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1. Présentation
Faire le test
du Sida nécessite de recevoir une information
appropriée et claire sur certains points, afin
d'éviter les incertitudes inutiles et de propager de
fausses vérités. À l'occasion de cet examen,
le médecin doit transmettre impérativement
certains messages et être capable de répondre
à toute une série de questions de toute sorte,
en évitant des simplifications qui seraient
réductrices. En abordant le thème du test du
Sida, nous serons amenés à évoquer ou
à développer la plupart des domaines
médicaux concernant le Sida, mais aussi
l'hépatite C, dont les modes de transmission sont
similaires, et dont l'allure épidémique est
confirmée. Parler du test du Sida nous conduira aussi
à envisager d'autres domaines du quotidien, comme la
sexualité, l'exclusion, l'angoisse existentielle et
la mort. La première version de ce texte a
été établie à l'occasion de
conférences destinées à la formation de
médecins qui sont amenés à proposer ce
test à des personnes et à leur remettre
ensuite le résultat. Leurs auteurs considèrent
que la lecture de ce texte ne pourra qu'être
bénéfique à toute personne.
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2. Description du test du
Sida
Le
test* du Sida, ou sérologie du
VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine), disponible
depuis 1985, fait appel à deux techniques de
dosage.
Le dépistage est assuré, dans un premier
temps, par une technique elisa.
Les laboratoires doivent effectuer deux tests elisa sur
chaque prélèvement (cette obligation
légale n'est pourtant pas encore
réalisée dans les centres de transfusion
sanguine, pour des motifs économiques inconcevables
!).
Dans le cas où ce premier test se
révèle positif, on refait un dosage par une
technique de Western blot. Il en est de même si deux
tests elisa donnent des résultats douteux.
Ce deuxième test permet, soit de confirmer une
positivité, soit d'éliminer un faux positif
obtenu avec le test elisa.
Le Western blot permet de caractériser les
réactivités obtenues vis-à-vis des
différentes protéines du VIH ; il est
considéré comme positif s'il y a
présence d'anticorps de la personne dirigés
contre les protéines d'enveloppe (gp41, 120, 160),
associée à au moins un anticorps dirigé
contre une protéine interne du virus (P18, 24, 34,
40, 51, 55, 68).
* Ce test permet de
détecter simultanément le VIH1, ainsi que le
VIH2 qui est beaucoup moins répandu
(Sénégal, Guinée-Bissau, etc.).
Le VIH possède 3 gènes codant pour
différentes protéines = gag (pour "groupe
antigène" codant pour des protéines internes
ou de "core" = p50 et 40 qui se cliveront en p13, 18 et 24),
pol (pour "polymérase" codant pour des enzymes
nécessaires à sa réplication comme p68
pour la reverse-transcriptase et p34 pour
l'intégrase) et env (pour "enveloppe" codant pour des
glycoprotéines gp110 et 41 issues de gp160 ; la gp110
est une partie de l'enveloppe permettant la
pénétration du virus dans la cellule-cible, le
lymphocyte T4 ou le macrophage, en interagissant au niveau
du récepteur de sa membrane cellulaire ; la gp41
induit en plus la fusion cellulaire ou syncytium qui est un
des éléments cytopathogènes du
VIH).
Précisons que le VIH, contrairement aux autres
rétrovirus, possède d'autres gènes
intervenant dans sa réplication et expliquant son
pouvoir hautement pathogène.
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3. Signification du test du
Sida.
Un test
positif confirmé par Western blot signifie que le
sujet a été contaminé par le virus VIH,
ou, plus exactement, qu'à la suite d'un contact avec
ce virus, son système immunitaire a fabriqué
des anticorps. En effet, ce test n'explore que la
présence d'anticorps et non pas directement celle du
virus. Seules des techniques utilisées dans certains
laboratoires de recherche (amplification du génome
par PCR) peuvent mettre en évidence directement la
présence d'une partie du virus. Ce test ne permet pas
de préciser la date de la contamination.
Cependant, le Western blot donne, pour chaque réponse
en anticorps, un dosage semi-quantitatif (positif,
faiblement positif, négatif). Une réponse en
anticorps positive sur tous les anticorps est plutôt
en rapport avec une réaction adéquate du
système immunitaire du sujet ; ce qui est souvent le
cas au cours des premières années de
l'infection, et inversement. En effet, la cinétique
antigène-anticorps débute juste après
la contamination par une apparition transitoire de
l'antigène p24 du virus, suivie, après une
période de quelques mois (parfois cependant plus
longue), de l'ascension de l'anticorps p24 au moment de la
séroconversion. Après plusieurs années
d'évolution, l'antigène
réapparaît, précédé d'une
chute des anticorps.
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4. Signification d'un résultat
négatif du test du Sida.
Un test
négatif par elisa n'a pas, a priori, besoin
d'être confirmé par Western blot.
Il signifie qu'il y a une grande probabilité que la
personne n'ait pas été infectée par le
VIH. En raison de la possibilité d'un risque
incompressible (technique de dosage) de résultat
faussement négatif (estimé à 1/100 000
- voire 1/1 000 000 - suivant les banques de sang), on ne
peut pas affirmer à 100 % l'absence de
contamination.
L'autre raison en est que l'apparition des anticorps peut,
dans certains cas, se faire au-delà des trois mois
qui suivent la contamination.
En effet, de rares cas où cet intervalle a
été d'un an - voire de plusieurs années
- ont été décrits, notamment dans le
cadre du suivi de sujets séropositifs dans le plus
ancien groupe étudié (San Francisco),
où ces cas ont pu être dépistés
par des techniques de recherche (amplifications du
génome du virus par PCR).
En raison de la gravité du pronostic vital que fait
peser cette infection, et en raison de son caractère
hautement épidémique (plus de 20 millions de
personnes ont été contaminées et 4,5
millions de cas de Sida ont été
répertoriés depuis le début de
l'épidémie, d'après une estimation
faite au 30/06/1995 par l'OMS), on ne peut donc pas
affirmer, sous couvert des statistiques, qu'un test
négatif élimine totalement le risque d'avoir
été contaminé.
On ne peut donc que recommander de refaire le test quelques
mois plus tard (trois mois, ou plus ?) si la personne a
été mise en situation évidente de
risque d'avoir été contaminée (cf.
infra). Il faut cependant savoir que le renouvellement de ce
test améliorera certes la fiabilité du
résultat, mais sans jamais atteindre 100
%.
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5. Signification d'un résultat
positif douteux d'un test du Sida.
En ce qui
concerne les rares cas de positivité sur un test
elisa, non retrouvé sur test Western blot, il est
conseillé de faire des contrôles biologiques
à distance.
