulte (papier et en-ligne) me disent que j'ai pris peu de risques.

J'ai contacté un centre de planning familial, et le médecin que j'ai eu au téléphone m'a rassuré ; mais je ne me sens toujours pas en confiance.

Est-ce la honte, la culpabilité, qui amplifient mes angoisses ?

Est-il judicieux de passer un test dans trois mois, seul moyen de remplacer une probabilité par une certitude ?

De plus, d'autres interrogations me sont venues, et je voudrais vous les soumettre :

1 - Pourquoi le virus peut-il pénétrer dans l'organisme au contact de deux muqueuses, et pas à travers la peau ?

2 - La manière de mettre un préservatif est décrite avec précision, mais comment faire pour minimiser les risques lorsqu'on l'enlève ?
Serait-il recommandé de nettoyer le préservatif avec de l'alcool à 70°, ou d'utiliser des gants en latex, à usage unique, avant de poser les doigts dessus ?

3 - Les fabricants de préservatifs ne pourraient-ils pas placer un anneau élastique un peu plus resserré à la base, afin de diminuer les risques de glissement ?

4 - Concernant l'évaluation du risque : lorsqu'on roule en voiture, on porte une ceinture de sécurité, censée nous protéger, même imparfaitement. On n'utilise pas de combinaison particulière, avec casque intégral ; ce qui pourtant diminuerait encore les risques en cas d'accident : il y a un seuil d'acceptabilité du risque. Est-il raisonnablement possible d'en définir un concernant le SIDA et les autres MST ; où pourrait-il se situer, et comment modifier son comportement en conséquence ?

R. Concernant le test du Sida sa sensibilité n'est pas de 100%. Les techniques utilisées ont cependant une bonne sensibilité, mais des risques de "faux négatifs" sont possibles en raison de la technique. Au delà d'un seuil de 10 puissance 5 : sur 100 000 tests ayant donné une réponse négative, un test peut être "faussement négatif" ; ce qui représente, pour une personne donnée faisant un test, une probabilité extrêmement faible, mais qui n'est pas nulle. Il s'agit d'un seuil incompressible (même si on améliorait encore la technique de ces tests).

À ceci, il faut ajouter que dans certains cas, fort rares, l'apparition des anticorps peut survenir au delà de trois mois après une contamination par le HIV. L'utilisation de techniques ultra sophistiquées, reposant sur l'amplification du génome du virus, utilisées dans des laboratoires de recherche, a montré que ce délai peut dépasser un an, voire plus de trois ans.

En résumé, un test HIV négatif signifie qu'il est très probable que la personne ne soit pas infectée par le HIV, et donc qu'elle doit faire tout son possible pour le rester ; ce qui signifie qu'elle doit appliquer les mesures de prévention pour ne pas se contaminer (notamment port du préservatif en cas de nouveau partenaire sexuel et pas d'échange de seringue).

Dans le cas où une personne a été dans une situation l'exposant à un risque de contamination, il est conseillé d'effectuer un premier test (recherche des anticorps) associé à un dosage de l'antigène P24 (cet antigène du HIV est parfois détecté avant l'apparition des anticorps ; il disparaît ensuite quand les anticorps apparaissent). Le test sera réalisé trois mois (voire deux mois) après cet événement ; le dosage de l'antigène P24 peut être réalisé en même temps ou, mieux, dans les premières semaines après cet événement. En l'absence d'anticorps (test HIV négatif) et d'antigène P24, le test sera refait à distance (six à douze mois après l'événement ; plutôt, semble-t-il, vers le douzième mois).

Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur ce sujet, nous vous recommandons de consulter notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>), notamment aux rubriques suivantes : en C.3. (Informations sur le Sida et Préventions) et en F. (Aspects médicaux du Sida).

Concernant votre question sur les capacités du virus à traverser certaines muqueuses et pas la peau : ce qui est sûr, c'est qu'en l'absence de lésion saignant, le virus HIV ne peut se transmettre par la peau. La peau n'est certes pas une surface imperméable (la surfaces des pores étant bien plus élevée que le reste de la peau, c'est pire que les gruyères !), mais les petits vaisseaux sanguins ne sont pas situés à proximité de l'extérieur et il existe au niveau de la peau un système de défense anti-infectieux relativement efficace. Pour les muqueuses, certaines sont plus réceptives que d'autres, notamment car des micro-saignements y sont plus fréquents, et à cause d'une moindre défense vis à vis des agents infectieux ; c'est le cas des muqueuses génitales et rectales.

