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Hépatite C


Q-R 1

Q Pouvez-vous m'adresser par courrier de la documentation sur l'hépatite C ? Connaissez-vous une association s'occupant de l'hépatite C et de la défense des droits des personnes infectées par le virus de l'hépatite C ?

R Nous vous adressons tout d'abord le Supplément au N·25 de notre journal Sida Tout Va Bien (STVB) : "Informations sur le Sida & Préventions" dans lequel vous trouverez des informations sur l'hépatite C, notamment au paragraphe 6.E. (cet article est aussi édité sur notre serveur Internet).
Nous vous adressons aussi des copies d'articles de spécialistes de l'hôpital Beaujon sur l'hépatite C datant d'avril 1997.

Concernant l'hépatite C, vous pourriez contacter de notre part Madame Anne Hérault de l'association Pourquoi , qui s'occupe notamment de l'hépatite C : 110, avenue de la Libération, 33700 Mérignac (Tel. : +33 (0)5 56 97 53 73, Fax : +33 (0)5 56 97 55 02). (1097)


Q-R 2

Q Connaissez-vous l'emploi de Phyllanthus (Amarus et autres) pour l'hépatite signalée au colloque de Vancouver ? Il s'agit d'une plante africaine sur laquelle existe une littérature importante (cf. Medline). Cette plante serait-elle utilisable dans le cas d'hépatite C ? Notez que j'ai deux adresses africaines à partir desquelles on devrait pouvoir l'obtenir.

R Concernant Phyllanthus (Amarus et autres) pour l'hépatite C : nous ne les connaissons pas. N'hésitez-pas à nous adresser le maximum de documentation sur ce sujet soit par e-mail, soit par la poste (POSITIFS, BP 230, 75865 Paris cedex 18).

Nous préparons en effet un article sur un traitement de l'hépatite C : il s'agit du chardon-Marie. Le principe actif est la silymarine, utilisée notamment dans le traitement de l'intoxication aiguë à l'annamite phalloïde, et commercialisé sous le nom de Légalon®. Un des conseillers médicaux de POSITIFS, qui est chercheur, nous a proposé cette voie à la fin du 2ème trimestre 97 et nous avons appris qu'un protocole en double aveugle contre placebo (sur 2 ans, réservé à des hépatites peu actives et qui ne sont pas HIV+) est en cours à la Pitié-Salpêtrière avec une autre présentation qui aurait une meilleure bio-disponibilité que celle du Légalon® (et deux fois plus dosée).

Actuellement, certains médecins de ville envisagent de débuter un essai (non-officiel, mais il existe encore une incertitude sur la posologie : 6 ou 9 cp/jour ?) ; il serait en effet intéressant de réunir les résultats d'une telle étude compassionnelle.

Donc, il serait intéressant de voir si Phyllanthus contient de la silymarine ou une molécule proche. Et nous pourrions aussi parler de cette voie dans notre article. (1197)


Q-R 3

Q Mon médecin m'a prescrit un test de l'hépatite C : il est positif et il m'a dit que cela pourrait être grave. Pouvez-vous m'éclairer ?

