POSITIFS INTERNET

FAQ


Accueil Positifs => en résumé => index général => Index des FAQ => Bactrim.

Plan du site


Bactrim


Q-R 1

Q Je suis un étudiant en sciences et je fais une recherche sur le Bactrim.

Est-ce qu'il serait possible de m'envoyer des renseignements sur sa composition chimique et son effet biologique et chimique sur le corps humain ? Ce genre de renseignements seraient grandement appréciés.

R Pour ce qui concerne sa composition chimique : le Bactrim® est composé de deux antibiotiques qui agissent en synergie : le sulfaméthoxazole et le trimethoprime (respectivement 400 et 80 mg ; et, pour la présentation dite "Fort e" : 800 et 160 mg) et d'excipients.

Pour ce qui concerne ses effets biologiques et chimiques : le sulfaméthoxazole est un antibiotique de la famille des sulfamides ; le trimethoprime est un antibiotique de la famille des diaminopyrimidines. Ces deux antibiotiques bloquent, à deux niveaux consécutifs, la chaîne métabolique qui conduit aux nucléoprotéines bactériennes.

Le Bactrim® a donc un large spectre antibactérien : il agit notamment sur Pneumocystis carini, Toxoplasma gondii, salmonella, shigella, haemophilus, E. coli, klebsiella, enterobacter, proteus, citrobacter, Vibrio cholerae, listeria, etc.

Pour ce qui concerne son métabolisme après absorption : les concentrations plasmatiques maximale sont atteintes en 2 à 4 heures (pour un comprimé de Bactrim® Forte : entre 40 et 60 mg/ml pour le sulfaméthoxazole et de 1 à 2 mg/ml pour le trimethoprime) ; la demi-vie est respectivement de 9-11 heures et 10-12 heures ; sa diffusion est rapide (liquide céphalo-rachidien, l'oreille moyenne, les amygdales, la salive, les poumons, les sécrétions bronchiques, la prostate, le liquide séminal, les sécrétions vaginales, l'os) ; la liaison aux protéines est respectivement de 66% et de 45%. Dans le sang, 85% du sulfaméthoxazole est métabolisé en dérivés glycuroconjugués et acétylés en N-4 qui seraient bactériologiquement inactif, et 25% du trimethoprime est métabolisé en métabolites qui seraient actifs. 80% du Bactrim® est éliminé en 72 heures par voie urinaire, sous forme métabolisée ou inchangée (20% pour le sulfaméthoxazole, 50% pour le trimethoprime) ; une partie est excrétée par la bile (concentrations similaires aux concentrations plasmatiques), mais seule une faible fraction de trimethoprime (4% est éliminée dans les fèces, en raison de sa réabsorption intestinale.

Le Bactrim® est souvent utilisé dans le traitement d'infections urinaires ou prostatiques, quand l'utilisation d'antiseptiques usuels n'est pas appropriée. Comme tout antibiotique à large spectre, il est préférable, afin de ne pas favoriser l'émergence de résistances, de ne l'utiliser, au cours des infections broncho-pulmonaires, digestives, génitales et de l'oreille moyenne, qu'en cas de nécessité. Dans le cadre de l'infection due au virus HIV, il est utilisé, en particulier, dans le traitement préventif (prophylaxie primaire) de la pneumocystose pulmonaire et de la toxoplasmose cérébrale, ainsi que dans le traitement curatif de la pneumocystose.

Les effets secondaires les plus fréquents sont des nausées, des vomissements, des épigastralgies, des éruptions cutanées prurigineuses.

D'autres effets secondaires sont plus rares, mais ils peuvent nécessiter l'arrêt du traitement (ou le recours à des techniques de désensibilisation qui ont été notamment développées chez des personnes infectées par le virus HIV). Il s'agit notamment d'effets hématologiques d'origine immuno-allergique* : chute des plaquettes (thrombopénies), chute des globules blancs (leuconeutropénies), d'anémies, d'aplasies médullaires (chute des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes). Chez les sujets âgés et/ou carencés en acide folique (interférence possible avec le métabolisme de l'acide folique endogène), le mécanisme en cause serait de type toxique, et dose et durée dépendant.

Il s'agit aussi d'autres manifestations d'hypersensibilité (choc anaphylactique, œdème de Quincke), d'hyperthermie, de nécrolyses épidermiques (érythème polymorphe, syndrome de Lyell et de Stevens-Johnson), d'hépatites, de colites pseudo-membraneuses. Des altérations de la fonction rénale et des atteintes neurologiques (méningites aseptiques) ont été exceptionnellement décrites.

Signalons pour terminer que le Bactrim® ne doit pas être utilisé chez les personnes porteuses d'un déficit enzymatique en G6PD (risque de déclenchement d'anémie hémolytique), en fin de grossesse, en cas d'allaitement, chez les nouveau-nés et les prématurés (en raison de l'immaturité des systèmes enzymatiques hépatiques) ; durant la grossesse, son utilisation n'est pas recommandée en raison de son effet tératogène décrit chez l'animal ; une surveillance biologique est nécessaire en cas de traitements prolongés, chez les sujets âgés ou carencés en folates, en cas d'insuffisance hépatique ou rénale ; enfin une surveillance particulière est nécessaire en raison d'interactions médicamenteuses possibles (anticoagulants de type coumarinique, antidiabétiques oraux de type sulfonylurée, ciclosporine, phénytoïne).


