II. Abstracts concernant des facteurs
pouvant favoriser la réplication ou la diffusion du
VIH.
II.a. Activation
immunitaire inappropriée au début de
l'infection à VIH
(n° LB 3a).
Le tissu
lymphoïde est le premier site développant une
réponse spécifique vis-à-vis des
antigènes étrangers, et notamment ceux du
VIH.
Chez 11 patients infectés récemment par le
VIH-1, on observe une prolifération significative des
cellules T CD4 (Ki-67+) au niveau des aires
extra-folliculaires, des centres germinaux et des sinus
marginaux du tissu lymphoïde correspondant à la
lymphopénie en CD4, au niveau des lymphocytes du sang
périphérique (PBL).
L'activation des cellules T CD4 est
caractérisée par une augmentation (6 à
10 fois) de la production de cytokines (IL-2, IL-4) qui,
habituellement, ne sont pas détectées au
niveau des PBL.
De plus, on observe une augmentation excessive (8 à
15 fois) de la synthèse d'interféron
gamma.
L'IL-2 et l'IL-4 sont co-localisées au niveau des
mêmes cellules qui sont identifiées comme
étant de type Th0. L'absence de subdivision des
cellules Th en Th1 et Th2 suggère qu'il y ait une
maturation inappropriée des cellules T à ce
moment de l'infection, qui conduirait donc à
l'absence de production d'IL-2 et d'IL-4 en
périphérie.
Les chemokines (MIP-1 alpha, MIP-1 bêta, RANTES) sont
sur-exprimées (X 4 à 10 fois) au niveau des
cellules CD4, CD8 et dendritiques (p<0,01).
Ces résultats montrent qu'il existe, au début
de l'infection à VIH-1, une forte activation
immunitaire, mais qu'elle est aberrante.
L'excès de cytokines et l'incapacité de
contrôler la dissémination virale constituent
des caractéristiques uniques de l'infection à
VIH-1.
J.
ANDERSON* (1), P. RACZ (2), K. TENNER-RACZ (2), H-J
STELLBRINK (2), S. KINLOCH (3), G. JANOSSY (3), M. TYRER
(3), B. GAZZARD (3), L. PERRIN (4), M. BLOCH (5), D. COOPER
(5), S. STASZEWSKI (6), R. SEKALY (7), L. GOH (8).
For the QUEST Study Group : (1) Stockholm, Sweden, (2)
Hamburg, Germany, (3) London, UK, (4) Geneva, Switzerland,
(5) Sydney, Australia, (6) Frankfurt, Germany, (7) Montreal,
Canada, (8) Glaxo Wellcome, London, Uk.
(retour
II)
|
II.b.
HLA-DR (n° 309).
Les
lymphocytes CD4 sont les principales cellules
infectées in vivo par le VIH-1. L'induction de
certaines protéines au cours de l'activation des
cellules T serait un facteur important pour l'expression du
virus.
Les cellules T activées expriment de façon
importante les molécules d'HLA-DR.
Bien que l'activation des lymphocytes CD4 soit
corrélée avec l'expression de l'HLA-DR et avec
la capacité de réplication du VIH, le
rôle direct de l'HLA-DR dans la réplication du
VIH n'est pas connu.
Cette étude montre que l'expression de l'HLA-DR au
niveau des lymphocytes CD4 augmente de façon
importante l'expression du VIH. La production de virus
(mesurée par la production d'antigène P24) au
sein des cellules HLA-DR+ est 10 fois plus
élevée qu'au niveau des cellules HLA-DR-.
De plus, un facteur de transcription, important pour
l'activation cellulaire et pour l'expression du VIH (AP-1),
est induit fortement au niveau des cellules HLA-DR+. Et
l'expression du virus ainsi que l'activité de AP-1
sont inhibées toutes deux par les anticorps anti-DR,
alors que la fixation du virus ou la prolifération
cellulaire ne sont pas modifiées.
Ces résultats suggèrent que l'HLA-DR sur les
lymphocytes CD4 génère un ou plusieurs signaux
qui augmentent l'expression du VIH. La compréhension
de ce mécanisme d'activation du VIH par l'HLA-DR
permettrait de mettre au point de nouvelles voies de
traitement.
SAIFUDDIN M*, SPEAR GT, ROEBUCK KA.
Rush University, Chicago, IL.
(retour
II)
|
II.c.
Altération des défenses cytotoxiques (n°
LB 3b).
Au
début de l'infection à VIH-1, les cellules
infectées par le virus se disséminent dans le
tissu lymphoïde malgré la persistance d'un
apparent potentiel de réponse immunitaire
adéquat.
Chez les patients infectés récemment par le
VIH-1, on observe une augmentation de la
prolifération des CD8 au niveau du tissu
lymphoïde (amygdales) 6 à 8 fois plus importante
qu'au niveau du sang périphérique. Ces
cellules CD8 sont localisées pour la plupart au
niveau des centres germinatifs et au niveau de
l'endothélium des veinules. Malgré un niveau
élevé en granzyme A (28 fois plus
élevé que la normale), l'expression de la
perforine reste basse ; ce qui conduit à une absence
de translocation du granzyme A dans le noyau de la cellule.
Il en résulte une altération de
l'activité des effecteurs des cellules cytotoxiques
CTL.
Ceci contraste avec les résultats trouvés au
niveau des PBMC des mêmes patients et au niveau du
tissu lymphoïde des patients atteints de
mononucléose infectieuse où ces
molécules sont exprimées à un niveau
similaire (30 à 48%).
Pour la perforin au niveau du tissu lymphoïde des
patients infectés par le VIH (n = 11) : 0.8±0.4
versus ; au niveau du tissu lymphoïde pour les patients
ayant une mononucléose infectieuse (n = 5) :
10.4±3.7 (p<0,001).
Pour le granzyme au niveau des patients récemment
infectés par le VIH (n = 11) : 4.7±4.5 et pour
les patients ayant une mononucléose infectieuse (n =
5) : 12.5±3.2.
Cette
anomalie des défenses cytotoxiques au niveau du tissu
lymphoïde au début de l'infection à VIH
pourrait expliquer l'absence de contrôle de la
dissémination du VIH-1.
J.
ANDERSSON* (1), P. RACZ (2), K. TENNER-RACZ (2), H-J
STELLBRINK (2), S. KINLOCH (3), B. GAZZARD (3), M. TYRER
(3), L. PERRIN (4), S. STASZEWSKI (5), M. BLOCH (6), D.
COOPER (6), R. SEKALY (7), L. GOH (8).
For the QUEST Study Group : (1) Stockholm, Sweden (2)
Hamburg, Germany (3) London, UK (4) Geneva Switzerland (5)
Frankfurt, Germany (6) Sydney, Australia, (7) Montreal,
Canada (8) Glaxo Wellcome, London, UK.
(retour
II)
|
II.d.
Bactéries, HSV, HTLV-1 (n° 164).
Il a
été démontré récemment
qu'il persistait un réservoir de lymphocytes CD4
infectés de façon latente chez des patients
recevant une trithérapie antirétrovirale et
dont la charge virale était devenue
indétectable.
