Position du problème
: La DHEA
empêche le déséquilibre entre TH1 et
TH2, connu pour contribuer à la progression de la
maladie. De plus, chez les patients séropositifs, on
observe très souvent une diminution de la
concentration sanguine de DHEA.
Méthode :
Les concentrations
sanguines de sulfate de DHEA (DHEAS), de cortisol, ainsi
que le nombre de CD4 et de CD8, sont
déterminés chez un patient présentant
initialement un rapport DHEAS/cortisol faible et
supplémenté par la 7-kétoDHEA, sont
instaurées pendant 21 mois.
Résultats :
Une
supplémentation en DHEA est instituée sur un
patient ostéoporotique de 60 ans, ayant un
état clinique et biologique stable (CD4= 325+/-20/mm3
; charge virale <50copies/ml ; DHEAS ª 700ng/ml ;
pas d'infections opportunistes) au cours des deux
années précédentes, dans le but
d'augmenter la masse osseuse après échec des
traitements classiques. La supplémentation a
été faite avec la 7-keto DHEA (qui ne
présente pas de risques connus de cancers hormonaux
dépendants) ; 50 mg per os par jour pendant les 3
premiers mois, 75 mg par jour pendant les 12 mois suivants,
puis 50 mg par jour.
À 3 mois, la concentration sanguine de DHEAS s'est
élevé à 1 433 ng/ml, puis à 6 et 9
mois à 2 700 ng/ml avant de décroître à 16 mois à
1 200 ng/ml. Les CD4 augmentent
progressivement : 407 à 3 mois (+24%), 520 à 6
mois (+58%), et sont stables entre 6 et 21 mois
(515±22). Cette augmentation est hautement
significative (p<0.05).
À 21 mois les CD4 augmentent à nouveau pour atteindre
650 (+100% de la valeur de base). Ces résultats pourraient
peut-être s'expliquer par un effet sur l'apoptose,
comme cela avait déjà été
avancé pour une supplémentation avec de
faibles doses de corticoïdes.
De plus, le seul paramètre biologique
contrôlant la masse osseuse qui était fortement
augmenté (PTH), est normalisé en dépit
de résultats contrastés sur la masse osseuse
des vertèbres ostéoporotiques (L 1-L5) qui
augmente fortement (+9.5%) à 9 mois,
décroît de 18% à 14 mois et augmente
à nouveau de 10% à 18 mois.
Conclusion
:
La restauration
d'un niveau normal de DHEA chez un patient HIV+, qui en
présente un déficit, par
supplémentation par la 7-keto DHEA entraîne une
augmentation drastique des CD4, meilleur que celui obtenu
par l'IL2, et ce sans effets secondaires ; sans toutefois
induire la reminéralisation attendue, capable de
contrebalancer un des effets secondaires des
thérapies HAART. Ce cas clinique significatif
justifierait la mise en œuvre d'un essai clinique.