*
Ces effets immuno-allergiques seraient plus fréquents chez. les personnes infectées par le virus HIV et en particulier avec la forme dite "Forte". (1097)

Q-R 2

Q J'ai appris, il y a peu de temps, que je suis séropositifs.

Je souhaiterais avoir des informations sur les traitements officiels, mais aussi sur les traitements non-officiels puisque certains de ces traitements complémentaires seraient de plus en plus utilisés.

R Effectivement, nous pensons qu'il est utile d'avoir recours à certains traitements appelés "complémentaires", que ce soit chez les personnes ayant un traitement antirétroviral officiel ou chez les personnes ne recevant pas encore ce type de traitement.

Parmi ces traitements, certains nous semblent essentiels. C'est le cas de la vitamine C (au moins 750 mg/jour, sous forme de comprimés ou de fruits ; le kiwi est le fruit qui en contient le plus), de la glucuronamide [sous forme de Guronsan® (1 cp/j le matin) ou de Détoxalgine® (2 cp/j le matin) ; ces deux composés apportent à cette posologie déjà 500 mg/j de vitamine C], de la vitamine E (Toco 500®, 2 à 3 cp/j, remboursé Sécurité sociale) et sélénium (Sélénium granions®, 2 ampoules le matin, remboursé Sécurité sociale). Certains de ces traitements (vitamine E et C) sont même maintenant recommandés officiellement par des associations "officielles" comme Aides (dans son journal Remaides).

D'autres traitements dits "complémentaires" ont aussi un intérêt. Et ce, d'autant plus que de plus en plus de chercheurs considèrent que le virus HIV n'est pas suffisant pour expliquer l'évolution de cette infection vers le Sida ; des co-facteurs interviendraient, et semble-t-il de façon différente selon les personnes (l'état d'oxydation des cellules est un de ces co-facteurs sur lequel agissent les vitamines C et E).
Mais pour de nombreux traitements parmi ceux-ci, des études complémentaires seraient nécessaires pour confirmer ou non leur intérêt.

Si vous avez la possibilité de vous connecter sur notre serveur Internet (<http://www.positifs.org/>), vous pourrez avoir de nombreuses informations sur ces traitements (ce serveur propose plus de 500 pages d'informations dont plus de la moitié sur les traitements).

Concernant les traitements antirétroviraux officiels, il ne faut effectivement pas les commencer trop tôt, mais il ne faut pas les utiliser non plus trop tard.

De nouvelles recommandations ont été publiées par des experts internationaux à la fin du 2ème trimestre 1997. S'il existe un consensus sur l'idée de "traiter tôt et fort", les avis divergent encore sur les chiffres biologiques à retenir comme points limites.

Les bithérapies (AZT-ddI, AZT-ddC, AZT-3TC) ne doivent plus être utilisées, car elles risquent de faire apparaître des résistances qui rendront moins efficaces les trithérapies utilisées ultérieurement.

L'instauration des trithérapies est donc, maintenant, recommandée officiellement en cas de signes cliniques (infections opportunistes), quel que soit le niveau des CD4 et de la charge virale. C'est aussi le cas, même en cas de charge virale satisfaisante, si les CD4 sont inférieur à 200/mm3, et, pour de plus en plus de spécialistes, si les CD4 sont inférieurs à 350/mm3 (certains spécialistes les recommandent même en cas de CD4 inférieur à 500/mm3). C'est enfin le cas, même en cas de CD4 très élevé (semble-t-il), si la charge virale est supérieure à 30 - 50 000 copies/ml (certains spécialistes les recommandent même dès 10 000 copies/ml -voire dès 5 000 copies/ml).

Chez les personnes non traitées, la charge virale doit être vérifiée tous les trois à six mois.

L'association D4T, 3TC et indinavir, qui est une des trithérapie qui semble la plus intéressante du point de vue de son efficacité, devrait être utilisée en première intention. Les associations comportant du nelfinavir semblent prometteuses. Il semble que cela soit aussi le cas de celles comportant deux inhibiteurs de protéases.

Sous trithérapie, l'idéal est de parvenir à une charge virale indétectable en six mois et, si possible, plutôt en trois mois. En cas de réapparition d'une charge virale détectable, ce résultat doit être confirmé impérativement 15 jours après et conduire, si possible, au remplacement d'au moins deux des trois molécules. Il en est de même si la charge virale était restée détectable, mais en ayant baissé initialement d'au moins 1,5 à 2 log, et qu'elle dépasse ensuite le niveau antérieur de 5 000 à 10 000 copies/ml. Une charge virale qui resterait supérieure à 1 000 copies/ml trois mois après le début d'une trithérapie serait prédictive d'un risque rapide de rebond.

Nous espérons que notre courrier vous aidera à y voir plus clair aussi bien dans le domaine des traitements antirétroviraux officiels** que dans le domaine des traitements complémentaires.

N'hésitez pas à nous recontacter.


** Concernant les traitements officiels, je vous rappelle que le traitement par Bactrim® (1 cp/j) permet de ne pas contracter de pneumocystose pulmonaire ou de toxoplasmose cérébrale, deux des infections opportunistes les plus fréquentes. Cette prévention primaire est conseillée chez les personnes ayant des lymphocytes T4 en dessous de 200/mm3 ou en dessous de 15% (en cas d'allergie, il est possible de pratiquer des techniques de désensibilisation). Dans certains cas, d'autres prophylaxies sont aussi conseillées (notamment vis à vis des mycobactéries). (1297)


Haut de page
 

1ère version : mars 1998.

© Copyright association POSITIFS, France, 1998.
Page maintained by Sylvain & Christian.