R Concernant la diarrhée, il
importe de répéter parfois les examens
(notamment examens de selles) car certaines causes des
diarrhées sont difficiles à mettre en
évidence (c'est le cas des infections intestinales
à microsporidies ou à CMV).
Si aucune cause n'est
trouvée, il importe de traiter déjà
avec des traitements symptomatiques car la diarrhée
participe à la fatigue, à la perte de poids
ainsi que de substances dont l'absorption intestinale peut
être déjà réduite par le HIV
(certaines vitamines et oligo-éléments dont
certains ont d'ailleurs, comme les vitamines C et E et le
sélénium, un effet sur le HIV ou ses
co-facteurs). On peut utiliser des médicaments
agissant comme ralentisseurs du transit intestinal comme le
lopéramide (Imodium®, 6 gélules/j -voire
10/j). Des préparations à base d'argile
peuvent avoir aussi leur utilité (par exemple argile
verte surfine N·77294 C : trois prises/j à 4
heures d'intervalle et à 2 heures au moins de la
prise d'autres médicaments ; chaque prise étant
de 200 à 300 mg d'argile/kg de poids corporel ; ce qui
correspond pour un adulte à deux cuillerées
à soupe ; l'argile doit être versée en
pluie dans un verre d'eau, puis laisser reposer 10 minutes,
puis mélanger avec une cuillère en
bois).
Concernant la perte de
poids, de plus en plus de chercheurs sont convaincus que la
perte de poids est un symptôme fondamental, surtout
quand elle est supérieure à 10% du poids du
corps. Il s'agit parfois d'une conséquence d'un fait
pathologique (une infection opportuniste), mais souvent il
participe à la dégradation des systèmes
de défenses de l'organisme et notamment du
système immunitaire. En effet cette perte de poids se
fait souvent au détriment de la masse
maigre/protéines).
Souvent, c'est une
conséquence d'une anorexie. Il importe de rechercher
une cause médicamenteuse à cette anorexie. Le
fénugrec (Fénugrène®, 4 cps/j)
serait intéressant de ce point de vue (de plus, il
aurait une action hépatoprotectrice
intéressante pour des personnes amenées
à absorber un nombre élevé de
comprimés ; ce qui constitue d'ailleurs aussi une
cause possible d'anorexie !). D'autres médicaments,
comme l'acétate de mégestrol (ou le dronabiol)
ne sont pas conseillés en raison de certains effets
secondaires (thromboses veineuses). De plus, ils augmentent
surtout la masse grasse. Pour combattre l'anorexie, on peut
aussi conseiller l'exercice physique afin de
déclencher l'appétit. Il faut éviter de
consommer des biscuits apéritifs qui ont des
propriétés de coupe-faim. De même, il
faut éviter de commencer les repas par des salades
vertes ou des carottes râpées (ou d'autres
crudités) qui peuvent provoquer rapidement un
sentiment de satiété.
Il faut savoir aussi que
certaines carences (zinc, vitamines A, B2, B6, B12) peuvent
altérer les sensations gustatives.
Certains
médicaments permettent d'augmenter directement la
masse maigre. C'est le cas de ceux contenant des acides gras
oméga 3 polyinsaturés (Maxepa®, 2 capsules
3 fois par jour) ; cet acide gras, qui est contenu aussi
dans les huiles de poisson des mers froides, diminue aussi
la production de TNF, une cytokine qui stimule la
réplication du HIV et diminuent les
triglycérides du sang (souvent élevés
quand les CD4 diminuent). La testérone permet aussi
d'augmenter la masse maigre ; certains recommandent son
utilisation surtout chez les personnes présentant un
taux plasmatique bas en testostérone. C'est aussi le
cas de la thalidomide et de l'hormone de croissance, mais
ces traitements ont des effets secondaires
préoccupants (pour le premier, notamment
fréquence des diarrhées, possibilité de
neuropathies périphériques, de
leucopénie, d'augmentation de la charge virale et
contre-indication chez les femmes enceintes ; pour le
deuxième, risque d'hémopathies); il convient
donc de les éviter.
Récemment, à
l'occasion de la rédaction d'un article sur le
naltrexone (qui aurait une action
intéressante sur le HIV), nous avons constaté
qu'il serait très efficace sur les amaigrissement
d'après des études faites aux États Unis que
l'on vient de nous communiquer. Pour l'instant, nous ne
pouvons pas vous en dire plus car nous n'avons pas encore
terminé la rédaction de notre article (cet
article est dorénavant accessible sur notre serveur
Internet : <http://www.positifs.org/>).
Il est parfois
nécessaire d'utiliser des compléments
alimentaires, notamment chez les personnes démunies
financièrement, mais aussi quand la perte de poids ou
l'anorexie sont trop prononcées.
Il convient de rappeler
certaines règles de l'alimentation pour
prévenir la perte de poids. L'alimentation doit
être hypercalorique et hyperprotidique. Il convient de
multiplier le nombre de "petits repas" : au moins 3 repas
par jour avec un petit déjeuner copieux et
insérer des collations entre ces trois repas. Il est
important de varier autant que possible l'alimentation. Cela
correspond en fait aux caractéristiques de toute
alimentation équilibrée.
Concernant la
fièvre, il peut s'agir d'un symptôme qui existe
sans cause. Mais parfois la fièvre, même de
façon intermittente, peut être le témoin
d'une infection sous-jacente (débutante ou de
diagnostic difficile), et donc il importe de réaliser
des examens pour rechercher une origine pulmonaire,
neurologique ou digestive : pneumocystose, toxoplasmose,
cryptosporidiose intestinale, CMV (cytomégalovirus),
tuberculoses ou mycobactéries (ces trois
dernières pouvant être de diagnostic
difficile), etc.
La diarrhée, la
perte de poids et la fièvre pouvant participer
à l'installation d'une fatigue, il est important
d'envisager parfois un traitement symptomatique de
l'asthénie.
Elle est parfois
secondaire à une anémie occasionnée par
un traitement comme l'AZT.
Parmi les traitements
proposés (la plupart ne sont pas remboursés
par la Sécurité Sociale !), citons le
Guronsan® qui contient de la vitamine C et de la
caféine ainsi que de la glucuronamide (1 cp/j le
matin, à diminuer à 1/2 cp/j en cas de
diarrhée) ; ce dernier constituant est
particulièrement intéressant en raison de son
action hépatoprotectrice (démontrée
notamment lors de l'utilisation des traitements de la
tuberculose), de son action sur l'absorption intestinale
(c'est un dérivé d'un composant physiologique
intervenant dans le cycle entéro-hépatique et
de son action probable sur l'évolution de l'infection
à HIV (résultats préliminaires sur les
CD4, l'ag P24 et les infections opportunistes).
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