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Charge virale


Q-R 1

Q Puis-je vous poser quelques questions techniques pour le compte d'un patient qui est un de mes amis ?

Cet ami est soigné dans une petite ville de province, non loin de Toulouse et on lui a flanqué la trithérapie qui semble la moins intéressante (Crixivan + Retrovir + Videx). Je lui ai conseillé de changer de CHU ; auriez-vous dans cette région un contact plus conforme à nos perspectives ?

D'autre part, on ne connaîtra pas le résultat sur la charge virale avant un mois et demi. Connaissez-vous une brochette d'examens plus souple, plus économique et plus accessible qui soit susceptible de nous permettre d'évaluer la réponse à un traitement ? Je ne connais que les profils et typages à la Burkel, mais c'est lourd et avec ces putains de RMO, je ne suis pas sûr qu'un médecin puisse encore les prescrire facilement.

Quels examens préconiseriez-vous pour un patient qui a été touché par les agents causals de la toxoplasmose et le CMV (les sérologies sont positives) de façon à voir si les "bébêtes" sont ou non actives sans passer par un scanner cérébral + épreuve thérapeutique (mal supportée).

Le problème ce n'est pas tant les moyens, il y a sans doute des moyens naturels opérants, le problème étant de mettre en évidence leur activité quasiment en temps réel, la baisse des T4 n'étant pas prédictive, bien au contraire.

Le cas que j'ai en vue est celui d'un homme d'une trentaine d'année dont la séropositivité a été découverte il y a 3 ans. On ne connaît pas l'origine de la contamination (ce n'est pas un patient à risque) et son état s'est détraqué depuis le début de cette année. Cette contamination doit donc remonter à 85/86. Il ne s'est pas remis d'une coqueluche qui a dégénéré en pneumocystose. Celle-ci a été bien soignée, il a repris 4 kilos mais ses T4 sont tombés à 60/70 et comme je vous l'indiquais, on n'a pas choisi la meilleure trithérapie, à mon sens.

Nous avons la possibilité, à défaut de mieux, de faire appel à un radiesthésiste pour tester les remèdes, mais quant à la stratégie, c'est plutôt l'embarras du choix. Si vous avez des suggestions à nous faire, je les accepterai volontiers. Merci d'avance.

R Concernant votre demande de conseil de CHU dans la région de Toulouse qui serait plus conforme à vos perspectives, nous n'avons pas de contact. Vous pourriez vous adresser à l'association Diagonale (18, rue des 7 Troubadours, 31000 Toulouse) qui pourra peut-être vous renseigner.

Concernant l'évaluation biologique de l'effet d'un traitement anti-HIV, il n'existe aucun marqueur fiable à 100%. Initialement, on avait recours surtout à la mesure des lymphocytes T4 : l'estimation la plus fiable est donnée par la valeur absolue par mm3 et surtout par la valeur en pourcentage. Toute modification importante des T4 doit être confirmée par un nouveau dosage. Certains recommandent d'associer la mesure des lymphocytes totaux en valeur absolue et celle des triglycérides. Des études ont montré que la fiabilité de la mesure des T4 serait d'autant plus élevée qu'il existe une concordance avec ces deux autres marqueurs : ainsi quand les T4 sont au dessus de 200/mm3, les lymphocytes totaux sont au dessus de 1 000/mm3 et les triglycérides en dessous de 2,5 g/l, et inversement ; concernant la charge virale : cet examen est complémentaire de la mesure des T4, mais malheureusement, c'est un examen encore insuffisamment utilisé que ce soit en ville aussi bien qu'à l'hôpital. Son coût encore trop élevé fait que même dans certains hôpitaux de pointe, sa prescription en est limitée et, en ville, de nombreux laboratoires, qui le réalisent, ne donnent pas la possibilité au patient de se faire rembourser. Actuellement, en ville, cet examen peut être pris en charge par la sécurité sociale à condition d'utiliser le libellé suivant : culture du virus HIV dans le suivi thérapeutique et charge virale (pour plus de précision et notamment pour la réalisation de cet examen pour une personne en province, contacter de notre part le Docteur LY à l'Institut Fournier, 25, bd Saint Jacques, 75680 Paris cedex 14, Tel. : +33 (0)1 40 78 26 00). Les médecins prescrivant ainsi en ville la charge virale n'ont, a priori, pas eu de problème avec les RMO (effectivement cela risque de ne pas être le cas pour les profils et typages du laboratoire Burkel).

Concernant le CMV : effectivement la sérologie est souvent positive ; cette sérologie témoigne de la présence d'anticorps dès qu'une personne a été en contact avec le CMV, qu'elle ait fait antérieurement une affection à CMV apparente ou, le plus souvent, inapparente ; ce qui est le cas dans 50 à 60% de la population et chez 90 à 95% des homosexuels. Cette sérologie n'a pas d'intérêt chez la personne séropositive pour apprécier le risque de faire une infection clinique à CMV et notamment une rétinite à CMV. Ce risque est très rare au dessus de 100 T4/mm3 et devient fréquent en dessous de 50/mm3. L'examen au Fond d'œil doit être réalisé régulièrement en dessous de 100 T4mm3 (d'après certains auteurs tous les trois mois et tous les mois en dessous de 50 T4/mm3). La mesure de la virémie à CMV est l'autre examen important. Elle consiste à mettre en évidence le CMV dans le sang en utilisant une culture cellulaire. Quand elle est positive, il y a une probabilité de 50% que la personne fasse, dans les six mois, une infection clinique à CMV (rétinite ou, plus rarement, digestive, pulmonaire ou neurologique) ; deux virémies positives signent à 50% (et pour d'autres auteurs à 100%) la survenue d'une infection clinique à CMV dans les trois mois ; mais dans ce cas les traitements préventifs seront inefficaces. Enfin, il convient, notamment en dessous de 50 T4/mm3, de consulter en urgence si un problème de vue, même léger, apparaît. La mesure dans les urines de la virurie est parfois utilisée, mais elle est plus difficile à interpréter.

Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur le CMV, nous vous conseillons de contacter de notre part Serge LECOZ, coordinateur scientifique de la revue Info traitements (dans cette revue, plusieurs articles ont été consacrés au CMV et notamment aux traitements préventifs et curatifs) de l'association Actions Traitements (190, Bd de Charonne, 75020 Paris, Tel. : +33 (0)1 43 67 66 00).

Concernant les examens pour mettre en évidence un risque d'activité de la toxoplasmose, les moyens sont limités à la détection du moindre signe clinique, neurologique ou psychiatrique (il peut s'agir d'un symptôme banal comme des céphalées, ou d'une atteinte motrice ou sensitive, de convulsions, d'une cécité, de troubles de la personnalité, d'une confusion, d'une désorientation -voire d'un coma) qui doit conduire à la pratique d'un scanner au plus tard dans les 48 heures ou d'une IRM. Classiquement, ce risque est plus fréquent chez les personnes ne suivant pas une prophylaxie primaire et qui ont moins de 200 T4/mm3 ou moins de 15%. Si les T4 sont inférieurs à ces valeurs sur deux examens, cette prophylaxie est conseillée. Pour ce faire, l'utilisation du Bactrim (1 cp/j) est en général bien supportée (en cas d'allergie, une désensibilisation est possible) et permet aussi de procurer une prévention primaire ou secondaire de la pneumocystose.

Concernant l'utilisation de la radiesthésie pour tester les remèdes qui seraient les plus adaptés pour une personne donnée, nous n'avons pas d'élément pour vous répondre.

Pour information, nous avons édité sur notre serveur Internet <http://www.positifs.org/> un texte en C.30. dans lequel nous avons évoqué le système Mora qui permettrait de suspecter la toxicité des molécules selon les personnes. (0997)


Q-R 2

Q Je suis séronégatif.

Ma compagne est séropositive depuis 1990, son état actuel est le suivant : asymptomatique, charge virale actuelle 8 000 copies/ml (5 000 copies/ml en 04.97) et CD4 actuels 1 150 (800 CD4 en 04.97).

Désirant faire un enfant, nous souhaitons connaître l'état des connaissance sur une trithérapie pendant grossesse, quelle est à votre avis la thérapie la plus adaptée (type, démarrage du traitement, effets secondaires sur l'enfant à venir...) ?

Enfin une dernière question : que penser d'une augmentation simultanée de la charge virale et des CD4 ; n'est ce pas contradictoire ?

Pour finir, nous tenons à remercier de tout cœur votre équipe pour le temps et l'énergie consacrés à une précédente demande de renseignements de notre part, et vous féliciter pour votre disponibilité.

R Concernant votre question sur la signification d'une augmentation simultanée de la charge virale et des lymphocytes T4 : il faut s'assurer avant tout que cette augmentation est certaine (pour cela, il faudrait éventuellement refaire un mois après ces examens) et surtout si l'augmentation de la charge virale est significative. Ce n'est pas le nombre de copies/ml qui permet de le dire mais le log : seule une augmentation (ou une diminution) de 0,5 est considérée comme significative (dans le cas d'un passage de 5 000 à 8 000 copies/ml, il est fort probable que l'augmentation du log soit inférieure à 0,5 ; ce qui signifie que cette augmentation en copies/ml ne correspond pas à une réelle augmentation).

Ceci dit, dans la mesure où une augmentation significative de la charge virale et une diminution de la valeur des lymphocytes des T4 sont des témoins d'un risque d'évolution, l'on n'observe en général pas de discordance. Cependant, il existe des cas où il y a une discordance.
Cela peut s'expliquer par le fait que ces témoins ne sont pas des marqueurs systématiquement fiables et surtout en raison de la signification des mécanismes qu'ils permettent d'explorer.

La charge virale correspond à la quantité de virus dans le sang circulant ; certains pensent que ce n'est pas un reflet total de la quantité de virus dans l'organisme (le virus est présent aussi au niveau de certaines cellules de tissus comme le poumon, le cerveau et l'intestin). À ceci, il faut ajouter que la charge virale n'explore pas les autres facteurs qui interviendraient en synergie avec le HIV (en effet, il semblerait que le HIV ne puisse pas expliquer à lui-seul l'apparition de l'épidémie de Sida en 1981, ni l'hétérogénéité des manifestations du Sida en général et suivant les personnes ; des co-facteurs, qui pourraient intervenir chez certaines personnes, expliqueraient partiellement, par exemple, pourquoi certaines personnes font certaines affections opportunistes et pourquoi certaines évoluent plus rapidement que d'autres. De nombreux co-facteurs ont été avancés, la plupart sont encore hypothétiques ; d'autres sont plus probables comme l'herpès virus de type 6 qui expliquerait pourquoi certaines personnes feraient un sarcome de Kaposi. Et donc, ce virus herpès, qui est différent des virus herpès communs, fait l'objet de travaux de recherche afin d'essayer de trouver un traitement spécifique complémentaire).

