POSITIFS INTERNET

FAQ


Accueil Positifs => en résumé => index général => Index des FAQ => Mutations génétiques.

Plan du site


Mutations génétiques


Q-R 1

Q. Parmi les molécules suivantes, pouvez-vous me dire celles qui ont été testées par le SOS-CHROMOTEST : AZT, ddI, ddC, D4T, 3TC, indinavir, ritonavir, saquinavir, nelfinavir, hydroxyurée ?

R. Nous avons publié dans le Supplément au N·16 de Sida Tout Va Bien un article ("AZT et procréation") dans lequel nous avions mentionné que le SOS-CHROMOTEST serait plus intéressant que le test d'AMES utilisé classiquement. Nous avions indiqué les résultats de MAMBER S.W. (1990) qui ont trouvé que ce test était positif pour l'AZT (positivité maximale), le ddI, le ddC (positivité minimale) et le D4T.

Nous souhaitions vous répondre plus précisément et donc nous avons fait une recherche bibliographique informatisée sur Medline portant sur le terme SOS-CHROMOTEST sur la période 1991-1997. Rien que sur la période 1993-1997, nous avons recensé 293 références.

Concernant les antirétroviraux testés par ce test : depuis l'article de MAMBER, on n'a trouvé qu'une seule référence publiée!

Il s'agit de l'hydroxyurée et nous n'avons pas pu encore avoir l'article.

Le chercheur qui a effectué ces recherches bibliographiques conseille de contacter des équipes de chercheurs travaillant avec ce test (comme HOFFNUNG & QUILLARDET à l'Institut Pasteur ou ORGENICS à Strasbourg, qui est la firme qui vend le kit mis au point par l'Institut Pasteur), car tous les travaux de recherche ne sont pas systématiquement publiés et, malheureusement, notamment quand il s'agit de résultats pouvant être préjudiciables pour une molécule donnée.

Ce chercheur conseille aussi de contacter directement les firmes pharmaceutiques. Cependant, il n'est pas exclu que des firmes aient des réticences à fournir ce genre d'information à une association. Il faudrait peut-être que ce soit un médecin ou un particulier qui demande à chaque firme pharmaceutique si telle molécule a fait l'objet d'un test de mutagénicité (test d'AMES, SOS-CHROMOTEST).

Ce chercheur nous a indiqué enfin qu'il pensait que ce test a dû être effectué pour la plupart des molécules que vous citez, car il s'agit d'un test qui se réalise en quelques heures et qui ne coûte que 2 000 à 3 000 francs ; ce qui est peu onéreux pour une firme pharmaceutique.

Il nous conseille d'ailleurs, en dernier recours, d'envisager de réaliser nous-mêmes ces tests si les résultats de ces tests ne pouvaient pas être obtenus. Malheureusement, en raison de nos moyens financiers actuels, cela ne nous est pas possible. Antérieurement et en raison de nos contacts avec certains chercheurs, nous avions pu l'effectuer sur plusieurs plantes chinoises et montrer que le ginseng permet de réduire la mutagénicité de l'AZT (résultat cité dans l'article "L'état de la recherche" publié dans le N·50 de Vous et Votre Santé, Août 1997). (0797)


Q-R 2

Q. Je suis séronégatif.

Ma compagne est séropositive depuis 1990, son état actuel est le suivant : asymptomatique, charge virale actuelle 8 000 copies/ml (5 000 copies/ml en 04.97) et CD4 actuels 1 150 (800 CD4 en 04.97).

Désirant faire un enfant, nous souhaitons connaître l'état des connaissance sur une trithérapie durant la grossesse ; quelle est à votre avis la thérapie la plus adaptée (type, démarrage du traitement, effets secondaires sur l'enfant à venir...) ?

Enfin, une dernière question : que penser d'une augmentation simultanée de la charge virale et des CD4, n'est ce pas contradictoire ?

