E.32. Le Fonds de Solidarité Thérapeutique International


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FSTI

Actuellement, des efforts venant de certains pays sont tentés pour que les personnes vivant dans des pays démunis (comme en Afrique) puissent avoir accès à un suivi médical correct et aux traitements dont bénéficient les habitants d'autres pays plus riches.

Cependant, il faut être réaliste ; les infrastructures sanitaires de la plupart des pays africains ne sont pas en mesure d'être suffisamment opérationnelles vis-à-vis de cette infection, et aussi de pouvoir s'occuper d'un nombre si important de personnes concernées. Pour plus de précisions sur ce sujet, vous pouvez vous reporter à la rubrique I.2 de notre serveur Internet.
En fait, l'idéal serait que les personnes vivant en Afrique puissent être suivies médicalement dans leur pays, et recevoir sur place, si nécessaire, un traitement.
Jusqu'à présent, cela semblait donc tout à fait utopique en raison de la situation économique de la plupart des pays d'Afrique et de l'état des infrastructures sanitaires.

Depuis plusieurs mois, certains avaient proposé, en raison de cette situation, la création d'un fonds de solidarité internationale (pour plus de précisions, se reporter à l'article précédemment indiqué, en I.2 de notre serveur Internet). Cette idée a été particulièrement développée au cours de l'année 1998 par Monsieur Bernard KOUCHNER (ministre de la Santé en France).

Nous avons appris récemment que ce Fonds de Solidarité Thérapeutique Internationale (FSTI) allait enfin devenir opérationnel.
Un communiqué de presse officiel devrait être diffusé dans les semaines à venir.

Actuellement, ce projet en est encore à un stade expérimental.
En effet, la France est, pour l'instant, le seul pays à s'être engagé, et les financements sont encore limités (financements provenant du ministère de la Coopération et du ministère de la Santé).

Le but du FSTI est de favoriser l'accès aux traitements de l'infection à VIH.
Mais ce projet a été conçu pour s'inscrire dans le cadre d'un programme de santé publique ; ce qui signifie qu'il doit aussi participer à l'information des personnes, à la prévention et au councelling. Il s'agit de trouver les mots et discours adaptés aux différentes cultures pour arriver à faire passer réellement les messages, et pour responsabiliser les personnes. Il importe, notamment, de convaincre au mieux, afin d'obtenir une bonne assiduité dans le suivi, ou le traitement, médical.
Donc, le FSTI peut être sollicité pour venir en appui à des projets répondant à ces objectifs. Ce qui signifie qu'une personne donnée ne pourra bénéficier d'une aide émanant du FSTI que par l'intermédiaire, uniquement, d'une organisation ayant un projet qui a reçu le soutien officiel du FSTI.
Une autre spécificité du FSTI est d'essayer d'obtenir que les états africains, où le FSTI interviendrait, participent financièrement, eux aussi (NDLR : cette mesure nous semble intéressante, mais il faut éviter à tout prix qu'elle ne devienne discriminatoire ; ce qui présuppose que la participation financière demandée à chaque pays africain concerné ne soit pas excessive, et surtout, qu'elle soit calculée en fonction de la situation économique réelle de chacun des pays, laquelle risque cependant d'être difficile à établir pour certains pays...).
Dans un même ordre d'idée, une participation financière sera demandée aux personnes concernées. Elle sera très faible, le but étant, avant tout, d'améliorer la compliance au suivi médical et/ou au traitement.
Actuellement, des priorités ont dû être choisies, dans la mesure où le financement de ce fonds est encore largement insuffisant pour couvrir tous ces objectifs.
Il a donc été décidé que le FSTI financerait en priorité les projets s'attaquant aux problèmes de la transmission verticale du virus VIH. Pour les femmes concernées, ce financement devra couvrir aussi le suivi de l'enfant et du conjoint, et ce sur une période de deux années, en espérant que d'ici là, le FSTI aura pu recueillir d'autres financements pour assurer le suivi ultérieur.
Concernant les traitements proposés, il n'est question, pour l'instant, que de financer les projets reposant sur la prévention de la transmission de la mère à l'enfant par la prise d'AZT, et uniquement cela (NDLR : il serait opportun de pouvoir aussi financer, ultérieurement, les traitements recourant à des bi-thérapies, et surtout à des trithérapies, si les essais en cours dans les pays occidentaux s'avèrent concluants ; et surtout ceux qui ont le moins d'effets secondaires possibles. Par contre, il est surprenant que le FSTI ne finance pas, dès maintenant, les projets reposant sur des traitements par certaines vitamines A, puisque l'on a démontré déjà, dans plusieurs pays africains, que les carences en vitamine A sont fréquentes, et qu'elles favorisent fortement la transmission du VIH de la mère à l'enfant).
Dans la mesure où d'autres Maladies Sexuellement Transmissibles sont aussi fréquemment présentes en Afrique, il est prévu que le FSTI prenne aussi en charge le dépistage et le traitement d'autres MST (seront exclues, pour l'instant, les MST dont le diagnostic et/ou le traitement sont trop onéreux ; comme c'est le cas, par exemple, des clamydiæ et des mycoplasmes).