Cela a été décrit récemment chez
des personnes atteintes de pemphigus, de lupus érythémateux, d'érysipèle,
d'eczéma chronique et de prostatite chronique.
Des réactions croisées entre les anticorps du
VIH et d'autres anticorps (en rapport notamment avec des
maladies auto-immunes) expliqueraient ce
phénomène (congrès de Yokohama,
1994).
Le sang de ces personnes ne doit pas être
utilisé pour la transfusion, bien que, dans certains
cas, ces personnes se révèlent indemnes avec
le temps.
De même, la vaccination anti-grippale peut
interférer avec le résultat du test HIV. En
effet, une étude a montré que 0,6 à 1,7% des personnes vaccinées durant l'hiver 1991 avaient
eu un résultat positif sur les tests élisa
pour le VIH, ainsi que pour un autre rétrovirus
(HTLV-1) et pour le virus de l'hépatite C.
Les tests de confirmation ont infirmé toute
contamination de ces personnes. Cette fausse
séropositivité se maintient pendant 2 à
5 mois, et parfois plus, et persiste beaucoup plus longtemps
pour le virus de l'hépatite C (Mackensie et coll.,
JAMA, 1992, 268, 8, 1015).
Rappelons que la vaccination anti-grippale est
recommandée pour les sujets de plus de 65 ans
fragilisés et pour ceux qui sont atteints par
certaines maladies respiratoires ou certaines cardiopathies,
et que la plupart des angines, bronchites et sinusites ne
sont pas causées par le virus de la grippe !
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6. Qui
doit faire le test du Sida ?
6.A. Ce test doit être
proposé par un médecin avant tout aux personnes qui
ont été mises en situation de risque d'avoir
été contaminées ** :
- rapport sexuel
(hétérosexuel ou homosexuel) non
protégé de façon adéquate (cf.
infra) avec un partenaire inhabituel. C'est le cas de
personnes ayant plusieurs partenaires successifs ou
simultanés ; mais c'est aussi le cas de rapports dans
le cadre des premiers mois (6 à 12 mois ?) d'une
nouvelle relation survenant après la rupture d'une
précédente relation, qui a pu cesser plusieurs
années auparavant.
- rapport sexuel non protégé avec un
partenaire séropositif connu.
- antécédents récents ou anciens,
même incertains, d'échange de seringues dans le
cadre de la toxicomanie intraveineuse et en cas de conjoint
ayant des antécédents, récents ou anciens, de
toxicomanie.
- à toute personne ayant reçu, en France, des
transfusions de produits sanguins avant le 1er août
1985 (date avant laquelle ces tests n'étaient pas
réalisés systématiquement dans les
centres de transfusion), mais aussi après 1985, en
raison de rares cas de résultats faussement
négatifs (cf. supra).
- en cas d'antécédents de transplantations de
tissus (y compris insémination de spermatozoïdes) ou
d'organes (dépistage systématique en France
depuis le 1er juin 1987).
** La notion
de comportement à risques.
Concernant ce paragraphe, il faut bien insister sur
la terminologie. La notion de "groupes à risque"
n'est plus utilisée par les spécialistes. On
ne doit donc utiliser que des notions de situations ou de
comportements à risque. Cela permet d'éviter
toute connotation d'exclusion et, surtout, cela correspond
plus à la réalité.
En effet, au début de l'épidémie
mondiale de Sida, le VIH a surtout touché les
homosexuels, puis les toxicomanes. Actuellement les
hétérosexuels ne sont plus
épargnés et on assiste actuellement en Europe
à une explosion des cas de personnes
contaminées par un rapport sexuel avec un toxicomane
ou un ancien toxicomane.
Ainsi, alors qu'au début de l'épidémie,
les femmes au stade Sida étaient, en France, surtout
des toxicomanes (95% en 1986), actuellement les femmes au
stade Sida ont été contaminées, en
majorité, à l'occasion d'un rapport sexuel
avec un toxicomane (ce chiffre atteignait déjà
50% en 1989) ou un partenaire bisexuel.
Concernant les femmes qui ont des rapports sexuels avec
d'autres femmes, ce sont les antécédents de
toxicomanie ou de rapports hétérosexuels
antérieurs qui expliquent leur contamination.
6.B. Dans certains cas, des personnes
demandent spontanément à faire ce test.
Il est conseillé
que le médecin n'accède pas
systématiquement à cette demande, si le sujet
n'a pas été mis en situation réelle
d'avoir été contaminé (cf. supra).
Il devra essayer de déterminer, parmi ces sujets,
ceux dont les motivations sont guidées uniquement par
la crainte de cette maladie qui engendre parfois, chez des
personnes n'ayant pas de comportements à risque, de
véritables névroses obsessionnelles que la
pratique de tests répétés ne ferait
qu'entretenir.
Cependant, nous pensons que, dans certains cas, le test
pourra lever une anxiété.
De même, en cas de doute, le médecin ne devra
pas hésiter à prescrire le test.
Ce pourrait être ainsi le cas chez un sujet jeune
ayant eu un comportement peut-être à risque, et
qui aurait présenté, de façon
inexpliquée, un syndrome pseudo-grippal (non
spécifique en lui-même) qui peut survenir
parfois à proximité d'une contamination et que
l'on peut diagnostiquer dans 50% des cas.
6.C. Limites et indications de la
pratique systématique du test du Sida.
En raison de la
gravité du pronostic de cette infection, certains ont
proposé de faire pratiquer systématiquement ce
test à toute la population.
Des études ont montré l'inutilité d'une
telle politique systématique.
Citons l'expérience, très critiquable mais
riche d'enseignements, faite dans l'État de l'Illinois (États-Unis), par les législateurs, qui ont
exigé la pratique systématique de ce test dans
le cadre de l'examen prénuptial : sur 155 458 tests
exigés en 1988, seulement 26 personnes ont
été dépistées positives ; soit
moins de 0,02%. Ce qui ne représentait que 3%,
seulement, des porteurs de VIH identifiés dans cet État par les méthodes usuelles. Coût de
l'opération : 250.000 dollars pour chacune des 26
personnes dépistées !
De plus, toutes ces personnes avaient été en
situation de risque élevé de contamination et
auraient dû décider d'elles-mêmes de
faire ce test, si elles avaient reçu une information
correcte à ce sujet.
Cependant, il paraît utile que le médecin
propose le test à l'occasion du bilan
prénuptial, à condition d'avoir transmis une
information précise, et particulièrement quand
les futurs conjoints ne se connaissent que depuis quelques
mois.
