R Nous sommes tout à fait au
courant de la situation dans laquelle se trouvent les
personnes infectées par le virus du Sida qui vivent
en Afrique.
D'une part, ceux qui le
souhaiteraient n'ont pas la possibilité d'avoir
accès aux informations (c'est la raison pour laquelle
nous essayons d'assurer au mieux les réponses aux
e-mails qu'on nous adresse de plus en plus souvent, et en
particuliers en provenance de pays d'Afrique). D'autre part,
il est très difficile pour une personne vivant en
Afrique de pouvoir se soigner correctement en raison des
ressources financières souvent limitées, du
manque d'hôpitaux, mais aussi pour d'autres raisons
comme le peu d'informations données aux
populations.
Cette situation se
retrouve d'ailleurs dans tous les pays d'Afrique, quelle que
soit leur richesse. Certains gouvernements occidentaux ayant
déjà des difficultés pour couvrir les
dépenses correspondant aux trithérapies, il
faudrait que les gouvernements des pays de tous les
continents se décident à considérer le
Sida comme une réelle priorité de santé
publique, mais aussi comme une priorité
économique internationale, et que chaque pays, parmi
les plus riches, examine les possibilités pour aider
les pays qui ne sont pas économiquement riches. Mais
la plupart des dirigeants (gouvernements et dirigeants
d'entreprises nationales ou multinationales) oublient que
l'Afrique est le continent le plus atteint par
l'épidémie planétaire du Sida, que les
ressources financières y sont plus limitées
qu'ailleurs et qu'il est illusoire de vouloir
réserver les trithérapies aux pays
occidentaux, car si, par malheur, l'Afrique sombrait sous
cette épidémie, cela occasionnerait des
répercussions économiques dramatiques qui
affecteraient tous les continents, sans exception. Surtout,
cela serait totalement inhumain (que penser des dirigeants
du laboratoire pharmaceutique Wellcome quand on apprend que,
sous couvert d'une démarche humanitaire, ils ont
proposé en 1996 de fournir de l'AZT-Retrovir®
à l'Afrique ... on savait déjà que
l'utilisation de l'AZT en monothérapie n'avait aucun
intérêt ; et actuellement, on sait pertinemment
que, parmi les traitements officiels, il ne faut plus
utiliser les monothérapies et les bithérapies
!).
Nous avons
déjà développé ces faits sur
notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>),
notamment en E.12. et C.27., mais votre courrier nous a
incité à revenir sur ces situations
dramatiques.
Concernant votre demande
d'adresse d'un médecin.
Vous pouvez contacter le Docteur L.R.
Ce qu'il faut que vous
sachiez, c'est qu'il existe certainement en France de
nombreux médecins ayant une expérience pour
s'occuper des personnes vivant avec le HIV et le Sida. Mais
il faut savoir que, contrairement à l'avis de nos
conseillers médicaux, la plupart de ces
médecins ne considèrent pas que l'utilisation
de traitements complémentaires (comme par exemple
certaines vitamines) soient nécessaire, notamment en
association avec les trithérapies. Il ne s'agit
cependant pas d'un obstacle pour établir une bonne
relation avec certains de ces médecins, mais il faut
le savoir. Le plus important à savoir est le fait
que, souvent, ces médecins ont des attitudes
relativement directives ; ce qui fait qu'il est souvent
difficile pour le patient qui le souhaiterait, de pouvoir
obtenir des réponses aux questions qu'il se pose. Une
raison en est que, souvent, les médecins sont
débordés. Cela est d'autant plus regrettable
que de plus en plus de patients souhaitent avoir des
précisions, et certains ont réussi à
acquérir des connaissances qui leur permettent de
prétendre à une participation aux
décisions médicales proposées par le
médecin. Cette attitude de certains patients s'est
particulièrement développée avec le
Sida (ce qui est en général peu
fréquent chez les patients atteints par d'autres
maladies). De ce fait, de nombreux médecins invoquent
qu'ils n'ont pas le temps, alors qu'en fait, la raison en
est qu'ils ne sont pas habitués à ce nouveau
type de relation entre le médecin et son patient ;
certains d'ailleurs ne sont pas d'accord pour instaurer un
tel dialogue.
Nous pensons que c'est un
droit du patient et que cela ne peut être que
bénéfique pour son équilibre. L'absence
de réponse peut créer un stress pour le
patient, et ce stress pourrait avoir des effets
néfastes sur ses défenses immunitaires (cf. le
paragraphe sur Stress et Immunité en C.30. sur notre serveur Internet). Mais
cela n'est pas toujours facile à obtenir suivant les
médecins ; pour certains, des mois -voire des
années- seront nécessaires pour
acquérir cette expérience.
C'est en raison de cette
situation que de nombreuses personnes nous contactent par
courrier postal ou par e-mail afin que nous leur apportions
des réponses et des conseils en complément de
ceux fournies par leur médecin.
Concernant le Docteur
L.R., il s'agit d'un médecin qui, en
général, prend le temps pour répondre
aux questions des patients.
En ce qui concerne le
respect de la confidentialité : tout médecin
doit la respecter. En France, cela est une loi que les
médecins n'ont pas le droit d'enfreindre.
Pour terminer ce courrier,
nous souhaitons revenir sur une phrase du début de
votre e-mail. Votre médecin vous a indiqué que
"entre le stade de la séropositivité et le
Stade de Sida maladie, il peut se passer beaucoup de temps -voire deux à cinq ans".
Un de nos conseillers
médicaux souhaite vous donner des précisions
à ce sujet.
Pendant des années, de nombreuses personnes ont
considéré que toute personne atteinte du Sida
était condamnée à mourir relativement
rapidement. Ce que l'on sait, c'est que de nombreuses
personnes sont mortes relativement rapidement parce que,
souvent, elles avaient été contaminées
plusieurs années avant la date présumée
de la contamination, ou celle où le premier test
avait été fait. Il y a certes encore des
patients qui évoluent rapidement parce qu'il existe
parfois des souches de virus qui sont plus virulentes que
d'autres, ou en raison de facteurs ajoutés (notamment
la malnutrition). Cependant, il faut savoir que même
avant l'utilisation des trithérapie, on savait que,
pendant plusieurs années, l'infection reste
asymptomatique (absence d'infection opportuniste du type
pneumocystose, toxoplasmose, mycobactérie, CMV,
cryptosporidiose) et qu'elle peut évoluer sur plus de
dix à quinze années, et qu'il est de plus en
plus probable que certains ne feront jamais la maladie -dans près de 10% des cas (non-progresseurs à
long terme). De plus, il est probable que l'utilisation des
trithérapies et d'autres traitements (comme les
traitements complémentaires) permettra encore de
gagner du temps. Il nous a paru important de vous donner ces
précisions, car croire que l'évolution peut se
faire systématiquement sur quelques années ne
peut qu'engendrer du stress chez les personnes ; ce qui peut
être néfaste pour leurs défenses
immunitaires. (1197)