R Sur une analyse de routine, il est très rare, pour une hépatite C, que l'on puisse dire que cette hépatite C est grave ou non. Sur ces analyses, on peut affirmer le diagnostic d'hépatite C (test elisa positif à confirmer, ce qui est souvent le cas, par un test Riba qui est réalisé sur une 2ème prise de sang). Sur ces analyses de routine, on peut aussi constater soit une normalité des enzymes hépatiques (SGPT, SGOT, gammaGT), soit une augmentation de ces enzymes (traduisant un certain degré de cytolyse hépatique, c'est à dire de destruction de certaines cellules du foie ; de la même manière que cela s'observe au cours d'une hépatite virale aiguë A ou B). Sur une analyse de routine, on peut enfin trouver des éléments en faveur d'une insuffisance hépato-cellulaire (diminution du TP ou Taux de Prothrombine), un syndrome inflammatoire (augmentation des gammaglobulines) avec diminution de l'albumine, une baisse des plaquettes (thrombopénie), etc. Mais dans la plupart des cas, sur ces seules analyses, on ne peut pas diagnostiquer un risque de complication de l'hépatite C (cirrhose ou cancer du foie). Par contre, on peut suspecter plus ou moins fortement le diagnostic de ces complications sur une échographie ou sur un scanner du foie, mais le diagnostic de certitude et de précision n'est souvent apporté que par la Ponction Biopsie Hépatique (PBH) ; c'est aussi cet examen qui permet de prévoir pour une personne ayant une hépatite C, s'il y a un risque qu'elle développe ultérieurement une cirrhose ou un cancer du foie. Il y a certes de rares cas où la gravité d'une hépatite C peut être évoquée avant de faire la PBH : c'est le cas, par exemple, quand il y a déjà une cirrhose et qu'elle a déjà évoluée vers des complications ; c'est le stade dit de cirrhose décompensée : il y a alors apparition de signes cliniques évidents, même avant d'avoir reçu les résultats d'examen de routine, comme ascite (ventre gonflé par des liquides), hémorragies, ictère (jaunisse), etc.

Concernant l'hépatite C, il faut savoir que, dans la plupart des cas, les personnes porteuses de ce virus n'ont aucun symptôme clinique. Cette hépatite concerne environ 1% de la population mondiale. En France, elle concerne plus de 80% des toxicomanes ou des anciens toxicomanes et entre 600 000 à 800 000 autres personnes qui, elles, ont été contaminées à l'occasion d'une transfusion (notamment à l'époque où l'on n'avait pas encore identifié ce virus -on l'appelait alors non-A-non-B ; et où l'on n'avait donc pas encore de test pour le dépister sur une analyse de sang). Le diagnostic d'hépatite C est donc posé en faisant une sérologie de l'hépatite C (test elisa, puis Riba).

Après une hépatite aiguë, 80% des patients guérissent spontanément et 20% font une infection chronique.

Concernant les enzymes hépatites, leur évolution est souvent caractéristique : c'est leur fluctuation dans le temps ; sur une prise de sang, ils pourront être élevés et sur une prise de sang faite ultérieurement, ils pourront être normaux ou subnormaux (donc, ils ne permettent pas de préjuger du risque ou non d'évolution). Cependant, dans certains cas, ils sont élevés en permanence ; alors le risque de faire un cancer serait plus élevé ; de même, il faut signaler que des études récentes tendent à montrer que la diminution de l'albumine et l'augmentation des phosphatases alcalines seraient des facteurs de risque de complication de la cirrhose (des complications surviennent dans 20 à 30% sur 5 ans en cas de cirrhose initialement asymptomatique).

Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que cette hépatite C se transmet surtout par le sang. Cependant, il apparaît qu'elle peut se transmettre aussi par relation sexuelle et à l'occasion de la grossesse et de l'allaitement. Donc, d'un point de vue de la prévention de la transmission par voie sexuelle, il importe, dans l'état actuel des connaissances, que les personnes porteuses de cette hépatite C utilisent des préservatifs (de nombreux spécialistes ont conseillé aussi, pour éviter une surcontamination par le virus de l'hépatite B, qui est un facteur aggravant de l'hépatite C, que les personnes ayant une hépatite C se fassent vacciner contre l'hépatite B ; mais récemment, de plus en plus de médecins se sont posés la question des risques potentiels de cette vaccination ; concernant l'hépatite C, il n'existe pas encore de vaccin).

Les personnes ayant une hépatite C chronique ont un risque de développer ultérieurement (quelques années plus tard et plus précisément entre 10 à 30 ans plus tard) une cirrhose du foie (dans 20 % des cas) -voire un cancer du foie (dans 3 à 5 % des cas chaque année ; ce qui correspond à 30 à 50 % sur 10 ans). La consommation d'alcool jouant un rôle déterminant (l'incidence étant alors de 60 à 80 % sur 10 ans).