En ce qui concerne les lymphocytes T4, il faut savoir qu'il ne s'agit pas d'un marqueur spécifique au HIV ; et donc, des variations secondaires à d'autres causes peuvent survenir. De plus, il existe des variations physiologiques (chronobiologiques) chez les personnes séropositives asymptomatiques (et chez les personnes non-infectées par le HIV) en fonction par exemple des mois et des saisons (et même au cours de la journée où elles peuvent atteindre des variations de100% ; ce qui ne pose pas de problème en pratique puisque les analyses de sang sont réalisées toujours aux mêmes heures dans la matinée).

Concernant votre question sur l'état des connaissances sur les trithérapies durant la grossesse et notre avis sur la thérapie la plus adaptée (type, démarrage du traitement, effets secondaires sur l'enfant à venir...), nous n'avons malheureusement pas beaucoup plus d'informations à vous communiquer depuis notre précédente réponse.

Vous trouverez quelques informations complémentaires dans le courrier que nous avons adressé le 9 septembre au Pr Dormont de l'Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS) auquel nous avions justement écrit :

" Actuellement, l'AZT est donc le seul traitement recommandé officiellement en France (pour la femme enceinte). Des essais sont en cours avec AZT + 3TC, et d'autres ont été évoqués avec AZT + névirapine.

Les inhibiteurs de protéase, en raison de leurs effets hépatiques sur le fœtus, ne font, a priori, pas l'objet de protocole chez la femme enceinte. Nous avons lu que le D4T aurait une bonne diffusion placentaire, mais actuellement, il n'y a aucun protocole en France utilisant cette molécule dans le cadre de cette prévention (information communiquée par téléphone par le laboratoire Bristol-Myers Squibb).

Nous souhaiterions savoir si vous avez d'autres informations concernant les protocoles autres que celui de l'AZT en monothérapie, concernant la prévention de la transmission du HIV de la mère au fœtus ainsi que les résultats préliminaires de ces protocoles. Nous souhaiterions aussi savoir si, à la suite de la publication de Greenberg B-L. et coll. (Abstract Tu-C. 2592, Congrès de Vancouver, 1996), des protocoles ont été envisagés avec un apport anténatal en certaines vitamines A.

Nous avons, à ce sujet, une autre série de questions à vous poser.

Le NIH aux États Unis, vient de faire onze recommandations concernant le traitement du HIV. La huitième mentionne que "les femmes doivent recevoir une thérapie anti-HIV optimale qu'elles soient enceintes ou non".

Actuellement, la thérapie anti-HIV optimale en matière de traitements officiels est représentée par les trithérapies utilisant un inhibiteur de protéase. Donc, soit la recommandation du NIH considère que les inhibiteurs de protéase ont une toxicité hépatique "tolérable" pour le fœtus en regard du risque possible de transmission du HIV au cours du 1er trimestre de la grossesse (dans 35% des cas de transmission) soit, ce qui est peu probable (en raison du risque d'accroissement de la multiplication virale chez la mère et d'induction de résistances), que, dans ce cas, l'inhibiteur de protéase soit arrêté temporairement pendant quelques mois. Avez-vous des précisions à ce sujet et qu'en pensez-vous ?

Un autre problème, sur lequel nous souhaiterions aussi avoir votre avis, est soulevé par cette recommandation du NIH. L'utilisation d'analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase tout au long de la grossesse pose le problème du risque mutagène de ces molécules qui pourrait survenir, a priori, surtout en début de grossesse.
Comme vous le savez, le test d'Ames utilisé pour la réalisation des dossiers d'AMM, peut être négatif alors que sur d'autres tests, notamment le SOS-Chromotest (qui est plus sensible que le test d'Ames), il peut être positif pour certaines molécules (c'est le cas notamment de l'AZT).
Le SOS Chromotest a été expérimenté depuis 1988 (Hoffnung et Quillardet, Institut Pasteur). Une publication avait montré que, avec ce test, l'AZT est fortement positif (même avec de faibles doses inférieures à 100 nanogrammes par ml) suivi de près par le ddI ; le D4T et surtout le ddc étant les moins positifs ; le 3TC n'avait pas été testé.
(Mamber S.W. et coll., Antimicrob. Agents and Chemotherapy, 34, 1237-1243, 1990)

Une interrogation des banques de données sur la période 1990-1997 sur les molécules anti-HIV testées par le SOS-Chromotest n'a permis de localiser qu'une seule publication (sur l'hydroxyurée) ! Cela est d'autant plus surprenant que ce test est peu onéreux (moins de 3 000FF) et de réalisation simple et rapide.
Certains seront tentés de dire qu'il est difficile d'extrapoler les résultats de ces tests de l'in vitro à l'in vivo. Mais, en l'absence de possibilité de réaliser un test de mutagénicité chez l'être humain pour des raisons d'éthique, ces tests (et pas seulement celui d'Ames) conservent leur utilité.
Dans le cas où toutes les molécules anti-HIV seraient positives sur le SOS-Chromotest, cela permettrait de retenir éventuellement, chez la femme enceinte, les molécules les moins positives parmi les plus efficaces.

L'accroissement du nombre de courriers électroniques que l'on nous a adressés sur le traitement préventif de la transmission du HIV de la mère à l'enfant correspond probablement à un accroissement du nombre de personnes séropositives souhaitant avoir un enfant ; ce qui s'expliquerait par les résultats actuellement très encourageant obtenus avec certaines trithérapies.

C'est la raison pour laquelle nous souhaiterions avoir une réponse détaillée à nos deux séries de questions.