Chez les femmes enceintes, on conseille aussi de proposer ce
test. En pratique, le test est fait systématiquement
; ce qui est d'autant plus fondé que le nombre des
cas pédiatriques de Sida est en nette augmentation
depuis 1992 (1,5 millions de cas estimés au
30/06/1995 pour les quatre continents depuis le début
de l'épidémie) et que, dans la moitié
des cas, la maladie est mortelle en quelques mois.
6.D. Modalités pratiques de la
prescription du test du Sida.
Enfin, rappelons que ce
test doit être prescrit par un médecin.
Cette prescription ne peut se faire à l'insu du
patient.
C'est uniquement le médecin prescripteur qui
communique les résultats au patient (et uniquement de
visu).
En aucun cas le médecin n'a le droit de les
communiquer à un tiers. Il lui appartient
néanmoins de convaincre le patient d'informer, si
nécessaire, son ou ses partenaires.
Une étude récente, réalisée par
le ministère français de la Santé (BEH
02.08.94) auprès de 2 247 médecins
généralistes en Lorraine, révèle
que 24% d'entre eux ont prescrit ce test sans en informer
les patients.
Parmi les motifs évoqués, deux nous semblent
éthiques : celui de la connaissance de la
séropositivité du conjoint par le
médecin, et celui de symptômes
évocateurs chez un patient dont le médecin a
jugé le niveau intellectuel insuffisant.
Le médecin prescripteur doit être conscient de
l'état d'anxiété qui pourra envahir
certains sujets dans l'attente de leurs résultats. Il
devra donc essayer d'en tenir compte au mieux. Ce qui
signifie que le délai entre la prescription du test
et la remise des résultats doit être raccourci
au maximum. Dans certains cas, on pourra minimiser la
probabilité du risque de résultat positif si
les données de l'entretien préalable le
permettent.
Il convient de rappeler que la législation
française interdit aux laboratoires d'analyses
médicales de transmettre directement le
résultat du test du Sida aux patients.
Ce résultat, qu'il soit positif ou négatif,
doit être transmis directement au médecin
prescripteur. Cela est, en général,
notifié par le laboratoire aux patients, mais,
malheureusement, de nombreuses personnes pensent, par
erreur, que cette procédure n'est utilisée
qu'en cas de résultat positif.
Il importe donc que le médecin prescripteur, et le
laboratoire, expliquent clairement cette procédure
aux patients, afin d'éviter de créer une
anxiété inutile (pour une personne
séronégative) et il serait nécessaire
que cette explication soit clairement notifiée sur un
document remis au patient le jour de sa prise de
sang.
6.E. Prescription du test de
l'hépatite C avec celui du Sida. Pourquoi et pour qui
?
Dans le cas de personnes
ayant reçu des transfusions, même il y a plus
de 15 ans, on conseille d'associer le test de
l'hépatite C à celui du VIH.
L'ampleur de cette nouvelle épidémie vient
d'être confirmée récemment (1996) : 600
000 personnes (soit 1% de la population française,
mais à peine quelques dizaines de milliers de
personnes) ont été jusqu'à
présent dépistées ; une première
estimation (1994) faisait état de plus de deux
millions de personnes contaminées en France (le
nombre des séropositifs au VIH étant de 200
000 à 300 000).
Ce virus se transmet par le sang (des
antécédents d'hépatite B ou d'autres
MST favoriseraient la contamination), mais aussi, à
un moindre degré, semble-t-il, par les rapports
sexuels (chez les homosexuels, la prévalence est de 2
à 5 fois plus élevée que chez les
hétérosexuels).
La transmission pendant la grossesse est incertaine. Elle
serait plus probable durant l'accouchement, quand la
mère est aussi infectée par le VIH.
La transmission intra-familiale serait possible (rasoir,
coupe-ongles, etc.).
Ce virus évolue de façon asymptomatique
pendant plusieurs années, comme le VIH, et dans, 20%
des cas, il est responsable, à distance, de cancers
et de cirrhoses du foie. L'identification partielle de ce
virus et la mise au point d'un test de dépistage ne
date, en France, que du début de l'année 1990
(cette hépatite correspond à plus de 90% des
hépatites dénommées
antérieurement non-A non-B).
En 1994, on estimait que, chaque année, 50 000
personnes, en France, ayant reçu des dons du sang,
avaient été contaminées ; ce qui
correspond à une personne sur cent.
En janvier 93, un rapport tirait la sonnette d'alarme ; mais
ce n'est qu'après une période de plus d'un an,
durant laquelle certains tentèrent de minimiser la
portée de cette épidémie, que l'on a
commencé à parler de situation
catastrophique.
Ce test doit être conseillé, avec celui du VIH,
aussi dans le cas de toxicomanie et à des personnes
ayant la connaissance d'antécédents, ancien ou
actuel, de toxicomanie de leur partenaire. Si les
toxicomanes sont infectés par le virus du Sida, dans
20 à 30% des cas, ils le sont aussi, dans plus de 80% des cas, par le virus de l'hépatite C.
Indépendamment du test du VIH, le test de
l'hépatite C doit donc être
réalisé en cas :
-
d'antécédents de transfusion,
- d'antécédents de toxicomanie
intraveineuse,
- chez les personnes de l'entourage familial d'un sujet
atteint d'hépatite C,
- d'antécédents d'actes invasifs,
diagnostiques ou thérapeutiques (intervention
chirurgicale, endoscopie, etc.),
- d'augmentation inexpliquée des enzymes
hépatiques (transaminases ou gamma-GT),
- d'altération inexpliquée de l'état
général, ou d'asthénie persistante,
- au 8ème mois de grossesse, chez les femmes à
risque, afin de réduire au maximum les risques de
contamination lors de l'allaitement.
Le dépistage des
formes évolutives est d'autant plus important qu'il
est simple (ponction-biopsie hépatique, et biologie)
et que le traitement par certains interférons,
à condition qu'il soit décidé
précocement, permet parfois d'arrêter la
multiplication virale.
Concernant la
prévention, les mesures à conseiller sont
similaires aux mesures contre le VIH.
Il n'existe pas de vaccin. Profitons-en pour rappeler que le
virus de l'hépatite B se transmet de manière
similaire à ces deux virus. L'utilisation du
préservatif permet aussi d'éviter la
transmission sexuelle du virus de l'hépatite B.
Le vaccin contre l'hépatite B n'apporte donc, de ce
point de vue, qu'une protection supplémentaire
très discutable, et il ne protège pas contre
l'HCV.
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7. Les
questions à aborder quand le résultat du test
du Sida est négatif.
7.A. L'annonce des
résultats.