Pour finir, nous tenons à remercier de tout cœur votre équipe pour le temps et l'énergie consacrés à une précédente demande de renseignements de notre part, et vous féliciter pour votre disponibilité.

R. Concernant votre question sur la signification d'une augmentation simultanée de la charge virale et des lymphocytes T4 : il faut s'assurer avant tout si cette augmentation est certaine (pour cela, il faudrait éventuellement refaire un mois après ces examens), et surtout si l'augmentation de la charge virale est significative. Ce n'est pas le nombre de copies/ml qui permet de le dire, mais le log : seule une augmentation (ou une diminution) de 0,5 est considérée comme significative (dans le cas d'un passage de 5 000 à 8 000 copies/ml, il est fort probable que l'augmentation du log soit inférieure à 0,5 ; ce qui signifie que cette augmentation en copies/ml ne correspond pas à une réelle augmentation).

Ceci dit, dans la mesure où une augmentation significative de la charge virale et une diminution de la valeur des lymphocytes des T4 sont des témoins d'un risque d'évolution, l'on n'observe en général pas de discordance. Cependant, il existe des cas où il y a une discordance.

Cela peut s'expliquer par le fait que ces témoins ne sont pas des marqueurs systématiquement fiables et surtout en raison de la signification des mécanismes qu'ils permettent d'explorer.

La charge virale correspond à la quantité de virus dans le sang circulant ; certains pensent que ce n'est pas un reflet total de la quantité de virus dans l'organisme (le virus est présent aussi au niveau de certaines cellules de tissus, comme les poumons, le cerveau et les intestins). À ceci, il faut ajouter que la charge virale n'explore pas les autres facteurs qui interviendraient en synergie avec le HIV (en effet, il semblerait que le HIV ne puisse pas expliquer à lui-seul l'apparition de l'épidémie de Sida en 1981, ni l'hétérogénéité des manifestations du Sida en général et suivant les personnes ; des co-facteurs, qui pourraient intervenir chez certaines personnes, expliqueraient partiellement, par exemple, pourquoi certaines personnes font certaines affections opportunistes, et pourquoi certaines évoluent plus rapidement que d'autres. De nombreux co-facteurs ont été avancés, la plupart sont encore hypothétiques ; d'autres sont plus probables, comme l'herpès virus de type 6 qui expliquerait pourquoi certaines personnes feraient un sarcome de Kaposi. Et donc, ce virus herpès, qui est différent des virus herpès communs, fait l'objet de travaux de recherche afin d'essayer de trouver un traitement spécifique complémentaire).

En ce qui concerne les lymphocytes T4, il faut savoir qu'il ne s'agit pas d'un marqueur spécifique au HIV ; et donc, des variations secondaires à d'autres causes peuvent survenir. De plus, il existe des variations physiologiques (chronobiologiques) chez les personnes séropositives asymptomatiques (et chez les personnes non-infectées par le HIV), en fonction par exemple des mois et des saisons (et même au cours de la journée où elles peuvent atteindre des variations de 100% ; ce qui ne pose pas de problème en pratique puisque les analyses de sang sont réalisées toujours aux mêmes heures dans la matinée).

Concernant votre question sur l'état des connaissances sur les trithérapies durant la grossesse et notre avis sur la thérapie la plus adaptée (type, démarrage du traitement, effets secondaires sur l'enfant à venir...), nous n'avons malheureusement pas beaucoup plus d'informations à vous communiquer depuis notre précédente réponse.

Vous trouverez quelques informations complémentaires dans le courrier que nous avons adressé le 9 septembre au Pr Dormont de l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS), auquel nous avions justement écrit :

" Actuellement, l'AZT est donc le seul traitement recommandé officiellement en France (pour la femme enceinte). Des essais sont en cours avec AZT + 3TC, et d'autres ont été évoqués avec AZT + névirapine.