Concernant votre question sur les précautions à prendre pour enlever le préservatif : il n'y a aucun risque puisque le virus ne peut pas se transmettre par contact avec la peau. Il pourrait y avoir un risque s'il y a, au niveau de la main, une blessure qui saignerait à ce moment là et qui serait mise en contact avec des sécrétions vaginales infectées se trouvant sur le préservatif. Autre point à ne pas oublier : s'il y a un deuxième rapport sexuel : après avoir ôté le préservatif utilisé au cours du premier rapport sexuel, il faut faire une toilette du sexe avant de remettre un autre préservatif.

Concernant l'idée de fabriquer des préservatifs ayant à leur base un anneau un peu plus resserré afin de diminuer les risques de glissement. Je ne pense pas que cela soit une bonne solution. Si nécessaire, il vaut mieux trouver un préservatif adapté à sa morphologie. En général, il n'y a pas de risque de glissement. Mais il ne faut pas oublier "de se retirer" avant la chute complète de l'érection. Et puis, l'adjonction d'un tel anneau pourrait peut-être déclencher une blessure à ce niveau !

Concernant le rapprochement que vous faite, je serais tenté de vous dire que toute personne qui monte sur un véhicule, même équipée d'un casque intégral, s'expose potentiellement à un accident ; et je pense que ce risque est plus élevé que de contracter une MST (y compris le Sida).

Le remède est simple : ne plus monter dans une voiture ! Si deux personnes ont un rapport sexuel et qu'elles appliquent les mesures de prévention adaptées (notamment utilisation du préservatif en cas de nouveau partenaire et en cas de partenaires multiples), le risque de transmission du Sida ou de toutes autres MST (sauf peut-être de certaines comme les papillomavirus) est extrêmement faible. Donc, il ne semble pas nécessaire de définir un seuil d'acceptabilité du risque. Par contre, il est nécessaire d'adapter cette mesure de prévention à l'équilibre du plaisir des deux partenaires (pour plus de précisions sur ce sujet, nous vous recommandons de consulter notre serveur Internet <http://www.positifs.org/>) à la rubrique C.3. Informations sur le Sida et Préventions au paragraphe 7.C.3). (0198)


Q-R 4

Q. S'il existe un risque de contamination lors d'une fellation sans éjaculation, alors cela veut dire que la peau (du sexe en l'occurrence) transmet le virus... En effet, sans éjaculation, comment le virus se propage-t-il ?

D'autre part, existe-t-il un site regroupant les endroits où l'on peut faire un test anonyme en France ?

R. Concernant la fellation, le risque de transmission du HIV est possible en cas de lésion pouvant saigner, comme par exemple une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple bossage des dents. Mais, il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu.
À cette occasion, il peut y avoir un risque de contamination à partir d'un sexe d'homme sans qu'il y ait d'éjaculation. Cela est possible parce qu'il y a toujours des "micro-éjaculations internes".
Il ne faut pas oublier que même au cours d'une pénétration de très courte durée, il y a toujours un risque de transmission du virus du Sida en raison de la présence de liquide séminal qui se trouve à l'extrémité de l'urètre. D'autre part, il faut savoir que lors d'une pénétration de très courte durée, même au début de l'érection, ce liquide séminal peut déjà se trouver au niveau du méat, à l'extrémité de la verge. Enfin, une éjaculation précoce peut toujours se produire ; l'état d'excitation ne se contrôlant pas toujours aisément.

Par contre, la peau ne permet pas de transmettre le virus.

Concernant les sites indiquant les endroits où l'on peut faire un test anonyme du Sida en France : vous devriez contacter celui du Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida (CRIPS) : <http://www.lecrips.net>. (0198)


Q-R 5

Q. J'aurais voulu savoir si le fait d'avoir eu très peur à l'occasion d'un test pour le HIV pouvait causer des traumatismes, non pas seulement psychologiques, mais aussi physiques ? Par exemple des traces blanchâtres sur l'intérieur des joues et une langue très chargée ?
Qu'est-ce au juste un leuco-œdème ?