D'un point de vue pratique, il a été décidé que le FSTI interviendrait tout d'abord en Côte d'Ivoire (projet-pilote).
Nous ignorons les raisons de ce choix. Cette décision découle, probablement, de relations diplomatiques privilégiées avec la France. Une autre raison peut être que, parmi les pays africains de la côte ouest, la Côte d'Ivoire serait le pays ayant la plus forte prévalence de l'infection à VIH (NDLR : En raison des infrastructures, il ne faut cependant pas oublier que les estimations du nombre des personnes infectées par le VIH dans certains pays d'Afrique sont certainement moins fiables que celles qui sont réalisées en Europe). Enfin, la Côte d'Ivoire est l'un des pays les moins pauvres d'Afrique ; ce qui permet d'espérer trouver, sur place, une infrastructure sanitaire suffisante, et pouvoir requérir, sans trop de difficultés, une participation financière suffisante de la part du gouvernement de ce pays, en complément de la participation du FSTI.
Parmi les projets retenus en Côte d'Ivoire, il y a aussi la prévention des infections opportunistes chez les personnes ayant les lymphocytes T4 en dessous de 500/mm3 (la limite retenue est celle qui est en vigueur dans ce pays, et non pas celle de 200/mm3 comme c'est le cas dans d'autres pays tel la France). Il y a aussi, bien sûr, la prise en charge des trithérapies antirétrovirales quand elles s'avèrent nécessaires ; il en est de même des bi-thérapies (NDLR : à vrai dire, il convient d'avoir recours, en priorité, aux trithérapies, ainsi que cela se fait de façon majoritaire dans les pays occidentaux !).

Quoi que nous pensions que des aménagements devraient être envisagés,* le FSTI est un projet humanitaire qui mérite d'être salué avec enthousiasme, même dans sa forme actuelle.
Il s'agit d'un projet réaliste.
Certains de ces aspects, notamment en ce qui concerne les participations financières, pourront surprendre. Nous pensons qu'ils sont pourtant réalistes.
Devant l'ampleur des sommes qui seraient nécessaires, il est compréhensible que le FSTI ne s'engage pas à la légère. De plus, il en va de sa crédibilité auprès des autres états du monde et des sociétés privées qui pourraient participer ultérieurement à son financement.
En effet, ainsi que nous l'avons déjà écrit à plusieurs reprises, nous pensons que l'industrie pharmaceutique se doit de participer à un tel projet. Faut-il rappeler à leurs actionnaires que " sans maladie, on ne peut pas faire de profit " ? Car telle est la dure réalité économique, toujours en vigueur à l'aube de l'an 2000 !
Nous pensons aussi, pour les mêmes raisons, que les industries couvrant d'autres domaines devraient, elles aussi, y participer.

Pour obtenir des précisions sur ce FSTI, les personnes peuvent contacter, de notre part, le ministère de la Santé, à l'attention de Madame Bénédicte MOULIN, Pièce 6120, 8 avenue de Ségur, 75350 Paris 07 SP, France (e-mail : fsti@sante.gouv.fr).

 

Dr Gilbert MAURISSON
Secrétaire Général de POSITIFS
et Co-Responsable du FAR

Christian BOULLANGIER
Trésorier de POSITIFS
et Co-Responsable du FAR

Avril 1999


*
À ceci, nous ajouterons qu'il nous paraît important que des aides financières puissent être apportées aussi aux personnes les plus démunies.
Des projets allant dans ce sens ont été mis en place par certaines associations non gouvernementales. C'est le cas de l'association POSITIFS avec son Fond d'Aide Rapide (FAR).
Il conviendrait donc que ces projets puissent bénéficier de subventions adéquates.

Précisions en date de juillet 2001 :

1/ Une pétition internationale a été diffusée par Médecins Sans Frontières (MSF), notamment sur le réseau Internet, à la fin du mois de mars 2001 pour faire front contre les 39 firmes pharmaceutiques qui avaient déposé une plainte en justice contre l'Afrique du Sud.