Concernant la question de la mutagénicité des analogues des nucléosides, il s'agit d'un sujet qui nous avait déjà préoccupé. Elle avait déjà été évoquée à la suite de la publication des résultats du protocole ACTG 076 dans l'article "AZT et procréation". Il semblerait que, l'AZT étant prescrit à la femme en fin de grossesse, ce risque soit en fait limité.
À l'époque, le Conseil National du Sida a cependant recommandé qu'un suivi des enfants nés de mère séropositive ayant reçu de l'AZT pendant leur grossesse soit assuré, si possible au delà de l'adolescence.

Si des recommandations de traitements par trithérapie étaient conseillées pendant toute la durée de la grossesse, et en tenant compte du fait que le nombre de femmes séropositives souhaitant avoir un enfant continue de s'accroître, il serait impératif de s'assurer que les molécules utilisées ont un risque mutagène nul ou le plus limité."

Le Pr DORMONT ne nous ayant pas répondu, nous avons transmis le 5 octobre copie de ce courrier à Monsieur Serge LECOZ de l'association ACTIONS TRAITEMENTS (190, Bd de Charonne, 75020 Paris, Tel. : +33 (0)1 43 67 66 00) en lui demandant d'essayer d'avoir des réponses et des précisions sur ces questions. Vous pourriez donc peut-être essayer de contacter Monsieur Serge Lecoz. (1097)


Q-R 3

Q Quelles sont les moyennes des chiffres des charges virales catégorie haute, médium et basse ?

Je m'explique : j'ai un ami qui est parti de 800 000 copies à 810. Il me semble qu'il y a 3 zéros de trop si je m'en réfère aux chiffres donnés dans les comptes-rendus d'expérimentation. Mais ils pourraient être exprimés en milliers de copie. Ce dont je suis sûr c'est qu'il a bien lu. Il m'a confirmé ces chiffres papiers en main.

R La charge virale est le plus souvent exprimée en copies/ml. Certains laboratoires rendent parfois ces résultats en les exprimant en copies/100 ml, ce qui est de moins en moins utilisé et qui peut prêter à confusion.

La mesure de la charge virale est un examen intéressant mais il importe, encore plus que pour d'autres marqueurs biologiques (comme les lymphocytes CD4), d'en tirer des conclusions en se basant sur l'analyse de la variation entre deux résultats de charge virale faites à distance.

Enfin, il faut savoir qu'en raison de la forme de la courbe obtenue par les laboratoires d'analyses pour estimer la charge virale, c'est la variation en log qui est significative.

Donc, on doit considérer comme significatif une variation de 0,5 log, et ce quelque soit la variation en copies/ml.

Aussi, il est difficile de dire avec précision si une charge virale est haute, moyenne ou basse car ce qui compte c'est la variation. Dans certains cas, on peut cependant le dire : basse pour des chiffres inférieurs à 5 000, élevée pour des chiffres de plus de 100 000.

C'est la raison pour laquelle, récemment, des spécialistes internationaux se sont heurtés à la difficulté d'établir le niveau de charge virale à partir duquel il faudrait débuter une trithérapie : supérieure à 30 000 pour certains, supérieure à 50 000 copies/ml pour d'autres qui seraient les plus nombreux. Certains spécialistes les recommandent même dès 10 000 copies/ml -voire dès 5 000 copies/ml.

À tout ceci, il faut ajouter que la sensibilité des techniques actuelles de dosage de la charge virale est encore insuffisante puisque la plupart des techniques ne peuvent différencier les valeurs entre 0 et 400 copies/ml (toutes ces valeurs sont donc assimilées à zéro sans pouvoir dire si elle correspondent ou non à une véritable charge virale nulle).

Actuellement, une nouvelle technique serait au point pour permettre de pallier ce problème de seuil de dosage (laboratoire Roche), mais elle n'est toujours pas accessible à la prescription. (1197)


Q-R 4

Q Voici une réponse qui éclaire un peu la question de la charge virale mais ça reste encore obscur car on ne dit pas comment calculer les logs...

Vous noterez l'indécision de 0 à 400 qui fait qu'en fait les charges indétectables sont TRÈS sujettes à caution et qu'entre 400 et 800 il n'y a que peu de différence par rapport à ce seuil indécis.

R Pour ce qui concerne les correspondances entre les charges virales exprimées en copies/ml et celles exprimées en logarithmes (les logs correspondent au nombre de zéros qui suivent le premier chiffre de la charge virale exprimée en copie/ml), voici donc des précisions :

500 = 2,7

1 000 = 3,0

3 000 = 3,5

10 000 = 4,0

30 000 = 4,5

100 000 = 5,0

300 000 = 5,5

1 000 000 = 6,0

3 000 000 = 6,5

5 000 000 = 6,7

Si l'on s'en tient aux mesures exprimées en copies/ml, ainsi que je vous l'ai indiqué dans mon précédent courriel : au dessus de 100 000, il s'agit de valeurs hautes ; en dessous de 5 000 (et même de 10 000), il s'agit de valeurs basses. Entre 10 000 et 100 000, il est donc difficile d'apprécier le niveau de la charge virale. Ce qui importe, c'est de tenir compte des variations et de considérer que la charge virale a été réellement modifiée si elle a été multipliée ou divisée par plus d'un facteur trois. Mais comme je vous l'indiquais aussi dans mon précédent courriel, c'est la variation en log qui est la plus importante (variation qui est significative à condition d'être supérieure à 0,5 log).

Pour ce qui concerne les valeurs entre 0 et 400 (pour certains tests la valeur seuil n'est pas de 400, mais de 200), effectivement on dit que la charge virale est indétectable ; ce qui signifie que la sensibilité des techniques de dosage actuellement disponible ne permet pas de détection en dessous du seuil de 400. Donc, pour une valeur inférieure à 400, on ne peut savoir si elle correspond à un zéro ou à une présence de virus dans le sang circulant qui serait une valeur basse.