 

R. Une peur intense, notamment survenue à l'occasion de la réalisation d'un test VIH, peut causer des traumatismes psychologiques, mais aussi physiques. Il s'agit en générale de manifestations transitoires, sauf si la peur intense persiste, sur un mode obsessionnel par exemple.
Concernant les manifestations physiques (somatisation), il peut s'agir de manifestations cutanées ou muqueuses qui peuvent être secondaires à une vasoconstriction brutale des vaisseaux sanguins locaux déclenchée par la peur. Il s'agit d'un domaine de la médecine qui demeure insuffisamment étudié, notamment en ce qui concerne le recensement des manifestations physiques pouvant survenir, et en ce qui concerne les autres mécanismes (par exemple hormonaux) pouvant intervenir dans le déclenchement de ces manifestations. Il s'agit d'un sujet que nous avons abordé sur notre serveur Internet (<
http://www.positifs.org/>) en C.16.

Un leuco-œdème est un gonflement blanchâtre. (0398)


Q-R 6

Q. J'ai une question qui m'angoisse depuis que j'ai réalisé un test qui, heureusement, s'est révélé négatif.

Est-il possible d'être contaminé lors d'une prise de sang ou d'un don du sang ? Est-on absolument certain que les laboratoires maîtrisent de manière sûre et certaine ce risque ?

Est-il absolument certain que les aiguilles et cotons soient utilisés une seule fois ?

D'autre part, certains matériels sont utilisés pour tout le monde : garrot, vacuum. N'y a-t-il pas un risque ? Ces objets étant touchés par la personne qui réalise le prélèvement. C'est peut-être une question de parano, mais elle m'angoisse depuis ce test.

R. Dans les pays occidentaux, il n'est pas possible d'être contaminé par le VIH à l'occasion d'une prise de sang puisqu'on utilise, pour ce faire, du matériel à usage unique. Il n'est pas possible d'être contaminé par du matériel du type garrot.
Concernant la transmission du VIH à l'occasion d'une transfusion sanguine, ce risque est quasiment nul dans les pays qui effectuent systématiquement un test sur chaque échantillon de sang utilisé ; ce qui est le cas dans les pays occidentaux (par exemple, depuis 1985, cela est systématiquement réalisé en France).

On ne peut dire qu'il n'est que quasiment nul car le test, en raison de la technique, n'est pas fiable à 100% : des "faux négatifs" sont possibles. Au delà d'un seuil de 10 puissance 5 : sur 100 000 tests ayant donné une réponse négative, un test peut être "faussement négatif" ; ce qui représente, pour une personne donnée faisant un test, une probabilité extrêmement faible, mais qui n'est pas nulle. Il s'agit d'un seuil incompressible (même si on améliorait encore la technique de ces tests). A ceci, il faut ajouter que dans certains cas, fort rares, l'apparition des anticorps peut survenir au delà de trois mois après une contamination par le VIH. L'utilisation de techniques ultra sophistiquées, reposant sur l'amplification du génome du virus, utilisées dans des laboratoires de recherche, a montré que ce délai peut dépasser un an, voire plus de trois ans.
Donc, un test HIV négatif signifie qu'il est très probable que la personne ne soit pas infectée par le VIH ; et donc, qu'elle doit faire tout son possible pour le rester. Ce qui signifie qu'elle doit appliquer les mesures de prévention pour ne pas se contaminer (notamment port du préservatif en cas de nouveau partenaire sexuel et pas d'échange de seringue).
Dans le cas où une personne a été dans une situation l'exposant à un risque de contamination, il est conseillé d'effectuer un premier test (recherche des anticorps) associé à un dosage de l'antigène P24 (cet antigène du VIH est parfois détecté avant l'apparition des anticorps ; il disparaît ensuite quand les anticorps apparaissent). Le test sera réalisé trois mois (voire deux mois) après cet événement ; le dosage de l'antigène P24 peut être réalisé en même temps ou mieux dans les premières semaines après cet événement. En l'absence d'anticorps (test HIV négatif) et d'antigène P24, le test sera refait à distance (six à douze mois après l'événement ; plutôt, semble-t-il, vers le douzième mois).
Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur ce sujet, nous vous recommandons de consulter notre serveur Internet (<
http://www.positifs.org/>), notamment aux rubriques suivantes : en C.3. (Informations sur le Sida et Préventions) et en F. (Aspects médicaux du Sida). (0398)


Q-R 7

Q. J'ai effectué il y a huit mois un test dans un centre de dépistage anonyme et gratuit à Paris. Le prélèvement sanguin a été effectué un mois après un rapport protégé avec une femme inconnue et trois ou quatre jours après l'apparition de ganglions assez douloureux au niveau de l'aine (qui se sont étendus depuis peu aux jambes et derrière les genoux) qui m'ont fait très peur.
J'ai demandé au médecin si on pouvait effectuer un test spécial pour ne pas attendre les 3 mois habituels. Ce test a été effectué en même temps qu'un Elisa qui ont été tous deux négatifs.
Je me suis donc rassuré pendant un temps, sans consulter de médecin à cause d'une espèce de parano persistante ; et maintenant, je commence à flipper sur la fiabilité de ce test. Devrais-je effectuer de nouveau un test ?

