Traitements.
Une excellente
synthèse sur les traitements a été
effectuée par l'AMFAR (www.amfar.org/GlobalLink),
dans son article " European AIDS Conference Sheds Illusions
about HIV Therapy ", signé par Kristen Kresge.
Le congrès a vu une
mise en pièces du Combivir, qui est pourtant encore
très largement prescrit et correspond, de plus,
à une attente des patients, en raison de la
simplification du traitement ; elle devrait conduire
logiquement à l'écarter de l'arsenal
thérapeutique.
Les arguments pour écarter le Trizivir reposent,
d'une part sur l'essai ECTG 5095 qui comparait le Trizivir
seul à Trizivir + Efervirenz, le bras Trizivir ayant
été arrêté
prématurément du fait qu'il y avait deux fois
moins de patients ayant une charge virale
indétectable au bout de 8 mois. D'autre part, une
étude comparant Trizivir et Combivir, + saquinavir
boosté au ritonavir, ne montre aucune
différence significative, en termes
d'efficacité au bout de 24 semaines
Un autre essai avec trois nucléosidiques (ddI, 3TC,
Tenofovir), a également été
arrêté avec 91% d'échecs après 24
mois.
Les résultats les
plus intéressants, dans l'arsenal
thérapeutique existant, ont été
rapportés pour le Kalétra. D'une part, une
simplification du traitement a été
validée avec une prise par jour. Ainsi un essai
comparant le Kalétra, en une ou deux prises
journalières, associé en trithérapie
avec Ténofovir + FTC, ne montre aucune
différence significative en termes
d'efficacité sur une période de 24 semaines.
De plus, et surtout, il semblerait que Kalétra puisse
être utilisé en monothérapie. En effet,
au cours d'un essai sur un petit groupe de 15 patients, en
monothérapie pendant une durée moyenne de 68
semaines, 80% ont encore une charge virale inférieure
à 400 copies. Cette stratégie de
monothérapie avec une molécule dont
l'apparition de la résistance est très
difficile, du fait qu'elle nécessite de très
nombreuses mutations, devrait être confirmée
sur de plus grands groupes et sur de plus longues
durées.
Enfin, nous devons
insister sur nos propres travaux, publiés en annexe :
l'un accepté en communication Poster, sur la Tacrine,
et deux autres non retenus par le comité
scientifique. L'un des deux abstracts non retenus portait
sur la DHEA et l'autre sur la terminaison NH2 de NEF qui
mime des protéines d'autres virus impliquées
dans des cancers, et pourrait déboucher sur la
synthèse d'antitumoraux contre le sarcome de Kaposi,
des lymphomes et le cancer du col de l'utérus pour
lesquels on est bien souvent désarmés. Nous
devons mentionner à cet égard que les
congrès européens, contrairement aux
Conférences mondiales, où le poids des
associations joue un rôle, sont beaucoup plus
orthodoxes du fait de leur financement et contrôle par
les firmes pharmaceutiques ; bien que l'acceptation de notre
travail sur la Tacrine montre un début
d'ouverture.
Concernant la DHEA, qui
est très souvent déficitaire chez les
séropositifs, nous avions présenté un
cas clinique où la supplémentation du
déficit, par de la 7-kéto DHEA, permettait en
6 mois d'augmenter le nombre de CD4 de plus de 50% ;
augmentation maintenue depuis plus d'un an. Cette
augmentation, qui est comparable à celle obtenue avec
l'IL2 sur des durées plus longues, beaucoup plus
coûteuse et de mise en œuvre lourde, aurait
mérité d'être présentée et
motiver un essai pour valider l'intérêt de
cette voie. De plus, la supplémentation en DHEA, dont
l'objectif initial était de réduire la perte
de masse osseuse chez ce cas clinique -après
l'échec des traitements anti-ostéoporotiques
conventionnels-, a conduit à une augmentation de
masse osseuse de près de 10% après 6 mois de
traitement ! Signalons de plus qu'un essai sur l'effet de la
DHEA sur les séropositifs ostéoporotiques, qui
devait démarrer au début de l'année
2003, a été stoppé par nos
autorités sanitaires -sans justifications
rationnelles-, témoignant encore une fois de
l'acharnement des autorités sanitaires
françaises à combattre les travaux du Pr
Beaulieu, mondialement reconnu, et dont la DHEA est
utilisée à très grande échelle
depuis des décennies aux USA.
Concernant la Tacrine,
nous avons été les seuls dans ce
congrès à apporter une vraie réponse
à la résistance. En effet, à partir
d'homologies moléculaires entre les
alpha-Défensines, la protéine NEF et le site
actif tryptophane du venin de scorpion, qui agit sur le
canal sodique, l'utilisation de la Tacrine se trouve
justifiée sur le plan moléculaire ;
indépendamment des essais cliniques positifs, dans de
petits essais cliniques. En effet, la Tacrine agit sur une
cible moléculaire invariante, le canal sodique, et
empêche donc la fusion du virus avec la membrane
cellulaire.
Dans le travail exposé sur la Tacrine à ce
congrès, nous avons également
présenté un cas clinique d'échec
thérapeutique avec l'ensemble de l'arsenal
thérapeutique commercialisé, et où la
Tacrine se révèle active. Rappelons que
l'efficacité de la Tacrine, établie avec un
petit essai préliminaire dès 1989, par une
équipe française et un petit laboratoire
français, a été systématiquement
niée ou ignorée par l'ANRS et le
Ministère de la Santé, qui a pourtant
accordé l'AMM à l'AZT de la multinationale
Wellcome, avec un dossier bâclé quasiment vide
! Nous sommes convaincus que cette faute de nos
autorités sanitaires, qui ne s'explique que par
l'incompétence ou la corruption, aura
coûté des millions de morts dont il faudra un
jour rendre compte.