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Cytomégalovirus (CMV)


Q-R 1

Q Puis-je vous poser quelques questions techniques pour le compte d'un patient qui est un de mes amis?

Cet ami est soigné dans une petite ville de province, non loin de Toulouse et on lui a flanqué la trithérapie qui semble la moins intéressante (Crixivan + Retrovir + Videx). Je lui ai conseillé de changer de CHU ; auriez-vous dans cette région un contact plus conforme à nos perspectives ?

D'autre part, on ne connaîtra pas le résultat sur la charge virale avant un mois et demi. Connaissez-vous une brochette d'examens plus souple, plus économique et plus accessible qui soit susceptible de nous permettre d'évaluer la réponse à un traitement ? Je ne connais que les profils et typages à la Burkel, mais c'est lourd et avec ces putains de RMO, je ne suis pas sûr qu'un médecin puisse encore les prescrire facilement.

Quels examens préconiseriez-vous pour un patient qui a été touché par les agents causals de la toxoplasmose et le CMV (les sérologie sont positives) de façon à voir si les "bébêtes" sont ou non actives sans passer par un scanner cérébral + épreuve thérapeutique (mal supportée).

Le problème, ce n'est pas tant les moyens -il y a sans doute des moyens naturels opérants- le problème est de mettre en évidence leur activité quasiment en temps réel, la baisse des T4 n'étant pas prédictive, bien au contraire.

Le cas que j'ai en vue est celui d'un homme d'une trentaine d'année dont la séropositivité a été découverte il y a 3 ans. On ne connaît pas l'origine de la contamination (ce n'est pas un patient à risque) et son état s'est détraqué depuis le début de cette année. Cette contamination doit donc remonter à 85/86. Il ne s'est pas remis d'une coqueluche qui a dégénéré en pneumocystose. Celle-ci a été bien soignée, il a repris 4 kilos, mais ses T4 sont tombés à 60/70 et comme je vous l'indiquais, on n'a pas choisi la meilleure trithérapie, à mon sens.

Nous avons la possibilité, à défaut de mieux, de faire appel à un radiesthésiste pour tester les remèdes ; mais quant à la stratégie, c'est plutôt l'embarras du choix. Si vous avez des suggestions à nous faire, je les accepterai volontiers. Merci d'avance.

R Concernant votre demande de conseil de CHU dans la région de Toulouse qui serait plus conforme à vos perspectives, nous n'avons pas de contact. Vous pourriez vous adresser à l'association Diagonale (18, rue des 7 Troubadours, 31000 Toulouse) qui pourra peut-être vous renseigner.

Concernant l'évaluation biologique de l'effet d'un traitement anti-HIV, il n'existe aucun marqueur fiable à 100%. Initialement, on avait recours surtout à la mesure des lymphocytes T4 : l'estimation la plus fiable est donnée par la valeur absolue par mm3 et surtout par la valeur en pourcentage. Toute modification importante des T4 doit être confirmée par un nouveau dosage. Certains recommandent d'associer la mesure des lymphocytes totaux en valeur absolue et celle des triglycérides. Des études ont montré que la fiabilité de la mesure des T4 serait d'autant plus élevée qu'il existe une concordance avec ces deux autres marqueurs : ainsi, quand les T4 sont au dessus de 200/mm3, les lymphocytes totaux sont au dessus de 1 000/mm3 et les triglycérides en dessous de 2,5g/l et inversement ; concernant la charge virale : cet examen est complémentaire de la mesure des T4, mais malheureusement, c'est un examen encore insuffisamment utilisé que ce soit en ville aussi bien qu'à l'hôpital. Son coût encore trop élevé fait que même dans certains hôpitaux de pointe, sa prescription en est limitée et, en ville, de nombreux laboratoires, qui le réalisent, ne donnent pas la possibilité au patient de se faire rembourser. Actuellement, en ville, cet examen peut être pris en charge par la sécurité sociale à condition d'utiliser le libellé suivant : culture du virus HIV dans le suivi thérapeutique et charge virale (pour plus de précision et notamment pour la réalisation de cet examen pour une personne en province, contacter de notre part le Docteur LY à l'Institut Fournier, 25, bd saint Jacques, 75680 Paris cedex 14, Tel. : +33 (0)1 40 78 26 00). Les médecins prescrivant ainsi en ville la charge virale n'ont, a priori, pas eu de problème avec les RMO (effectivement cela risque de ne pas être le cas pour les profils et typages du laboratoire Burkel).