R. Un test fiable à 100% serait un test dont la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives positives et négatives seraient de 100%. Ce qui est rarissime en médecine où l'on ne peut que dire que la fiabilité des tests est plus ou moins grande.
Concernant le test HIV, et plus précisément sa sensibilité : elle n'est pas de 100%. Les techniques utilisées ont cependant une bonne sensibilité ; mais des possibilités de "faux négatifs" existent en raison de la technique. Au delà d'un seuil de 10 puissance 5 : sur 100 000 tests ayant donné une réponse négative, un test peut être "faussement négatif" ; ce qui représente, pour une personne donnée faisant un test, une probabilité extrêmement faible, mais qui n'est pas nulle. Il s'agit d'un seuil incompressible (même si on améliorait encore la technique de ces tests).
À ceci, il faut ajouter que dans certains cas, fort rares, l'apparition des anticorps peut survenir au delà de trois mois après une contamination par le VIH. L'utilisation de techniques ultra sophistiquées, reposant sur l'amplification du génome du virus, utilisées dans des laboratoires de recherche, a montré que ce délai peut dépasser un an, voire plus de trois ans.

En résumé, un test HIV négatif signifie qu'il est très probable que la personne ne soit pas infectée par le VIH ; et donc, qu'elle doit faire tout son possible pour le rester. Ce qui signifie qu'elle doit appliquer les mesures de prévention pour ne pas se contaminer (notamment port du préservatif en cas de nouveau partenaire sexuel et pas d'échange de seringue).
Dans le cas où une personne a été dans une situation l'exposant à un risque de contamination, il est conseillé d'effectuer un premier test (recherche des anticorps) associé à un dosage de l'antigène P24 (cet antigène du VIH est parfois détecté avant l'apparition des anticorps ; il disparaît ensuite quand les anticorps apparaissent). Le test sera réalisé trois mois (voire deux mois) après cet événement ; le dosage de l'antigène P24 peut être réalisé en même temps ou mieux dans les premières semaines après cet événement. En l'absence d'anticorps (test HIV négatif) et d'antigène P24, le test sera refait à distance (six à douze mois après l'événement ; plutôt, semble-t-il, vers le douzième mois).

Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur ce sujet, nous vous recommandons de consulter notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>), notamment aux rubriques suivantes : en C.3. (Informations sur le Sida et Préventions) et en F. (Aspects médicaux du Sida). (0398)


Q-R 8

Q. Mon ami m'a été infidèle il y a de cela 2 mois exactement, et comme si cela ne suffisait pas, il ne s'est pas protégé lors de ce rapport.
Aujourd'hui, 2 mois après, nous avons été faire le test du Sida et nous sommes sortis tous les deux négatifs.
Cependant, on vient de me dire qu'il fallait attendre 3 mois et non 2 mois pour faire ce test.

Est-ce que je dois considérer que le test réalisé n'est pas suffisant, ou au contraire que le délai de 2 mois était suffisant ?

R. En cas de situation où il y a eu un risque de contamination par le VIH, on conseille de faire un test 3 mois après. Il s'agit d'un délai approximatif.
Ce qu'il faut savoir c'est que les anticorps mesurés par le test apparaissent en général vers le 26ème jour. Cependant, ces anticorps apparaissent parfois après un délai plus grand (dans de rares cas, on a même décrit des délais de plus d'un an).
Lors d'une contamination par le VIH, la charge virale est le premier marqueur à être détectable (vers le 12ème jour après le contage). L'antigène P24 est ensuite détectable vers le 16ème jour après le contage, avec un maximum vers le 21ème jour ; mais contrairement à la charge virale, l'antigène P24 n'est plus détectable quand les anticorps apparaissent.
Jusqu'à présent, en raison de son coût, on mesurait surtout la charge virale pour juger de l'efficacité des traitements (trithérapies) utilisées chez les personnes séropositives. Actuellement, comme on propose de plus en plus souvent de donner transitoirement des trithérapies aux personnes infectées très récemment (par voie sexuelle ou sanguine), il est nécessaire d'avoir un diagnostic le plus précoce possible ; d'où l'importance de mesurer cette charge virale, ainsi que l'antigène P24. Cette mesure n'est pas encore généralisée, mais il s'avère que ces examens ont une grande importance. (0998)


