Actuellement, des efforts venant de certains
pays sont
tentés pour que les personnes vivant dans des pays
démunis (comme en Afrique) puissent avoir
accès à un suivi médical correct et aux
traitements dont bénéficient les habitants
d'autres pays plus riches.
Cependant, il faut être réaliste ; les
infrastructures sanitaires de la plupart des pays africains
ne sont pas en mesure d'être suffisamment
opérationnelles vis-à-vis de cette infection,
et aussi de pouvoir s'occuper d'un nombre si important de
personnes concernées. Pour plus de précisions
sur ce sujet, vous pouvez vous reporter à la
rubrique I.2 de notre serveur
Internet.
En fait, l'idéal serait que les personnes vivant en
Afrique puissent être suivies médicalement dans
leur pays, et recevoir sur place, si nécessaire, un
traitement.
Jusqu'à présent, cela semblait donc tout
à fait utopique en raison de la situation
économique de la plupart des pays d'Afrique et de
l'état des infrastructures sanitaires.
Depuis plusieurs mois, certains avaient proposé,
en raison de cette situation, la création d'un fonds
de solidarité internationale (pour plus de
précisions, se reporter à l'article
précédemment indiqué, en I.2 de notre
serveur Internet). Cette idée a été
particulièrement développée au cours de
l'année 1998 par Monsieur Bernard KOUCHNER (ministre
de la Santé en France).
Nous avons appris récemment que ce Fonds de
Solidarité Thérapeutique Internationale (FSTI)
allait enfin devenir opérationnel.
Un communiqué de presse officiel devrait être
diffusé dans les semaines à venir.
Actuellement, ce projet en est encore à un stade
expérimental.
En effet, la France est, pour l'instant, le seul pays
à s'être engagé, et les financements
sont encore limités (financements provenant du
ministère de la Coopération et du
ministère de la Santé).
Le but du FSTI est de favoriser l'accès aux
traitements de l'infection à VIH.
Mais ce projet a été conçu pour
s'inscrire dans le cadre d'un programme de santé
publique ; ce qui signifie qu'il doit aussi participer
à l'information des personnes, à la
prévention et au councelling. Il s'agit de trouver
les mots et discours adaptés aux différentes
cultures pour arriver à faire passer
réellement les messages, et pour responsabiliser les
personnes. Il importe, notamment, de convaincre au mieux,
afin d'obtenir une bonne assiduité dans le suivi, ou
le traitement, médical.
Donc, le FSTI peut être sollicité pour venir en
appui à des projets répondant à ces
objectifs. Ce qui signifie qu'une personne donnée ne
pourra bénéficier d'une aide émanant du
FSTI que par l'intermédiaire, uniquement, d'une
organisation ayant un projet qui a reçu le soutien
officiel du FSTI.
Une autre spécificité du FSTI est d'essayer
d'obtenir que les états africains, où le FSTI
interviendrait, participent financièrement, eux aussi
(NDLR : cette mesure nous semble intéressante, mais
il faut éviter à tout prix qu'elle ne devienne
discriminatoire ; ce qui présuppose que la
participation financière demandée à
chaque pays africain concerné ne soit pas excessive,
et surtout, qu'elle soit calculée en fonction de la
situation économique réelle de chacun des
pays, laquelle risque cependant d'être difficile
à établir pour certains pays...).
Dans un même ordre d'idée, une participation
financière sera demandée aux personnes
concernées. Elle sera très faible, le but
étant, avant tout, d'améliorer la compliance
au suivi médical et/ou au traitement.
Actuellement, des priorités ont dû être
choisies, dans la mesure où le financement de ce
fonds est encore largement insuffisant pour couvrir tous ces
objectifs.
Il a donc été décidé que le FSTI
financerait en priorité les projets s'attaquant aux
problèmes de la transmission verticale du virus VIH.
Pour les femmes concernées, ce financement devra
couvrir aussi le suivi de l'enfant et du conjoint, et ce sur
une période de deux années, en espérant
que d'ici là, le FSTI aura pu recueillir d'autres
financements pour assurer le suivi ultérieur.