Or, on peut le prédire à l'avance en faisant notamment une PBH, qui est un examen sans danger : c'est une sorte de piqûre dans le foie qui permet d'analyser très précisément cet organe. Cet examen nous indique s'il y a une hépatite chronique simple (nécessitant une simple surveillance) ou une hépatite chronique active qui risque donc d'évoluer vers la cirrhose ou un cancer du foie dans plusieurs années -voire dans des dizaines d'années. Cet examen sera réalisé au mieux dans certains services hospitaliers de pointe en la matière.

En cas de risque évolutif (hépatite chronique active), on a recours à un traitement par interféron alpha pendant dix à douze mois (il coûte, certes, très cher, mais il est pris en charge complètement par la Sécurité sociale). La réponse au traitement est appréciée sur la normalisation des transaminases et sur la négativation de la virémie (PCR). Ce traitement permet dans plus de 65% des cas d'arrêter la progression de l'infection (en cas de cirrhose déjà installée, il est peu efficace). Ce résultat est encore modeste, mais c'est déjà un résultat appréciable (ceux chez qui cela a marché vous le diraient ; et certains ont pu continuer leur activité professionnelle sans problème durant ce traitement), et ce traitement a déjà une efficacité plus élevée que celles des traitements utilisés pour d'autres infections virales (comme par exemple encore le Sida, malgré les trithérapies). Par ailleurs, il faut savoir que des études sont en cours avec d'autres médicaments qui seraient plus efficaces et mieux tolérés (l'interféron pose, en effet, parfois des problèmes de tolérance, surtout au cours du premier mois de traitement ; mais parfois on est obligé d'arrêter ce traitement en raison de ces problèmes de tolérance).

Ce qu'il faut savoir enfin c'est que certains médecins ont tendance à qualifier d'alarmants les résultats des patients. Peut-être d'ailleurs à juste raison. En effet, l'expérience nous montre combien certains patients porteurs d'une hépatite C ont tendance à négliger le bilan de leur affection, par exemple en ne faisant pas leur PBH. En effet, certains se disent qu'ils vont bien (aucun symptôme clinique), que si il y a un risque, cela serait dans plusieurs années ; alors pourquoi passeraient-ils une journée à l'hôpital pour faire cet examen qui, dans 20 à 30% des cas, les conduira à un traitement ? C'est "une politique de l'autruche" qui s'oppose à un suivi et à un éventuel traitement correct. Alors, certains médecins essayent de convaincre "en faisant peur". Personnellement, nous pensons que la meilleure méthode consiste à donner des explications précises ; ce qui n'est pas toujours facile pour un médecin au cours d'une consultation, car il n'en a pas toujours le temps (et parfois, malgré ces explications, il est difficile de convaincre certains patients, notamment pour peu qu'ils s'entêtent dans un raisonnement erroné). (97)


Q-R 4

Q Pouvez-vous me renseigner sur l'hépatite C : comment est-on contaminé par ce virus ? On m'a dit que le risque de transmission sexuelle était peu fréquent comparativement à la transmission par le sang ; or, certaines pratiques sexuelles peuvent faire qu'il y a parfois contact avec du sang (cunnilingus, fellation). Qu'en pensez-vous ?

Pouvez-vous me dire : comment peut-on savoir que l'on a été contaminé par le virus de l'hépatite C ?

R L'hépatite C se transmet surtout par le sang. Cependant, il apparaît qu'elle puisse se transmettre aussi par relation sexuelle et à l'occasion de la grossesse et de l'allaitement. Donc, à notre avis, d'un point de vue de la prévention de la transmission par voie sexuelle, il importe, dans l'état actuel des connaissances, que les personnes porteuses de cette hépatite C utilisent des préservatifs.

Concernant les rapports buccaux génitaux, et ce d'autant plus que le pouvoir infectieux du virus de l'hépatite C est plus élevé que celui du Sida (notamment en ce qui concerne sa transmission par voie sanguine), il importe de suivre les mêmes recommandations conseillées vis à vis du virus du Sida.

À ceci, il faut rappeler les risques de transmission par voie sanguine lors de rapports par cunnilingus ou par fellation.

