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Fellation


Q-R 1

Q A-t-on aujourd'hui une preuve RÉELLE qu'une fellation (sans éjaculation dans la bouche) peut être vecteur du HIV ?

De même pour un simple cunnilinctus ?

Ou essaie-t-on de "nous" faire peur (prévention) au cas où, un jour, cette possibilité d'infection serait confirmée ?

R La fellation peut être un mode de transmission du HIV en cas de lésion buccale pouvant saigner (cela peut être le cas avec des ulcération, des aphtes, ou chez des personnes ayant les gencives fragiles, notamment lors d'un brossage des dents trop énergique). En l'absence de lésions de la bouche pouvant saigner, la fellation n'est pas un mode de transmission du HIV. Lors de pratiques sexuelles qui mettent la bouche en contact avec les parties génitales de la femme (cunnilinctus), il y a un risque de transmission au cas où des lésions saigneraient au niveau de la langue (ce qui, spontanément, est peu fréquent), ou si, au cours de cette pratique sexuelle, apparaît un saignement au niveau de la langue : ce peut être le cas au niveau du frein de la langue, lors d'un effort inhabituel de celle-ci. (0897)


Q-R 2

Q J'angoisse comme un fou parce que j'ai eu une aventure d'un soir avec une collègue de bureau. Il n'y a pas eu pénétration, mais nous avons eu des attouchements sexuels (pénis contre sexe) tout en gardant nos slips, ce qui évidemment n'est pas une protection aussi efficace que le préservatif. Et nous avons fait une fellation dans les deux sens (homme -> femme et femme -> homme).

Rentré à la maison, mis à part le fait d'avoir vécu un mauvais rêve (sexe nul à la va-vite), je me pose la question de savoir ce que je dois annoncer à ma compagne.

Pour l'instant, je n'ai rien dit et j'ai continué d'avoir des relations sexuelles régulières avec ma compagne.

Est-ce que je prends un risque insensé en continuant ainsi ?

Il faut ajouter que si je lui annonce mon aventure, il est fort probable qu'elle ne l'admettra pas.

Je serai extrêmement soulagé d'entendre un avis d'expert.

R Votre première question pose le problème de l'estimation du risque d'une transmission du virus HIV (ou d'autres germes) dans les situations où il n'y a pas intromission du sexe de l'homme dans le sexe de la femme, mais durant lesquelles il y a des caresses sexuelles au travers des sous-vêtements (contacts notamment des deux sexes au travers des sous-vêtements).

Il pourrait y avoir un risque de transmission du virus HIV (ou d'autres germes) si des sécrétions vaginales infectées sont mises en contact, par exemple par l'intermédiaire de la main, avec une lésion du pénis qui saignerait. Inversement, il pourrait y avoir un risque de transmission du HIV (ou d'autres germes) si du sperme ou du liquide spermatique est déposé, par exemple, par la main de l'homme sur la muqueuse génitale de la femme.

Pour ce qui concerne la transsudation des sécrétions sexuelles à travers les sous-vêtements, elle est effectivement possible. Mais personne ne peut dire si elle est suffisante pour provoquer une infection par le HIV (pour des maladies sexuellement transmissibles très contagieuses, comme les papillomavirus, cela est probable).

Il faut aussi ne pas oublier que, même au cours d'une pénétration de très courte durée, il y a toujours un risque de transmission du virus du Sida en raison de la présence de liquide séminal, qui se trouve à l'extrémité de l'urètre. D'autre part, il faut savoir que, lors d'une pénétration de très courte durée, même au début de l'érection, ce liquide séminal peut se trouver déjà au niveau du méat, à l'extrémité de la verge. Enfin, une éjaculation précoce peut toujours se produire, l'état d'excitation ne se contrôlant pas toujours aisément.