Il faut certainement que
le médecin rassure la personne, mais nous insistons
de nouveau sur le fait que l'on n'a pas le droit de dire
qu'un résultat négatif est fiable à 100%. Cette probabilité est d'au moins 99%. Le risque
de dire que ce résultat négatif est fiable
à 100% serait de rassurer faussement une personne
qui pourrait avoir des pratiques à risques
évidentes, notamment un multipartenariat sexuel, non
protégé de façon adéquate par
des préservatifs, ou des échanges de
seringues. Il se pourrait alors que cette personne soit
confortée dans ses pratiques en raison de ce
résultat négatif et, donc, qu'elle ne modifie
pas son comportement. Cela est particulièrement grave
car l'on sait que, par contaminations successives, une
personne peut être une véritable bombe à
retardement (le test du Sida, réalisé chez un
steward qui avait contracté des infections
opportunistes similaires à celles du Sida et qui est
décédé dans les années 1960, a
été effectué dans une des
premières sérothèques. Ce test s'est
révélé positif. En raison du nombre
très élevé de partenaires bisexuels irréguliers qu'aurait eu ce steward durant plusieurs
années, certains ont avancé qu'il serait
peut-être l'un des chaînons manquant de
l'épidémie de Sida). Notons au passage qu'une
personne qui a des pratiques sexuelles à haut risque,
peut avoir effectivement un test négatif
correspondant à une absence de contamination. En
effet, contrairement à la contamination par le sang,
ce mode de transmission n'est pas de 100% (selon les
personnes, il serait estimé entre 10 et 60%).
Signalons aussi qu'une personne infectée à un
stade précoce aurait un pouvoir contaminant plus
important qu'à un stade évolué de la
maladie.
7.B. Rappel des modes de contamination
par le virus du Sida.
À l'occasion de la remise
des résultats, le médecin devra rappeler les
modes de contamination par le virus.
La transmission sanguine est l'un des modes importants de la
transmission du virus. La transmission sexuelle reste le
mode le plus fréquent de contamination et concerne
les homosexuels, les hétérosexuels et les
bisexuels : le nombre de partenaires augmente ce risque de
contamination ; les relations buccogénitales sont un
mode de transmission en cas de lésions buccales du
partenaire indemne (gingivite, et notamment dans le cas d'un
brossage des dents trop agressif effectué peu avant
un rapport sexuel).
La salive n'est en aucun cas en elle-même un vecteur
du VIH (elle contient d'ailleurs des substances ayant une
légère activité anti-VIH).
Précisons que, chez les homosexuels, la sodomie
constitue, pour le partenaire passif, la pratique sexuelle
qui présente le plus fort risque de contamination. Ce
risque est accru en cas d'antécédents de
syphilis, d'hépatite B, d'amibiases et surtout de
gonorrhée rectale, ou de saignement péri-anal.
Une étude récente (Yokohama, 1994) a
trouvé que la transmission du VIH chez les
hétérosexuels était plus
fréquente à l'occasion de rapports anaux (42%) qu'à l'occasion de rapports vaginaux (30%).
Concernant la grossesse, le risque de transmission est
estimé entre 20 et 25%. Il est d'autant plus
élevé en cas d'antécédents
d'autres MST, si la femme est à un stade
avancé de la maladie et en cas d'âge maternel
plus avancé. L'accroissement du nombre d'enfants
infectés est préoccupant. En effet, par
exemple aux États-Unis, on a noté, entre 1987 et
1990, une augmentation de37 % des cas (actuellement plus
d'un million d'enfants ont été
contaminés sur la planète). Enfin, rappelons
que la transmission par l'allaitement est actuellement
démontrée.
Les contacts de la vie quotidienne ne permettent pas de
transmettre le VIH.
La possibilité de transmission par les insectes a
été infirmée.
Concernant certaines professions où le personnel est
en contact avec du sang, précisons que, lors d'une
piqûre accidentelle chez les personnels
médicaux, le risque de contamination est
estimé à 0,5%, alors que, pour
l'hépatite B, il est supérieur à 20%,
et peut-être supérieur encore pour
l'hépatite C. Cette probabilité de
transmission serait même, en fait, très proche
de zéro si l'on applique les règles d'asepsie
universelles. Des recommandations de prudence pourront
être conseillées pour d'autres professions : en
fait, il s'agit surtout des personnes qui travaillent dans
la découpe du verre.
Signalons aussi le problème posé par les
salons de coiffure : des recommandations sur l'asepsie du
matériel devraient être
réitérées dans cette profession, et
surtout pour ce qui concerne les rasoirs ; l'utilisation de
rasoirs jetables à usage unique devrait être
obligatoire, même si ce mode de contamination reste
encore très théorique.
7.C. Rappel des moyens de
prévention contre la transmission du Sida par voie
sexuelle.
À l'occasion de la remise
de ce résultat, il sera aussi utile que le
médecin reprécise les mesures
préventives en matière d'infection à
VIH, car il est impératif que la personne
séronégative ait une conduite
ultérieure qui lui permette de ne pas se contaminer.
7.C.1. Mode d'emploi du
préservatif.
Le préservatif est
particulièrement recommandé en cas de nouveau
partenaire ou de partenaires sexuels multiples.
Ses règles d'utilisation doivent être bien
connues : notamment, il doit être porté
dès le début de l'érection.
Le préservatif doit être mis sur une verge en
érection, en le posant sur le gland, en
pinçant l'extrémité d'une main, entre
le pouce et l'index, afin qu'il n'y ait pas de bulle d'air
dans le réservoir, et retiré à la fin
du rapport, immédiatement après
l'éjaculation, en le serrant près du bord,
puis jeté.
Si ce rapport sexuel est suivi d'un deuxième, il
devra être précédé d'une toilette
intime des deux partenaires et un autre préservatif
devra être utilisé.
On conseillera de préférence, parmi les
préservatifs ayant la norme AFNOR, ceux qui ont un
réservoir préétabli à leur
extrémité.
Avant son utilisation, il doit être stocké dans
un endroit sec et frais.
Certains conseillent de le lubrifier avec un gel à
l'eau (Hyalomiel, Try, For Play, K.Y. etc.), même s'il
est déjà prélubrifié.
7.C.2. Utilisation du
préservatif : la réalité des
statistiques.
Si les statistiques
montrent bien que les ventes de préservatifs dans les
pays occidentaux sont en croissance nette depuis plusieurs
années, certains ont avancé, cependant, que ce
n'est pas pour autant qu'ils sont suffisamment
utilisés lors des situations à risque.
Depuis le récent congrès de Yokohama (1994),
ce fait a été confirmé : une
étude menée sur près de deux ans a
montré que, parmi 256 couples
d'hétérosexuels dont un des partenaires
était séropositif et qui ont continué
d'avoir des rapports sexuels, la moitié n'ont pas
utilisé régulièrement de
préservatif. Plusieurs autres études, dont les
conclusions vont dans le même sens, ont fait l'objet
de communications à ce congrès.
