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& DEMANDE D'AIDE de R.B.


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Demande d'aide... (1997)

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En 1989, alors que j'étais enseignant en Mauritanie, une guerre entre ce pays et le Sénégal a été déclenchée. Des vandales, qui avaient pour slogan " Noir c'est noir ", s'en sont pris à moi, aussi parce que ma femme était sénégalaise. J'ai dû être expulsé de ce pays avec ma femme, qui avait un bébé de 14 jours, et nos deux enfants, sans prendre le moindre effet et aussi sans pouvoir entrer en possession du peu d'argent que j'avais économisé sur un compte épargne. J'ai été blessé durant l'attaque ; ce qui m'a valu un séjour de 2 mois à l'hôpital à DAKAR. Pour entrer en Côte d'Ivoire, j'ai reçu un billet d'avion du HCR. Quand je suis arrivé en Côte d'Ivoire, il m'a été difficile d'avoir du travail. Tout le monde trouvait inadmissible qu'après 10 ans d'aventures, je n'ai pu apporter quelques effets. Durant notre expédition, les agents de police avaient détruit tous les documents que nous avions sur nous. J'ai mis un an à me faire des amis et pour rétablir les reçus des diplômes que j'ai eus. Une fois en possession de ces dossiers, je me suis présenté au concours d'entrée à l'école de police, afin de pouvoir me venger, plus tard, des étrangers mauritaniens. Mais malheureusement, j'ai été éliminé aux épreuves physiques, à cause d'une faiblesse physique. Cette situation m'a amené à faire mon test sérologique à VIH. Lorsque j'ai été déclaré séropositif au VIH, j'ai décidé de mettre fin à mes jours, pour plusieurs raisons :

Je pensais que j'étais la première personne séropositive au VIH. Je pensais également que ma mort était proche et serait soudaine. Mais surtout, je pensais à l'avenir de mes enfants restés à DAKAR avec leur mère, et je pensais aussi à ma première fille, ici, qui a maintenant 14 ans. Il faut rappeler que c'est en 1991 que j'ai fait le test VIH. Je pensais chaque jour à une activité génératrice de revenus, que j'allais exercer rapidement pour avoir l'argent et faire venir ma famille qui est à DAKAR. Sur les conseils d'un médecin exerçant dans un centre de prise en charge psychosociale et spirituelle des personnes, nous avons créé une association de PVVIH (Personne Vivant avec le VIH) dénommée Club des Amis. J'en fus le vice-président. À travers nos activités de prise en charge psychosociale, je me suis rendu utile et j'ai repris espoir : je me suis mis au service des autres par mon témoignage. Étant un enfant de paysan, je vais régulièrement au village pour voir mon père. Un jour, lors de mon séjour, mon père m'a parlé en ces termes : "J'ai appris que tu ne veux pas chercher du boulot ; tu passes tout ton temps à aider les malades du SIDA, et aussi à dire aux gens que tu as le SIDA. Tu leur demandes également de porter des "capoti" (il ne comprend pas le français). Si j'avais porté capoti, serais-tu venu au monde ? Je ne veux plus te voir faire de ces activités sales." Dès lors, je pris la ferme résolution d'intensifier mes activités de sensibilisation en milieu rural. Parce que pour moi, les gens comme mon père sont malheureusement nombreux.

C'est ainsi que j'ai quitté le Club des Amis pour créer, avec d'autres PVVIH, l'association Virus Village, dont l'originalité se situe dans l'authentification du Sida à travers les témoignages à visages découverts de village en village, à pieds ou à vélo. Nous transportons des malades vers les centres de santé sur les vélos ou à dos d'homme. Mon problème personnel est que, en 1996, lors d'un séjour à DAKAR, au colloque Sciences Sociales et Sida, j'ai rencontré ma femme et mes enfants après 6 ans de séparation. Ma femme était souffrante. Elle présentait quelques maladies qui m'ont fait penser à une infection par le VIH. Elle m'a demandé quand est-ce que je viendrai les chercher pour aller vivre ensemble en Côte d'Ivoire. Vu son état d'alors, je ne pouvais pas lui parler de mon infection, car ce serait lui causer beaucoup de peine. Aussi, je ne peux pas rester ici et lui balancer la nouvelle à travers une correspondance écrite ou par téléphone.

L'appel que je lance aux uns et aux autres, c'est de m'aider à la faire venir ici avec mes trois enfants. Elle est issue d'une famille pauvre, comme moi. Je ne travaille pas encore. Ma première fille, qui a 14 ans, vient d'être exclue de l'école faute de pouvoir payer. Que les âmes charitables m'aident à payer ses frais de scolarité pour trois ans, qui s'élèvent à 4 500 FF. Elle est en sixième. Aidez-moi à faire face aux frais de scolarité des 3 autres, qui s'élèvent à 800 FF X 3 ans X 3 enfants = 7 200 FF. Je souhaiterais mener une activité génératrice de revenus pour mes enfants, mais je n'en n'ai pas les moyens. Pour la mettre en oeuvre, il me faut 7 989 FF. Soit une somme totale de 4 500 + 7 200 + 7 989 = 19 689 FF. Je pourrais ainsi aider ma famille pendant trois ans.

Je prie POSITIFS de diffuser ma demande d'aide le plus possible.

Je vous demande de réceptionner toute assistance à mon profit : POSITIFS, BP 230, 75865 Paris cedex 18, France

Mon contact reste le vôtre.

Merci.


Voir aussi :

Aides pour l'Afrique

Assassinée pour avoir révélé sa séropositivité...

Demande d'aide pour l'association FONDATION ESPOIR - GUINÉE F E G

Espoir Vie Togo

Le Fonds de Solidarité Thérapeutique International

Le Sida : une autre plaie pour l'Afrique.

Association SID'AFRIQUE

Le SIDATHON Côte d'Ivoire

Témoignage d'A.

Témoignage d'Hélène

Témoignage de Joséphine

Témoignage de M. : Lettre d'Afrique à l'association POSITIFS

Témoignage en provenance du Botswana



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