Lors de pratique sexuelle mettant la bouche au contact avec les parties génitales féminines (cunnilingus), il y a un risque de transmission en cas de lésion pouvant saigner au niveau de la langue (ce qui, spontanément, est peu fréquent), ou si, au cours de cette pratique sexuelle, apparaît un saignement au niveau d'une lésion : ce peut être en effet le cas, en raison d'un effort inhabituel de la langue, au niveau du frein de la langue.

Concernant la fellation dans le cadre de rapports hétérosexuels ou homosexuels, le risque de transmission du VHC est possible en cas de lésion pouvant saigner comme par exemple une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple bossage des dents. Mais, il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu (le rinçage rapide de la bouche effectué juste après une éjaculation n'est pas suffisant pour éviter le risque de transmission : en effet, s'il y a une lésion pouvant saigner, le virus peut pénétrer instantanément dans cette brèche).

Le diagnostic d'hépatite C repose sur la pratique d'un test elisa. En cas de résultat positif, il est nécessaire de confirmer ce résultat sérologique par un test Riba qui est réalisé sur une 2ème prise de sang.

La période d'incubation de l'hépatite C varie de 5 à 12 semaines. Le délai moyen d'apparition des anticorps anti-VHC (qui se traduit par la positivité des tests) est de 10 semaines (entre 4 et 17 semaines). Certains conseillent de refaire un deuxième test trois mois plus tard.

Concernant l'hépatite C, il faut savoir que, dans la plupart des cas, les personnes porteuses de ce virus n'ont aucun symptôme clinique. Cette hépatite en France concerne plus de 80% des toxicomanes ou des anciens toxicomanes, et entre 600 000 à 800 000 autres personnes qui, elles, ont été contaminées à l'occasion d'une transfusion (notamment à l'époque où l'on n'avait pas encore identifié ce virus -on l'appelait alors non-A-non-B ; et où l'on n'avait donc pas encore de test pour le dépister sur une analyse de sang).

Si vous aviez d'autres questions, n'hésitez-pas à nous écrire à nouveaux.

Je vous signale que vous pourrez trouver d'autres informations sur l'hépatite C sur notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>). (1297)


Q-R 5

Q Pourriez-vous me commenter les résultats de mes analyses de sang ? Que pensez-vous de l'état de mon foie ?

R Concernant vos analyses, voici donc ce que je peux vous en dire.

L'examen du 17/11/97 est un test elisa indiquant une positivité vis-à-vis du virus de l'hépatite C. Donc, vous êtes probablement porteur du VHC ; mais il faudrait le confirmer, comme cela se fait habituellement, par un test Riba (technique plus précise que l'elisa). Si l'infection à VHC est confirmée sur le test Riba (ce qui est probable), il faudra faire une ponction biopsie hépatique (PBH) pour savoir s'il s'agit d'une forme chronique, qui risque d'être agressive ou non.

Sur l'autre feuille, sont résumés des examens faits en mars, mai, juin et octobre 1997.
Ces résultats sont plutôt bons : les plaquettes sont un peu diminuées ; cela peut s'expliquer par le VHC.

Je ne peux pas vous en dire plus sur l'état de vos fonctions hépatiques car je n'ai pas de résultats concernant, notamment, les enzymes hépatiques (SGPT, SGOT), le taux de prothrombine (TP), etc. Il faudrait avoir aussi le résultat d'une échographie du foie, ainsi que d'une PBH (cf. plus haut). (0198)


Q-R 6

Q Est-il possible que le traitement par interféron (pour soigner une hépatite C) modifie les résultats d'une Intradermo-réaction (IDR).

R À notre connaissance, l'interféron, utilisé dans le traitement de l'hépatite C, ne peut pas modifier les résultats d'une intradermo-réaction.

La modification de la réponse à l'IDR, à la tuberculine, existe parfois chez les personnes infectées par le virus du Sida. On utilise d'ailleurs parfois ce test (capacité de réagir à l'introduction de l'antigène tuberculine) chez les personnes séropositives pour explorer l'immunité à médiation cellulaire ; l'anergie témoigne de l'altération des défenses immunitaires correspondant à ce type d'immunité (on utilise aussi d'autres antigènes, comme la candidine).
Dans la population générale, des négativations sont aussi possibles dans les semaines qui suivent une infection virale banale ou après une vaccination par vaccin à virus vivant ; mais elles sont temporaires.