Ces firmes reprochaient au gouvernement de ce pays d'avoir osé développer la fabrication de médicaments génériques contre le Sida.
Précisons que ces médicaments génériques ont un coût de 70 fois moins élevé que ceux délivrés dans les pays occidentaux directement par les grandes firmes pharmaceutiques.

Cette pétition a été un succès, et, à POSITIFS, nous sommes fiers d'avoir co-signé cette pétition qu'il convient de qualifier d'historique : d'une part, les 39 laboratoires en procès contre le Gouvernement Sud Africain ont été contraint de retirer leur plainte** et, d'autre part, ce précédent permettra aux gouvernements d'autres pays financièrement démunis (tant en Afrique que sur d'autres continents), de mettre au point des stratégies similaires pour produire aussi eux-même les traitements antirétroviraux.


** Annick Hamel de MSF (<AHAMEL@paris.msf.org>) nous annonça cette bonne nouvelle le jeudi19 Avr 2001 (12:06) et nous remercia dans un e-mail adressé à plusieurs organismes dont l'association POSITIFS : fcpe44@fcpe44.asso.fr, jerome@enda.sn, pharma.sud@libertysurf.fr, positifs@positifs.org, solidariteguyane@wanadoo.fr, sud.rpb@wanadoo.fr, sudcrc94@aol.com, msffmalawi@sdnp.org.mw (MSFF-Blantyre), MSFF-Tananarive@paris.msf.org (MSFF-Tananarive), msffkin@raga.net (MSFF-Kinshasa), MSFF-Khartoum@paris.msf.org (MSFF-Khartoum).

2/ Le Global AIDS Program (GAP), une branche du Centre de contrôle des maladies (CDC) du gouvernement américain, a créé un site Internet (<http://www.cdc.gov/nchstp/od/gap/default.htm>).

La vocation de GAP est de participer à la prévention de l'infection à VIH, d'améliorer les soins et de soutenir et de construire des capacités à la lutte global contre la pandémie due au VIH/Sida. GAP fournie des aides financières et techniques par l'intermédiaire d'un partenariat avec les communautés atteintes, les gouvernements et les entités nationales et internationales travaillant pour venir en aide aux pays ayant des ressources financières limités.

Pour l'année 2001, des programmes d'aide ont été étudiés pour 24 de ces pays : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Brésil, Cambodge, Côte d'Ivoire, Éthiopie, Guyane, Haïti, Inde, Kenya, Malawi, Mozambique, Namibie, Niger, Ouganda, Rwanda, République démocratique du Congo, Sénégal, Tanzanie, Thaïlande, Vietnam, Zambie et Zimbabwe***.

En raison de l'urgence de la situation, le CDC débutera son action en Afrique du Sud, au Botswana, en côte d'Ivoire, au Kenya, au Malawi et en Inde. Simultanément, le CDC débutera la mise au point de programmes avec l'USAID afin de pouvoir intervenir dans les autres pays.

Le serveur Internet de GAP a établi une liste comportant de nombreux sites Internet qui sont des partenaires de GAP.


*** Ces pays ont été sélectionnés en raison de l'ampleur de l'épidémie, d'un engagement préexistant dans la lutte contre l'épidémie, de l'acceptation par les gouvernements de ces pays d'une aide américaine et l'existence de réalisation américaine antérieure dans ces pays.

Voir aussi :

Le Fond d'Aide Rapide (FAR) :
une nécessité enfin opérationnelle !

An urgent help fund for HIV-infected persons : "Fond d'Aide Rapide" (FAR).

La plupart des représentants des départements français (DDASS, Conseils Généraux, Régionaux, Économiques)
refusent ou ne peuvent subventionner un fonds d'aide (FAR)
contre la précarité des personnes atteintes du SIDA vivant en France et en Afrique
:
détail, discussion et propositions.

Most representatives of French departments (dpts)
refuse or are not able to grant an urgent help fund (FAR) against AIDS precarity in France and in Africa
:
detail, discussion and proposals


Aides pour l'Afrique

Assassinée pour avoir révélé sa séropositivité...

Demande d'aide pour l'association FONDATION ESPOIR - GUINÉE F E G

Espoir Vie Togo

Le Sida : une autre plaie pour l'Afrique.

Association SID'AFRIQUE

Le SIDATHON Côte d'Ivoire

Témoignage d'A.

Témoignage et demande d'aide de R.B.

Témoignage d'Hélène

Témoignage de Joséphine

Témoignage de M. : Lettre d'Afrique à l'association POSITIFS

Témoignage en provenance du Botswana



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mise à jour en juillet 2001.