Concernant la fellation : ce peut être un mode de transmission du virus HIV en cas de lésion buccale pouvant saigner (cela peut être le cas d'ulcération, d'aphte ou chez certaines personnes ayant des gencives fragiles, notamment après un brossage trop énergique des dents). En l'absence de lésion de la bouche pouvant saigner, la fellation n'est pas un mode de transmission du HIV. Lors de pratique sexuelle mettant la bouche au contact des parties génitales féminines (cunnilingus), il y a un risque de transmission en cas de lésion au niveau de la langue, pouvant saigner (ce qui, spontanément, est peu fréquent), ou si, au cours de cette pratique sexuelle, apparaît un saignement au niveau d'une lésion : ce peut être en effet le cas, lors d'un effort inhabituel de la langue, au niveau du frein de la langue.

Pour ce qui concerne une personne qui aurait des rapports sexuels avec des personnes autres que son (ou sa) partenaire habituel(le), il convient d'éviter tout risque de transmission, et donc d'utiliser des préservatifs. Certains n'oseront pas en parler avec leur partenaire habituel. C'est effectivement délicat. Et il n'est pas simple de vous répondre sur ce sujet. On peut certes dire à son (ou sa) partenaire habituel que l'on est obligé de porter temporairement un préservatif sur le conseil de son médecin car on a "des problèmes urinaires infectieux" (sous-entendu, il ne s'agit pas d'un problème sexuel). Mais il n'est pas simple de mentir à une personne que l'on connaît depuis longtemps et avec laquelle on vit ; et puis, ce genre de mensonge ne peut être utilisé que temporairement. D'autre part, on ne peut avoir de rapports sexuels à risque de transmission d'infections avec plusieurs partenaires en oubliant que de telles pratiques peuvent mettre la vie de ces personnes en danger, et ce d'autant plus si ces personnes vous sont chères. (1197)


Q-R 3

Q J'ai lu dans divers sites que la muqueuse de la bouche était perméable, indépendamment bien entendu de la présence de lésions.

Est-ce à dire que le HIV peut pénétrer une muqueuse sans lésion ?

Et si oui peut-il parvenir jusqu'à un vaisseau sanguin en l'absence de lésion ?

Vous avez dit par ailleurs que le HIV était fragile à l'air libre ; un mec qui a joui le soir par exemple, s'il ne se lave pas, a souvent le matin des traces blanches à la base du gland. Ces traces sont-elles contaminantes plusieurs heures après leur "naissance", en cas de fellation par exemple ?

R Pour ce qui concerne la fellation, le risque de transmission du HIV est possible en cas de lésion pouvant saigner comme, par exemple, une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple brossage des dents. Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu. À notre connaissance, le HIV ne peut pas pénétrer une muqueuse sans lésion.

Quand on parle de perméabilité des muqueuses, comme d'ailleurs aussi de la peau, c'est qu'effectivement ces surfaces ne sont pas continues, et qu'il existe des échanges de part et d'autre. Ainsi, sachez que la majorité de la surface de la peau n'est pas constituée de peau, mais de "vides" qui correspondent à des pores, qui sont le lieu d'échanges importants avec l'extérieur du corps.

Pour ce qui concerne la fragilité du virus HIV à l'air libre : cette notion repose sur le fait qu'il est beaucoup plus fragile que d'autres virus, tels ceux de l'hépatite B ou C (c'est la raison pour laquelle il est beaucoup plus improbable de s'infecter par le HIV, si on se pique le pied avec une seringue abandonnée sur une plage, que par ces deux autres virus).

Jusqu'à présent, on a évalué le pouvoir infectant du HIV en mesurant l'activité de l'enzyme reverse transcriptase : il a été démontré qu'une solution contenant du HIV à une concentration 100 000 fois plus élevée que celle trouvée dans le sang de personnes infectées, et qui a été chauffé à 56° C durant 30 minutes, a un pouvoir infectant détectable pendant trois heures.

