En 1989, alors que
j'étais enseignant en Mauritanie, une guerre entre ce
pays et le Sénégal a été
déclenchée. Des vandales, qui avaient pour
slogan " Noir c'est noir ", s'en sont pris à moi,
aussi parce que ma femme était
sénégalaise. J'ai dû être
expulsé de ce pays avec ma femme, qui avait un
bébé de 14 jours, et nos deux enfants, sans
prendre le moindre effet et aussi sans pouvoir entrer en
possession du peu d'argent que j'avais
économisé sur un compte épargne. J'ai
été blessé durant l'attaque ; ce qui
m'a valu un séjour de 2 mois à l'hôpital
à DAKAR. Pour entrer en Côte d'Ivoire, j'ai
reçu un billet d'avion du HCR. Quand je suis
arrivé en Côte d'Ivoire, il m'a
été difficile d'avoir du travail. Tout le
monde trouvait inadmissible qu'après 10 ans
d'aventures, je n'ai pu apporter quelques effets. Durant
notre expédition, les agents de police avaient
détruit tous les documents que nous avions sur nous.
J'ai mis un an à me faire des amis et pour
rétablir les reçus des diplômes que j'ai
eus. Une fois en possession de ces dossiers, je me suis
présenté au concours d'entrée à
l'école de police, afin de pouvoir me venger, plus
tard, des étrangers mauritaniens. Mais
malheureusement, j'ai été
éliminé aux épreuves physiques,
à cause d'une faiblesse physique. Cette situation m'a
amené à faire mon test sérologique
à VIH. Lorsque j'ai été
déclaré séropositif au VIH, j'ai
décidé de mettre fin à mes jours, pour
plusieurs raisons :
Je pensais que
j'étais la première personne
séropositive au VIH. Je pensais également que
ma mort était proche et serait soudaine. Mais
surtout, je pensais à l'avenir de mes enfants
restés à DAKAR avec leur mère, et je
pensais aussi à ma première fille, ici, qui a
maintenant 14 ans. Il faut rappeler que c'est en 1991 que
j'ai fait le test VIH. Je pensais chaque jour à une
activité génératrice de revenus, que
j'allais exercer rapidement pour avoir l'argent et faire
venir ma famille qui est à DAKAR. Sur les conseils
d'un médecin exerçant dans un centre de prise
en charge psychosociale et spirituelle des personnes, nous
avons créé une association de PVVIH (Personne
Vivant avec le VIH) dénommée Club des Amis.
J'en fus le vice-président. À travers nos
activités de prise en charge psychosociale, je me
suis rendu utile et j'ai repris espoir : je me suis mis au
service des autres par mon témoignage. Étant
un enfant de paysan, je vais régulièrement au
village pour voir mon père. Un jour, lors de mon
séjour, mon père m'a parlé en ces
termes : "J'ai appris que tu ne veux pas chercher du boulot
; tu passes tout ton temps à aider les malades du
SIDA, et aussi à dire aux gens que tu as le SIDA. Tu
leur demandes également de porter des "capoti" (il ne
comprend pas le français). Si j'avais porté
capoti, serais-tu venu au monde ? Je ne veux plus te voir
faire de ces activités sales." Dès lors, je
pris la ferme résolution d'intensifier mes
activités de sensibilisation en milieu rural. Parce
que pour moi, les gens comme mon père sont
malheureusement nombreux.
C'est ainsi que j'ai
quitté le Club des Amis pour créer, avec
d'autres PVVIH, l'association Virus Village, dont
l'originalité se situe dans l'authentification du
Sida à travers les témoignages à
visages découverts de village en village, à
pieds ou à vélo. Nous transportons des malades
vers les centres de santé sur les vélos ou
à dos d'homme. Mon problème personnel est que,
en 1996, lors d'un séjour à DAKAR, au colloque
Sciences Sociales et Sida, j'ai rencontré ma femme et
mes enfants après 6 ans de séparation. Ma
femme était souffrante. Elle présentait
quelques maladies qui m'ont fait penser à une
infection par le VIH. Elle m'a demandé quand est-ce
que je viendrai les chercher pour aller vivre ensemble en
Côte d'Ivoire. Vu son état d'alors, je ne
pouvais pas lui parler de mon infection, car ce serait lui
causer beaucoup de peine. Aussi, je ne peux pas rester ici
et lui balancer la nouvelle à travers une
correspondance écrite ou par
téléphone.
L'appel que je lance aux
uns et aux autres, c'est de m'aider à la faire venir
ici avec mes trois enfants. Elle est issue d'une famille
pauvre, comme moi. Je ne travaille pas encore. Ma
première fille, qui a 14 ans, vient d'être
exclue de l'école faute de pouvoir payer. Que les
âmes charitables m'aident à payer ses frais de
scolarité pour trois ans, qui s'élèvent
à 4 500 FF. Elle est en sixième. Aidez-moi
à faire face aux frais de scolarité des 3
autres, qui s'élèvent à 800 FF X 3 ans
X 3 enfants = 7 200 FF. Je souhaiterais mener une
activité génératrice de revenus pour
mes enfants, mais je n'en n'ai pas les moyens. Pour la
mettre en oeuvre, il me faut 7 989 FF. Soit une somme totale
de 4 500 + 7 200 + 7 989 = 19 689 FF. Je pourrais ainsi
aider ma famille pendant trois ans.
Je prie POSITIFS de
diffuser ma demande d'aide le plus possible.
Je vous demande de
réceptionner toute assistance à mon profit :
POSITIFS, BP 230, 75865 Paris cedex 18, France
Mon contact reste le
vôtre.
Merci.