R.
Concernant les
symptômes que vous décrivez : il peut, certes,
s'agir de symptômes en rapport avec une
primo-infection à VIH (il faut cependant souligner
que dans la plupart des cas, il n'y a pas de symptômes
dans les suites d'une contaminations à VIH). Mais ces
symptômes sont très fréquents, et, dans
la plupart des cas, ils sont en rapport avec une infection
virale banale, comme c'est le cas en période
hivernale. Le test que vous avez fait quatre mois
après ce premier rapport, permet d'ailleurs d'exclure
le diagnostic d'infection à VIH avec une
probabilité de plus de 99% (cette probabilité
étant liée à la sensibilité du
test qui n'est pas de 100%).
Concernant le fait que
certains symptômes persistent : cela ne devrait pas
vous inquiéter vis-à-vis de l'infection
à VIH.
Concernant le rhume persistant : cela n'a aucun rapport avec
l'infection à VIH. À ce sujet, il faut savoir que
depuis deux ans, et surtout cette année, de
nombreuses personnes ont fait des infections ORL ou
bronchites qui ont eu tendance à traîner ou
à récidiver et pour lesquelles on peut avancer
plusieurs hypothèses :
1/ saison
hivernale moins froide que d'habitude ; d'où la
persistance inhabituelle des infections virales (en
général, on observe à cette
époque surtout des infections bactériennes car
la plupart des virus supportent mal le froid) qui, rappelons
le, ne sont pas sensibles aux antibiotiques (devant une
angine blanche, une sinusite ou une bronchite, on est
amené à prescrire des antibiotiques car il
peut s'agir d'une infection bactérienne ; s'il s'agit
d'une infection virale, ce que l'on ne peut pas savoir lors
de la consultation, cette prescription se justifie par le
fait qu'il existe un risque de surinfection
bactérienne) ;
2/ résistance
accrue des infections bactériennes aux antibiotiques
en raison d'une prescription excessive de ces
médicaments dans les pays occidentaux depuis une
vingtaine d'années (et peut-être plus
importante ces deux dernières années en raison
d'infections ORL et bronchiques ayant tendance à
traîner ou à récidiver) ;
3/ intervention de
certains facteurs, devenus plus fréquents ces
dernières années, pouvant faciliter la
survenue de ces infections, comme la pollution ou
l'allergie.
Concernant les mycoses,
elles existent, certes, chez les personnes infectées
par le VIH, mais elles sont extrêmement
répandues dans la population générale.
D'ailleurs, en médecine générale, on
constate parfois leur survenue chez une personne, leur
persistance durant plusieurs mois puis leur disparition,
sans se l'expliquer. Parfois, il existe des facteurs
favorisants : avant tout, la prise d'antibiotique (y compris
ceux contenus dans des pastilles à sucer, souvent
utilisées par auto-médication ou sur le
conseil, discutable, de certains pharmaciens ...) et
notamment en cas de prises répétées (il
y a donc un lien possible avec l'augmentation de la
prescription d'antibiotiques évoquée
ci-dessus) ; il y a aussi un lien possible avec une
augmentation de l'absorption d'aliments sucrés (en ce
qui concerne le chocolat, cette augmentation peut
s'expliquer par son action anti-stress en raison du
magnésium qu'il contient), ainsi qu'avec le port de
vêtements trop serrés, de sous-vêtements
synthétiques, la fréquentation de certaines
piscines, avec certaines altérations biologiques
(augmentation de la glycémie, voire état
pré-diabétique, mais aussi anémie).
Pour plus d'informations sur ces facteurs favorisants, vous
trouverez des précisions dans la rubrique C. sur
notre serveur Internet (<http://www.positifs.org> dans
l'article que nous avions réalisé sur
l'extrait de pépin de pamplemousse.
Concernant les ganglions
cervicaux, axillaires et inguinaux, ils peuvent survenir
aussi chez les personnes séropositives ; mais cela
peut être aussi le cas pour tout autre personne (cela
est fréquent dans la population
générale). Les ganglions inguinaux sont
souvent sans cause et peuvent parfois persister (à
noter que cela est plus fréquemment observé
chez les personnes maigres ; ce qui peut s'expliquer par le
fait que les ganglions sont en fait toujours normalement
présents ; mais en général, ils ne sont
pas palpables tant qu'ils ne sont pas pathologiquement
hypertrophiés). Pour les ganglions cervicaux, il faut
rechercher avant tout une cause ORL (cela peut être en
rapport avec une infection ORL récidivante) ou
dentaire. En ce qui concerne, les ganglions axillaires, il
convient de rechercher chez les femmes une cause en rapport
avec la glande mammaire et réaliser, si
nécessaire, une mammographie.
J'espère que cette
réponse vous rassurera du point de vue de l'infection
à VIH.
Nous nous sommes efforcés de la développer car
les symptômes de la primo-infection à VIH,
s'ils sont utiles à rechercher en raison du fait,
notamment, qu'ils peuvent survenir avant d'avoir une
certitude biologique, il n'en demeure pas moins que ces
symptômes peuvent survenir pour bien d'autres raisons.
On l'oublie un peu trop souvent en raison de la crainte,
justifiée, de contracter l'infection à VIH.
(0701)