Pour ce qui concerne, alors, le risque de contamination à partir d'un dépôt séché de sperme, qui contient du HIV, émis depuis plusieurs heures : son pouvoir infectant est probablement amoindri ; mais seules des mesures biologiques, telles celles citées ci-dessus, pourraient nous dire dans quelle proportion (nous n'avons pas trouvé de publication concernant de telles études) ; et pour le risque d'une contamination lors d'une fellation réalisée dans cette situation, ce risque sera à envisager s'il existe, au niveau de la cavité buccale, une lésion (même invisible à l'œil nu) pouvant saigner. (1197)


Q-R 4

Q Le rinçage de la bouche après une fellation est-il suffisant pour se protéger d'un risque de transmission du HIV ?

R Concernant la fellation, le risque de transmission du HIV est possible en cas de lésion pouvant saigner, comme par exemple une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple bossage des dents. Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu.

Donc, le rinçage rapide de la bouche effectué juste après une éjaculation n'est pas suffisant pour éviter le risque de transmission : en effet, s'il y a une lésion pouvant saigner, le virus peut pénétrer instantanément dans cette brèche. (1197)


Q-R 5

Q S'il existe un risque de contamination lors d'une fellation sans éjaculation, alors cela veut dire que la peau (du sexe en l'occurrence) transmet le virus... En effet, sans éjaculation, comment le virus se propage-t-il ?

D'autre part, existe-t-il un site regroupant les endroits où l'on peut faire un test anonyme en France ?

R Concernant la fellation, le risque de transmission du HIV est possible en cas de lésion pouvant saigner comme par exemple une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple bossage des dents, Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu.

À cette occasion, il peut y avoir un risque de contamination à partir d'un sexe d'homme sans qu'il y ait d'éjaculation. Cela est possible parce qu'il y a toujours des "micro-éjaculations internes".

Il ne faut pas oublier que même au cours d'une pénétration de très courte durée, il y a toujours un risque de transmission du virus du Sida en raison de la présence de liquide séminal qui se trouve à l'extrémité de l'urètre. D'autre part, il faut savoir que lors d'une pénétration de très courte durée, même au début de l'érection, ce liquide séminal peut déjà se trouver au niveau du méat, à l'extrémité de la verge. Enfin, une éjaculation précoce peut toujours se produire ; l'état d'excitation ne se contrôlant pas toujours aisément.

Par contre, la peau ne permet pas de transmettre le virus.

Concernant les sites indiquant les endroits où l'on peut faire un test anonyme du Sida en France : vous devriez contacter celui du Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida (CRIPS) : <http://www.lecrips.net>. (0198)


Q-R 6

Q J'ai 17 ans, je suis homosexuel, et j'ai eu une relation sexuelle avec un homme. Celui-ci m'a éjaculé dans la bouche ; je me demande, comme j'ai avalé le sperme, si j'ai des risques d'attraper une MST.

Je n'ai pas de lésion buccale. Je compte tout de même faire le test P24.

R Effectivement, le risque d'être contaminé par le virus du Sida à l'occasion d'une éjaculation au cours d'une fellation est possible à condition qu'il y ait une lésion pouvant saigner au niveau de la bouche (il peu s'agir d'un saignement non visible à l'œil nu) ; ce qui peut être le cas, par exemple, en cas de gingivite, et notamment s'il y a eu un brossage des dents un peu trop agressif, juste avant le rapport sexuel.

Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur ce sujet, nous vous recommandons de consulter notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/), notamment aux rubriques suivantes : en C3, (Informations sur le Sida et Prévention) et en F. (Aspects médicaux du Sida). Vous pouvez aussi aller voir sur le site "Info-Sida Suisse" avec lequel nous collaborons étroitement dans le cadre de leur rubrique FAQ (<http://village.cyberbrain.com/mirax/sidafaq.htm>).