Dans la mesure où la plupart de celles-ci n'ont pas
donné lieu à un compte-rendu dans les
médias, nous en résumerons certaines.
Une étude réalisée depuis 1984 chez des
homosexuels ayant plus de 30 ans (816 à San Francisco et 750 à Amsterdam) et, depuis 1992, dans un
deuxième groupe ayant moins de 30 ans (420 à San Francisco
et 154 à Amsterdam) a montré les
résultats suivants :
- À San Francisco, 39% de ceux du deuxième groupe ont eu
des relations anales avec plus d'un partenaire (11% pour
ceux du premier groupe) et, dans 26% de ces cas, sans
utiliser de préservatif (2% pour ceux du premier
groupe). 49% de ceux du deuxième groupe
étaient séropositifs, et, parmi eux, 47% ont
eu des relations anales avec plus d'un partenaire et, dans
87% de ces cas, sans préservatif.
- À Amsterdam, 22% de ceux du deuxième groupe ont eu
des relations anales avec plus d'un partenaire (18% pour
ceux du premier groupe). 30% de ceux du deuxième
groupe étaient séropositifs et, parmi eux, 61% ont eu des relations anales avec plus d'un partenaire et,
dans 99% des cas, sans préservatif (302C).
Rappelons que l'inhalation
de nitrites (poppers) pendant les rapports sexuels est un
facteur de risque pour les homosexuels qui ont des relations
anales non protégées, même
occasionnelles.
Malgré les recommandations émises à ce
sujet par des membres de cette communauté, il semble
qu'il y ait actuellement un accroissement inquiétant
de la consommation des poppers aux États-Unis (D0168).
Une autre étude
réalisée chez 100 travestis se livrant
à la prostitution au Brésil, et dont les
trois-quarts étaient bien informés sur le
Sida, seulement 25% utilisaient les préservatifs, et
de façon sporadique (D0460).
Deux autres études réalisées au
Brésil sont aussi à signaler.
Sur 410 hommes participant au carnaval en 1993, 60% ont eu
des rapports sexuels occasionnels non
protégés, et ceci bien que deux millions de
préservatifs aient été
distribués gratuitement à cette occasion (sur
les 52% à avoir reçu des préservatifs,
54% ne les ont pas utilisés). Indiquons que 55% ont
bu de l'alcool en excès et 20% ont consommé
de la cocaïne (DO764).
L'autre étude a été
réalisée chez 188 femmes qui venaient se faire
pratiquer le test du Sida dans un centre de dépistage
anonyme. 62% n'utilisent pas le préservatif, 23%
parfois, et seulement 15% régulièrement. 42%
considèrent que le préservatif limite le
plaisir, 30% ne le pensent pas (C0500).
Une étude réalisée en France chez les
hétérosexuels (1 714 hommes et 820 femmes)
n'ayant pas de relation stable depuis 5 ans a montré
que, sur 12 mois, le préservatif a été
utilisé dans 38% des cas chez les hommes et dans 30% des cas chez les femmes (D0690).
Concernant les toxicomanes, une étude
pratiquée en Europe sur 200 personnes a montré
que, parmi ceux qui n'ont pas de partenaire habituel, 46%
des hommes et 56% des femmes n'ont pas utilisé de
préservatif, que ce soit sur la période
1990-1991 ou 1992-1993 (D0512).
Une autre étude pratiquée chez 933 toxicomanes
à Los Angeles conclut que la plupart d'entre
eux utilisent rarement les préservatifs (DO510).
Nous terminerons ce panorama inquiétant avec trois
études portant sur des sujets jeunes.
Une étude réalisée pendant 8 ans chez 6
000 étudiants qui ont reçu une information sur
le Sida montre une utilisation régulière des
préservatifs dans 66% des cas,
irrégulière dans 20% des cas, et nulle dans
14% des cas (D0546).
Sur 1 235 adolescents espagnols (moyenne d'âge de 15
ans), parmi les 14% qui ont déjà eu des
rapports sexuels, 33% n'ont pas utilisé de
préservatifs et 26% ne les ont utilisés
qu'occasionnellement (D0597).
Encore plus inquiétant : le résultat d'une
étude chez 483 adolescents brésiliens (13
à 21 ans) qui indique que, parmi les 30% qui ont des
rapports sexuels, 85% n'utilisent pas de
préservatif. Le niveau socio-économique
défavorable peut en être une explication ; mais
ce qui est stupéfiant, c'est que ces adolescents
savent, pourtant, que la région de Sao Paulo
où ils vivent présente la plus grande
prévalence des cas de Sida au Brésil !
(D0577).
Tout aussi inquiétante est une étude qui porte
sur 1 121 hétérosexuels mâles
hispaniques souhaitant immigrer aux U.S.A. : plus de 25%
ont eu, au cours des cinq années passées, plus
de 6 partenaires sexuels et, parmi ceux-ci, les trois quarts
n'ont pas utilisé de préservatif (DO 362).
7.C.3. Utilisation du
préservatif : les problèmes posés par
la sexualité et par les perceptions du risque vital.
L'utilisation du
préservatif n'est donc pas entrée dans les mœurs.
Certains n'hésitent pas à parler de
l'échec des campagnes médiatiques de
prévention dans certains pays. Pour un sujet qui
reste donc tabou, comme tout ce qui s'y rattache, on peut
espérer que cette information sera mieux
délivrée à l'occasion d'un entretien
avec un médecin formé à ce genre
d'exercice.
En effet, si le préservatif n'est pas utilisé
de façon suffisamment efficace du point de vue de la
prévention, c'est que, d'une part ses règles
d'utilisation n'ont pas été assez
diffusées, que les personnes ne sont souvent pas
familiarisées avec son utilisation et qu'il serait un
obstacle au plaisir, si l'on n'en recommande qu'un mode
d'emploi stéréotypé.
Concernant ce dernier point, il apparaît, qu'en
ignorant le principe de plaisir, les campagnes de
prévention ont été un échec.
En effet, si, chez l'hétérosexuel, le rapport
sexuel peut aboutir à la procréation d'un
être humain, il est surtout pratiqué pour le
plaisir entre des personnes. L'idée de plaisir se
résume parfois à un acte d'intromission qui,
chez les hétérosexuels, est peu
épanouissant pour la femme vue la rapidité,
parfois surprenante, de l'érection et de
l'éjaculation de son partenaire
(phénomènes nettement accrus par le port du
préservatif) ou, au contraire, l'absence
d'érection !