La stimulation par des mitogènes ou par une
combinaison de cytokines pro-inflammatoires de lymphocytes
CD4 infectés par le VIH de façon latente peut
induire la réplication du VIH-1. Mais on ne sait pas
si des co-infections microbiennes (qui sont souvent
associées avec les augmentations transitoires de la
charge virale) peuvent aussi induire la réplication
du VIH-1 au niveau de lymphocytes CD4 au repos.
Dans cette étude, les auteurs ont
démontré que le surnageant de macrophages
stimulés par des lipopolysaccharides (un constituant
de bactéries gram négatifs), de macrophages
infectés par de l'herpès virus simplex (HSV)
ou de lymphocytes CD4 infectés par du virus humain
T-lymphotropique de type I (HTLV-I) induisent in vitro
l'activation de lymphocytes CD4 au repos infectés par
le VIH-1 de façon latente (lymphocytes provenant de
patients infectés).
De plus, la coculture de lymphocytes CD4 infectés de
manière latente avec des lymphocytes CD8 inhibe
fortement la réactivation de l'infection latente
à VIH-1.
Donc, ces résultats suggèrent que la
co-infection avec des microbes pathogènes comme des
bactéries, l'HSV et le HTLV-I, puisse induire la
réplication virale au niveau de réservoirs de
virus. Il semblerait que les lymphocytes CD8 pourraient
jouer un rôle important dans le contrôle de la
réactivation de l'infection latente à
VIH-1.
H.
MORIUCHI*, M. MORIUCHI, S.B. MIZELL, L.A. EHLER, A.S.
FAUCI.
Lab. of Immunoregulation, NIAID, NIH, Bethesda,
MD.
(retour
II)
|
II.e.
Gonocoque et polynucléaires neutrophiles (n°
58).
Plusieurs
études épidémiologiques ont
montré que l'infection à Neisseria gonorrhae
(NG) était un facteur de risque de contracter
l'infection à VIH.
L'infection à NG est associée à la
présence d'une inflammation comportant des
polynucléaires neutrophiles au niveau du tractus
génital féminin.
La co-incubation de cellules monocytaires (U1),
chroniquement infectées par le VIH avec du NG,
augmente de 2 à 22 fois la réplication du VIH
(appréciée par le dosage de l'antigène
P24 à 24, 48, 72 et 96 heures).
La co-incubation de ces cellules avec des
polynucléaires neutrophiles augmente cette
réplication de 2 à 38 fois.
La co-incubation de ces cellules avec du NG et des
polynucléaires neutrophiles augmente cette
réplication de 21 à 181 fois.
La corrélation entre la réplication du VIH et
le niveau des cytokines (interféron gamma, IL-2,
IL-6, TNF-alpha, MIP-1 alpha et MIP-1 bêta) est
variable suivant la présence ou non de
polynucléaires neutrophiles et en fonction de la
durée de la culture. Il n'y a pas de cytokine
spécifique présentant une corrélation
linéaire avec la réplication du VIH.
Donc, le NG augmente nettement la réplication du VIH
in vitro. La présence de polynucléaires
neutrophiles augmente aussi cette réplication. Des
études sont en cours pour déterminer les
interactions entre NG et d'autres facteurs solubles de
l'inflammation.
G.
DUARTE*, L. COSENTINO, P. GUPTA, T. MIETZNER, D.
LANDERS.
University of Pittsburgh and Magee Women's Research
Institute. Pittsburgh, PA.
(retour
II)
|
II.f.
Stimulations allogéniques (n° 163).
Des
études ont montré que l'allo-immunisation
pourrait contribuer à la protection contre
l'infection à VIH-1.
Cependant, on sait que les stimulations allogéniques
au cours de la grossesse, des transfusions sanguines et des
transplantations d'organes peuvent être
associées à une réactivation
d'infection virale latente, comme l'infection à
cytomégalovirus.
Comme le VIH-1 est transmis par voie verticale lors de la
grossesse, par voie sexuelle et par voie sanguine, l'effet
de l'allostimulation sur le VIH-1 a été
étudié.
Les lymphocytes allostimulés sont
particulièrement susceptibles d'être
infectés par des souches de VIH-1 ayant un tropisme
lymphocytaire T, ou par celles ayant un tropisme mixte.
L'allostimulation des lymphocytes ayant un tropisme
macrophagique se traduit sur l'expression du VIH-1 par une
activation et, par contre, sur la pénétration
du VIH-1 par une inhibition qui est induite par l'action
suppressive de chemokines CC.
La stimulation allogénique in vitro de lymphocytes
CD4 au repos infectés (provenant de patients
infectés) induit la réplication du VIH dans
ces cellules.
H.
MORIUCHI*, M. MORIUCHI, A.S. FAUCI.
Lab. of Immunoregulation, NIAID, NIH, Bethesda,
MD.
(retour
II)
|
II.g.
Vaccination contre la grippe (n° 337).
21
patients (ayant des lymphocytes CD4 en moyenne à
404/mm3 et dont 20 recevaient une
trithérapie antirétrovirale) furent
répartis en 3 groupes en fonction de leur charge
virale : groupe 1 (<50 copies/ml, n = 11), groupe 2 (50
à 400 copies/ml, n=5) et groupe 3 (>400
copies/ml, n = 3).
Après vaccination contre la grippe : 3/11 des
patients du groupe 1 eurent une élévation
transitoire de leur charge virale au cours de la
1ère ou
2ème semaine (76
à 89 copies/ml) ; tous les patients du groupe 2
eurent une augmentation de leur charge virale qui persista
au delà de la 8ème semaine chez 4/5
des patients, et tous les patients du groupe 3 eurent une
augmentation de leur charge virale constatée aussi
bien par la mesure de l'ARN que de celle de l'ADN (l'ADN
viral dans le groupe 1 et 2 ne se modifia que
légèrement dans le temps).
D'un point de vue immunologique, 11/21 patients
présentèrent une augmentation (x 4) du titre
de l'inhibition de l'hémaglutination dirigé
contre l'antigène du virus influenza de la
grippe.
Chez 5 sujets contrôle séronégatifs, on
nota :
1/ une augmentation transitoire des
lymphocytes CD4 de 175/mm3 à la
2ème semaine,
2/ une diminution (-10%) des lymphocytes portant les
déterminants CD45RA+ et CD62L+, à la
1ère et
2ème semaine et
3/ une augmentation (+2,8%) de ceux ayant les
déterminants CD45RO+ et CD25+, à la
1ère et
2ème semaine.
Chez les
patients séropositifs, ces réponses
diffèrent significativement (p<0,05) :
1/ l'augmentation des lymphocytes CD4 est
seulement minime,
2/ la diminution des lymphocytes portant les
déterminants CD45RA+ et CD62L+ est
légère (-1,2%), 3/une diminution de ceux ayant
les déterminants CD45RO+ et CD25+ (-2%).
Cependant,
les réponses immunitaires des patients du groupe 1 se
rapprochent de celles des sujets contrôles
séronégatifs.
Donc, il existe une corrélation entre la vaccination
contre la grippe et la charge virale dans le temps. Il
conviendrait de déterminer s'il s'agit d'une
stimulation in vivo de cellules infectées de
façon latente, et de s'interroger sur les
différences existant entre les patients
séropositifs et les sujets séronégatifs
au niveau des sous-populations de lymphocytes CD4.
H.