En cas de doute, il convient de faire un test de dépistage du Sida (dosage des anticorps) deux à trois mois après le rapport. On conseille aussi, de plus en plus, de faire un dosage de l'antigène P24 dans les semaines qui suivent le rapport ; certains conseillent aussi de faire une mesure de la charge virale. Il s'agit, certes, d'un examen qui coûte beaucoup plus cher, mais il semblerait qu'un traitement prescrit à proximité de la date de contamination par le virus HIV, et délivré uniquement sur quelques mois, permettrait de ralentir énormément le risque d'évolution de cette infection (5ème Conférence sur le Rétrovirus et les infections opportunistes, Chicago, février 1998) ; et donc, il importe maintenant de dépister le plus précocement une contamination par le HIV et d'utiliser tous les moyens disponibles.

Concernant le risque majeur d'être contaminé par d'autres Maladies Sexuellement Transmissibles (MST) à l'occasion d'une éjaculation au cours d'une fellation, il n'est pas aisé de vous donner une réponse univoque. En fait, peu d'études ont été réalisées sur ce risque de transmission, en dehors du virus du Sida (il a fallu qu'une maladie aussi grave que le Sida apparaisse pour que la médecine aborde le sujet tabou que constitue la fellation).

Ce que l'on sait, par exemple, c'est que l'infection à chlamydia peut se localiser au niveau du pharynx, que des germes pyogènes (comme le streptocoque ou le staphylocoque), connus pour donner des infections de la bouche, peuvent aussi entraîner des infections génitales et que certains germes peuvent se transmettre par contact buccal (c'est le cas du virus d'Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse). (0298)


Q-R 7

Q Juste une question : j'ai eu une relation homosexuelle avec un homme, et après coup j'ai quelques remords...

Nous avons utilisé des préservatifs pour la sodomie ; est-ce vraiment fiable ? J'entends, à la base du pénis, le préservatif laisse une petite place ; n'y a-t-il pas un risque en cas de sodomie "profonde" de transmission juste au niveau de l'anus ?

Nous avons fait une rapide fellation (3mn) sans éjaculation, mais sans capotes... est-ce risqué ?

Nous nous sommes masturbés, et j'ai continué à le caresser, disons pendant 5mn après son éjaculation... J'avais de son sperme sur les mains, y a-t-il un risque ? Je n'avais aucune lésion apparente sur les mains...

Enfin, le contact main-sexe est-il risqué ? Ai-je risqué quelque chose lorsqu'il m'a masturbé (j'ai éjaculé dans sa main) ?

J'ai déjà lu les réponses fréquentes, mais j'ai besoin d'une "confirmation" pour mon cas précis, car je me sens assez mal à l'aise...

R S'il est utilisé convenablement, le préservatif permet d'assurer une bonne prévention de la transmission du HIV au cours de tout rapport sexuel. Si la taille de préservatif utilisé est convenable (adaptée à celle du pénis en érection), il n'y a pas de possibilité de reflux de sperme au niveau de l'extrémité supérieure du préservatif (au niveau de la base du pénis).

Concernant la fellation sans éjaculation, il y a toujours un risque s'il existe des microlésions au niveau des gencives (le saignement peut ne pas être visible à l'œil nu). D'autre part, même en l'absence d'éjaculation, du virus peut se trouver au niveau du méat, à l'extrémité du pénis.

Concernant le contact de la main avec du sperme ou avec le sexe, il n'y a pas de risque s'il n'y a pas de lésion cutanée. (0298)


Q-R 8

Q Il ne semble pas qu'il y ait unanimité sur un point que vous avez abordé antérieurement : "Il peut aussi y avoir un risque de contamination à partir d'un sexe d'homme, sans qu'il y ait d'éjaculation. C'est possible parce qu'il y a toujours des "micro-éjaculations internes" avant "l'éjaculation finale". Par contre, on peut lire sur le serveur HIVNET dans la rubrique de DIALOGAI à propos du safer-sex : "La fellation (pipe, sucer une queue) est sans danger en l'absence de sperme. La gouttelette de plaisir (pre-cum) n'est pas considérée comme dangereuse."
Il est certain qu'il ne faut pas minimiser les risques, mais ces deux réponses sont en contradiction et cela ne nous aide pas face à nos angoisses.

Qui dois-je croire durant ce terrible débat ?