Les inhibiteurs de protéase, en raison de leurs effets hépatiques sur le fœtus, ne font, a priori, pas l'objet de protocole chez la femme enceinte. Nous avons lu que le D4T aurait une bonne diffusion placentaire ; mais actuellement, il n'y a aucun protocole en France utilisant cette molécule dans le cadre de cette prévention (information communiquée par téléphone par le laboratoire Bristol-Myers Squibb).

Nous souhaiterions savoir si vous avez d'autres informations concernant les protocoles autres que celui de l'AZT en monothérapie, concernant la prévention de la transmission du HIV de la mère au fœtus, ainsi que les résultats préliminaires de ces protocoles. Nous souhaiterions aussi savoir si, à la suite de la publication de Greenberg B-L- et coll. (Abstract Tu-C. 2592, Congrès de Vancouver, 1996), des protocoles ont été envisagés avec un apport anténatal en certaines vitamines A.

Nous avons, à ce sujet, une autre série de questions à vous poser.

Le NIH aux États Unis, vient de faire onze recommandations concernant le traitement du HIV. La huitième mentionne que "les femmes doivent recevoir une thérapie anti-HIV optimale qu'elles soient enceintes ou non".

Actuellement, la thérapie anti-HIV optimale en matière de traitements officiels est représentée par les trithérapies utilisant un inhibiteur de protéase. Donc, soit la recommandation du NIH considère que les inhibiteurs de protéase ont une toxicité hépatique "tolérable" pour le fœtus en regard du risque possible de transmission du HIV au cours du 1er trimestre de la grossesse (dans 35% des cas de transmission) soit, ce qui est peu probable (en raison du risque d'accroissement de la multiplication virale chez la mère et d'induction de résistances), que, dans ce cas, l'inhibiteur de protéase soit arrêté temporairement pendant quelques mois. Avez-vous des précisions à ce sujet et qu'en pensez-vous ?

Un autre problème, sur lequel nous souhaiterions aussi avoir votre avis, est soulevé par cette recommandation du NIH. L'utilisation d'analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase tout au long de la grossesse pose le problème du risque mutagène de ces molécules qui pourrait survenir, a priori, surtout en début de grossesse.

Comme vous le savez, le test d'Ames utilisé pour la réalisation des dossiers d'AMM, peut être négatif alors que sur d'autres tests, notamment le SOS-Chromotest (qui est plus sensible que le test d'Ames), il peut être positif pour certaines molécules (c'est le cas notamment de l'AZT).

Le SOS Chromotest a été expérimenté depuis 1988 (Hoffnung et Quillardet, Institut Pasteur). Une publication avait montré que, avec ce test, l'AZT est fortement positif (même avec de faibles doses inférieures à 100 nanogrammes par ml), suivi de près par le ddI ; le D4T et surtout le ddc étant les moins positifs ; le 3TC n'avait pas été testé (Mamber S.W. et coll., Antimicrob. Agents and Chemotherapy, 34, 1237-1243, 1990).

Une interrogation des banques de données sur la période 1990-1997 sur les molécules anti-HIV testées par le SOS-Chromotest n'a permis de localiser qu'une seule publication (sur hydroxyurée) ! Cela est d'autant plus surprenant que ce test est peu onéreux (moins de 3 000FF) et de réalisation simple et rapide.

Certains seront tentés de dire qu'il est difficile d'extrapoler les résultats de ces tests de l'in vitro à l'in vivo. Mais, en l'absence de possibilité de réaliser un test de mutagénicité chez l'être humain pour des raisons d'éthique, ces tests (et pas seulement celui d'Ames) conservent leur utilité.

Dans le cas où toutes les molécules anti-HIV seraient positives sur le SOS-Chromotest, cela permettrait de retenir éventuellement, chez la femme enceinte, les molécules les moins positives parmi les plus efficaces.

L'accroissement du nombre de courriers électroniques que l'on nous a adressés sur le traitement préventif de la transmission du HIV de la mère à l'enfant correspond probablement à un accroissement du nombre de personnes séropositives souhaitant avoir un enfant ; ce qui s'expliquerait par les résultats actuellement très encourageant obtenus avec certaines trithérapies.