Entre les valeurs que vous prenez comme exemple (400/800) : il n'y a effectivement pas de différence significative ; mais on peut dire qu'à 800 il y a certainement du virus présent dans le sang circulant.

Il serait donc très important que l'on puisse enfin disposer de cette nouvelle technique (Ultra Direct, mise au point par le laboratoire Roche, et qui a un seuil de détection de 20 copies/ml) pour permettre de mieux pallier ce problème de seuil de dosage. Certaines associations de lutte contre le Sida essayent actuellement de faire pression sur le laboratoire Roche et sur les décideurs du ministère de la Santé. Ce retard nous amène à nous demander si cette technique est vraiment au point ou si des problèmes de gros sous rendent frileuses les autorités sanitaires. (1197)


Q-R 5

Q Que pensez-vous de mes analyses ? Mon médecin envisage de me donner une trithérapie comportant du D4T et du ddI si mes analyses se détériorent. Que conseillez-vous comme traitements complémentaires (vitamines, oligo-éléments) ? Intérêt des activités physiques, de la gestion du stress ?

R Concernant vos examens : depuis 1994, vos lymphocytes T4 ont certes diminué mais ils sont encore à des valeurs satisfaisantes, notamment en valeur relatives (29% en avril 98) et qui sont stables (31% en septembre 97). Pour ce qui concerne la valeur absolue (269/mm3), on s'attendrait à une valeur plus élevée compte tenu du niveau de la valeur relative (en général, des valeurs de l'ordre de 200/mm3 correspondent à des valeurs relatives de l'ordre de 15%).
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il n'est pas rare d'observer des discordances entre les résultats de plusieurs marqueurs biologiques (il n'y a pas de marqueurs fiables à 100% et toute modification péjorative importante devrait être recontrôlée dans les 21 jours suivants) ; d'où la nécessité de confronter toujours un résultat à ceux d'autres marqueurs biologiques. Il faut savoir aussi que la mesure des lymphocytes T4 en valeur relative est en général un meilleur témoin de l'évolution à l'infection à VIH que sa mesure en valeur absolue. Ce sont les raison pour lesquelles certains médecins conseillent de toujours confronter les mesures des T4 (en valeurs absolue et relative) avec celles des lymphocytes totaux (en valeur absolue) et celles des triglycérides (les lymphocytes totaux évoluant dans le même sens que celui des T4 ; les triglycérides dans le sens inverse). Et, bien entendu, en confrontant ces résultats à ceux de la mesure de la charge virale. L'idéal est d'avoir accès à des mesures de la charge virale ayant un seuil de détection le plus bas possible. Pendant longtemps, on a utilisé des tests ayant un seuil de détection de 400 copies/ml ; des tests ayant une limite de 20 copies/ml sont à l'étude. Depuis peu, un test de détection à 80 copies/ml est disponible ; il est notamment effectué par l'institut Alfred Fournier ; pour plus d'informations, et pour le traitement des dossiers en province, vous pouvez contacter le Dr LY à l'institut Fournier (25, bd saint Jacques, 75680 Paris cedex 14, tél. : +33 (0)1 40 78 26 00).

Concernant, votre charge virale (la dernière étant à 4 000/ml et les précédentes à 1 600 puis à 13 000) : il s'agit d'un résultat tout à fait satisfaisant. Devant un tel résultat, il n'est pas nécessaire d'envisager dans l'immédiat de trithérapie ni d'autres traitements antirétroviraux. Par contre il est nécessaire de faire des bilans biologiques au moins tous les trois mois avec dosage aussi, à chaque fois, de la charge virale (pour des raisons d'économie, certains services hospitaliers limitent le nombre de prescription de cet examen -ce qui est fort regrettable ; c'est la raison pour laquelle nous nous permettons d'insister sur ce point).
Les trithérapies doivent être utilisées systématiquement en cas de charge virale supérieure à 100.000/ml ; elles doivent être aussi utilisés entre 50.000 et 100.00. Entre 35.000 et 50.000, de nombreux médecins ont tendance à les utiliser aussi (des cas sont limites quand les T4 sont très élevés, par exemple au dessus de 700/mm
3 et en l'absence d'infections opportunistes antérieures).
En dessous de 10.000 - 15.000 copies/ml, il ne semble pas que cela soit nécessaire.
En ce qui concerne l'intervalle 15.000-35.000, les avis divergent, mais le plus souvent, la décision est l'abstention ; le traitement peut cependant être envisagé si les T4 sont très diminués et surtout si des infections opportunistes majeures sont survenues antérieurement.
Quand l'abstention est retenue, il conviendrait, pour les valeurs supérieures à 15.000/ml d'effectuer encore plus souvent des mesures de la charge virale (tous les deux mois ?).

Dernier point concernant la charge virale : l'appréciation d'une variation se fait au mieux en étudiant les variations en log ; si cette variation est inférieure à 1 log, la variation (si elle existe) en copie/ml n'a pas de signification.

Concernant les trithérapie utilisant du D4T et du ddI, il s'agit d'associations intéressantes.
Cependant, celles associant D4T et 3TC sont tout aussi -voire plus- efficaces et très bien tolérées (quand ils surviennent, les effets secondaires du ddI sont en effet préoccupants ; notamment atteintes pancréatiques et plus souvent paresthésies des membres qui, même quand elles sont peu importantes, deviennent gênantes pour la vie quotidienne ; ceci doit être pris en considération pour des traitements qui seront pris pendant plusieurs années).
Nous pensons que la trithérapie à utiliser en première intention est celle associant D4T, 3TC et indinavir (Crixivan®) et c'est une de celle pour laquelle nous avons le plus de recul.

