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Anémie mégaloblastique


Q-R 1

Q Nous sommes à la recherche d'informations sur "ANEMIE MEGALOBLASTIQUE ET SIDA" ou bien "Vitamin B12 deficiency is the primary cause of megaloblastic anaemia", mais nous n'avons rien trouvé de bon et de précis.

Pouvez-vous nous aider à nous en sortir ?

Si c'est possible vous pouvez nous envoyer des références à consulter.

R Pour vous répondre, nous nous placerons dans un cadre général qui concerne aussi bien les personnes saines que les personnes infectées par le virus HIV.

Puis, nous indiquerons certains faits spécifiques à l'infection à HIV et au Sida.

L'anémie mégaloblastique est une anémie (taux d'hémoglobine dans le sang en dessous de 12 g/100 ml) avec un Volume Globulaire Moyen (VGM) très élevé (en général le VGM est supérieur à 120 m3). Quand on pratique un myélogramme, on découvre au niveau de la moelle osseuse des mégaloblastes qui sont la traduction d'un trouble de la synthèse de l'ADN au niveau du futur globule rouge. La cause est parfois évidente : carence en acide folique (carence d'apport secondaire à une grande dénutrition), carence d'absorption (secondaire à une résection chirurgicale de l'intestin grêle, une gastrectomie, une sténose intestinale, une fistule intestinale et surtout par malabsorption intestinale quelle qu'en soit la cause et qui se traduit par une diarrhée), carence relative (chez les femmes ayant eu plusieurs enfants, en cas de stimulation chronique de la moelle par une anémie réfractaire ou hémolytique), carence d'utilisation (alcoolisme, médicaments antifoliques).

Dans tous ces cas, le dosage de l'acide folique permet de confirmer le diagnostic, et le traitement d'épreuves par l'acide folique est justifié.

Si la cause n'est pas évidente, le diagnostic à soupçonner est celui de maladie de Biermer. La confirmation de ce diagnostic repose sur la démonstration de l'existence d'une carence en vitamine B12 par le dosage sanguin de cette vitamine (le taux de l'acide folique étant alors normal) et d'anomalies au niveau de l'estomac (absence de l'acidité chlorhydrique, atrophie de l'estomac visualisée à la fibroscopie, absence de Facteur Intrinsèque [c'est une protéine synthétisée au niveau de l'estomac et qui permet que la vitamine B12 soit absorbée au niveau de l'intestin] dans le liquide gastrique, ou test de Schilling révélant un effondrement de l'absorption de la vitamine B12 avec une correction possible du trouble par l'adjonction de Facteur Intrinsèque, et de démontrer si possible la présence d'anticorps anti-Facteur Intrinsèque).

S'il ne s'agit pas d'une maladie de Biermer, d'autres causes sont à rechercher là où le dosage de l'acide folique et de la vitamine B12 est utile, afin de montrer si l'une de ces deux vitamines est déficitaire : l'anémie botriocéphalique (surtout dans les régions des lacs) où la vitamine B12 est consommée par le ver (c'est aussi le cas s'il y a une infection intestinale dans le cadre du syndrome des anses borgnes), une malabsorption intestinale méconnue (qui ne se serait pas traduite par une diarrhée, ni par une perte de poids) où il y a souvent un déficit en acide folique parfois associé à un déficit en vitamine B12, et à une carence en fer. Il existe aussi de rares cas d'anémie mégaloblastique primitive pré-leucémique, qui est un diagnostic à évoquer quand les taux sanguins des deux vitamines sont normaux. Il existe aussi chez les enfants de rares causes génétiques responsables notamment d'une malabsorption de la vitamine B12.

Chez les personnes infectées par le virus HIV, il est fréquent que le taux sanguin de la vitamine B12 soit très bas quand les lymphocytes T4 sont très bas. En fait, il existerait aussi des troubles minimes de l'absorption intestinale de cette vitamine, même à des stades précoces de l'infection, en raison de la présence du virus HIV au niveau des cellules de l'intestin dès ce stade. Au stade précoce de l'infection à HIV, le déficit en vitamine B12 existe chez 24 à 36% des personnes vivant dans des pays occidentaux. Quand on arrive à normaliser les taux de vitamine B12 en supplémentant ces personnes, on constate parfois une augmentation des lymphocytes T4 et une amélioration des fonctions cognitives. Une étude plus récente a montré que le risque d'évolution vers le stade Sida est deux fois plus élevé pour les personnes ayant des taux sanguin bas en vitamine B12 (cette étude est résumée sur notre serveur Internet <http://www.positifs.org/> à la rubrique C.22., chapitre V, paragraphe V, 1). Une autre étude que nous avons aussi résumée (C.22., V, 4) a montré que les niveaux sanguins en vitamine B12 et en acide folique n'étaient pas influencés par la supplémentation par voie orale ; ce qui pourrait s'expliquer par une diminution de l'absorption intestinale.

II a été montré aussi, chez des personnes ayant des taux peu abaissés des lymphocytes T4, que des taux bas en vitamine B12 étaient secondaires à la prise d'AZT. Concernant I'AZT, il est fréquent d'observer aussi chez les personnes recevant ce traitement une macrocystose isolée (sans anémie) et souvent modérée qui est le témoin d'une toxicité modérée au niveau de la moelle où se forment les cellules sanguines. (0997)



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1ère version : mars 1998.

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