Concernant le CMV : effectivement la sérologie est souvent positive : cette sérologie témoigne de la présence d'anticorps dés qu'une personne a été en contact avec le CMV, qu'elle ait fait antérieurement une affection à CMV apparente ou, le plus souvent, inapparente ; ce qui est le cas dans 50 à 60% de la population et chez 90 à 95% des homosexuels. Cette sérologie n'a pas d'intérêt chez la personne séropositive pour apprécier le risque de faire une infection clinique à CMV et notamment une rétinite à CMV. Ce risque est très rare au dessus de 100 T4/mm3 et devient fréquent en dessous de 50/mm3. L'examen au Fond d'œil doit être réalisé régulièrement en dessous de 100 T4mm3 (d'après certains auteurs tous les trois mois et tous les mois en dessous de 50 T4/mm3). La mesure de la virémie à CMV est l'autre examen important. Elle consiste à mettre en évidence le CMV dans le sang en utilisant une culture cellulaire. Quand elle est positive, il y a une probabilité de 50% que la personne fasse, dans les six mois, une infection clinique à CMV (rétinite ou, plus rarement, digestive, pulmonaire ou neurologique) ; deux virémies positives signent à 50% (et pour d'autres auteurs à 100%) la survenue d'une infection clinique à CMV dans les trois mois ; mais dans ce cas, les traitements préventifs seront inefficaces. Enfin, il convient, notamment en dessous de 50 T4/mm3, de consulter en urgence si un problème de vue, même léger, apparaît. La mesure dans les urines de la virurie est parfois utilisée, mais elle est plus difficile à interpréter.

Si vous souhaitez avoir plus de précisions sur le CMV, nous vous conseillons de contacter de notre part Serge LECOZ, coordinateur scientifique de la revue Info traitements (dans cette revue, plusieurs articles ont été consacrés au CMV et notamment aux traitements préventifs et curatifs) de l'association Actions Traitements (190, Bd de Charonne, 75020 Paris, Tel. : +33 (0)1 43 67 66 00).

Concernant les examens pour mettre en évidence un risque d'activité de la toxoplasmose, les moyens sont limités à la détection du moindre signe clinique, neurologique ou psychiatrique (il peut s'agir d'un symptôme banal comme des céphalées, ou d'une atteinte motrice ou sensitive, de convulsions, d'une cécité, de troubles de la personnalité, d'une confusion, d'une désorientation, voire d'un coma) qui doit conduire à la pratique d'un scanner au plus tard dans les 48 heures ou d'une IRM. Classiquement, ce risque est plus fréquent chez les personnes ne suivant pas une prophylaxie primaire et qui ont moins de 200 T4/mm3 ou moins de 15%. Si les T4 sont inférieurs à ces valeurs sur deux examens, cette prophylaxie est conseillée. Pour ce faire, l'utilisation du Bactrim (1 cp/j) est en général bien supportée (en cas d'allergie, une désensibilisation est possible) et permet aussi de procurer une prévention primaire ou secondaire de la pneumocystose.

Concernant l'utilisation de la radiesthésie pour tester les remèdes qui seraient les plus adaptés pour une personne donnée, nous n'avons pas d'élément pour vous répondre.

Pour information, nous devons éditer sur notre serveur Internet un texte en C.30. dans lequel nous avons évoqué le système Mora qui permettrait de suspecter la toxicité des molécules selon les personnes. (0997)


Q-R 2

Q Quels sont les symptômes cliniques d'une infection au CMV ?
Combien de temps faut il pour obtenir une sérologie CMV ?
Comment s'attrape une infection au CMV ?
Merci pour toutes ces réponses.

R Le plus souvent, l'infection à cytomégalovirus (CMV) ne donne pas de symptômes. Dans certains cas, il peut y avoir des signes cliniques : fièvre durant 2 à 4 semaines, une fatigue modérée, des céphalées, un syndrome mononucléosique (mais à la différence de la mononucléose, il n'y a pas d'angine, ni de ganglion au début) ; chez les nouveaux-nés, elle peut entraîner un retard sensitivo-moteur.
Cette infection est fréquente chez les sujets recevant une greffe d'organe.
Chez les sujets immunodéprimés, et notamment infectés par le VIH, c'est une infection opportuniste responsable de rétinite pouvant entraîner une cécité ; elle peut être de très mauvais pronostic (dans le cadre d'atteinte digestive).
La sérologie à CMV peut être réalisée rapidement en deux à trois jours.
La transmission de CMV se fait par l'intermédiaire de plusieurs secrétions de l'organisme : sperme, glaire cervicale, salive, secrétions bronchiques, sang, urines, selles, lait maternel.
Une fois qu'il y a eu un premier contact (primo-infection), le CMV persiste indéfiniment dans l'organisme à l'état latent malgré la présence d'anticorps. L'infection à CMV pouvant donc être réactivée à distance, notamment chez les sujets immunodéprimés. (0100)



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1ère version : mars 1998.

© Copyright association POSITIFS, France, 1998-99.
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mise à jour en janvier 2000.