R Il serait extrêmement dangereux de dire (ou de laisser entendre) que le risque de contracter l'infection à VIH n'existe pas à l'occasion d'une fellation, même sans éjaculation. Et cela serait d'autant plus grave de diffuser ce message par l'intermédiaire du réseau Internet où des milliers de personnes risqueraient d'être ainsi mises en péril.

Le risque de contracter l'infection à VIH à l'occasion d'une fellation est minime, mais il existe.
Une enquête a été réalisée en France en 1994 par l'Association des Médecins Gais (AMG) auprès d'une centaine de médecins : 32 cas de contaminations par le VIH au cours de fellations, réalisées sans éjaculation, ont été recensés.

Ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que la médecine n'est pas une science absolue. La médecine tend vers la science. Pour démontrer quoique ce soit, il est nécessaire d'avoir recours à des études rigoureuses et au traitement statistique des résultats des ces études.
En raison de la nature même du sujet, il est impossible d'avoir recours à ce type d'études.
Dans ce genre de situation, des enquêtes, comme celle de l'AMG, faites sur un nombre suffisant de personnes, même si elles n'ont pas la même valeur qu'une étude rigoureuse
*, sont suffisantes pour en tirer des conclusions préliminaires.


* Dans ce domaine, une étude rigoureuse consisterait à étudier le devenir de deux groupes de personnes séronégatives qui pratiqueraient une fellation avec des personnes de deux autres groupes dont la moitié serait séropositives ! (0398)

Q-R 9

Q Est-ce que pendant une fellation sans préservatif, il y a un risque (pour la femme et pour l'homme) ?

R Au cours d'une fellation, le risque de transmission du VIH est possible en cas de lésion pouvant saigner comme, par exemple, une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple brossage des dents. Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu. (0398)


Q-R 10

Q Je vous remercie infiniment pour l'aide que vous apportez à l'humanité en faisant face au fléau mondial qui frappe l'humanité.
La question qui me tracasse toujours est la suivante:
Est-ce que le virus peut m'être transmis lorsque ma partenaire me suce mon organe génital sachant qu'elle est séropositive.

Merci infiniment pour votre réponse.

R Le risque de transmission du virus VIH à l'homme à l'occasion d'une fellation réalisée par une femme séropositive peut survenir si la femme présente, au niveau de la bouche, une lésion qui saigne (même invisible à l'œil nu) ; ceci peut survenir, par exemple, en cas d'ulcération, d'aphte, ou de gingivite (survenant spontanément chez certaines personnes, ou à la suite d'un brossage des dents trop énergique). Ce risque peut être majoré s'il existe aussi, au niveau du pénis, une lésion qui saigne.

Pour plus de précisions sur ce sujet, nous vous conseillons de consulter les autres questions/réponses de cette rubrique.

Nous vous remercions pour les félicitations que vous nous avez adressées pour notre travail. Avec plus de 300 000 connexions sur notre serveur, depuis juin 96, et toujours autant de questions reçues par e-mail, nous constatons que nous réalisons effectivement un travail important pour de nombreux habitants de la planète.
Ce n'est pas toujours simple pour nous, car nous sommes tous bénévoles à l'association POSITIFS, et nous ne recevons aucune subvention. Nous ferons cependant notre maximum pour continuer. (0299)


Q-R 11

Q Il est clair que lors d'un rapport sexuel, il faut mettre un préservatif.

Mais ne suffirait-il pas d'embrasser sa partenaire (bouche, langue) pour que la maladie se transmette, en admettant que, sans que je le sache, elle ait eu un rapport buccal avec un autre partenaire très peu de temps avant (reste de sperme dans la bouche par exemple) ?

R En ce qui concerne la fellation, le risque de transmission du HIV est rare. Il est cependant possible en cas de lésion pouvant saigner comme, par exemple, une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple bossage des dents effectué quelques instants avant la fellation. Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu.