Pour en terminer sur l'appréciation de vos analyses, je dirais que votre état immunitaire est encore satisfaisant. Cela peut être dû à vos propres défenses et/ou à des traitements complémentaires utilisés (à ce propos, nous avons constaté que certains traitements, comme la glucuronamide, agissent parfois sur les T4, et surtout sur la valeur relativ, et moins sur la valeur absolue ; par contre, nous avons observé que des gains de T4 obtenus avec ce traitement disparaissaient à l'arrêt, même temporaire, de ce traitement avec souvent ensuite une diminution surajoutée des T4, notamment sur la valeur absolue, traduisant peut-être la reprise de l'évolution naturelle de l'infection à VIH qui aurait été temporairement limitée par ce traitement).

À ce propos, de plus en plus de médecins conseillent d'associer aussi la vitamine C (750 mg/jour ; se rappeler que c'est le kiwi qui en contient le plus), la vitamine E (Toco 500 : 2 à 3 comprimés par jour) et le sélénium (granions de sélénium : 2 le matin) ; les deux derniers sont pris en charge par la Sécurité Sociale.
De plus, une recherche bibliographique effectuées récemment montre que certaines de ces substances ont, en plus de leurs actions anti-oxydantes et sur le VIH, des effets anti-mutagènes ; ce qui est intéressant car les antirétroviraux, utilisés dans le cadre des trithérapies, ont parfois quelques effets mutagènes (effets qui sont parfois très importants comme dans le cas de l'AZT et qui sont négligés encore trop souvent par les médecins).

Concernant l'hygiène alimentaire et les activités de loisirs (sports et autres) ainsi que l'établissement d'un équilibre de la vie affective, ce sont certainement des éléments qui agissent sur l'état du système immunitaire.
Concernant la gestion adaptée du stress, les études sont encore insuffisantes pour pouvoir donner avec précisions des conseils mais il existe de plus en plus de résultats théoriques.
Sur notre serveur internet (<
http://www.positifs.org/>), nous avons développé ce sujet dans un article ("Stress et Sida") ainsi que dans le résumé d'une partie des abstracts de la XIème Conférence Internationale sur le Sida de Vancouver et nous avons hébergé sur notre serveur une association ("Agir pour sa Santé") qui a publié notamment un article sur les rapports entre le stress et les Natural Killers (les NK interviennent dans divers processus de l'immunité et notamment au cours des cancers). Nous vous ferons parvenir par un courrier séparé des copies des documents cités.
Concernant cette gestion du stress, il importe de savoir que de plus en plus d'organismes divers proposent différentes techniques. Cependant, certaines pratiques relèvent du charlatanisme et/ou d'une incompétence au plan médical (notamment du Sida) des personnes les proposant.
Pour d'autres informations sur les traitements complémentaires, nous vous conseillons de vous reporter à notre journal
Sida Tout Va Bien et surtout sur notre serveur Internet (près de 800 pages d'informations concernant de nombreux aspects du Sida et d'autres maladies). (0498)


Q-R 6

Q Mon meilleur ami a une liaison avec une femme séropositive, mais celle-ci tente de le dissuader de se protéger.

Voici sous forme de questions les deux arguments qu'elle avance :

1. La charge virale d'un séropositif peut-elle passer en 2 mois et demi sous l'effet d'une trithérapie à base de Crixivan et de Combivir de 137 500 copies/ml à moins de 200 ?

2. Une personne séropositive est-elle toujours contaminante avec une charge virale inférieure à 200 ?

R Il est tout à fait possible qu'une charge virale passe de 137 500 à moins de 200 copies/ml deux mois et demi après le début d'une trithérapie.
Concernant le risque de contamination, il est moindre à 200 qu'avec une valeur élevée ; mais il existe encore. (0998)


Q-R 7

Q Je souhaiterais savoir à partir de quel niveau de charge virale une personne séropositive devient contaminante ? J'ai entendu dire que cette limite se situait à 10 000 copies/ml, est-ce exact ?

R Toute personne séropositive au VIH peut être contaminante. Ce risque est moindre pour des valeurs basses de charge virale, mais, il existe toujours.
Il est donc faux de dire que ce risque n'existe pas en dessous de 10 000 copies/ml.
Dans l'information qu'on vous a transmise, il y a peut-être eu une confusion : en effet, certains médecins citent souvent ce chiffre de 10 000 copies/ml comme limite pour débuter une trithérapie ; mais certainement pas pour définir une absence de contagiosité. (0998)


Q-R 8

Q Mon amie est séropositive, mais sa charge virale est indétectable. Je me suis toujours protégé lorsque nous faisions l'amour. Je voudrais savoir (dans ce contexte bien précis) où résident les risques de contamination les plus forts ; savoir si je dois m'inquiéter lorsque mon sexe ou plutôt mon gland touche son vagin et ses sécrétions, étant donné que ses sécrétions se trouvent toujours en dehors du vagin.

D'autre part, avant qu'elle ne m'apprenne qu'elle était séropositive, j'ai eu plusieurs contacts avec ses sécrétions lors de cunnilingus. Cependant, je n'avais pas de lésions dans la bouche. Y a-t-il eu des risques ?