GUNTHARD* (1), J. WONG (1,2), C. SPINA (1,2), C. IGNACI (1),
S. KWOK (3), C. CHRISTOPHERSON (3), J. WANG (1,4), R.
HAUBRICH (1,4), D. HAVLIR (1,4), D. RICHMAN (1,2).
(1) Univ. of California San Diego (S.D.), La Jolla, CA, VA
S.D, (2) Healthcare System, S.D., CA, (3) Roche Molecular
Systems, Alameda, CA, (4) Treatment Center Univ. of Calif.
S.D., USA.
|
III. Abstracts concernant les cycles
menstruels.
III.a. Influence du
VIH sur la durée des cycles menstruels (n°
461).
Une
étude a été réalisée chez
802 femmes séropositives et chez 273 femmes
séronégatives (cohortes HERS et WIHS) ayant de
20 à 45 ans afin de faire une étude des cycles
menstruels sur une période de 6 mois.
26% des femmes séropositives avaient des lymphocytes
CD4 en dessous de 200/mm3.
L'association entre le statut de
séropositivité et la probabilité
d'avoir des cycles menstruels de plus de 40 jours (n=541
cycles) ou de plus de 90 jours (n=67 cycles) ou de moins de
18 jours (n=316 cycles) a été
étudiée (estimation réalisées
par la méthode SAS PROC GENMOD).
L'effet du statut de séropositivité sur la
durée et la variabilité des cycles standards a
été aussi étudiée (18-40 jours,
n=3634 cycles) et estimée par la méthode SAS
PROC MIXED.
La séropositivité augmente la
probabilité d'avoir des cycles menstruels de moins de
18 jours (OR=1,48, 95% CI=1,02-2,13) et des cycles de plus
de 90 jours (OR=1,48, 95% CI=0,80-2,73). Après
ajustement par rapport à diverses variables
(caractéristiques démographiques, BMI et
traitements), la probabilité d'avoir des cycles
courts reste élevée (OR=1,41, 95%
CI=0,98-2,02), mais la probabilité d'avoir des cycles
longs de plus de 90 jours diminue (OR=1,31, 95%
CI=0,68-2,58).
La séropositivité n'augmente pas la
probabilité d'avoir des cycles de plus de 40 jours
(OR=1,16) et n'affecte pas la durée moyenne ou la
variabilité des cycles standards.
Donc, bien que la séropositivité puisse
augmenter légèrement la probabilité
d'avoir des cycles menstruels très courts ou
très longs, il semble que la
séropositivité n'ait globalement que peu
d'effets sur les fonctions menstruelles.
SD
HARLOW*, P SCHUMAN, M COHEN, SE OHMIT, X LIN, RS KLEIN, A
ROMPALO, S CU-UVIN, D WARREN.
Univ of Michigan, Ann Arbor MI; Wayne State Univ, Detroit
MI; Cook County Hospital, Chicago, IL; Montefiore Medical
Center, Bronx NY; Johns Hopkins Univ, Baltimore MD; Brown
University, Providence RI; CDC, Atlanta GA.
(retour
III)
|
III.b.
Variation de la charge virale au cours du cycle menstruel
(n° 223).
Des
résultats d'études récentes
suggèrent qu'il n'y a pas de variation de la charge
virale (ADN viral) au cours du cycle menstruel.
Une étude a été réalisée
chez 16 femmes séropositives au cours de deux cycles
menstruels.
La charge virale a été mesurée sur des
prélèvements gynécologiques
réalisés selon trois méthodes
différentes. Ces prélèvements ont
été effectués au cours des
périodes menstruelles (1ère et
5ème semaine), des
phases folliculaires (2ème et
6ème semaine), du
début des phases lutéales (3ème et
7ème semaine) et de la
fin des phases lutéales (4ème et
8ème semaine).
Les valeurs de l'ARN viral pour chacune des trois
méthodes ont été respectivement, au
cours de la fin des phases lutéales, de 3.76, 2.86,
1.59 log10 copies/ml. Pour les périodes menstruelles,
ces valeurs ont été de 3.68, 2.76, 1.81 ; pour
les phases folliculaires de 3.54, 2.48, 1.41, et pour le
début des phases lutéales de 3.70, 2.62, 1.63.
Les valeurs de l'ARN viral ont été plus basses
au cours de la phase folliculaire et la
significativité statistique a été
atteinte pour l'une des trois méthodes
utilisées.
Donc, ces résultats préliminaires
suggèrent qu'il puisse y avoir des différences
de la valeur de l'ARN viral, mesurée au niveau de la
sphère génitale, en fonction de la date du
cycle menstruel.
P.
REICHELDERFER* (1), R. COOMBS (2), D. WRIGHT (3), D. BURNS
(1), J. COHN (4), A. KOVACS (5).
(1) NICHD/NIH,Bethesda,MD, (2) Univ. of Washington, Seattle,
(3) WESTAT, Rockville, MD, (4) Wayne State, Detroit, MI, (5)
Univ. of Southern California, Los Angeles.
|
IV. Abstracts concernant la persistance de
la multiplication virale
malgré l'obtention d'une
charge virale indétectable sous
trithérapie.
IV.a. Au niveau du
tissu lymphoïde (n° 62).
Malgré les traitements
antirétroviraux, les cellules encore infectées
par le VIH sont peu éliminées des
réservoirs du tissu lymphoïde par les effecteurs
des lymphocytes cytotoxiques (eCTL).
La perforine et le granzyme A sont les effecteurs
moléculaires principaux au niveau des granules d'eCTL
qui induisent l'apoptose et la lyse du TCR des cellules
infectées par le virus.
La perforine et le granzyme sont co-localisés au
niveau des cellules T CD8 avec une fréquence de plus
de 90%.
Au niveau du tissu lymphoïde de patients dont la
séroconversion au VIH est récente, 0,3
à 1,5% du nombre total des cellules exprime ces
molécules au niveau des cellules T CD8.
Par contre, au niveau du tissu lymphoïde de patients au
stade A2 à C, la grande majorité n'exprime pas
la perforine (<0,1% du nombre total des cellules,
p<0,02), mais l'expression du granzyme est maintenue (0,5
à 1,5% du nombre total des cellules).
Alors que la proportion de mononucléaires du sang
frais de patients infectés par le VIH-1, qui exprime
la perforine (10 à 21%) et le granzyme (12 à
28%), est de l'ordre de 100 fois plus élevée
que dans le tissu lymphoïde (p<0,001).
Donc, l'expression de la perforine est
détériorée au niveau de sites locaux de
la réplication du VIH se trouvant dans le tissu
lymphoïde.
Comme la perforine est nécessaire pour médier
la cytolyse des granules, une faible expression en perforine
pourrait inhiber la capacité des eCTL à
contrôler la production virale au niveau du tissu
lymphoïde infecté.
J.
ANDERSSON* (1), H. BEHBAHANI (1), J. LIEBERMAN (2), E.
CONNICK (3), A. LANDAY (4), BK. PATTERSON (5), A. SONNERBORG
(1), K. LORE (1), T. E. FEHNIGER (1). (1) Karolinska
Institutet, Stockholm, Sweden, (2) Harvard Med. Sch.,
Boston, MA. (3) Univ. of Colorado, Denver. (4) Rush Univ.,
(5) Northwestern Univ. Med. Sch., Chicago, IL.