Que ce soit chez l'hétérosexuel ou chez
l'homosexuel, ce plaisir peut être cependant
augmenté si l'intromission est
précédée par des prémices
variés qui tiennent compte des zones
érogènes des personnes. Cela permet d'assurer
un partage du plaisir tout en garantissant l'observation du
principe de la prévention par le
préservatif.
De même, il faudrait aussi proposer d'utiliser
certains gels lubrifiants pour qu'une réelle
prévention du Sida soit enfin efficace. En effet, ils
permettront, dans certains cas, d'avoir des rapports sexuels
plus confortables et moins pénalisants pour le
plaisir. De plus ces gels lubrifiants (à l'eau)
évitent que le préservatif ne se
déchire ; ce qui peut arriver, en particulier
à l'occasion de rapports anaux ou, ce qui est
fortement déconseillé, en cas de
préservatifs mis l'un sur l'autre.
Il ne faut pas perdre de vue aussi que l'acte sexuel
occasionne souvent une déconnexion totale des
partenaires avec le réel ; ce qui fait que des
messages classiques de prévention ne sont plus
présents à l'esprit à ce moment
là. Cette déconnexion étant
engendrée par le plaisir, il semble logique de penser
qu'en tenant compte de la notion de plaisir dans les
messages de prévention qui recommandent l'utilisation
du préservatif, on puisse rendre effective cette
prévention. Cette information n'est pas simple
à transmettre, mais il apparaît maintenant
qu'il est fondamental de le faire, et notamment si l'on
perçoit une demande d'information ou une ignorance de
la personne.
Enfin, on peut se demander si l'adhésion, ou non, au
principe de l'utilisation du préservatif ne
dépend pas aussi, pour une personne donnée, de
la perception qu'elle a de la mort, en fonction de son
âge. C'est ce que l'on serait tenté d'avancer
en analysant l'étude citée plus haut (302C)
réalisée chez des homosexuels à San
Francisco et à Amsterdam. En effet, l'échec de
l'intégration des messages de prévention est
très net dans cette étude chez les personnes
de moins de 30 ans qui, pourtant, n'ignorent pas la
proximité de la mort en cas de Sida. Cela pourrait
s'expliquer par le fait qu'après 30 ans, la mort est
souvent perçue comme une disparition terrestre
définitive des personnes alors qu'avant 30 ans la
mort reste une notion vague qui souvent ne l'a pas encore
concerné de près, et qui est beaucoup plus
rattachée aux fictions qu'à la
réalité ; la mort est encore l'affaire des
autres ou de héros/acteurs au cinéma.
7.D. Rappel des moyens de
prévention de la transmission du Sida par voie
sanguine.
7.D.1. Chez l'utilisateur de
drogues.
Concernant la
prévention de la transmission du VIH et de l'HCV par
le sang, le médecin pourra rappeler le risque encouru
suite à des échanges de seringues.
Il rappellera aussi à certaines personnes
l'intérêt de l'utilisation des
thérapeutiques de substitution aux drogues
(méthadone, Temgésic®, Subutex®) qui
permettent, à moindre mal, que les toxicomanes
appliquent les mesures de prévention (port du
préservatif, pas d'échange de seringues) qui,
en général, ne sont pas suivies par les
toxicomanes sous l'empire de la drogue, surtout quand ils
sont en état de manque. Ces traitements permettent
aussi, souvent, d'assurer un suivi médical effectif,
de faciliter la réinsertion sociale et psychoaffective, une lutte contre la délinquance et
contre les trafiquants de drogues.
Nul n'est censé ignorer, et en particulier les
médecins, que la Direction Générale de
la santé et les Conseils de l'Ordre des
Médecins et des Pharmaciens ont enfin admis
officiellement depuis 1995 que l'utilisation des
thérapeutiques de substitution est devenue une
priorité de Santé Publique en France.
Tout obstacle à l'utilisation de ces
thérapeutiques à titre individuel constitue
donc une NON ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER, MAIS AUSSI
POUR LES AUTRES CITOYENS puisqu'il s'agit aussi d'un moyen
efficace pour lutter contre le Sida, l'hépatite C et
l'extension de ces épidémies dans la
population.
Il n'est donc plus tolérable que persiste une
réticence de certains Conseils de l'Ordre des
Médecins à délivrer suffisamment de
carnets à souches (nécessaire, par
décision du législateur, pour prescrire ces
traitements en France).
Il en est de même de la persistance de l'inertie de la
majorité des médecins pour s'occuper de ces
personnes, et en particulier de la plupart des services
hospitaliers où, quand existe un carnet à
souches, il est souvent détenu uniquement par le Chef
de Service.
Le suivi médical des toxicomanes et la prescription
des thérapeutiques de substitution ne doivent plus
être réservés à des
"spécialistes" ; ils doivent être accessibles
à la compétence de tout médecin. La
dépendance à ces médicaments n'est pas
plus grande que celle engendrée par le TEMESTA,
tranquillisant que des millions de personnes sont
obligées d'absorber tous les soirs pour ne pas
sombrer dans l'anxiété !
Pour plus de précisions, médecins et personnes
concernées peuvent s'adresser à certains
réseaux de médecins comme :
Le COPAST
36, rue de Turbigo
75003 Paris
TEl. : +33 (0)1 48 04 05 46.
7.D.2. Chez les personnels de
santé.
En cas de blessure avec
risque de contamination par le VIH, on conseille de
prélever un peu de sang, de faire saigner, de laver
à l'eau et au savon sans brosser, puis de
désinfecter.
Le VIH étant un virus fragile, le maintien des
mesures universelles d'asepsie est donc suffisant : alcool
à 70°, ou mieux avec de l'eau de Javel
diluée à 10% (1 volume d'eau de Javel dans 9
volumes d'eau) qui, en plus, est active sur les virus des
hépatites.
En cas de contact manuel avec du sang ou des fluides
corporels infectés, on doit porter des gants qui
devront ensuite être détruits.
Le matériel à usage unique mis en contact avec
des substances biologiques infectées doit être
jeté dans un container rigide prévu à
cet effet ; notamment les aiguilles de seringues qui ne
doivent pas être recapuchonnées.
En cas de risque de projection, comme c'est le cas pour les
dentistes, le port d'un masque ou de lunettes est
recommandé.
Les membres du personnel de santé qui ont des
lésions cutanées doivent éviter
temporairement le contact avec les personnes
infectées par le VIH.
Pour la décontamination du matériel
médical non jetable, on utilisera des
désinfectants à base de glutaraldéhyde
(à 2%, au moins durant 10 minutes) ou la chaleur
(120°c durant 30 minutes).
Toutes ces mesures préventives sont valables pour
d'autres infections, comme les hépatites.