Je voudrais que vous me confirmiez qu'il est impossible d'être contaminé dans mon cas étant donné sa charge virale indétectable et la protection utilisée à chaque rapport.

R En cas de rapport sexuel avec une personne séropositive ayant une charge virale indétectable, il convient d'utiliser encore le préservatif au même titre que dans le cas des personnes ayant une charge virale détectable.
Si le gland d'un homme ne portant pas de préservatif est mis en contact avec le vagin ou les sécrétions cervico-vaginales d'une femme séropositive, il y a un risque de contamination.
En cas de cunnilingus avec une femme séropositive, le risque de transmission du VIH est quasiment nul si l'homme ne présente pas de lésion sanguine, même microscopique, au niveau de la bouche.
Je vous confirme qu'il est possible qu'un homme soit contaminé par le VIH s'il a un rapport sexuel avec une femme, et même si sa charge virale est indétectable. (0399)


Q-R 9

Q Je vous remercie de tout cœur de votre réponse. Suivant vos conseils, je suis allé faire des tests dont je connaîtrais le résultat dans deux jours : Elisa, Western-Blot et mesure de la charge virale. Ces tests se feront donc au 21ème jour après avoir été mis en situation de risque d'avoir été contaminé. Au cas où tous ces tests seraient négatifs, quelle serait la probabilité que je sois malgré tout contaminé ? Le médecin que j'ai vu m'a dit que cela n'était pas possible à chiffrer ... J'aimerais connaître votre avis.

Un grand merci d'avance et bravo pour votre action.

P.S. Si vous publiez mon courrier, merci de bien vouloir respecter l'anonymat.

R Si la mesure de la charge virale (effectuée au mieux avec un test ayant la meilleure sensibilité, à savoir un seuil de détection le plus bas ; donc au moins de 80 copies/ml) est indétectable après le 12ème jour à compter du jour où il y aurait eu un risque de contamination pour le VIH, la probabilité d'une erreur est, a priori, nulle.
Par contre, il peut exister de rares cas de fausse positivité (c'est dans ce cas que l'on pourrait dire que l'on peut pas donner d'estimation précise). Dans ce cas, et surtout si le risque de contamination était a priori minime, on pourrait conseiller de répéter cet examen afin d'éviter d'avoir à attendre 3 mois les résultats du test du Sida (sérologie). Un problème risque de se poser, à savoir le coût total de ces examens. Ce qui explique que la mesure de la charge virale, en cas de risque potentiel de contamination par le VIH, soit encore un examen très peu pratiqué dans ce cas (ce qui nous semble regrettable). Cela explique aussi pourquoi certains pensent que, dans ce cas, cet examen devrait être complètement à la charge du demandeur (en sachant que si cet examen se généralisait dans ce genre de situation, son coût pourrait être revu fortement à la baisse). Vaste débat ...

Concernant les échanges de courriers reçus par e-mail, nous en sélectionnons certains afin d'alimenter la rubrique des FAQ de notre serveur Internet, afin de transmettre nos informations au plus grand nombre de personnes qui le souhaitent.
Informer permet aussi de participer efficacement à la prévention dans différents domaines. Nous pensons que cela doit être une de nos missions. Cette façon de faire permet, de plus, de faire participer à cette mission, indirectement, les internautes qui nous interrogent !
Pour ce faire, en pratique, nous préservons évidemment l'anonymat ; et si cela est nécessaire, nous modifions ou supprimons certains passages. (0399)


Q-R 10

Q Suite à une initiative d'AIDS 83, je prépare une BD sur le SIDA. Je voudrais savoir :

- ce qu'est une quadrithérapie (exemples et rôle de chaque composant)

- comment se déroule une attaque du virus (détails) depuis de son entrée dans le corps.

- qu'est-ce qu'une charge virale ?

R Une quadrithérapie est une association de quatre médicaments anti-rétroviraux (tout comme une trithérapie qui, elle, associe trois médicaments).
Les médicaments associés agissent au niveau d'enzymes (reverse transcriptase, protéase) du virus qui interviennent au cours de l'infection des cellules cibles du VIH : analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase (AZT, ddI, ddC, 3TC, D4T, abacavir), inhibiteurs non-nucléosidiques de la reverse transcriptase (névirapine, efavirenz, delaverdine), inhibiteurs de protéase (indinavir, saquinavir, ritonavir, nelfinavir, amprénavir).
D'autres médicaments sont à l'étude qui agissent au niveau d'autres enzymes du virus (par exemple inhibiteurs de l'intégrase).

Dans le cadre des trithérapies ou des quadrithérapies :

1/ deux analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase sont souvent associés : D4T/3TC, D4T/ddI, AZT/3TC, AZT/ddI.

2/ en général, on associe un inhibiteur de protéase à deux analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase. Parfois, on associe une combinaison de deux inhibiteurs de protéase (ritonavir/saquinavir, nelfinavir/saquinavir, ritonavir/indinavir) à deux analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase.

3/ d'autres combinaisons associent : un ou deux inhibiteurs de protéase, un ou deux analogues nucléosidiques inhibiteurs de la reverse transcriptase et un inhibiteur non-nucléosidiques de la reverse transcriptase.

Le virus VIH, une fois introduit dans le corps humain, va infecter certaines cellules pour lesquelles il a une attirance particulière (on parle de tropisme cellulaires).
La principale cible du VIH est le lymphocyte T4.

L'infection de cette cellules s'effectue et se traduit successivement par :

1/ la pénétration du VIH au sein du cytoplasme du lymphocyte T4 : pour se faire, le VIH (par l'intermédiaire des glycoprotéines de son enveloppe) s'accroche au récepteur CD4 se trouvant au niveau de l'enveloppe du lymphocyte.