Ce risque de transmission est encore plus rare dans le cas de ce que nous pourrions appeler "une fellation indirecte", correspondant au cas de figure que vous évoquez : à savoir une femme qui embrasserait un homme après avoir pratiqué, quelques minutes auparavant, une fellation avec un autre homme.
Enfin, si le baiser a lieu après qu'un certain temps se soit écoulé depuis la fellation, le risque de transmission est quasiment nul en raison de la fragilité du virus VIH à l'air libre (il est beaucoup plus fragile que d'autres virus, tels ceux de l'hépatite B ou C).

Ces évaluations des risques de transmission correspondent très probablement à la réalité. Cependant, seules des mesures ** du pouvoir infectant dans ce genre de situation permettraient de le prouver avec certitude. Ce qui, pour des raisons éthiques, ne peut se faire.


** La mesure du pouvoir infectant du VIH se fait en mesurant l'activité de l'enzyme reverse transcriptase ; il a été démontré qu'une solution contenant du VIH à une concentration 100 000 fois plus élevée que celle trouvée dans le sang de personnes infectées, et qui a été chauffé à 56°C durant 30 minutes, a un pouvoir infectant détectable pendant 3 heures. (0299)

Q-R 12

Q Lors d'un "gang bang" (partouze), si une femme masturbe et pratique la fellation tour à tour à tous ses partenaires masculins, quels sont les risques pour ceux-ci ? Le virus peut-il passer d'un sexe à l'autre par l'intermédiaire de la bouche ou des mains de la jeune femme par exemple ?

R En cas de fellation successivement réalisée par une femme avec plusieurs hommes, le virus VIH peut être véhiculé, (au sens de "transporté") par l'intermédiaire de la femme d'un sexe à un autre sexe (et à plusieurs autres).
En ce qui concerne toutes les fellations, rappelons que le risque de transmission du VIH est rare. Il est cependant possible en cas de lésion pouvant saigner comme, par exemple, une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple brossage des dents effectué quelques instants avant la fellation. Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu. Cette probabilité est plus élevée en cas de fellations effectuées successivement avec plusieurs personnes.

Rappelons qu'en cas de situation où il y a eu un risque de contamination par le VIH, on conseille de faire un test 3 mois après. Il s'agit d'un délai approximatif.
Ce qu'il faut savoir, c'est que les anticorps mesurés par le test apparaissent généralement vers le 26ème jour. Cependant, ces anticorps apparaissent parfois après un délai plus grand (dans de rares cas, on a même décrit des délais de plus d'un an).
Lors de la contamination par le VIH, la charge virale est le premier marqueur à être détectable (vers le 12ème jour après le contage). L'antigène P24 est ensuite détectable vers le 16ème jour après le contage, avec un maximum vers le 21ème jour ; mais, contrairement à la charge virale, l'antigène P24 n'est plus détectable quand les anticorps apparaissent.
Jusqu'à présent, en raison de son coût, on mesurait la charge virale pour juger de l'efficacité des traitements (trithérapies) utilisés chez les personnes séropositives. Actuellement, comme on propose de plus en plus souvent de donner transitoirement des trithérapies aux personnes infectées très récemment (par voie sexuelle ou sanguine), il est nécessaire d'avoir un diagnostic le plus précoce possible ; d'où l'importance de mesurer cette charge virale ainsi que l'antigène P24. Cette mesure n'est pas encore généralisée, mais il s'avère que ces examens ont une grande importance. (0399)


Q-R 13

Q Lors d'une fellation, le sperme de mon ami qui est contaminé par le virus du sida est entré dans ma bouche. Sans le faire exprès, j'en ai avalé.

J'aimerais savoir si j'ai un risque de contamination. S'il vous plait, rassurez-moi ! Merci d'avance !

R En ce qui concerne toutes les fellations, rappelons que le risque de transmission du VIH est rare. Il est cependant possible en cas de lésion pouvant saigner comme, par exemple, une gingivite ou, chez certaines personnes, après un simple brossage des dents effectué quelques instants avant la fellation. Mais il peut s'agir aussi d'une lésion microscopique qui occasionne un saignement qui n'est pas visible à l'œil nu.