Q-R 9

Q Le test HIV comporte actuellement 14 ou 15 paramètres différents ; lorsque le premier paramètre, c'est-à-dire le "marqueur" des virus généraux, est légèrement positif et que les plus spécifiques aux HIV sont négatifs, et que le test doit être contrôlé un mois après, est-ce qu'il y a réellement danger de contamination, ou est-ce une marge potentielle d'erreur dans le test ?

R. Le test du sida ou sérologie du VIH fait appel à deux techniques de dosage. Le dépistage est assuré dans un premier temps par une technique elisa. Les laboratoires doivent effectuer deux tests elisa sur chaque prélèvement. Dans le cas où ce premier test se révèle positif, on refait un dosage par une technique de Western blot. Il en est de même si deux tests elisa donnent des résultats douteux. Ce deuxième test permet soit de confirmer une positivité, soit d'éliminer un faux positif obtenu avec le test elisa. Le Western blot permet de caractériser les réactivités obtenues vis-à-vis des différentes protéines du VIH ; il est considéré comme positif s'il y a présence d'anticorps de la personne dirigés contre les protéines d'enveloppe (gp41, 120, 160) associée à au moins un anticorps dirigé contre une protéine interne du virus (P18, 24, 34, 40, 51, 55, 68). Un test négatif par elisa n'a pas besoin d'être confirmé par Western blot. Il signifie qu'il y a une grande probabilité que la personne n'ait pas été infectée par le VIH. En raison de la possibilité d'un risque incompressible (technique de dosage) de résultat faussement négatif (estimé à 1/100 000 voire 1/1 000 000 suivant les banques de sang), on ne peut pas affirmer à 100% l'absence de contamination. L'autre raison en est que l'apparition des anticorps peut, dans certains cas, se faire au-delà des trois mois qui suivent la contamination. En effet, de rares cas où cet intervalle a été d'un an -voire plusieurs années-, ont été décrits, notamment dans le cadre du suivi dans le plus ancien groupe de sujets séropositifs étudiés (San Francisco) où ces cas ont pu être dépistés par des techniques de recherche (amplifications du génome du virus par PCR). (1198)


Q-R 10

Q. Je suis d'origine américaine, HIV-positif, et veux habiter en France. Est-ce que vous savez si j'aurai des problèmes à obtenir une carte de séjour ou éventuellement un permis de travail étant HIV-positif ?

Je sais que plusieurs pays exigent un test médical (donc test VIH) pour obtenir une carte de séjour. Mais j'ignore pour la France. J'y ai reçu des réponses différentes à propos d'un test médical (de VIH) en France.

R. Un étranger souhaitant obtenir une carte de séjour en France, ou un permis de travail, n'a pas à dire s'il est séropositif à HIV. On n'exige pas de faire le test HIV pour obtenir une carte de séjour.

Concernant cette question, deux points sont à évoquer :

- le premier concerne la carte de Sécurité sociale, et ne pose, en fait, pas vraiment de problème quand on est correctement informé de ses droits.
Les personnes qui travaillent en France peuvent bénéficier d'une protection sociale (la Sécurité sociale). Pour les personnes infectées par le HIV, les soins sont pris en charge à 100%. En effet, l'infection à HIV fait partie des affections de longue durée (appelées ALD ou LIS) donnant ce droit. Dans ce cas, cela est mentionné sur la carte de Sécurité sociale par "100% pour l'affection répertoriée" (sans préciser le nom de la maladie). Mais il est possible d'obtenir une carte d'assuré social où n'est pas mentionné ce "100%" ; ce qui peut être utile dans le cas où l'employeur demande une photocopie de la carte de Sécurité sociale.