(retour
IV)
|
IV.b.
Au niveau du tractus génital féminin, du
sperme et du liquide séminal (n° 6, 7, 220,
222).
Chez des
patients de la cohorte Merck 035, traités par
indinavir-zidovudine-lamivudine et ayant une charge virale
indétectable depuis plus de 72 semaines (avec une
réduction de 4 log de l'ARN viral par gramme de tissu
ganglionnaire après 12 mois de traitement), l'ADN et
l'ARN viral ont été trouvés dans tous
les ganglions étudiés (n=19) et à un
niveau similaire de celui trouvé un an plus
tôt. L'ARN viral était présent (450
à 1 600 copies/ml) dans 3 des 23
prélèvements génitaux
étudiés : 2 parmi les 2 femmes
étudiées et 1 sur les 21 hommes
étudiés.
L'ARN
viral était inférieur à 50 copies/ml
dans 15 prélèvements au niveau du liquide
céphalo-rachidien sur les 15
réalisés
J.
Wong* (1,2), H. Gunthard (1), S. Fiscus (3), Z. Zhang (4),
W. Schleif (5), D. Havlir (1), J. Eron (3), J. Mellors (7),
R. Gulick (6), F. Valentine (7), L. Jonas (5), C. Ignacio
(1), P. Dao (1), R. Isaacs (5), E. Emini (5), A. Haase (4),
D. Richman (1,2).
(1) UC San Diego, (2) VASDHCS, (3) UNC Chapel Hill, (4) U of
Minnesota, (5) Merck Research Lab, (6) Cornell U, (7) New
York U., (8) U of Pittsburgh.
(retour
IV)
|
Chez 7
patients recevant une trithérapie et dont l'ARN
plasmatique était indétectable
(inférieur à 50 copies/ml) sur une longue
période, l'ADN proviral a été cependant
détecté au niveau des cellules
séminales de 4 des 7 patients. La réplication
de virus VIH-1 compétent était rétablie
au niveau des cellules du sang périphérique
chez 3 des 7 patients, mais aussi des cellules
séminales chez 2 des 3 patients ayant de l'ADN
proviral au niveau des cellules sanguines.
Le rétablissement de la réplication de virus
compétent au niveau des cellules séminales
n'était pas associé à des mutations
génotypiques ; ce qui suggère l'existence
d'une résistance aux agents
antirétroviraux.
L'analyse des virus au niveau séminal semble indiquer
qu'il s'agit de souches virales à tropisme
macrophagique (CCR5) qui correspondent aux phénotypes
viraux les plus fréquemment rencontrés dans le
cadre de la transmission sexuelle du VIH-1.
Donc, les hommes infectés par le VIH-1 recevant une
trithérapie et ayant un ARN viral plasmatique
indétectable peuvent transmettre encore le VIH-1 par
voie sexuelle. Et le sperme pourrait donc constituer un
réservoir de virus empêchant
l'éradication du VIH-1.
ROGER
J. POMERANTZ*, GEETHANJALI DORNADULA, MARIA BEUMONT,
LAWRENCE LIVORNESE, BONNIE VAN UITERT, KELLY HENNING, HUI
ZHANG.
The Dorrance H. Hamilton Labs, Ctr. for Human Virology, Div.
of Infectious Diseases, Dept. of Med., Jefferson Med. Coll.,
Thomas Jefferson Univ., Phila., PA 19107, USA.
(retour
IV)
|
Chez 103
patients séropositifs mâles ayant des
lymphocytes CD4 entre 40 et 1 931/mm3 (moyenne : 521) et
dont 39% recevaient un traitement antirétroviral,
l'ARN du VIH-1 a été détecté
dans 61% des échantillons de plasma séminal
(moyenne : 1 100 copies/ml, intervalle : 100 à 3 200
000) et a été cultivé à partir
de 32% des échantillons séminaux (11% du
plasma séminal, 25% des cellules
séminales).
La charge virale du plasma séminal était
fortement corrélée avec celle du plasma
sanguin, mais elle était en moyenne inférieure
d'1 log plus basse (r = 0,67, p<0,001).
Cette charge virale du plasma séminal n'était
pas corrélée avec l'âge, la race, les
lymphocytes CD4 et le stade clinique.
50
patients asymptomatiques présentaient des anticorps
vis-à-vis du virus herpès simplex 2, ce qui
n'était pas corrélé avec la charge
virale du plasma séminal, ni avec la charge virale du
plasma sanguin ou avec la positivité des cultures
séminales.
40
patients (39%) recevaient des traitements
antirétroviraux dont 19 avec une combinaison
comprenant un inhibiteur de protéase.
Une plus grande proportion de sujets parmi ceux prenant un
traitement antirétroviral présentèrent
une charge virale du plasma séminal
indétectable (68% versus 21%, p<0,001).
Par contre, le VIH-1 a pu être cultivé à
partir du sperme dans une même proportion chez les
sujets traités et non-traités (respectivement
26% et 36%, p = 0,34).
Ni la charge virale du plasma séminal, ni celle du
plasma sanguin ne permirent de prédire la
possibilité de cultiver le VIH à partir du
sperme.
Le classement des patients en fonction du plus bas au plus
élevé quartile pour la charge virale du plasma
séminal est associé à la
présence de VIH au niveau du sperme, respectivement
dans 32%, 38%, 24% et 33%. Le VIH est cultivé dans
une même proportion à partir du sperme des
sujets ayant une charge virale du plasma séminal
indétectable et du sperme des sujet ayant une charge
virale du plasma séminal détectable
(respectivement 26% et 36%, p=0,34).
Donc,
alors que la charge virale du plasma séminal est
fortement corrélée avec celle du plasma
sanguin et qu'elle est significativement plus basse chez les
patients recevant un traitement antirétroviral, la
positivité des culture séminales de VIH-1
n'est pas corrélée avec la charge virale ou
avec la prise simultanée d'un traitement
antirétroviral.
Dans la mesure où le sperme des patients ayant une
charge virale du plasma séminal indétectable
présente toujours in vitro un certain pouvoir
infectieux, il convient de continuer la promotion des
pratiques sexuelles protégées.
JS
EVANS* (1), EA WALTER (1), RL ASHLEY (2), SA ANDERSON (3), T
MERRITT (3), DF STOREY (1), S WEGNER (4), MJ DOLAN (1).
(1) Wilford Hall Med Cen, Lackland AFB, TX, (2) Univ of
Washington Sch of Med, Seattle, WA, (3) HM Jackson Fndn for
Adv of Military Res, (4) Walter Reed Army Inst of Res,
Rockville, MD.
(retour
IV)
|
37 hommes,
qui n'avaient pas reçu antérieurement de 3TC
ou d'inhibiteur de protéase et dont les lymphocytes
CD4 étaient supérieurs à
50/mm3 et la charge virale supérieure
à 5 000 copies/ml, ont été inclus dans
une étude randomisée en double aveugle (ACTG
347). Ils ont reçu pour 23 d'entre eux de
l'amprénavir et pour les 14 autres de
l'amprénavir associé à de l'AZT et du
3TC.