En ce qui concerne le risque de transmission du VIH lorsque le sperme d'une personne infectée est ingéré, les informations sur ce risque sont encore plus rares que pour la fellation.

Ce que l'on peut avancer c'est qu'il peut y avoir un risque de transmission s'il existe une lésion pouvant saigner au niveau du tube digestif, et probablement surtout au niveau de sa partie haute (œsophage, estomac). Donc, le risque serait d'autant plus grand qu'il existe une œsophagite, une gastrite ou un ulcère. (0399)


Q-R 14

Q J'ai eu une relation sexuelle avec une fille que je sais être à risque. Quelques jours avant, je m'étais très légèrement blessé le pénis avec l'attache de mes pantalons. Il y a eu fellation sans préservatif... Ma question est donc : cette légère blessure a-t-elle augmenté mes chances d'avoir été contaminé (en admettant que la fille le soit, bien sûr) ?

R A priori, cette légère blessure n'a pas augmenté le risque d'être contaminé par le VIH.

Cela aurait pu être le cas si trois conditions étaient survenues simultanément : que la blessure sur votre pénis soit survenue quelques minutes avant la fellation, que la partenaire effectuant la fellation ait présenté un saignement au niveau de sa bouche, et qu'elle soit infectée par le VIH. (1299)


Q-R 15

Q Il m'arrive parfois de pratiquer la fellation et de recevoir du sperme dans la bouche. Dans ce cas, je me nettoie immédiatement la bouche avec une solution pour bain de bouche mélangée à de l'alcool à 75°. Dans ce cas précis, est-ce efficace pour détruire le virus HIV ? De plus, est-ce que le fait de se nettoyer la bouche avec une solution alcoolisée peut fragiliser (à moyen ou à long terme) la muqueuse buccale ?

R Le VIH peut être inactivé effectivement par l'alcool.
Du moins, cela a été démontré in vitro dans des éprouvettes (99% d'efficacité après un contact pendant 5 minutes avec de l'éthanol à 19%).
Par contre, cela n'a pas été démontré in vivo, c'est-à-dire directement chez l'être humain exposé au VIH à l'occasion d'une fellation.
Éthiquement, il n'est pas possible de faire des études rigoureuses dans ce domaine.
Il faudrait déjà avoir des informations par des études rétrospectives (recueil de cas de personnes), tout en sachant que les études rétrospectives sont peu fiables.

Il serait peut-être intéressant aussi de savoir si la fellation occasionnerait moins de transmission du VIH chez des personnes alcooliques (mais, en général, ces personnes sont moins enclines à avoir des rapports sexuels et, leur état immunitaire étant souvent altéré, il n'est pas exclu qu'elles puissent être contaminées par le VIH de ce fait ; ce qui fausserait donc les résultats).

A priori, il n'est pas recommandé d'utiliser à répétition des bains de bouche avec de l'alcool. (0300)


Q-R 16

Q Est-il vrai que des substances, contenues dans la salive, détruisent le virus VIH ?

Et, si c'est le cas, est-ce que cela a un effet sur le niveau du risque de transmission de l'infection à VIH lors de la fellation ou du cunnilingus en comparaison avec les autres voies de transmission sexuelles du VIH ?

R Il existe effectivement des substances dans la salive qui ont une action anti-VIH. Nous l'avons antérieurement évoqué sur notre serveur Internet (<http://www.positifs.org>).
Mais cette action anti-VIH s'est révélée d'emblée insuffisante pour être mise à profit dans le traitement de l'infection à VIH (même en tant que traitement complémentaire).
Et, aucune étude n'a démontré que la présence de ces substances avait un quelconque effet sur le niveau de probabilité de transmission du VIH à l'occasion de pratiques sexuelles faisant intervenir la bouche et la langue. (0701)



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1ère version : mars 1998.

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mise à jour en juillet 2001.