2/ la transcription de l'ARN en ADN viral en utilisant l'enzyme reverse transcriptase.

3/ l'ADN viral est ensuite intégré dans l'ADN du noyau du lymphocyte (son code génétique).

4/ la cellule infectée peut alors produire de nouveaux virus en utilisant l'enzyme protéase.

5/ ces nouveaux virus sortent ensuite du lymphocyte pour aller infecter d'autres cellules.

Parmi les autres cibles du VIH, l'infection des cellules s'effectue parfois différemment. C'est le cas notamment des neurones. Ces cellules n'ayant pas de récepteur CD4 au niveau de leur enveloppe, le VIH, pour pénétrer dans la cellule, s'accroche au niveau d'autres récepteurs que le CD4 (plusieurs récepteurs interviendraient, mais on n'a pas pu encore déterminer celui qui serait essentiel).

Concernant la charge virale : il s'agit de la mesure dans le sang de la quantité de particules virales exprimée en nombre de copies de virus par ml. C'est un examen essentiel pour apprécier l'efficacité des traitements ; le but étant que la charge virale soit indétectable. Ce qui signifie que la quantité de virus dans l'organisme a été extrêmement réduite, sans pour autant que le virus ait complètement disparu. En effet, d'une part cette mesure est limitée par un seuil de sensibilité, ce qui fait que, selon les techniques, des valeurs inférieures à 200 ou 80 ou 20 copies/ml ne peuvent pas être détectées, et, d'autre part, cet examen ne permet pas d'apprécier la quantité de virus au niveau des tissus (quantité non circulante).

Pour plus de précisions sur ces sujets, nous vous conseillons de consulter le serveur Internet <http://www.positifs.org/>, notamment à la rubrique Aspects médicaux du Sida. (1199)


Q-R 11

Q Le risque de contamination est-il élevé lorsque les secrétions vaginales d'une femme séropositive, dont la charge virale est indétectable, sont mises en contact avec le gland ou le sexe d'un homme séronégatif ?

R Le risque de contamination d'un homme lors du contact de son pénis avec les secrétions vaginales d'une femme séropositive dont la charge virale est indétectable est moindre que dans la situation d'une femme ayant une charge virale détectable. Mais il existe. Il convient donc de conserver les mesures de préventions recommandées (notamment port du préservatif).

À ceci, il faut ajouter que des études ont montré que la charge virale dans le sang pouvait être indétectable alors que la mesure de la charge virale au niveau des secrétions sexuelles (examen réalisé actuellement uniquement dans des laboratoires de recherche) pouvait être détectable. Une des implication est donc de souligner l'absence de corrélation qui peut exister entre le niveau de la charge virale dans le sang et le niveau de risque de transmission du VIH. (0200)


Q-R 12

Q Je voudrais tout d'abord vous féliciter pour ce site qui répond à l'essentiel des questions que je me posais à propos du sida.

J'ai appris que j'étais séropositif il y a 3 semaines et ma séroconversion s'est faite après juillet 1999 car j'avais effectué un test qui était négatif à cette époque.

J'aimerais savoir si le nombre élevé de copies peu de temps après ma séroconversion est corrélé avec "l'agressivité" du virus, sachant que ma primo-infection, en octobre, a duré une semaine et était particulièrement intense (fièvre à plus de 39° en continu, courbatures, vertiges...).

R Tout d'abord, nous vous remercions pour votre appréciation sur notre serveur Internet.
Cela nous fait d'autant plus plaisir que ce serveur est réalisé totalement bénévolement (comme les autres activités de l'association POSITIFS) et sans l'aide d'aucune subvention.
Des compliments, comme le vôtre, ne peuvent que nous stimuler pour continuer ce travail qui porte ses fruits : nous allons atteindre d'ici quelques semaines un million de connexions et, ce serveur qui était déjà devenu un des plus consultés au niveau européen, est de plus en plus consulté dans d'autres pays comme ceux d'Afrique et il semble que cela devienne aussi le cas pour les États-Unis.

Concernant votre question sur le niveau élevé de votre charge virale constaté peu de temps après une séroconversion : cela ne signifie pas que la personne soit infectée par un virus qui serait plus agressif avec un risque plus élevé d'évolution rapide vers la maladie.
En effet, à l'occasion d'une infection par le VIH, il existe une rapide ascension de la virémie (mesurée par la charge virale) qui est contemporaine de la diffusion massive des virions au niveau de tous les organes lymphoïdes. Ce qui se traduit par des titres élevés de virus au niveau plasmatique (la charge virale dépasse en général 1 million de copies/ml), ainsi qu'au niveau génital (ce qui explique pourquoi, à ce stade, ces personnes peuvent potentiellement transmettre le VIH avec une grande facilité).
Puis, on observe une nette diminution de la charge virale correspondant à une stabilisation de la réplication.
Cette diminution s'explique en raison de l'intervention de certaines défenses immunitaires de la personne infectée (ces défenses émaneraient des lymphocytes CTL cytotoxiques ; les anticorps neutralisants n'étant détectables que quelques mois après la stabilisation de la réplication).
La plupart des symptômes cliniques survenant sont liés à cette augmentation brutale de la virémie et au développement de l'immunité. (0500)



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1ère version : mars 1998.

© Copyright association POSITIFS, France, 1998-99.
Page was maintained by Sylvain & Christian. Thanks.

© Copyright 2000, association POSITIFS, France.
Page maintained by Christian.
mise à jour en mai 2000.