La médiane des lymphocytes CD4 était de
262/mm3, celle de la charge virale plasmatique
sanguine de 25 377 copies/ml (4,4 log10) et celle de la
charge viral au niveau du plasma séminal de 2 800
copies/ml (3,45 log10).
6 des 7 patients, qui avaient avant traitement une charge
virale au niveau du plasma séminal en dessous du
seuil de détection, ne modifièrent pas ce
résultat après 8 semaines de traitement.
14 des 20 patients ayant un charge virale détectable
au niveau du plasma séminal avant traitement ont vu
cette charge virale devenir indétectable à la
8ème semaine de
traitement.
Au total, 14 sur 19 patients recevant de l'amprénavir
et 7 sur 9 recevant de l'amprénavir associé
à de l'AZT et à du 3TC eurent une charge
virale au niveau du plasma séminal
indétectable à la 8ème semaine de
traitement.
Parmi les patients ayant du virus détectable au
niveau séminal (n=24) avec en général
une charge virale plasmatique plus élevée
(25/34), la corrélation entre la charge virale
plasmatique sanguine et la charge virale au niveau du plasma
séminal est faible (r=0,42, p=0,04).
Chez 4 hommes, la charge virale au niveau du plasma
séminal était supérieure à 1
million de copies/ml et chaque valeur était plus
élevée que la valeur correspondante au niveau
plasmatique sanguin (plus élevée de 0,73
à 2,7 log10). Chez ces patients, le virus
était détectable dans le sperme après
16-24 semaines de traitement.
2 autres patients (chacun dans un des deux groupes)
présentèrent un rebond de leur charge
virale.
Donc, des traitements antirétroviraux comportant de
l'amprénavir peuvent réduire le niveau de la
charge virale au niveau du plasma séminal. Mais chez
certains patients, qui produisent de grandes quantité
de virus au niveau du sperme, la suppression de l'ARN du
VIH-1 au niveau séminal, n'est pas réalisable
actuellement.
J.
ERON* (1), L. SMEATON (2), V. DEGRUTTOLA (2), J. SCHOCK (1),
S. FISCUS (1), R. TUNG (2), R. GULICK (4), R. MURPHY
(5).
(1) Univ of NC, Chapel Hill, NC, (2) Harvard Univ, Boston,
MA, (2) Vertex Pharm, Cambridge MA, (4) Cornell Univ, NY,
NY, (5) Northwestern Univ, Chicago IL.
NDLR :
Concernant les chiffres cités, il existe certaines
discordances concernant le nombre des patients ; ce qui
s'explique par le fait que l'un des patients n'avait pas
d'analyse, 5 autres n'avaient eu que des
prélèvements sanguins et un autre n'avait eu
de prélèvement qu'à la
8ème
semaine.
(retour
IV)
|
IV.c.
Au niveau de la muqueuse recto-sigmoïdienne
(n°160).
Parmi 17
patients séropositifs depuis plus de 3 ans et sous
trithérapie antirétrovirale, et ayant une
charge virale indétectable (<400 copies/ml) et des
lymphocytes CD4 en moyenne à
474,4±316,7/mm3 (intervalle : 15
à 1 100), 15 présentaient du virus (mesure du
LTR du VIH) au niveau d'une biopsie de la muqueuse
recto-sigmoïdienne.
L'analyse d'un deuxième fragment de biopsie,
réalisée au niveau de la même zone et au
même moment, retrouva les mêmes
résultats.
Au sein des biopsies de ces 15 patients, le nombre moyen de
copies de LTR du VIH-1 par µg d'ARN total était
de 215,8±190,2 (intervalle : 44 à 768).
Il n'y avait aucune corrélation entre la valeur des
lymphocytes CD4 et la charge virale de la muqueuse
recto-sigmoïdienne (r=-0,1146).
Deux sujets ayant une charge virale plasmatique
indétectable avaient aussi une charge virale
indétectable au niveau de la muqueuse
recto-sigmoïdienne (lymphocytes CD4 respectivement
à 130 et à 550/mm3).
M.
Poles* (1), J. Elliott (1), S. Brown (4), D-P. Shi (1), S.
Chiong (2), K. Hege (3), I. McGowan (4), H. Lenz (2), I.
Chen (1), P. Anton (1).
(1) UCLA AIDS Institute, UCLA School of Medicine, Los
Angeles CA, (2) USC School of Medicine, Los Angeles CA, (3)
Cell Genesys Inc., Foster City CA, (4) AIDS Research
Alliance, Los Angeles.
|
V.
Abstracts concernant certains aspects des traitements
antirétroviraux.
V.a.
Ostéoporose et ostéonécrose (n°
679, 680).
Ostéoporose (n°
679).
Des
modifications du métabolisme osseux ont
été récemment décrites chez des
patients infectés par le VIH. Ainsi, certaines
études ont trouvé une diminution de la
densité minérale osseuse. D'autres n'ont mis
en évidence que des altérations du
renouvellement osseux, à la limite de la normale,
notamment des diminutions de la formation osseuse
appréciées par
ostéodensitométrie.
Chez 17 patients mâles infectés par le VIH (1
au stade CDC et 16 asymptomatiques), âgés de 26
à 50 ans (moyenne : 37,5 ans), ayant des lymphocytes
CD4 entre 75 et 1 008/mm3 (moyenne :
450/mm3) et une charge virale de 200 à 7 000
000 copies/ml (moyenne : 53 400 copies/ml) et recevant tous
un traitement antirétroviral depuis en moyenne 11,4
mois, on nota une nette diminution de la densité
minérale osseuse mesurée au niveau du corps
entier (Z-score -3.01 ± 1.25). Paradoxalement, on ne
nota qu'une petite diminution au niveau lombaire (L2-L4) de
la colonne vertébrale (Z-score -1.02±0.93) et
du col fémoral (Z-score -077±1.16).
Aucun de ces patients n'avaient présenté au
préalable d'alitement prolongé ou de
diagnostic de maladie osseuse métabolique et aucun ne
recevait de médicaments connus comme pouvant avoir un
effet sur le métabolisme osseux.
D'un point de vue biologique, aucune altération du
métabolisme phosphocalcique n'a été
trouvée. Seul un cas d'hypogonadisme et un cas
d'hypocortisolisme ont été notés.
L'exploration de l'axe thyroïdien et du niveau de la
prolactine ne révéla aucune anomalie.
Donc, les mécanismes intervenant dans cette
diminution minérale osseuse et sa signification
clinique restent inconnus.
N.
LUNA*, J. ZAMUDIO, D. BRUERA, M. STIVILA, D. DAVID.
Rawson Hosp.- Hosp. Natl. de Clin., Cordoba,
Argentina.
(retour
V)
|
Ostéonécrose (n°
680).
Jusqu'en
1996, seulement 23 cas d'ostéonécrose
avasculaire avaient été rapportés dans
la littérature.
De juin 1997 à mai 1998, 8 cas ont été
identifiés parmi les patients suivi dans une cohorte
de 600 patients, soit 1,33%.
Une étude rétrospectives a été
réalisée chez ces patients afin d'essayer
d'identifier les facteurs potentiels favorisant la survenue
de l'ostéonécrose.