Pour plus de précisions, vous pourriez contacter de notre part Madame Anne Hérault de l'association Pourquoi , qui s'occupe notamment de l'hépatite C : 110, avenue de la Libération, 33700 Mérignac (tél. : 55 56 97 53 73, Fax : 05 56 97 55 02).
Vous pourriez aussi contacter des services hospitaliers spécialisés en hépatologie (liste et coordonnées en
G.1.a. sur notre serveur Internet <http://www.positifs.org/>). (0398)


Q-R 7

Q Co-infectée par le VIH et le VHC, je reçois une trithérapie associant 3TC, ddI et Sustiva.
Depuis 3 jours, j'ai dû arrêter le traitement de mon hépatite C, que je recevais depuis 5 mois (interféron et ribavirine), en raison d'une forte allergie et d'une dégradation très importante de mon état général.
Et ma charge virale VIH est passée à 58 000 copies/ml et mes T4 à 195/mm
3 ; ce qui ne s'était jamais produit jusqu'à présent !

Cela peut-il s'expliquer en raison de la réaction que j'ai faite au traitement par interféron et ribavirine ?

R Dans le cas des co-infections par le VIH et le VHC, l'infection virale C n'a pas d'influence sur l'infection à VIH. Cependant, il semblerait que dans certains cas, cela ne soit pas le cas ; une aggravation de l'infection à VIH serait possible chez les hémophiles infectés par certains types de virus VHC (le génotype 1).
À l'inverse, l'infection à VIH peut avoir des retentissements sur l'infection à VHC (difficulté du diagnostic sérologique du VHC, augmentation de la réplication du VHC).
Chez les personnes co-infectées recevant de la ribavirine et de l'AZT et du D4T, on conseille de surveiller étroitement la charge virale en VIH et la numération des lymphocytes CD4. Des études sont en cours pour déterminer si une telle surveillance doit être réalisée avec les autres antirétroviraux dirigés contre le VIH.
On recommande aussi une surveillance rapprochée des transaminases chez les patients recevant une multithérapie. En cas d'augmentation importante des transaminases sous inhibiteur de protéase, on proposera un changement d'antiprotéase ou une prescription d'inhibiteur non nucléosidique de la reverse transcriptase (la réponse à cette question a été réalisée d'après les communications de médecins de l'Hôpital Beaujon dans le cadre de "Actualités sur le traitement des hépatites virales, 5ème Journée", 23 octobre 1999).

Pour répondre précisément à votre question, nous n'avons pas d'argument qui permettrait d'établir une relation de cause à effet entre la réaction à votre traitement de l'HCV (interféron + ribavirine) et la modification de votre bilan immunologique vis-à-vis du VIH. (0100)


Q-R 8

Q Pourriez-vous me donner des informations sur d'autres voies de traitements de l'hépatite C autres que l'interféron et la ribavirine. Notamment le desmodium et le chardon Marie.

R Concernant le desmodium et le chardon Marie, il s'agit de deux traitements complémentaires qui semblent utiles dans le traitement des affections hépatiques où il existe une cytolyse (qui se traduit par une augmentation des enzymes hépatiques) ; ce qui est le cas de l'hépatite C.

Concernant le chardon Marie, une étude serait encore en cours dans un hôpital parisien dans le cadre de stades précoces de l'hépatite C (elle a débuté fin 99 et devait se dérouler sur au moins deux ans). Les doses utilisées sont équivalentes à 9 comprimés de Légalon (comprimé dosé à 70 mg de silymarine qui est le composé actif de ce vieux médicament contenant du chardon Marie, utilisé, à raison de deux comprimés trois fois par jour, dans le traitement symptomatique des maladies hépatiques ; remboursé partiellement par la Sécurité sociale). Pour information, le Légalon est un traitement efficace de l'intoxication par certains champignons vénéneux (comme celle occasionnée par l'amanite Phalloïde) et il est utilisé, dans ce cas à une dose équivalente à 30 comprimés par jour (30 mg/kg/jour). Ce traitement, qui est en général très bien supporté, nous semble particulièrement intéressant. Il pourrait être aussi intéressant en association avec les traitements classiquement utilisés (interféron alpha et/ou ribavirine) mais, à notre connaissance, il n'y a pas eu encore de protocole d'étude de cette association.