7.D.3. Chez les voyageurs.
Pour les personnes qui se
rendent dans certains pays étrangers, il est
conseillé de contracter une assurance leur permettant
un rapatriement rapide en cas d'accident grave, et de
s'assurer qu'aucune transfusion ne leur soit
délivrée, sauf en cas de pathologie gravissime
qui mette en jeu leur vie en quelques heures et nécessite réellement ce traitement.
7.E. La question du vaccin contre
le Sida.
Certains souhaiteront
peut-être aussi avoir des précisions sur
l'état d'avancée des recherches en
matière de vaccins pour les personnes
séronégatives.
Actuellement, ces vaccins sont peu efficaces et l'annonce de
la contamination de trois personnes avec un tel vaccin
(1994) fait que ce vaccin ne devrait pas être
envisagé, éthiquement, à grande
échelle chez des personnes saines.
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8. Les
questions à aborder quand le résultat du test
du Sida est positif.
8.A. Comment absorber le choc de
l'annonce du résultat.
Le choc de l'annonce de la
séropositivité est tel que le médecin
devra savoir gérer au mieux cette situation.
Cela est peut-être plus aisé pour un
médecin de famille qui connaît
déjà bien la personne et qui serait
familiarisé avec tous les aspects du Sida.
Mais ce médecin aura à gérer l'annonce
de cette sentence de mort pour un de ses patients qui, de
plus, est souvent jeune. Pour le médecin qui
travaille dans un centre de dépistage anonyme ou dans
un centre de bilan de santé, cet effet de miroir aura
peut-être moins d'impact et sera peut-être moins
gênant pour délivrer des conseils. Mais il lui
faudra prendre du temps pour cerner la personnalité
du patient afin de personnaliser ses conseils. L'urgence,
pour le médecin, est donc de s'occuper du
retentissement de ce choc.
L'annonce de la séropositivité peut se
traduire par une anxiété aiguë, une
dépression, un désemparement profond, une
culpabilité avec perception d'un risque vital et d'un
risque d'exclusion sociale. Ces réactions sont très souvent différées dans le temps
.
L'angoisse est souvent la manifestation inaugurale.
Même si elle est parfois difficile à supporter
pour le médecin lui-même, elle doit être
prise en compte et ne pas être comblée
systématiquement par des anxyolitiques, sauf en cas
de crise aiguë ou d'attaque de panique.
En effet, dans cette situation où l'avenir peut
sembler aléatoire et où, subitement seul,
l'avenir immédiat existe, cette angoisse peut
être une composante nécessaire pour permettre
une adaptation du sujet à sa nouvelle existence dans
la mesure où les repères et la valeur de sa
vie ne sont plus les mêmes. Cette angoisse explique
que, d'emblée, la personne pose des questions
précises sur la maladie. Des réponses devront
lui être délivrées sur le moment et
ultérieurement. Ces informations aideront la personne
à mettre en place de nouveaux repères. Cela
prend du temps et cela ne peut être fait au mieux que
si le médecin a une vue synthétique de cette
maladie.
En aucun cas le médecin ne devra garder le silence,
ni utiliser de formules toutes faites derrière
lesquelles les médecins se retranchent souvent dans
le cas de maladies graves.
La teneur de l'entretien devra être construite en
fonction des capacités affectives, du moment, et
intellectuelles du patient. Certaines questions
posées donneront lieu parfois à des
réponses non univoques ; parfois les réponses
devront être différées à une
autre consultation afin de pouvoir, entre temps,
vérifier certains éléments. Certaines
informations devront être transmises en
priorité par le médecin.
Il devra expliquer que souvent, durant plusieurs
années, l'infection reste asymptomatique et qu'elle
peut évoluer sur plus de dix ou quinze ans, et qu'il
est de plus en plus probable que certains ne
déclareront jamais la maladie - dans près de
10% des cas ("non progresseurs à long terme").
L'annonce de la séropositivité est encore trop
souvent communiquée et perçue comme une
sentence de mort. De plus en plus de personnes
considèrent que certains stress, et en particulier
celui-ci, sont des cofacteurs du virus du Sida et donc
participent à la détérioration des
défenses immunitaires et à l'évolution
de la maladie.
Il importe donc que l'annonce de la
séropositivité ne soit plus
présentée comme une sentence de mort
programmée et que les médecins agissent de
façon à ce que la perception de cette
infection par les personnes concernées ne les
canalise pas dans cette idée.
8.B. L'information
préliminaire sur le suivi médical.
Il faut aussi bien
expliquer qu'à côté des traitements
antiviraux auxquels on a recours au cours de
l'évolution, le simple suivi médical et la
gestion adaptée du stress permettent de
réduire sensiblement le risque évolutif dans
le temps.
Le suivi
médical permet :
1. De situer d'un point de vue
biologique le risque évolutif du patient et
d'établir, en fonction de ses résultats, le
rythme de ces examens. Ces examens reposent sur le dosage
des lymphocytes T4 ainsi que sur d'autres
paramètres.
Signalons que certaines variations des T4 peuvent ne pas
être liées avec l'évolution de la
maladie. C'est le cas notamment des variations
physiologiques qui existent en fonction des saisons chez les
sujets sains, et les personnes séropositives à
un stade précoce. Comme de nombreux marqueurs
biologiques, il importe de confirmer toute variation
importante en renouvelant ultérieurement cet examen.
Certains considèrent qu'il est utile de s'assurer
d'une concordance des variations des T4 avec celles des
lymphocytes totaux (parallèles aux T4) et celles des
triglycérides (inversement proportionnelles aux T4).
La mesure de la charge virale (ARN plasmatique du virus) est
un examen encore peu pratiqué, mais dont le
développement est prévisible. Elle semble
intéressante pour participer à la
décision de débuter un traitement, et surtout
pour apprécier l'efficacité d'un traitement
ajouté. Nous pensons que ce serait une erreur de ne
pas continuer de tenir compte des autres marqueurs
(lymphocytes T4, totaux, antigènes et anticorps P24,
néoptérine, bêta-2-microglobuline,
triglycérides, etc.), car il n'existe actuellement
aucun marqueur fiable à 100%, et qui puisse
remplacer les autres marqueurs.
De plus, la mesure de la charge virale au niveau de la
circulation sanguine n'est pas un témoin qui permette
d'apprécier au mieux (comme la
néoptérine - voire la
bêta-2-microglobuline) la quantité de virus
présent dans les macrophages (réservoirs du
VIH) situés au niveau des tissus, notamment cerveau
et poumons. Enfin, faut-il rappeler que le VIH ne peut plus
être considéré comme l'unique cause du
Sida ; des cofacteurs, en cours d'études,
interviennent de façon différente suivant les
sujets, et ils ne sont pas, a priori, étudiés
par cet examen. Enfin, il faut savoir que des infections
respiratoires banales, l'herpès et certaines
vaccinations (grippe) peuvent perturber le résultat
de cet examen de façon importante, et que certains
sous-groupes du VIH1 ne peuvent pas être
quantifiés par cet examen.