Parmi ces 8 patients, 7 étaient de sexe mâle et
ils avaient, au moment du diagnostic
d'ostéonécrose, en moyenne 39 ans, des
lymphocytes CD4 à 289,7/mm3 et 5/8
étaient au stade Sida. Certains présentaient
des facteurs favorisants : alcoolisme et pancréatite
(n=1), utilisation de stéroïdes et
pancréatite (n=1), traitement stéroïde
chronique (n=1) et traitement stéroïde de courte
durée (n=2). Trois patients n'avaient pas de facteur
d'ostéonécrose.
Tous ces patients recevaient un inhibiteur de
protéase avant que ne soit établi le
diagnostic d'ostéonécrose, et ce depuis 65,6
semaines (intervalle de 4 à 113 semaines). À la date
des premiers symptômes d'ostéonécrose,
ils recevaient un inhibiteur de protéase dans le
cadre de leur traitement antirétroviral depuis 59,7
semaines (intervalle de 3 à 98 semaines).
Chez 5/8 patients, dont les résultats étaient
disponibles, tous présentaient un niveau
élevé en triglycérides. Un patient
avait des signes cliniques évocateurs de
lipodystrophie.
L'ostéonécrose était localisée
de façon unilatérale (5/8) ou
bilatérale (2/8) au niveau de la tête
fémorale ; le 8ème patient, qui
présentait une atteinte bilatérale au niveau
de la tête du fémur, avait aussi une
localisation au niveau des os de la main.
Donc, il
semblerait que cette augmentation de l'incidence de
l'ostéonécrose dans ce groupe de patients
puisse être en rapport avec l'inhibiteur de
protéase ; le mécanisme pathogénique
pouvant être similaire à celui de la
lipodystrophie induite par les inhibiteurs de
protéase.
J.
TIMPONE*, D. FLUHME, J. NASCONE, B. EVANS, P. KUMAR.
Georgetown University Medical Center, Washington,
DC.
(retour V)
|
V.b.
Interaction avec les traitements de substitution (n°
372).
Sept
patients recevant de la méthadone (dose moyenne : 76
mg/jour, intervalle : 30-115 mg/jour)
présentèrent un état de manque en
opiacés 4 à 8 jours après l'initiation
d'un traitement comportant de la névirapine.
Les patients avaient en moyenne des lymphocytes CD4 à
319/mm3 et une charge virale à 4,22 log
copies/ml. L'un d'entre eux n'avait jamais reçu
d'antirétroviraux au préalable.
Le niveau sanguin de la méthadone lors de
l'apparition des symptômes du manque a
été extrêmement abaissé (0,06 -
0,17 mcg/ml) pour trois de ces patients (avant
l'introduction de la névirapine, deux de ces trois
patients avaient un niveau de méthadone correct du
point de vue du traitement substitutif).
L'accroissement des posologies quotidiennes à plus de
150 mg put être réalisé avec
succès chez trois patients ; pour trois autres
patients, cela a été un échec. Au
total, quatre patients arrêtèrent la
névirapine et un autre refusa tout autre traitement
antirétroviral.
La névirapine étant un inducteur du CYP3A4,
elle peut donc modifier le métabolisme de la
méthadone et précipiter l'apparition d'un
état de manque chez les patients recevant
simultanément ces deux types de
médicaments.
Ces résultats ont des implications importantes pour
le traitement antirétroviral chez des patients
utilisant des thérapeutiques de substitution. Il
importe de développer des études sur les
interactions médicamenteuses chez ces patients. Et
ceci notamment pour guider les prescriptions de
méthadone quand ce type d'interactions
médicamenteuses est suspecté (NDLR ou
d'envisager d'autres types de traitements de substitution).
F. L.
ALTICE*, E. COONEY, G. H. FRIEDLAND.
Yale Univ. AIDS Program, New Haven, CT.
(retour V)
|
V.c.
Persistance de l'apoptose au niveau des lymphocytes CD8
(n° 59).
Plusieurs
mécanismes responsables de
l'accélération de la mort des cellules CD4 par
apoptose ont été identifiés. Par
contre, les mécanismes intervenant dans la mort des
cellules CD8 par apoptose ne sont pas clairs.
La mesure de l'expression de l'Annexin V, un marqueur des
modifications précoces induites par l'apoptose au
niveau membranaire, a permis d'étudier in vivo le
phénomène d'apoptose au niveau des CD8. Sur 26
patients infectés par le VIH, 17 ont un nombre
élevé de lymphocytes T8 en apoptose. Aucune
corrélation n'est notée avec la charge virale,
mais il existe une corrélation avec les valeurs
basses en lymphocytes CD4 (r=0,38, p<0,05).
Seul le retrait des monocytes du milieu cellulaire permet de
réduire de 50% le nombre des cellules CD8 en apoptose
chez 14 des 16 prélèvements
étudiés, alors que l'utilisation d'anticorps
neutralisant FasL est moins efficace et qu'avec des
anticorps anti-TNF-alpha, aucun effet est
observé.
Afin de déterminer si les interactions entre les
cellules T et les monocytes sont responsables de
l'augmentation de l'apoptose au niveau des lymphocytes CD8,
ont été ajoutés des anticorps
dirigés contre les déterminants CD80 et CD86 :
les ligands pour le CD28 lors de la présentation des
antigènes aux cellules. En effet, l'apoptose est
alors réduite de la même manière que
lors du retrait des monocytes.
Comme l'augmentation du nombre de cellules CD8 en apoptose
est constatée en cas de charge virale
indétectable, il semblerait donc que les cellules CD8
soient encore sensibles à l'infection par le VIH, ou
aux cellules activées présentant
l'antigène au niveau de réservoirs du
virus.
D.
LEWIS*, D. NG TANG, X-P. WANG and C. KOZINETZ.
Baylor Coll. of Med., Houston, TX.
(retour V)
|
V.d.
Inhibition de l'apoptose au niveau des lymphocytes CD4 et
CD8 (n° 349).
La
restauration de l'immunité survenant au cours des
traitements par trithérapies comportant un inhibiteur
de protéase pourrait être due à des
effets indépendants de leur action suppressive sur la
réplication du VIH.
Comme la déplétion en lymphocytes CD4 au cours
de l'infection à VIH s'explique en partie par une
accélération de la mort cellulaire par
apoptose, une étude a été
réalisée pour étudier
précisément l'effet des inhibiteurs de
protéase sur les lymphocytes T en apoptose.
Des lymphocytes de sang périphérique (PBL) de
patients séropositifs n'ayant pas encore reçu
de traitement antirétroviral (HIV+PBL) et des PBL de
patients séronégatifs (HIV-PBL) ont
été traités in vitro pendant 16 heures
par un ou plusieurs inhibiteurs de la reverse transcriptase
(AZT, DDG, DDC, DDI), ou avec un inhibiteur de
protéase (ritonavir ou saquinavir). Les HIV+PBL
traités avec 10µM de ritonavir ou de saquinavir
ont une réduction spontanée de l'apoptose au
niveau des lymphocytes CD4 (75.5±7.6% en comparaison
avec des cellules non traitées, p=0.02 ; 69.5±
9.5%, p=0.002), et des lymphocytes CD8 (68.4±9.0%,
p=0.003, 59.0±9.2%, p=0.001).