Un autre traitement pourrait être intéressant. C'est l'amantadine. Il s'agit d'un antiviral qui avait été étudié il y a de nombreuses années, dans le traitement de la grippe (commercialisé en France sous la dénomination de Mantadix, comprimés à 100 mg, remboursé partiellement par la Sécurité sociale). Il y a quelques années, des études avaient montré qu'in vitro, l'amantadine avait une action inhibitrice au niveau de la gp 110 du VIH ; cette étude avait été réalisée sur des cellules du systèmes nerveux central (ces résultats laissent entrevoir une possibilité de traitements de la Démence complexe du Sida qui est une atteinte neurologique contre laquelle on ne dispose encore d'aucun traitement ; mais il serait nécessaire que des études in vivo, chez l'être humain, soient réalisées).
Concernant l'hépatite C, une publication (Smith JP. et coll., Dig Dis Sci, 1997, 42, 8, 1681-7) a fait état de résultats encourageant : chez 22 patients, atteints d'hépatite C chronique, n'ayant pas répondu favorablement à un traitement par interféron alpha-2b, l'amantadine (100 mg deux fois par jour pendant en moyenne 32 mois) a permis d'obtenir une diminution des enzymes hépatiques chez 64% des patients, et, chez 27%, une normalisation de ces enzymes avec diminution de l'ARN de l'hépatite C, mesuré par PCR. Aucun effet secondaire n'a été observé.
Des études dans le cadre de l'hépatite C sont en cours avec un produit similaire, la rimantadine.

D'autres traitements ont été proposés. Une étude a montré que la lactoférrine bovine pouvait se fixer sur le virus de l'hépatite C et éviter l'infection de cultures de cellules hépatiques humaines (Ikeda M. et coll. Biochem Biophys Res Commun 1998, 17, 245, 2, 549-553). Des résultats similaires ont été obtenus avec de la lactoférrine issue du lait de femme.
Il semblerait que cet effet existe vis-à-vis d'autres virus. Nous ne savons pas si des études ont été réalisées chez l'être humain. Certains ont proposé des doses de 1 000 à 1 500 mg par jour, voire plus. Aucun effet secondaire ne serait noté. Donc, ce traitement permettrait de limiter l'extension de l'infection.

Un autre traitement a été proposé : il s'agit du Facteur de Transfert ABC (commercialisé aux USA par Chisolm Biological Labs). Ce traitement est proposé pour les hépatites A, B ou C. Quelques personnes auraient obtenu des baisses de leur charge virale en virus de l'hépatite C : de 40% en deux semaines chez deux personnes (Dr G. Langham-McNally) et de 80 et 90% chez deux autres personnes en trois mois ; avec une même posologie (une capsule/jour). Rappelons que certains ont déjà proposé d'utiliser d'autres Facteurs de Transfert dans le cadre de l'infection à VIH. Mais, contrairement aux résultats préliminaires dans le cadre de l'infection à VHC, on n'a pas noté d'effet vraiment net sur la charge virale en VIH.

Enfin citons l'hyperthermie. C'est un traitement qui a été proposé, il y a plusieurs années, dans le cadre de l'infection à VIH (cf. notamment dans les résumés des abstracts de la conférence de Vancouver sur notre serveur Internet). Concernant le VIH, des études sont en cours actuellement aux USA. Concernant le VHC, le cas d'un patient co-infecté par le VIH et par le VHC, non répondeur à l'interféron alpha, a été exposé à la récente conférence de Durban (Blick G. et coll, abstract N° TuPeB3191, 2000) : après une seule séance d'hyperthermie (cathéter fémoral avec hyperthermie à 42°C pendant 45 minutes), la virémie en VHC a diminué de plus de 2 log. (1200)



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1ère version : mars 1998.

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mise à jour en décembre 2000.