2. D'envisager de faire, au moindre
doute et sans retard, certains examens
complémentaires (scanner encéphalique,
fibroscopie bronchique, examens de selles, fond de l'œil,
etc.). En effet, c'est l'apparition d'infections
opportunistes (pneumocystose pulmonaire, toxoplasmose
cérébrale, tuberculose pulmonaire,
rétinite à CMV, cryptosporidiose intestinale,
etc.) qui fait que le sujet va passer du stade
asymptomatique au stade évolutif de Sida, et plus les
traitements sont instaurés précocement, plus
l'évolution sera favorable.
3. De rappeler certaines
recommandations souvent négligées, qui
devraient être transmises très
précocement : port de gants pour laver la salade
(cryptosporidiose), éviter de boire de l'eau
tiède au robinet, et le voisinage des pigeons
(mycobactéries). Il faut insister aussi sur le fait
que la recontamination par le VIH et les vaccinations par
les vaccins vivants (BCG, polio orale, fièvre jaune,
variole) accélèrent l'évolution de la
maladie. Il faut aussi leur indiquer que
l'antibiothérapie excessive peut favoriser le risque
d'apparition de résistances lors de son utilisation
ultérieure et favoriser l'apparition de mycoses
(candidoses).
4. D'envisager, en fonction des
bilans biologiques, la prescription de traitements
prophylactiques de certaines affections opportunistes
(pneumocystose, toxoplasmose, mycobactéries, CMV) qui
permettent une prévention efficace.
5. D'envisager des traitements de
fond. Le premier type en est les traitements antiviraux.
Pendant longtemps l'AZT (Rétrovir) a
été le seul médicament disponible.
Depuis, les médecins disposent du ddI, du ddC et,
plus récemment, du 3 TC et du D4T. D'autres sont
encore à l'étude (inhibiteurs de
protéase, THA, etc.). Le deuxième type
regroupe ce que l'on appelle maintenant les traitements
complémentaires : il s'agit d'une voie
étudiée plus récemment ; mais il
apparaît, par exemple, que des traitements à
base de certaines vitamines et oligo-éléments
de plante puissent être utiles, soit comme
complément, soit pour agir sur certains cofacteurs du
VIH, soit comme agent directement actif sur le virus. De
même, des principes diététiques reposant
sur la variation dans l'alimentation s'avèrent
utiles. Il apparaît de plus en plus qu'il faille
associer précocement plusieurs types de
médicaments pour obtenir un effet optimum. Les
résultats obtenus avec les tri-thérapies en
sont un des arguments. Mais il importe d'envisager des
associations avec des thérapeutiques
complémentaires, comme la glucuronamide, la vitamine
C, le sélénium, la réglisse, etc., et
en ne négligeant pas d'autres voies (comme
THA/tacrine, Pao pereira, Facteurs de transferts, etc.).
8.C. Conseils pratiques : sur les moyens
de s'informer sur le droit à la prise en charge par
la Sécurité Sociale ; sur d'autres aides
sociales ou médicales ; sur l'exclusion.
Certains patients
souhaiteront avoir la possibilité de s'informer, plus
en détail, ultérieurement.
Il est conseillé de leur transmettre au moins cinq
numéros de téléphone :
- celui de
"Sida Info
Service"
(0 800 840 800) où ils pourront aussi avoir
communication des adresses des associations s'occupant de
Sida,
- du Centre Régional d'Information et de
Prévention du Sida (CRIPS) (01 53 68 88 88),
- du KIOSQUE (01 44 78 00 00) où ils
pourront trouver bon nombre de publications gratuites,
diffusées par certaines associations, par le
ministère de la Santé et par le CRIPS,
- de POSITIFS Info Service Écoute (PISE), la permanence
téléphonique (FAX) de POSITIFS (Fax : 01 49 82 72 55) mise
à la disposition des personnes séropositives,
des personnes concernées par la toxicomanie et de
leur entourage (certaines questions ponctuelles, comme
celles concernant l'information médicale et notamment
en matière de thérapeutiques officielles ou
complémentaires, sont traitées dans le cadre
du service des réponses au courrier de l'association
ou du serveur Internet de POSITIFS)
- HIV Info
Traitements (01 43
67 00 00) de l'association ACTIONS TRAITEMENTS pour les
questions concernant les traitements officiels, et en
particulier les protocoles en cours.
D'un point de vue
pratique, il faut préciser que, sur simple demande de
leur médecin, cette infection peut être prise
en charge à 100%.
On peut aussi leur
recommander d'éviter d'afficher leur statut de
séropositif, notamment sur leur lieu de travail, car
les phénomènes d'exclusion existent encore. Un
certain nombre d'aides sociales ou médicales peuvent
être obtenues dans certaines conditions.
C'est le cas de :
- l'allocation
compensatrice pour tierce personne,
- l'allocation représentative d'aide
ménagère,
- l'allocation adulte handicapé,
- l'hospitalisation à domicile (HAD),
- la carte d'invalidité
et, pour les personnes les plus
démunies financièrement,
- le RMI
(Revenu Minimum d'Insertion),
- l'aide médicale gratuite, etc.
Pour plus de
précisions, on peut s'adresser au Centre Communal d'Action Sociale (CCAS) de chaque Mairie, à une
assistante sociale de secteur ou à la Caisse
d'Allocation Familiale.
8.D. Rappel des modes de contamination
et des moyens de prévention :
idem
7.B., 7.C., 7.D.1. et 7.D.2.
Les modes de
contamination, ainsi que les mesures préventives
développées au chapitre
précédent. pourront être abordés
dans un deuxième temps.

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9. Conclusion
Comme vous le
voyez, l'annonce des résultats de ce test
nécessite de transmettre de nombreuses
informations.
De plus, souvent, la personne souhaite poser un certain
nombre de questions au médecin. Il s'agira de plus,
pour le médecin, de personnaliser les conseils
à donner et les réponses aux questions
posées.
Cela ne peut être possible qu'en consacrant à
cette annonce suffisamment de temps (pour reprendre
l'expression mentionnée par la Sécurité
Sociale dans ses recommandations, à ce sujet, aux
Centres d'Examens de Santé).
Drs J. Avicenne Conseillers
médicaux de POSITIFS
Association de lutte contre le Sida
BP 230 75865 Paris cedex 18, France
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