C'est la raison pour laquelle nous souhaiterions avoir une réponse détaillée à nos deux séries de questions.

Concernant la question de la mutagénicité des analogues des nucléosides, il s'agit d'un sujet qui nous avait déjà préoccupé. Elle avait déjà été évoquée à la suite de la publication des résultats du protocole ACTG 076 dans l'article "AZT et procréation" . Il semblerait que, l'AZT étant prescrit à la femme en fin de grossesse, ce risque soit en fait limité.

À l'époque, le Conseil National du Sida a cependant recommandé qu'un suivi des enfants nés de mère séropositive ayant reçu de l'AZT pendant leur grossesse, soit assuré, si possible au delà de l'adolescence.

Si des recommandations de traitements par trithérapie étaient conseillées pendant toute la durée de la grossesse, et en tenant compte du fait que le nombre de femmes séropositives souhaitant avoir un enfant continue de s'accroître, il serait impératif de s'assurer que les molécules utilisées ont un risque mutagène nul ou le plus limité possible."

Le Pr DORMONT ne nous ayant pas répondu, nous avons transmis le 5 octobre copie de ce courrier à Monsieur Serge LECOZ de l'association ACTIONS TRAITEMENTS (190, Bd de Charonne, 75020 Paris, Tel. : +33 (0)1 43 67 66 00) en lui demandant d'essayer d'avoir des réponses et des précisions sur ces questions. Vous pourriez donc peut-être essayer de contacter Monsieur Serge Lecoz. (1097)


Q-R 3

Q. Je vous écris car je risque de tomber en "impasse thérapeutique".

On a dû modifier ma trithérapie à plusieurs reprises en raison d'une efficacité insuffisante sur la charge virale, mais surtout parce que je ne supportais pas certains médicaments.

Actuellement, je suis donc obligé de prendre une trithérapie comportant de l'AZT.

Or, comme vous le savez, l'AZT peut présenter chez certaines personnes une toxicité hématologique et musculaire. Mon médecin en est conscient, mais il ne m'a rien proposé pour y résoudre. Il y a aussi le risque mutagène, et là, mon médecin me dit que c'est un risque théorique... Que pouvez-vous me conseiller ?

R. Concernant le risque potentiel de toxicité hématologique (qui peut porter sur les globules rouges, mais aussi sur les globules blancs et les plaquettes) et de toxicité musculaire (par atteinte du système de respiration cellulaire au niveau des mitochondries), on peut déjà conseiller la vitamine E (Toco 500®, un comprimé trois fois par jour) et le dipyrimadol (c'est une molécule utilisée en pathologie cardiovasculaire et qui a aussi une action anti-HIV in vitro) sous forme de Cléridium 150® ou de Persantine 75®. Par exemple, Cléridium 150® : un comprimé matin et soir (débuter d'abord par 1/2 comprimé matin et soir pendant une dizaine de jours, car il peut y avoir des effets secondaires en début de traitement, comme de l'hypotension). Les sels de lithium et la pentoxifylline pourraient avoir aussi leur utilité (pour plus de précisions, se reporter sur notre serveur Internet <http://www.positifs.org/> au paragraphe sur l'AZT en VI. B.1 dans "Aspects médicaux du Sida").

Concernant le risque mutagène de l'AZT, nous avons démontré que trois plantes réduisaient ce risque (études faites sur le SOS-Chromotest qui est plus spécifique que le test d'Ames). L'effet est le plus net avec le ginseng rouge. Certains conseillent de l'utiliser (une gélule matin et soir) en alternance tous les 3 jours avec le coptis (1 comprimé par jour, le deuxième jour) et le pollen classique (1 cuillère à soupe le matin, le troisième jour). (0298)



Haut de page
 

1ère version : mars 1998.

© Copyright association POSITIFS, France, 1998.
Page maintained by Christian.