Ce symposium
international à Toulon, qui s'enrichit en
qualité et en nombre de participants d'année
en année, est l'occasion de présenter des
travaux originaux et l'état de l'art sur le VIH,
l'Hépatite virale et les maladies infectieuses
émergentes. Tous les travaux présentés
se trouvant en ligne sur le site <http://www.ISHEID.com>, nous nous limiterons à
mettre l'accent sur certains points du seul VIH, même
si des travaux intéressants sur les hépatites
et le SRAS ont été
présentés.
Une bonne
présentation des nouvelles stratégies
anti-rétrovirales a été
présentée par B.Hirschel (Op 2.2), l'un de
artisans des arrêts thérapeutiques
structurés. Il s'agit d'une part d'effectuer des
essais de grande taille sur ces thérapeutiques, le
risque de résistance lié à
l'interruption étant négligeable. Il s'agit,
d'autre part, de traitements à base d'inhibiteurs de
protéases seuls. En effet, les anti protéases
boostées au ritonavir, atteignent des concentrations
plasmatiques de plusieurs ordres de grandeur
supérieur à la concentration inhibitrice ; ce
qui rend leur résistance (qui nécessite déjà
de nombreuses mutations) très difficile et permet
donc de les utiliser seules avec succès sur de
longues durées, tant chez les patients naïfs
(lopinavir/ritonavir) que chez ceux en échec
thérapeutique (lopinavir/ritonavir ou
lopinavir/ritonavir + atanazavir). Enfin, les antagonistes
du CCR-5, en essais de phase II et III, présentent
l'intérêt d'avoir une action de longue
durée après leur administration, et pourraient
être utilisés avec une ou deux prises par
semaine seulement.
De très nombreux
travaux ont traité de problèmes de
résistance, mais aucune solution
opérationnelle n'a été proposée
si ce n'est la fuite en avant vers d'autres molécules
ou classes de molécules. Soulignons cependant que nos
deux contributions acceptées en Poster, en se
focalisant sur des parties conservées du virus,
pourraient apporter une vraie réponse ; de même
que l'utilisation de la tacrine qui agit sur un
récepteur cellulaire, le canal sodique, et pour
laquelle nous nous battons depuis plus de 15 ans.
Au niveau des effets
secondaires, qui sont très nombreux et variés,
on peut regretter qu'ils aient été
focalisés surtout sur l'aspect le plus connu et
visible qu'est la lipodystrophie.
Un travail pouvant avoir
des retombées thérapeutiques importantes,
présenté en communication orale, n'a pas eu
l'intérêt mérité. Il s'agit
d'essais par une équipe allemande (Ulmer et al. OP
9.4 des Abstracts) sur de faibles doses de corticoïdes, réhabilitant les travaux de J.M
Andrieu de 1995, cloué au pilori après sa
médiatisation excessive, avec Georgina Dufoix alors
ministre de la santé, et le décès de
ses patients. L'essai présenté porte sur plus
de 200 patients ayant plus de 300CD4 (valeur moyenne :
563), naïfs ou en traitement intermittent structuré,
avec des dose faibles de prednisolone (5mg/jour). Ces
faibles doses peuvent être supportées pendant
de très longues durées sans effets secondaires
significatifs. Sur l'ensemble des patients, il a
été observé une amélioration
significative des CD4 et également une tendance
à l'amélioration de la charge virale. Ainsi
sur les naïfs, on observe, sur une durée de 3
ans, une augmentation de 127 CD4, alors que les patients non
traités ont une chute de 193. Chez les patients en
arrêt thérapeutique structuré, on
observe la même tendance ; ce qui permet d'augmenter
considérablement les périodes d'interruption,
avec une très forte incidence sur le coût et
les effets secondaires des thérapies HAART.
Concernant les vaccins,
aucune avancée significative dans la mesure
où aucun essai avec un candidat vaccin polyépitopique comportant les divers épitopes invariants protecteurs
connus du virus (protégés par des brevets),
n'a encore vu le jour, par manque de volonté des
différents concurrents commerciaux à
travailler ensemble et manque de volonté politique de
l'OMS et de l'ONU Sida d'imposer cette coopération.
Signalons cependant les travaux sur un vaccin
thérapeutique anti-Tat menés en collaboration
par D Zagury et RC Gallo. La protéine Tat active en
effet la réplication virale, possède une
action angiogénique (favorisant le sarcome de
Kaposi), et est neurotoxique. Un vaccin induisant la
production d'anticorps anti-Tat, limiterait donc les effets
pathogènes du HIV, mais malheureusement dans une
très faible mesure. En effet la protéine Tat
représente moins de 2% des protéines virales
qui possèdent des effets tout aussi
délétères (Nef 80% des protéines
virales, pol gag, vif, dont les épitopes devraient
être assemblés dans un même vaccin).
Concernant l'utilisation
des cytokines, une seule communication sur l'IL2 dont il est
confirmé que la restauration du système
immunitaire n'est pas simplement quantitatif mais
qualitatif. Par ailleurs, l'intérêt de l'IL15
dans cette restauration, cytokine ayant des effets
comparables à ceux de l'IL2, a été
présenté ; mais les essais cliniques avec cette
cytokine proinflammatoire ne sont pas encore
prévus.