- le deuxième point est plus délicat et il découle d'une décision rendue le 7 octobre 1998 par la Cour de Cassation (cf. Le Monde du 11-12 octobre 1998) qui a jugé que la séropositivité à HIV devait être signalée comme "maladie" à son assureur au moment de conclure un contrat d'assurance décès ou invalidité, car "la séropositivité est une affection de nature à entraîner des conséquences graves pour la santé, voire mortelles". Rappelons qu'en septembre 1991, les représentants des compagnies d'assurance s'étaient engagés, avec le gouvernement français, à ne pas refuser leurs services aux personnes séropositives en dessous d'un capital garanti d'un montant maximal de 1 million de francs.

Concernant les contrats en rapport avec des emprunts, signalons qu'aucune loi n'autorise l'organisme contacté à demander le résultat d'un test du Sida. Cependant, certains n'hésitent pas à inclure cette clause dans leur contrat. C'est la raison pour laquelle certains médecins n'hésitent pas, dans ce cas précis, à établir de faux certificats de séronégativité. (1198)


Q-R 11

Q. Où peut-on se faire dépister gratuitement à Paris ?

R. Sur Paris, il existe 8 centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG) :

Croix-Rouge Française, 43 rue de Valois, 75001 Paris (Tel : +33 (0)1 42 97 48 29).

Centre Figuier, 2 rue Figuier, 75004 Paris, (Tel : +33 (0)1 42 78 55 53).

Hôpital Lariboisière, 2 rue Ambroise Paré, 75010 Paris (Tel : +33 (0)1 49 95 81 24).

Hôpital de la Salpêtrière, 53 bd de l'Hôpital, 75013 Paris (Tel : +33 (0)1 42 16 10 53).

Centre Ridder, 3-5 rue Ridder, 75014 Paris (Tel : +33 (0)1 45 43 83 78).

Institut Alfred Fournier, 25 bd St Jacques, 75014 Paris (Tel : +33 (0)1 40 78 26 56).

Hôpital Bichat-Claude Bernard, 46 rue Henri Huchard, 75018 Paris (Tel : +33 (0)1 40 28 84 34).

Centre Belleville, 218 rue de Belleville, 75020 Paris (Tel : +33 (0)1 47 97 40 49).

Pour les autres départements, vous pouvez contacter Sida Info Service au 0 800 840 800 (appel gratuit). (0299)


Q-R 12

Q. J'ai effectué un test HIV en laboratoire. Il ne m'a fallu attendre qu'une seule journée pour obtenir le résultat. D'habitude, parait-il, c'est plutôt 3 jours d'attente. Est-ce normal ? Le résultat est le suivant : Sérologie recherche d'anticorps HIV : HIV 1 + 2 : NÉGATIVE (technique Access Pasteur) HIV 1 + 2 : Négative (technique Axsym Abott)

La personne qui m'a pris le sang dans un tube l'a ensuite reversé dans de plus petits tubes... On m'a dit que le virus ne survivait pas à l'air...

Cette manipulation peut-elle alors changer le résultat du test effectué, ou pas du tout ? En fait, j'aimerais savoir si ce test est, dans ces conditions, vraiment fiable ?

R. Les résultats du test du Sida peuvent tout à fait être disponibles en un jour. Parfois ce délais est plus long pour différentes raisons, et principalement car les laboratoires d'analyses préfèrent regrouper plusieurs prélèvements pour faire simultanément un même type d'analyse.

La manipulation effectuée par la laborantine, que vous décrivez, ne peut pas avoir modifié le résultat du test. (0999)


Q-R 13

Q. Il y a 3 jours, j'ai eu une relation protégée avec une prostituée. Depuis, j'angoisse énormément et je me réveille la nuit avec d'énormes suées et il me semble avoir mal à la tête et parfois avoir très chaud (pourtant, je n'ai pas de fièvre, jamais en dessus de 37,5 C).

Est-il possible que ces signes indiquent, comme je l'ai lu, une primo-infection ou sont-ils simplement dus à mon angoisse ?

J'ai déjà fait un test P24 qui était négatif, mais au troisième jour. Est-ce bien valable ?