De plus, le ritonavir et le saquinavir réduisent
l'apoptose au niveau des lymphocytes CD4 ayant induit des
anticorps anti Fas (73.7±8.9% en comparaison avec des
cellules non traitées, p=0.002, 64.8±12.1%,
p=0.001) ainsi que l'apoptose des lymphocytes CD8 induite
par l'anti Fas (67.4±8.6%, p=0.006, 56.0±9.4%,
p=0.001).
À l'opposé, le traitement avec 10µM d'AZT ou de
DDG ou avec une combinaison d'AZT, de DDC et de DDI ne
modifie pas l'apoptose au niveau des HIV+PBL.
L'effet inhibiteur des inhibiteurs de protéase n'est
pas dû à une plus grande suppression virale
(mesuré par l'antigène P24 et par l'ARN viral
en comparaison avec les cellules traitées par des
inhibiteurs de la reverse transcriptase).
Par ailleurs, l'apoptose au niveau de cellules T de Jurkat
non infectées par le VIH, ou au niveau de HIV-PBL,
n'est pas modifiée par les inhibiteurs de
protéase ou de la reverse transcriptase.
Ces résultats démontrent que les inhibiteurs
de protéase étudiés modifient in vitro
la survie des lymphocytes T en parallèle, mais
indépendamment de leur activité anti-VIH
propre ; ce qui suggère que les inhibiteurs de
protéase ait un possible effet immunologique
supérieur sur les inhibiteurs de reverse
transcriptase dans le cadre des trithérapies
utilisées in vivo.
PHENLX
BN*, MANDY F, CHAMBERS KA, KRAVCIK S, ANGEL JB, GALLICANO K,
HAWLEY-FOSS N, CASSOL S, CAMERON DW, BADLEY A.
Univ. of Ottawa, Ont., Canada.
(retour V)
|
V.e.
Intérêt du génotypage (n° LB 8, LB
9).
Une
étude randomisée multicentrique a
été réalisée entre juillet 1997
et décembre 1998 chez 153 patients ayant
présenté un rebond de leur charge virale 16
semaines après avoir débuté une
trithérapie comportant un inhibiteur de
protéase et deux inhibiteurs nucléosidiques de
la reverse transcriptase.
Au début de l'étude, la moyenne des
lymphocytes CD4 était de 230/mm3 et celle de la
charge virale plasmatique était de 2 085 copies/ml.
Parmi ces patients, 85 avaient reçu de l'indinavir,
51 du nelfinavir, 11 du ritonavir et 9 du saquinavir.
Un génotypage par séquençage ABI a
été effectué pour tester chacune des
molécules composant les trithérapies et
indiquer lesquelles étaient devenues
résistantes au VIH. Ces résultats ont
été communiqués aux médecins de
la moitié des patients étudiés.
La moyenne des modifications de la charge virale 4 et 8
semaines après a été : de -1,14 log
versus -0,65 log pour ceux dont les résultats du
génotypage n'avaient pas été transmis
(p<0,001). À la 8ème semaine, le
pourcentage de charges virales indétectables (<500
copies/ml) était de 50% versus 23% (p=0,002).
À la 12ème semaine, la
différence entre les deux groupes était en
moyenne de -0,39 log (p=0,02).
La réponse virologique pour chaque traitement
était corrélée avec le nombre de
molécules actives prescrites.
Cette étude confirme l'intérêt du
génotypage pour modifier au mieux les composants des
trithérapies quand survient un rebond de la charge
virale.
J.D.
BAXTER*(1), D.L. MAYERS (2), D.N. WENTWORTH (3), J.D. NEATON
(3), T.C. MERIGAN (4) and the CPCRA 046 Study Team for the
Terry Beirn Community Programs for Clinical Research on AIDS
(CPCRA).
(1) Cooper Hospital/UMC, Camden, NJ, (2) Henry Ford
Hospital, Detroit, MI, (3) University of Minnesota,
Minneapolis, MN, (4) Stanford University, Stanford,
CA.
(retour
V)
|
L'obtention d'une charge virale
indétectable peut être compromise chez des
patients recevant pour la première fois une
trithérapie (patients dits "naïfs") car les
virus VIH de ces patients peuvent déjà
être résistants aux inhibiteurs
nucléosidiques de la reverse transcriptase (NRTI)
et/ou aux inhibiteurs non nucléosidiques de la
reverse transcriptase (NNRTI), et/ou aux inhibiteurs de
protéase (PI).
Bien que la transmission de résistances virales pour
toutes les classes de molécules composant les
trithérapies ait été
démontrée, la fréquence des
résistances chez les patients récemment
infectés a été peu
étudiée jusqu'à présent.
114 patients "naïfs" ayant un suivi médical
depuis trois ans ont été
étudiés.
Le génotypage a été
réalisé par séquençage direct
par PCR et les résistances ont été
interprétées par le système VircoGEN
TM.
La détermination de la susceptibilité aux
molécules a été faite par
phénotypage (Antivirogram TM, Virco).
Le génotypage et le phénotypage ont pu
être effectués respectivement sur 95 et 91
prélèvements. Les résultats positifs
ont été exprimés pour le
génotypage par les mentions "résistance
possible" ou "résistance évidente", et pour le
phénotypage par les mentions "résistance
intermédiaire" ou "résistance".
Le génotypage a pu généralement
prédire avec précision la présence de
résistances phénotypiques.
Résultats : respectivement pour NRTI
/ NNRTI / PI :
Génotypage :
Résistance possible : 3%/10%/8%
Résistance évidente : 1%/5%/1%
Phénotypage :
Résistance intermédiaire : 6%/15%/0%
Résistance : 1%/7,7%/1%
La
prévalence pour qu'il existe une résistance
pour deux molécules de deux classes
thérapeutiques différentes est de 3,2% par le
génotypage, et de 2,2% par le phénotypage.
La prévalence pour qu'il existe une résistance
pour les trois molécules de la trithérapie est
de 2,1% par le génotypage et de 3,3% par le
phénotypage.
La prévalence globale d'une modification
génotypique ou d'une modification phénotypique
significative est de 21%.
Ces résultats montrent l'intérêt de
l'étude des résistance pour optimiser au mieux
le choix d'une trithérapie chez des patients n'ayant
reçu antérieurement aucune
trithérapie.
S.
Wegner* (1), J. Mascola (1), A. Barile (1), N. Aronson (1),
G. Martin (1), K. Stephan (1), S. Brodine (1), S. Tasker
(1), S. Bloor (2), J. Vingerhoets (3), K. Hertogs (3) and B.
Larder (2).
(1) U.S. Military HIV Research Program, Rockville, MD, (2)
Virco UK, Cambridge, U.K., (3) Virco Belgium, Mechelen,
Belgium.
(retour V)
|
V.f.
Projet d'arrêt de la prophylaxie (n° LB
7).
Une
étude en ouvert, randomisée et multicentrique
(essai GESIDA04/98) a été
réalisée chez 332 patients ayant eu des
lymphocytes CD4 inférieurs à
200/mm3, ou un épisode antérieur de
pneumocystose, recevant une prophylaxie de la pneumocystose
(95% recevant du Bactrim), et répondant favorablement
à une trithérapie (lymphocytes CD4
supérieurs à 200/mm3 et charge virale
inférieure à 5 000 copies/ml). Ces patients
ont été répartis en deux groupes : 171
qui arrêtèrent la prophylaxie (Gr 1) et 161 qui
la continuèrent (Gr 2). 10 patients quittèrent
l'étude (7 dans le Gr 1 et 3 dans le Gr 2).
