R.
Le
préservatif féminin est un moyen de
contraception et de prévention proposé
seulement depuis quelques années. Il apparaît
que très peu d'études lui ont
été consacrées, et qu'il n'est pas
aisé d'obtenir des informations à son sujet,
hormis dans le cadre de la recherche sur le Sida.
Cela s'explique notamment en raison de l'expansion
commerciale du préservatif masculin et des
difficultés, qui persistent, à aborder le
domaine de la sexualité.
Voici donc le
résumé de quelques études scientifiques
qui peuvent vous apporter un éclairage sur ce
sujet.
Le préservatif
féminin confère une plus grande autonomie
(38%), n'altère pas le plaisir (26%), est confortable
(22%). Les principaux inconvénients mentionnés
sont : la difficulté d'installation (13%), son
déplacement lors du rapport sexuel (15%) et son
aspect inesthétique (28%). Les pourcentages
indiqués, qui proviennent de l'étude
brésilienne de Kalckmann S. et coll. (XIIè Conférence
Internationale sur le Sida, abstract n°23460,
Genève, 1998) sont similaires à ceux
établis dans les autres études
effectuées antérieurement. Signalons qu'une
étude effectuée chez des hommes qui ont
utilisé ce préservatif lors de relations
sexuelles avec des hommes indique que 86% envisagent de
continuer à s'en servir et que 54% le
préfèrent au préservatif masculin
(Wohlfeller D et
coll., XIIè Conférence Internationale sur le
Sida, abstract n°33133, Genève,
1998).
La plupart des
études indiquent que le préservatif
féminin, en comparaison avec le préservatif
masculin, présente une efficacité similaire du
point de vue de la contraception et de la prévention
vis-à-vis du virus VIH et des autres Maladies
Sexuellement Transmissibles (Revue de la littérature
effectuée par Stein Z. et coll. à la
XIIè Conférence Internationale sur le Sida,
abstract n°60221, Genève, 1998).
Une étude
américaine (Lawson et coll., XIIè
Conférence Internationale sur le Sida, abstract
n°33132, Genève, 1998) a cependant trouvé, dans
19% des cas, la présence de sperme (le PSA, ou
antigène spécifique de la prostate) dans les
sécrétions vaginales postcoïtales, et ce
en l'absence d'incident d'utilisation (rupture,
déplacement de l'anneau extérieur à
l'intérieur du vagin, écoulement de sperme en
dehors du préservatif). Cela pourrait signifier que
la fréquence des échecs de ce
préservatif serait en fait sous-estimée dans
les études réalisées
antérieurement. Cependant, il conviendrait de
comparer ces résultats avec ceux d'une étude
réalisée avec le préservatif
masculin.
Concernant la
réutilisation du préservatif féminin
après lavage, aucune étude
bactériologique ou virologique n'a été
réalisée. Donc, rien ne permet de dire qu'il
n'existe aucun risque infectieux lors d'une
réutilisation.
Seuls des tests de
résistances ont été effectués.
Ils indiquent que le lavage, le séchage et la
relubrification, plus de 10 fois, ne modifient pas
l'intégrité du préservatif. Ce qui
signifie que son efficacité mécanique persiste
; mais cela ne prouve pas qu'il soit indemne de
germes.
Le préservatif
féminin est actuellement commercialisé dans 13
pays (États Unis, Pays-Bas, Suisse, Royaume uni, etc.) et il
est diffusé dans 22 autres pays, au travers de
programmes de l'ONU-SIDA.
La mise sur le marché du préservatif
féminin a été autorisée par les
autorités européennes. Cependant, pour ce qui
concerne la France, aucun distributeur n'a encore
accepté de s'occuper de ce secteur.
Pour avoir des
informations concernant le mode d'emploi du
préservatif féminin, nous vous conseillons de
contacter le CRIPS (Centre Régional d'Information et
de Prévention du SIDA, 192 rue Lecourbe, 75015 Paris,
France. TEL : +33 (0)1 53 68 88 88 ; FAX : +33 (0)1 53 68 88
89 ; Minitel : 3614 CRIPS ; mailto : info@lecrips.net ; URL : http://www.lecrips.net). (0299)