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C.73.Bases moléculaires de la prise en charge alimentaire PDF print email
Written by GMK Tran   
Wednesday, 28 December 2011 17:49
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C.73. Bases moléculaires de la prise en charge alimentaire du cancer de la prostate par les « alicaments » : Blocage de NF-kB et stimulation de p53.

-20°Journées scientifiques de l’Association pour la Recherche sur les Tumeurs de la Prostate, Paris 2/12/2011- 

 Guy Mong Ky TRAN1,2, GERBAUD Laurent1, CAPRANI Adrien2

 1 Université d’Auvergne, Département de Santé Publique (Pr Gerbaud L), Hôtel-Dieu, 63 000 Clermont-Ferrand

2 Association Positifs, Paris

Objectif de l’étude : Nous cherchons à traiter les malades par une alimentation anti-cancer de la prostate qui puisse renforcer l’action du traitement classique, en se basant sur les mécanismes d’action moléculaires des différents « alicaments ».

 

Matériel et méthodes : Une analyse des 3 ouvrages sur le traitement anti-cancer de David Servan-Schreiber (2010), David Khayat (2010) et Denis Gingras/Richard Beliveau (2005) est effectuée en se focalisant spécifiquement sur le cancer de la prostate.

Résultats : Le régime alimentaire préconisé en cas de cancer de la prostate comprend : Thé vert, resvératrol (vin rouge), curcuma, jus de grenade, graines de lin, soja, sélénium, tomates cuites, algue brune, choux, alliacés (ail), vitamine D3, café décaféiné à fortes doses, baies de Goji.

Le thé vert (épigallo catéchine 3-gallate ou EGCG) inhibe NF-Kb et stimule p53, ralentit la croissance des lignées cellulaires (Demeule M, 2005) ; est actif associé au soja chez la souris (Zhou JR, 2003) et la souris transgénique (Crespy V, 2004 ; Beliveau R, 2004).

Le vin rouge (resvératrol) à la dose de 1 verre/j entraine une baisse de 40% du cancer, alors que la bière n’a aucun effet voire est nocif. Le resvératrol inhibe NF-kB (Manna SK, 2000) et agit sur le promoteur de p53 (stimulation), induit une apoptose mitochondriale et améliore la réparation des gènes ; il est actif sur l’adénocarcinome du rat transgénique (Seeni  A, 2008). Il est possible de ne pas prendre de vin, mais seulement le resvératrol lui-même.

Le curcuma (toujours associé au poivre pour être absorbé, + huile): L’incidence du cancer de la prostate n’est que de 5/100 000 en Inde, où on consomme quotidiennement du curcuma, contre 104/100 000 aux USA où on n’en consomme jamais ; la curcumine inhibe NF-kB et stimule p53.

Le jus de grenade, connu de la médecine Perse depuis des millénaires, divise par 3 la vitesse de propagation du cancer opéré en rechute (Pantuck AJ, 2006).

Les graines de lin moulues (consommation de 30 g/j) ralentissent la croissance des tumeurs de 30 à 40% (Université de Duke, 2007).

La génistéine du soja et des graines de soja retarde la progression dans une étude de phase II après traitement local (Pendleton JM, 2008) ; la génistéine bloque la division cellulaire et stimule l’apoptose (Hussain M, 2006).

Le sélénium diminue de moitié le nombre de cancers (17 versus 35 chez les non supplémentés) sur 974 personnes (Duffield-Lillico AJ, 2003 ; Clark LC, 1996).

La tomate cuite (lycopène) diminue le risque de 30% et augmente la survie (Chan JM, 2006).

La fucoxanthine (algue marine brune) est un caroténoïde encore plus efficace que le lycopène sur l’inhibition de la croissance des cellules cancéreuses (Marruyama H, 2003 ; Shimizu J, 2005). Toutefois, après la catastrophe nucléaire de Fukushima, il ne faut plus se ravitailler au Japon pour les algues marines.

Les crucifères [choux (sulforaphane)], 3 portions ou plus par semaine, sont plus efficaces que la tomate, l’aliment de référence, pour la prévention (Verhoeven DTH, 1996 ; Talalay P, 2001).

Les alliacés [ail (allicine, diallyl sulfide)] à la dose > 10g/j entrainent 50% moins de cancer qu’à la dose < 2g/j (Hsing AW, 2002).

La vitamine D3 ou cholécalciférol (2 000 UI/j) ralentit la hausse du PSA dans 14/15 cas et le fait régresser dans 9/15 cas (Woo TCS, 2005).

Le café (normal ou décaféiné, indifféremment) à fortes doses (6 tasses/j ou plus) diminue de 60% le risque de cancer de la prostate mortel (la forme la plus critique) selon une étude de Harvard (Wilson KM, 2011 May 11). La substance protectrice n’est pas la caféine, et elle protège aussi contre le cancer du sein.

Les baies de Goji (polysaccharides de Lycium Barbarum) de la médecine Tibétaine induisent l’apoptose et inhibent la croissance dans un modèle de xénogreffe chez la souris (Luo Q, 2009).

 Conclusions et perspectives : Les « alicaments » sont des aliments banaux du quotidien, non toxiques, mais qui ont montré une réelle efficacité dans des études cliniques, pour certains (vin rouge, jus de grenade, graines de lin, ail, soja, sélénium, tomate, café à fortes doses même décaféiné). Il est donc recommandé de les prendre au cours des repas pour encadrer un traitement classique et renforcer l’action de celui-ci ; les bénéfices d’une association de plusieurs aliments synergiques peuvent se révéler supérieurs à celui d’un aliment pris isolément. Le mécanisme en cause pour 3 d’entre eux (le thé vert, le curcuma et le vin rouge) est le blocage de NF-kB, c’est-à-dire qu’il passe par la stimulation de p53 le gardien du génome. Selon toutes vraisemblances, la substance anti-oxydante et anti-inflammatoire contenue dans le café décaféiné pourrait aussi appartenir à cette famille.

 

 

Last Updated on Friday, 12 April 2013 18:27