Le niveau
le plus bas des lymphocytes CD4 a été de
109±58 (Gr 1), 103±58 (Gr 2) et de
106±58/mm3 (Gr 1 + Gr 2).
Le pourcentage de patients appartenant respectivement aux
stadex A3, B3 et C3 était de 37/24/39 (Gr 1), de
37/22/41 (Gr 2) et de 37/23/40 (Gr 1 + Gr 2).
Le nombre de patients ayant reçu une prophylaxie
primaire ou secondaire était respectivement de 162/9
(Gr 1), 155/6 (Gr 2) et 317/15 (Gr 1 + Gr 2).
Le nombre de mois durant lesquels une réponse
favorable à la trithérapie a été
enregistrée : 8,6 (Groupe 1), 7,4 (Gr 2) et 7,9 (Gr 1
+ Gr 2).
Les lymphocytes CD4 étaient au début de
l'étude de 375±125 (Gr 1), 362±120 (Gr 2)
et de 368±122 (Gr 1 + Gr 2).
La durée de la prophylaxie jusqu'au début de
l'étude était de 36±20 (Gr 1), 35±21
(Gr 2) et de 36±21 mois (Gr 1 + Gr 2).
La durée du suivi a été de 6,4±3,9
(Gr 1), 6,9±4 (Gr 2) et de 6,6±4 mois.
Le nombre de pneumocystoses, d'événements
correspondant au stade C et de décès ont
été respectivement de 0/0/1 (Gr 1), 0/0/0 (Gr
2) et 0/0/1 (Gr 1 + Gr 2).
Donc, ces
résultats préliminaires semblent indiquer que
la prophylaxie de la pneumocystose pourrait être
arrêtée en toute sécurité chez
les patients répondant favorablement à la
trithérapie.
JC
LOPEZ, JM PENA (2), JM MIRO (3), D PODZAMCZER (4), and the
GESIDA 04/98 study group. Hosp. Gregorio Maranon (1) and La
Paz (2) (Madrid), Clinic (3) and Bellvitge (4) (Barcelona),
Spain.
(retour V)
|
V.g. Projet
de traitements intermittents (n° LB 5,
351).
L'interruption des trithérapies ou
des multithérapies antirétrovirales se traduit
souvent rapidement par une remontée de la charge
virale, et parfois à un niveau plus
élevé que celui existant avant la mise en
route du traitement.
Dans le cadre d'une étude longitudinale, 3 patients
ayant une virémie stable (719 000, 22 665 et 33 707
copies/ml) ont reçu une trithérapie comportant
de l'hydroxyurée pendant 3 semaine. Ce traitement a
été ensuite interrompu pendant une semaine.
Puis, le traitement a été suivi pendant deux
cycles de 3 mois, séparés par une interruption
poursuivie jusqu'à la réapparition d'un rebond
de la charge virale au delà de 5 000 copies/ml.
La virémie est devenue indétectable
(inférieure à 400 copies/ml) après
chaque initiation. À la suite de la 2ème et
3ème interruption de
traitement, le rebond de la charge virale est survenue
respectivement après 14 jours (11-19) et 37 jours
(27-48).
Par ailleurs, une étude similaire a été
réalisée chez 3 singes macaques rhésus
infectés par SIV/Mac 251. 28 jours après
l'infection, ils ont reçu une association comportant
de l'hydroxyurée, du ddI et du PMPA pendant deux
cycles de traitement de 3 semaines suivis chacun d'une
période d'interruption (charge virale avant
traitement : respectivement 198 893, 548 513 et 1 254 156
copies/ml). Pour le premier cycle, cette interruption a
été de 6 semaines avec des charges virales
inférieures à 5 000 copies/ml et pour le
deuxième cycle (toujours en cours) de 10 semaines
avec des charges virales inférieures à 200
copies/ml.
Ces résultats préliminaires semblent donc
indiquer que des traitements intermittents chez l'être
humain pourraient prolonger (dès le
2ème cycle) le temps
d'apparition du rebond de la charge virale survenant
à l'arrêt temporaire du traitement, et chez le
singe pourrait en plus contrôler la réplication
virale en l'absence de traitement.
F. LORI
(1)*, D. ZINN (1), G. VARGA (1), R. MASERATI (2) E. SEMINARI
(2), J. TIMPONE (3), N. MILLER (4), R. PAL (5), P. MARKHAM
(5), J. LISZIEWICZ (1).
(1) Research Institute for Genetic and Human Therapy (RIGHT)
Washington DC and Pavia IT; (2) Policlinico S Matteo, Pavia
IT; Georgetown Univ. Washington DC; (4) NIAID, NIH, Bethesda
MD; (1)ABL, Kensington MD.
(retour
V)
|
L'éradication du VIH est un objectif
qui se heurte notamment au fait qu'il existe, dès le
début de l'infection, un réservoir où
du virus compétent se réplique et que ce
réservoir persiste même après plusieurs
années de traitement par des
antirétroviraux.
Il semblerait qu'un contrôle immunologique puisse
apporter une réponse à cet obstacle.
Un patient ("Le patient de Berlin") a été
traité par l'association d'hydroxyurée, de DDC
et d'indinavir juste avant que sa séroconversion soit
terminée. Sa virémie (80 041 et 89 390
copies/ml) est devenue indétectable. Ensuite, un
rebond a été constaté à
l'occasion d'une suspension de traitement.
Puis, aucun rebond n'a été noté
après une 2ème suspension de
traitement, et ce, pendant 551 jours, après un
premier arrêt de 176 jours.
Ce patient a fait l'objet de nombreuses études afin
de comprendre pourquoi il n'y a pas eu ultérieurement
d'autres rebonds de la charge virale
Le virus a été détecté au niveau
des ganglions (3 cellules/4.4x107 cellules) ainsi qu'au
niveau des CD4 (<0.1 cellules/106 cellules), mais avec
une très faible fréquence. Malgré
l'absence de traitement, le rapport CD4/CD8 et le
pourcentage de cellules s'était normalisé.
Aucun anticorps neutralisant n'a été
trouvé, mais on nota la présence d'une nette
réponse des lymphocytes T-helper spécifiques
du VIH et des lymphocytes CD8 cytotoxiques pendant deux
années de suivi médical.
L'éradication du VIH n'a pu être obtenue
malgré la mise en route très
précocement d'un traitement antirétroviral.
Mais il semble que l'arrêt du traitement ait permis
d'obtenir un contrôle de l'immunité à
médiation cellulaire T.
J.
LISZIEWICZ* (1), E. ROSENBERG (2), J. LIEBERMAN (3), H.
JESSEN (4), L. LOPALCO (5), R. SILICIANO (6), B. WALKER (2),
F. LORI (1).
(1) RIGHT at Policlinico S. Matteo, PV, Italy and Georgetown
Univ., Washington, DC, (2) Massachusetts Gen. Hosp., Boston,
(3) Ctr. for Blood Res., Boston, MA, (4) Jessen Praxis,
Berlin, Germany, (5) S. Raffaele, Milan, Italy, (6) Johns
Hopkins Univ., Baltimore, MD.
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