R. Les suées nocturnes, les céphalées peuvent être effectivement des signes de primo-infection à VIH, mais, ces signes peuvent aussi être dus à d'autres causes, notamment infection virale bénigne -voire somatisation d'une angoisse.
Il est d'autant plus probable que vous n'ayez pas été infecté par le VIH que vous avez utilisé un préservatif.
Concernant le test effectué trois jours après avoir été en situation de risque de transmission du VIH, le délai est trop court. En effet, après une contamination, les anticorps apparaissent au plus tôt au 26ème jour (l'évaluation de la présence des anticorps constitue le test du Sida), l'antigène P24 au plus tôt au 16ème jour et la charge virale est en général positive à partir du 12ème jour. (1199)


Q-R 14

Q. J'ai entendu dire il y a quelques semaines après une conversation téléphonique avec un membre de sida info service (numéro vert français) que la fiabilité d'un test de dépistage du VIH un mois après une prise de risque était d'environ 99,8 pour cent. Ces chiffres sont-ils exacts ?

R. Le chiffre de 99,8 pour cent avancé par Sida Info Service pour estimer la fiabilité du test VIH de dépistage n'est pas un chiffre exact avec certitude mais il est proche de la réalité. Il est probablement même plus élevé. En effet, la sensibilité du test est de l'ordre de 99,999 (le nombre de faux négatifs étant de l'ordre de 1 sur 100 000 soit 0,001%). Une autre cause d'erreur, plus difficile à évaluer, est à prendre aussi en considération ; il s'agit de celle en rapport avec des personnes dont les anticorps mettent plus de deux mois à apparaître ce qui est extrêmement rare (probablement inférieur à 1/1 000 000). Donc, on pourrait avancer même un chiffre d'au moins 99,9%. (0100)


Q-R 15

Q. Est-ce qu'un test effectué en France ou en Suisse permet de dépister avec la même fiabilité des souches de VIH d'autres continents, comme par exemple l'Afrique ?

R. Le dépistage du VIH par le test du Sida est d'une fiabilité variable en fonction de la sensibilité des réactifs utilisés (appelés aussi trousse de dosage). De plus, certains ne peuvent pas déterminer la présence d'anticorps en rapport avec certains groupes de VIH.

Une étude vient d'être publiée récemment (AM. Couroucé et coll., Transfus Clin Biol, 1999, 6 : 381-94) sur ce sujet. Le but de cette étude était d'apprécier la sensibilité de la plupart des tests du Sida (elisa) disponible en France (les précédentes évaluations avaient eu lieu en France en 1993 et en 1995.
Pour ce faire, ces tests ont été soumis à l'étude de virus VIH-1 de groupe M (génotypes A, B, C, D, E), de virus VIH-1 de groupe O (rare en France) et du VIH-2 (plus fréquent en Afrique). Seules des trousses ELISA mixtes automatisables ont été étudiées (les tests à lecture subjective n'ont pas été étudiés).
Sur les 21 réactifs testés, 4 proposent un dépistage simultané des anticorps anti-VIH et de l'antigène P24, 10 permettent de tester le groupe O du VIH-1 et tous permettent d'étudier le VIH-2.
Les 21 réactifs testés ont tous donné un résultat négatif sur les échantillons qui ont été analysés. Ils ont aussi été tous négatifs pour les 3 échantillons correspondant à une pré-séroconversion (à 14, 27 et 29 jours précédant le premier résultat positif pour chacun des trois sujets) ; ils étaient aussi négatifs pour l'antigène P24.
Concernant le groupe M, tous les réactifs donnent une réponse positive pour tous les sérotypes (A, B, C, D, E). Il en est de même pour tous les échantillons correspondant à une séroconversion récente (mais avec 8 trousses donnant un résultat moins net) sauf pour un échantillon.
Concernant le groupe O, tous les réactifs donnent une réponse positive (moins nettes avec 4 des trousses).
Concernant le VIH-2, tous les réactifs donnent une réponse positive (moins nette avec 3 des trousses).

Au total, en fonction de plusieurs critères de sélection (reconnaissance de tous les séropositifs, des séroconversions, et d'au moins 50% des pré-séroconversions ; ces pré-séroconversions étant définies comme des séroconversions ayant un taux très faible d'anticorps, non reconnues par toutes les trousses et donnant un résultat négatif ou douteux par Western-blot), quatre réactifs n'atteignent pas les performances exigées (Abbott HIV1 / HIV2 plus, Enzygnost plus de Dade Behring, ICE HIV1.0.2 de Murex et Cobas Core anti-VIH1/VIH2 de Roche). Les principales différences ont porté sur le nombre de résultats positifs sur des pré-séroconversions (le résultat a varié 30 à 100% ; les 4 marques citées ne reconnaissant pas suffisamment les pré-séroconversions). (0400)



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1ère version : mars 1998.

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