Concernant les traitements proposés, il n'est
question, pour l'instant, que de financer les projets
reposant sur la prévention de la transmission de la
mère à l'enfant par la prise d'AZT, et
uniquement cela (NDLR : il serait opportun de pouvoir aussi
financer, ultérieurement, les traitements recourant
à des bi-thérapies, et surtout à des
trithérapies, si les essais en cours dans les pays
occidentaux s'avèrent concluants ; et surtout ceux
qui ont le moins d'effets secondaires possibles. Par contre,
il est surprenant que le FSTI ne finance pas, dès
maintenant, les projets reposant sur des traitements par
certaines vitamines A, puisque l'on a démontré
déjà, dans plusieurs pays africains, que les
carences en vitamine A sont fréquentes, et qu'elles
favorisent fortement la transmission du VIH de la
mère à l'enfant).
Dans la mesure où d'autres Maladies Sexuellement
Transmissibles sont aussi fréquemment
présentes en Afrique, il est prévu que le FSTI
prenne aussi en charge le dépistage et le traitement
d'autres MST (seront exclues, pour l'instant, les MST dont
le diagnostic et/ou le traitement sont trop onéreux ;
comme c'est le cas, par exemple, des clamydiæ et des
mycoplasmes).
D'un point de vue pratique, il a été
décidé que le FSTI interviendrait tout d'abord
en Côte d'Ivoire (projet-pilote).
Nous ignorons les raisons de ce choix. Cette décision
découle, probablement, de relations diplomatiques
privilégiées avec la France. Une autre raison
peut être que, parmi les pays africains de la
côte ouest, la Côte d'Ivoire serait le pays
ayant la plus forte prévalence de l'infection
à VIH (NDLR : En raison des infrastructures, il ne
faut cependant pas oublier que les estimations du nombre des
personnes infectées par le VIH dans certains pays
d'Afrique sont certainement moins fiables que celles qui
sont réalisées en Europe). Enfin, la
Côte d'Ivoire est l'un des pays les moins pauvres
d'Afrique ; ce qui permet d'espérer trouver, sur
place, une infrastructure sanitaire suffisante, et pouvoir
requérir, sans trop de difficultés, une
participation financière suffisante de la part du
gouvernement de ce pays, en complément de la
participation du FSTI.
Parmi les projets retenus en Côte d'Ivoire, il y a
aussi la prévention des infections opportunistes chez
les personnes ayant les lymphocytes T4 en dessous de
500/mm3 (la limite retenue
est celle qui est en vigueur dans ce pays, et non pas celle
de 200/mm3 comme c'est le
cas dans d'autres pays tel la France). Il y a aussi, bien
sûr, la prise en charge des trithérapies
antirétrovirales quand elles s'avèrent
nécessaires ; il en est de même des
bi-thérapies (NDLR : à vrai dire, il convient
d'avoir recours, en priorité, aux
trithérapies, ainsi que cela se fait de façon
majoritaire dans les pays occidentaux !).
Quoi que nous pensions que des aménagements
devraient être
envisagés,* le FSTI est un
projet humanitaire qui mérite d'être
salué avec enthousiasme, même dans sa forme
actuelle.
Il s'agit d'un projet réaliste.
Certains de ces aspects, notamment en ce qui concerne les
participations financières, pourront surprendre. Nous
pensons qu'ils sont pourtant réalistes.
Devant l'ampleur des sommes qui seraient nécessaires,
il est compréhensible que le FSTI ne s'engage pas
à la légère. De plus, il en va de sa
crédibilité auprès des autres
états du monde et des sociétés
privées qui pourraient participer
ultérieurement à son financement.
En effet, ainsi que nous l'avons déjà
écrit à plusieurs reprises, nous pensons que
l'industrie pharmaceutique se doit de participer à un
tel projet. Faut-il rappeler à leurs actionnaires que
" sans maladie, on ne peut pas faire de profit " ? Car telle
est la dure réalité économique,
toujours en vigueur à l'aube de l'an 2000 !
Nous pensons aussi, pour les mêmes raisons, que les
industries couvrant d'autres domaines devraient, elles
aussi, y participer.
Pour obtenir des précisions sur ce FSTI, les
personnes peuvent contacter, de notre part, le
ministère de la Santé, à l'attention de
Madame Bénédicte MOULIN, Pièce 6120, 8
avenue de Ségur, 75350 Paris 07 SP, France (e-mail : fsti@sante.gouv.fr).
Dr Gilbert MAURISSON
Secrétaire Général de POSITIFS
et Co-Responsable du FAR
Christian BOULLANGIER
Trésorier de POSITIFS
et Co-Responsable du FAR
Avril 1999